Quelle est la place de Marie dans le dessein de Dieu ? Catholiques et protestants réfléchissent ensemble. Découvrez le Groupe des Dombes, association de théologiens catholiques et protestants.

Source site Croire / La Croix

Le Groupe des Dombes, association de théologiens catholiques et protestants, s’est attelé à partir de 1991 à la recherche d’un accord catholique-protestant sur «la vraie place de Marie dans le plan de Dieu». Son rapport final, Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints (Bayard Éditions 1997 et 1998), invite catholiques et protestants à relire ensemble les Écritures pour y vérifier notre compréhension du rôle et de la place de Marie dans l’histoire du salut. Au sujet de Marie, c’est la défense de la grâce qui préoccupe les protestants : ils contestent la doctrine mariale au nom de l’Écriture seule, du Christ seul, de la grâce seule…

Une réticence tardive

Chacun sait, note le pasteur Albert Greiner, les réserves, les réticences, l’attitude critique des chrétiens protestants à l’égard de beaucoup d’affirmations et de pratiques catholiques et orthodoxes concernant la Vierge Marie. Ce que l’on sait moins, c’est le caractère relativement tardif de ces réactions, dont les plus polémiques remontent seulement au XVIIIe et même au XIXe siècle, où elles sont nées en réponse au développement et au durcissement de la mariologie catholique.

« Les réformateurs ne rejetaient pas Marie. Celle-ci, »trésorière de grâce« selon Calvin, a gardé la doctrine qui nous ouvre aujourd’hui le Royaume des cieux : »Elle a gardé cela comme un dépôt, et par son moyen nous l’avons reçu. Voilà l’honneur que Dieu lui a fait. Voilà en quelle sorte il nous faut regarder à elle : non pour nous y arrêter, ni pour en faire une idole, mais afin que, par son moyen, nous soyons conduits à Notre Seigneur Jésus-Christ, car c’est là aussi qu’elle nous renvoie. » 

La Santissima Anunziata

Pas de mariologie pour les Églises de la Réforme

Dans les Églises de la Réforme, il n’y a pas de mariologie, pas de dévotion mariale : ni culte ni prière à Marie. L’allergie à la doctrine mariale catholique reste vivace. Un catéchisme dit, par exemple : «L’Église évangélique (NDLR : c’est-à-dire protestante) croit tout ce qui est écrit au sujet de Marie dans la Bible, c’est-à-dire que nous ne croyons ni à son Immaculée Conception (sa naissance miraculeuse d’une mère légendaire, Anne), ni à son Assomption, c’est-à-dire à sa montée corporelle au ciel, ni à sa participation à l’œuvre du salut, dont la Bible ne parle pas». 

Tout comme Calvin, les réformés s’interdisent de donner à Marie une autre place que la sienne. Selon le pasteur André Dumas, «au nom de leur fidélité au témoignage apostolique, comme au nom du respect et de l’affection qu’elles portent à la Mère du Seigneur, nos Églises s’élèvent avec force contre toute tentative d’exalter Marie, d’établir un parallélisme entre elle et le Christ, comme aussi entre elle et l’Église, en lui conférant des titres qui, à leurs yeux, la défigurent plus qu’ils n’attestent son vrai visage.»

Œcuménisme

Les catholiques ont longtemps alimenté leur hostilité au protestantisme à la conviction que «les protestants ne croient pas à la Sainte Vierge». Mais l’antagonisme au sujet de Marie cède heureusement le pas à l’approche œcuménique. On s’efforce de comprendre les raisons de l’autre. Les catholiques sont plus attentifs à ne pas faire de Marie une sorte de rivale du Christ, à ne pas enfermer le Seigneur dans le rôle du juge auquel on n’échappe que grâce à l’intercession de sa Mère. Marie, comblée de grâce, oui. Mais le chrétien n’est-il pas comblé, lui aussi, de la grâce du Christ ? Marie «médiatrice de toute grâce» mais pas au même plan que Jésus, «le seul Médiateur entre Dieu et les hommes» (1 Timothée 2,5).

Le protestantisme, de son côté, connaît un printemps de la réflexion sur Marie. La Mère du Seigneur y est resituée dans le mystère du salut à sa place d’humble servante et d’admirable témoin de la foi, au premier rang des créatures rachetées. Cela s’appuie sur une piété nourrie de l’Évangile, qui reprend en compte la foi même de Marie, toute de louange, la foi du Magnificat. En Marie, le chrétien découvre que Dieu jette son regard sur les petits, et donc sur lui aussi. La Vierge, écrivait Luther, n’a pas chanté le Magnificat «seulement pour elle, mais pour nous tous, afin de nous entraîner à le chanter à sa suite».

Tiré du journal  » Le Figaro »: par Marie-Noëlle Tranchant et Jean TalabotPublié le 14/08/2017 à 15:32, mis à jour le 14/08/2017 à 16:27

Mater Dei de Don Emilio Cordero (1950)

Une vie de la Vierge pieusement reconstituée à partir des sources bibliques, et qui témoigne de la dévotion populaire. Il part de la chute originelle et se prolonge au-delà de l’Assomption, par l’évocation de la présence surnaturelle de Marie et de ses représentations dans l’art. Tourné par un jeune prêtre à destination d’un public chrétien, ce film ingénu fait partie du patrimoine parce qu’il s’agit du premier film en couleurs italien. Comme tel il a mérité une restauration du Centro sperimentale di Cinematografia en 2005.

Don Camillo Monseigneur de Camine Gallone (1961)

Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=57717883

C’est la quatrième comédie de la série très populaire des Don Camillo, avec Fernandel et Gino Cervi, et elle fait une place particulière à la Madone. Devenus respectivement évêque et sénateur, Don Camillo et Peppone reprennent leurs anciennes querelles lorsque Peppone prétend construire une Maison du peuple à la place d’une petite chapelle consacrée à la Vierge. Pas si facile de la faire disparaître du paysage…

L’Évangile selon Saint Matthieu de Pier Paolo Pasolini (1964)

Dans ce beau film austère, Pasolini a fait le choix émouvant de confier à sa propre mère, très aimée, le rôle de Marie. Et, peut-être en souvenir des peines qu’elle a connues, il insiste surtout sur la femme éprouvée. La Mater dolorosa, qui souffre et accepte. Jusqu’à l’annonce de la Résurrection, où la joie éclate.

Par Inconnu — http://www.artribune.com/wp-content/uploads/2014/09/pier-paolo-pasolini.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=44806979
Susanna Pasolini dans le rôle de Marie.

La Voie lactée de Luis Bunuel (1969)

Sur le chemin de Compostelle, deux vagabonds (Laurent Terzieff et Paul Frankeur) rencontrent diverses figures de l’Église à travers les âges. Dans cette comédie satirique qui dénonce le dogmatisme et le fanatisme religieux, Bunuel fait une place à part à Marie : celle de la pure simplicité du cœur, de la foi sans calcul, de l’amour sans réserve. Son apparition convertit des incroyants, touchés au cœur. «Il n’y a pas de mystère plus profond et plus doux que celui de la Vierge Marie», dit un des personnages.

● Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli (1977)

Cette vie de Jésus devenue un grand classique du cinéma religieux a offert au cinéma une très harmonieuse image de Marie, sous les traits d’Olivia Hussey. Elle est à la fois très belle et très réservée, d’une sensibilité vibrante et d’une intériorité profonde, d’une grande expressivité (dans la joie du Magnificat ou dans le cri devant son fils mort) et d’une constante dignité.

Jesus de Nazareth de FrancoZeffirelli avec Olivia Hussey (dans le role de la Vierge Marie, as Virgin Mary) en 1977 Neg:B30003PL

La Passion du Christ de Mel Gibson (2003)

Au cœur de la méditation tourmentée du cinéaste, la vision de Marie au Calvaire est une des plus impressionnantes par son ampleur tragique et sa profondeur théologique : d’abord prostrée, comme enfoncée en terre, Marie se redresse en même temps que s’élève la croix de son Fils, pour devenir, debout (stabat mater), la mère de Jean et de l’Église.

La Vierge, les Coptes et moi de Namir Abdel Messeeh (2012)

D’une famille copte émigrée en France, le réalisateur revient en Égypte pour enquêter sur les apparitions de la Vierge à Zeitoun, en 1968. Le documentaire se transforme en fiction, Namir décidant de faire apparaître Marie à l’écran, chose plus facile avec une actrice qu’avec la Vierge. Étrangement, les cousins et les voisins du village, qui ont participé au film et connaissent ses trucages, découvrent la scène avec une gravité émerveillée. Magie du cinéma ou présence de l’invisible? Une comédie fine et drôle pour y songer.

Le 13e jour de Ian et Dominic Higgins (2015)

Le récit des apparitions de Marie aux trois petits bergers du village portugais de Fatima, en 1917. Une lecture historique riche de nombreux détails factuels. Et une évocation poétique des bouleversements de l’ordre naturel, notamment avec la célèbre «danse du soleil», dont furent témoins des centaines de gens.

1948 : La Martinique s’apprête à recevoir Notre Dame de Boulogne, une vierge rédemptrice. On l’appelle La Madone ou encore, Notre Dame du Grand Retour. Le bateau qui la transportait accoste au petit matin du 6 mars 1948 à la compagnie générale du transatlantique. L’après midi, la statue était présentée à la foule.

Depuis plusieurs jours, la ville prenait un air de fête.

Des drapeaux aux fenêtres, des guirlandes dans les rues, les trottoirs fleuris. A l’angle des rues Lamartine et Schoelcher, une énorme couronne royale brille de mille feux. La vierge illuminée arrive enfin dans la rade de Fort-de-France. La Foule est impressionnante. Elle vient sauver le peuple Martiniquais de tous ses péchés, dit-on. Pendant trois mois, elle passe alors de paroisse en paroisse. Par la côte Caraïbe, elle atteint le Nord en Avril, redescend ensuite vers le Sud, toujours portée par une ferveur indescriptible. Veillées de prière, chants, messes de minuit. Comme en Guadeloupe lors de son passage, c’est partout la même foi. Les cases les plus humbles prennent des airs de fête, les églises sont trop petites, les prêtres pas assez nombreux lors de la confession.

Les dons affluent !

Durant ce périple, les dons affluent dans la barque de la Madone: pièces, sous, francs, bijoux, billets.  Le 6 mai, c’est le grand départ, ils étaient 50 000, voire 70 000 venus saluer et remercier la Vierge D’où Personne ne le savait dans la nuit, la population la voit disparaître dans les flots. En fait, Notre Dame du Grand Retour n’est pas partie. Elle a été entreposée à Sainte-Thérèse, sous une bâche. Ce sont des dockers qui la découvriront et les interrogations de tous ces croyants qui avaient cru en son départ pour d’autres cieux sont nombreuses. Grande escroquerie  » Pourquoi a-t-on menti à tous ces chrétiens ? Pour le Clergé qui avait organisé sa venue, il n’y a jamais eu de supercherie. La statue attendait un statut… Mais alors qu’a-t-on fait de l’argent du peuple dans la barque. A-t-il vraiment servi à la construction des églises de Jossaud et de Bellevue ? La disparition du Latecoère en plein Atlantique quelques mois plus tard vient alimenter  » le milan « . Sur cette page d’histoire, chacun croit détenir sa vérité. Aujourd’hui, même si la ferveur de 1948 a disparu, Notre Dame du Grand Retour est bien ancrée à Jossaud et les pèlerins viennent toujours la vénérer.

Yolande, âgée alors de 25 ans, raconte..

    » On nous a annoncé qu’une vierge devait arriver. Elle traversait de nombreux pays et nous avions enfin la chance à la Martinique de la recevoir. Le Clergé avait organisé sa venue avec faste. A la date prévue, Notre Dame du grand retour est arrivée. Toute la population de la Martinique était dans la ville. Pour l’accueillir. Il y avait des banderoles de bienvenue. Tout le monde chantait. C’était une fête extraordinaire. La ville était décorée comme elle ne l’a jamais été. La Vierge ne passait guère plus de 24 heures dans une commune. Généralement, elle arrivait l’après midi. On la dirigeait à l’Église, le lendemain matin, le pèlerinage commençait vers l’autre commune d’accueil, ses habitants venaient la rencontrer à mi-chemin. Les gens marchaient sur des kilomètres pieds nus, les bras en croix.

Lors de son départ, toute la population s’est retrouvée à Fort-de-France place de la Savane. Il fallait voir des hommes et des femmes pleurer. On sentait que c’était profond. La Vierge a été mise sur un gros bateau et puis elle a disparu en fait elle était cachée dans un entrepôt à Calebassier (Fort-de-France). On a également entendu qu’un prêtre devait ramener tout l’argent en France à bord de Latécoère. Cet avion, qui venait tous les mercredis en Martinique, s’est écrasé en mer, en plein Atlantique, avec le prêtre et l’argent. Nous avons été trompés. « Denyé fwa yo kouyonnen nou « disaient des personnes révoltées. Les gens étaient tristes, écoeurés, déçus. Certains ont abandonné la religion Catholique.

Dans une atmosphère d’hystérie collective, les milliers de fidèles qui suivent cette longue procession offrent ce qu’ils ont de plus cher, en particulier de l’argent et des bijoux.Cet argent, qu’est-il devenu ? Avec qui était la Vierge du Grand retour ? Aujourd’hui encore, soit plus de soixante ans après, cet épisode suscite encore beaucoup de passion, de rancœur et d’amertume. http://mapage.noos.fr/dsiroy/journal5.htm

MaryamMariam, ou Meryem (en arabe : مريم), est la mère de ʿĪsā, c’est ainsi qu’est appelé Jésus dans le Coran et la tradition musulmane. Maryam est la forme araméenne du nom « Marie », alors que Myriam en est la forme en hébreu. À la suite du Nouveau Testament, l’islam professe la conception virginale de Jésus/ʿĪsā en son sein. Elle est la seule femme nommément citée dans le Coran et la dix-neuvième sourate porte son nom. Elle est d’ailleurs citée plus souvent dans le Coran que dans le Nouveau Testament, bien qu’elle ait plus d’importance dans le christianisme que dans l’islam. Le prénom Maryam est courant parmi les musulmanes.

Virgin Mary and Jesus, old Persian miniature. In Islam, they are called Maryam and Isa. NOTE:

Naissance

La naissance de Maryam est relatée dans la troisième sourate du Coran. La littérature islamique raconte qu’Imran et Hannah étaient âgés et sans enfants, mais qu’un jour, la vue d’un oiseau sur un arbre donnant la becquée à son petit suscita le désir d’un enfant dans le cœur de Hannah. Elle pria Allah de satisfaire à son désir d’enfant et s’engagea à vouer l’enfant au service d’Allah, si sa prière était réalisée. Elle pria que son enfant soit protégé de Satan, et la tradition islamique rapporte un hadith qui affirme que les seuls enfants nés sans le contact de Satan étaient Maryam et ʿĪsā. Le récit de sa naissance est semblable à celui d’apocryphes comme le De nativitate Maria appelé Protévangile de Jacques.

Premières années

Le Coran dit que Maryam grandit en prière dans le temple. Elle était confiée au prophète Zechariah (Zacharie dans la Bible). Chaque fois que Zechariah entrait dans la chambre de Maryam, il trouvait auprès d’elle de la nourriture. Il lui demandait d’où cela provenait, et elle répondait qu’Allah donne de la nourriture à qui Il veut sans compter.

Des érudits de l’islam ont débattu pour savoir si la nourriture que recevait Maryam avait une origine miraculeuse ou bien normale. Les tenants de l’origine surnaturelle de cette nourriture avancent que si cette nourriture avait une origine naturelle, Zechariah, étant prophète, aurait su que la nourriture vient habituellement d’Allah par des voies naturelles, et n’aurait pas posé de question. Ce rôle de la nourriture se retrouve déjà dans le protévangile de Jacques.

L’annonciation

Le Coran reprend le récit chrétien de l’Annonciation et de la fécondation miraculeuse de Marie par le Saint-Esprit. Selon la littérature islamique, Gabriel apparut à Maryam, qui était encore jeune, sous la forme d’un bel homme au visage lumineux, et lui annonça la naissance de ʿĪsā. Après son étonnement immédiat, elle fut rassuré par la réponse de l’ange, qui lui dit que tout était possible à Allah. A d’autres endroit, l’Esprit insufflant la fécondation à Marie est le Verbe de Dieu (Kalima), équivalant au Logos chrétien. La sourate 3, au verset 59, créé un paralélisme entre cette création d »Isa et celle d’Adam, analogie déjà présente dans les textes d’Ephrem de Nisidie.

Les commentateurs du Coran remarquent dans le verset de la sourate 3 que Maryam était proche d’être une femme parfaite et qu’elle était dépourvue de presque toute imperfection. Bien que l’islam révère de nombreuses femmes, dont Khadidja et Fatimah, la femme et la fille de Mahomet, nombre de commentateurs interprètent ce verset dans un sens absolu, et affirment que Maryam fut la meilleure femme de tous les temps. D’autres commentateurs, cependant, tout en maintenant que Maryam est la « reine des saints », ont interprété ce verset comme indiquant que Maryam fut la meilleure femme de tous les temps, et que Fatimah et Khadidja furent aussi vertueuses qu’elle.

D’après le journal  » La Croix » du mercredi 11 Mars 2020

70% des sanctuaires sont situés en milieu rural, d’après une enquête de l’Association des recteurs de sanctuaires ( ARS), relayée dans le rapport d' »Eglise en périphérie ».

60% des sanctuaires sont dédiés au culte marial

29% à celui d’un saint ; 7% à Jésus. 11% des édifices de cet échantillon ont été créés au XXème siècle.

Prieurale saint Pierre et saint Paul de Souvigny ( Allier)
Par Jeanlouiszimmermann sur Wikipédia français — Transféré de fr.wikipedia à Commons par Bloody-libu utilisant CommonsHelper., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18033259

45% des sanctuaires connaissent une hausse des fréquentations, pour des motivations spirituelles ou touristiques ; ces lieux se distinguent encore par l’importance des pratiques de piété populaire comme le chapelet ( 68%), les processions ( 53%) et les chemins de croix ( 49%)

Notre Dame de Paris

Notre-Dame de Paris, Gothic style, 1163-1345

Par Zuffe — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=78061649

 » Puisse le sourire de le Bonne Vierge continuer à veiller sur les hommes et sur ceux qui n’y croient pas. S’il venait à s’effacer, qu’aurait-on à offrir en remplacement ? Des grimaces de ouistitis sur le parvis. « 

Sylvain Tesson/ Notre Dame de Paris / Ô reine de douleur, après l’incendie du 15 Avril 2019.

Dans plusieurs apparitions, Marie fait allusion au ciel, au purgatoire et à l’enfer. Elle emmène même avec elle, plusieurs fois, des voyantes, dans un voyage mystique où les visions de ces trois lieux leur provoquent félicité, crainte ou effroi. L’un des « points forts » du magistère de la Vierge est de rappeler ce que l’Eglise ne dit plus beaucoup :

Oui, le jugement qui suit directement la mort appelé « jugement particulier » par le Catéchisme, existe bien ; oui, ce jugement nous oblige, forcément, à veiller à l’état de la seule chose qui nous survit : l’âme ; oui, si nous ne veillons pas à tenir  » pure  » cette âme durant notre vie, nous perdrons toute vie sans même passer par le jugement, ou subirons une période de purification dans un lieu appelé  » Purgatoire ». Cet article tiré du site catholique  » Croire » nous en dit plus sur ce lieu  » mystérieux ».

Quel lieu appelle-t-on le purgatoire ?

« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel », est-il écrit au § 1030.

« L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés », est-il précisé dans le paragraphe suivant pour éviter toute confusion avec l’enfer. Cette doctrine n’est pas reconnue par les protestants – les orthodoxes non plus mais ils pratiquent la prière pour les défunts.

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©Photo. R.M.N. / R.-G. OjŽda

Quand l’idée du purgatoire est-elle née ?

Si elle s’appuie sur une tradition ancienne autour de la prière pour les morts, le purgatoire naît vraiment durant le Moyen Âge, à la fin du XIIe siècle, selon l’historien Jacques Le Goff. Mais la définition de sa doctrine officielle par l’Église n’intervient que tardivement, aux XVe et XVIesiècles.

« L’Église a formulé la doctrine de la foi relative au Purgatoire surtout aux Conciles de Florence (en 1439) et de Trente (1545-1563) », indique le catéchisme. Mais si sa définition doctrinale est relativement récente, elle s’appuie sur la tradition du peuple juif, en particulier sur la pratique de la prière pour les défunts, évoquée notamment dans le deuxième Livre des Martyrs d’Israël (2 M 12, 46). « La prière pour les morts suppose qu’il y ait un temps intermédiaire, de l’ordre de la purification », assure le père Jean-Marc Bot, prêtre du diocèse de Versailles, auteur de plusieurs ouvrages sur les fins dernières.

Progressivement, en même temps que la doctrine s’affine, le purgatoire se « spatialise ». « On le situe souvent sous terre, comme une sorte de quasi-enfer, indique le père Jean-Marc Bot. Les représentations sont impressionnantes, angoissantes. Mais un écrivain génial, Dante, dans la Divine Comédie, opère une révolution de l’imaginaire du purgatoire, qui est comme la montagne de l’âme. Elle doit monter jusqu’au sommet pour décoller vers le paradis céleste. 

Comment définir l’expérience du purgatoire ?

Entre quasi-enfer et feu miséricordieux, les représentations du purgatoire ont beaucoup évolué dans l’histoire.

Loin de toutes représentations spectaculaires ou imagées, parfois portées par la piété populaire, le magistère reste concis. Certains mystiques ont livré une version moins théorique, comme sainte Catherine de Gênes. Recevant une connaissance particulière de cette expérience, elle l’a décrit, dans son Traité sur le purgatoire paru en 1551, comme « un feu non extérieur mais intérieur » sur le chemin de la pleine communion avec Dieu. L’idée se développe d’un lieu, car il est toujours difficile de se représenter une idée en dehors de l’espace-temps, où les âmes vivraient dans un état paradoxal entre souffrance et joie.

« Le regard du Christ, le battement de son cœur, nous guérissent grâce à une transformation assurément douloureuse, comme “ par le feu ”, écrivait Benoît XVI dans son encyclique Spe Salvi (§ 47) parue en novembre 2007. Cependant, c’est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d’être totalement nous-mêmes et par là totalement de Dieu. »

Qui connaîtra cette expérience ?

Sans présumer des mystères de la vie après la mort, le purgatoire semble, comme le rappelle le pape émérite, devoir être l’étape obligée pour le plus grand nombre. « Je perçois le purgatoire comme le chef-d’œuvre de la miséricorde de Dieu, une grande espérance », témoigne le père Jean-Marc Bot. C’est le salon de beauté du Saint-Esprit. Je le définis aussi comme une expérience mystique de purification passive, car tout est clos et c’est Dieu qui agit pour ce qui reste à accomplir. » Cette purification s’impose par la vertigineuse distance entre l’homme et le Royaume des cieux dont parle Jésus, entre le pécheur et le divin. « Le purgatoire ne doit pas être associé à la peur d’un châtiment, mais au juste sens de la disproportion entre Dieu et nous », insiste le père Jean-Marc Bot.

Comment expliquer l’effacement du purgatoire ?

La doctrine du purgatoire, étape vers le paradis, connaît depuis au moins un siècle un effacement des consciences et des représentations, même chez les catholiques pratiquants.

« Le purgatoire est confronté à une éclipse certaine », reconnaît le père Jean-Marc Bot. Une quasi-disparation racontée dans un livre intitulé Le crépuscule du purgatoire (Armand Colin) par l’historien Guillaume Cuchet. Ce dernier lie l’effacement du purgatoire avec la Grande Guerre et ses millions de victimes, pour qui le purgatoire semblait une nouvelle souffrance inutile.

« Les fins dernières, même parmi les catholiques, ont été largement évacuées, poursuit le père Jean-Marc Bot, qui se fait fort de remettre paradisenfer et purgatoire au goût du jour. Concernant le purgatoire en particulier, il n’existe pas de référence biblique facile à utiliser pour l’expliquer. Il s’agit davantage d’une déduction et d’une compréhension des textes. »

Son effacement aurait tendance, selon lui, à faire « bon marché de la grâce » et à « résumer le christianisme à une morale moyenne et horizontale »,

……faisant fi de l’enjeu du premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence. » Or, « le salut n’est pas joué d’avance », assure-t-il, rappelant aussi que les âmes du purgatoire ont besoin de la prière des vivants. Dans un livre d’entretiens paru en 1985, le cardinal Joseph Ratzinger assurait même : « Si le purgatoire n’existait pas, il faudrait l’inventer . »

Un lieu dédié aux âmes du purgatoire : le sanctuaire de Notre Dame de Montligeon.

Bien moins connu que Lourdes ou Lisieux, le sanctuaire Notre-Dame de Montligeon, à La Chapelle-Montligeon dans l’Orne, se présente comme un « centre mondial de prière pour les défunts ». « À Montligeon, nous prions pour les défunts, pour les âmes en purgatoire, afin que s’achève en eux l’œuvre de l’amour qui purifie », est-il expliqué sur le site Internet du sanctuaire situé dans le diocèse de Séez.

Le sanctuaire Notre-Dame de Montligeon propose également des temps de formation sur la foi lors de week-ends et de sessions. Les questions liées à la mort et à l’au-delà, à l’eschatologie chrétienne et à la vie éternelle y ont évidemment une place particulière.

Par GO69 — Travail personnel, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14843442
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La basilique Notre-Dame de Montligeon, consacrée à « Notre-Dame Libératrice des âmes du Purgatoire », est une église de pèlerinage, centre d’un sanctuaire dédié à la prière pour les défunts. Elle est située à La Chapelle-Montligeon, petite commune de la région du Perche, dans le sud-est du département de l’Orne.

La création du centre de pèlerinage est due à l’initiative et à la détermination infatigable de l’abbé Paul Buguet, curé de La Chapelle-Montligeon de 1878 à son décès en 1918. Préoccupé par la nécessité de prier pour les âmes des défunts ainsi que par celle de revitaliser l’économie de son village, il fonda en 1884 l’« Œuvre expiatoire pour la délivrance des âmes du purgatoire » et fut encouragé dans son action par le pape Léon XIII duquel il reçut, pour cela, le titre de protonotaire apostolique. 

La basilique est un vaste édifice néo-gothique érigé de 1894 à 1911 par l’architecte Maître Tessier, qui rassemble nombre d’œuvres d’art (vitraux, mosaïques, statues). Ses vitraux, équipant tous les fenêtrages, sont réputés et possèdent la double particularité de constituer un panorama de l’art du verre de 1917 à 1971 et de n’aborder que le seul thème de l’Eschatologie et de la Communion des saints. Autour de la basilique s’étend un sanctuaire important comprenant notamment plusieurs bâtiments dédiés à ses diverses activités.

(1) Le purgatoire, Traverser le feu d’amour, Éditions de l’Emmanuel, 142 p., 9,90 €.

Allusion au purgatoire dans le livre  » La Vierge des Derniers Temps » du père Laurentin et de François-Michel Debroise. Salvator 2014.

L’abbé René Laurentin, né le 19 octobre 1917 à Tours (Indre-et-Loire) et mort le 10 septembre 2017, dans le 7e arrondissement de Paris, est un prêtre, théologien et exégète français, spécialiste notamment des apparitions mariales.

Le livre « La Vierge des Derniers Temps » de René Laurentin.

Dans ses écrits, Grignion de Montfort (1673-1716) prophétise la Vierge des derniers temps. Le siècle de Marie sera le prélude, selon lui, à un déluge du pur amour. Cette nouvelle pentecôte assurera le règne du Christ dans le coeur de tous les croyants et verra se lever les apôtres des derniers temps.

I – Le culte du cœur de Jésus 

Au cours des apparitions ( médaille miraculeuse de la rue du bac, vision de Tuy d’une des voyantes de Fatima, Estelle faguette à Pellevoisin) autant que dans les exercices de piété catholiques, il est souvent fait allusion au « cœur de Jésus ». Or, par deux reprises au moins, Jésus a manifesté l’importance de la dévotion à Son cœur, à Marguerite Alacoque et Faustine Kowalska. 

I – Les visions de Jésus Christ de Marguerite Alacoque 

Encerclé d’épines, figurant au revers de la médaille miraculeuse, le cœur de Jésus est porteur du symbole le plus fort du christianisme : la mort de Jésus par amour pour l’humanité. Marguerite Alacoque, en 1675, et Faustine Kowalska, le 21 Février 1931, seront les témoins privilégiées de la capacité d’amour et de miséricorde de ce cœur brûlant d’amour du Christ pour l’humanité. 

En religion soeur Marguerite-Marie, née le 22 juillet 1647 à Verosvres, et décédée le 17 octobre 1690 à Paray-le-Monial, est une religieuse de l’ordre de la Visitation mystique et inspiratrice du culte du Sacré-Cœur de Jésus et reconnue sainte par l’Église catholique. Elle a été béatifiée en 1864, puis canonisée en 1920.

Elle est la cinquième enfant de Claude Alacoque et Philiberte Lamyn, qui jouissent d’une bonne position sociale dans leur paroisse. Dès sa prime enfance, Marguerite fait preuve d’une dévotion particulière envers le Saint-Sacrement, et elle préfère le silence et la prière aux jeux de son âge. À cinq ans, lors d’un séjour chez sa marraine, dont la fille est religieuse, elle entend parler des vœux religieux et, à l’insu de tous, elle fait sa première consécration à la messe en prononçant ces mots : « Ô mon Dieu, je vous consacre ma pureté et vous fais vœu de perpétuelle chasteté ».

Marguerite Marie Alacoque

À l’âge de neuf ans, après sa première communion, elle pratique en secret des mortifications sévères de son corps, avant que la paralysie ne la cloue au lit pendant quatre ans. À la fin de cette période, ayant fait le vœu à la Vierge de se consacrer à la vie religieuse, elle se serait retrouvée guérie sur-le-champ.

En reconnaissance, le jour de sa confirmation par Mgr Jean de Maupeou, elle ajoute le prénom « Marie » à son prénom de baptême. Devenue orpheline de père, elle est recueillie avec sa mère chez des parents qui les tourmentent, leur ôtant tout contrôle de leurs biens et de leurs actes. Marguerite-Marie trouve son réconfort dans la prière, et c’est alors qu’elle aurait ses premières visions de Jésus-Christ.

Il lui apparaissait d’habitude sur la croix ou lors de l’épisode de l’Ecce Homo – Ecce homo est une expression latine signifiant «voici l’homme ». C’est l’expression prêtée à Ponce Pilate dans la traduction de la Vulgate de l’Évangile selon Jean (19:5) lorsqu’il présente Jésus à la foule, battu et couronné d’épines -et elle ne s’en étonnait pas, pensant que d’autres recevaient aussi ces visions.

Philippe de ChampaigneEcce homomusée national de Port-Royal des Champs.
Par Philippe de Champaigne — [3], Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3963824

Quand elle a dix-sept ans, sa famille peut récupérer son bien et sa mère lui confie son désir de l’établir dans le monde. Alors, bien que régulièrement meurtrie par les pénitences qu’elle s’impose, elle commence à participer aux activités mondaines. Une nuit, alors qu’elle revient d’un bal, elle aurait une vision du Christ pendant la flagellation : il lui reproche son infidélité après qu’il lui a donné tant de preuves d’amour. Pendant le reste de sa vie, Marguerite-Marie pleura deux « fautes » qu’elle avait commises en ce temps-là : avoir porté quelques ornements et mis un masque au carnaval pour faire plaisir à ses frères.

La flagellation du Christ

Elle visite plusieurs couvents, et en entrant dans celui de la Visitation de Paray-le-Monial, elle affirme qu’une voix intérieure lui dit « C’est ici que je te veux ». Le 25 mai 1671, à l’âge de 24 ans, elle entre au monastère et, en novembre 1672, elle prononce ses vœux perpétuels. De santé fragile, elle n’en continue pas moins ses flagellations, ainsi que les lacérations les plus extrêmes, voire les plus répugnantes, qu’elle mentionne elle-même dans ses Mémoires.

Communauté monastique de la Visitation de Paray le Monial

Peu après son entrée au monastère, elle reçoit, d’après son propre témoignage, plusieurs apparitions privées du Christ. La plus célèbre de ces apparitions est celle de juin 1675 : Jésus lui montre son cœur en disant « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, […] jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart qu’ingratitude ». Une autre fois, il lui dit « Mon divin Cœur est […] passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier ».

Dès lors, Marguerite-Marie se dit investie par le Christ de la mission d’établir une dévotion particulière envers le Sacré-Cœur. Selon elle, Il lui confie une autre mission : le 17 juin 1689, il demande au roi de France Louis XIV, la « consécration de la France à son Sacré-Cœur et sa représentation sur les étendards du royaume« . (Tout comme la demande de consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie, cette demande est restée lettre morte.)

Certains auteurs- notamment l’abbé Émile Bougaud, dans son Histoire de la Bienheureuse Marguerite-Marie, Poussielgue, 1874, ou le Chanoine Crépin, dans un article du Bulletin de l’Œuvre du Sacré-Cœur de Montmartre, Octobre 1915– ont observé que c’est exactement 100 ans plus tard, le 17 juin 1789, que le Tiers état se proclame Assemblée nationale, créant ainsi la rupture avec la France de Clovis. À l’inverse, le cardinal Billot, dans Le Figaro du 4 mai 1918, tout en rappelant l’excellence de la dévotion au Sacré-Cœur, fait part de ses doutes sur l’authenticité de cette demande particulière adressée à Louis XIV et surtout expose les obstacles théologiques et pratiques qu’elle impliquerait selon lui.

Ces manifestations lui valurent d’être mal considérée par le reste des membres de la communauté, qui la traitaient de « visionnaire », au point que sa supérieure lui intima l’ordre de se plier à la vie commune. Cependant, son obéissance, son humilité et sa charité envers ceux qui la persécutaient finirent enfin par l’emporter et sa mission vint à être reconnue par ceux-là même qui lui avaient montré la plus forte opposition. Avec l’aide du père Claude La Colombière, son « vrai et parfait ami », Marguerite-Marie fera connaître le message que Jésus lui aurait adressé. C’est le début du culte du Sacré-Cœur.

Marguerite-Marie établit la pratique de l’Heure Sainte, qui pour elle consiste à prier, étendue par terre, le visage contre le sol depuis onze heures du soir jusqu’à minuit le premier jeudi de chaque mois, afin de partager la tristesse mortelle qu’avait supportée le Christ, quand il fut abandonné à son agonie par ses Apôtres (Gethsémani), puis à recevoir le lendemain la Communion. Selon elle, le Christ lui aurait confié désirer que soit célébrée une fête en l’honneur de son Cœur le vendredi qui suit l’octave de la fête de son Corps ; et il aurait appelé la religieuse « disciple bien-aimée du Cœur Sacré » et héritière de tous ses trésors. La pratique de la dévotion des neuf premiers vendredis du mois tient son origine de la « grande promesse de Jésus à sainte Marguerite Marie Alacoque » :

Jésus à Gethsémani

« Je te promets dans l’excessive miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis du mois, neuf mois consécutifs, la grâce de la pénitence finale, ne mourant point dans ma disgrâce, ni sans recevoir les sacrements, mon divin Cœur se rendant leur asile assuré à ce dernier moment. »

À une époque où la communion sacramentelle des fidèles était très rare, la pratique des neuf premiers vendredis du mois contribua d’une manière significative à la reprise de la pratique plus fréquente des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie. La dévotion des premiers vendredis du mois est censée apporter les fruits spirituels relatifs aux 12 promesses suivantes de Jésus-Christ :

1. Je leur donnerai toutes les grâces nécessaires à leur état.

2. Je mettrai la paix dans leur famille

3. Je les consolerai dans toutes leurs peines.

4. Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.

5. Je répandrai d’abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.

6. Les pécheurs trouveront dans mon Cœur la source et l’océan infini de la miséricorde.

7. Les âmes tièdes deviendront ferventes.

8. Les âmes ferventes s’élèveront à une grande perfection.

9. Je bénirai moi-même les maisons où l’image de mon Sacré-Cœur sera exposée et honorée.

10. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.

11. Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon Cœur, où il ne sera jamais effacé.

12. Je te promets, dans l’excès de la miséricorde de mon Cœur, que son amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredis du mois, neuf fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu’ils ne mourront point dans ma disgrâce, ni sans recevoir leurs Sacrements, et que mon divin Cœur se rendra leur asile assuré à cette dernière heure.

Par l’insertion intégrale de cette promesse dans la Bulle de canonisation de Sainte Marguerite-Marie, en date du 13 mai 1920, le pape Benoît XV a encouragé la pratique des communions réparatrices des neuf premiers vendredis du mois, en l’honneur du Sacré-Cœur.

Au cours de sa dernière maladie, elle refuse tout soulagement, ne cessant de répéter « Ce que j’ai dans le Ciel et ce que je désire sur la terre, c’est toi seul, ô mon Dieu » et elle meurt en prononçant le nom de Jésus.

L’ouverture de l’enquête diocésaine en vue d’une béatification a lieu le 15 octobre 1714 sous le pontificat du pape Clément XI. La discussion au sujet de la mission et des vertus de Marguerite-Marie se poursuit pendant des dizaines d’années. On soumet à l’examen la totalité de ses actions, de ses révélations, de ses maximes spirituelles et de son enseignement concernant la dévotion au Sacré-Cœur, qu’elle avait exposé et dont elle était l’apôtre.

À terme, la Sacrée congrégation des rites émet un vote favorable et le 30 mars 1824, cent trente-quatre ans après sa mort, le pape Léon XII la proclame « Vénérable« . Le 19 août 1864, à la suite de la reconnaissance par l’Église de trois miracles, le bref de béatification est signé sous le pontificat de Pie IX. La cérémonie de béatification a lieu le 18 septembre 1864 à Rome. Marguerite-Marie Alacoque est canonisée par Benoît XV le 13 mai 1920.

Ses restes reposent dans la chapelle de la Visitation à Paray-le-Monial. En 1901, en hommage à Marguerite-Marie Alacoque, la religieuse mexicaine, Maria Guadalupe Garcia Zavala, fonda, avec son directeur spirituel, le Père Cipriano Iñiguez, la congrégation des Servantes de Sainte Marguerite-Marie et des pauvres. En 1925, l’église Santa Margherita Maria Alacoque dans le quartier de l’Esquilin à Rome près de la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem, lui est dédiée.

II – Le scapulaire du sacré cœur 

Marguerite-Marie Alacoque, visitandine à Paray-le-Monial inaugure la coutume de porter sur sa poitrine une image du Sacré-Cœur. L’origine du scapulaire du Sacré-Cœur est due à Estelle Faguette, qui aurait eu 15 apparitions de la Vierge à Pellevoisin ; c’est lors de la 9e apparition que la Vierge montre le scapulaire ; dans les visions suivantes, elle encourage la dévotion au scapulaire du Sacré-Cœur. (voir plus loin en Annexes )

Scapulaire du sacré coeur
Par Michael Tav — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49918049

III – Les visions de Jésus Christ de Faustine Kowalska 

En religion Maria Faustyna Kowalska (Głogowiec25 août 1905 –Cracovie5 octobre 1938) est une religieuse de Notre-Dame de la Miséricorde et mystique polonaise, dite Apôtre de la Miséricorde Divine.

Sœur Marie Faustine du Saint-Sacrement.
Photographie de Faustine Kowalska
Par http://www.marian.org/, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1972286

L’Église catholique lui reconnaît une « vie mystique d’une extrême richesse ». Béatifiée en 1993, canonisée en 2000, elle est fêtée le 5 octobre. Hélène Kowalska est née en 1905 dans le village de Głogowiec en Pologne, troisième des dix enfants d’une famille d’agriculteurs pauvres. Elle sent un appel à la vie religieuse dès l’âge de 7 ans (1912). À quinze ans, elle commence à travailler pour aider sa famille. À cette époque, elle sent la vocation et est persuadée que Dieu lui-même l’appelle à devenir religieuse. À cette époque, elle a une première apparition de Jésus, sous la forme du Christ souffrant. Hélène part pour Varsovie et tente d’être admise dans plusieurs couvents de la capitale, pour être à chaque fois refusée.

Finalement, elle est admise au couvent de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde à l’âge de 20 ans, le 1eraoût 1925, sous le nom de sœur Marie Faustine. Elle y prononce ses vœux le 30 avril 1926, et prend le nom de sœur Marie Faustine du Saint-Sacrement. Pendant ses 13 années de religieuse, Faustine remplit les modestes charges de cuisinière, jardinière et sœur portière dans les différentes maisons de la congrégation (Varsovie,Płock,Vilnius,Cracovie). Comme beaucoup de saints, elle vécut la nuit de la foi, porta des stigmates invisibles et eut le don de bilocation*.

SaintSacrement est un nom donné à l’Eucharistie par l’Église catholique, et par extension à l’hostie consacrée. L’adoration du SaintSacrement est l’adoration de l’hostie consacrée, présentée dans un ostensoir ou un tabernacle.

À la demande de son directeur spirituel, le bienheureux Père Michel Sopocko, Sainte Faustine écrit le Petit Journal. Dans ce livre, elle décrit ses expériences mystiques et précise les demandes que le Christ lui transmet. Sœur Marie Faustine raconte qu’elle a vu, dans le Purgatoire, Jésus et Marie, à plusieurs reprises et qu’elle leur a parlé. Par la suite, la future sainte Faustine écrivit dans son journal que Jésus lui demanda de faire connaître au monde la profondeur de la miséricorde divine, et ce particulièrement à travers quatre dévotions qu’il recommanda de propager :

On parle de bilocation (terme forgé par le poète et parapsychologue britannique Frederic W.H. Myers) lorsqu’une personne est aperçue ou prétend être présente simultanément en deux lieux distincts. Chez les métapsychistes ou les occultistes, on parle de « dédoublement fluidique »

1 – Réciter le chapelet de la Miséricorde :

D’après sainte Faustine, Jésus lui dit : « Cette prière sert à calmer ma colère. Tu la réciteras pendant neuf jours avec un chapelet du Rosaire de la façon suivante : d’abord tu réciteras « le Notre Père », le « Je Vous Salue Marie » et « le Credo ». Puis, sur les graines du Notre Père, tu diras les paroles suivantes : « Père Éternel, je vous offre le Corps et le Sang, l’Âme et la Divinité de votre Fils bien Aimé et notre Seigneur Jésus Christ, en expiation de nos péchés et de ceux du monde entier ». Sur les grains des « Je Vous Salue Marie », tu réciteras les paroles suivantes : « pour sa douloureuse passion, ayez miséricorde de nous et du monde entier. Enfin, tu réciteras trois fois ces paroles : Dieu Saint, Dieu Fort, Dieu Immortel, aie pitié de nous.» (Petit Journal, 474-476) « Ma miséricorde enveloppera les âmes qui réciteront ce chapelet pendant leur vie et surtout à l’heure de la mort »(P. J. 753) « A l’heure de la mort Je défends comme ma propre gloire chaque âme qui récite ce chapelet elle-même, ou bien si d’autres le récitent près de l’agonisant – l’indulgence est la même. Quand on récite ce chapelet auprès de l’agonisant, la colère divine s’apaise, une miséricorde insondable s’empare de son âme » (P. J. 811). Même les pécheurs les plus endurcis, s’ils récitent ce chapelet une seule fois, obtiennent la grâce de mon infinie miséricorde. » (P. J. 687)

2 – Honorer l’image de Jésus Miséricordieux : 

À Plock, le 22 février 1931, Jésus lui est apparu, portant un vêtement blanc, comme le « Roi de la Miséricorde divine ». Sa main droite se levant en signe de bénédiction et l’autre touchant le vêtement sur la poitrine. Dessous ses vêtements sortent deux grands rayons, l’un rouge, l’autre blanc. Se conformant aux ordres qu’elle dit avoir reçus du Christ, Faustine fait peindre une représentation de cette vision. Jésus promet à Faustine de défendre l’âme qui aura honoré cette image. « Mon regard sur cette image est le même que celui que j’avais sur la croix. » (P. J. 326)

Avec l’aide du Père Michel Sopocko, son confesseur, Faustine entreprend la mission confiée par Jésus lors de ses apparitions. Elle distribue à Cracovie et à Wilno, des images devant lesquelles les gens commencent à prier. Elle écrit ensuite un journal intime, malgré son peu d’instruction. Son journal devait être publié sous le titre Miséricorde divine dans mon âme : le journal de sainte Faustina. Elle tente vainement de trouver une « Congrégation qui proclamât la Miséricorde de Dieu envers le monde et l’obtînt pour le monde par ses prières », mais ne reçut jamais de son couvent la permission de le quitter.

Jésus Miséricordieux
Tableau peint en présence de sainte Faustine (par E. Kazimirowski, Vilnius, 1934)

3 – Célébrer le Dimanche de la Miséricorde :

Jésus demanda : « Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la Fête de la Miséricorde.»(P. J. 299) « Qui s’approchera, ce jour là, de la source de vie, obtiendra la rémission de ses fautes et de leurs châtiments. » (P. J. 300)

4 – Vénérer l’heure de la miséricorde : 

Jésus demanda à Faustine que l’on vénère l’heure de sa mort sur la Croix, soit 15 heures. D’après le Petit Journal, Jésus lui a dit « A trois heures, implore Ma Miséricorde, tout particulièrement pour les pécheurs. Et ne fût-ce que pour un bref instant, plonge-toi dans Ma Passion, en particulier au moment où j’ai été abandonné lors de Mon agonie ! C’est là une heure de grande Miséricorde pour le monde entier. Je te laisserai partager ma mortelle tristesse ; en cette heure, Je ne saurais rien refuser à l’âme qui prie par Ma Passion ». (P. J. 1319) C’est l’Heure de la Miséricorde.

Sœur Faustine Kowalska visita l’Enfer, introduite selon son témoignage par un ange. En 1936, Faustine tomba gravement malade, sans doute de la tuberculose, et fut transférée à l’hôpital de Pradnik. Elle passa beaucoup de temps en prière, récitant le chapelet de la Miséricorde divine, et priant pour la conversion des pécheurs. Elle passa les deux dernières années de sa vie à rédiger son journal. En juin 1938, elle ne fut plus capable d’écrire, et il devint évident qu’elle n’avait plus longtemps à vivre. Elle mourut le 5 octobre. Quand la supérieure fit nettoyer sa chambre, elle ouvrit le tiroir et trouva des peintures de la Miséricorde divine.

IV- Le  Sacré cœur à Montmartre (Paris)

La basilique du Sacré cœur de Montmartre est l’une des cinq basiliques mineures de Paris. vouée à l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement – 

Saint-Sacrement est un nom donné à l’Eucharistie par l’Église catholique, et par extension à l’hostie consacrée. L’adoration du Saint-Sacrement est l’adoration de l’hostie consacrée, présentée dans un ostensoir ou un tabernacle – la basilique est le « sanctuaire de l’adoration eucharistique et de la miséricorde divine ». Depuis 1885, des fidèles – hommes, femmes et enfants de toutes conditions et de tous horizons- se relayent dans la basilique pour réciter une prière ininterrompue, de jour comme de nuit.

Cette prière est la mission que la basilique a reçu à sa consécration : une mission d’intercession constante pour l’Église et le monde. Charles de Foucauld passa une nuit de prière avec Louis Massignon en avril 1909 dans la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre ;

les statuts de son association du Sacré-Cœur furent tous déposés à Montmartre, et là les premiers Petits frères de Jésus de René Voillaume reçurent leur habit. Depuis 1995, la congrégation des bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre assure, à la demande du cardinal Lustiger, archevêque de Paris, l’animation spirituelle et matérielle de la basilique. 

Soeur bénédictine du Sacré coeur

À l’instigation de Monseigneur Charles, après Vatican II, Montmartre a pris progressivement une dimension nationale de réflexion et de formation afin d’apporter des réponses efficaces à la crise des années 1970. Différents mouvements d’évangélisation et de jeunesse, ainsi que des retraites spirituelles et conférences sont organisés par Mgr Charles. Une nouvelle impulsion au chemin de croix traditionnel est donnée, tandis que le pèlerinage de Chartres est relancé de manière consensuelle (à partir du noyau du centre Richelieu) ;

enfin, des cahiers théologiques vulgarisés sont diffusés, à l’exemple du père de Guérandel qui en fut un des auteurs. Dans le cadre de la redynamisation de la foi et en réponse aux hésitations des fidèles souvent influencés par des vagues médiatiques, les mouvements de la basilique s’efforcent de changer le regard vers les autres de toutes conditions et religions ; des carrefours de rencontres et approfondissement chez l’habitant sont dirigés par le père Morand et se disséminent dans la région parisienne, puis au-delà;


Monseigneur Maxime Charles (né à Ribérac (Dordogne) le 26 mai 1908
, mort à Saint-Raphaël (Var) le 29 août 1993
), est un ecclésiastique français du xxe siècle. Il était prêtre du diocèse de Paris et prélat de Sa Sainteté. Mgr Charles fut le fondateur du centre Richelieu, puis recteur de la basilique de Montmartre, pendant trente ans.

Elles sont animés par des jeunes formés dans la basilique. Les fruits ont été visibles pendant la première partie du pontificat de Jean-Paul II. Ces initiatives évangélisatrices, perpétuées par les successeurs de monseigneur Charles (dont Mgr de Vorges), ont marqué le rayonnement permanent de la basilique. Depuis 1995, l’accompagnement se fait de manière différente et la basilique n’organise plus de pèlerinage à Chartres. De même la communion ne se fait plus à genoux, ce qui était une particularité de la basilique jusqu’en 1995.

La basilique du Sacré Coeur à Montmartre ( Paris)
Par Tonchino — File:Le sacre coeur (paris – france).jpg, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17108487

5 – Sainte Gertrude d’Helfta, une des initiatrices de la dévotion au Sacré Coeur.

Sainte Gertrude d’Helfta (ou Gertrude la Grande), née le 6 janvier 1256 et décédée le 17 novembre 1301 ou 1302 au monastère de Helfta (Allemagne), est une moniale cistercienne allemande. Gratifiée de grandes faveurs mystiques elle compte parmi les figures majeures de la Mystique rhénane et est considérée comme une des initiatrices de la dévotion au Sacré-CœurLiturgiquement, elle est commémorée le 16 novembre.

Chez Gertrude, dévotion au Saint-Sacrement et dévotion au Sacré-Cœur
vont de pair
Par Photo: Andreas Praefcke — Photographie personnelle, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6855450

6 – L’iconographie du revers de la médaille miraculeuse

Médaille miraculeuse est le nom que la dévotion populaire catholique a donné à une médaille créée à la suite des événements de 1830, au 140 de la rue du Bac, à Paris où une novice d’origine Bourguignonne du couvent Parisien des sœurs de la charité de Saint Vincent de Paul nommée Catherine Labouré (en religion sœur Catherine de la Charité) raconta à son confesseur avoir vu la Vierge Marie. Selon la tradition catholique, cette médaille fut frappée à la demande expresse de la Mère de Dieu, faite au cours de la deuxième apparition (27 novembre 1830) comme un témoignage d’amour, gage de protection et source de grâce.

Les deux faces de la médaille miraculeuse
Par Xhienne — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2169454

Sur le revers de la Médaille miraculeuse , la Vierge se révèle de façon univoque comme la Co-rédemptrice, et cela par le biais de quatre symboles, les plus forts que l’on puisse trouver dans l’Ecriture Sainte en rapport avec la Co-rédemption, à savoir : la croix, le “M” pour Marie, deux cœurs transpercés et les douze étoiles de la Femme de l’apocalypse. 

La croix exprime pleinement tout le mystère de la Rédemption. La barre et la Croix symbolisent l’épreuve. Au centre, la lettre ‘M’ pour Marie est surmontée par la croix et entrelace une barre transversale qui soutient le pied de la Croix. Les deux signes entrelacés montrent le rapport indissoluble qui lie le christ à sa mère ; Marie est associée à la mission du salut de l’humanité qu’accomplit son fils et participe par sa compassion (souffrir avec ) à l’acte même du sacrifice rédempteur du Christ. Ce symbolisme reflète la relation étroite de Marie et de Jésus dans l’histoire du Salut. La Dame d’Amsterdam revendiquera d’ailleurs que l’Eglise consacre ce rôle en reconnaissant dans un nouveau dogme sa qualité de « co-rédemptrice ».

Les deux cœurs blessés l’un entouré d’épines et l’autre transpercé par un glaive, sont le plus beau symbole de l’amour rédempteur. Le cœur de Jésus* et le cœur de Marie sont représentés l’un à côté de l’autre ! A la question de sœur Catherine, qui demandait s’il fallait écrire un texte sur le revers de la Médaille, la Vierge Marie répondait : « Le “M” et les deux cœurs en disent assez. »De fait   ! Aimer est le monogramme de Marie ! Ce cœur nous fait penser à celui montré par la Vierge à sœur Lucie, un des trois voyants de Fatima, dans la vision de Tuy* : alors que la Vierge se tient sous le bras droit de la croix,  elle tient dans sa main droite un cœur « avec une couronne d’épines et des flammes… ». Voir l’apparition de Fatima.

Les 12 étoiles sur la médaille indiquent la vocation universelle de la Vierge Marie en tant que Mère de tous les hommes. Les douze étoiles sont les douze tribus d’Israël et les douze apôtres. Il convient de noter que dans ce qu’elle a révélé, Catherine Labouré n’a jamais parlé d’étoiles (ni de leur nombre). Cette couronne d’étoiles nous rappelle immanquablement la Femme de l’Apocalypse**, revêtue de soleil et couronnée d’étoiles, qui crie de douleurs. C’est en tant que Co-rédemptrice du monde et de toute la création qu’elle souffre dans le travail de l’enfantement, afin que le Christ soit enfanté dans le cœur de chaque homme.Le créateur du drapeau européen***Arsène Heitz, a choisi les douze étoiles en invoquant le même symbole biblique que la Médaille. Elles ont été placées par le graveur au revers de la médaille, alors qu’elles auraient dû couronner la tête de la Sainte Vierge.

** La Femme de l’Apocalypse est un personnage biblique qui apparaît au chapitre 12 du livre de l’Apocalypse : « Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; 2- elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. 3-  Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d’un diadème. 4- Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre.

En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né. 5-  Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône, 6- – tandis que la Femme s’enfuyait au désert, où Dieu lui a ménagé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours. 7- Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges. 8-  mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. […] 13-  Se voyant rejeté sur la terre, le Dragon se lança à la poursuite de la Femme, la mère de l’Enfant mâle. 

14- Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu’au refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d’un temps. 15- Le Serpent vomit alors de sa gueule comme un fleuve d’eau derrière la Femme pour l’entraîner dans ses flots. 16-  Mais la terre vint au secours de la Femme : ouvrant la bouche, elle engloutit le fleuve vomi par la gueule du Dragon. 17-  Alors, furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus18-  Et je me tins sur la grève de la mer. »

** En Octobre 2017 le parti politique français « Les insoumis » a soulevé une polémique en demandant la suppression du drapeau européen de l’hémicycle de l’Assemblée nationale en partie en raison de la suspicion tenant à son « origine chrétienne ». Il faisait allusion aux douze étoiles entourant le drapeau européen figurant déjà sur la médaille miraculeuse ! 

7 – La vision de Tuy du Jeudi 13 Juin 1929

Le 20 juillet 1926, sœur Lucie, l’un des trois voyants de Fatima et la seule survivante,  quitte le couvent de Pontevedra pour entrer au noviciat des Dorothées, installé à Tuy, petite cité espagnole. Après sa prise d’habit le 2 octobre 1926, elle prononçait ses premiers vœux le 3 octobre 1928. En 1929, l’humble Maria das Dores poursuit à Tuy sa vie cachée, si bien cachée que la plupart de ses compagnes ignorent encore qu’elle est la voyante de Fatima.

Elle met en pratique le message de Notre-Dame, vivant sa règle à la perfection dans le don total aux saints Cœurs de Jésus et de Marie. La messagère était prête. Alors se réalisa la promesse du grand Secret   : «  Je viendrai demander la consécration de la Russie…  ».  Écoutons sœur Lucie raconter l’événement  :

«  (…) Ce fut à cette époque que Notre-Seigneur m’avertit que le moment était venu où il voulait que je fasse connaître à la sainte Église son désir de la consécration de la Russie et sa promesse de la convertir… La communication s’est produite ainsi  :

«  (13 / 6 / 1929). J’avais demandé et obtenu la permission de mes supérieures et de mon confesseur de faire une heure sainte de 11 heures à minuit, dans la nuit du jeudi au vendredi de chaque semaine. «  Me trouvant seule une nuit, je m’agenouillai près de la balustrade, au milieu de la chapelle, pour réciter, prosternée, les prières de l’Ange. Me sentant fatiguée, je me relevai et continuai à les réciter les bras en croix. La seule lumière était celle de la lampe [du sanctuaire].

Soudain, toute la chapelle s’éclaira d’une lumière surnaturelle et, sur l’autel, apparut une croix de lumière qui s’élevait jusqu’au plafond. Dans une lumière plus claire, on voyait sur la partie supérieure de la croix, une face d’homme, avec un corps jusqu’à la ceinture  ; sur sa poitrine une colombe, également lumineuse, et cloué à la croix, le corps d’un autre homme. Un peu en dessous de la ceinture (de celui-ci), suspendu en l’air, on voyait un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient sur les joues du Crucifié et d’une blessure à la poitrine. Coulant sur l’Hostie, ces gouttes tombaient dans le Calice. 

Sous le bras droit de la Croix se trouvait Notre-Dame avec son cœur Immaculé dans la main… C’était Notre-Dame de Fatima avec son Cœur Immaculé,… dans la main gauche… sans épée ni roses, mais avec une couronne d’épines et des flammes… 

Sous le bras gauche [de la Croix], de grandes lettres, comme d’une eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l’autel, formaient ces mots  : “ Grâce et Miséricorde ”. Je compris que m’était montré le mystère de la très Sainte Trinité, et je reçus sur ce mystère des lumières qu’il ne m’est pas permis de révéler.

La vision de la Trinité à Tuy

«  Ensuite, Notre-Dame me dit  : “ Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. ”«  Je rendis compte de cela à mon confesseur, qui m’ordonna d’écrire ce que Notre-Seigneur voulait que l’on fasse.  »

Dans les deux lettres qu’elle adressa en mai 1930 au P. Gonçalves, son confesseur, la voyante exprima les demandes du Ciel en unissant étroitement la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis à la consécration de la Russie   : «  Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et de Marie, et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice indiquée ci-dessus.  »

  Hélas, c’était peine perdue… aucun pape ne fera rien ! Voilà pourquoi, plus tard (en août 1931), le Seigneur se plaignant, dit : »Ils n’ont pas voulu écouter ma demande. Comme le roi de France, ils s’en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard !La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ».(révélation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sœur Lucie, en août 1931, lors d’un séjour de convalescence à Rianjo, une petite ville proche de Pontevedra).

Pourquoi Notre Seigneur fait-il référence au roi de France ? Tout simplement parce qu’en 1689, Jésus-Christ se révéla à sainte Marguerite-Marie en ces termes : »Fait savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur (donc, au roi Louis XIV) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon Cœur adorable.

Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Église. Mon Père veut se servir du roi pour l’exécution de Son dessein, qui est la construction d’un édifice public où serait placé le tableau de mon Cœur pour y recevoir les hommages de toute la France ».Notre Seigneur promettait donc à la France, Sa « fille aînée, comme Il l’appelait, sa toute puissante protection moyennant trois choses :

  1. – Mettre Son Sacré Cœur sur les armes du roi et les étendards de la France ;
  2. – Lui élever une Église nationale ;
  3. – Que dans cette Église la France Lui soit solennellement consacrée par son souverain.