Le magistère de la Vierge

A quoi servent les apparitions ?  Que nous apprend Marie ?

Le mot magistère désigne le pouvoir d’enseignement, l’autorité doctrinale ou ceux qui les détiennent. Dans l’église catholique, le magistère désigne l’autorité en matière de morale et de foi de l’ensemble des évêques et spécialement du pape, sur  les fidèles catholiques.

On suppose que déclarée « Mère de l’Eglise catholique », Marie a l’autorité nécessaire pour exercer ce magistère.

Ci-après, nous allons voir ce que Marie, à travers ses Apparitions, fait de ce « pouvoir de nous enseigner » qui lui est donné. D’aucuns ne voient pas beaucoup l’intérêt spirituel de « s’intéresser » à Marie, qui selon eux, n’a été qu’une instrument exemplaire permettant l’incarnation de Jésus. Pourtant, l’examen des apparitions de Marie révèle beaucoup de choses intéressantes :

  • Marie confirme d’abord les quatre dogmes mariaux avant d’en solliciter un cinquième.
  • Ensuite, elle précise son rôle dans l’Eglise. Mère éducatrice et mère de l’Eglise, elle met le focus sur des vérités évangéliques qu’on a tendance à oublier.
  • Les Evangiles parlent peu de Marie et ne lui prêtent que peu de prises de parole : sept en tout !  Au contraire, ils nous vantent ses qualités de silence et de méditation : « Marie méditait ces paroles en son cœur ». Dans les Apparitions privées, c’est tout le contraire, Marie parle beaucoup et il nous a fallu nous livrer à un difficile exercice de synthèse pour les analyser toutes. Les Apparitions constituent un apport décisif à la mariologie*. 

    *La mariologie est la branche de la théologie chrétienne qui étudie la place de Marie, mère de Jésus-Christ, dans le mystère du salut du monde**. 

1 – Rappel : les sept prises de parole de Marie, dans les évangiles

Deux de ces paroles mariales s’adressent à l’Ange, deux à Elisabeth, deux à Jésus et une aux serviteurs des Noces de Cana.

La première parole de Marie est prononcée lorsque l’ange lui annonce la conception de Jésus et que Marie lui répond : « Comment cela se fera-t-il, je connais point d’homme ».

La deuxième parole de Marie à l’Ange suit la première : « Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ».

Les troisième et quatrième paroles de Marie sont prononcées lors de la visite à sa cousine Elizabeth.  Marie salua sa cousine Elisabeth à la manière dont on se disait bonjour chez les Juifs : « La Paix soit avec Toi !» La quatrième parole de Marie est aussi prononcée à ce moment, c’est le Magnificat. Egalement intitulé « Cantique de Marie » ou « Cantique de la Vierge »; le Magnificat est tiré de l’Évangile de Luc, 1, 46-56  

« Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. »

La Cinquième Parole de Marie a été prononcée après les trois jours d’absence de Jésus et son recouvrement au Temple. C’est l’amour des retrouvailles, de l’inquiétude qui s’apaise : « Mon enfant pourquoi avoir agi ainsi envers nous ? »

Les deux dernières paroles de Marie ont été prononcées aux Noces de Cana. D’abord à l’adresse de son Fils Jésus : « Ils n’ont plus de vin ». Puis, à l’adresse des serviteurs : « quoiqu’il vous dise, faites-le ». 

** L’Histoire du salut

L’histoire du salut est le dessein bienveillant du Père (Ep 1, 9-14) se poursuivant dans le temps, avant de s’achever dans la Gloire. Elle est, en définitive, l’histoire des alliances (cf. Prière eucharisti­que 4). La création est son point de départ, vite déconcerté par le péché originel, refus de l’alliance première ; l’alliance avec Noé fonde, pour ainsi dire, les valeurs positives des religions natu­relles, et donc de leur liturgie, en dépit de leurs plus ou moins grandes dégradations. L’alliance avec Abraham est, historiquement, le vrai départ des relations d’amitié entre Dieu et les hommes ; elle aboutit à l’Alliance du Sinaï, acte de naissance du Peuple de Dieu, dans la grande liturgie du désert. Les infidélités d’Israël, dès le Veau d’or et dans toute l’histoire de l’Exode, dans celle des juges et des rois, amènent les prophètes à annoncer une Alliance nouvelle que le Fils de Dieu incarné scellera lui-même dans son sang. Après le Calvaire, l’histoire du salut intègre progressivement les fils adoptifs engendrés par l’Église, grâce à l’Esprit du Fils, dans la vie de Dieu, jusqu’à ce que la Jérusalem céleste soit au complet : « Lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même se soumettra à Celui qui lui a tout soumis, afin que Dieu soit tout en tous » (1 Co 15, 28). Le Sinaï, le Calvaire et la Jérusalem céleste sont les repères essen­tiels de l’histoire du salut.

2 – La Vierge confirme les quatre dogmes mariaux*. 

A pratiquement chacune de ses apparitions, Marie rappelle qu’elle est la mère de Dieu, reine de la terre et du ciel, vierge et conçue sans péché. A Tepeyac : « Je suis la toujours Vierge sainte et Mère de Dieu ». A Lourdes, Marie confirme son immaculée conception. A l’Île Bouchard, elle rappelle qu’elle a été conçue sans péché et montre son attachement à la FranceA Champion, Marie se présente comme la reine du ciel. A Beauraing, la Vierge se présente comme la mère de Dieu et la Reine des cieux. A Kibeho : « Je suis la Mère du Verbe. » A Lourdes, Champion, Gietrzwald, Beauraing, L’Île Bouchard et Kibeho, Marie se déclare reine de la Terre et du ciel. Enfin, elle avoue à une voyante que son corps n’avait pas subi la corruptibilité. 

* Les quatre Dogmes mariaux

En 431, le concile d’Ephèse proclame le dogme de la maternité divine. En 649, le pape Martin 1er, au synode de Latran, proclame le dogme de sa virginité perpétuelle. En 854, Pie IX définit le dogme de l’Immaculée conception : Marie n’a pas été atteinte par le péché originel. En 1950, Pie XII définit le dogme de l’Assomption. 

3 – Au cours des apparitions, Marie précise son rôle

Marie, mère de l’église

« Le pape François a décidé l’inscription au calendrier romain de la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie, « Mère de l’Eglise », a annoncé le Bureau de presse du Saint-Siège, le 3 mars 2018. Cette décision, établie par un décret publié par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a pour objectif de développer la “vraie piété mariale“. A partir de cette année, tous les diocèses et les paroisses célébreront tous les ans la fête de “la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise“, le lundi de la Pentecôte.

Cette célébration officielle souligne une caractéristique de la Vierge Marie, qui est à la fois mère du Christ et de l’Eglise. Déjà présente dans la foi chrétienne des premiers siècles, avec saint Augustin et saint Léon le Grand, puis reprise par les auteurs spirituels et les papes, cette qualification de la Vierge Marie comme Mère de l’Eglise avait été établie officiellement par Paul VI en 1964, à la fin du concile Vatican II.

Marie, avocate de l’humanité auprès du Fils

Comme le dit le « je vous salue Marie » (la prière à Marie) Marie, à qui on demande de prier pour nous « maintenant et à l’heure de notre mort », Marie est notre irremplaçable avocate auprès de son Fils. A Fatima, il apparaît clairement que la dévotion à Marie est une voie essentielle de notre salut, et la dévotion à son cœur, la source du salut d’une nation (Russie). La prière et notamment la récitation du Rosaire (ou du chapelet des 7 douleurs) est le moyen le plus sûr de nous assurer son soutien. 

Marie, dispensatrice de grâces 

Marie, parce qu’elle est « pleine de grâces », nous les dispense généreusement. A Rome, Lourdes, San Nicolas de Los Arroyos, L’Escorial, elle nous rappelle ce rôle de dispensatrice de grâces. A Betania, elle demande de la « sentir » physiquement pour que la grâce de l’Esprit nous pénètre, car c’est à travers elle, aussi, que passe la grâce de l’Esprit et que nous arrive la Foi. A San Nicolas de los Arroyos, dans un message, le Fils rédempteur offre à l’humanité sa mère « médiatrice de toutes les grâces ». A L’Escorial, Marie nous confie que son rôle consiste à aimer et prendre soin de l’homme : « Je verse des grâces à toute l’humanité ; c’est ce que mon fils m’a dit au pied de la croix » ; même si  « l’humanité me répond par toutes sortes de péchés, de crimes et moqueries. » 

Marie souffrante et  co-rédemptrice

A Ida Peerdeman, à Amsterdam, Marie confie vouloir donner une impulsion très forte à son rôle auprès des hommes, en souhaitant que l’Eglise lui reconnaisse le 5ème dogme marial de « co-rédemptrice, médiatrice et avocate ! ». Sa légitimité de co-rédemptrice, elle la puise dans la souffrance endurée avant, pendant et après la venue du Fils sur terre, et même au ciel : à l’Escorial, Marie se déclare mère souffrante : « Edifiez une chapelle appelée Notre Dame des douleurs pour qu’on vienne partager avec moi ces douleurs que j’endure pour toute l’humanité. Il m’envoie en messagère pour sauver l’humanité et répandre ses grâces dans les cœurs ; je m’offre co-rédemptrice de mon fils et ancre du salut pour les âmes. » Notre quatrième partie sera consacrée à l’examen de cette requête de la Vierge.

Marie éducatrice

Mère se fait éducatrice pour guider les âmes vers le salut ; elle se compare à un semeur, une comparaison que ne renierait pas le Fils !  

Marie réconciliatrice en qualité de « Dame de tous les peuples« 

A Amsterdam comme à Betania, Marie vient pour réconcilier les peuples et leur donner les conditions de la vraie paix. A Amsterdam, elle choisit de se faire appeler « Notre dame de tous les peuples », sans doute en réponse aux souffrances des deux dernières guerres mondiales. A Betania (Venezuela), la Vierge dit à Maria Esperanza Medrano ce qu’elle devait dire quand des gens mettaient en cause sa mission :

« Si on vous demande quels messages vous avez reçus, répondez textuellement : “Notre Mère est venue sous le nom de Marie, Vierge et mère, réconciliatrice de peuples et nations, et son message est de nous engager pour rendre un meilleur service à l’Eglise catholique. Nous tous chrétiens nous devons accomplir ce service en nous réconciliant les uns les autres, car la réconciliation est promotrice des droits humains, de justice sociale, de renouvellement et de charisme. Et la réconciliation postule la vérité, l’amour, la réparation et la liberté de conscience, pour que nous puissions vivre en suivant la doctrine que Jésus nous a laissée” ».

Marie, prophétesse des temps modernes

D’une façon générale, les chrétiens ne croient que ce qui les intéresse dans la Bible. Celle-ci révèle que « Dieu est amour », qu’il envoya Son Fils mourir pour les péchés de l’humanité (Jean 3 :16). Jésus enseigna que nous devons aimer Dieu et notre prochain, y compris nos ennemis (Matthieu 5 :44 ; 22 :36-40). Au cours des siècles, ces nobles enseignements ont été accueillis, mais pas toujours suivis par ceux qui se disent chrétiens. Cependant, ce même Dieu a envoyé des prophètes pour avertir Son peuple, et le monde, que s’ils ignoraient Ses instructions et violaient Ses lois, ils en subiraient les terribles conséquences (voir Deutéronome 28). Cet aspect crucial des enseignements bibliques n’a jamais été populaire. 

Malheureusement, la plupart des avertissements que Dieu donna par Ses prophètes n’ont pas été pris en compte. Notre monde moderne devrait être prudent et tenir compte des prophéties bibliques, car leurs avertissements sont essentiellement focalisés sur la fin des temps – sur l’époque où nous vivons. Certains critiques affirment que le Dieu de l’Ancien Testament était un tyran sanguinaire, qui prit plaisir à détruire le monde par un déluge ; ils ignorent à quel point l’humanité était méchante et corrompue ; ils ne voient pas que Dieu cherchait, pour le bien des hommes à stopper leur mauvais comportement (Genèse 6 : 5-13).

Avant d’envoyer le déluge, Il envoya Noé, un prédicateur de la justice (2 Pierre 2 : 5), pour avertir le monde de ce qui aller arriver. Les avertissements de Noé durèrent environ cent ans (Genèse 5 : 32 ; 7 : 6). Cela s’accorde avec la façon d’agir d’un Dieu d’amour. Les Écritures proclament : « Car le Seigneur, l’Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes » (Amos 3 : 7). Bien que Dieu ait donné un avertissement pendant tout un siècle, seuls Noé et sa famille tinrent compte du message. Les autres continuèrent à « vivre comme ils l’entendaient », jusqu’à ce qu’il fût trop tard et qu’ils périrent dans le déluge (Matthieu 24 : 36-39).

Plus tard, Dieu choisit de travailler avec la nation d’Israël. Il bénit les Israélites et Il leur donna Ses lois, afin qu’ils soient un exemple pour le monde (Deutéronome 4 :1-8). Cependant, les Israélites, à l’esprit rebelle et indépendant, oublièrent Dieu ; ils violèrent Ses lois et ils suivirent d’autres religions (Jérémie 7 :22-26). Loin de Se désintéresser de Son peuple choisi, Dieu envoya une série de prophètes pour les avertir que, s’ils ne changeaient pas leurs voies, ils récolteraient de graves conséquences, y compris de terribles défaites et la captivité.

Les prophètes de Dieu avaient reçu pour instructions : « Crie à plein gosier […] annonce à mon peuple ses iniquités, à la maison de Jacob ses péchés » (Ésaïe 58 : 1). Au lieu d’être attentifs aux avertissements divins, les Israélites ignorèrent, s’en moquèrent, persécutèrent et même assassinèrent les prophètes de Dieu. Ils demandèrent à Ésaïe : « Ne nous prophétise pas des vérités [des vérités désagréables] ; dis-nous des choses flatteuses » (Ésaïe 30 :10) – et par la suite, Ésaïe fut scié en deux par ses compatriotes.

Ils menacèrent aussi Jérémie : « Ne prophétise pas au nom de l’Éternel, ou tu mourras de notre main » (Jérémie 11 :21). Plusieurs fois, il fut jeté dans un cachot par son propre peuple (Jérémie 37 :14-16 ; 38 : 6). Pour avoir violé les lois de Dieu et méprisé Ses prophètes, les nations d’Israël et de Juda perdirent la protection divine ; ils furent vaincus par leurs ennemis et emmenés en captivité en Assyrie et à Babylone. Ils payèrent un lourd tribu pour ne pas avoir tenu compte des avertissements divins.

Mais quel rapport y a-t-il avec nous, aujourd’hui ? Jésus n’a pas seulement mandaté Ses disciples de prêcher l’Évangile au monde entier (Marc 16 :15), Il leur a aussi donné un message pour les « brebis perdues » de la maison d’Israël (Matthieu 10 : 6) Jésus a aussi dit à Ses disciples que ce ne serait pas un message populaire (Matthieu 10 :16-20). La plupart de ceux qui se disent chrétiens, aujourd’hui, croient à tort que les prophéties de l’Ancien Testament ont été accomplies, et qu’elles ne sont plus d’actualité. Jérémie appela cette époque « un temps d’angoisse pour Jacob », et il ajouta : « Vous le comprendrez dans la suite des temps » (Jérémie 30 : 7, 24).

Dieu veut que ce message d’avertissement soit délivré à Son peuple, parce qu’Il a déclaré : « Ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure » (Ézéchiel 33 :11).

D’autres voix commencent à sentir la dangereuse direction vers laquelle nos nations se dirigent. Des douzaines de livres et d’articles ont été publiés, ces dernières années, révélant le stupéfiant déclin dans la moralité, et l’augmentation du crime, de la violence, des divorces, de l’abus de drogues et de la confusion religieuse. Ces mêmes problèmes affligèrent les anciens empires grec et romain, avant leur effondrement.

Dieu envoie Marie nous prévenir de l’urgence que le monde a changé et qu’il faut mettre ses pas dans ceux du Seigneur, s’il veut s’épargner « corruption, calamités et guerre » et échapper au « châtiment final » dont elle montre à voir des images horribles aux voyantes, à plusieurs reprises (visions du purgatoire et de l’enfer). Tiendrons-nous compte de ces avertissements ou répèterons-nous les erreurs de nos ancêtres ? 

4 – Marie éducatrice rappelle avec force que le Monde risque de passer à côté du Salut

1 – Le monde court à sa perte. Si les hommes ne se convertissent pas ils périront. 

Le XXème siècle est le premier siècle où se produit une déchristianisation massive, particulièrement en Europe et qui se poursuit au début du XXI ème. C’est sans doute la raison pour laquelle les apparitions de la Vierge se font plus nombreuses et que ses messages prennent souvent la tonalité grave d’un avertissement sévère au Monde !  

Le monde est corrompu et court à sa perte ; c’est la corruption de l’humanité qui est la cause de nos malheurs. A Amsterdam, Marie confirme la cause de nos malheurs et donne la solution : « Les guerres et calamités sont la conséquence de la corruption de l’humanité dont l’esprit est devenu confus et qui renie son créateur….La croix du Christ dressée sur le Monde est la seule assurance de la paix ! »

Notre monde a divergé du chemin tracé par le Fils 

Le diagnostic de l’état du monde dressé par Marie rejoint un constat que tout le monde peut faire. Avec le triomphe du modèle capitaliste et de la société de consommation, le monde devient de plus en plus matérialiste et délaisse une spiritualité chrétienne s’inscrivant à contre courant des valeurs que cette société mondialisée promeut : réussite sociale, richesse, individualisme, égoïsme, matérialisme, jouissances diverses….ce faisant, les gens ne se rendent pas compte qu’ils ont bifurqué du chemin qui conduit à leur éternité ! Et si jamais ils conservent une spiritualité, celle ci ne se traduit pas assez souvent en actes. « Les chrétiens ne le sont que de nom », se désespère la Vierge.

La politique de la Russie, dont la Vierge demandait la conversion à Fatima en 1917, représente une réalité politique inspirant l’inquiétude, en 2018.

« La Russie est le fléau de l’humanité ; priez pour qu’elle se convertisse. Ma fille, offre tes douleurs pour la conversion de la Russie. La Russie, la Russie détruira tout. » Depuis Fatima, le destin de la Russie semble suspendu à sa dévotion au cœur de Marie. Tous les papes, depuis cette date, ont satisfait à cette demande de la Vierge.

Commentaire : l’actualité, en ce milieu d’année 2018, nous permet de comprendre pourquoi la Vierge, et même Jésus, ont dénoncé la Russie comme un fléau. Après les années du communisme, son athéisme, sa persécution religieuse et ses millions de morts,  c’est à un nationalisme ardent que la Russie semble s’être abandonnée sous Poutine, menaçant la paix mondiale : main basse sur la Crimée, guerre de Syrie, manœuvres permanentes d’intimidation aux frontières européennes, tentatives d’influencer le jeu démocratique au moment des élections. Curieusement, nous remarquerons qu’à aucun moment au cours de ses apparitions, la Vierge ne fait mention de l’Orthodoxie. Le patriarcat de Moscou, proche du pouvoir russe, ne lui donne sans doute pas très envie d’en parler…

Comme le dit la mystique Adrienne Von Speyr, le monde ne veut pas se laisser transformer !

« Le monde sait que la venue du Seigneur signifie pour lui une exigence en laquelle il découvre surtout les choses qu’il n’est pas prêt à donner : il ne veut pas renoncer à son propre point de vue, ne veut pas s’abandonner à la personne du Seigneur et se laisser ainsi transformer par Lui selon la volonté du Père. Le sens de cette transformation lui échappe, bien que Dieu, dans sa promesse, le lui ait précisé. Le monde qui tolérait en quelque sorte le Père, qui acceptait même sa loi et ne s’y opposait pas ouvertement, croit s’être acquitté ainsi du maximum. Se laisser initier à quelque chose de nouveau, qui ne cessera jamais d’être nouveau, il n’y consent pas.
Que peut exiger de plus l’auteur de la Loi ? Il faut que dans l’homme, la parole se transforme en vie, en quelque chose qui l’accompagne et le guide pas à pas et qui veut devenir plus important que son propre moi ; c’est une réalité qu’on ne peut jamais contrôler parce qu’elle demeure toujours quelque chose d’inachevé. Le monde ne veut pas de cela. Il veut être et rester ce qu’il est, sans se laisser transformer de cette manière dangereuse et incontrôlable. »

wikipedia

Résultat : le père est courroucé !

Marie nous dit qu’elle doit intervenir souvent, avec le Fils, pour calmer la colère du PèreDans la Bible, Yahvé était déjà souvent en colère contre le peuple élu ! A Akita : « le Père est courroucé ! »  « Les hommes sont ingrats » ; Marie réclame des âmes souffrantes et pauvres pour le consoler ; elle même est intervenue pour apaiser ce courroux en lui offrant les souffrances du Christ sur la croix. Marie rappelle l’importance de la prière, de la pénitence, des sacrifices, pour apaiser la colère du Père, de la récitation du Rosaire et de l’eucharistie. 

Les raisons qu’a Dieu d’être courroucé ! 

  • Déchristianisation de l’Europe ; évanouissement du spirituel ; laïcisme en France.      
  • Mariage gay et lesbien
  • Travail le dimanche
  • Matérialisme et consommation effrénée, produisant égoïsme et individualisme.
  • Pornographie et violences sexuelles, y compris dès l’école.
  • Pma et Gpa / eugénisme : qu’il s’agisse de femmes seules ou de couples de femmes, l’institutionnalisation par la société d’une prise en charge médicale de procréation à travers un don de sperme anonyme soulève de nombreuses questions d’ordre éthique. Tout comme le marché des gamètes : le New York Fertility Institute, qui vise le « service premium », recrute des donneuses à l’université Columbia, de préférence brillantes et de taille élancée. La London Sperm bank a créé une application vous alertant quand le donneur idéal correspondant au profil enregistré a été trouvé…(Le Point du 31 Mai 2018). Cependant, la vérité commande de dire, qu’en 2018, 95% des dons ne sont pas le fait d’un tiers, mais de l’un ou l’autre des parents. La gestation pour autrui qui fait disparaître la dimension co-créatrice puisée dans l’amour d’un homme et d’une femme et promeut la marchandisation du corps, soulève pareillement de graves problèmes éthiques. La sélection des embryons, le choix du sexe notamment, est déjà une première étape vers l’eugénisme. Grave aussi le problème des embryons surnuméraires ; ces vies, mises en conserve, sont bien plus qu’un phénomène biologique ; l’homme, doté par Dieu du pouvoir invraisemblable de pouvoir faire naître la vie, les congéler ou les détruire, c’est « congeler ou détruire » l’union sacrée qui s‘est nouée entre Dieu et les deux parents, co-créateurs de toute vie.    
  • Suicide assisté. 
  • Divorce et éclatement des familles
  • Evanouissement de l’éducation religieuse dans les familles (en Europe), 
  • Persécution des chrétiens dans de nombreux pays 
  • Militarisation et budgets d’armement colossaux, alors que règnent encore le manque d’éducation, la pauvreté, la maladies la faim…
  • Spéculation en tout genre. L’argent roi.
  • Racisme, sexisme, homophobie, harcèlements physiques et psychologiques 
  • Extrémisme des religions : excision, terrorisme religieux en tout genre
  • Politiques migratoires contredisant l’accueil chrétien aux déracinés et aux persécutés.
  • Maltraitance des enfants et des personnes âgées 
  • Personnes laissées sans toit (SDF) 
  • Chômage évacuant la dignité de l’homme, empêchant son épanouissement et le privant de ses moyens de subsistance.
  • Esclavagisme et exploitation de l’homme par l’homme
  • Pédérastie (dont celle du clergé)
  • Insuffisante attention portée aux plus faibles et aux handicapés.
  • Politiques ne protégeant pas assez la famille 
  • Politiques pro-avortement sachant que Dieu est seul maître de la vie.
  • Travail des enfants 
  • Comportement de certains prélats (Curie romaine) 
  • Lotos et jeux d’argent 
  • Manipulations génétiques d’embryons
  • Violence gratuite dans les films, les séries TV, les jeux vidéo.
  • Incivilités touchant tous les aspects de la vie et signifiant un recul proportionnel du respect dû à l’autre. 
  • Mise en avant, comme une normalité, de la théorie du genre et des pratiques sexuelles déviantes, même si certaines sont à la source de vraies souffrances et méritent compréhension et tolérance.   
  • Ecarts de richesse en augmentation entre les pays et les individus
  • Manque de respect envers Dieu, ses prêtres et ses croyants

L’Auteur de cette corruption est Satan ; il a même réussi à s’introduire dans l’Eglise ; mais à la fin, Satan sera vaincu !

« L’Auteur de cette corruption est Satan. » (Amsterdam et Kibeho). A Akita, Marie dénonce les attaques officielles contre les âmes consacrées à Dieu : Satan s’introduit même dans l’Eglise et oppose les membres du clergé entre eux. A San Nicolas de los Arroyos : « Satan sait que sa fin est proche et dispense ses dernières forces. » « A la fin, Satan sera vaincu parce que le Père sait tout et peut tout en une seconde ; lui seul permet ce qui se produit dans le monde. »

Oui, l’enfer et le purgatoire existent et il y aura bien jugement !

A Fatima, Beauraing, Kibeho, et San Nicolas de los Arroyos, la Vierge appelle à la conversion et prévient du pire si les hommes ne changent pas. A Fatima et Kibeho, à travers des visions, Marie fait toucher du doigt aux voyants la réalité de l’enfer, du purgatoire et du Paradis. 

5 – Mais comment faire ? 

5-1- D’abord prendre conscience que l’âme est le plus important !

« Occupez vous plutôt de vos âmes et mon fils s‘occupera de vos affaires ! Vous rendez vous compte que l’âme est le plus important ? » Marie nous dit qu’il faut privilégier l’âme, car elle seule compte, et pas le corps ni le Monde ! A Lourdes : « Il faut faire pénitence pour se sauver, car seule l’âme compte et que le bonheur n’est pas de ce monde ; le salut de l’âme passe bien avant celui du corps ;  le bonheur n’est pas de ce monde mais de l’autre. »

Saint Paul, dans sa deuxième lettre aux Corinthiens (2Co 4,13-5,1) nous dit en écho des propos de la Vierge, que l’important est « un édifice construit par Dieu », qui ne se voit pas, et non notre « tente » terrestre, qui se voit, mais n’est que du provisoire : « Même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour ….et notre regard ne s’attache pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas. Ce qui se voit est provisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel…même si notre corps, cette tente qui est notre demeure sur la terre est détruit, nous avons un édifice construit par Dieu, une demeure éternelle dans les cieux qui n’est pas l’œuvre des hommes. » 

Marie nous rappelle l’ordre des priorités dans notre vie

Beaucoup prêtent à l’église catholique une sorte d’aversion pour le corps. En réalité, il s’agit, bien plus que du corps, de tout ce qui tire l’homme vers le bas. Si Marie force le trait en réduisant le corps à pas grand chose (saint Paul ne nous dit-il pas qu’il est le Temple de l’Esprit et Jésus, qu’il ressuscitera), c’est pour mieux souligner l’ordre des priorités.

C’est de notre âme dont il faut se préoccuper d’abord, et si nous le faisons, « Dieu s’occupera de nos affaires ». Jésus nous l’avait déjà dit dans une parabole à propos du lis des champs. Mais il est bon de nous le rappeler. A partir du moment où on comprend que ce qui est premier est le salut de notre âme et que Dieu s’occupe de nos affaires, il est clair qu’on ne peut plus vivre comme avant !  Dans l’histoire où Jésus est accueilli par deux soeurs appelées Marthe et Marie, Jésus préfère Marie, qui l’écoute, à Marthe qui s’affaire à préparer le repas, pour nous confirmer cette priorité. (Luc 10, 38-42) 

* La parabole du lis des champs 

« Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs, qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous vêtira-t-il pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? Ne vous inquiétez donc point, et ne dites pas : Que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? De quoi serons-nous vêtus? Car toutes ces choses, ce sont les païens qui les recherchent. Votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain ; car le lendemain aura soin de lui-même. À chaque jour suffit sa peine. » Mathieu 6, 28-34

5-2- Redécouvrir le chemin qui mène au Père et au Salut 

5-2-1- Obéir aux commandements et recevoir la force de l’Esprit 

A Catherine Labouré (Paris)  : « Il faut obéir aux ecclésiastiques et observer les règles parce que l’obéissance au Père est chemin de perfection (He 5,7-9) ».

L’obéissance, nous dit la lettre aux hébreux, (He 5,7-9) est chemin de perfection. La religion catholique n’est pas «  à la carte ». On ne peut pas prendre ce qui nous plaît et laisser le reste. Par exemple s’éviter d’aller se confesser ou de communier, parce que ces pratiques nous paraissent désuètes ou sans intérêt. La phrase mille fois entendue : « Je suis croyant, non pratiquant » n’a pas de sens pour celui qui a compris que le Christ, en rejoignant son père, a laissé aux croyants l’Eglise et les sacrements afin de les guider et leur faire bénéficier de la Force de l’Esprit de Dieu. Sans prêtres, pas de sacrements ; sans sacrements, pas d’Esprit saint. Sans prêtres et sans Esprit Saint, pas de guide pour discerner sa vie et avancer sur le chemin qui conduit au Père.

Lettre aux hébreux He 5,7-9

« Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit avec un grand cri, et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances, l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent, la cause du salut éternel. » 

5-2-2- Prier, parce que la prière est l’aliment de l’âme et l’arme privilégiée du chrétien

Pratiquement partout, Marie rappelle la nécessité de la prière. (Gietrzwald, Banneux, L’Île Bouchard, Betania, San Nicolas de los Arroyos). Ce faisant, elle ne fait que confirmer les propos de Jésus. (Mc 11,11-25) : « Ma maison sera appelée maison de prière…tout ce que vous demandez dans la prière, croyez que vous l’avez obtenu et cela vous sera accordé. »  

  • Prier Dieu est la plus importante des actions humaines.

Comme beaucoup sans doute,  je n’ai pas compris, jusqu’à aujourd’hui, l’importance de la prière. Je ne voyais pas en quoi la furie récitatoire de formules, observée aux couvents, processions et pèlerinages, pouvait amener Dieu ou la Vierge à octroyer quoique ce soit à ses récitants. Cela heurtait ma rationalité ; c’était comme se mettre des amulettes, dans un autre genre. Rosaire et chapelet m’apparaissaient désuets. Pourtant, à force d’entendre la Vierge demander aux voyantes et voyants de prier instamment, je me suis mis à douter, au point que maintenant, moi même, je prie autant que je peux ! C’est aussi parce que j’ai compris une mécanique qui m’était restée voilée : ce sont les vivants qui, par leurs prières, peuvent sortir les morts du mauvais endroit où ils sont tombés. Effectivement, si on souhaite agir pour le bonheur éternel d’êtres qui nous sont chers, la prière se charge d’un intérêt tout différent ! Mais pas besoin d’être mort pour bénéficier des bienfaits de la prière ! La prière est aussi décisive pour les vivants.

C’est elle qui permet de bénéficier de l’aide de Dieu, directement ou par l’intermédiaire de la Vierge, pour débloquer des situations apparemment sans issue. Je présume que cette aide est plus facilement obtenue pour des avancées spirituelles que matérielles, mais Dieu qui veut notre bonheur tout court, s’il ne nous rendra jamais riche, peut favoriser des situations contribuant à notre bonheur terrestre. Surtout, la dévotion à Marie, par la prière, est une voie de Salut et doit donc être priorisée par rapport à d’autres actions humaines. C’est par la prière des vivants que les âmes du Purgatoire (de l’enfer ?) sont sauvées. Marie nous dit haut et fort que si les actes sont importants, (entendre les œuvres destinées à aider son prochain), le mieux qu’ait à faire un chrétien est de prier.

Pourquoi ? Parce que si n’importe quel homme généreux peut agir pour le bien de son prochain sur terre, seul un  chrétien, par sa prière, peut sauver une âme du Purgatoire et de l’enfer. Et le salut d’une âme, qui donne accès au bonheur éternel, est d’un prix sans commune mesure avec les améliorations apportées à la condition humaine ; même si, au nom de l’amour, il nous est interdit de les négliger, car le bien qu’on fait à nos semblables, c’est à Jésus qu’on le fait ! 

C’est la prière qui conduit à la conversion des pécheurs et qui sauve les âmes 

Au Laus : « Il faut construire un lieu de prière pour la conversion des pécheurs. » A Champion, la mission d’Adèle Brise est de prier pour la conversion des pécheurs. A Fatima, la prière peut sauver les âmes qui souffrent en enfer ; la dévotion à Marie est une voie de salut ( ainsi que la dévotion d’un pays (Russie) au cœur de Marie.) A Betania, Marie rappelle l’importance de l’Eucharistie et de la prière pour réparer les infidélités des pécheurs. A la fin, tout le monde sera sauvé, mais il faut se convertir et pratiquer l’Eucharistie. A Kibeho, il faut prier sans cesse et surtout pour ceux qui ne prient pas.

La prière catholique du « je vous confesse à Dieu » – on n’y fait plus attention – demande bien que la vierge, les anges et les saints et même nos semblables, prient le Seigneur en réparation de nos péchés ! 

Je confesse à Dieu tout puissant ; je reconnais devant mes frères que j’ai péché en pensée, en paroles, par action et par omission ; oui j’ai vraiment péché ; c’est pourquoi je supplie la bienheureuse vierge Marie, les anges et tous les saints, tt vous aussi mes frères de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

La prière à Marie est assurément une voie de salut, ainsi que la dévotion d’un pays (Russie) à son cœur. (Fatima) Il faut prier sans cesse et faire acte de dévotion envers Marie en récitant le Rosaire (ou le chapelet des 7 douleurs). On demande à la Vierge de prier pour nous, parce que c’est l’arme principale de son intercession. Pourquoi lui répète- t-on à chacune des prières que nous lui adressons (le « Je vous salue Marie »), de « prier pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort », si ce n’est que c’est la prière qui est notre meilleure arme pour obtenir le pardon de Dieu, Père et Fils.   

Je vous salue, Marie pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

En conséquence, la vierge demande de construire des lieux de prière !  Le Laus, Banneux, Kibeho, Amsterdam…

On comprend mieux maintenant l’importance de tous ceux qui se sont retirés du monde, dans des monastères et les couvents, afin de se vouer à une vie de prière. Par sa pratique assidue, ils sauvent les âmes. Il importe de distinguer le clergé régulier et le clergé séculier* même si tous prient, bien évidemment ! 

* Le clergé régulier et séculier 

Le clergé séculier est le clergé qui vit « dans le « siècle » » (du latin : sæcularis) au milieu des laïcs, par opposition au clergé régulier qui vit « selon une « règle » de vie » (du latin : regularis) dans une abbaye, un couvent, ou un prieuré, et qui ont prononcé des vœux et vivent en communauté  (moines et religieux). Les membres du clergé séculier ont pris des engagements religieux, mais leur principale caractéristique est d’être engagés dans la vie séculière et non en communauté.

Alors que le clergé régulier s’engage dans les trois vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, le clergé séculier ne prononce aucun vœu, seulement les engagements de célibat (de ne pas vivre en couple) et d’obéissance (de manière générale à l’Église, par l’intermédiaire de chaque supérieur hiérarchique). Les membres du clergé séculier sont soumis à la règle canonique et sont tenus de réciter les différentes prières de l’Office divin. Cependant il se peut qu’un clerc séculier, comme un prêtre, décide d’entrer dans une congrégation religieuse, et donc, en plus de ses engagements, s’ajoutent et se mêlent les vœux religieux. Ce clergé séculier est composé des diacres, des prêtres et des évêques diocésains.

5-2-3- Revenir à une foi simple et se faire humble.

Dieu cherche toujours ce qui est petit et simple. « Le péché d’orgueil conduit à tous les péchés du monde ; l’humilité est le principal fondement de tout ; seuls les humbles peuvent me plaire » ; « l’enfer est rempli d’êtres orgueilleux ; obéis à ton père spirituel ; baise le sol en acte d’humilité. » (Kibeho, Lourdes…).

La vraie lutte qui traverse le cœur humain, nous dit Monseigneur Luciano Alimandi, est celle entre l’humilité et l’orgueil. Jésus connaît parfaitement le cœur humain, c’est pourquoi son évangile, du début à la fin, est une exhortation à devenir petits, à « se faire pauvres en esprit », comme le proclament les Béatitudes, parce que les premiers seront les derniers ! Parce que celui qui s’exalte sera humilié et celui qui s’humilie, exalté ; parce que celui qui veut être le premier parmi vous doit être le serviteur de tous ; parce que « apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. » (Mathieu 20,16 ; Luc 14,11 ; Marc 10,14 ; Mathieu 11,29). Parce que Marie dit à l’ange : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »

5-2-4- Il faut œuvrer par des actes car l’Amour est premier.

L’amour est premier et il faut agir plus ! A Amsterdam, elle exhorte les chrétiens à observer le grand commandement de l’Amour, à plus d’ouverture et de largeur d’esprit. « Il faut avoir plus de largesse d’esprit » ; l’esprit ancien doit disparaître ; il faut être bon avec les hommes, parce que l’Amour est premier et pratiquer les sacrements.  Marie nous demande d’insister sur les droits sociaux, l’équité et la charité, d’agir plus ! L’Europe doit s’unir, les blancs respecter les noirs..

Il faut suivre l’exemple du Fils qui a montré comment vivre, combattre le matérialisme (Saint Nicolas de Los Arroyos), servir Dieu avant les plaisirs du monde et l’humanisme (qui fait de l’homme son but) ; « il importe de ne pas être chrétiens que de nom ! » Il faut éduquer les enfants dans la Foi. Au nom des actes, à Champion, Marie rappelle : «Tout le monde doit travailler à la vigne du Seigneur, c’est à dire se mettre à son service, collaborer à son œuvre afin de recevoir le salaire de la vie éternelle, se faire catéchiste. » 

Les familles doivent retrouver le moyen de leur plénitude 

Marie redit l’importance de la famille et du respect de la vie. « Dans les familles, il faut montrer plus d’amour et de respect réciproque entre homme et femme ; plus de mansuétude l’un pour l’autre, aussi. Homme et femme doivent fuir le péché de la chair et la luxure. Le péché d’impureté offense beaucoup le Seigneur. »

5-2-5- Accepter la souffrance dans la Foi et l’offrir à Dieu

Le rôle de la souffrance dans la religion catholique est ambigüe ; d’une part, comment Dieu pourrait-il avoir soif de notre souffrance s’il nous aime ? D’autre part, c’est bien par la croix, donc par la souffrance, que s’est manifesté l’amour du Fils pour ceux qu’il est venu sauver. Il nous a sauvés jusqu’à offrir sa vie en souffrance.

Il ne s’agit, bien sûr, pas de rechercher la souffrance, mais de porter un autre regard sur elle lorsqu’elle se présente. La vertu de la souffrance salvatrice de Jésus sur la croix*, cause de scandale pour beaucoup d’hommes d’aujourd’hui et mystère de Dieu, est rappelée par Marie.

A Kibeho : « Personne n’arrive au ciel sans souffrir ; il faut accepter la souffrance dans la Foi et dans la joie. Il faut offrir sa souffrance à Dieu. » « Offre tes souffrances, ma fille …ceux qui sont fils de Dieu devront souffrir avec lui pour partager sa gloire. Il est très important de sauver l’âme ; le corps n’a pas d’importance ; il vaut la peine de souffrir pour jouir, ici, éternellement. » La souffrance offerte et les sacrifices sont les moyens de guérir les malades, d’obtenir la paix, et de sauver les âmes, parce qu’ils réparent les offenses faites à Dieu.

Commentaire autour de la souffrance

Au delà de l’amour porté jusqu’au niveau d’une souffrance offerte, mériter le bonheur est une constante de la vie humaine. Dans le Bouddhisme, on paye dans la vie suivante ce qu’on a mal fait pendant la vie précédente. Et le principe d’éducation anglo-saxon : « no pain, no gain », nous rappelle avec bon sens que sans souffrance, il n’y a pas de gain. La Vierge nous informe qu’elle souffre (continue à souffrir) beaucoup pour le monde, afin d’atténuer la colère du Père et sauver les âmes. Elle nous invite à joindre notre souffrance à la sienne et, à défaut, nos prières, jeûnes et sacrifices.

Marie confirme une chose qu’on voudrait ne pas avoir entendu : on n’arrive pas au ciel sans souffrir ! J’avoue avoir été surpris d’entendre la Vierge répéter que nous parvenions au Ciel par la croix. Je croyais ce vocabulaire, utilisé longtemps par l’Eglise, dépassé. Or cette insistance de la Vierge ne peut être fortuite.  On constate d’ailleurs que c’est un véritable chemin de croix que nombre de voyantes et voyants ont dû emprunter toute leur vie ! Le petit voyant de Fatima, saint Francisco Marto, n’en est qu’un exemple parmi d’autres.

Ce qu’il faut comprendre c’est que les voyantes ont été choisies en raison de leur capacité à comprendre que leur souffrance avait un sens, celui de sauver nombre d’âmes ; elles sont aidées constamment dans cette tâche par Marie, qui les assure en permanence de son soutien. Mais toutes les voyantes n’ont pas été appelées à participer à cette « offrande ». Car être invité à joindre sa souffrance à celle du Christ est ….un honneur ! Je comprends ce que cette observation peut avoir d’inaudible dans notre société de confort et de jouissance et pourtant cela est ! Adrienne von Speyr** et Chiara Luce Badiano***  pour prendre deux exemples récents, illustrent bien l’alliance mystérieuse qui se noue, dans la souffrance, avec Dieu.

A leur propos, si Dieu a créé l’homme libre, un certain nombre d’humains est « élu par Dieu », c’est à dire destiné à une mission à laquelle ils peuvent se soustraire dans l’absolu, probablement, mais ne s’en soustraient généralement pas : ainsi de certaines personnes élues pour joindre leur souffrance à celles du Christ, parce que le Christ sait, à l’avance, qu’elles ont les moyens d’accepter et supporter cette épreuve. Mais nous ne sommes pas tous appelés à souffrir, dans notre chair, comme ces grands témoins.

En disant tout cela, j’ai bien conscience que les théologiens m’objecteront que je n’ai rien compris à la souffrance chrétienne ; mais je suis un  » petit » et comprends, « comme un petit », ce que dit Marie, qui ne s’adresse pas aux théologiens, mais bien à des gens comme moi et leur parle de manière à être comprise d’eux !

Le bouddhisme tibétain, aussi, accorde valeur à la souffrance ; la pratique du Tong-Len

Victor Frankl, un psychiate juif, emprisonné par les nazis durant la seconde guerre mondiale, déclara un jour:  » l’homme est prêt à toutes les souffrances, tant qu’il peut y déceler un sens. » il a déterminé que la survie ne reposait pas sur la jeunesse ou la force physique, mais sur cette force qui découle de la volonté et la faculté de trouver du sens ; dans le bouddhisme et l’hindouisme, la souffrance est le résultat de nos actions négatives passées ; Dans le Talmud, puisque  » Tout ce que Dieu fait, il le fait pour le mieux ! », la souffrance est une des voies mystérieuses de Dieu, pour notre bien ! la souffrance aguerrit et renforce, mais rend plus sensible, aussi, ouvre plus vers les autres ; la pratique bouddhique du Tong-Len, ( donner/recevoir), permet de prendre en charge la douleur de l’autre, y compris physiquement : par l’aspiration, on aspire la douleur de l’autre et par l’expiration, on lui redonne de la bienveillance et de la paix ;

Et si la souffrance était l’élément le plus fondamental qui nous lie aux autres ?

Quand Dieu choisit la souffrance de son fils comme moyen d’expiation de la faute originelle des hommes ( bien que les théologiens nous expliquent que Dieu ne fait qu’abandonner le corps de son fils à la méchanceté humaine) ne nous indique-t-il pas, en même temps, que souffrir est ce qui nous rapproche le plus les uns des autres ? C’est en souffrant que le Christ est le plus profondément homme et c’est en partageant notre souffrance avec lui, qu’on est, sans doute, le plus en communion avec lui.

Dieu se satisfait de notre souffrance à supporter avec amour et patience les difficultés que la vie nous ménage ! 

Pour la plupart d’entre nous, le chemin de croix dont parle la Vierge est à entendre comme nos efforts quotidiens pour vivre avec amour et patience, toutes les difficultés que la vie nous ménage – et elles sont nombreuses ! Mais pourquoi s’étonner de cette phrase de la Vierge, puisque l’apôtre Paul (Rm8,14-17) nous dit bien que puisque nous sommes devenus enfants de Dieu par l’Esprit saint (baptême et confirmation), nous sommes aussi ses héritiers, avec le Christ, « ….si du moins nous souffrons avec lui, pour être avec lui dans la gloire ». 

La mort de Jésus en croix est à la fois scandaleuse et le plus beau signe de l’amour d’un père pour ses  » autres enfants » que nous sommes !

Ce thème de la souffrance m’a beaucoup interrogé, car enfin, il y avait mille autres moyens pour Dieu de faire payer aux hommes le prix de leur rupture avec lui !

A-t-Il choisi d’imposer cette souffrance à une personne à laquelle n’importe quel père humain n’aurait jamais consenti : son  fils ? Le théologien Bernard Sesboüé dit plutôt que Dieu a laissé son fils libre de manifester son amour jusqu’à l’extrême de la souffrance et de la mort ; ce sont les hommes qui l’ont crucifié et l’agneau de Dieu a accepté de leur abandonner son corps en sacrifice ; et le pire n’est encore pas là ; il ne lui a pas demandé seulement de souffrir, il lui a demandé bien plus : d’abandonner son statut de fils de Dieu pour vivre comme un homme.

Ne faut-il pas qu’un tel Père nous aime plus que tout, pour s’imposer une telle épreuve à lui- même, et l’autoriser à Son unique Fils ? La légende de saint Augustin et l’ange* nous dit bien que le mystère de la Trinité, et donc de l’amour divin, est incompréhensible pour la raison humaine. Et comme l’Eglise est un même corps, ses branches que nous sommes – et c’est quand même un minimum – sommes invités à participer au sacrifice du Fils qui en est la tête, en joignant nos souffrances, même modestes, à la Sienne ! J’ai développé ce thème de la souffrance dans mon livre : « Souffrance, Sagesses et  Religions ».

Et ne faut-il pas que Jésus nous aime plus que tout pour consentir, par une mort aussi cruelle, à donner l’exemple de l’amour le plus parfait ?

Saint Augustin et l’ange : Augustin, originaire de Thagaste, fils de sainte Monique, fut maître de rhétorique à Milan où il menait une vie dissolue. Puis la Parole de l’évêque, le futur saint Ambroise, l’amena à se convertir et il fut baptisé à 33 ans. Revenu en Afrique, il fut sacré évêque d’Hippone en 395 ; c’est là qu’il mourut en 430. Sur la plage d’Hippone, Augustin réfléchissait un jour au mystère de la Trinité. Il repéra un enfant -était-ce un ange ?- qui, avec une coquille, s’appliquait à verser l’eau de la mer dans un trou creusé dans le sable. « O PVER QV/ ID HIC AG/IS, [ô enfant, que fais-tu ?] ET PUER RESPONDENS – TOTAM RIPAR/IAM IN FONTEM AP/PONERE PROPOSUI [Et l’enfant répondit : J’ai décidé de mettre toute l’eau de la mer dans ce trou] » L’évêque lui fit remarquer, en souriant, la vanité de ses efforts. L’ange lui répliqua qu’il était tout aussi déraisonnable de sa part de chercher l’explication du mystère de la Sainte Trinité. On ne peut pas en effet enfermer le mystère infini dans une formule, obligatoirement réductrice.

** Adrienne von Speyr

Adrienne von Speyr in Langenbruck, Switzerland
Par Photographe inconnu — http://www.ignatius.com/promotions/bookofallsaints/images.htm (see also http://www.vatican.va/news_services/or/or_quo/225q01.pdf pag. 9), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=31538448

Adrienne von Speyr, née le 20 septembre 1902 à La Chaux-de-Fonds et morte le 17 septembre 1967 à Bâle, est un médecin suisse, auteur de plus d’une soixantaine de livres sur la spiritualité et la théologie. Seconde fille d’une famille protestante de quatre enfants, Adrienne von Speyr était très pieuse, du fait de sa proximité avec sa mère et sa grand-mère. Elle se marie en 1927 avec Emile Dürr, un historien veuf, père de deux jeunes enfants. Il meurt en 1934. Entre-temps elle est devenue la première femme suisse à devenir médecinl’aboutissement d’études entamées avant son mariage.

En 1936, elle se remarie avec Werner Kaegi. Aucun enfant ne naît de ces deux unions. Elle se convertit à la foi catholique après sa rencontre avec le théologien Hans Urs von Balthasar, qui demeura son confesseur tout au long de sa vie, et le confident auquel elle dicta la majeure partie de ses ouvrages. Elle reçut le baptême le jour de la Toussaint 1940. Avec le théologien, elle fonde l’Institut Saint-Jean, un institut séculier chargé de réinterpréter et de transmettre l’enseignement de saint Jean chez les Jésuites.

En 1954, la maladie la terrassant, elle cesse son activité médicale, et meurt en 1967. Mystique catholique, stigmatisée à partir de 1942, elle décrit dans ses ouvrages de nombreuses visions de la Trinité, de la Vierge Marie et des saints. Sa conversion est le point de départ d’une vie spirituelle remplie de grâces inouïes, de visions, de révélations, de souffrances offertes (elle reçoit les stigmates en 1942). Cette vie mystique lui apporta une remarquable connaissance de Dieu. L’œuvre d’Adrienne est d’une parfaite sobriété, mais aussi d’une grande beauté. Commentaires scripturaires, exposés théologiques ou spirituels, rien ne semble dicté par l’extase. Le merveilleux n’abonde pas dans son œuvre. Directement « initiée » par le ciel, Adrienne parle sous « l’action mystérieuse et impressionnante du Seigneur » (Jean-Paul II). Malade, épuisée, elle mène dès 1954 une vie recluse de prière, de souffrance et de silence. Elle meurt à Bâle en 1967. 

*** Chiara Luce Badiano

Chiara Badano dite Chiara Luce (Sassello29 octobre 1971 – Sassello7 octobre 1990) est une jeune femme ayant appartenu au Mouvement des Focolari, morte à 18 ans d’un cancer des os. Déclarée vénérable par l’Église catholique romaine le 3 juillet 2008, elle a été proclamée bienheureuse le 25 septembre 2010 au Sanctuaire de Notre-Dame du Divin Amour, à Rome

À la fin des vacances d’été de 1988, à la suite d’une partie de tennis, Claire, âgé alors de 17 ans, ressent une vive douleur à l’épaule. On croit alors à une déchirure musculaire, mais après trois mois la douleur s’amplifie et devient de plus en plus douloureuse. En 1989, les douleurs osseuses s’étant accrues, elle est admise à l’hôpital où on lui diagnostique une simple ostéosarcome en janvier 1989.

Mais les douleurs augmentant encore, de nouveaux tests sont faits et en février 1989, on lui diagnostique finalement une forme de cancer des os parmi les plus graves et les plus douloureuses ; ses parents lui cachent la maladie dans un premier temps. Ce n’est que le 14 mars 1989- elle n’a pas encore 18 ans quand elle part pour sa première chimiothérapie- qu’elle découvre la gravité de sa maladie. Les soins sont de plus en plus intensifs, les métastases cancéreuses se multipliant. En avril 1989 sa maladie empire et elle devient paralysée des jambes. Le 5 juin Chiara est de nouveau opérée pour laminectomie dorsale, les médecins et infirmiers sont marqués par son attitude, elle ne cherche pas à fuir la souffrance, elle y voit une occasion d’être avec Dieu ; après l’opération priant à voix haute elle dit : « Pourquoi Jésus? Si tu le veux je le veux aussi ».

Le 19 juillet 1989 elle est victime d’une hémorragie interne. Malgré sa maladie, elle reçoit des visites de ses amis et continue à suivre les activités des Focolari. Elle rencontre un ingénieur qui vit au Bénin et qui développe une mission pour les enfants ; Chiara se passionne pour son entreprise et fait don de toutes ses économies pour cette œuvre. Quand la souffrance diminue elle confectionne des petits objets qu’elle donne ou vend pour la mission au Bénin. Elle rentre chez elle et reste alitée chez ses parents à Sassello. Elle a alors une vie de prière importante, priant le rosaire et suivant la messe. Elle est convaincue que toute souffrance offerte à Dieu « porte du fruit », et décide alors de renoncer aux antidouleurs. Deux jours avant Noël 1989, elle a une crise et doit repartir à l’hôpital. Elle reçoit dans le même temps le sacrement des malades. Le 24 janvier elle est de nouveau opérée mais l’opération se révèle inutile. 

Par Davide Papalini — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20663378

Elle écrit alors sa vision de la souffrance : « Chaque instant est précieux et il ne faut donc pas le gaspiller. Si l’on vit ainsi, tout est pourvu de sens. Tout trouve sa juste dimension une fois qu’on l’offre à Jésus, même les moments les plus affreux. Donc, il ne faut pas laisser s’échapper la douleur : elle acquiert tout son sens en devenant une offrande à Lui ». Au cours des mois qui suivent, les douleurs aux jambes s’amplifient, au point qu’elle les appelle « mes jambes folles ». Peu de temps après les médecins considérant son cas désespéré décident de mettre un terme aux soins et le 18 juin elle sort de la clinique et rentre chez elle à Sasselo. Cependant Chiara Luce a souvent des moments de difficultés, elle répète souvent à ses amis : « Qu’il est difficile de vivre le christianisme jusqu’au bout ». De retour chez elle, elle reçoit une lettre de Chiara Lubich qui lui donne un nouveau nom focolari, celui de Luce (Lumière en italien). Cette amitié épistolaire est essentielle dans la vie de Chiara Luce Badano ; elle écrit à Chiara Lubich : « je dois tout à toi et à Dieu ».

La souffrance continue d’être importante, souffrance qu’elle trouve difficile à vivre. Avec sa maladie elle regrette de ne pas pouvoir faire don de ses organes, mais obtient de pouvoir tout de même faire don de sa cornée. Chiara sachant sa mort proche décide de préparer minutieusement ses obsèques, les considérant comme un mariage. Elle demande d’être vêtue de blanc avec une ceinture rose, et choisit les chants de messe. Le 10 septembre, elle envoie une dernière lettre de salutations à tous les membres de la communauté des Focolari, par le biais d’un enregistrement sur une cassette audio. Les derniers mots qu’elle dit à sa mère sont : « Maman, au revoir. Sois heureuse parce que moi je le suis ». Elle meurt le 7 octobre 1990, à 4 h 10, après une nuit d’agonie, à l’âge de 18 ans. .

5-2-6- Rome est bien la seule église, mais Marie invite les églises et les catholiques à de profonds changements et avertit le clergé. 

Il faut s’appuyer sur Rome qui est bien l’unique église du Christ et observer ses encycliques ; « Rome a une grande chance à saisir » répète la Vierge à Ida Peerdeman.

Depuis le concile Vatican 2, les changements à opérer au sein de l’Eglise catholique sont cause de profondes divergences au sein de l’église catholique. Avec une modernité étonnante, Marie convie les chrétiens à plus d’audace quant aux moyens d’annoncer l’Evangile, mais prévient, en même temps, que la doctrine doit rester ce qu’elle est.

A Amsterdam : « Il faut recourir aux moyens modernes de communication, que les chrétiens s’unissent : une seule et grande Eglise (fait allusion à l’église d’Angleterre). Il faut s’appuyer sur Rome qui est la seule église, mais des changements sont nécessaires. Il faut une formation des prêtres plus moderne ; il faut revenir à une foi simple parce que Dieu cherche toujours ce qui est petit et simple. L’Eglise de Rome a un rôle primordial dans ce changement. » 

Mais si l’église de Rome est la seule église du Christ, ses prêtres doivent être irréprochables ! 

Marie fustige le comportement de certains membres du clergé. « Nombre de prêtres offensent constamment mon fils ; un grand châtiment va s’abattre sur eux ; leur orgueil les remplit de vanité ; malheur aux pasteurs qui gouvernent l’église et qui changent les lois que le Christ a instituées ; ils n’obéissent pas au Vicaire du Christ et entraînent les âmes vers l’abime ! » Marie fait sans doute allusion à tous les schismes et hérésies qui ont parsemé l’histoire de l’église, mais aussi au scandale des prêtres pédophiles de ces dernières années, sans oublier la conduite de certains prélats de la curie romaine….Elle défend le célibat des prêtres, « sauf circonstances exceptionnelles. » 

5-3- Marie nous dispense un message d’espoir 

A Betania, elle encourage à l’optimisme et à l’engagement y compris dans les médias. Même si la spiritualité baisse, rien n’est perdu si on observe le commandement d’amour ; « à la fin, tout le monde sera sauvé » 

Mais il faut se convertir et pratiquer l’Eucharistie. Marie appelle à la miséricorde : une générosité conduisant au pardon et beaucoup de volonté. A San Nicolas de los Arroyos, Marie souhaite que personne ne soit condamné et que nos âmes vivent pour toujours en nous guérissant du matérialisme, en faisant découvrir le Christ. « Le travail de Dieu s’accomplit et la Justice de Dieu sauvera le Juste. »

Marie rappelle opportunément qu’après notre mort, un monde existe. Nous devons vivre de manière qu’on mérite d’y habiter « au meilleur endroit ». 

Comme beaucoup, je crois au ciel et enfant chrétien, j’avais peur de l’enfer dont les représentations m’effrayaient. Puis l’église catholique a semblé mettre en doute la réalité du Purgatoire et de l’enfer, peut être sous l’influence protestante (?) Et puis, catastrophe ! Dans plusieurs de ses apparitions la Vierge « emmène » avec elle des voyantes pour leur montrer le ciel, le purgatoire et l’enfer ! (Fatima, Kibeho)

L’enfer existerait donc et il y aura jugement ! Car, nous dit Jésus, si le Père est miséricordieux, il est juste !  Le ciel, cet endroit où tout chrétien, et même tout musulman, rêve de finir, est resté longtemps une abstraction. Ici, la Vierge lui donne de la consistance. En montrant son corps, elle nous découvre un peu le mystère : « Tête, visage et pieds sont ceux d’un humain, dit-elle, le reste c’est l’Esprit. » Est-ce l’annonce de notre futur état de ressuscité ? Oui, car Marie est l’anticipation de notre humanité future.

Premier humain ressuscité, elle est « montée au ciel » aussitôt, avec son corps, (dogme de l’Assomption) car, exempte du péché originel, son corps ne pouvait connaître la corruption.  En parlant de ceux qui meurent et qui désormais « font partie des nôtres », Marie donne un contour à cette communauté qu’est l’Eglise, ensemble de croyants vivants et morts.

Elle montre aux voyantes des endroits magnifiques, et reprend les termes de versets bibliques évoquant le Paradis.

A Fatima, Marie donne aux enfants qui la questionnent, des nouvelles de personnes déjà décédées : celle ci, grâce à leurs prières, se trouve bien au Paradis ; mais cette autre restera au Purgatoire jusqu’à la fin du monde ! Faut-il comprendre qu’à la seconde venue du Christ sur Terre (Parousie), les âmes qui sont encore au Purgatoire à cette date auront « automatiquement » accès au Paradis ? Dans cette hypothèse, j’espère pour eux (pour nous) que le Purgatoire n’est pas un endroit trop « invivable » et que le temps du purgatoire n’est pas le temps humain…J’ai déduit des exigences de la Vierge que peu, sans doute, accédaient directement au Ciel et que la majeure partie des humains faisait au moins un petit tour au Purgatoire ; en fait, je n’en sais rien ! 

Le Monde est dans les mains de Dieu. On l’avait presque oublié. C’est rassurant ! 

Ne vous énervez pas ! Le Monde est sous contrôle. Quand Marie dit que « Satan sera vaincu et que Dieu permet tout ce qui arrive et peut tout en une seconde », elle nous remet (si nous en étions sortis) dans une situation confiante vis à vis du futur de l’humanité. Ceci a aussi pour conséquence de nous faire regarder, d’un œil amusé, les tentatives humaines de l’Homme pour se soustraire au doigt de Dieu et son orgueil démesuré le conduisant à jouer au créateur d’un homme nouveau  et si possible éternel !

En apparaissant à Amsterdam, les pieds nus debout sur un globe, on mesure qu’à l’échelle du Cosmos, notre Terre n’est qu’une petite noisette dans l’Univers ; rien de neuf ; les scientifiques nous le disent déjà ; sauf que cette noisette là vient de Dieu et retournera à Dieu. Alors, inutile d’agrandir vos télescopes… 

En conclusion,

En conclusion, c’est à une « révolution spirituelle » que nous appelle Marie. Dans la prière d‘Amsterdam, la Vierge nous signifie qu’il faut demander à Jésus, fils du Père, de « faire habiter l’Esprit de Dieu dans les cœurs de tous les peuples, afin qu’ils soient préservés de la corruption, des calamités et de la guerre ! » Sous entendu, l’économie comme la politique ne sont pas premiers comme moyens d’action, mais la spiritualité !  

Si nous chassons le péché de nos vies, (qui entraîne corruption, guerres et calamités) et retournons à Dieu, Marie l’affirme et le répète « Lui s’occupera du bon déroulement de nos affaires ». Le combat à mener est donc spirituel.

Par la prière intense, il faut faire pénétrer l’Esprit dans le cœur des peuples, car seul le coeur des hommes, pénétré de l’amour divin, agira de telle sorte que la corruption (entendre les mauvaises actions des hommes ) disparaîtra et que les conséquences de ces mauvaises actions posées par les hommes, guerres et calamités, disparaîtront, également ! Deuxième enseignement : pour « aller au ciel », il faut imiter le Christ et observer l’évangile. « Ou vous êtes de Dieu ou vous êtes du Monde ! » On vous donnera selon vos œuvres et cent pour un. «Regarde la place privilégiée de tous ceux qui ont tout abandonné pour Dieu ! » dit Marie aux voyantes, en leur montrant « le paradis ».

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