Une personnalité forte
J’avoue que la personnalité de Marie m’a beaucoup étonné et finalement séduit ! Je croyais entendre, et voir, une sorte de « super religieuse » aux accents sérieux et sages et à la langue mesurée, une « notre Dame de Lourdes » plus imposante et plus bavarde ; et je découvre une personnalité forte, qui ne mâche pas ses mots, dit ce qu’elle a à dire, tout en restant éminemment sensible et tendre ; bref, qui parle en patronne de l’Eglise ; exit la petite Marie de Nazareth. Beaucoup plus tard, à Nevers, sainte Bernadette Soubirous dira à Sœur Émilienne : « La Sainte Vierge aime à se faire prier ! Ce n’est qu’à la 18e (sic, pour 16e) fois, qu’Elle m’a dit son nom ! » Et ça c’est une vraie découverte pour moi.
Une prophétesse moderne
De plus, je découvre une « femme » moderne et pragmatique, tout à fait au courant des vicissitudes de ce monde, nous faisant complètement oublier qu’elle est née il y a plus de 2000 ans dans une petite bourgade de Galilée occupée par les romains ! Marie nous rejoint dans notre temps humain et nous rappelle l’urgence de rester fidèles à une Vérité qui, elle, ne passe pas ! De toutes les Apparitions, j’avoue que celle d’Amsterdam m’a littéralement scotché. Les messages qu’elle nous transmet sont si denses, si documentés, et ses prédictions si justes, qu’on ne peut qu’être séduits.
Une avocate simple, puissante et pragmatique
Quant à l’image d’elle même qu’elle demande à Ida Peerdeman à Amsterdam, je la trouve étonnamment juste, bien loin de nos reproductions et projections : une femme qui ressemble à une jeune fille juive, mais qui en mettant le monde sous ses pieds nus, nous laisse deviner la puissance qu’elle a reçue du Seigneur ; le dos appuyé à la croix du Fils et ses jolies mains ouvertes et dirigées vers le monde, projetant des rayons de grâces, elle semble dire aux moutons blancs et noirs que nous sommes et qui paissent en bas du tableau :
« Adressez moi vos prières et je les ferai passer au Fils qui les exaucera rapidement, car il se laisse toucher », selon la formule employée devant les enfants de Pontmain. Enfin, le pragmatisme de la Vierge est étonnant ! La Vierge est une personne très concrète : comme à Amsterdam, la Vierge montre à Gladys les plans du sanctuaire qu’elle souhaite voir édifier. Pour toutes ces raisons, bravo Marie. Je vous suis !
La Vierge est une personne très souriante
Marie sourit beaucoup : à Banneux, on notera cette phrase des voyantes : « La Vierge souriante, comme à l’ordinaire… ». Marie, lorsque son visage ne prend pas la tonalité de son message, parfois tragique, sourit le plus souvent et fait même preuve de gaieté : à Pontmain, lorsque monsieur le curé dit : « Chantons notre cantique à Marie » et que les paroles s’élèvent joyeuses vers le ciel, au début, la Vierge sourit, lève les mains à hauteur de ses épaules et agite les doigts au rythme du cantique ; après que son visage se soit teinté de tristesse et même de douleur, alors que le crucifix rouge disparaît, la Vierge reprend l’attitude du début. Le sourire, un sourire plus grave, revient sur ses lèvres.
La Vierge est une vierge de tendresse.

Catherine appuie ses mains sur les genoux de la Vierge
Une des attitudes les plus touchantes de la Vierge est celle qu’elle aura avec Catherine Labouré, lors de l’apparition de la rue du Bac à Paris, le 18 Juillet 1830, où Marie s’assied dans le fauteuil de l’aumônier qui se trouve dans la chapelle des sœurs et permet à Catherine, pendant deux heures, de joindre ses mains sur ses genoux et lui parle comme une mère à son enfant.
A l’Île Bouchard, la Vierge baisse le bras vers les enfants : « Donnez-moi votre main à embrasser ». Laura et Jeannette sont trop petites. Jacqueline les soulève sans aucun effort. Les quatre enfants ont senti le doux contact et la tiédeur des lèvres de Notre-Dame.
A Kibeho, la vierge dit à Alphonsine : «Il ne faut pas avoir peur de sa maman». Une autre fois, Alphonsine explique qu’elle entendit une voix qui l’appelait avec tendresse en disant : « Mwana » (enfant).
Les postures de la Vierge explicitent son rôle.
Et d’abord celui d’être « l’aube du Salut », comme le chante le merveilleux cantique « Couronnée d’étoiles* ».
Posture de Combattante de Satan : le 27 Novembre 1830, Catherine Labouré l’aperçoit, debout, les pieds posés sur un globe terrestre, où s’agite un serpent de couleur verdâtre. La Vierge avait le pied posé sur la bête immonde, symbole de son combat contre Satan.
Posture de médiatrice : rue du bac, elle tenait entre ses mains un globe plus petit surmonté d’une croix d’or. « Cette boule que vous voyez représente le monde entier » lui dit la Vierge, « la France particulièrement et chaque personne en particulier. » Elle l’offrait à Dieu d’un geste suppliant, symbole de sa médiation universelle. » Le rôle de Marie dispensatrice de grâces est souvent souligné dans les attitudes de la Vierge ; Catherine Labouré raconte : « Tout à coup les doigts de ses mains se remplissent d’anneaux porteurs de diamants qui jettent des rayons de tous côtés, symbole des grâces que Marie nous dispense.. A Catherine Labouré qui lui demande pourquoi certains des anneaux qu’elle porte aux doigts n’émettent pas de rayons, La Vierge répond : « Ce sont les grâces que l’on oublie de me demander. »
Posture d’accueil maternel, de soutien et réconfort : bras tendus bas, mains grandes ouvertes vers l’extérieur, constituent une des postures que la Vierge affectionne. C’est cette attitude que reproduira la Vierge, à Lourdes, au jour de la grande apparition (25 mars 1858) ; c’est celle que Marie prendra encore, durant l’apparition de Pontmain (17 janvier 1871), au témoignage réitéré de Joseph Barbedette. Enfin c’est cette attitude que la Vierge demandera à Ida Peerdeman de reproduire dans l’image d’elle même qu’elle lui a commandée.
* Couronnée d’étoiles
Nous te saluons, ô toi Notre Dame
Marie Vierge Sainte que drape le soleil
Couronnée d’étoiles, la lune est sous tes pas.
En toi nous est donnée, l’aurore du salut
La Vierge Marie est une femme sensible, aidante et pédagogue
La peine et la tristesse, soulignées parfois par ses pleurs, sont des sentiments courants que nous montre la Vierge.
Evoquant les futurs évènements tragiques et le sang qui coulera dans les rues de Paris – siège de Paris par les Prussiens et commune de Paris en 1870/71- note sœur Catherine Labouré, la Vierge ne pouvait plus parler, la peine était peinte sur son visage.
A Pontmain, les enfants, joyeux jusque là, deviennent subitement tout tristes : c’est que la Vierge, elle aussi, est devenue toute triste. Elle ne pleure pas, mais un frémissement au coin des lèvres marque l’intensité de sa douleur devant la croix d’un rouge vif apparue devant elle, nous signifiant que le temps n’a pas amoindri la vive douleur que lui a causée la mort de son fils crucifié.
A La Salette, Mélanie raconte : « À ce moment, la clarté mystérieuse s’entrouvrit et une « belle Dame » apparut, assise sur les pierres superposées, dans l’attitude d’une inconsolable affliction, la tête dans ses mains et les coudes sur ses genoux… ; Maximin avait deviné, à l’accent désolé de la voix, qu’il s’agissait d’une âme affligée, « d’une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise ! » Mélanie vit aussi des larmes qui tombaient des yeux de la Sainte Vierge pour s’évanouir dans la lumière « comme des étincelles de feu ». .
Toujours au registre de la sensibilité, La vierge a une relation intime avec les voyantes et voyants.
A l’Île Bouchard, en faisant baiser la croix et le chapelet, en se laissant baiser la main, en baisant elle-même la main des enfants, Marie montre son côté simple et sensible, maternel et chaleureux.
En demandant des nouvelles de la construction de la grotte, la Vierge fait aussi certainement d’humour car elle sait que le temps écoulé est trop court et que son apparition fait encore débat.
A Fatima, elle leur parle de leur destinée et, presque à chaque fois, leur révèle un secret « rien que pour eux » et qu’ils ont ordre de garder ! C’est elle aussi qui leur conseille de ne pas s’imposer de trop lourdes mortifications et accompagne le petit Francisco Marto, agonisant..
Presque toujours, Marie promet son aide aux voyantes et voyants en appui de la mission qu’elle leur a confiés. A Champion, la Vierge dit à Adèle Brise : « Vas et ne crains rien. Je t’aiderai ! » Elle nous rappelle la phrase de Jésus disant à ses Apôtres avant de partir vers son Père : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
Femme sensible, Marie est « mère » avec la plénitude que ce terme implique.
Elle est attentive à tous et d’abord aux plus pauvres. A Tepeyac, ne nous dit-elle pas : « je suis votre mère aimante et miséricordieuse attentive à vos peines. Je veux que soit construite une église pour vous montrer mon amour. »
A Champion, Pontmain, Banneux, L’île Bouchard, Betania : Marie se veut mère protectrice et encore plus de ceux qui souffrent. A Champion, elle est mère aidante. A Banneux, Marie se déclare « Vierge des Pauvres. » A San Nicolas de los Arroyos, Marie souhaite que personne ne soit condamné. Mère attentive, elle l’est à Pontmain, vis à vis de la « fille aînée de l’Eglise ».
Mais Marie a besoin de notre amour et de notre confiance
A Beauraing, la Vierge réclame qu’on l’aime et même qu’on se sacrifie pour elle, parce qu’elle fait « Un » avec son Fils. ( cf co-rédemptrice). A Banneux, Marie demande « qu’on croit en Elle. »
La Vierge n’a pas toujours besoin de paroles pour s’exprimer
A Lourdes, lors de la quatorzième apparition, Bernadette Soubirous, qui s’est rendue dès 7 h le matin à la grotte, n’a pas droit à une apparition, mais entend « l’invitation intérieure de la Dame », après l’école.
Elle peut également se servir de « banderoles où s’inscrivent ses messages », comme à Pontmain, ou sur la médaille miraculeuse, ou bien à Amsterdam…..
La Vierge, sauf dans quelques apparitions privées, est très avare de mots. Outre le fait qu’elle est muette dans un certain nombre d’apparitions, à Lourdes elle ne parle qu’à la troisième apparition et il faut attendre la seizième apparition pour que la vision révèle enfin son nom.
La Vierge prie, fait prier et distribue même des formules de prière
Marie demande assez souvent aux voyants de prier à l’aide de formules de prière qu’elle leur communique.
A Lourdes, elle fait le signe de croix et récite le chapelet avec Bernadette ; à la cinquième apparition, la Dame a appris une prière personnelle à Bernadette.
Rue du Bac à Paris, les yeux de la vierge, tantôt élevés vers le ciel, tantôt baissés, sont le symbole de sa piété et du recours à Dieu ; c’est de voir Marie implorer la Miséricorde divine qui a le plus ravi Catherine Labouré : « Ses traits étaient alors empreints d’une gravité mêlée de tristesse qui disparaissait lorsque le visage s’illuminait, surtout à l’instant de sa prière. »
Lors de l’apparition de l’Île Bouchard, la Dame fait glisser les grains blancs du chapelet, mais on n’entend pas sa voix. Elle invite les voyantes à embrasser la croix de son chapelet et à chanter le « Je vous salue Marie ». Le 12 Décembre, elle leur fait chanter et rechanter le « Je vous salue Marie », de manière lente et douce, leur fait baiser sa main. Puis, elle fait réciter une dizaine, les bras en croix, par toute la foule et bénit l’assistance d’un grand signe de croix.
La Vierge utilise une gestuelle empruntée à Jésus
A Champion, elle utilise ses bras et ses mains en signe de bénédiction ; Adèle raconte : « Juste avant de partir, Notre Dame éleva les mains comme pour implorer une bénédiction sur les personnes présentes et disparut lentement. »
A Banneux, la Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l’enfant ; une autre fois encore, avant de la quitter, elle lui impose les mains.
A Pontmain, alors qu’est apparu sur une croix, Jésus, d’un rouge plus foncé, la Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants.
A Giertzwald, le 8 septembre 1877, la Vierge bénit une source où les pèlerins vont depuis se procurer de l’eau pour les personnes souffrantes.
La gestuelle de la Vierge accompagne aussi des phénomènes;
A Fatima, la vierge utilise ses mains ouvertes pour « engloutir » de lumière les 3 voyants, pénétrant en eux par la poitrine jusqu’au plus intime de leur âme ; elle s’en sert aussi pour pénétrer le centre de la terre pour y découvrir l’enfer. Elle s’en sert enfin pour déclencher le miracle du soleil tournoyant : « Ouvrant alors les mains, elle les fit se refléter dans le soleil, puis, pendant qu’elle s’élevait, le reflet de sa propre lumière continua à se projeter dans le soleil ».
Le geste d’accueil est une constante chez Marie : la Vierge fait souvent signe d’avancer aux voyantes et voyants auxquels elle se manifeste ;
à Pontmain, Eugène Barbedette voit une « Belle Dame » qui tend les bras comme dans un geste d’accueil et qui lui sourit.
A Beauraing, elle se tient mains jointes et ne les écarte que lorsqu’elle disparaît, comme pour dire « venez à moi. »
A Banneux, la Dame tend les mains à Mariette Beco et lui fait signe de la suivre. (Comme Jésus le fit avec Zachée l’invitant à descendre de son arbre).
La Vierge disparait chaque fois en écartant les bras.
A Betania, Marie dit : « Il y a quelques secondes, vous m’avez vue monter au ciel, les bras ouverts, sous une pluie de roses rouges, représentant le cœur de mon divin fils. » (15/8 /89).
A l’Île Bouchard, Notre-Dame bénit l’assistance d’un grand signe de croix.
Comme Jésus, lors de l’Ascension, à Gietrzwald et Fatima, Marie manifeste son départ en s’élevant en direction du levant, « jusqu’à disparaître dans l’immensité du firmament. »
Comme son fils Jésus, Marie est une bonne pédagogue et adapte ses messages
La Vierge, selon les apparitions, s’adapte à la sensibilité religieuse de l’époque ainsi qu’à la « capacité des voyants à recevoir ses messages » ; d’où des niveaux de complexité très différents entre les messages.
A San Nicolas de Los Arroyos, la Vierge dit : « Ma fille, il faut lire lentement mes messages pour les assimiler comme je le veux !»
Surtout, la Vierge refuse toujours de céder aux sollicitations de miracles qui lui sont formulés. A lourdes, le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurira pas….malgré les demandes réitérées de Bernadette, poussée par le curé du lieu.
A l’Île Bouchard, à propos des fleurs que lui tendent les enfants : « Je les embrasserai, mais je ne veux pas les prendre. Vous les emporterez. »

