13- L’île Bouchard, 1947

France / 8 au 14 Décembre 1947 / Notre Dame de la prière

I – Généralités

Pays de l’apparition

France 

Site 

L’Île-Bouchard est située à une quarantaine de kilomètres au sud de Tours, une quinzaine au sud d’Azay-le-Rideau et à nouveau une quinzaine à l’est de Chinon, sur les deux rives de la Vienne, au cœur du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine. La commune englobe les deux rives de la Vienne. Elle dispose à cet endroit d’une ile stable utilisée depuis toujours pour le passage par des ponts bien ancrés avec rive gauche Saint-Maurice et rive droite Saint-Gilles. L’Ile-Bouchard, dans le Cartulaire de l’abbaye de Noyers, est désigné en 1189 sous le nom d’Insula Buchardi. Sur cette île des vestiges romains ont été identifiés. 

Vue sur la Vienne depuis l’île
Par Cramt — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30816161

Un seigneur nommé Bouchard jeta les fondations d’un «castrum» dans l’île en 885. Il dirigea entre autres une expédition chargée de ramener en Touraine les reliques de saint Martin qui se trouvaient en l’église d’Auxerre. Les successeurs de cette seigneurie Bouchard sont nombreux au cours des siècles. En 1415 lors de la bataille d’Azincourt, le seigneur de l’Ile Bouchard fait partie des chevaliers morts au combat. En 1832, l’actuelle commune de L’Île-Bouchard est créée par la fusion des communes de Saint-Gilles-de-l’Île-Bouchard et de Saint-Maurice-de-l’Île-Bouchard.

Désignation  

Notre Dame de la prière 

Commentaire : au fil des apparitions, on ne peut qu’être frappés par l’insistance de la Vierge à réclamer notre prière assidue. Une évidence s’impose : la prière est le premier moyen du salut ! Rappelons nous les paroles du « Je confesse à Dieu » : « je reconnais que j’ai péché….c’est pourquoi je supplie la vierge marie, les anges et les saints de prier pour moile Seigneur Dieu », et celles du «  Je vous salue Marie » : «  Je vous salue Marie »……priez pour moi maintenant et à l’heure de notre mort. » Marie mérite vraiment le titre de « mère de miséricorde ». 

Contexte historique

Le 8 décembre 1947, fête de l’Immaculée conception, la France victorieuse traverse une grave crise interne. De Gaulle a démissionné du gouvernement. Les communistes (qui ont été résistants) restent en bonne place. C’est la grève générale, la multiplication des sabotages, l’affrontement avec la police , un climat de grèves, de sabotages, d’affrontements meurtriers, d’attentats et d’épreuves de force ; un projet d’un putsch communiste analogue à celui qui a réussi en tant d’autres pays, faisait alors craindre le pire : la guerre civile.

Dans la nuit du 7 au 8 décembre, le Président du Conseil, Jules Moch, alors responsable du gouvernement, marchait de long en large dans son bureau, ne sachant plus comment limiter les dégâts. Or, c’est dans cette nuit que les premiers signes d’apaisement commencèrent. A l’aube de la fête de Notre-Dame, durant laquelle eurent lieu les funérailles du Maréchal Leclerc*, et la première apparition, le reflux des forces communistes commença. 

* Le 28 Novembre précédent, le maréchal Leclerc est mort d’un accident d’avion ; il fut enterré le 8 Décembre, date de la première apparition. 

II – Le ou les voyants (es)

Les 4 voyantes

Laura Croizon a été mariée et a eu des enfants. Elle est décédée la veille de Noël 1999, des suites d’un diabète.

Jeannette Aubry, célibataire, a exercé la profession d’ambulancière à Paris avant de travailler dans l’informatique. Elle est décédée le 2 décembre 2011, à la suite d’un cancer.

Nicole Robin est mariée et grand-mère. Elle est toujours vivante et habite en Maine et Loire. La dernière vivante des quatre fillettes des événements de 1947 a été rappelée à Dieu le 21 novembre 2018, en la fête de la présentation de la Vierge Marie. Elle a vécu discrètement et est partie tout aussi discrètement. La sépulture a eu lieu le 23 novembre, dans la région de Saumur.

Jacqueline Aubry, est la fille de Marcel Aubry et Madeleine Robin, mariés en 1928 et propriétaires d’une pâtisserie dans la rue Gambetta, à L’Île-Bouchard. Jacqueline a un frère aîné, Jacques (19331997) et une sœur, Jeannette (19402011). M. et MmeAubry ne pratiquent pas, mais ils mettent leurs filles à l’école primaire tenue par les Sœurs de Jeanne Delanoue, rue de Beauvais, ainsi qu’au catéchisme de la paroisse. Jacqueline obtient son certificat d’étude en 1949

Du 8 au 14 décembre 1947, alors âgée de 12 ans, Jacqueline aurait été témoin, avec sa sœur Jeanne Aubry, sa cousine Nicole Robin et une voisine, Laura Croizon (morte en 1999), de dix apparitions de la Vierge Marie et de l’ange Gabriel en l’église Saint-Gillesde L’Île-Bouchard. Celle-ci leur aurait demandé de prier pour la France, les familles, les vocations et les pécheurs, et de faire construire une grotte – qui deviendra par la suite le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Prière. 

À la suite des apparitions, Jacqueline, alors malvoyante, est guérie de façon inexpliquée. Marcel Aubry meurt d’un cancer en 1951. La mère de Jacqueline, après avoir mis la pâtisserie en location, s’installe à Tours avec ses enfants. Jacqueline travaille quelque temps dans une boutique d’objets d’art puis, grâce à une religieuse qui aide sa famille, elle prépare le brevet élémentaire et devient institutrice. Elle enseigne alors à l’Institut Saint-Saturnin, rue des Tanneurs, puis à l’école Sainte-Agnès, à Notre-Dame La Riche (Tours). Ses dons pédagogiques lui vaudront une appréciation élogieuse de l’inspecteur. Très aimée des enfants, elle éveille chez plusieurs d’entre eux une vocation sacerdotale ou religieuse. 

À la suite de problèmes de santé, elle prend sa retraite en 1992 et revient habiter L’Île-Bouchard. En 1998, elle entre dans la Communauté de l’Emmanuel. Jacqueline Aubry meurt à 80 ans le 15 mars 2016, à l’hôpital Sainte-Jeanne-d’Arc de Saint-Benoît-la-Forêt, après quelques mois passés dans une maison de retraite, à Chinon. Ses obsèques sont célébrées le 19 mars suivant (solennité de Saint-Joseph) par Mgr Bernard-Nicolas Aubertin(archevêque de Tours) en l’église Saint-Gilles en présence de Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans, Mgr Albert-Marie de Monléon, évêque émérite de Meaux, et de dom Jean Pateau et dom Antoine Forgeot, Pères Abbés de Fontgombault

Par grâce, comme elle le disait elle-même, à chaque fois qu’elle donnait le récit des apparitions, elle les revivait, tant les rencontres restaient gravées dans son cœur, dans son âme…. La simplicité et l’humilité de Jacqueline saisissaient les participants. A la fin du récit, elle concluait par le « signe de croix de la Sainte Vierge », lent et priant, qui laissait l’assistance dans le recueillement tandis que Jacqueline s’effaçait. De la souffrance de la croix elle disait : « C’est une belle souffrance car une souffrance offerte ». Cette souffrance offerte résume aussi la vocation de Jacqueline. Elle sait de quoi elle parle : pendant 10 ans, Jacqueline, a été l’objet de sévices qui ont détruit sa santé. Il a fallu 10 ans pour qu’un prêtre ami alerte la police en haut lieu et mette fin à ces horreurs, où des prêtres étaient mêlés.

Jacqueline Aubry en 2014

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Ce lundi 8 décembre 1947, vers 12 h 50, Jacqueline Aubry, 12 ans, et sa soeur Jeannette, 7 ans, partent pour l’école, après le déjeuner familial, c’est la première apparition.

Nombre et durée des apparitions

L’apparition du premier jour a duré 8 à 10 minutes. 10 apparitions de la Vierge Marie et de l’ange Gabriel en l’église Saint-Gilles de L’Île-Bouchard se dérouleront  du 8 au 14 décembre 1947. L’apparition du 14 Décembre sera la plus longue : 35 minutes.

Emplacement des apparitions

L’église saint Gilles 
Par Peter Potrowl — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20357316

Récit 

Lundi 8 décembre 1947 : fête de l’Immaculée conception

1ère apparition (un peu avant 13h) 

Jacqueline Aubry, 12 ans, Jeanne Aubry sa soeur, 7 ans, et Nicole Robin, 10 ans, vont prier à l’église sur le chemin de l’école, un peu avant 13 heures, la classe reprenant à 13h30. Pour cette fête de l’Immaculée Conception les Soeurs qui font la classe avaient recommandé aux enfants de prier tout spécialement la Sainte Vierge. Les 3 enfants entrent dans l’église et dans la nef du bas-côté gauche disent un « Je vous salue Marie » devant la statue de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Elles vont ensuite s’agenouiller devant l’autel de la Sainte Vierge et commencent à réciter une dizaine de chapelet. 

Or, voilà qu’elles voient la Sainte Vierge avec à son côté un ange qui la contemple, un genou plié à terre. Les 3 enfants se précipitent dehors pour inviter d’autres enfants à venir : deux suivent dont Laura Croizon, 8 ans, qui verra aussi « la belle Dame ». La Dame sourit aux enfants mais ne dit rien. Les fillettes récitent une dizaine de chapelet suivie de trois invocations : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Après quelques minutes la Dame et l’Ange disparaissent. 

Le sanctuaire de Notre Dame de la prière
Par Peter Potrowl — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20357346

Interrogées séparément par le Chanoine Ségelle, curé de la Paroisse, et soeur Saint-Léon directrice, les fillettes font un récit identique. Jacqueline raconte : «J’ai vu une belle Dame, vêtue d’une robe blanche, ceinture bleue, voile blanc légèrement brodé autour. Le voile reposait sur le front. Les pieds de la Dame étaient nus et apparents et reposaient sur une large pierre rectangulaire formant le bas de la grotte dans laquelle elle nous est apparue. A son bras droit était passé un chapelet aux grains blancs montés sur une chaîne d’or. Les cheveux étaient blonds et longs et retombaient sur le devant, de chaque côté, en formant deux anglaises.

La ceinture bleue était un large ruban et les manches de la robe étaient vagues. A ses pieds, cinq roses lumineuses formaient une guirlande en forme de demi-cercle qui se terminait par deux feuilles vertes reposant sur les deux extrémités de la pierre. Sous les pieds, on lisait l’invocation : «O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » L’ange se tenait sur une pierre plate de même couleur que la grotte mais en dehors d’elle, le genou droit à terre, à peu de distance de la Dame, et à sa droite. Il était vêtu d’une robe blanche et avait des ailes blanches aux bords dorés. Il tenait à la main droite un lys blanc et l’autre main reposait sur sa poitrine. Les cheveux étaient blonds en forme d’anglaises. »

2)  2ème apparition (13h50.)

La Belle Dame parle : Dites aux petits enfants de prier pour la France… (courte pause), car elle en a grand besoin. 
– Madame, est-ce que vous êtes notre Maman du Ciel? 
– Oui, je suis votre Maman du Ciel. 
– Quel est l’ange qui vous accompagne? 
L’ange dit : « Je suis l’ange Gabriel ». La Sainte Vierge reprend : 
– Donnez-moi votre main à embrasser. Revenez ce soir à 5 heures et demain à 1 heure.

3) 3ème apparition  (17H)

En cette fête de l’Immaculée Conception, les fidèles sont rassemblés pour le Chapelet paroissial et le Salut du Saint-Sacrement. Jacqueline est la seule des 4 fillettes. Elle verra la Sainte Vierge pendant la 5e dizaine de chapelet. La Vierge Marie ne dit rien, et disparaît lorsque Monsieur le Curé apporte le Saint-Sacrement et bénit l’assemblée, puis elle reparaît après la bénédiction. 

4) 4ème apparition  (Mardi 9 décembre : 13H)

Jacqueline : Madame, est-ce que je peux faire entrer mes amies? 
La Vierge : oui, mais elles ne me verront pas. Embrassez la croix de mon chapelet. Puis la Sainte Vierge fait sur elle-même le signe de la croix avec une impressionnante lenteur. 
– Je vais vous dire un secret que vous pourrez redire dans trois jours: priez pour la France qui, ces jours-ci, est en grand danger. 
– Allez dire à Monsieur le Curé de venir ici à 2 heures, d’amener les enfants et la foule pour prier. Commencez le « Je vous salue Marie ». 
Les enfants récitent une dizaine de chapelet. La Dame sourit et dit : 
– Dites à Monsieur le Curé de construire une grotte, le plus tôt possible, là où je suis; d’y placer ma statue et celle de l’ange à côté. Lorsqu’elle sera faite, je la bénirai. Revenez à 2 heures et à 5 heures.

5) 5ème apparition (17H)

A 14 heures elles restent en classe obéissant à un ordre de Monsieur le Curé. A 17 heures elles sont au rendez-vous. La Dame : chantez le « Je vous salue Marie », ce cantique que j’aime bien. Dites à la foule de s’approcher pour réciter une dizaine de chapelet. 
A la fin du chapelet c’est la Dame elle-même qui énonce trois fois :« O Marie conçue sans péché.«  et on entend les enfants répondre : « priez pour nous qui avons recours à vous. » Jacqueline : 
– Madame, viendrez-vous encore demain? 
– Oui, revenez tous les jours à 1 heure, je vous dirai quand tout sera fini. 
Puis la Sainte Vierge bénit l’assistance par un majestueux signe de croix. 
 

La nef de l’église saint Gilles de l’Île Bouchard
Par Peter Potrowl — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20357331

6) 6ème apparition (Mercredi 10 décembre 13H)

La foule est plus nombreuse.  La Vierge : chantez le « Je vous salue Marie ». 
Pendant que la dizaine se termine par un « Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit… », la Sainte Vierge s’incline respectueusement. 
– Baisez ma main 
Nicole interroge : 
– En quoi faudra-t-il faire la grotte que vous avez demandée hier? 
Réponse de la Dame : 
– En papier pour commencer. 
Jacqueline : Madame, voulez-vous bien faire un miracle pour que tout le monde croie? 
– Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles mais pour vous demander de prier pour la France. Mais demain vous y verrez clair et vous ne porterez plus de lunettes. Je vais vous confier un secret que vous ne direz à personne. Promettez-moi de le garder. 
Les enfants : nous le promettons. 
– Revenez me voir demain à la même heure. 

7) 7ème apparition (Jeudi 11 Décembre 13H)

Au réveil Madame Aubry constate que sa fille Jacqueline est guérie : il n’y a plus les croutes de sa conjonctivite rebelle depuis 2 ans, ni trace de sa myopie. Elle n’a plus besoin de lunettes. Monsieur le Curé est présent.  La Vierge : Chantez le « Je vous salue Marie ». Priez-vous pour les pécheurs? 
– Oui, Madame. 
Récitation d’une dizaine de chapelet. Jacqueline pose les questions préparées par Monsieur le Curé et Soeur Saint-Léon : 
– D’où nous vient cet honneur que vous veniez en l’église Saint-Gilles? 
– C’est parce qu’il y a ici des personnes pieuses et que Jeanne Delanoue y est passée. 
– Est-ce en souvenir de Jeanne Delanoue qui vous aimait tant et qui aimait tant vous prier à Notre Dame des Ardilliers… ?
– Oui, je le sais très bien, interrompt la Sainte Vierge. Et qui est venue elle-même établir ses filles ici, achève Jacqueline? 
– Combien y a-t-il de soeurs ici? 
– Elles sont trois, répond Jacqueline. 
– Quel est le nom de leur fondatrice? 
– Jeanne Delanoue. 
– Madame, voulez-vous bien guérir ceux qui ont des maladies nerveuses et des rhumatismes? 
– Il y aura du bonheur dans les familles. Voulez-vous chanter maintenant le « Je vous salue Marie »? 
– Nous le voulons bien. 
Après le chant, la Dame demande : 
– Est-ce que Monsieur le Curé va construire la grotte? 
– Oui, Madame, nous vous le promettons. 
– Revenez demain à 1 heure. 
– Oui, Madame, nous reviendrons demain. 

8) 8ème apparition (Vendredi 12 décembre, 13H)

La Vierge : Chantez le « Je vous salue Marie ». 
A la fin de la dizaine de chapelets, la Sainte Vierge commence elle-même trois fois l’invocation « O Marie conçue sans péché… » et les 4 petites terminent. 
– Rechantez le « Je vous salue Marie ». 
– Oui, Madame. 
Jacqueline qui a du mal à entendre : comment? 
– Voulez-vous bien rechanter le « Je vous salue Marie ». 
– Nous le voulons bien. 
– Baisez ma main. 
Aujourd’hui les enfants lisent bien sur la poitrine de la Dame, dont la tête est auréolée d’un arc-en-ciel lumineux, le mot MAGNIFICAT. 
– Priez-vous pour les pécheurs? 
– Oui, Madame nous prions. 
– Bien, surtout priez beaucoup pour les pécheurs. Une dizaine de chapelet. Et les trois invocations. 
Jacqueline en faveur d’une jeune fille paralysée : 
– Madame, voulez-vous guérir cette jeune fille? 
– Si je ne la guéris pas ici, je la guérirai ailleurs. 
– Oh! Madame, voulez-vous guérir une personne très pieuse? 
– Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles mais pour que vous priiez pour la France. 
Puis la Vierge bénit la foule et disparaît avec l’ange. 

9) 9ème apparition (Samedi 13 décembre, 13H)

« Chantez le« Je vous salue Marie« demande la Belle Dame. 
puis « Commencez par le « Je vous salue Marie ». 
– Oui, Madame. 
Une dizaine de chapelet. A la fin la Sainte Vierge commence elle-même trois fois l’invocation « O Marie conçue sans péché… » et les 4 petites terminent. 
Jacqueline présente un bouquet d’oeillets roses : 
– Madame, voici des fleurs. 
La Sainte Vierge bénit les fleurs. 2e dizaine suivie de la triple invocation. 3e dizaine. Jacqueline : 
– Madame, faites donc un miracle ! : « Plus tard » ;. répond la Dame. 4e dizaine. 
Nicole : 
– Madame, quand on fera la grotte, faudra-t-il laisser l’autel à côté? 
 » Oui, laissez l’autel à côté. » 
5e dizaine. 
 » Je reviendrai demain pour la dernière fois. » 

10) 10ème apparition (Dimanche 14 décembre, 13H)

La foule est rassemblée dans l’église. La Vierge dit : Chantez le « Je vous salue Marie ». Récitez une dizaine de chapelet. 
Les enfants terminent aujourd’hui cette dizaine (c’est la 2e occasion) par un « Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit… », la Sainte Vierge s’incline respectueusement. « O Marie conçue sans péché… » et trois fois la foule répond. Il y aura 5 dizaines, comme hier, un chapelet complet. 
Jacqueline et Nicole lisent une demande de monsieur le Curé: 
– Madame, nous vous demandons de bénir Monseigneur l’Archevêque, ses 25 années d’épiscopat, Monseigneur l’Evêque de Blois, les deux paroisses, les écoles libres, la Mission du Carême, les prêtres du Doyenné, et de donner des prêtres à la Touraine. 
La Dame accueille par une inclination souriante de la tête. 
– Oh ! Merci, s’exclament les enfants. 
Jacqueline et les petites offrent des bouquets de fleurs à la Sainte Vierge 
– Madame, je vous offre des fleurs. Prenez-les ! Embrassez-les. 
Sourire de la Dame qui répond : 
 » Je les embrasserai, mais je ne veux pas les prendre. Vous les emporterez. » 
Jacqueline : Merci, Madame. Chant du « Je vous salue Marie ». 
Jacqueline lit une demande préparée par soeur Marie de l’Enfant Jésus : 
– Madame, que faut-il faire pour consoler Notre-Seigneur de la peine que lui font les pécheurs? 
« Il faut prier et faire des sacrifices. Continuez le chapelet. » 
Celui-ci terminé, Jacqueline dit : 
– Madame, je vous en prie, faites une preuve de votre présence. 
 » Avant de partir, j’enverrai un vif rayon de soleil. Dites à la foule qu’elle chante le Magnificat. » 

– Oui, Madame, nous allons le chanter. 
Monsieur le Curé entonne le Magnificat suivi par la foule. 
« Priez-vous pour les pécheurs? »  
– Oui, Madame, nous prions. 
 » Récitez une dizaine de chapelet, les bras en croix, » demande la Vierge. 
La Sainte Vierge bénit l’assemblée et demande pour la 3ème fois : 
 » Allez-vous construire une grotte? »  
– Oui, oui, nous allons la construire. 
La Sainte Vierge prononce trois fois l’invocation « O Marie conçue sans péché…«  et les 4 petites terminent « …priez pour nous qui avons recours à vous. » 

Et voici que le « vif rayon de soleil » promis, illumine pendant 3 à 4 minutes l’angle de l’église à l’autel de la Sainte Vierge où se sont déroulées les événements. 


– Faut s’en aller,dit Jacqueline, Elle a dit qu’elle enverrait un rayon de soleil avant de partir. 
Le temps était maussade, le ciel bas, et ce rayon de soleil a été perçu par les habitants des campagnes environnantes. 
 

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Elle a sur la tête un voile blanc, qui laisse voir quelques cheveux blonds. Sa robe blanche bordée d’or est serrée par une ceinture bleu ciel dont les deux pans étalés descendent jusqu’à hauteur du genou. Elle a les mains jointes. De jolies mains aux doigts longs et fins. Au bras, un chapelet à gros grains très blancs, avec chaîne d’or. Elle est environnée de lumière. 

Elle apparaît dans une petite grotte. Ses pieds sont posés sur une grosse pierre rectangulaire. Devant elle, des roses. A sa droite, un peu plus bas, un ange au regard bleu, avec des ailes « couleur de lumière ». Le rocher qui porte les deux personnages ne touche pas le sol. Un ensemble merveilleusement beau et lumineux. 

Le 12 Décembre,cette fois, la Vierge a une auréole qui scintille derrière sa tête. Jacqueline raconte : « J’ai vu une belle Dame, vêtue d’une robe blanche, ceinture bleue, voile blanc légèrement brodé autour. Le voile reposait sur le front. Les pieds de la Dame étaient nus et apparents et reposaient sur une large pierre rectangulaire formant le bas de la grotte dans laquelle elle nous est apparue. A son bras droit était passé un chapelet aux grains blancs montés sur une chaîne d’or.

Les cheveux étaient blonds et longs et retombaient sur le devant, de chaque côté, en formant deux anglaises. La ceinture bleue était un large ruban et les manches de la robe étaient vagues. A ses pieds, cinq roses, lumineuses, formaient une guirlande en forme de demi-cercle qui se terminait par deux feuilles vertes reposant sur les deux extrémités de la pierre. Sous les pieds, on lisait l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».  A l’une des apparitions, les enfants lisent bien sur la poitrine de la Dame, dont la tête est auréolée d’un arc-en-ciel lumineux, le mot MAGNIFICAT. 

L’ange se tenait sur une pierre plate de même couleur que la grotte mais en dehors d’elle, le genou droit à terre, à peu de distance de la Dame, et à sa droite. Il était vêtu d’une robe blanche et avait des ailes blanches aux bords dorés. Il tenait à la main droite un lys blanc et l’autre main reposait sur sa poitrine. Les cheveux étaient blonds en forme d’anglaises. »

Ange à genoux

Attitudes de la Vierge

La Vierge leur sourit.

La Dame fait glisser les grains blancs du chapelet, mais on n’entend pas sa voix. 

Le visage de la Vierge est voilé de tristesse. 

La Vierge baisse le bras vers les enfants : « Donnez-moi votre main à embrasser ». Laura et Jeannette sont trop petites. Jacqueline les soulève sans aucun effort. Les quatre enfants ont senti le doux contact et la tiédeur des lèvres de Notre-Dame.

De l’index droit, la Vierge lui fait signe d’approcher. La Vierge disparaît au moment où la clochette annonce l’arrivée du Saint Sacrement

La Dame et l’ange réapparaissent alors, dans la lumière.

Notre-Dame bénit l’assistance d’un grand signe de croix.

La Vierge invite les voyantes à embrasser la croix de son chapelet.

Chantez le « Je vous salue Marie », leur demande la Vierge, qui les invite à faire réciter à tous une dizaine de chapelet.

Humour : Comment faire cette grotte? En papier pour commencer ! 

Le 12 Décembre, Elle leur fait chanter et rechanter le « Je vous salue Marie », de manière lente et douce, leur fait baiser sa main.

A propos des fleurs que lui tendent les enfants : Je les embrasserai, mais je ne veux pas les prendre. Vous les   emporterez. Jacqueline lui présente tour à tour les quatre bouquets à embrasser.

Puis, elle fait réciter une dizaine, les bras en croix, par toute la foule. 

Notre-Dame bénit l’assistance d’un grand signe de croix.

Messages de la Vierge  

La Vierge invite pas moins de 11 fois à la prière récitée ou chantée, d’où son appellation de  » Notre Dame de la prière ». 

Elle mentionne le fait qu’elle est bien conçue sans péché, l’Immaculée conception. 

En demandant de prier pour la France, Marie marque son attachement à la « fille aînée de l’Eglise * » 

Fils aîné de l’Église est un titre qui fut systématiquement porté par les rois de France à partir de Charles VIII, en référence au baptême de Clovis, premier roi baptisé dans la foi de Nicée. La formule fut appliquée ensuite au royaume de France au XVIe siècle puis à la France au XIXe siècle. L’expression « France, fille aînée de l’Église » est attestée pour la première fois lors du « Discours sur la vocation de la nation française », prononcé le 14 février 1841 par le père dominicain Henri-Dominique Lacordaire dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris, évoquant le lien entre le comte de Marnes alors en exil et sa filiation avec l’Église. Le titre de Fils aîné de l’Église peut être comparé à celui de Très chrétien, également spécifique au roi de France.

En rappelant que Jeanne Delanoue*  a implanté ici une congrégation des sœurs, et qu’il faut prier pour la France, Marie signifie qu’elle s’inscrit dans l’histoire humaine et dans l’histoire chrétienne de la France.  

Sainte Jeanne Delanoue ( 1666 – 1736) 
Par Vatican — http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_19821031_delanoue_photo.html, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3749275

Jeanne Delanoue (Saumur18 juin 1666 – Saumur17 août 1736) est une religieuse française fondatrice des servantes des pauvres et reconnue sainte par l’Église catholique. En 1864, le siège de la Congrégation s’installe à Saint-Hilaire-Saint-Florent. Le 2 décembre 1956, trois sœurs partent pour Madagascar pour bâtir une première fondation. Trois sœurs sont présentes à L’Île-Bouchard en 1947 où, quelques semaines après la béatification de la fondatrice, la Vierge Marie serait apparue à quatre fillettes. Le 3 décembre 1964, la Congrégation change de nom pour prendre celui de « Servantes des Pauvres de Jeanne Delanoue », en hommage à sa fondatrice. Un Lycée porte son nom à Cholet.

En faisant baiser la croix et le chapelet, en se laissant baiser la main, en baisant elle-même la main des enfants, Marie montre son côté simple et sensible, maternel et chaleureux.  

En demandant des nouvelles de la construction de la grotte, la Vierge fait preuve certainement d’humour car elle sait que le temps écoulé est trop court et que son apparition fait encore débat. 

La Vierge fait aussi preuve d’un vrai caractère : non ! Elle ne fera pas de miracle spectaculaire comme à Fatima : juste un « vif » rayon de soleil, ou la guérison des yeux de Jacqueline ; elle n’emportera pas non plus les fleurs qu’on lui tend, mais les bénira, ou bien ne se montrera pas à tout le monde et fait réciter le chapelet à la foule.

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

La présence d’un ange : « à sa droite, un peu plus bas, un ange au regard bleu, avec des ailes « couleur de lumière ». Il parle et se présente comme l’ange Gabriel. Sans doute celui de L’Annonciation* 

La fête de l’Annonciation est habituellement célébrée le 25 mars. Célébrée depuis le milieu du VIIe siècle dans l’Église latine, c’est une fête importante pour les chrétiens puisqu’elle commémore l’annonce à Marie – communiquée par l’archange Gabriel – qu’elle serait la mère d’un enfant vraiment « unique » : « II sera grand et on l’appellera Fils du Très-Haut » (Luc 1,32).

Annonciation : vitrail de l’enfance à Charles
Par Micheletb — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61359922

Eléments conformes aux autres apparitions 

La Vierge promet un miracle public, comme à Fatima* (rayon de soleil). 

On retrouve dans cette apparition quelques unes des constantes des apparitions mariales : l’appel à la prière et au sacrifice ; la prière pour les pécheurs, le secret confié à l’un des voyants ;  mais aussi les éléments visuels : la grotte, l’inscription sur une bannière, les roses, le rocher suspendu, une grande lumière non éblouissante.

À la suite des apparitions, Jacqueline, alors malvoyante, est guérie de façon inexpliquée. (voir Akita)

Rayon de soleil : malgré le temps couvert, un rayon de soleil pénètre effectivement dans la sombre église. Il part de la deuxième fenêtre du mur méridional, et vient éclairer les voyants et leurs bouquets. Cette douce lumière brillera 4 minutes environ. Son parcours ne répond pas à ce qu’eût été la direction normale d’un rayon du soleil en cette saison d’hiver.

Eléments spécifiques

La Vierge apparaît un 8 décembre, jour où l’église fête l’immaculée conception de la Vierge Marie. 

A sa droite, un peu plus bas, se tient un ange : pas n’importe lequel, il s’agit de l’archange Gabriel.

La Vierge fait un baiser aux enfants et se laisse baiser la main. 

Elle fait réciter une dizaine, les bras en croix, par toute la foule.  

Notre-Dame bénit l’assistance d’un grand signe de croix.

Lien avec d’autres apparitions 

Le lieu de l’Apparition n’a pas été choisi au hasard. A la question de savoir pourquoi la vierge a choisi d’apparaître à l’Île Bouchard, la Vierge répond que c’est parce qu’il y a ici des personnes pieuses et que Jeanne Delanoue y est passée. 

Coïncidence avec une révélation de la Vierge faite à la mystique Marthe Robin. 

Dune lettre du 21 septembre 1983, le Père Finet, guide spirituel de Marthe Robin*, qui avait des antennes, témoigne de son intuition d’alors : « Marthe a beaucoup prié, car elle était très douloureuse, constatant le progrès du communisme en France et redoutant les pires catastrophes. Le vendredi 12 décembre, après la Passion, Marthe m’a dit que la Sainte Vierge lui avait montré qu’en ce jour, elle avait arrêté le communisme, qui n’avait pu réaliser l’attaque que ses membres devaient faire contre le gouvernement et finalement contre la France, pour s’emparer avec violence du pouvoir.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, peu après, j’ai appris que la Sainte Vierge était apparue à l’Ile Bouchard ! Dès le 31 mai 1949, le curé Vivian, archiprêtre de Chinon, confirmait ce témoignage de Marthe Robin : bien qu’ignorant les faits de l’Ile Bouchard, elle a déclaré que « la Vierge aurait dit qu’elle était intervenue très spécialement le 8 décembre pour sauver la France d’un grand péril » (Anthonioz, p. 48).

Marthe Robin, née le 13 mars 1902 à Châteauneuf-de-Galaure et morte dans la même ville le 6 février 1981, Marthe Robin est une mystique catholique française, fondatrice des Foyers de Charité, connue pour des phénomènes tels que des visions religieuses, des stigmates et l’inédie* que lui attribuent divers témoins de son époque. Son dossier en vue d’une éventuelle béatification a été déposé auprès des autorités diocésaines en 1987 puis transmis au Saint-Siège en 1996. Le 6 mai 2010 a été signée à Rome, à la Congrégation pour les causes des saints, la « Positio », recueil élaboré à partir de tous les éléments recueillis visant à authentifier sa réputation de sainteté ; elle a abouti à la reconnaissance de « l’héroïcité des vertus » le 7 novembre 2014. Selon le père Bernard Peyrous, Marthe Robin a accompagné, à des degrés divers, la constitution de nombreuses communautés nouvelles et associations. 

Marthe Robin

L’inédie (parfois appelée respirianisme ou pranisme) désigne l’abstention totale de nourriture et de boisson, fondée sur la croyance qu’une personne pourrait vivre sans se nourrir (voire sans boire) pendant plusieurs semaines, mois ou années.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Le 8 décembre 2001André Vingt-Trois, alors archevêque de Tours, autorise par décret les pèlerinages et le culte public célébré à L’Île-Bouchard en l’honneur de « Notre-Dame de la Prière », au terme d’une enquête diocésaine de dix-huit mois. C’est aussi lui qui a composé, en 1999, la prière officielle à Notre-Dame de la Prière.

  • La prière officielle de l’Ile Bouchard :

Sainte Marie, Notre-Dame de la Prière, Tu as accueilli dans la foi le message de l’ange Gabriel et tu es devenue la Mère de Jésus, le Fils Unique de Dieu, Apprends-nous à prier pour grandir dans la foi. A la Visitation, tu as exulté de joie par le Magnificat, Apprends-nous à rendre grâce à Dieu. A Cana, tu as prié le Christ pour qu’Il donne le vin des noces, Apprends-nous à intercéder pour nos frères. Debout au pied de la Croix, tu as souffert avec Jésus par amour pour les pécheurs, Apprends-nous à accueillir la miséricorde du Père. A la Pentecôte, tu priais avec les Apôtres quand ils ont reçu la plénitude de l’Esprit-Saint, Apprends-nous à demander l’Esprit pour témoigner de l’Evangile. Tu es la Mère de l’Eglise et la Protectrice des Familles, Veille sur chacune de nos familles, Apprends-nous à nous aimer avec fidélité. Tu es la Mère de l’humanité et la Patronne de la France, ouvre notre pays aux dimensions universelles de l’amour de Dieu. Apprends-nous à servir avec générosité. O Marie conçue sans péché, Notre-Dame de la Prière, apprenez-nous à prier ! Le 8 décembre 1999 André VINGT-TROIS, Archevêque de Tours

Enquête en suspens

Cette apparition a été l’objet d’examens. Elle a de fervents partisans en Touraine. Mais elle n’a pas été reconnue ; elle est tenue dans l’ombre. Il y avait sans doute bien des raisons de l’étouffer. Personne n’étant très fier de ce qui s’était passé autour.. Ces dossiers ne pourront être ouverts que dans une décennie peut-être. Mais l’apparition n’a pour elle que de bons signes, même si l’on peut s’interroger, comme toujours en ces matières, sur la signification ou l’absence de signification de tel ou tel détail.

Le dialogue populaire de la Vierge avec ces enfants déroute souvent la sagesse des sages. Ce n’est pas forcément une objection. Les bons fruits, qui ont persisté, de manière discrète et tenace, malgré les dissuasions, mais toujours dans l’obéissance et le respect de l’Église, parlent aussi en faveur de l’apparition. Des prêtres et laïcs fervents soutiennent cet îlot de piété envers Notre-Dame. Le 40e anniversaire (1987) a été célébré avec ferveur. Le Docteur Anthonioz, Professeur à la Faculté de Médecine de Tours, a écrit un livre sur l’apparition (Marie apparaît à l’Ile Houchard, OEIL 1989); René Ehret, un autre : « 1947 l’année terrible. »

Qu’en penser ?

Un des arguments les plus convaincants, c’est Jacqueline Aubry elle-même. Elle a vécu, avec abandon et une générosité totale, une existence extraordinairement éprouvée. Sa voie fut, discrètement, comme celle du Christ et de bien des saints, celle d’une victime immolée. Après la fin des sévices extérieurs, elle connaît de terribles épreuves intérieures, dans un total silence : oublieuse d’elle-même, et abandonnée à Dieu.

Elle est discrète, mais vivante et active. Comme institutrice, elle rayonnait la prière et la faisait aimer à ses élèves. Quand sa santé ne lui permit plus de continuer, et qu’elle fut remplacée, les enfants dirent à sa remplaçante : « ma Soeur, vous oubliez la prière! » C’était devenu un moment important de leur vie. Malgré tout ce qu’elle a subi de traumatisant, les apparitions lui sont restées présentes. Elle en parle avec une joie simple qui transfigure son visage : elle les revit. Bien que sa vocation soit la nuit, c’est une nuit calme, patiente, parfaitement ouverte sur Dieu et sur les autres, discrètement rayonnante. Si elle n’a pas le punch et la vigueur défensive de Bernadette, elle lui ressemble dans son exemplaire modestie et simplicité. 

Après avoir quitté L’Île-Bouchard pendant toute sa carrière d’institutrice, qu’elle fit à Tours, Jacqueline Aubry était revenue à L’Île-Bouchard après sa retraite. Elle y assurait une double mission : celle d’une simple paroissienne, chargée notamment du fleurissement de l’église, et sa mission de témoignage. Atteinte de la maladie « à corps de Léwy », apparentée à la maladie d’Alzheimer, elle résidait depuis 2015 à Saint-Louans, une maison de retraite de Chinon, tenue par des religieuses augustines. Elle ne parlait plus elle-même en public depuis 2012, mais les pèlerins pouvaient toujours entendre son témoignage, diffusé en vidéo.

Après les décès de Jeannette Aubry en 2011 et de Laura Croizon en 1999, Nicole Robin était la seule voyante de L’Île-Bouchard encore vivante. Mariée et grand-mère, elle vivait dans la discrétion, dans la région d’Angers. Elle s’est présentée devant la commission d’enquête diocésaine en 2001, mais n’a jamais souhaité témoigner en public. Elle a été rappelée à Dieu le 21 novembre 2018, en la fête de la présentation de la Vierge Marie. Elle a vécu discrètement et est partie tout aussi discrètement. La sépulture a eu lieu le 23 novembre, dans la région de Saumur.

Nicole Robin

* Sur you Tube voir « 10 apparitions de la vierge à l’île Bouchard » Témoignage de la voyante Jacqueline Aubry. 

Sanctuaire

L’Île-Bouchard est rapidement devenu un sanctuaire marial et un lieu de pèlerinage. On y prie en particulier pour la France. Géré par des prêtres et des laïcs de la communauté de l’Emmanuel, il accueille aujourd’hui 80 000 pèlerins par an.

A l’intérieur de l’église, le canctuaire
Procession à l’île Bouchard

Article du 16 Mars 2016 annonçant le décès de Jacqueline Aubry  

Le 16/03/2016 à 16h, Hospitalisée depuis plusieurs jours, Jacqueline Aubry est décédée mardi 15 mars 2016 à l’âge de 80 ans. Elle était l’aînée des quatre fillettes à qui serait apparue la Vierge dans l’église Saint-Gilles de L’Île-Bouchard, un village d’Indre-et-Loire, en 1947. Elle était alors âgée de 12 ans,  Son récit des apparitions a été entendu par des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes.   Journal La Croix,  Gauthier Vaillant 

4 commentaires

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