Bosnie Herzégovine 1981 Notre Dame de Medjugorje. Enquête en cours pèlerinages autorisés à partir de Mai 2019

I – Généralités

Pays de l’apparition

Bosnie Herzégovine

Site 

Vue générale de Medjugorje
Par CJ — Bosnia and Herzegovina Apr-26-2012 173Uploaded by Smooth_O, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24911020

Međugorje ou Medjugorje est une paroisse catholique de la municipalité de Čitluk en Bosnie-Herzégovine

Désignation  

Notre Dame de Medjugorje

Contexte historique

L’histoire des apparitions a commencé en 1981. À l’époque, la Yougoslavie était encore sous régime communiste athée, et Međugorjen’était que la réunion de quelques hameaux qui vivaient essentiellement du tabac, de la vigne et de l’élevage.

II – Le ou les voyants (es) 

Les 6 voyants de Medjugorje, enfants
Les voyants, aujourd’hui
Mirjana Dragićević (aujourd’hui épouse Soldo)

Mirjana est née en 1965. En 1981, elle vit chez ses parents, à Sarajevo. Ce sont des catholiques pratiquants. Mirjana est en 2e année du secondaire et c’est une bonne élève. Dans sa classe, à peine quatre ou cinq élèves sont catholiques. Sarajevo est un milieu multiethnique et la majorité des jeunes ne prient pas. À cette époque, le régime communiste enseigne l’athéisme dans les écoles. Les croyants sont souvent exposés au mépris. Mirjana vit en retrait, ne s’expose pas. Elle passe ses vacances d’été à Medjugorje, chez sa grand-mère. Le premier jour des apparitions, Mirjana est en compagnie d’Ivanka.

C’est Ivanka qui voit la Vierge la première. Mirjana, une fille de la ville, ne croit pas avant de voir : « Mais quelle Gospa ? », s’exclame-t-elle. Mais dès qu’elle tourne son regard vers la colline, elle est convaincue. Et son émotion est intense ! Au début, Mirjana est très sensible à tout ce qu’on dit des voyants, ouvertement ou dans leur dos, concernant les rumeurs de maladie mentale ou de consommation de drogues. Les plus grands soupçons pèsent sur elle, car elle vient de Sarajevo : même les franciscains pensent qu’il faut l’éloigner, car elle aurait peut-être apporté de la drogue.

Mais bien vite, la certitude de voir la Vierge libère totalement Mirjana et lui permet de faire face à ces fausses accusations. Ses parents sont inquiets et ont peur pour elle. Aurait-elle perdu la raison ? Ils veulent la ramener à Sarajevo avec eux, mais elle ne se laisse pas faire : à Medjugorje, quelque chose d’irrésistible la retient sur place.

Plus que les autres voyants, Mirjana a été soumise à des interrogatoires par les franciscains : cinq entretiens en tout. Les apparitions quotidiennes ont cessé pour elle le 25 décembre 1982. La Vierge lui a alors promis qu’elle lui apparaîtrait une fois l’an, le jour de son anniversaire de naissance, le 18 mars. Par ailleurs, chaque deux du mois, depuis 1987, Mirjana prie avec la Vierge pour les incroyants, c’est-à-dire pour tous ceux qui n’ont pas encore rencontré l’Amour de Dieu. Depuis qu’elle est mariée, elle vit à Bijakovići, dans la paroisse de Medjugorje. Elle est mère de deux enfants. Parfois elle accepte des rencontres avec les pèlerins.

Ivanka Ivanković (aujourd’hui épouse Elez)

Ivanka est née en 1966, à Bijakovići. Elle étudie à Mostar où elle va à la messe tous les dimanches, prie régulièrement et fréquente le catéchisme. L’enseignement de la catéchèse qui se donne dans la paroisse franciscaine de Mostar est accompagné parfois du visionnement de films à caractère religieux, mais on ne parle pas d’apparitions. Ivanka entendra parler de Lourdes après avoir vu la Vierge. Au début des apparitions, Ivanka est en deuil de sa maman, décédée quelques mois plus tôt. Selon les dires d’Ivanka, la Vierge apparaît chaque soir : « Je vous dis que je l’ai vue. Peu importe qu’ils croient ou ne croient pas […] Mon père, c’est comme lorsque je vous parle face à face. » (28 juin 1981, en soirée) Ivanka ne sait pas pour quelle raison précise la Vierge lui apparaît à elle, mais elle est certaine qu’elle voit la Vierge Marie.

Si c’était Satan, il fuirait la prière et l’eau bénite, pense Ivanka. Le 29 juin 1981, les voyants sont emmenés à Mostar, au service psychiatrique du Docteur Dzudza. On menace de les interner dans un asile et de les séparer les uns des autres s’ils se rendent une fois de plus à la colline. Ivanka a très peur de l’hôpital, car cela lui rappelle sa maman si malade avant de mourir. À cause de cette peur de l’hôpital, elle promet au Père Zrinko Čuvalo qu’elle n’ira plus à la colline. « Mais l’heure venue, vers 17 h 30, je sentais que je devais y aller. Tout m’attirait là-haut. Je devais y aller. » (30 juin 1981) « Je ne regretterais même pas qu’on me tue parce que je vois Gospa. »(28 juin 1981) Ivanka parle de manière simple, convaincante et claire.

Elle ne se laisse confondre par rien ni personne. Peu importe si elle n’a pas de réponse à toutes les questions qu’on lui pose, peu importe ce qu’on peut penser d’elle : le fait de voir la Vierge la rend heureuse et l’incite à s’approcher plus souvent des sacrements. Elle a connu des apparitions quotidiennes jusqu’au 7 mai 1985. Depuis lors, elle a une rencontre avec la Vierge le jour de l’anniversaire des apparitions, soit le 25 juin de chaque année. Ivanka Ivanković Elez est mère de trois enfants. Elle vit dans le hameau Miletina, paroisse de Medjugorje. Son mari et elle ont une pension pour accueillir les pèlerins. Elle y travaille discrètement en tant que maîtresse de maison.

Jakov Čolo

Né en 1971. Il a dix ans à l’époque des événements et vit avec sa mère. Il vient de terminer sa quatrième annéeélémentaire. Jakov est le plus jeune du groupe des voyants dont l’âge varie entre 10 et 16 ansIl a eu des apparitions quotidiennes du 25.6.1981 au 12.9.1998.Le premier jour de l’apparition, Jakov n’est pas là. Le deuxième jour, il se trouve chez Marija ; il la suit au moment où, répondant à l’invitation de Vicka, elle se rend à la colline où la Vierge apparaît.

À travers les pierres et les buissons épineux, Jakov gravit la pente à une vitesse incroyable. Il ne sent rien et ne porte même pas trace d’une égratignure. Ce sera pour lui un signe étonnant. Jakov est particulièrement heureux de voir la Vierge : « Maintenant je dis, je l’ai dit : maintenant que j’ai vu Gospa, je ne regretterais pas de mourir. » (27 juin 1981) Il est émerveillé par la beauté de la Vierge: « Comme elle est belle ! » Et par sa voix: « Elle parle comme si elle chantait. » Jakov n’a aucun doute : il voit la Vierge. Il est prêt à mourir pour en témoigner.

« Maman, j’irai [à la colline] même si tu me tues. Tu peux me tuer j’irai de nouveau. » (27 juin 1981) Du 25 juin 1981 au 12 septembre 1998, Jakov confirme avoir eu des apparitions quotidiennes. Depuis, il a une rencontre annuelle avec la Sainte Vierge, à Noël. Marié et père de trois enfants, il vit à Bijakovići, paroisse de Medjugorje. Jakov prend soin de sa jeune famille et considère que dans le mariage aussi, on peut se consacrer à Dieu.

Il rencontre occasionnellement les pèlerins. « C’est moi qui avais le moins espéré que la Vierge puisse m’apparaître, a-t-il déclaré ; on me voyait à peine, mais moi je la voyais. » Il dira plus tard que la Vierge a remplacé son père et sa mère, décédés alors qu’il était encore jeune.

Yakov Colo
Ivan Dragićević

Né en 1965, il a seize ans au début des apparitions. En cet après-midi du 24 juin 1981, il va chercher des pommes après avoir joué au football avec son copain, Ivan Ivanković. Sur le chemin du retour, ils rencontrent quelques filles du village qui leur disent voir la Vierge. Après l’avoir aperçue lui aussi, il court, apeuré, à la maison. Mais l’apparition qu’il a entrevue rapidement sur la colline de Crnica l’attire et le poursuit dans ses pensées durant toute la nuit, jusqu’au lendemain.

Ivan est un garçon solitaire. Il ne parle pas beaucoup, ne se dévoile pas. Il a de la difficulté à exprimer ses sentiments et sa conversation est entrecoupée de silences. Il ne répond pas à toutes les questions, mais affirme sans réserve ce qu’il voit. La sobriété de ses paroles n’amoindrit pas la force de son expérience.

Quoique craintif et timide, Ivan est inébranlable dans son témoignage de la vision. Dans la famille Dragićević, tous les jours on récite les prières. Depuis qu’il voit la Vierge, Ivan a pris davantage conscience de sa foi. Ivan est fasciné par la beauté de la Vierge : « Je la regarderais seulement. » (28 juin 1981, en soirée) Il est aujourd’hui marié et père de quatre enfants. Ivan affirme voir la Vierge tous les jours.

Craintif et réservé au début, il a acquis de l’assurance et de la confiance en lui ; il est devenu un véritable ambassadeur de la Vierge à travers le monde. Il est particulièrement préoccupé par le problème des jeunes et, en conséquence, par la problématique familiale. Avec son groupe de prière, il continue de prier aux intentions de la Vierge. Il vit six mois à Medjugorje et six autres à Boston.

Yvan Dragicevic
Vicka Ivanković (aujourd’hui épouse Mijatović)

Vicka est l’aînée des voyants. Née en 1964, elle vient d’une famille nombreuse et pauvre. Comme la majorité des pères de famille du village à cette époque-là, le sien travaille en Allemagne. Vicka est en première année de technique du textile à Mostar. Cet été 1981, elle suit un cours de rattrapage en mathématiques. En la fête de saint Jean-Baptiste, le 24 juin, Vicka convient avec Mirjana et Ivanka d’aller en promenade.

Mais Vicka est en retard au rendez-vous. En effet, au retour de son examen à Mostar, par cette chaude journée d’été, elle souhaite se reposer un peu. Quelques heures plus tard, courant à la rencontre de ses amies, une surprise l’attend et elle entrera, elle aussi, sur la scène de l’événement.

Après le premier choc et la peur de l’inconnu, Vicka deviendra et restera un audacieux témoin de ce qu’elle a vu. Sa voix énergique se fait valoir dans le groupe d’enfants. Sûre d’elle, elle va déclarer : « Nous savons ce que nous disons. Nous sommes plus que certains. » (30 juin 1981, en matinée) Un désir irrésistible l’attire à la colline ; elle n’a peur de rien: « Si quelqu’un me dit qu’il va me tuer, je la [Gospa] regarderais encore.

Que j’aille en prison, nous irons tous. » (28 juin 1981, en matinée) Seule la Vierge retient toute son attention et Vicka développe avec elle une fidèle amitié de joie et de croix à long terme. Elle affirme toujours avoir des apparitions quotidiennes. Elle est mariée et mère de deux enfants. Vicka aime parler aux pèlerins afin de transmettre au plus grand nombre les messages de Marie.

Vicka Ivankovic
Marija Pavlović (aujourd’hui épouse Lunetti)

Née en 1965. En 1981, Marija va sur ses seize ans. Elle est en première année de coiffure pour hommes, à Mostar. Elle suit un cours de récupération dans une des matières académiques. Marija vient d’une famille nombreuse et pauvre. Le père et les frères aînés travaillent en Allemagne. Marija manque rarement sa messe du dimanche à Mostar et son catéchisme. À la maison, il lui arrive de remplacer sa maman dans les travaux ménagers. Elle considère que le travail bien fait et offert à Dieu est aussi une prière. Elle aime la lecture pieuse. Pendant les vacances d’été, Marija rencontre souvent Vicka, Ivanka et Mirjana. Mais le 24 juin 1981, elle n’était pas avec elles en promenade.

C’est sa sœur Milka qui, en allant chercher les moutons en dehors du village, à l’endroit nommé Podbrdo, (au pied de la colline) rencontrera Ivanka et Mirjana. Son regard, ce jour-là, s’arrêtera sur l’apparition lumineuse à la colline, et l’image qu’elle verra, pour la première et la dernière fois, restera gravée dans sa mémoire. Le lendemain, à la place de Milka, sa sœur Marija se joindra au groupe d’enfants. Le premier soir, Marija a de la difficulté à croire que ses amies et sa sœur ont vu la Vierge. Mais le deuxième jour, dès que la Vierge réapparaît et que Vicka accourt la chercher, elle partira en courant à la colline, comme portée par le vent. Marija ne peut décrire ce qu’elle ressent en regardant la Vierge. Les mots lui manquent.

Ce qu’elle voit et ce qu’elle vit n’est comparable à rien d’ici-bas. Le troisième jour, Marija a une apparition alors qu’elle est seule. En descendant la colline, la Vierge lui apparaît avec au-dessus d’elle, une grande croix. Cette croix est grise, de la même couleur que la robe de la Vierge. La Vierge lui adresse alors un important message de paix et de réconciliation. Le vingt-cinq de chaque mois, Marija transmet le message de la Vierge destiné à la paroisse et au monde. Marija est mariée et mère de quatre garçons. Elle vit en Italie, mais se rend souvent à Medjugorje. Où qu’elle se trouve, Marija prie avec les pèlerins ou dans des groupes de prière, aux intentions de la Vierge.

Marija Pavlovic

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Depuis le 24 juin 1981

Nombre et durée des apparitions

Marie de Nazareth y apparaîtrait à six Croates d’Herzégovine depuis le 24 juin 1981. Elle n’est pas toujours apparue au même endroit, ni au même groupe, ni aux mêmes personnes et ses venues n’ont pas toujours correspondu à une durée précise. Parfois les apparitions ont duré deux minutes, parfois une heure.

Nature de l’Apparition (privée ou publique)

Selon le site de Medjugorje,la Sainte Vierge n’est jamais apparue selon la volonté des voyants. Parfois ils priaient et attendaient mais la Sainte Vierge n’apparaissait pas tout de suite. Et parfois elle apparaissait à l’un et pas aux autres. Si elle n’avait pas promis une heure de rendez-vous, personne ne savait quand elle apparaitrait, ni même si elle apparaitrait. Elle n’apparaissait pas non plus toujours uniquement aux voyants déjà mentionnés, mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents

Emplacement des apparitions

Du 24 au 29 juin 1981, les apparitions ont lieu sur le Mont Crnica..Par la suite, le lieu des apparitions sera variable, tantôt à peu près à mi-chemin du lieu des apparitions, tantôt à l’église, tantôt dans une pièce attenante à la sacristie et enfin à partir de mars 1985 au presbytère, l’évêque de Mostar ayant interdit toute apparition dans les lieux attenants à l’église. Par la suite, le lieu des apparitions va grandement se diversifier, les voyants affirmant avoir désormais des apparitions individuelles (quotidiennes pour certains, mensuelles ou annuelles pour d’autres). Ces apparitions se produiraient à l’endroit où se trouvent les voyants.Le curé de la paroisse lui-même, tandis qu’il priait le rosaire dans son église, vit la Sainte Vierge.

Récit 

L’histoire des apparitions a commencé en 1981. À l’époque, la Yougoslavie était encore sous régime communiste athée, et Međugorjen’était que la réunion de quelques hameaux qui vivaient essentiellement du tabac, de la vigne et de l’élevage. Un désaccord subsiste sur le récit des premiers jours du phénomène. Selon le Dictionnaire des « apparitions » de la Vierge Marie (ouvrage collectif réalisé sous la direction de René Laurentin et Patrick Sbalchiero), le mercredi 24 juin 1981, Ivanka Ivanković (née le 21 juin 1966), Mirjana Dragićević (née le 18 mars 1965), Vicka Ivanković (née le 3 septembre 1964), Milka Pavlović (née entre 1966 et 1968), Ivan Ivanković (né entre 1960 et 1962) et Ivan Dragićević (né le 25 mai 1965), partis sur la route de Bijakovici à Cilici, déclarèrent avoir aperçu sur la colline de Podbrdo une « silhouette lumineuse ».

Le lendemain, reviennent Ivanka, Mirjana, Vicka avec Jakov Čolo (né le 6 mars 1971) et Marija Pavlović (née le 1er avril 1965, sœur de Milka). Ils escaladent la colline et convergent avec Ivan Dragićević, venu par un autre chemin. Le groupe des six voyants est ainsi définitivement constitué. Or, d’autres sources provenant principalement des dix-sept interrogatoires des visionnaires enregistrés les 27, 28, 29 et 30 juin 1981 contredisent certains points. Ainsi, Ivan Ivanković a lui-même déclaré le 18 mai 1986 qu’il n’avait jamais vu la Vierge : 

« Lorsque le père Milan Mikulic […] eut demandé à Ivan s’il avait vu la Gospa le 24 juin 1981, ce dernier lui répondit : « Je vous ai dit hier que je ne l’avais jamais vue ! » ». De même, Ivan Dragicevic ne dit pas dans ses premières déclarations qu’il a vu la Vierge portant un enfant mais simplement : « une lumière ». Il n’était pas non plus présent le deuxième jour : « Le premier soir j’étais avec elles. Le deuxième soir, je n’y étais pas. » et « Le deuxième soir, je n’y suis pas allé. Je travaillais aux champs, je ramassais les feuilles de tabac. »

Après avoir entendu le récit, et d’abord suspicieux, le père Jozo Zovko, curé de la paroisse, croira relativement vite à l’authenticité de ces apparitions. Dans le contexte politique de l’époque, cette histoire n’est pas prise à la légère par le pouvoir communiste. Le Père Jozo est arrêté et condamné à trois ans de prison. Il est relâché un an et demi après. Mais, très vite, des pèlerins commencent à affluer du monde entier.

Des scientifiques (comme le cancérologue français Henri Joyeux) et des théologiens (comme le Père René Laurentin, spécialiste en mariologie) s’intéressent au phénomène et finalement le pouvoir relâche la pression. La paroisse de Međugorje est à la charge pastorale des franciscains, historiquement influents dans cette région (l’Herzégovine).

Le récit selon le site web de Medjugorje

Le premier jour
Ils virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras.

Ce jour-là, vers 18h00, sur la colline de Crnica, connue sous le nom de Podbrdo, les enfants – Ivanka Ivanković, Mirjana Dragićević, Vicka Ivanković, Ivan Dragićević, Ivan Ivanković et Milka Pavlović – virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras. Elle ne leur dit rien mais leur indiqua par gestes qu’ils devaient s’approcher. Surpris, effrayés, ils eurent peur de s’approcher, même s’ils pensèrent immédiatement que c’était la Vierge.

Croix bleue plantée sur la colline de Podbrdo
Par gnuckx — Blue Cross Apparition Site – Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx – Podbrdo, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526404
Par gnuckx — Krizevac Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526423
Krizevac La colline qui surmonte Medjugorje. Les fidèles y montent en méditant le chemin de croix. Krizevac est devenu un lieu privilégié pour méditer la passion du Christ, le Calvaire du sanctuaire de Medjugorje.
Le deuxième jour

Le deuxième jour, le 25 Juin 1981, les enfants se donnèrent rendez-vous à l’endroit même où la Vierge était apparue, dans l’espoir de la revoir. Tout à coup, il y eu un flash de lumière. Les enfants levèrent les yeux et virent la Vierge Marie, cette fois sans l’enfant. Elle était souriante et joyeuse et incroyablement belle. D’un geste de la main, elle leur indiqua de s’approcher. Les enfants se prirent par la main et se dirigèrent vers elle. Ils tombèrent immédiatement à genoux et commencèrent alors à prier un « Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père ». La Sainte Vierge pria avec eux à l’exception du « Je vous salue Marie ».

Après la prière, elle commença à parler avec les enfants. Ivanka, la première, lui demanda des nouvelles de sa mère, décédée deux mois auparavant. Mirjana lui demanda alors si elle pouvait donner un signe pour montrer au peuple qu’ils n’étaient ni menteurs ni fous comme certaines personnes le prétendaient. La Sainte Vierge les quitta finalement en leur disant : « Dieu soit avec vous, mes chers enfants! » Avant cela, lorsque les enfants lui demandèrent s’ils la reverraient le lendemain, elle approuva d’un signe de tête. Selon les voyants la rencontre était indescriptible.

Ce jour-là, deux enfants qui formaient le groupe initial manquaient : Ivan Ivanković et Milka Pavlović. Ils furent remplacés par deux autres: Marija Pavlović et Jakov Čolo. Depuis ce jour, selon le témoignage des voyants, la Sainte Vierge leur apparait régulièrement. Milka Pavlović et Ivan Ivanković, qui étaient présents le premier jour des apparitions, ne virent plus la Vierge, même s’ils retournèrent sur le lieu des apparitions dans l’espoir de la revoir. 

Le troisième jour

Le 26 Juin 1981, les enfants impatients attendaient 18h00, heure à laquelle elle était apparue auparavant. Ils se rendirent sur le même lieu pour la rencontrer. Ils étaient très heureux, bien que leur joie fût mêlée de crainte car ils se demandaient quelle serait l’issue de tout cela. Malgré la crainte, les enfants ressentirent une force profonde les attirant à aller rencontrer la Vierge. Soudain, alors que les enfants étaient encore sur le chemin, un flash de lumière apparut à trois reprises. Pour eux et pour ceux qui les suivaient c’était un signe indiquant la venue de la Vierge.

Ce troisième jour, la Vierge apparut plus haut sur la colline que le jour précédent. Immédiatement, la Vierge disparut. Mais lorsque les enfants commencèrent à prier, elle réapparut de nouveau. Elle était joyeuse et souriait sereinement et une fois de plus sa beauté était indescriptible. Tandis qu’ils quittaient leurs maisons, quelques personnes âgées leur conseillèrent d’apporter avec eux de l’eau bénite afin de s’assurer que ce n’était pas Satan. Lorsqu’ils furent avec la Vierge, Vicka pris de l’eau et en dirigea vers l’apparition en disant : « Si tu es la Sainte Vierge, s’il te plait reste mais si tu ne l’est pas, va-t-en ! » La Sainte Vierge sourit et demeura avec les enfants.

Puis Mirjana lui demanda son nom et elle répondit : « Je suis la Bienheureuse Vierge Marie ». Le même jour, en descendant du Podbrdo, la Vierge apparut une fois de plus, cette fois uniquement à Marija en disant : « Paix, paix, paix, seulement la paix. » Derrière elle, Marija vit une croix. Après cela, la Sainte Vierge répéta, en larmes, les paroles suivantes : « La paix doit régner entre Dieu et les hommes, et entre les hommes. » L’endroit où cela s’est déroulé est à peu près à mi-chemin du lieu des apparitions. 

Le quatrième jour

Le 27 Juin 1981, la Sainte Vierge apparut trois fois aux enfants. A cette occasion les enfants posèrent toutes sortes de questions et la Sainte Vierge y répondit. Pour les prêtres, elle donna ce message : « Qu’ils soient persévérants dans la foi et qu’ils protègent la foi du peuple ! » Une fois de plus, Jakov et Mirjana demandèrent un signe car la population commençait à les accuser de mensonge et de prendre des drogues. « N’ayez peur de rien ! » répondit la Sainte Vierge. Avant de partir, lorsqu’ils lui demandèrent si elle reviendrait, elle leur répondit affirmativement.

En descendant du Podbrdo, la Sainte Vierge apparut une fois de plus pour leur dire au-revoir en disant : « Que Dieu soit avec vous, mes anges, allez dans la paix de Dieu ! »Le 28 Juin 1981, une foule importante se rassembla dès les premières heures du matin. A midi, ils étaient près de 15 000 personnes. Ce même jour, le curé de la paroisse, le P. Jozo Zovko, interrogea les enfants sur ce qu’ils avaient vu et entendu les jours précèdents. A l’heure habituelle, la Sainte Vierge apparut. Les enfants prièrent avec elle, après quoi ils lui posèrent certaines questions. Vicka, par exemple, demanda : « Chère Gospa, qu’attends-tu de nous et de nos prêtres ? » La Vierge lui répondit : « Le peuple doit prier et croire fermement ».

En ce qui concerne les prêtres, elle répondit qu’ils devaient croire fermement et aider les autres à faire de même. Ce jour-là, la Vierge disparait et réapparait à plusieurs reprises. Durant une des apparitions, les enfants lui demandèrent pourquoi elle n’apparaissait pas dans l’église afin que tous puissent la voir. Elle répondit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu! »

Le cinquième jour

Le 28 Juin 1981, une foule importante se rassembla dès les premières heures du matin. A midi, ils étaient près de 15 000 personnes. Ce même jour, le curé de la paroisse, le P. Jozo Zovko, interrogea les enfants sur ce qu’ils avaient vu et entendu les jours précèdents. A l’heure habituelle, la Sainte Vierge apparut. Les enfants prièrent avec elle, après quoi ils lui posèrent certaines questions. Bien que la foule les assaillait de questions et que ce jour fut particulièrement chaud et lourd, les voyants étaient comme au ciel.

Le sixième jour

Le 29 Juin 1981, les enfants furent emmenés à Mostar pour un examen médical et furent déclarés « en bonne santé ». La conclusion du médecin-chef fut : « Les enfants ne sont pas fous comme le pensaient les personnes qui les ont amenés ici … »La foule sur la montagne des apparitions fut plus nombreuse que jamais. Dès que les enfants arrivèrent sur place et commencèrent à prier, la Sainte Vierge apparut. A cette occasion, la Sainte Vierge les exhorta à la foi en disant : « Que le peuple croit fermement et ne craigne rien. »

Le septième jour

Le 30 Juin 1981, deux jeunes filles suggérèrent aux enfants de s’en aller en voiture pour une petite promenade. Leurs intentions réelles étaient, en fait, de les éloigner de l’endroit des apparitions et de les garder avec elles jusqu’à ce que l’heure de l’apparition soit passée. Cependant, même si les enfants étaient loin de Podbrdo, à l’heure habituelle de l’apparition, ce fut comme un appel intérieur qui les appelait à sortir de la voiture.

Dès qu’ils l’eurent fait, ils se mirent en prière, la Sainte Vierge se dirigea alors vers eux venant de Podbrdo qui se trouve environ à un kilomètre de là. Elle pria sept « Notre Père » etc. Ainsi la ruse des jeunes filles n’eut pas l’effet escompté. Peu après cela, la police commença à empêcher l’accès de la colline des apparitions, Podbrdo, aux enfants et aux pèlerins. Les enfants, puis bientôt la foule furent empêchés d’y aller. Mais la Vierge continua de leur apparaître dans des endroits secrets, chez eux ou dans les champs. Les enfants avaient acquis une certaine confiance et parlait ouvertement avec elle, attendant avec impatience ses conseils, écoutant ses avertissements et ses messages.

Les événements de Medjugorje continuèrent de cette manière jusqu’au 15 Janvier 1982. Jusqu’à cette date, le curé de la paroisse commença à accueillir les pèlerins dans l’église, leur permettant de prier le rosaire et de participer à l’Eucharistie. Les enfants participaient également au rosaire. La Sainte Vierge leur apparaissait parfois dans l’église à cette heure. Le curé de la paroisse lui-même, tandis qu’il priait le rosaire, vit la Sainte Vierge. Immédiatement, il arrêta sa prière et commença spontanément à chanter un hymne populaire « Lijepa si, lijepa Djevo Marijo » ;

« Tu es toute belle, Bienheureuse Vierge Marie ». L’église tout entière s’aperçut que quelque chose d’inhabituel se passait. Puis, il témoigna qu’il l’avait vue, lui qui, jusqu’alors, n’avait pas seulement été sceptique mais ouvertement contre les rumeurs d’apparitions, devint leur plus grand défenseur ! Il témoigna de son soutien aux apparitions jusqu’au point d’être emprisonné. 

A partir du 15 Janvier 1982, les enfants accueillirent la Sainte Vierge dans une pièce de l’église paroissiale. Le curé mit cela en place à cause de nouvelles difficultés qui surgissaient et parfois même de réels dangers qui attendaient les voyants. Auparavant, les enfants s’étaient assurés que tout cela était en accord avec les désirs de la Sainte Vierge. Vu l’interdiction de l’Evêque diocésain, d’Avril 1985, les enfants cessèrent d’utiliser l’endroit de l’église comme lieu d’apparition.

Désormais, ils se rendirent dans une pièce de la maison paroissiale. Depuis le début des apparitions jusqu’à aujourd’hui, il n’y eut que cinq jours durant lesquels aucun des enfants ne vit la Vierge. Elle n’est pas toujours apparue au même endroit, ni au même groupe, ni aux mêmes personnes et ses venues n’ont pas toujours correspondu à une durée précise. Parfois les apparitions ont duré deux minutes, parfois une heure. La Sainte Vierge n’est jamais apparue selon la volonté des voyants. Parfois ils priaient et attendaient mais la Sainte Vierge n’apparaissait pas tout de suite.

Et parfois elle apparaissait à l’un et pas aux autres. Si elle n’avait pas promis une heure de rendez-vous, personne ne savait quand elle apparaitrait, ni même si elle apparaitrait. Elle n’apparaissait pas non plus toujours uniquement aux voyants déjà mentionnés, mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents. Tout cela nous montre que les apparitions ne sont pas un produit de l’imagination. Cela ne dépend jamais de l’heure ni de l’endroit, ni du désir ou de la prière des pèlerins ou des voyants, mais bien plus de la volonté de Celui qui permet ces événements.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Ils virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras. Le lendemain, les enfants levèrent les yeux et virent la Vierge Marie, cette fois sans l’enfant. Elle était incroyablement belle. Le troisième jour, lorsque les enfants commencèrent à prier, elle réapparut de nouveauUne fois de plus sa beauté était indescriptible. 

Notre Dame de Medjugorje

Attitudes de la Vierge

Elle ne leur dit rien mais leur indiqua par gestes qu’ils devaient s’approcher. Le lendemain, la Vierge, d’un geste de la main, leur indiqua de s’approcher. La Sainte Vierge pria avec eux à l’exception du « Je vous salue Marie ». La Sainte Vierge se dirigea alors vers eux venant de Podbrdo qui se trouve environ à un kilomètre de là. Elle pria sept « Notre Père ». Derrière elle, Marija vit une croix. Après cela, la Sainte Vierge répéta, en larmes, les paroles suivantes : « La paix doit régner entre Dieu et les hommes, et entre les hommes. » Elle était souriante et joyeuse.Elle était joyeuse et souriait sereinement.

Paroles de la Vierge

« Dieu soit avec vous, mes chers enfants! » 

« Je suis la Bienheureuse Vierge Marie ». 

« Paix, paix, paix, seulement la paix. » 

« La paix doit régner entre Dieu et les hommes et entre les hommes. » 

« Qu’ils soient persévérants dans la foi et qu’ils protègent la foi du peuple.  

« N’ayez peur de rien ! » 

« Que Dieu soit avec vous, mes anges, allez dans la paix de Dieu

« Le peuple doit prier et croire fermement »

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »

« Que le peuple croit fermement et ne craigne rien. »

Messages de la Vierge  

L’essentiel du message de la Vierge est un appel à la paix. Il est vrai que le contexte s’y prête car la guerre va bientôt submerger la région. La prière figure au nombre des recommandations ainsi que l’appel à la Foi. René Laurentin fournit une longue compilation des messages qu’aurait livré la Gospa (Gospa signifie Notre-Dame en croate) entre 1981 et 1984.

Il reste toutefois difficile de se faire une idée précise de leur teneur exacte ; les messages semblant avoir fait l’objet de réécritures postérieures à leur enregistrement. En outre, dès l’été 1981 les voyants prétendent avoir des apparitions personnalisées avec des messages différents, ce qui empêche toute comparaison. Certains commentateurs notent toutefois que le contenu des révélations antérieures à 1984 révélerait des aberrations et des erreurs doctrinales qui mettent en doute leur véracité.

Bouflet note aussi qu’à plusieurs reprises, la Vierge aurait pris parti en faveur des franciscains de Medjugorje dans la querelle qui les a opposés à l’évêque de Mostar, ordinaire du lieu, fait qui ne s’est jamais produit dans une apparition reconnue par l’Église, mais qui a été constaté dans des apparitions non reconnues. Par exemple, le 16 avril 1982, Vicka écrit que la Vierge lui a répondu : 

« L’Évêque n’agit pas en cela avec Dieu, ni dans la charité, ni dans l’amour de Dieu. Qu’Ivica et Ivan ne se polarisent pas sur l’Évêque qui les charge d’un grand fardeau pour se débarrasser d’eux. Il a commencé par les plus jeunes et poursuit son plan. Je sais que c’est pour eux un rude coup. (…) Ce que fait l’Évêque n’est pas selon la volonté de Dieu à l’égard d’innocents, sans aucune faute et si blâmés, cela Dieu ne le permettrait pas. (…) ». 

Selon Joachim Bouflet, le message original de Medjugorje aurait insisté sur la réconciliation, ce qui aurait une signification très particulière, compte tenu du fait que les apparitions initiales eurent lieu à proximité d’un endroit où au cours de la Seconde Guerre mondiale plusieurs centaines personnes furent massacrées par les oustachis. Les franciscains qui se chargèrent de la « gestion » du phénomène auraient en fait escamoté cet aspect particulier du message de nature à remettre en cause la conduite d’une partie des membres de leur ordre au cours de la Seconde Guerre mondiale. 

Les messages de la Vierge selon le site de Medjugorje 

Selon le témoignage concordant des voyants, la Sainte Vierge, durant ses apparitions, a donné une série de messages à transmettre aux hommes. Bien qu’il y ait de nombreux messages, ils peuvent être regroupés en cinq thèmes, car tous les messages soulignent fondamentalement ou rejoignent ces cinq thèmes.

La Paix

Déjà le troisième jour, la Sainte Vierge mit l’accent sur la paix comme le premier de ses messages: « Paix, paix, paix, seulement la paix ! » après quoi elle ajouta à deux reprises « La paix doit régner entre Dieu et les hommes et entre les hommes ». Etant donné que Marija a pu voir une croix, lorsque la Sainte Vierge donna ce message, la conclusion évidente est que la Paix vient de Dieu. 

Dieu, qui à travers la Vierge, en Christ devint notre paix. (Ephésiens 2:14) « car c’est lui qui est notre paix au milieu de nous »… Cette paix « le monde ne peut la donner » (Jean 14:27) et c’est pour cela que le Christ a commandé à ses apôtres de la porter au monde (Matthieu 10:11) afin que tout homme puisse devenir « Fils de paix » (Luc 10:6). 

La Foi

Le second message de la Sainte Vierge est la foi. Déjà, les quatrième, cinquième et sixième jours, la Sainte Vierge exhorta les personnes présentes à avoir une foi ferme. Elle répéta ce message à plusieurs reprises. Sans foi nous ne pouvons parvenir à la paix ! Une fois de plus, personne mieux que la Sainte Vierge ne peut comprendre la nécessité et l’efficacité de la foi. C’est pourquoi elle met l’accent sur ce thème à chaque occasion et missionne les voyants d’apporter la lumière de la foi aux autres. 

La Conversion

La conversion est l’un des messages fréquents de la Sainte Vierge. Cela présuppose qu’elle a noté une fragilité ou un manque complet de foi dans notre monde d’aujourd’hui. Sans conversion il est impossible d’acquérir la paix. Pour cette raison, la Vierge suggère continuellement de recourir à la confession fréquente. L’invitation est adressée à tous sans différenciation car « personne n’est juste »…. 

La Prière

Quasi quotidiennement, depuis le cinquième jour des apparitions, la Sainte Vierge recommande la prière. Elle demande à tous de « prier sans cesse » tout comme le Christ lui-même nous l’a enseigné. (Marc 9:29, Matthieu 9:38, Luc 11: 5-13) 

Le Jeûne

Déjà le sixième jour des apparitions, la Sainte Vierge a souvent recommandé de jeûner car cela fortifie notre foi. La pratique du jeûne assure et aide au contrôle de soi-même. Seule la personne qui se contrôle elle-même est véritablement libre et capable de s’abandonner à Dieu et au prochain, comme la foi le demande. 

En résumé, on peut dire que les messages de la Sainte Vierge soulignent le fait que la paix est au dessus de tout et que la foi, la conversion, la prière et le jeûne sont les moyens qui nous permettent de l’atteindre.

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Ce jour-là, une femme médecin qui avait suivi et observé les enfants, désira toucher la Sainte Vierge pendant l’apparition. Les enfants guidèrent sa main à l’endroit où se trouvait l’épaule de la Vierge et elle ressentit un picotement. Le médecin, bien que se déclarant athée, admit après cela : « Ici se passe quelque chose d’étrange! » Le même jour un enfant, Danijel Šetka, fut miraculeusement guéri. Ses parents l’avaient amené à Medjugorje pour prier spécialement pour sa guérison. La Sainte Vierge avait promis que cela arriverait si les parents priaient et jeûnaient avec une foi ferme. L’enfant fut effectivement guéri.

Eléments conformes aux autres apparitions 

La croix aperçue derrière la Vierge comme à Amsterdam ainsi que les appels à la paix et à la prière. 

L’incroyable beauté de la Vierge

Eléments spécifiques

Le nombre des voyants et leur âge 

Le caractère individualisé des messages 

La critique de la Vierge à l’égard de l’évêque du lieu défavorable à la réalité des apparitions. 

La vie personnelle des voyants après les apparitions

Le fait qu’une tierce personne (femme médecin) puisse « toucher » l’épaule de la Vierge 

L’air « joyeux » de la Vierge 

Elle n’apparait pas uniquement aux voyants mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents.

La dissension entre les bénédictins et l’évêque de Mostar.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Le 14 mai 1988, la sous-commission médicale de la Conférence des évêques de l’ex-Yougoslavie émet la déclaration suivante : « La sous-commission médico-psychologique professionnelle pour établir le statut psychologique des « voyants » de Medjugorje, à la suite de recherches dans la documentation médicale existante à ce jour, et après des examens effectués sur les personnes suivantes : Vicka Ivankovic, Ivan Dragicevic, Mirjana Dragicevic, Marija Pavlovic, Ivanka Ivankovic, Jakov Colo, et selon des critères en usage à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, en date du 25 mars 1978, a établi ce qui suit :

1 – Toutes les personnes examinées sont psychiquement équilibrées.

2 – Il n’existe pas de maladie psychique ou inclination psychopathologique qui auraient pu influencer ce supposé événement surnaturel. Il n’existe pas non plus de psychose ni d’hystérie collective ou d’autres phénomènes de ce genre. Les membres soussignés joignent en annexe leurs propres appréciations sur les personnes examinées. »

En juin 2015, le pape François annonce avoir reçu les conclusions de l’enquête. Faisant suite à ces conclusions, il nomme Mgr Henryk Hoser au poste « d’envoyé spécial du Saint-Siège pour Medjugorje » le 11 février 2017. Sa mission, exclusivement pastorale, est « d’acquérir des connaissances plus approfondies de la situation pastorale de cette réalité, et surtout, des exigences des fidèles qui se rendent en pèlerinage, et, à partir de cela, suggérer des initiatives pastorales pour le futur ».

Mgr Hoser n’aura donc pas à traiter des apparitions mariales qui sont de la compétence de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il a clairement indiqué aux fidèles qu’il était chargé d’une enquête pastorale qui ne remet en cause ni la dévotion mariale locale ni le jugement officiel de l’Église sur les apparitions qui reste inchangé depuis la déclaration officielle des évêques de l’ex-Yougoslavie en 1991.

Le 13 mai 2017, dans l’avion qui le ramène de Fátima, le pape François évoque les travaux de la commission d’enquête internationale dont il loue le « très bon travail ». Il explique qu’il faut distinguer trois choses, à savoir d’une part les premières apparitions aux enfants sur lesquelles l’enquête doit se poursuivre, d’autre part les apparitions actuelles pour lesquelles « l’enquête émet des doutes » et enfin le « le fait spirituel et pastoral » au sujet duquel il rappelle qu’il a chargé Mgr Henryk Hoser d’enquêter et de lui remettre un rapport. Le 8 décembre 2017, le pape François a accepté la renonciation de Mgr Henryk Hoser, ayant atteint 75 ans, l’âge canonique de la retraite. Mgr Romuald Kaminski a été nommé à sa place à la tête du diocèse de Varsovie-Praga.

La position actuelle de Rome sur les apparitions à Medjugorje  

La position de Rome- dans l’attente d’une éventuelle reconnaissance de tout ou partie de ces apparitions – reste celle officiellement précisée par la réponse en date du 26 mai 1998 de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Mgr Gilbert Aubry, qui précise : « en ce qui concerne la crédulité des « apparitions » en question, le Saint Siège s’en tient simplement à ce qui a été établi par les Evêques de l’ex-Yougoslavie dans la déclaration de Zadar du 10 avril 1991 : « … sur la base des investigations jusqu’ici conduites il n’est pas possible d’affirmer qu’il s’agisse d’apparitions ou de révélations surnaturelles ».

Sanctuaire

Le sanctuaire marial de Medjugorje où la Vierge Marie apparaîtrait depuis juin 1981, attire 2,5 millions de personnes chaque année. 

Eglise saint Jacques de Medjugorje
Par gnuckx — Saint James Church (St. Jakov) Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526388
Nottre Dame de Medjugorje

Notre Dame de Rome

I – Généralités

Pays de l’apparition

Italie

Site 

L’église Sant’Andrea delle Fratte,à Rome.L’église a été reconstruite vers la fin du XVIe siècle pour l’Ordre des Minimes de saint François de Paule. Son nom provient de la proximité des arbres et des vergers du temps de sa construction. De 1653 à 1667Francesco Borromini ajouta une coupole et un impressionnant campanile à l’église. Sa façade latérale gauche donne sur le palais di Propaganda Fide, également œuvre de Borromini et du Bernin. Le peintre russe Oreste Kiprensky (1782-1836) y est enterré. Le 20 janvier 1842, lors d’une visite à Rome, Alphonse Ratisbonne eut une vision de la Vierge Marie dans cette église, ce qui le décida à se convertir au catholicisme. Le pape Jean XXIII accorde à l’église le 12 mars 1960, par la bulle Cum nobis, le titre cardinalice Sant’Andrea delle Fratte.

Désignation  

Notre-Dame de Rome

Contexte historique en 1842

Guerres et répressions ; colonisation ; le libéralisme et la condition ouvrière ; avènement de Karl Marx. 

29 août : signature du traité de Nankin, qui met fin à la première guerre de l’opium après la défaite de la Chine et ouvre le pays à l’influence étrangère. Cinq ports sont ouverts aux Européens (CantonAmoyFou-tcheouNing-poShanghai) ; Hong Kong est cédé au Royaume-Uni pour une durée de 150 ans. Les Britanniques obtiennent une indemnité de guerre de 12 millions de dollars. C’est le premier des « traités inégaux ».

27 janvier : le gouvernement septembriste est renversé au Portugal à la faveur d’un mouvement insurrectionnel parti de PortoCosta Cabral devient président du conseil et le 10 février, il restaure la Charte de 1826. Début de la dictature des frères Cabral (1842-1846) : libéralisme privilégiant les intérêts de la bourgeoisie marchande ou de la nouvelle aristocratie enrichie par l’achat des biens nationaux. 

2 mai, au Royaume-Uni : la deuxième pétition chartiste (3 millions de signatures) est rejetée. Elle dénonce les conditions de travail, les salaires misérables, la loi de 1834 sur les pauvres et le train de vie de la famille royale. De nouvelles grèves éclatent, réprimées avec énergie.

10 août : une loi, proposée par Lord Ashley, interdit le travail des femmes et des enfants de moins de dix ans dans les mines du Royaume-Uni.

3 décembre : sur ordre d’Espartero, Van Halem bombarde Barcelone. La ville se rend le 4. 300 miliciens et bourgeois sont passés par les armes. Fin de l’insurrection espagnole

1er janvier : fondation du journal de CologneRheinische Zeitung (la Gazette rhénane), de tendance démocratique. Le 15 octobreKarl Marx en devient rédacteur en chef révolutionnaire. Les autorités prussiennes font interdire le journal et poussent Marx à quitter le pays pour la France (dernier numéro le 31 mars 1843).

II – Le voyant

Alphonse Ratisbonne

1er mai 1814Strasbourg) – 6 mai 1884, (Ein Karem – Jérusalem)

Est un prêtre et missionnaire français d’origine juive dont la conversion au catholicisme fit grand bruit à l’époque. Après sa conversion, il entre dans la Compagnie de Jésus. Il seconde son frère, Théodore, lui aussi converti au catholicisme, pour développer la Congrégation de Notre-Dame de Sion. Il fonde plusieurs monastères et orphelinats. Alphonse Ratisbonne est le neuvième et dernier enfant d’Auguste Ratisbonne et de son épouse Adélaïde, d’une famille de banquiers juifs de Strasbourg. Son père est le président du consistoire d’Alsace.

Lorsque son frère aîné Théodore(1802-1884) se convertit au catholicismeet se voit écarté par la famille, Alphonse rejette toute forme de religion. Après des études de droit à Paris, Alphonse Ratisbonne entre dans la banque familiale et annonce ses fiançailles avec sa nièce, âgée de 16 ans. Celle-ci étant encore trop jeune pour le mariage, il s’éloigne quelque temps de Strasbourg et part faire un voyage d’agrément en Italie.

Alphonse Ratisbonne
Par Foto Franck Paris — Webseite past to present http://www.past-to-present.com/photos.cfm?reference=G19246, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12862248

C’est à Rome, dans la basilique Sant’Andrea delle Fratte, qu’il dit avoir eu une vision de la Vierge Marie, le 20 janvier1842 ; il décide alors de se convertir au catholicisme. Il ajoute le prénom de « Marie » à son nom de baptême. Il entre dans la Compagnie de Jésus en juin 1842. Il effectue son noviciat chez les Jésuites de Laval.

Il reçoit, dans cette église, l’ordination sacerdotale en 1848 des mains de MgrJean-Baptiste Bouvier, évêque du Mans. En 1850, il est nommé aumônier des prisonniers de Brest. Deux ans plus tard, avec l’autorisation du supérieur général des Jésuites, Jean-Philippe Roothaan, et la bénédiction du pape Pie IX, il quitte la Compagnie de Jésus pour rejoindre son frère Théodore et les « Pères de Sion » à Paris.

En 1855, il s’installe en Palestine, où il passe le reste de son existence et y emmène une partie de la communauté de Notre-Dame de Sion. Il acquiert dans la Vieille Ville de Jérusalem un terrain vague en 1857 et fait construire sur les vestiges de ruines anciennes. Il y fonde en 1858 le couvent de l’Ecce Homo pour les Sœurs de Sion, auquel il adjoint une école et un orphelinat. En 1860, il fait construire le monastère de Saint-Jean sur la colline d’Ein Karem, dans les environs de Jérusalem, avec une église et un orphelinat.

En 1874, il fonde le monastère Saint-Pierre-de-Sion, dit « monastère Ratisbonne », aujourd’hui occupé par un centre d’étude salésien, dans le quartier de Réhavia à Jérusalem. Enfin, il ouvre l’orphelinat Saint-Pierre, près de la porte de Jaffa, et une école d’apprentissage.

Le monastère saint Jean, quartier de Rehavia à Jérusalem
Par User:Ori229 — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1585145
La tombe d’Alphonse Ratisbonne à Jérusalem
Par Юкатан (talk) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4062830

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Le 20 janvier 1842

Nombre et durée des apparitions

Une seule apparition

Emplacement des apparitions

Une chapelle dans l’église Sant’Andrea delle Fratte, à Rome.

Récit 

Un jour, en 1842, un certain Alphonse Ratisbonne, juif pratiquant, se rend chez un de ses amis, qui habite Rome (Italie), et qui est un fidèle de l’Église Catholique. Douze ans avant, la Sainte Vierge-Marie était apparue à Paris (France) à la sœur Catherine Labouré (Sainte). Celle-ci lui avait confié une mission, de faire paraître une médaille à son effigie. Très vite, le médaillon passa les frontières, et c’est ainsi qu’un ami d’Alphonse Ratisbonne lui en offrit une. Celui-ci ne put refuser ce cadeau. Après plusieurs jours, le 20 janvier 1842, Alphonse accompagna son ami dans une église. Alors que ce dernier alla parler au prêtre, Alphonse visita l’édifice, puis, se mit à genoux et pria. À cet instant même, la Sainte Vierge lui apparut et le bénit. Après cet événement mystique, il se convertit et devint chrétien. 

A Rome, le Dimanche 20 janvier 2008, Benoît XVI a évoqué, avant l’angélus, l’anniversaire de l’apparition de la Vierge Marie à Rome, en l’église Saint-André delle Fratte, le 20 janvier 1842.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Alphonse raconte :« J’étais depuis un instant dans l’église lorsque tout d’un coup, je me suis senti saisi d’un trouble inexprimable ; j’ai levé les yeux, tout l’édifice avait disparu à mes regards. Une seule chapelle avait pour ainsi dire concentré la lumière et au milieu de ce rayonnement parut, debout sur l’autel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu’elle est sur ma médaille. (la médaille miraculeuse qu’un ami lui avait offert et qu’il portait au cou). 

L’apparition de la Vierge à Alphonse Ratisbonne
Par zeitgenössischer Maler — Webseite über Alphonse Ratisbonne http://www.marysource.com/articles/alphonse_ratisbonne.htm, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12862351

Attitudes de la Vierge

« La Vierge m’a fait signe, de la main, de m’agenouiller ; une force irrésistible m’a poussée vers elle ; la Vierge a semblé me dire : c’est bien ! Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout compris.»

Paroles de la Vierge

C’est une apparition « silencieuse ».  Aucune parole ne sera prononcée par la Vierge.

Messages de la Vierge  

La Vierge, en apparaissant à Rome en 1842, sous les traits de la Vierge de la médaille miraculeuse, voulait sans doute confirmer son apparition à Catherine Labouré rue du Bac à Paris en 1830, sans attendre les conclusions toujours très longues de l’enquête en cours. 

Eléments supra naturels

L’invraisemblable concours de circonstances ayant amené Alphonse Ratisbonne à visiter l’église où la Vierge lui est apparu. 

Eléments conformes aux autres apparitions 

Beaucoup de voyants, comme Alphonse, témoignent subir une force contre laquelle ils ne peuvent lutter et qui les oblige à s’agenouiller. Comme dans toutes ses apparitions, la Vierge apparaît « brillante, pleine de majesté et de douceur ». Alphonse ajoutera « grande ». Sur ce point, Bernadette Soubirous se plaindra, à plusieurs reprises, qu’on lui présentait un portrait de la Vierge avec une taille « trop grande » par rapport à ce qu’elle avait vu. Mais il n’est pas interdit à la Vierge de prendre l’apparence qu’elle souhaite et d’en changer ; en l’occurrence, à Rome, elle souhaitait sans doute ressembler à son portrait sur la médaille miraculeuse où elle figure comme une femme de grande taille.  

Eléments spécifiques

Alphonse fait partie du tout petit nombre de voyants de la Vierge, de sexe masculin, avec Francisco Marto de Fatima, les garçons Barbedette à Pont main, et Juan Diego à Tepeya au Mexique. Alphonse Ratisbonne est l’exemple unique d’une conversion d’un Juif au catholicisme provoquée par l’apparition de la Vierge. Son père est même le président du consistoire d’Alsace. L’apparition de Rome est l’illustration de la manière dont la Providence utilise les circonstances de la vie pour ramener les hommes à Dieu. Alphonse Ratisbonne oeuvrera toute sa vie et de manière très dynamique à la création de monastères, écoles et orphelinats, mais n’est pas déclaré saint ou bienheureux.

Lien avec d’autres apparitions 

Cette apparition emmena la reconnaissance officielle de la Médaille miraculeuse par l’Église Catholique. L’église, Sant’Andrea delle Fratte, située à deux pas de la place d’Espagne, et qui a reçu d’illustres visiteurs comme sainte Thérèse de Lisieux lors de son voyage à Rome et saint Maximilien Kolbe, qui y a célébré une première messe, abrite en effet une chapelle ornée d’un tableau représentant la Vierge Marie qui ressemble très fort à l’avers de la Médaille « miraculeuse » montrée par la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré, en 1830 à Paris ! 

Chapelle, à l’intérieur de la basilique, représentant la Vierge de la médaille miraculeuse

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Le 3 juin 1842, l’Église Catholique reconnaît officiellement l’Apparition de Notre-Dame de Rome. Aujourd’hui, on célèbre la mémoire de Notre-Dame de Rome tous les 20 janvier, jour de l’apparition.

Sanctuaire

La basilique Sant’Andrea delle Fratte
Par LPLT — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6615467

Classée par nous dans les Apparitions reconnues, même si pour des raisons diverses, elle n’a pas été formellement reconnue, compte tenu de ses liens forts avec les apparitions d’Amsterdam et de Rome 1842 et de la médaille miraculeuse. Par ailleurs, la voyante : Catherine Labouré, est canonisée. France / 1830

Notre dame de la médaille miraculeuse

I – Généralités

Pays de l’apparition

France 

Site 

Paris, 140 rue du Bac


L’immeuble 140 rue du Bac à Paris
Par Thesupermat — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24886737

Désignation  

Notre Dame de la Médaille miraculeuse

Contexte historique

L’hiver est particulièrement froid en 1830 et une disette arrivera au Printemps ; l’épidémie de cholera qui se déclenche durera jusqu’en 1835. C’est aussi la conquête de l’Algérie et la révolution de Juillet ou des trois Glorieuses. Louis Philippe succède à Charles X. La disette provoque une série d’incendies, en particulier dans l’Ouest : les mendiants menaçant les paysans de brûler leurs chaumières s’ils ne leur fournissent pas du pain.

21 mars : dissolution de la Chambre.

5 juillet : prise d’Alger . Capitulation du dey Hussein. L’Algérie devient colonie française. L’envoi en Afrique et la concentration dans le sud de la France de nombreuses troupes ne peut que faciliter le succès d’une insurrection parisienne.

27 – 29 juillet : révolution de juillet ou les Trois Glorieuses (en référence aux journées d’émeutes des 27, 28, 29 juillet).

9 août : proclamation officielle de la monarchie de Juillet au Palais Bourbon. Le duc d’Orléans accepte la couronne et devient Louis-Philippe Ier. Il prête serment devant les Chambres.

16 octobre : L’Avenir, journal catholique libéral est fondé par LamennaisLacordaire et Montalembert.

3 novembre : inauguration de l’église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon, alors appelée Bourbon-Vendée.

II – La voyante 

Catherine Labouré, en religion, sœur Catherine de la charité, est née le 2 mai 1806 et décédée le 31 décembre 1876 à Paris. Catherine est née à Fain-lès-Moutiers en Bourgogne, huitième des dix enfants du fermier Pierre Labouré et de son épouse Louise Gontard qui meurt le 9 octobre 1815. Ayant perdu sa mère à l’âge de neuf ans, Catherine, que sa famille appelle Zoé, développe une affection particulière pour la Vierge Marie. Étant donné les circonstances familiales, elle est placée chez sa tante avec sa sœur cadette Tonine, puis à douze ans, après sa communion reçue le 25 janvier 1818, elle revient à la ferme de son père où elle s’occupe du ménage, de la cuisine et des bêtes (traite des vaches, nourrissage des porcs et des 800 pigeons), si bien qu’elle ne va pas à l’école.

Saint Catherine Labouré (1806-1876), Marian visionary
Par Unidentified photographer — http://www.stcatherinelaboure.ie/images/St%20Catherine/St_Catherine_2.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9949292

Adolescente, elle désire comme sa sœur aînée Marie-Louise entrer chez les Filles de la Charité à la suite d’un rêve la faisant rencontrer un vieux prêtre qui l’encourage dans cette voie. Une cousine se propose de prendre Catherine à Châtillon-sur-Seine dans un pensionnat réputé qu’elle dirige et où elle apprend à lire et écrire. Elle est confirmée dans sa décision de devenir religieuse lorsqu’elle découvre dans la maison des sœurs de la Charité à Châtillon-sur-Seine un tableau de Vincent de Paul, qui a fondé cet ordre, en qui elle reconnaît le vieux prêtre. Son père qui désire la marier et la détourner de ce choix, l’envoie travailler à Paris, où un de ses frères tient une cantine pour ouvrier. Elle y découvre la misère du peuple, ce qui l’incite d’autant plus, à 18 ans, à entrer chez les religieuses de Saint Vincent de Paul.

Après trois mois de discernement à la maison des sœurs de la Charité à Châtillon-sur-Seine, elle commence son noviciat le 21 avril 1830 à la maison-mère située rue du Bac à Paris. Le 30 janvier 1831, elle prend l’habit et prononce ses vœux. Elle est envoyée le 5 février 1831 à l’hospice d’Enghien qui recueille les vieillards, notamment les anciens serviteurs de la Maison d’Orléans. L’hospice est situé dans le village de Reuilly au sud-est de Paris et elle y reste jusqu’à la fin de sa vie. Cette fille de paysan y fait preuve d’un caractère affirmé, voire un peu fruste, s’occupant également de la ferme de l’hospice, nourrissant les volailles et nettoyant l’étable. « Elle passait inaperçue » dira d’elle une religieuse.

Pieuse, elle est également sujette à des visions ou à des prémonitions qu’elle ne révèle qu’à son confesseur et à sa supérieure. Sa vie entière sera marquée par un profond silence. En 1870-1871, Catherine, comme tous les Parisiens, subit le siège de Paris par les troupes prussiennes, la famine puis les troubles de la Commune de Paris au cours de laquelle, dit-on, des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent. Catherine Labouré meurt le 31 décembre 1876, quarante-six ans après ses visions, sans jamais avoir révélé son secret à d’autres qu’à son directeur spirituel.

À l’occasion de sa béatification par le pape Pie XI le 28 mai 1933, son corps est exhumé de son cercueil constitué d’une bière en sapin emboîtée dans une caisse de plomb, le 21 mars 1933. Le corps est retrouvé en parfait état (personne myroblyte). Il est nettoyé, mis en habit de religieuse (avec notamment la cornette blanche aux larges ailes) et placé dans une châsse en bronze doré dans la chapelle de la Médaille miraculeuse au no 140 de la rue du Bac à Paris. Le corps de sainte Louise de Marillac, première supérieure des Filles de la Charité, repose aussi rue du Bac, à deux pas de la chapelle des Lazaristes où est exposé le corps de saint Vincent de Paul. Catherine Labouré est canonisée le 27 juillet 1947 par le pape Pie XII. Elle est fêtée localement le 25 novembre ou le 28 novembre.

Vincent de Paul ou Vincent de paul, né au village de Pouy près de Dax le 24 avril 1581 et mort le 27 septembre 1660 à Paris, est une figure du renouveau spirituel et apostolique du XVIIᵉ siècle français, prêtre, fondateur de congrégations qui œuvra tout au long de sa vie pour soulager la misère matérielle et morale. Wikipedia

Louise de Marillac (Paris12 août1591 – Paris15 mars1660) est une aristocrate française, fondatrice avec  saint Vincent de Paul des Filles de la Charité. Béatifiée en 1920, reconnue sainte par l’Église catholique et canonisée en 1934, elle a été proclamée Sainte Patronne des œuvres sociales en 1960. Wikipedia

III – L’Apparition (généralités) 

Date

La première apparition a lieu le 18 juillet 1830, jour de la fête du fondateur des Filles de la Charité : saint-Vincent de Paul. La seconde se produit le 27 novembre 1830 et la troisième en Décembre 1830.

Nombre et durée des apparitions

3 apparitions de Juillet à Décembre 1830.

Nature de l’Apparition 

Catherine Labouré fait part à son confesseur, seulement, des apparitions de la Vierge Marie qu’elle dit avoir eues en juillet et novembre 1830 durant son noviciat (appelé séminaire chez les Filles de la Charité) en la chapelle de son couvent de la rue du Bac à Paris. Cet événement est à l’origine de la diffusion de la « Médaille miraculeuse », portée aujourd’hui par de nombreux catholiques.

Emplacement des apparitions

Dans la chapelle de la rue du Bac située dans le quartier Saint-Thomas-d’Aquin du 7e arrondissement de Paris, au 140, rue du Bac, abritant la maison mère des Filles de la Charité. 

Récit 

A 24 ans, après l’avoir longtemps espéré, Catherine entre enfin chez les sœurs de la charité, rue du Bac à Paris, le 21 avril 1830. Le 18 juillet 1830, c’est la fête du fondateur des Filles de la Charité : saint-Vincent de Paul qu’elle aime tant. A 11 heures et demie du soir, elle s’entend appeler par son nom. Un mystérieux enfant est là, au pied de son lit et l’invite à se lever : « La Sainte Vierge vous attend». Catherine s’habille et suit l’enfant « portant des rayons de clarté partout où il passait.» Arrivée dans la chapelle, Catherine s’arrête près du fauteuil du prêtre placé dans le chœur sous le tableau de sainte Anne.

Elle entend alors  comme le froufrou d’une robe de soie. Son petit guide dit : « Voici la Sainte Vierge ». Elle hésite à le croire. Mais l’enfant répète d’une voix plus forte : « Voici la Sainte Vierge.» Catherine s’élance aux pieds de la Sainte Vierge assise dans un fauteuil et appuie les mains sur les genoux de la Mère de Dieu. 

Nef et assistance
Par Mbzt — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32405287

« Là, il s’est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j’éprouvais. La Sainte Vierge m’a dit comment je devais me conduire envers mon confesseur et plusieurs autres choses. «  Mon enfant, le Bon Dieu veut vous charger d’une mission. Vous aurez bien de la peine, mais vous vous surmonterez en pensant que vous le faites pour la gloire du Bon Dieu… vous en serez tourmentée ; jusqu’à ce que vous l’ayez dit à celui qui est chargé de vous conduire; vous serez contredite. Mais vous aurez la grâce. Ne craignez pas, dites tout avec confiance et simplicité…  ».

Puis, la Sainte Vierge désigne de la main l’autel où repose le tabernacle et dit : « Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur.» L’entretien roule ensuite sur la communauté  : «  Mon enfant, j’aime répandre mes grâces sur la communauté. Je l’aime heureusement. J’ai de la peine  : il y a de grands abus, la règle n’est pas observée, la régularité laisse à désirer. Il y a un grand relâchement dans les deux communautés. Dites-le à celui qui est chargé de vous…  » Elle descend ensuite dans les détails de la vie quotidienne pour corriger tout ce qui ne va pas  !

« C’est cela une vraie réforme ! (…) ». Enfin la Sainte Vierge en vient à parler de la France  : «  Les temps sont très mauvais, des malheurs vont fondre sur la France  ;  le trône sera renversé [dix jours après, c’était fait] ; le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes (la Sainte Vierge avait l’air très peinée en disant cela, note sœur Catherine). Mais venez au pied de cet autel, là les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur ; elles seront répandues sur les grands et sur les petits…   »Catherine reçoit aussi la demande de fondation d’une Confrérie d’Enfants de Marie. Cette dernière sera réalisée par le Père Aladel le 2 février 1840. 

Autel de la médaille miraculeuse
L’auteur n’a pas pu être identifié automatiquement. Il est supposé qu’il s’agit de : Gafia~commonswiki (étant donné la revendication de droit d’auteur). « Travail personnel » supposé, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1955321

Et la Sainte Vierge continua  : «  Le moment viendra où le danger sera grand ;on croira tout perdu ; là je serai avec vous, ayez confiance,vous reconnaîtrez ma visite et la protection de Dieu et celle de saint Vincent sur les deux communautés.   Il y aura bien des victimes, Monseigneur l’archevêque mourra. Mon enfant, la croix sera méprisée ; le sang coulera dans les rues [ici, note sœur Catherine, la Sainte Vierge ne pouvait plus parler, la peine était peinte sur son visage]. Mon enfant, me dit-elle,le monde entier sera dans la tristesse » À ces mots, je pensai   : quand est‑ce que ce sera  ? J’ai très bien compris  :« quarante ans.  »

Quarante ans après, jour pour jour, la guerre franco-allemande de 1870 sera déclarée, entraînant son cortège de calamités. C’est en pleurant que la Sainte Vierge prédit tout cela. Après avoir ainsi révélé l’avenir sous des couleurs si sombres, l’Immaculée voulut donner à ceux qui se réfugieraient auprès d’elle, un moyen accessible à tous, de passer à travers ces temps difficiles : la Médaille miraculeuse.

Le 27 novembre 1830, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à Catherine dans la chapelle. Cette fois, c’est à 17 h 30, pendant l’oraison des novices, sous le tableau de saint Joseph. D’abord Catherine voit comme deux tableaux vivants qui passent, en fondu enchaîné, et dans lesquels la Sainte Vierge se tient debout sur le demi-globe terrestre, ses pieds écrasant le serpent. Dans le premier tableau, la Vierge porte dans ses mains un petit globe doré surmonté d’une croix qu’elle élève vers le ciel. Catherine entend : « Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier. » Dans le deuxième tableau, il sort de ses mains ouvertes, dont les doigts portent des anneaux de pierreries, des rayons d’un éclat ravissant.

Catherine entend au même instant une voix qui dit : « Ces rayons sont le symbole des grâces que je répandssur les personnes qui me les demandent. » Puis un ovale se forme autour de l’apparition et Catherine voit s’inscrire en demi-cercle cette invocation en lettres d’or : « O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à vous. » Alors une voix se fait entendre : « Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle.Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces ». Enfin le tableau se retourne et Catherine voit le revers de la médaille : en haut une croix surmonte l’initiale de Marie, en bas deux cœurs, l’un couronné d’épines, l’autre transpercé d’un glaive. 

Au mois de décembre 1830, pendant l’oraison, Catherine entend de nouveau un froufrou, cette fois derrière l’autel. Le même tableau de la médaille se présente auprès du tabernacle, un peu en arrière. « Ces rayons sont le symbole des grâcesque la Sainte Vierge obtient aux personnes qui lui demandent…Vous ne me verrez plus ». «  Vous dire ce que j’ai éprouvé alors, et tout ce que j’ai appris au moment où la Sainte Vierge offrait le globe à Notre‑Seigneur, cela est impossible à le rendre.  » dira Catherine.  Elle écrira pourtant un jour, avec un lyrisme qui ne lui était pas coutumier  : «  Oh  ! Qu’il sera beau d’entendre dire   : “ Marie est la Reine de l’univers, particulièrement de la France ”, et les enfants s’écrieront avec joie et transport  : “ et de chaque personne en particulier »

Ce sera un temps de paix, de joie et de bonheur qui sera long ; elle sera portée en bannière et elle fera le tour du monde.  » Faire connaître et aimer cette “ Vierge au globe, reine de l’univers ”, sera, si l’on peut dire, le tourment de la vie de sainte Catherine Labouré ; elle dira même un jour son “ martyre ”. Ce n’est qu’en 1876, l’année même de sa mort, qu’elle obtiendra de ses supérieurs qu’une statue soit sculptée selon ses indications. (…) C’est la fin des apparitions. Catherine fait part à son confesseur, le Père Aladel, des requêtes de la Sainte Vierge. Il l’accueille fort mal, lui interdit d’y penser. Le choc est rude. Le 30 janvier 1831, Catherine prend l’habit. Le lendemain, elle part à l’hospice d’Enghien fondé par la famille d’Orléans 12 rue de Picpus, à Reuilly, à l’Est de Paris, dans un quartier de misère où elle servira les vieillards et les pauvres pendant 46 ans, incognito.

”. Ce sera un temps de paix, de joie et de bonheur qui sera long ; elle sera portée en bannière et elle fera le tour du monde.  » Faire connaître et aimer cette “ Vierge au globe, reine de l’univers ”, sera, si l’on peut dire, le tourment de la vie de sainte Catherine Labouré ; elle dira même un jour son “ martyre ”. Ce n’est qu’en 1876, l’année même de sa mort, qu’elle obtiendra de ses supérieurs qu’une statue soit sculptée selon ses indications. (…) C’est la fin des apparitions. Catherine fait part à son confesseur, le Père Aladel, des requêtes de la Sainte Vierge. Il l’accueille fort mal, lui interdit d’y penser. Le choc est rude. Le 30 janvier 1831, Catherine prend l’habit. Le lendemain, elle part à l’hospice d’Enghien fondé par la famille d’Orléans 12 rue de Picpus, à Reuilly, à l’Est de Paris, dans un quartier de misère où elle servira les vieillards et les pauvres pendant 46 ans, incognito.

Châsse de Catherine Labouré
Par André Leroux — « œuvre personnelle », Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1955295

Après deux ans d’enquête et d’observation de la conduite de Catherine, le prêtre informa l’archevêque de Paris, sans lui révéler l’identité de Catherine. La requête fut approuvée et les médailles furent frappées et devinrent extrêmement populaires, notamment durant l’épidémie de choléra de 1832. La Vierge avait en outre demandé à Catherine de rassembler une confrérie d’enfants de Marie. En 1837, les Filles de la Charité et les Lazaristes répondent à ce vœu en fondant les Enfants de Marie Immaculée. Bien que la foi en l’Immaculée Conception de la Vierge Marie fût largement répandue, la doctrine n’avait pas encore été définie et le dogme non encore proclamé.

La médaille avec les mots « conçue sans péché » conduisit le pape Pie IX (élu en 1846) à aller de l’avant : le 8 décembre 1854, il proclame solennellement le dogme de l’Immaculée Conception. En 1858, à Lourdes la Vierge Marie se  présentera à Bernadette Soubirous par ces mots « Je suis l’Immaculée Conception* » Catherine mourut 46 ans après les apparitions sans jamais avoir révélé son secret à d’autres qu’à son directeur. Son corps, parfaitement conservé, est dans la chapelle des apparitions, sous la statue de la Vierge au globe. 

*  » Immaculée conception » : privilège selon lequel, en vertu d’une grâce exceptionnelle, la Vierge Marie est née préservée du péché originel. Le dogme de l’Immaculée conception a été proclamé par Pie IX en 1854. À ne pas confondre avec la conception virginale de Jésus par Marie. 

Péché originel : le péché originel désigne spécifiquement l’acte par lequel l’homme a fait pour la première fois rupture avec Dieu. Il désigne par extension notre refus, sous de multiples formes, d’être conduit par Dieu. L’homme veut être son propre maître, sa propre fin et prendre la place de Dieu, il brise alors sa relation au Dieu Créateur. 

«L’Immaculée Conception», huile sur toile (Hauteur. 198 cm ; largeur. 124 cm) de Pierre Paul Rubens. – Œvre executée vers 1628-1629, appartenant au musée du Prado. – Ref. Nº Cat. P1627, photographiée lors de l’exposition temporaire « Rubens et son Temps » au musée du Louvre-Lens.
User:Jean-Pol GRANDMONT (2013), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27224135

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

À la chapelle, Catherine est à peine agenouillée qu’elle entend le froufrou d’une robe de soie. La sainte Vierge est là, resplendissante. La figure de la vierge, bien découverte, est si belle que la voyante n’en pouvait dépeindre ou exprimer la beauté ravissante.  Quand elle priait, dit Catherine, sa figure était si belle, si belle, qu’on ne pourrait la dépeindre.  

Attitudes de la Vierge

Le 18 Juillet 1830, Marie s’asseoit dans le fauteuil de l’aumônier ; Catherine se jette à ses genoux. Et pendant deux heures, la Vierge Marie parle à Catherine comme une mère qui se confie à son enfant. Catherine a les mains jointes sur les genoux de Marie ! Le 27 Novembre 1830, la Sainte Vierge revient. Catherine l’aperçoit, debout, les pieds posés sur un globe terrestre, où s’agite un serpent de couleur verdâtre. La Vierge avait le pied posé sur la bête immonde. La Vierge tenait entre ses mains un globe plus petit surmonté d’une croix d’or. Elle l’offrait à Dieu d’un geste suppliant. (symbole de sa médiation universelle) Tout à coup les doigts de ses mains se remplissent d’anneaux porteurs de diamants qui jettent des rayons de tous côtés. 

Les yeux de la vierge, tantôt élevés vers le ciel, tantôt baissés, sont le symbole scripturaire de la piété, et du recours à Dieu. Dans un des tableaux  relatés par Catherine, les mains de la Vierge se sont étendues, dans l’attitude reproduite par la médaille miraculeuse. C’est cette attitude que reproduira la Sainte Vierge, à Lourdes, au jour de la grande apparition (25 mars 1858) ; c’est celle que Marie prendra encore, durant l’apparition de Pontmain (17 janvier 1871), au témoignage réitéré de Joseph Barbedette. C’est de voir Marie implorer la Miséricorde divine qui a le plus ravi Catherine Labouré : «  Ses traits étaient alors empreints d’une gravité mêlée de tristessequi disparaissait lorsque le visage s’illuminait, surtout à l’instant de sa prière  ».

Evoquant les futurs évènements tragiques et le sang qui coulera dans les rues, note sœur Catherine, la Sainte Vierge ne pouvait plus parler, la peine était peinte sur son visage. Que faut-il entendre par cette boule d’or, surmontée d’une petite croix d’or, que Marie portait dans ses mains et offrait à Dieu? « Cette boule que vous voyez représente le monde entier, la France particulièrement et chaque personne en particulier. » Ne serait-elle point la terre virginale, bénie par Marie, sur lequel est planté l’arbre de la croix, par opposition à la terre maudite, qui est sous les pieds de l’apparition, terre qu’enveloppe de ses replis tortueux l’infernal serpent? 

Paroles de la Vierge

« Mon enfant, le Bon Dieu veut vous charger d’une mission. Vous aurez bien de la peine, mais vous vous surmonterez en pensant que vous le faites pour la gloire du Bon Dieu… vous en serez tourmentée, jusqu’à ce que vous l’ayez dit à celui qui est chargé de vous conduire,vous serez contredite. Mais vous aurez la grâce. Ne craignez pas, dites tout avec confiance et simplicité. » « Mon enfant, j’aime répandre mes grâces sur la communauté. Je l’aime heureusement. J’ai de la peine  : il y a de grands abus, la règle n’est pas observée, la régularité laisse à désirer. Il y a un grand relâchement dans les deux communautés. Dites-le à celui qui est chargé de vous…  ». « Les temps sont très mauvais, des malheurs vont fondre sur la France  ;  le trône sera renversé [dix jours après, c’était fait] ;

le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes, mais venez au pied de cet autel, là les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur, elles seront répandues sur les grands et sur les petits…  » «  Le moment viendra où le danger sera grand ;on croira tout perdu, là je serai avec vous, ayez confiance ;vous reconnaîtrez ma visite et la protection de Dieu et celle de saint Vincent sur les deux communautés.   Il y aura bien des victimes, Monseigneur l’archevêque mourra. Mon enfant, la Croix sera méprisée ; le sang coulera dans les rues. Mon enfant, le monde entier sera dans la tristesse. À ces mots, je pensai  : quand est‑ce que ce sera  ? J’ai très bien compris  :« quarante ans.  » 

Messages de la Vierge  

La Vierge regrette que la règle ne soit pas observée dans les deux communautés de saint Vincent de Paul et des filles de la Charité. Marie insistera plusieurs fois, dans ses apparitions, sur l’importance de l’obéissance.

Elle annonce que pendant les évènements difficiles qui s’annoncent (journées de Juillet et guerre franco allemande de 1870) elle sera présente et dispensera ses grâces. Elle invite grands et petits à venir « au pied de cet autel recevoir les grâces qui seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur ! » (L’iconographie de la médaille miraculeuse montre la vierge mains tendues répandre ses grâces sur le monde et à contrario elle explique l’absence de rayons du fait des grâces qu’on ne lui demande pas !) 

L’apparition de la rue du Bac inaugure le rôle que Marie ambitionne de jouer : celle de médiatrice de toutes les grâces. C’est à dire d’intermédiaire entre Dieu et les hommes pour leur faire obtenir la grâce de Dieu*.

* La grâce désigne la bienveillance absolument gratuite que, de toute éternité, Dieu témoigne à l’homme en l’appelant à partager sa propre vie. C’est « intimité » avec Dieu est donnée par le baptême et renouvelée par les sacrements. C’est par grâce que Dieu nous sauve.

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Catherine est également sujette à des visions ou à des prémonitions. Elle reconnaît Vincent de Paul en le vieillard qui lui a dicté sa vocation.Catherine Labouré aurait eu également la vision d’une « Croix de la Victoire* » : un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris. Surtout, l’apparition de la rue du Bac est célèbre pour avoir donné naissance à la « médaille miraculeuse ». 

* La croix de la Victoire

Quelques mois après la fin de la Révolution de 1848, Catherine Labouré aurait eu la vision d’une « Croix de la Victoire », d’un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris : elle s’empresse, bien sûr, d’aller le dire à M. Aladel [son confesseur], deux fois, et même de le mettre par écrit, à chaud, dès le 30 juillet 1848, de crainte d’oublier un détail : « Il y aura des ennemis de la religion qui chercheront et promèneront une Croix couverte d’un voile noir qui portera la terreur dans les esprits. Mais la Croix triomphera. Il y aura une croix que l’on appellera la Croix de la Victoire, qui portera la livrée de la nation ; elle sera plantée du côté de Notre-Dame, sur la place des victimes. La voici : une Croix sera faite d’un bois précieux, étranger. Elle sera garnie. Elle aura des pommes d’or aux extrémités. Le Christ sera grand ; la tête penchée du côté du cœur, la plaie du côté droit où coule beaucoup de sang. La livrée de la nation dans le haut de la colonne. Le blanc, c’est l’innocence, voltigeant sur la couronne d’épines. Le rouge représente le sang ; le bleu, c’est la livrée de la Sainte Vierge. » Et de continuer : « Cette croix sera appelée la Croix de la Victoire. Elle sera en grande vénération. De toute la France et des pays les plus éloignés, et même de l’étranger, les uns y viendront par dévotion, les autres en pèlerinage, et d’autres par curiosité. Enfin, il se fera des protections toutes particulières qui tiendront du miracle. Il ne viendra pas une personne à Paris qui ne vienne voir et visiter cette croix, comme une œuvre d’art. » […] « Sur le pied de la Croix, il sera représenté toute cette révolution, telle qu’elle s’est passée. Le pied de la croix m’a paru avoir de 10 à 12 pieds [environ 3,5 mètres] en carré, et la croix de 15 à 20 pieds [de 4,5 à 6 mètres] en hauteur. Et, une fois élevée, elle m’apparaissait à peu près de 30 pieds [9 mètres] de hauteur. Sous cette croix, il reposera une partie des morts et des blessés pendant les événements si pénibles… » […] « Ici, un bras paraît, une voix se fait entendre : « le sang coule ! » En montrant du doigt le sang : « L’innocent meurt, le pasteur donne sa vie. » » […] « La croix m’apparut de toute beauté. Notre-Seigneur était comme s’il venait de mourir. La couronne d’épines sur sa tête, les cheveux épars dans la couronne par-derrière, la tête penchée du côté du cœur.»Mais l’abbé Aladel, son confesseur, n’en tint pas compte. C’est pourquoi, elle lui écrivit peu après cette lettre : « […] Je vous parle de cette croix, après avoir consulté le Bon Dieu, la Sainte Vierge et notre bon père saint Vincent, le jour de sa fête et tout l’octave où je me suis abandonnée toute à Lui, et le priai qu’Il m’ôte toute pensée singulière à ce sujet et à tant d’autres. Au lieu de me trouver soulagée, je me suis sentie de plus en plus pressée de vous donner tout par écrit. Ainsi par obéissance, je me soumets. Je pense que je n’en serai plus inquiétée. Je suis, avec le plus profond respect, votre fille toute dévouée au sacré-Cœur de Jésus et de Marie. » Cette croix n’est, à ce jour, toujours pas érigée.

Ce que dit« La médaille miraculeuse » 

Les deux faces de la médaille miraculeuseconçue par l’orfèvre parisien Adrien Vachette.
Par Xhienne — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2169454

Iconographie de l’avers : la face lumineuse

Les mots et dessins gravés sur l’avers de la médaille expriment divers messages :

La forme de la médaille est ovale.

– La Vierge Marie est représentée en pied, les bras légèrement détachés du corps et les mains ouvertes, étendues vers la terre, en geste d’ouverture et de don.

Le serpent : la Vierge écrase la tête du serpent   : «  un serpent de couleur verdâtre avec des taches jaunes   », précisera la sœur ;cela rappelle l’image de la Genèse(Gen. 3:15): « je mettrai l’hostilité entre toi et la femme […] Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon »

Mais d’un point de vue théologique, cette version ne correspond pas au texte hébreu, dans lequel ce n’est pas la femme, mais sa lignéeson descendant,qui écrase la tête du serpent ; le texte n’attribue donc pas à Marie, mais à son Fils, la victoire sur Satan.Toutefois, comme la conception biblique instaure une solidarité profonde entre un parent et sa descendance, la représentation de l’Immaculée qui écrase le serpent, non par sa propre vertu, mais par la grâce du Fils, est cohérente avec le sens original du passage.

Pour l’anecdote, dans le chapître XVII du Livre pour sortir au jour, ou Livre des morts, « le Grand Chat qui est dans l’Héliopolis », écrase de l’une de ses pattes avant, Apophis, un serpent géant, ennemi du soleil, qui habite dans les profondeurs de Noun, le chaos originel, et qui chaque nuit, à la septième heure, attaque la barque solaire pour la faire échouer et interrompre ainsi le processus de création ! (Historia, Décembre 2017 )

– Des 15 anneaux de ses doigts (5 par doigt) surgissent des rayons de lumière symbolisant les grâces qui sont obtenues par son intercession La Vierge porte, à chaque main, quinze anneaux*, revêtus d’autant de pierreries, d’où jaillissent de toutes parts des rayons proportionnés, « de manière que l’on ne voyait plus les pieds de la Sainte-Vierge. » Ces rayons, ce sont les grâces que la Vierge accorde si on prie son intercession. Les anneaux qui ne brillent pas sont, à l’inverse, « les grâces qu’on oublie de me demander ! » On peut y voir aussi un symbole des quinze mystères du Rosaire**. 

* Dans bien des foyers, on conserve, dans le coffret des souvenirs de famille, un anneau semblable à ceux qui paraient les doigts de la Vierge de la rue du Bac. C’est le chapelet dont se servait un lointain aïeul. (Les scouts ont repris cet usage. Ils portent, pendu à leur ceinture, cet anneau-chapelet moins encombrant que les cinquante grains). 

Anneau chapelet

Anneau-chapelet

En 1830, c’était l’instrument dont on se servait pour compter les Ave du Rosaire. L’on passait à l’index de la main droite cet anneau recouvert de dix grains ou perles, et avec le pouce de la même main, on le faisait tourner pour scander les dizaines. C’était donc bien un rosaire complet de quinze dizaines (3 anneaux-chapelets à chacun des 5 doigts) que Notre-Dame portait à chacune de ses mains. Et par conséquent c’est à la prière du Rosaire que doit s’appliquer le symbolisme de cette scène. Le Rosaire lui plaît tellement qu’elle s’en revêt comme d’une parure. Par-dessus toutes les autres prières il a tant d’efficacité « qu’il fait jaillir des mains de la Médiatrice sur nos âmes une immense pluie de grâces. »(ibib.p.7) 

La prière « O Marie conçue sans péché*, priez pour nous qui avons recours à vous » circule le long du bord de la médaille, entourant la Vierge Marie. ‘Marie conçue sans péché’ est l’esquisse d’un titre, plus théologique, qui sera consacré à Lourdes en 1858 : « Je suis l’Immaculée Conception ». Cette phrase confirme que la Vierge à qui on demande de « prier pour nous » est bien notre meilleur Avocate auprès de Dieu. Comme le disent les paroles du « Je vous salue Marie » : « …Priez pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort. », la Vierge peut nous aider en priant pour nous à deux moments : dans notre vie terrestre et lors de notre mort, afin d’assurer notre salut. 

La fête de l’Immaculée Conception est liturgiquement fixée au 8 décembre.  Si l’Église orthodoxe célèbre la fête de la Conception de Marie et nomme Marie « l’Immaculée », elle ne reconnaît cependant pas ce dogme de l’Immaculée Conception, de même que les protestants ou les autres Églises chrétiennes.

– La date « 1830 », est l’année des trois apparitions successives de la Vierge Marie à Catherine Labouré.

La robe : la Vierge est habillé de blanc vêtue d’une robe de soie « blanche aurore », montante, manches plates, taillée « à la Vierge », c’est-à-dire dans la simplicité qui épouse au cou, aux épaules, aux bras, directement les formes du corps.

La couleur Aurore

Aurore est un nom de couleur attesté au XVIIe siècle dans le domaine de la mode, qui se réfère à la couleur du ciel au lever du soleil. Historiquement, c’est un jaune orangé ; aujourd’hui le nom aurore désigne parfois un rose.

– Un voile blanc couvrait la tête de l’apparition et descendait de chaque côté jusqu’aux pieds. L’usage du voile, dans l’Eglise, est spécialement réservé aux vierges qui se donnent à Dieu dans la vie religieuse. La figure est bien découverte, si belle que la voyante n’en pouvait dépeindre ou exprimer la beauté ravissante. 

Les mains sont étendues. C’est cette attitude que reproduira la Vierge, à Lourdes, au jour de la grande apparition (25 mars 1858) ; c’est celle que Marie prendra encore, durant l’apparition de Pontmain (17 janvier 1871), au témoignage réitéré de Joseph Barbedette, l’un des petits voyants devenu Oblat de Marie Immaculée. Que signifie cette attitude? Marie, à n’en pas douter, veut affirmer sa médiation. 

Iconographie du revers : la face douloureuse 

Sur le revers de la Médaille, la Vierge se révèle de façon univoque comme la Co-rédemptrice, et cela par le biais de quatre symboles, les plus forts que l’on puisse trouver dans l’Ecriture Sainte en rapport avec la Co-rédemption, à savoir : la croix, le “M” pour Marie, deux cœurs transpercés et les douze étoiles de la Femme de l’apocalypse. 

La croix exprime pleinement tout le mystère de la Rédemption. La barre et la Croixsymbolisent l’épreuve. Au centre, la lettre ‘M’ pour Marie est surmontée par la croix et entrelace une barre transversale qui soutient le pied de la Croix. Les deux signes entrelacés montrent le rapport indissoluble qui lie le christ à sa mère ; Marie est associée à la mission du salut de l’humanité qu’accomplit son fils et participe par sa compassion (souffrir avec ) à l’acte même du sacrifice rédempteur du Christ. Ce symbolisme reflète la relation étroite de Marie et de Jésus dans l’histoire du Salut. La Dame d’Amsterdam revendiquera d’ailleurs que l’Eglise consacre ce rôle en reconnaissant dans un nouveau dogme sa qualité de « co-rédemptrice ».

Les deux cœurs blessés l’un entouré d’épines et l’autre transpercé par un glaive, sont le plus beau symbole de l’amour rédempteur. Le cœur de Jésus* et le cœur de Marie sont représentés l’un à côté de l’autre ! A la question de sœur Catherine, qui demandait s’il fallait écrire un texte sur le revers de la Médaille, la Vierge Marie répondait : « Le “M” et les deux cœurs en disent assez. »De fait  ! Aimer est le monogramme de Marie ! Ce cœur nous fait penser à celui montré par la Vierge à sœur Lucie, un des trois voyants de Fatima, dans la vision de Tuy* : alors que la Vierge se tient sous le bras droit de la croix,  elle tient dans sa main droite un cœur « avec une couronne d’épines et des flammes… ». Voir l’apparition de Fatima.

Les 12 étoiles sur la médaille indiquent la vocation universelle de la Vierge Marie en tant que Mère de tous les hommes. Les douze étoilessont les douze tribus d’Israëlet les douze apôtres. Il convient de noter que dans ce qu’elle a révélé, Catherine Labouré n’a jamais parlé d’étoiles (ni de leur nombre). Cette couronne d’étoiles nous rappelle immanquablement la Femme de l’Apocalypse**, revêtue de soleil et couronnée d’étoiles, qui crie de douleurs. C’est en tant que Co-rédemptrice du monde et de toute la création qu’elle souffre dans le travail de l’enfantement, afin que le Christ soit enfanté dans le cœur de chaque homme. Le créateur du drapeau européen***

*** Arsène Heitz, a choisi les douze étoiles en invoquant le même symbole biblique que la Médaille. Elles ont été placées par le graveur au revers de la médaille, alors qu’elles auraient dû couronner la tête de la Sainte Vierge.

Drapeau européen
Un cercle de 12 étoiles sur fond d’azur

** La Femme de l’Apocalypse est un personnage biblique qui apparaît au chapitre 12 du livre de l’Apocalypse : « Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; 2- elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. 3-  Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d’un diadème. 4- Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né. 5-  Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône, 6- – tandis que la Femme s’enfuyait au désert, où Dieu lui a ménagé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours. 7- Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges. 8-  mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. […] 13-  Se voyant rejeté sur la terre, le Dragon se lança à la poursuite de la Femme, la mère de l’Enfant mâle. 14- Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu’au refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d’un temps. 15- Le Serpent vomit alors de sa gueule comme un fleuve d’eau derrière la Femme pour l’entraîner dans ses flots. 16-  Mais la terre vint au secours de la Femme : ouvrant la bouche, elle engloutit le fleuve vomi par la gueule du Dragon. 17-  Alors, furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus18-  Et je me tins sur la grève de la mer. »

** En Octobre 2017 le parti politique français « Les insoumis » a soulevé une polémique en demandant la suppression du drapeau européen de l’hémicycle de l’Assemblée nationale en partie en raison de la suspicion tenant à son « origine chrétienne ». Il faisait allusion aux douze étoiles entourant le drapeau européen figurant déjà sur la médaille miraculeuse ! 

Eléments conformes aux autres apparitions 

La lumière qui baigne la Vierge. La présence d’un ange ; Les éléments de l’iconographie : serpent, étoiles, globe, lumière…L’attitude maternelle et douce de la Vierge ; la réprimande vis à vis des communautés ; le devoir d’obéissance ; la Vierge apparaît dans une chapelle comme à Rome et Akita. La Vierge apparait à une jeune femme très pauvre et presque inculte. Les guérisons nombreuses (médaille miraculeuse); les prédictions qui se réalisent. Le corps retrouvé intact quelques années après l’inhumation. Un enfant ( ange) la guide vers La chapelle, comme lors de l’apparition de Kibeho ( Japon)

Eléments spécifiques

La rue du Bac inaugure, à travers la création d’une médaille, un moyen moderne d’apostolat, à côté des autres : source, lieux de prière (églises et chapelles) et guérisons miraculeuses. La Vierge demande à Catherine de rassembler une confrérie d’enfants de Marie. En 1837, les Filles de la Charité et les Lazaristes répondent à ce vœu en fondant les Enfants de Marie Immaculée.  La Vierge n’apparaît pas dans un décor champêtre ou près d’un élément paysager (arbre ou jardin). Pas de demande de construction d’une chapelle ou d’une église.  La vierge est assise dans un fauteuil

Lien avec d’autres apparitions 

Cette apparition élargit le travail d’apostolat de la vierge et de conversion des pécheurs, à travers la diffusion d’une médaille ; cette médaille entraînera, à Rome, la conversion d’Alphonse Ratisbonne ; la Vierge de la rue du Bac annonce le dogme de l’Immaculée conception confirmé à Bernadette Soubirous à Lourdes. Le cœur ensanglanté de Marie placé près de celui du Christ sur la médaille miraculeuse, apparaîtra plus tard à sœur Lucie, un des trois voyants de Fatima, dans la vision de Tuy et annonce la demande de Marie, à Ida Peerdeman, à Amsterdam, de lui voir reconnue le dogme de co-rédemptrice de l’humanité.  

On peut dire que déjà, rue du Bac, Marie fait allusion sur les deux faces de la médaille aux trois titres mariaux de Co-rédemptrice, (le M et la croix), Médiatrice de toutes les grâces (les rayons des anneaux) et Avocate (la phrase inscrite « priez pour nous », qu’elle révèlera à Amsterdam à travers une seule image dont elle dira : « Elle est la signification et la représentation du nouveau dogme. » (8.12.1952). Faire connaître et aimer cette “ Vierge au globe, reine de l’univers ”, sera, si l’on peut dire, le tourment de la vie de sainte Catherine Labouré ; or, cette reine de l’Univers précède clairement « la Dame de tous les peuples », qui se révèlera à Ida Peerdeman, à d’Amsterdam, de 1945 à 1958. 

 P. Paul Maria Sigl, Die Frau aller Völker ‘Miterlöserin Mittlerin Fürsprecherin’  Amsterdam – Rome, 25 mars 1998

Les répercussions de la médaille de Paris et de l’image d’Amsterdam 

En 1832, les 2000 premières médailles étaient frappées en France, exactement dans les mois où sévissait une épidémie de choléra : dans la seule ville de Paris on comptait 20 000 morts. Les Sœurs de la Charité distribuèrent la Médaille de Marie aux malades qui séjournaient dans leurs hôpitaux. Et aussitôt de nombreuses guérisons miraculeuses se produisirent – si nombreuses que la Médaille de l’Immaculée fut surnommée ‘La Médaille miraculeuse » – nom qui lui est resté jusqu’à aujourd’hui. Trois ans plus tard, un million de médailles avaient déjà été distribuées.

« Lors du décès de Catherine Labouré, en 1876, on en comptait déjà un milliard.»  Ce que Dieu a réalisé à l’échelle mondiale avec la Médaille miraculeuse, Il veut l’opérer avec plus de puissance encore par la diffusion mondiale de la prière et de l’Image de la Dame de tous les peuples d’Amsterdam. Le grand Miracle, promis ici, est l’effusion de l’Esprit Saint qui doit venir sur le monde entier à travers la récitation d’une prière. (1.04.1951)

Notre Dame de toutes les nations ( apparitions à Ida Peerdeman à Amsterdam, ( 1945 à 1959) montre de fortes similitudes avec Notre dame de la médaille miraculeuse.
By Judgefloro (shifted, cropped & recoloured by Rabanus Flavus) – File:09894jfRoads Bigte Virgen Flores Quasi Parish Church Norzagaray villagesfvf 06.JPG, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52287376

La statue d’après « l’autre vision » de Sainte Catherine

Catherine a vu la vierge prendre au moins deux attitudes ; dans la première elle apparaît avec un voile sur la tête couronnée de douze étoiles et dans les mains de Marie une boule d’or surmontée d’une croix. Le globe qu’elle tient s’éclaire d’une vive lumière. La sainte Vierge, avec une tendresse maternelle, regarde cette pauvre terre et par moment elle tient les yeux élevés vers le Ciel, car elle offre à Dieu ce globe de la terre. Sous ses pieds se trouvait un autre globe tel qu’il est représenté sur la Médaille Miraculeuse. Dans une autre apparition, elle apparaît avec des anneaux aux doigts recouverts de pierreries, plus belles les unes que les autres: les unes plus grosses et les autres plus petites, qui jettent des rayons illuminant la terre sous les pieds de la Vierge. Les rayons absents « ce sont les grâces qu’on oublie de me demander » explique la sainte Vierge Marie.

La Vierge au Globe mise de côté

Quand il a fallu frapper les premières médailles, cette représentation n’a pas été retenue. Les raisons qui ont dicté le choix d’une Vierge avec les mains tendues vers le bas sont les suivantes :

– Cette représentation de la Vierge avec un globe n’est pas nouvelle mais elle est rare et inusitée, et M. Aladel, confesseur de la sainte, a préféré choisir une Vierge classique de l’Immaculée Conception ;

– La présence de deux globes sur la statue, un dans les mains l’autre sous les pieds, laissait perplexes les supérieurs ;

– l’orfèvre avait des difficultés pour représenter la Vierge au globe ; des essais avaient été tentés mais ils furent peu satisfaisants.

Succès de la Vierge aux mains tendues

Pour autant le Ciel n’en a pas tenu rigueur puisque la Médaille Miraculeuse a obtenu un succès immédiat et foudroyant. C’est par centaine de millions que les Médailles Miraculeuses selon la représentation classique de l’Immaculée Conception, ont été distriubées à travers le monde.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

L’apparition elle même n’a pas fait l’objet d’une reconnaissance officielle, mais la canonisation de sa voyante Catherine Labouré présume de la réalité de son récit. Catherine Labouré est canonisée le 27 juillet 1947 par le pape Pie XII. Elle est fêtée localement le 25 novembre ou le 28 novembre. Catherine  présente les marques de la sainteté son corps est exhumé retrouvé en parfait état (personne myroblyte).

Sanctuaire 

La chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, ou chapelle de la rue du Bac, est une chapelle située dans le quartier Saint-Thomas-d’Aquin du 7e arrondissement de Paris, au 140, rue du Bac, desservant la Maison des Filles de la Charité. Lieu de l’apparition mariale présumée à Catherine Labouré, cette chapelle est devenue un lieu de pèlerinage très fréquenté avec deux millions de visiteurs par an environ. Il fait partie des dix lieux culturels les plus visités à Paris.

Statue de saint Vincent de Paul dans La Chapelle de la médaille miraculeuse
qui est à l’origine de la vocation de Catherine
Par Mbzt — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32405289
ex votos en remerciement de toutes les « grâces » reçues par les ayant invoqué la vierge de la médaille miraculeuse
Par André Leroux — « œuvre personnelle », Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=22586698