Le 8 décembre marque la fête de l’Immaculée Conception.

La célébration de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie – située dans les premiers jours de la nouvelle année liturgique et du temps de l’Avent – nous rappelle la destinée unique de cette femme juive, choisie par Dieu. Pour la foi chrétienne, Marie est indissociable de l’enfant qu’elle a porté, Jésus, en qui s’est totalement manifesté le Dieu vivant. Elle est appelée, depuis le concile d’Éphèse (431), « Mère de Dieu ». Selon la tradition catholique, depuis le dogme promulgué par le pape Pie IX, le 8 décembre 1854, elle est déclarée préservée du péché originel dès sa naissance.

Pourquoi un dogme ?

Un dogme est une vérité de foi solennellement proclamée par le Pape pour être accueillie par l’Église. Ainsi, le 8 décembre 1854, dans la Bulle Ineffabilis Deus, le pape Pie IX déclarait : « Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles ».

En d’autres termes, pour accueillir le Fils de Dieu, Marie ne pouvait avoir en son coeur aucune trace d’hésitation ou de refus. Dieu avait besoin que le don de son amour rencontre une foi parfaitement pure, une âme sans péché. Seule la grâce (le don gratuit de Dieu) pouvait ainsi la préparer, et elle en est comblée (Évangile selon saint Luc, chapitre 1). Comme un fruit anticipé du pardon offert par Jésus sur la croix, Marie (qui a été conçue normalement, par l’union de son père et de sa mère) est immaculée, pure de tout péché, et préservée de cette séparation d’avec Dieu qui marque l’homme dès le début de son existence, le péché originel.

« Pour la plupart des gens, « l’immaculée conception » voudrait dire que Marie est devenue mère, a conçu Jésus, par l’action de l’Esprit Saint, sans relation conjugale. Comme si la relation conjugale était, par elle-même, un péché. Ce n’est pas du tout ce que dit la foi chrétienne. Si le mariage était un péché, il ne pourrait être un sacrement […] rappelle Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes. » Que voulait dire Pie IX ? Que fête l’Église catholique le 8 décembre ? Ceci :

Marie, dès l’origine, a été totalement étrangère au péché. C’est pourquoi, dans toutes les apparitions, elle se montre toujours merveilleusement belle, rayonnante de lumière et de bonté.

Lourdes et l’Immaculée

Les apparitions de Lourdes ont eu lieu quatre ans après la proclamation solennelle du dogme de l’Immaculée Conception par le pape Pie IX. Le 25 mars 1858, dans la grotte humide et sombre de Massabielle, Marie converse familièrement avec Bernadette qui l’interroge ; elle lui dit son nom : « Je suis l’Immaculée Conception ».

La mystique Adrienne von Spier

Adrienne von Speyr, née le 20 septembre 1902 à La Chaux-de-Fonds et morte le 17 septembre 1967 à Bâle, est un médecin suisse, auteur de plus d’une soixantaine de livres sur la spiritualité et la théologie. Catholique, elle est stigmatisée à partir de 1942.

Seconde fille d’une famille protestante de quatre enfants, Adrienne von Speyr était très pieuse, du fait de sa proximité avec sa mère et sa grand-mère. Elle se marie en 1927 avec Emile Dürr, un historien veuf, père de deux jeunes enfants. Il meurt en 1934. Entre-temps, elle est devenue la première femme suisse à devenir médecin, aboutissement d’études entamées avant son mariage. En 1936, elle se remarie avec Werner Kaegi. Aucun enfant ne naît de ces deux unions.

À l’été 1940, elle survit à un infarctus qui la laissera incapable de certains mouvements. À l’initiative d’Albert Béguin, elle rencontre le théologien Hans Urs von Balthasar*  grâce auquel elle découvre Charles Péguy et Paul Claudel. Auprès de lui, elle se convertit et en reçoit le baptême catholique le jour de la Toussaint 1940.

Il restera son confesseur tout au long de sa vie, et le confident auquel elle dictera la majeure partie de ses ouvrages. Avec ce théologien, elle fonde l’Institut Saint-Jean, un institut séculier chargé de réinterpréter et de transmettre l’enseignement de saint Jean chez les Jésuites. Quand sa santé mentale commence à se dégrader, la hiérarchie se détourne du projet. En 1954, la maladie la terrassant, elle cesse son activité médicale, et meurt en 1967.

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Adrienne Von Spier

Une voyante discrète

Adrienne von Speyr reste très discrète sur sa vie mystique, elle craint qu’une curiosité sur ces phénomènes et ses propres états d’âmes ne détourne du mystère de la foi. A la demande de Balthasar, elle décrira les apparitions mariales qu’elle a eu dès l’âge de 15 ans : 

« Je vis la Mère de Dieu entourée de différentes personnes (celles-ci se trouvaient un peu en retrait tandis qu’elle se trouvait au premier plan) ainsi que de quelques anges dont certains étaient aussi grands qu’elle, d’autres petits comme des enfants. L’ensemble était comme un tableau, cependant la Mère de Dieu était vivante, dans le ciel, et les anges changeaient de place. Cela dura, je crois, très longtemps ; je regardais comme dans une prière sans parole et j’étais stupéfaite d’admiration, je n’avais jamais rien vu d’aussi beau ; au début, toute la lumière était comme de l’or étincelant, puis elle pâlit peu à peu et, pendant qu’elle pâlissait, les traits de la Vierge Marie devinrent plus distincts. Je ne fus pas du tout effrayée, au contraire je fus remplie d’une joie nouvelle, forte et très douce. A aucun instant, l’ensemble ne me parut irréel, il ne me vint pas à l’esprit que je pouvais être victime d’une illusion. 

Si je me souviens bien, je n’en ai parlé à personne, sauf à Madeleine, à qui j’ai raconté la chose comme quelque chose de tout naturel. Mad répondit seulement : « J’aurais bien aimé aussi la voir ». Nous n’en parlâmes plus jamais. Le souvenir de cette apparition m’est resté très vivant, il m’accompagna longtemps comme un secret merveilleux ; d’une certaine manière, je possédais maintenant un lieu de refuge » 

Marie identifiée à l’Eglise

L’apparition la plus importante pour Adrienne reste celle de la vision de l’Apocalypse où Marie est identifiée à l’Eglise qui enfante la vie du Fils. La vision de la femme enceinte dans le ciel, qui crie dans les douleurs de l’enfantement, attaquée par le dragon. Adrienne note dans son journal : 

« Marie crie parce qu’elle prévoit le destin de son Fils. Elle ne crie pas pour ses souffrances, elle crie par anticipation dans la claire compréhension des souffrances de son Fils. Pendant qu’elle a les douleurs de l’enfantement, elle subit à l’avance une partie de la souffrance de son Fils. Et l’Eglise crie, mais sans voir d’avance. Elle crie pour les souffrances de ses enfants, qui ne peuvent pas être vues d’avance, simplement pour leur destin en général ; mais elle aussi, elle crie par anticipation. Par là les deux ne font qu’un » 

Cette intuition de l’identité entre Marie et l’Eglise est une grande lumière pour la théologie et l’Ecclésiologie. Adrienne commente en détail la vie intérieure de Marie sans jamais séparer Marie et l’Eglise. 

La prière d’Adrienne Von Spier

« Seigneur, je voudrais Te remercier de voir, en cette maison, la maison du Père, et d’y demeurer non pour être, avec le Père et l’Esprit loin de nous et caché, mais pour continuer à rester au milieu de nous comme la Voie qui conduit au Père, comme le Chemin qui nous fait entrer nous aussi, en possession de l’Esprit Saint. Amen. » 

Adrienne von Speyr (1902-1967) 

Adrienne, jeune fille

8 décembre    : Solennité de l’Immaculée Conception de Marie ;

1er janvier      : Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu ;

11 février        : Mémoire facultative de Notre Dame de Lourdes ;

25 mars         : Annonciation ;

31 mai            : Fête de la Visitation de la Vierge Marie ;

Samedi de la 3e semaine après la Pentecôte : Mémoire facultative du Cœur Immaculé de Marie ;

16 juillet          : Mémoire facultative de Notre Dame du Mont Carmel ;

5 août             : Mémoire facultative de la dédicace de la basilique Sainte-Marie Majeure à Rome ;

15 août           : Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie ;

22 août           : Mémoire de la Vierge Marie, Reine ;

8 septembre   : Fête de la Nativité de la Vierge Marie ;

15 septembre : Mémoire de Notre Dame des Douleurs ;

7 octobre        : Mémoire de Notre Dame du Rosaire ;

21 novembre  : Mémoire de la Présentation de la Vierge Marie

Les chrétiens pensent que Dieu existe. Pour eux, Jésus, le fils de Dieu  s’est fait homme, est né en – 6 ou – 7 de notre ère à Bethléem, en Judée, alors sous occupation romaine et serait mort le 7 Avril 30*, condamné à être crucifié par les occupants romains, pour satisfaire à une demande des Autorités juives de l’époque, croyant leur pouvoir menacé. Il aurait donc vécu 36 ou 37 ans. Sa mère, Marie, l’a conçu par intervention divine**. Les chrétiens pensent même que Jésus est ressuscité trois jours après sa mort, avant de « repartir » vers son Père, préfiguration de notre propre résurrection à nous, lorsque Jésus reviendra sur terre sonner la fin de ce monde et en ouvrir un nouveau, éternel celui là.  Même si les historiens s’accordent pour considérer que le Jésus historique a bien existé (Son disciple Paul affirme qu’au moins 500 personnes l’ont vu après sa résurrection), c’est surtout la foi en Dieu qui ne met pas en doute la croyance chrétienne en Jésus et sa résurrection.

Dans une société française largement sécuralisée la question de la preuve de Dieu demeure. Or, une occasion nous est donnée d’y croire ; Je veux parler d’un phénomène qu’on appelle « les Apparitions » : la mère de Jésus, Marie, revient nous visiter régulièrement en différentes parties du monde. Des phénomènes supra-naturels étonnants accompagnent ces apparitions ; Marie prononce des prédictions qui s’avèrent exactes et des guérisons inexpliquées sont constatées chez des personnes buvant une certaine eau bénie par Marie ou qui lui adressent leurs prières.

J’ai entrepris de rassembler, dans un seul livre, les apparitions reconnues par l’Église catholique depuis 1531, ainsi que de faire référence à nombre de sanctuaires mariaux où la Vierge est vénérée sans que l’évènement qui lui a donné naissance ne fasse l’objet d’une reconnaissance officilelle pour autant. Les reconnaissances officielles ont fait l’objet d’enquêtes minutieuses, y compris de la part de personnes qualifiées (médecins, psychologues) non croyantes, et la véracité des phénomènes constatés peut difficilement être mise en doute. L’analyse comparée de toutes ces apparitions est contenue dans mon livre « Marie, nouvelle Arche de Noé ».  Vous ne pourrez plus dire : « Nous ne savions pas ! ».

* L’un des mystères essentiels du christianisme est le sacrifice de Jésus sur la croix, afin de permettre au monde d’être sauvé, c’est-à-dire de ne pas être définitivement vaincu par le Mal. On appelle ce fait « La Rédemption ». 

** L’Esprit de Dieu aurait fécondé Marie afin qu’elle enfante du Fils de Dieu.

Rosaire

A de multiples reprises au cours de l’exposé des apparitions, la vierge fait allusion au « Rosaire ». De quoi s’agit-il ? Le mot rosaire tire son nom du latin ecclésiastique rosarium qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées. 

Pour les chrétiens de confession catholique, c’est une forme de dévotion mariale qui consiste à réciter trois chapelets, composés chacun de cinq dizaines de grains ; à chaque grain correspond une prière soit : 50 prières x 3  = 150 prières en tout. 

Depuis le pontificat de Jean-Paul II, un quatrième chapelet a été ajouté, portant le total à vingt dizaines. Le chapelet comprend vingt dizaines de petits grains appelés Ave, précédées chacune d’un grain plus gros appelé Pater. Partant de l’un des grains plus gros, une branche terminale comporte trois petits grains (Ave), un gros (Pater) et un crucifix. 

Les appellations Ave et Pater correspondent au premier mot de la version latine des prières récitées. Les prières récitées dans un chapelet sont :

Pèlerinage du Rosaire à Lourdes

Ces quinze dizaines permettent de méditer sur des « mystères » liés à Marie et à Jésus. Méditer le Rosaire consiste à confier nos fardeaux au Christ et à sa Mère. « Décharge ton fardeau sur le Seigneur ; il prendra soin de toi » (Ps 55, 23). Les mystères appartiennent initialement à trois catégories : 

La Vierge du Rosaire par Dürer
Par Albrecht Dürer — 1. The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202.2. Inconnu, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=150497

Le culte marial, sujet de controverse

Au cours des siècles, de nombreux miracles et « apparitions » ont été attribués à Marie, en particulier dans l’Église catholique, qui n’en a toutefois reconnu que moins de 20, à ce jour. Plusieurs sites d’apparitions mariales sont devenus des lieux de pèlerinages importants (Guadalupe, Lourdes, Fatima).

Certains ont revendiqué des guérisons après avoir prié Marie (comme Thérèse de Lisieux lors de sa maladie en 1883). L’Église catholique indique que « par son intercession répétée [Marie] continue à nous obtenir les dons qui assurent notre salut éternel. » Les catholiques et orthodoxes vénèrent Marie et n’hésitent pas à la prier pour qu’elle intercède au près de son Fils afin d’obtenir un miracle. 

Jean Calvin, dans son Traité des reliques(1543), « énumère les nombreuses reliques dont les églises d’Europe se font les sanctuaires et dont l’amoncellement suffit à les dévaloriser, quand ce n’est pas le ridicule de certaines pièces ».  Selon Alain Houziaux, pasteur de l’Église réformée, « il y a un conflit profond et fondamental entre la piété populaire (que la dogmatique mariale catholique tente d’assumer) et l’enseignement qu’ont voulu dispenser saint Paul, saint Augustin, Luther et même le Concile de Trente ».

Marie : vraies ou fausses apparitions ?

Voici quelques repères  indispensables pour discerner les vraies apparitions mariales et mieux comprendre l’attrait, voire l’engouement, qu’elles peuvent parfois susciter chez les fidèles. (Par le Père Emile Charton. Publié le 9 juin 2015)

Qui reconnaît les vraies des fausses apparitions de Marie ?

C’est l’Église catholique qui engage sa responsabilité en reconnaissant telle ou telle apparition. Elle le fait après de longues enquêtes très minutieuses. C’est l’évêque du diocèse où ont lieu les apparitions qui se prononce.

Quatre critères guident son discernement

– La conformité du message avec la sainte Écriture et la communion avec l’Église

– La cohérence entre messagers et message

– Les fruits spirituels de conversion.

Est-on obligé de croire à ces apparitions ?

Non, les apparitions ne sont pas des objets de foi. Chacun est libre de croire ou non aux apparitions, que celles-ci soient reconnues ou non par l’Église. En effet, les apparitions n’ont pas pour rôle de fonder la foi, mais de la servir (cette expression provient du document élaboré par le « Groupe des Dombes », groupe œcuménique, sur Marie (tome 2, n° 311).

Peut-on aller en pèlerinage en ces lieux et sanctuaires?

Bien sûr, en sachant que le but, c’est de creuser le message en vue de la conversion et d’une vie toujours plus conforme à l’Évangile.

Et les apparitions non reconnues ?

Pour plusieurs apparitions l’Église s’est prononcée en ne reconnaissant pas la véracité de ce que disaient les prétendus « voyants ». Ces décisions ne sont pas prises à la légère. Elles sont prises après plusieurs années d’enquête avec des médecins, des psychologues, des théologiens. Parmi ces prétendues apparitions il y a Kérizinen (en Bretagne), San Damiano (en Italie), Garabandal (en Espagne), Lipa aux philippines.  

La sagesse consiste à entendre ce passage de évangile : « Qui vous écoute m’écoute, qui vous rejette me rejette. Et qui me rejette, rejette Celui qui m’a envoyé » (Luc 10, 16). L’attitude concrète qu’il convient d’avoir vis-à-vis des apparitions non reconnues, c’est celle de l’obéissance et de la prudence, dans l’humilité et la confiance envers l’Église qui parle par l’évêque du lieu et par Rome.

C’est aussi important d’être en communion et en charité envers les « pour » et envers les « contre » dans un esprit de recherche pour savoir ce que veut le Seigneur. Rappelons-nous la parole de Jésus (Matthieu 12, 39) à ceux qui lui demandaient un signe : « Génération mauvaise et adultère ! » De signe, il ne lui sera donné que celui du prophète Jonas » c’est-à-dire celui du Fils de l’homme qui ressuscitera trois jours après sa mort. La conclusion s’impose : une saine dévotion mariale donne fécondité à la vie chrétienne, dans l’Église Corps du Christ.

Les apparitions ne révèlent-elles pas de nouveaux messages pour notre monde ?

Non. Aucune apparition ne peut apporter quelque chose de « nouveau » par rapport à tout ce qui a été dit et annoncé dans la Bible. Les apparitions ne révèlent rien de neuf : elles ne font que nous renvoyer au message de l’Évangile, manifestant ainsi que notre conversion à la Bonne Nouvelle n’est jamais terminée.

Mais n’y a-t-il aucun scoop à attendre des apparitions ?

Saint Jean-de-la-Croix a eu des paroles très nettes sur ce sujet : « Dès lors qu’il nous a donné son Fils, qui est sa Parole, Dieu n’a pas d’autre parole à nous donner. Il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette seule Parole (…) ; car ce qu’il disait par parties aux prophètes, Il l’a dit tout entier dans son Fils (…). Voilà pourquoi celui qui voudrait maintenant l’interroger, ou désirerait une vision ou une révélation, non seulement ferait une folie, mais ferait injure à Dieu, en ne jetant pas les yeux uniquement sur le Christ, sans chercher autre chose en quelque nouveauté. » (saint Jean-de-la-Croix, Montée au Carmel).

Article réalisé avec le témoignage du Père Emile Chartron, du diocèse de Luçon, publié dans le revue diocésaine de Luçon. 

Site «  Croire » 

PS) A écouter : AVE MARIA de Pavarotti et Dolorès O’Riordan des Cranberries (you tube) 

Purgatoire :

Etat de purification pour les âmes des défunts qui n’ont pas encore atteint la perfection qu’exige la vision béatifique.

Vision béatifique  

Expression du vocabulaire spirituel désignant la rencontre personnelle avec Dieu. Cette rencontre, après la mort, est pour les chrétiens la nature du bonheur, puisque Dieu est Amour. Cette vision béatifique est l’objet même de l’espérance chrétienne.

Espérance chrétienne 

Vertu théologale dont l’objet principal est le salut, la béatitude éternelle, la participation à la gloire de Dieu. Cette vertu qui dispose le chrétien à mettre sa confiance dans les promesses du Christ, à prendre appui non sur ses forces, mais sur le secours de la grâce du Saint Esprit, le conduit par le fait même, à résister au mal et à l’épreuve et à garder confiance en l’avenir. L’Espérance s’exprime et se nourrit dans la prière. Elle se différencie de l’espoir en lui donnant sous le regard de la foi, une perspective d’éternité. (Glossaire de l’église catholique )

Enfer, du latin : infernus, ce qui est en dessous

Pour beaucoup de peuples et de religions antiques, c’est le lieu du séjour des défunts après leur mort. Pour les chrétiens, c’est la privation éternelle du bonheur qu’il y a à partager la vie de Dieu (peine du dam, d’où le mot damnation). Le Nouveau testament n’a pas de mot pour désigner l’enfer en tant que sort réservé aux pécheurs. C’est en recourant aux images en usage dans le judaïsme de son temps, que le Christ en évoque la réalité. Cet enseignement ne précise rien, tant sur la nature de ces souffrances que sur l’idée d’un lieu où elles seraient subies ; il met en garde chacun contre la possibilité effective d’un échec, à dimension éternelle, de sa vie. L’homme étant libre de refuser la plénitude de vie et de bonheur offerte par Dieu pour l’éternité.

Vision

Dans le vocabulaire religieux, une vision est une appréhension immédiate, ressentie comme indubitable, claire et directe de la présence de Dieu, du divin, d’un esprit ou d’une deïté, ou d’un phénomène surnaturel.Wikipedia

Surnaturel

Le surnaturel est l’ensemble des phénomènes qui ne sont pas explicables par les lois de la nature, de façon rationnelle, ou bien qui sont réputés provenir d’une source divine. Le surnaturel ne peut pas être étudié par la méthode scientifique, ou par la méthode expérimentale. En l’absence d’explications, les phénomènes dits surnaturels sont parfois attribués à des interventions divines (par exemple les miracles) ou démoniaques, ou d’esprits (fantômes, possession), ou de pratiques « magiques ».

Certains auteurs réservent ce mot aux phénomènes supposément produits par une cause spirituelle ou divine tel les miracles, le refusant aux phénomènes issus de causes mal connues mais appartenant au monde naturel comme le psychisme, la parapsychologie, la sorcellerie ou le spiritisme. Le surnaturel est employé dans ce sens par l’Église catholique. Cependant, certains phénomènes considérés comme surnaturels autrefois ne sont plus considérés comme tel par exemple les catastrophes naturelles. Les thèmes et créatures surnaturels sont fréquemment utilisés en littérature, notamment dans le genre fantastique, fantasy, et merveilleux. Wikipedia

A de multiples reprises au cours de l’exposé des apparitions, la vierge fait allusion au « Rosaire ». De quoi s’agit-il ?

Le mot rosaire tire son nom du latin ecclésiastique rosarium qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées. Pour les chrétiens de confession catholique, c’est une forme de dévotion mariale qui consiste à réciter trois chapelets, composés chacun de cinq dizaines de grains ; à chaque grain correspond une prière soit : 50 prières x 3  = 150 prières en tout. 

Depuis le pontificat de Jean-Paul II, un quatrième chapelet a été ajouté, portant le total à vingt dizaines. Le chapelet comprend vingt dizaines de petits grains appelés Ave, précédées chacune d’un grain plus gros appelé Pater. Partant de l’un des grains plus gros, une branche terminale comporte trois petits grains (Ave), un gros (Pater) et un crucifix. 

Les appellations Ave et Pater correspondent au premier mot de la version latine des prières récitées.

Les prières récitées dans un chapelet sont : sur la croix : le Credo. Sur les gros grains : le Notre Père (Pater Noster). Sur les petits grains : le Je vous salue Marie (Ave Maria). À la fin d’une dizaine : le Gloire au Père (Gloria Patri).

La Vierge de la fête du Rosaire par Dürer
Par Albrecht Dürer — 1. The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202.2. Inconnu, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=150497

Formule du « CREDO » ( je crois en latin), symbole des apôtres; c’est la profession de foi chrétienne.

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre.
Et en Jésus-Christ, son Fils unique,
notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint-Esprit,
est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié, est mort et a été enseveli,
est descendu aux enfers,
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu
le Père tout-puissant,
d’où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l’Esprit Saint,
à la sainte Église catholique
à la communion des saints,
à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair,
à la vie éternelle.

Prière du « Je vous salue Marie »

Je vous salue, Marie pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort
. Amen

Prière du  » Notre Père »

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal.
Amen

Prière du « Gloire au Père »

Dans le catholicisme, le « Gloire au Père » ou « Gloire soit au Père » est une doxologie, c’est-à-dire une prière qui glorifie la Sainte-Trinité. Par opposition à la prière du Gloire à Dieu, elle est parfois qualifiée de petite doxologie. Elle est notamment dite pendant la messe et durant la prière du Rosaire. Elle est souvent chantée.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, pour les siècles des siècles.

Ces quinze dizaines permettent de méditer sur des « mystères » liés à Marie et à Jésus.

Méditer le Rosaire consiste à confier nos fardeaux au Christ et à sa Mère. « Décharge ton fardeau sur le Seigneur ; il prendra soin de toi » (Ps 55, 23). Les mystères appartiennent initialement à trois catégories : 

Les « mystères joyeux » : l’Annonciation, la Visitation, la Nativité, la Présentation de Jésus au Temple, le Recouvrement de Jésus lors d’un pèlerinage à Jérusalem ; 

les « mystères douloureux » : l’agonie de Jésus, la Flagellation, le Couronnement d’épines, le Portement de la Croix, la Crucifixion ; 

enfin, les « mystères glorieux » : la Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte, l’Assomption, le Couronnement de Marie. 

Lors de l’année du Rosaire (octobre 2002 – octobre 2003), le pape Jean-Paul II a ajouté une quatrième catégorie de cinq mystères, plus spécifiquement christologiques : les « mystères lumineux ».

Ils comprennent le Baptême du Christ, les Noces de Cana, la proclamation du Royaume, la Transfiguration et l’institution de l’Eucharistie. Dans une volonté d’œcuménisme, ces mystères lumineux portent sur des épisodes de la vie de Jésus qui intègrent les préoccupations des Églises réformées, soucieuses de voir mettre l’accent sur son message. L’Église catholique recommande de méditer sur les mystères lumineux le jeudi.

« Le rosaire, c’est la liturgie du pauvre », a écrit Sylvie Germain dans Songes du Temps.

Dizainier

Le dizainier est un anneau constitué d’une croix et de 10 grains, que l’on fait glisser entre les doigts en récitant un Je vous salue, Marie pour chaque grain. Ces 10 prières peuvent être précédées d’un Notre Père, correspondant à la croix. Le dizainier rappelle, avec des dimensions plus réduites, le chapelet (5 dizaines) ou le rosaire (20 dizaines). C’est un outil passe-partout d’aide à la prière et à la méditation.

Notre Dame du Rosaire est, dans le catholicisme, une des nombreuses dénominations de la Vierge Marie, donnée depuis qu’elle s’est présentée sous ce vocable à saint Dominique, au xiiie siècle à Prouille. L’Ordre dominicain en fut un ardent propagateur. Le 13 octobre 1917 à FátimaPortugal, elle s’est aussi présentée sous ce nom.

Icône de Notre Dame du Rosaire
Prière du Rosaire ( dévotion populaire) et Fête du Rosaire, solennité liturgique, fêtée le 7 Octobre.

La fête se rattache initialement à le Confrérie du Rosaire, d’inspiration dominicaine, qui se proposait de diffuser la dévotion au chapelet. En 1571, le pape saint Pie V institua une fête de Notre-Dame de la Victoire, en action de grâce pour la victoire de Lépante ( qui unit l’Espagne, la république de Venise et les États pontificaux ) par don Juan d’Autriche sur les Turcs, victoire attribuée à la récitation du chapelet.

Grégoire XIII changea en 1573 le nom de cette fête locale en fête du saint Rosaire et la fixa au premier dimanche d’octobre. Obligatoire pour les seules églises où se trouvait érigée la confrérie du Rosaire, elle fut étendue à toute l’Espagne par Clément X. Sous Clément XI, elle devint universelle (1716), en mémoire de deux nouvelles victoires remportées sur les Turcs.

La fête de Notre Dame du Rosaire a été instituée pour méditer les mystères mariaux ( voir plus haut) et s’unir à la vie de la Vierge, ainsi que pour se souvenir secondairement de la libération de l’Occident devant la menace ottomane. Saint Pie X en fixe la fête le 7 octobre en 1913. Saint Jean XXIII change une nouvelle fois son nom en Notre-Dame du Rosaire en 1960.

12 novembre 2013 : Marie et Jésus. La Colomberie, Paris (75), France.November 12, 2013: Mary and Jesus. La Colomberie, Paris (75), France.

Pèlerinage du Rosaire à Lourdes

Chaque année, depuis 1908, au début du mois d’octobre ( Notre Dame du Rosaire est fêtée le 7 Octobre), le pèlerinage de la famille dominicaine, ou pèlerinage du Rosaire, rassemble à Lourdes plus de 20 000 pèlerins de tout âges et de tout milieux sociaux (dont 2 000 jeunes, 3 500 bénévoles, 1 500 «malades») venus de toute la France et des DOM-TOM.

La foule, lors du pèlerinage du Rosaire à Lourdes

Qui est Marie, la mère de Jésus ?

Marie est une jeune fille juive qui a dû naître en Judée, une région occupée alors par les Romains entre – 22 et – 24 de notre ère, Auguste étant empereur à Rome (- 30 à + 14). Elle est l’enfant tardive d’Anne et Joachim. 

Alors qu’elle a probablement entre 16 et 18 ans (Jésus est né en -6, -7), un être lumineux (que les chrétiens appellent l’archange Gabriel) apparaît à Marie et lui annonce qu’elle va enfanter rien de moins que le fils de Dieu ! Marie accepte ; elle est fiancée à Joseph, un charpentier, mais ce n’est pas lui qui sera le père de l’enfant Dieu ! La conception sera d’origine divine. Joseph, après avoir refusé, accepte néanmoins d’épouser Marie. Alors qu’ils se trouvent à Bethléem pour répondre à un recensement administratif et n’ont pu trouver qu’une modeste grange pour s’abriter, Marie enfante de Jésus tout près de bergers qui se trouvent là auprès d’eux.  

C’est ici que se situe l’épisode des « rois mages ».

 On appelle ainsi des savants / sages qui, ayant appris la naissance de Jésus, viennent « de l’Orient » guidés par une étoile pour rendre hommage « au roi des Juifs » et lui apporter à Bethléem, des présents d’une grande richesse symbolique : ormyrrhe et encens.

Mais, Marie et Joseph sont obligés de fuir rapidement en Egypte parce que, informé par les mages de la naissance d’un roi (Jésus), le roi Hérode Ier envoie tuer tous les enfants de moins de deux ans qui se trouvent dans la ville. Joseph et Marie resteront en Egypte jusqu’à la mort d’Hérode 1er.

Cependant, comme le fils d’Hérode 1er, Archélaüs, régnait sur la Judée à la suite de son père, Joseph s’installa avec sa famille à Nazareth, en Galilée. Plus tard, Jésus est souvent désigné par les Juifs comme « le Galiléen ». Une appellation péjorative puisque pour les juifs de Judée, les galiléens étaient un mélange de non juifs et de juifs !

(Parmi ses disciples dont l’origine est discernable, quatre ne sont pas comptés comme Juifs mais comme « Galiléens »). Pendant son enfance, Jésus partage sans doute sa vie entre l’école à la synagogue et l’apprentissage du métier de charpentier, avec son Père. Plus tard, la prière et l’enseignement de la Bible occuperont sa vie puisque Jésus deviendra un Rabbi,titre donné aux sages ayant reçu l’ordination rabbinique (l’équivalent d’un prêtre catholique). 

La vie de Marie pendant toute cette période est celle de toute mère juive s’occupant de son enfant, le nourrissant, l’instruisant selon les rites religieux** de l’époque (présentation au temple*) veillant sur lui, craignant pour lui, par exemple quand il disparaît au Temple lorsqu’il a 12 ans, et en même temps, une mère tout à fait particulière (comment ne pas l’être ?) se demandant sans doute souvent comment exister à côté de cet être auquel elle a donné un corps humain, mais qui est le fils de Dieu ! La réponse, on la connaît : une tendresse teintée d’une grande humilité ! Jamais elle n’oubliera qu’à la visite de l’ange lui annonçant la conception, elle a répondu : Je suis la Servante du Seigneur ; qu’il soit fait selon Sa volonté.

Pourtant Marie a reçu une grâce particulière qui la distingue de tous les humains, et qui va beaucoup l’aider dans cette tâche de « maman du christ » : elle n’est pas soumise au Mal ; les chrétiens désignent cette particularité sous le terme compliqué « d’immaculée conception », c’est à dire qu’elle est née exempte du « péché originel » et donc de la possibilité de commettre un péché défini par le catéchisme catholiquecomme « une  faute contre la raison, la vérité, la conscience droite, un manquement à l’amour véritable envers Dieu et envers le prochain, à cause d’un attachement pervers à certains biens »

Présentation au Temple 

La présentation de Jésus au Temple est un événement de la vie de Jésus tel que relaté dans l’Évangile selon Luc (Lc 2:22s). Accomplissant une prescription de la loi juive – « Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur » (Ex 13:2,11-13) – les parents de l’enfant Jésus le présentent et l’offrent au Temple de Jérusalem. Il y est reçu par le vieillard Symeon quiles bénit, et dit à Marie, sa mère : « Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël et à devenir un signe qui provoquera la contradiction et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées » (Luc 2, 25-35).

** Les différents types de rites juifs 

Il y a ceux qui sont liés à des événements de la vie : naissance, circoncision, passage à l’âge adulte, menstruation, mariage, décès… ; ceux qui sont liés à des fêtes : sonneries du chofar (corne de bélier) pour Rosh Hashana (le Nouvel An), jeûne à Yom Kippour, construction d’une cabane dans laquelle on mange et dort pendant sept jours à Soukkot, consommation de galettes de pain azyme et préparation d’un repas spécial pour Pessah (la Pâque).

Lors de chacune de ces fêtes, les passages bibliques s’y rapportant sont lus à la synagogue et en famille. S’ajoutent enfin différents rites au quotidien : ablutions, récitation des bénédictions et actions de grâce au lever, après un repas, au coucher, etc. Mais particulièrement importants pour tout juif pratiquant sont les rites de la cacheroute, caractérisés par deux familles d’interdits : la consommation de certains animaux, et le mélange de la viande et du lait, ainsi que ceux du shabbat, le repos hebdomadaire, pour lequel les Sages ont dressé une liste de 39 catégories d’activités défendues.

C’est pendant les 3 ans du ministère public de Jésus, (qui commence lorsqu’il a 33 ans) c’est à dire la période où il va révéler au monde qu’il est la Parole de Dieu, son Père et qu’il choisit ses apôtres, que Marie va vivre la période la plus difficile de sa vie : surtout les vexations du clergé juif hostile à ce « faux prophète » qu’est son fils ;

surtout, cette période se termine par ce que les chrétiens appellent la passion du Christ, qui correspond à tous les événements qui ont précédé et accompagné la mort de Jésus : les humiliations et les souffrances que Jésus va endurer depuis son procès devant le tribunal des Autorités juives, la comparution devant Hérode puis Pilate, le gouverneur romain, accompagnée d’une sévère flagellation, son chemin vers le supplice de la crucifixion, portant sa croix.

Tout au long de ce calvaire, Marie sans doute était présente ou à proximité et souffrait dans sa chair de mère, les souffrances infligées à son fils, jusqu’au pied de la croix où Jésus, en lui désignant l’apôtre Jean, lui dit : « Femme, voici ton fils » ! »

Après la mort et la grande joie de la résurrection de son fils Jésus, Marie a d’abord vécu à côté des apôtres et reçu, avec eux, la flamme de l’Esprit de Dieu, lors de l’épisode dit de la Pentecôte, honorant ainsi une promesse de Jésus ayant promis de se faire remplacer sur terre par la présence de l’Esprit divin que les chrétiens appellent « l’Esprit saint ». Mais Jésus est surtout présent réellement et pas seulement spirituellement, au cours de la célébration de l’Eucharistie.

l’Eucharistie est un épisode de la messe, l’office catholique, où Jésus s’incarne « réellement » dans le pain et le vin, au moment où l’officiant catholique invoque sa présence ; ce pain, distribué aux fidèles sous la forme d’une hostie, leur permet donc d’avoir leur Dieu présent en eux ! 

Ensuite, Marie a été hébergée par l’apôtre Jean jusqu’à sa mort. Une mort un peu spéciale puisque Marie a été élevée au ciel, corps et âme ; c’est la fête de l’Assomption que les catholiques fêtent le 15 Août.

De là-haut, Marie, qu’on peut considérer comme le quatrième personnage le plus important à côté de Dieu le Père, Jésus son fils et leur Esprit commun qu’on appelle le saint Esprit, (mais qui est aussi une personne) est loin d’être inactive. Régulièrement, elle revient sur terre attester de l’existence de cette vie qui nous attend après la mort et nous rappeler le moyen d’y être reçu dans le bonheur parfait et éternel (béatitude) qui règne au Royaume du Père et que les chrétiens appellent le ciel !

Outre mon livre  » La preuve de Dieu » qui relate toutes les apparitions de Marie, un second intitulé « La nouvelle Arche de Noé », a pour objet de se livrer à une analyse comparée des principales Apparitions, et surtout, d’expliciter les messages de la Vierge et la raison d’être des Apparitions. 

*Marie, se dit Maryam, en araméen, la langue de Jésus, Myriam, en hébreu, María, en grec et Maryam, en arabe. 

Les Églises catholique et orthodoxe accordent une place essentielle à Marie, qu’elles appellent Marie de NazarethSainte ViergeVierge MarieNotre Dame (plus souvent chez les catholiques francophones) ou Mère de Dieu (chez les orthodoxes comme chez les catholiques). Dans les Églises catholique et orthodoxe, Marie est l’objet d’un culte particulier, supérieur au simple culte rendu aux saints et aux anges, appelé le culte d’hyperdulie. C’est un point de divergence important avec le protestantisme et les Églises réformées.

La mariologie est la branche de la théologie chrétienne qui étudie la place de Marie, mère de Jésus-Christ, dans le mystère du salut du monde. De même que la christologie et la pneumatologie étudient respectivement le Christ et le Saint-Esprit, la mariologie étudie ce qui concerne Marie, mais jamais indépendamment du mystère du Christ.

La mariologie se fonde sur la tradition ancienne des Pères de l’Église et des premiers conciles œcuméniques et fournit des bases théologiques au culte marial.

La mariologie catholique

Les nombreux textes apocryphes postérieurs aux Évangiles ont contribué à développer la mariologie. Le plus important d’entre eux est sans doute le Protévangile de Jacques, datable du milieu du IIe siècle et qui se dit écrit par Jacques le Juste. C’est lui qui développe le thème de l’absolue pureté de Marie en rajoutant à sa virginité perpétuelle le fait qu’elle-même ait été conçue de façon miraculeuse malgré la stérilité de sa mère Anne. Le catholicisme voit dans ce miracle l’ébauche du dogme de l’Immaculée Conception, mais l’Église orthodoxe rejette ce point de vue qui tend à isoler la Mère de Dieu du reste de l’humanité.

Le catholicisme a insisté sur les thèmes suivants : célébration d’Anne et de Joachim, les parents de la Vierge, Présentation de la Vierge au Temple, Éducation de la Vierge, tous issus du Protévangile de Jacques.

La mariologie se développe à la fois dans les Églises d’Orient et d’Occident une fois que le premier concile de Nicée a établi le dogme de la consubstantialité de Jésus-Christ. Marie est appelée la « nouvelle Ève », celle qui met fin au péché originel en enfantant le Christ. En 431, au concile d’Éphèse, la définition dogmatique de Marie, mère de Dieu, est donnée. Sa pureté est réaffirmée par la croyance en l’Assomption, attestée dès la seconde moitié du vie siècle, suivant en cela le récit de la Dormition de Marie.

L’orthodoxie vénère la Mère de Dieu d’une façon un peu différente.

Catholiques et orthodoxes ont en commun la vénération de Marie. Mais cette vénération revêt des accents différents. Le dogme de l’Immaculée Conception est étranger à l’orthodoxie. Par Isabelle de Gaulmyn. Publié le 24 mars 2014. 

Pas de dogme chez les orthodoxes

L’Église orthodoxe n’a guère dogmatisé sur Marie. Le dogme romain concernant l’Immaculée Conception est tout à fait étranger à l’orthodoxie, tout comme lui est étranger cette idée de transmission du péché originel par l’acte sexuel, en référence à saint Augustin.

L’Assomption n’est pas dogmatisée chez les orthodoxes. Nous préférons parler de Dormition, ceci pour insister sur la caractère humain de la mort de Marie, tout en affirmant que cette mort coïncide avec sa glorification auprès de son Fils. Du point de vue dogmatique, l’Église orthodoxe s’en tient à Marie, Mère de Dieu (Théotokos), selon la définition retenue par le concile d’Éphèse (431). 

Marie, inséparable de l’Incarnation

Il s’agit donc essentiellement d’un dogme christologique : Marie est Mère du Fils de Dieu fait homme en l’unique personne duquel nature humaine et nature divine sont inséparables. Dans la liturgie, la vénération concernant Marie s’exprime lors de la prière qui vient directement après l’épiclèse (invocation du Saint-Esprit) : «Plus vénérable que les chérubins et incomparablement plus glorieuse que les séraphins, Toi qui sans tache enfantas Dieu le Verbe, Toi qui es vraiment Mère de Dieu, nous te glorifions». 

La vénération à Marie s’inscrit donc dans un mystère ineffable, tout comme l’incarnation, à qui il se trouve lié. C’est sans doute ce qui caractérise l’attitude orthodoxe par rapport à une approche plus rationnelle de l’Occident, qui a ressenti le besoin de formuler des dogmes. Le mystère de Marie est inséparable de celui de l’incarnation. 

Marie, figure de l’humanité

En même temps, Marie est une lumière qui éclaire le destin de l’humanité. Elle est la figure de l’humanité qui participe à l’acte salvifique de Dieu. En effet, Marie représente la liberté humaine. En Marie, je ne contemple ni la femme idéale, ni une divinité féminine compatissante à côté d’un Dieu masculin impitoyable.

Marie incarne l’humanité qui accueille la Parole de Dieu, selon la synergie de la liberté humaine et de la grâce divine. J’insiste sur la liberté : cette femme, cette humaine dont le Dieu transcendant a voulu avoir besoin pour réaliser son dessein d’amour n’est pas entre ses mains un instrument passif.

Son obéissance ­ son Fiat ­ est celle d’une femme libre, inspirée par une foi totale, comme l’a si bien exprimé Nicolas Cabasilas, un grand spirituel byzantin du XIVe siècle : «Quand Dieu a décidé d’introduire dans le monde son fils premier-né pour renouveler l’humanité en faisant de lui un second Adam, il fait participer la Vierge à son dessein. Cette grave décision, Dieu la prononça, et la Vierge la ratifia. L’incarnation du Verbe ne fut pas seulement l’œuvre du Père, de son Verbe et de son Esprit. Elle fut aussi l’œuvre de la volonté, de la foi, de la Vierge». 

Marie, modèle du vrai disciple

C’est donc avec tout son être, corps, âme et intelligence, que Marie participe au mystère divin. Trop souvent en effet on exalte la maternité physique, en privant les hommes de la richesse symbolique que leur offre Marie. Or, nous sommes tous, hommes et femmes, appelés à enfanter le Christ. Marie est le modèle du vrai disciple, qui accepte la Parole de Dieu, adhère de tout son coeur et se soumet.

Tous appelés à l’accueil

Au niveau symbolique, Marie est l’anticipation de l’«Homme nouveau». «Les hommes sont des hommes, mais l’Homme est une femme», a dit l’écrivain anglais G. K. Chesterton, cité par Kallistos Ware, théologien orthodoxe. Hommes et femmes, nous sommes tous appelés à cette attitude d’accueil, d’ouverture à l’autre et d’offrande, dont, selon le symbolisme biblique, l’épouse et l’amante sont la figure.

Dans l’Évangile de Jean, ce groupe, au pied de la Croix, formé par Marie et «le disciple que Jésus aimait», représente l’Église : c’est l’ensemble des croyants que Jésus confie alors à sa mère, qu’il lui demande d’accueillir. Marie représente ainsi l’humanité, même si, comme personne, elle joue un rôle unique dans l’histoire du Salut. 

Les quatre dogmes concernant la vierge Marie

En 431 le concile d’Éphèse proclame le dogme de la maternité divine : Marie est la « Théotokos« , qui a enfanté Dieu ou Mère de Dieu.

En 649, le pape Martin Ier au synode de Latran proclame le dogme de sa virginité perpétuelle.

En 1854, Pie IX définit le dogme de l’Immaculée Conception : Marie n’est pas atteinte par le péché originel.

En 1950, Pie XII définit le dogme de l’Assomption.

En outre, le concile Vatican II lui attribue un certain nombre de qualificatifs : « La bienheureuse Vierge est invoquée dans l’Église sous les titres d’avocate, d’auxiliatrice, de secourable, de médiatrice, tout cela cependant entendu de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n’en résulte quant à la dignité et à l’efficacité de l’unique Médiateur, le Christ. » (Lumen Gentium no 62, repris dans le Catéchisme de l’Église catholique no 969).