Notre Dame de Coromoto est le nom donné à la Vierge Marie lors de son apparition à un indigène du Venezuela en 1652. C’est une figure catholique du continent américain. Le culte de la Vierge de Coromoto est particulièrement répandu au Venezuela, nation dont elle est la patronne.
Quand la ville de Guanare, capitale de l’état de Portuguesa, fut fondée en 1591, les natifs qui habitaient dans la région, les Cospes, fuirent vers la forêt au nord de la ville pour échapper aux conquistadores, rendant difficile l’évangélisation que ces derniers avaient entrepris. La tradition place la première apparition de Marie le 8 septembre 1652, dans la forêt où s’étaient enfuis les Indiens. Elle aurait dit au cacique des Cospes, l’indien Coromoto, et à sa femme : « Vous allez à la maison des blancs et vous leur demandez qu’ils vous donnent l’eau sur la tête pour pouvoir aller au ciel », c’est-à-dire pour se faire baptiser.
Selon la tradition orale, le cacique raconta tout à son encomendero, don Juan Sánchez ; celui-ci lui demanda de se préparer avec sa tribu pour recevoir le baptême huit jours plus tard. Des Indiens Cospes se convertirent et se firent baptiser, mais pas le cacique qui fuit. La légende place à ce moment la seconde apparition de Marie : Coromoto, rendu aveugle par la colère, aurait levé le bras pour la saisir, mais elle aurait disparu. La tradition veut que l’apparition se soit matérialisée dans une marque faite de fibres d’arbre qui se trouve aujourd’hui dans le sanctuaire national de Notre-Dame de Coromoto. Dans le conte, Coromoto est mordu par un serpent venimeux ; blessé et sur le point de mourir, il revient à Guanare et y reçoit le baptême que lui administre un barinais. Guéri, il consacre ensuite le reste de sa vie à l’évangélisation des Cospes qui s’étaient, sous son commandement, opposés aux conquérants.
Statue de Notre Dame de Coromoto Par Guillermo Ramos Flamerich — Travail personnel, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1464821
Le pape Pie XII déclara en 1950 Notre-Dame de Coromoto patronne du Venezuela. Le pape Jean-Paul II couronna la statue lors de sa visite au sanctuaire marial de Guanare et le pape Benoît XVI éleva le sanctuaire national de Notre-Dame de Coromoto au rang de basilique mineure.
Son histoire débute au milieu de l’année 1717, quand arriva à Guaratinguetá la nouvelle que le comte d’Assumar, Pedro de Almeida e Portugal, gouverneur de la capitainerie de São Paulo e Minas de Ouro d’alors, allait passer voir la population sur le chemin de Vila Rica(actuelle ville d’Ouro Preto) à Minas Gerais. Désirant lui rendre hommage en lui offrant leur meilleure pêche, les pêcheurs Domingos Garcia, Filipe Pedroso et João Alves lancèrent leurs filets dans le rio Paraíba do Sul. Après plusieurs tentatives infructueuses, en descendant le cours du fleuve et il arrivèrent à Porto Itaguaçu le 12 octobre. Sans grand espoir, João Alves lança alors son filet dans les eaux et ramena le corps d’une statue de la vierge Marie sans tête. Une nouvelle tentative permit de ramener la tête. Les pêcheurs enveloppèrent alors l’objet trouvé dans un drap et, encouragés par l’événement, lancèrent à nouveau les filets avec tant de succès qu’ils obtinrent une pêche abondante.
Pendant quinze ans, la statue resta chez Felipe Pedroso, où les personnes du voisinage se réunissaient pour prier. La dévotion pour cette statue croissait parmi le peuple de la région et beaucoup de choses furent obtenues par ceux qui priaient face à elle. La renommée des pouvoirs extraordinaires de la statue de la Vierge se répandit dans toutes les régions du Brésil. La famille Pedroso construisit alors un oratoire qui se révéla vite trop petit. Vers 1734, le chapelain de Guaratinguetá construisit une chapelle sur le sommet du morro dos Coqueiros, ouverte à la visite à partir du 26 juillet1745. Devant l’augmentation du nombre de fidèles, une nouvelle église fut mise en construction en 1834, l’actuelle vieille basilique (basílica velha en portugais).
Le 6novembre1888, la princesse Isabelle visita pour la seconde fois l’église et fit don à la sainte d’une couronne d’or incrustée de diamants et de Rubis ainsi que d’un manteau bleu. En 1894 un groupe de prêtres et de moines rédemptoristes arriva à Aparecida pour organiser l’accueil des pèlerins venant aux pieds de la statue pour prier la Vierge « sortie des eaux ». Le 8septembre1904, la statue fut solennellement couronnée par José Camargo Barros. Le 29avril1908, l’église reçut le titre de basilique mineure. Vingt ans plus tard, le 17décembre1928, la localité qui s’était développée autour du morro dos Coqueiros devint une municipalité indépendante. En 1929, Notre-Dame d’Aparecida fut proclamée « Reine du Brésil » et Sainte Patronne officielle du pays par le papePie XI.
Statue de Notre dame d’Aparecida Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=181631
Rome, 12 Avril 1947, la Vierge de la Révélation. ( Italie)
Il haïssait l’Église et le Pape jusqu’au jour où la Vierge Marie lui apparut dans la grotte des Trois Fontaines à Rome, en avril 1947.
Le 12 avril1947, Bruno Cornacchiola, un père de famille italien anti-catholique, aurait vu Notre-Dame avec ses trois enfants dans une grotte près de Rome, qui se présenta à eux comme la Vierge de la Révélation.
Bruno Cornacchiola
La Vierge de la Révélation est l’appellation par laquelle l’Église catholique vénère la Vierge Marie, suivant des apparitions survenues à partir du 12 avril 1947 à Bruno Cornacchiola, près de l’abbaye de Tre Fontane, dans le sud de Rome. Les apparitions n’ont pas fait l’objet d’une reconnaissance officielle par l’Église, mais en 1956, le papePie XII a autorisé la construction d’un sanctuaire et le culte à la Vierge de la Révélation a été autorisé. Elle leur demanda de prier beaucoup, et annonça notamment qu’elle avait été épargnée de la corruption après la mort, ce qui aurait déterminé la décision de Pie XII de proclamer son assomption comme un dogme. Un sanctuaire a été construit en 1956 et le culte à la Vierge de la Révélation est autorisé depuis 1987.
Dix ans avant…
Le 12 avril 1937, dix ans avant les apparitions à Bruno Cornacchiola, Luigina Sinapi (1916-1978), aurait vu la Vierge Marie dans la grotte des Tre Fontane. Elle lui aurait annoncé que dans dix ans elle apparaîtrait ici à un anticatholique et qu’il se convertirait. Elle lui annonça aussi l’élection du cardinal Pacelli, futur Pie XII, sur la chaire pontificale.
Luigina Sinapi est née le 8 septembre 1916 à Itri dans le Latium. Dès son plus jeune âge, elle bénéficie de grâces spéciales : l’Enfant-Jésus se manifeste à elle. Voulant en avoir le coeur net, sa maman se rend avec elle chez Padre Pio qui confirme l’origine céleste des phénomènes. Cette première rencontre avec Padre Pio sera suivie de nombreuses autres. La maman de Luigina mourut à l’âge de 44 ans. Dès lors, Luigina se sent responsable de ses frères et de sa soeur, la gardienne de son père et de sa grand-mère. Elle n’avait que seize ans. Elle entre alors dans la voie douloureuse et hérissée d’obstacles qui s’ouvre devant elle, mais qui sera pourtant parsemée de faveurs divines. Deux ans plus tard, Luigina se trouve à Rome, placée chez des oncles. Dans la ville éternelle, les humiliations ne lui sont pas épargnées… Parlant de sa soeur, Pierre déclare: « Gina avait un don singulier: elle prévoyait et pressentait les événements. On ne pouvait rien lui cacher. Elle savait tout à notre sujet. Son regard doux et pénétrant fixait son interlocuteur et c’était comme si elle lisait dans un livre ouvert… ».
Luigina Sinapi
Le voyant : Bruno Cornacchiola
Bruno Cornacchiola (9 mai1913 – 22 juin 2001), après avoir été marié, participa à la guerre d’Espagne comme volontaire, parmi les Républicains. Il devint protestant, après avoir été convaincu par un militaire allemand luthérien. Dès lors, il projette de tuer le pape, afin de « libérer le monde d’un tyran ». Fanatique anticatholique, il bat sa femme Iolanda (1909-1976), qui, elle, est très pieuse. Elle réalisera plusieurs neuvaines pour obtenir la conversion de son mari. Après l’avoir supplié à genoux, elle obtiendra de Bruno qu’il suive la dévotion des neuf vendredis, consacrés au Sacré-Cœur de Jésus.
L’histoire
Le 12 avril 1947, il se retire avec ses trois enfants – Gianfranco (4 ans), Carlo (7 ans) et Isola (10 ans) – dans le lieu-dit des Tre Fontane, situé en dehors de la ville de Rome, que la tradition chrétienne désigne comme le lieu de la décapitation de l’apôtre Paul, vers l’an 67. Pendant que les enfants jouent à la balle, Bruno Cornacchiola prépare une conférence où il combat l’idée de l’Immaculée Conception et de l’Assomption de la Vierge Marie.
Alors que ses enfants l’appellent pour retrouver la balle qu’ils viennent de perdre, Bruno retrouve Gianfranco, à genoux, les mains jointes et en extase devant une grotte naturelle. Il répète : « La belle dame ! la belle dame ! » Appelant ses autres enfants, Gianfranco et Isola tombent eux aussi en extase. Bruno tente de les déplacer mais il n’y parvient pas. Selon son propre témoignage, on aurait dit du plomb. Il s’engouffre dans la grotte pour voir cette dame, mais il ne voit rien.
Grotte du sanctuaire aux Tre Fontane Par Fczarnowski — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24487847
« Je suis celle qui est dans la divine Trinité. Je suis la Vierge de la Révélation. Tu me persécutes ; arrête maintenant ! Entre dans le troupeau élu, cour céleste sur la terre. La promesse de Dieu est, et reste immuable : les neuf vendredis du Sacré-Cœur que tu as observés pour faire plaisir à ta fidèle épouse avant de suivre le chemin de l’erreur t’ont sauvé ! »
Pour lui montrer la preuve que cette apparition ne venait pas de son imagination, elle aurait poursuivi en lui indiquant, en détail, sa rencontre avec deux prêtres, qui l’aideraient dans sa conversion. Quelques jours plus tard, tout se passa comme la Dame lui avait dit, et il se lia d’amitié avec Don Sfoggia et Don Frosi.
Puis elle lui aurait dit :
« Tu te rendras ensuite chez le Saint-Père, le Pasteur suprême de la chrétienté, et tu lui remettras personnellement mon message. Quelqu’un que je t’indiquerai, te conduira chez le pape. Parmi ceux qui t’entendront raconter cette vision, il y en aura qui ne te croiront pas, mais ne te laisse pas décourager. Qu’on prie beaucoup et qu’on récite le rosaire quotidien pour la conversion des pécheurs, des incrédules et pour l’unité des chrétiens. Les Ave Maria que vous dites avec foi et amour sont autant de flèches d’or qui rejoignent le Cœur de Jésus«
La Vierge de la Révélation
Après l’apparition, Bruno et ses enfants se recueillirent. Rentrés à la maison, il expliqua tout à sa femme et il lui demanda pardon de l’avoir frappé par le passé. Dès lors, il ne fut plus jamais violent et il devint un catholique convaincu. Le 12 avril1948, il fonda l’Association des Ardents du Christ Roi Immortel, pour la propagation de la spiritualité et des messages données par la « Vierge de la Révélation ». Malgré tout, Bruno Cornacchiola continue son métier de conducteur de tramway et vivra très simplement jusqu’à sa mort, offrant peu d’apparitions publiques.
Entré par hasard en contact avec la sœur du pape, c’est le 9décembre1949 que Bruno rencontra le papePie XII, à qui il remit, en pleurant, le poignard avec lequel il avait voulu le tuer. Il lui transmit le message que la Dame lui avait confié :« Mon corps ne s’est pas corrompu, car il ne pouvait se corrompre. Mon divin Fils et les anges sont venus à ma rencontre à l’heure de ma mort.«
Le 12 avril 1980, pour le 33eanniversaire de l’apparition, plusieurs milliers de personnes réunies aux Tre Fontane assistèrent à un « miracle du soleil ». L’astre se serait mis en mouvement et le ciel serait devenu bleu, violet puis rose.
Le 23février1982, la Dame apparut à nouveau Bruno et lui demanda la construction d’un sanctuaire. Elle lui aurait dit : « Viendront y prier les assoiffés, les égarés. Ils y trouveront l’amour, la compréhension, la consolation : le vrai sens de la vie. Ici, dans cet endroit de la grotte où je suis apparue plusieurs fois, ce sera le sanctuaire de l’expiation, comme si c’était le purgatoire sur la Terre. Il y aura une porte au nom significatif de porte de la Paix. Tous devront entrer par cette porte. »
Comme Ida Peerdeman à Amsterdam, Bruno Cornacchiola bénéficie de visions prophétiques.
En 1956, Pie XII autorise la construction du sanctuaire aux Tre Fontane et bénit la statue de la Vierge qui y sera placée.
En 1987, le culte est autorisé par le Saint-Siège à la Vierge de la Révélation. Le vicaire général du pape pour le diocèse de Rome est envoyé au sanctuaire où il célèbre la messe. Dix ans plus tard, en 1997, Jean-Paul II décrète le nom du sanctuaire comme : Notre-Dame du Troisième Millénaire aux Trois Fontaines.
Syracuse (Siracusa en Italien, Sarausa en sicilien) est une ville italienne d’environ 123 000 habitants située sur la côte, dans le sud-est de la Sicile. Syracuse est fondée au VIIIe siècle av. J.-C. par des colons grecs venant de Corinthe. Elle est aujourd’hui la principale ville de la province de Syracuse. Cicéron l’a présentée comme la plus grande et la plus belle des villes grecques. Depuis 2005, son centre historique fait partie du patrimoine mondial de l’humanité établi par l’Unesco.
La ville de Syracuse Par cc-by-2.0, Attribution, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=23148161
Vierge des Larmes (italien : Madonna delle Lacrime) est le vocable sous lequel est invoquée la Vierge Marie, telle que ce serait manifestée à Syracuse, en Sicile, Italie, en 1953. Une effigie représentant le Cœur immaculé de Marie aurait été l’objet de lacrimations à plusieurs reprises. Des analyses auraient démontré que ces larmes seraient de type humain.
La statuette de la Sainte Vierge des Larmes, conservée dans la basilique-sanctuaire du même nom à Syracuse. Par Hein56didden — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=33346997
Les lacrimations seraient advenues à Syracuse du 29 août au 1er septembre 1953, au numéro 11 de la Via degli orti di San Giorgio, foyer de deux jeunes époux : Angelo Iannuso et Antonina Lucia Giusto. Celle-ci, dans l’attente de son premier fils, avait eu une grossesse difficile, lui causant une baisse de la vue.
Vers les trois heures du matin du 29 août, elle perdit entièrement la vue, avant de la retrouver vers huit heures, moment où elle s’aperçut que des larmes coulaient d’une effigie pieuse posée au-dessus du lit, représentant le Cœur immaculé de Marie. Cette statuette de plâtre (23 cm × 28 cm), était un cadeau de mariage, qu’ils avaient célébré le 21 mars de cette même année.
La statuette originale de la Vierge des Larmes Par rie yoshida — Travail personnel, CC BY 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=40565863
L’image de la Vierge portant un scapulaire du » sacré coeur », reproduit la vision d’Estelle Faguette, le 19 Février 1976, lors des apparitions de Notre Dame de Pellevoisin, en France.
D’après leurs déclarations, les lacrimations se répétèrent 58 fois et la nouvelle se répandit rapidement dans Syracuse, au point que de nombreux fidèles, curieux et malades vinrent se presser dans cette maison de quartier populaire.
Don Giuseppe Bruno, prêtre responsable de la paroisse, reçut l’autorisation de ses supérieurs de soumettre ces évènements à une expertise scientifique. Le 1er septembre, la commission préleva un centimètre cube de liquide qui sortait des yeux de la Madone; après analyses, l’origine du liquide est estimé de ‘type humain’.
Après un examen du cadre, le phénomène fut déclaré inexplicable sans toutefois écarter certaines possibilités de manipulations. En effet Luigi Garlaschelli, membre du Cicap (Comitato italiano per il controllo delle affermazioni sul paranormale) reproduisit le « miracle » à partir d’une copie de la statue en matériel poreux imbibée d’un liquide salin.
Le cardinalErnesto Ruffini reconnaît les faits comme authentiques après une enquête canonique, et un imposant sanctuaire fut construit et consacré par Jean-Paul II en 1994.
Notre Dame d’Akita, au Japon, est une apparition reconnue, où la statue de la vierge, reproduisant l’image de la Dame de tous les peuples a Amsterdam, pleure abondamment et donne à voir un phénomène de sudation impressionnant.
Dans la soirée du 21 août 1879, la femme de ménage de la cure de Knock est surprise de voir sur sur le pignon sud de l’église communale de Knock, une mystérieuse lumière. Dans cette lumière se trouvaient trois personnages debout devant le mur : la Sainte Vierge, saint Joseph et saint Jean. Patrick Hill un voisin, a vu également des anges. Les témoins voient aussi un «autel » sur lequel se tenait un «agneau » derrière lequel une croix était plantée. Cette apparition a été vue par 15 personnes, de tous âges. Cette apparition de la Vierge est la toute première manifestation mariale en Irlande.
La Vierge était en silence à Knock parce que, peut-être, était-elle en train d’écouter ? Saint-Joseph ne parle pas. Il est l’homme du silence. Saint Jean apparaît sous les traits d’un évêque. Il est le prédicateur officiel et c’est ainsi que les gens simples le virent. Ils étaient impressionnés par la force qui émanait de lui. Il tenait un livre dans ses mains. Si vous voulez trouver le message de Knock, peut-être devrez vous ouvrir l’Apocalypse. Dans ce dernier livre de la Bible, se trouve le mystère de « l’Agneau de cinq ou six semaines, qui a été vu à Knock.
Jean Paul II s’y rend en 1979
Une enquête diocésaine commencée en 1879 rend un verdict positif en 1880, confirmé par une nouvelle enquête en 1936. Le curé, Monsignor James Horan, fait construire un nouveau sanctuaire en 1967 ; la nouvelle église est consacrée par le cardinal Conway en 1976 ; le papeJean-Paul II s’y rend, pour célébrer le centenaire de l’apparition, en 1979, et érige le sanctuaire en basilique.
Our Lady of Knock Basilica, Co Mayo, Éire Par MaxPride — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4082252
Knock est aujourd’hui un des hauts lieux de pèlerinage catholique en Irlande.
Knock est considéré comme le Lourdes irlandais. Contrairement à d’autres authentiques apparitions reconnues par l’Église, celle de Knock est restée totalement muette. Marie n’y a donné aucun message*, sinon de par la vision elle-même, l’importance de l’eucharistie. Le pèlerinage personnel du papeJean-Paul II en 1979 a inspiré une dévotion encore plus grande pour le lieu saint. Mère Thérésa de Calcutta a visité le lieu saint en juin 1993 et 1 million et demi de pèlerins s’y rendent chaque année. Le site est ouvert toute l’année.
Notre Dame de Knock
A Pontmain, en France, La vierge est également restée muette mais un message écrit s’est néanmoins inscrit dans le ciel, à côté de l’apparition.
Knock Shrine, Ireland By Paul Cowan – https://www.flickr.com/photos/paultcowan/210379562, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1997915
L’apparition de la Vierge Marieà Walsingham en 1061.
Walsingham est un joli petit village de moins de 1 000 habitants situé dans le comté de Norfolk, dans l’Est-Anglia, à environ 200 km au nord de Londres et à moins de 10 km de la mer du Nord. Un sanctuaire à Notre Dame a été établi ici au milieu du XIe siècle, juste avant la conquête normande (Guillaume le Conquérant en 1066), bien que la date précise soit obscure (peut-être en 1061).
À l’origine de ce sanctuaire se trouve une apparition de la Bienheureuse Vierge Marie à une femme noble saxonne nommée Richeldis de Faverches qui reçut la demande de construire une réplique de la Sainte Maison à Nazareth en l’honneur de l’Annonciation de Notre Dame. Des recherches récentes ont suggéré que la fondatrice du sanctuaire était peut-être Edith the Fair, épouse du roi Harold.
Au fil du temps, le sanctuaire a grandi et prospéré ; au siècle suivant, en 1153, un prieuré de chanoines augustins fut établi pour administrer le sanctuaire. Le sceau du prieuré présentait l’image d’une Vierge assise avec le Saint Enfant et le texte « Ave Maria Gratia Plena Dominus Tecum » (« Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous »).
Notre Dame de Walsingham
Des visiteurs modestes et royaux.
Les pèlerins venaient de toute la Grande-Bretagne au sanctuaire de Notre-Dame de Walsingham. Il y avait une route très fréquentée provenant de Londres et du Sud. Walsingham en vint à se classer aux côtés de Canterbury et de Glastonbury comme l’un des plus grands sanctuaires du pays (et l’un des plus grands sanctuaires mariaux d’Europe).
Le pèlerinage à Walsingham était certainement plus facile que le long voyage à Saint-Jacques-de-Compostelle ou à Rome, sans parler de Jérusalem. À partir du règne d’Henri III (1216-1272), plusieurs rois d’Angleterre firent le pèlerinage à Walsingham, dont Edward Ier (une douzaine de fois !), Henry VI (largement vénéré en East Anglia après sa mort ; il fut proche de la canonisation) et enfin le célèbre Henri VIII avec sa première épouse Catherine d’Aragon.
Pieux catholique au début de sa vie, Henri VIII avait une dévotion particulière à Notre Dame de Walsingham, on dit qu’il s’arrangeait pour qu’il y ait de sa part un cierge allumé en permanence devant l’image de Notre Dame à Walsingham et qu’il payait un prêtre au sanctuaire pour qu’une messe à son attention soit dite régulièrement. Il aurait même invoqué Notre Dame de Walsingham sur son lit de mort. Mais les événements politiques devaient se mêler à la religion. Le désir ardent d’Henri VIII d’avoir un héritier masculin en se remariant avec Anne Boleyn (et le besoin continu d’argent des Tudor) a conduit à la dissolution des monastères ainsi qu’à la Réforme anglicane en Angleterre autour de 1533.
La fin d’une ère.
Le prieuré de Walsingham est supprimé en 1538, son sous-prieur Nicholas Mileham est reconnu coupable de trahison pour avoir conspiré pour se rebeller contre la suppression des monastères et pendu hors des murs du prieuré. L’or et l’argent du sanctuaire sont confisqués, tandis que l’image de Notre-Dame de Walsingham (les iconoclastes parlent de « la sorcière de Walsingham ») est apportée à Londres en juillet 1538 et ensuite brûlée. Le sanctuaire cesse d’exister, le prieuré devient une ruine. Les pèlerinages organisés ont cessé, bien que des individus dévots aient sans doute continué à visiter le village. Une ballade de la fin du XVIe siècle, la Walsingham Lament(« la lamentation de Walsingham »), résume les sentiments de beaucoup :
Weep, weep, O Walsingham,(Pleure, pleure, ô Walsingham,) Whose days are turned to nights,(Toi dont les jours sont maintenant des nuits,) Blessings turned to blasphemies,(Les bénédictions changées en blasphèmes,) Holy deeds to despites.(Les saintes actions en méfaits.) Sin is where Our Lady sat,(Le péché s’est installé où se trouvait Notre Dame,) Heaven is turned to hell ;(Le ciel est devenu l’enfer 😉 Satan sits where Our Lord did sway,(Satan s’est assis à la place de Notre Seigneur,) Walsingham, O farewell!(Adieu, Ô Walsingham !)
Retour à la normale ?
Walsingham redevient un village typique et tranquille de campagne (« l’Angleterre profonde ») pendant trois siècles, jusqu’à ce que les événements conspirent de nouveau pour changer les choses. En 1893, le pape Léon XIII promet : « Lorsque l’Angleterre reviendra à Walsingham, la Madone retournera en Angleterre. »
Le Pape Léon XIII ( 1810 – 1903) Par Inconnu — Cette image est disponible sur la Prints and Photographs division de la Bibliothèque du Congrès des États-Unis sous le numéro d’identification cph 3c22745.Ce bandeau n’indique rien sur le statut de l’œuvre au regard du droit d’auteur. Un bandeau de droit d’auteur est requis. Voir Commons:À propos des licences pour plus d’informations., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=289605
Dans les années 1890, Charlotte Boyd, une laïque anglicane dévouée, découvre une petite chapelle médiévale à la périphérie de Walsingham (dans le village voisin de Houghton Saint Giles) et comprend qu’il s’agit de la dernière des chapelles de la route des pèlerins, dans laquelle ils enlevaient leurs chaussures avant d’entrer dans Walsingham (pour cela, elle était connue comme « the Slipper Chapel », « la chapelle des sandales »). Charlotte Boyd achète cette chapelle sécularisée, la restaure puis en fait don à l’abbaye catholique de Downside (dans le comté de Somerset).
Le 6 février 1897, le pape Léon XIII rétablit cette chapelle désaffectée comme un sanctuaire catholique en autorisant la vénération d’une image de Notre Dame.
Un haut lieu, deux sanctuaires.
En 1921, Walsingham reçoit un nouveau curé anglican, le père Alfred Hope Patten, un pasteur très « High Church », partie de l’Église anglicane la plus proche du catholicisme, plus encline à la dévotion mariale que la « Low Church ». L’un de ses premiers actes est de restaurer la dévotion à Notre Dame de Walsingham en installant une nouvelle statue de la Vierge et l’enfant, copie de l’originale, basée sur le sceau du prieuré. Autant dire que cela ne plut pas à l’évêque anglican de Norwich.
En 1931, Hope Patten construit une petite chapelle à plusieurs centaines de mètres de là pour recevoir la statue. L’édifice est étendu en 1938 et forme le sanctuaire anglican de Notre-Dame de Walsingham. Il compte quinze chapelles, dédiées aux Mystères du Rosaire. Le style de l’ameublement est la Contre-Réforme, et c’est plutôt merveilleux.
Quant à lui, le sanctuaire national catholique de Notre-Dame de Walsingham, à côté de la chapelle Slipper, se trouve en fait dans la paroisse voisine de Houghton Saint Giles. Depuis le 19 août 1934, date à laquelle le cardinal Francis Bourne de Westminster a dirigé un pèlerinage de 10 000 personnes pour transformer la chapelle Slipper en un sanctuaire national de Notre-Dame, un grand nombre de nouveaux bâtiments ont été construits sur le site, centrés sur l’église de la Réconciliation de 1982. Ce fut l’année de la visite du pape Jean-Paul II en Angleterre.
La statue de Notre-Dame de Walsingham fut apportée à Londres pour se tenir près de l’autel du stade de Wembley, où le Saint-Père célébra la messe et vénéra la statue.
Depuis 1954, celle-ci est couronnée par autorisation du pape Pie XII. À cet égard, elle ressemble donc à de nombreuses statues mariales continentales. À la suite d’un décret apostolique de 2015, le sanctuaire catholique obtint le titre de basilique mineure.
Les deux sanctuaires attirent les visiteurs tout au long de l’année et les relations entre eux sont très cordiales. L’ironie de l’histoire est que le village de Walsingham est lui-même issu de deux bourgs voisins (Great Walsingham et Little Walsingham) : beaucoup de choses sont en double à Walsingham…
Le plus grand pèlerinage anglican – connu sous le nom de « pèlerinage national » – a lieu le lundi après la Pentecôte (qui est un jour férié en Angleterre). Le pèlerinage des étudiants de Londres, un pèlerinage œcuménique au cours duquel les étudiants marchent depuis Londres avec des croix, se termine à Walsingham le Vendredi Saint, regroupant des pèlerins convergeant de toutes directions. Les deux sanctuaires abritent également de grandes célébrations lors de la fête de l’Assomption.
Un rayonnement œcuménique et mondial.
Il y a aussi une présence orthodoxe à Walsingham, notamment dans l’ancienne gare de chemin de fer, devenue l’église orthodoxe russe Saint-Séraphim ; tandis qu’il existe des sanctuaires nationaux de Notre-Dame de Walsingham aux États-Unis, ainsi que de petits sanctuaires dans le monde entier.
En l’an 2000, le Vatican a approuvé la création d’une fête de Notre-Dame de Walsingham, patronne de l’Angleterre, célébrée en Angleterre et au Pays-de-Galles le 24 septembre.
D’autre part, depuis que l’Église anglicane a autorisé l’ordination de femmes-prêtres en 1992, des groupes d’anglicans ont cherché à se réunir en masse avec l’Église catholique. Ainsi, le pape Benoît XVI a promulgué la Constitution apostolique Anglicanorum coetibusle 4 novembre 2009 et l’ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham a été créé le 15 janvier 2011 pour permettre aux anglicans ralliés d’entrer pleinement en communion avec l’Église catholique tout en conservant une grande partie de leur patrimoine et de leurs traditions. L’Ordinariat est placé sous le haut patronage du bienheureux John Henry Newman (1801-1890), ancien cardinal anglican issu de l’anglicanisme.
L’Ordinariat compte quelque quatre-vingt anciens membres du clergé anglican, réordonnés en tant que prêtres catholiques. C’est l’équivalent d’un diocèse, même si l’Ordinaire (le responsable du clergé) Mgr Keith Newton n’a pas le rang d’évêque catholique car il est marié (il a été ordonné diacre et prêtre dans l’Église catholique en 2011 et porte le titre de protonotaire apostolique). Il existe des ordinariats similaires aux États-Unis et en Australie.
BRESIL – 1717- Notre-Dame d’Aparecida est une statue de la Vierge Marie, sainte patronne du Brésil. Son sanctuaire se situe à Aparecida, dans l’État de São Paulo, et sa fête est célébrée tous les ans le 12 octobre. L’histoire de la découverte de la statue de Notre-Dame d’Aparecida est contée par deux sources que l’on trouve dans les archives de la curie métropolitaine d’Aparecida (antérieures à 1743) et dans les archives romaines de la compagnie de Jésus, à Rome.
Son histoire débute au milieu de l’année 1717, quand arriva à Guaratinguetá la nouvelle que le comte d’Assumar, Pedro de Almeida e Portugal, gouverneur de la capitainerie de São Paulo e Minas de Ouro d’alors, allait passer voir la population sur le chemin de Vila Rica (actuelle ville d’Ouro Preto) à Minas Gerais. Désirant lui rendre hommage en lui offrant leur meilleure pêche, les pêcheurs Domingos Garcia, Filipe Pedroso et João Alves lancèrent leurs filets dans le rio Paraíba do Sul. Après plusieurs tentatives infructueuses, en descendant le cours du fleuve, ils arrivèrent à Porto Itaguaçu le 12 octobre. Sans grand espoir, João Alves lança alors son filet dans les eaux et ramena le corps d’une statue de la vierge Marie sans tête. Une nouvelle tentative permit de ramener la tête. Les pêcheurs enveloppèrent alors l’objet trouvé dans un drap et, encouragés par l’événement, lancèrent à nouveau les filets avec tant de succès qu’ils obtinrent une pêche abondante.
Pendant quinze ans, la statue resta chez Felipe Pedroso, où les personnes du voisinage se réunissaient pour prier. La dévotion pour cette statue croissait parmi le peuple de la région et beaucoup de choses furent obtenues par ceux qui priaient face à elle. La renommée des pouvoirs extraordinaires de la statue de la Vierge se répandit dans toutes les régions du Brésil. La famille Pedroso construisit alors un oratoire qui se révéla vite trop petit. Vers 1734, le chapelain de Guaratinguetá construisit une chapelle sur le sommet du morro dos Coqueiros, ouverte à la visite à partir du 26 juillet1745. Devant l’augmentation du nombre de fidèles, une nouvelle église fut mise en construction en 1834, l’actuelle vieille basilique (basílica velha en portugais).
Le 6novembre1888, la princesse Isabelle visita pour la seconde fois l’église et fit don à la sainte d’une couronne d’or incrustée de diamants et de Rubis ainsi que d’un manteau bleu. En 1894 un groupe de prêtres et de moines rédemptoristes arriva à Aparecida pour organiser l’accueil des pèlerins venant aux pieds de la statue pour prier la Vierge « sortie des eaux ». Le 8septembre1904, la statue fut solennellement couronnée par José Camargo Barros. Le 29avril1908, l’église reçut le titre de basilique mineure. Vingt ans plus tard, le 17décembre1928, la localité qui s’était développée autour du morro dos Coqueiros devint une municipalité indépendante.
En 1929, Notre-Dame d’Aparecida fut proclamée « Reine du Brésil » et Sainte Patronne officielle du pays par le papePie XI.
Le pape François embrasse la statue de la vierge d’Aparecida
L’Église cathlique reconnaît le sanctuaire et le culte marial à Pellevoisin; reconnaît la guérison d’Estelle Faguette comme miraculeuse; ne reconnaît pas le caractère surnaturel des apparitions elles-mêmes
Notre-Dame de Pellevoisin est un vocable de la Vierge Marie telle qu’elle serait apparue à Estelle Faguette, jeune femme de 32 ans atteinte d’une maladie incurable, dans le village de Pellevoisin (Indre) à quinze reprises au cours de l’année 1876. Les apparitions portent essentiellement sur la prière et la dévotion au scapulaire du Sacré-Cœur.
La même année, Mgr de La Tour d’Auvergne, archevêque de Bourges autorise de placer une statue et de transformer en un petit oratoire privé le lieu des visions mais les apparitions en tant que telles n’ont jamais été reconnues.
Sanctuaire de Pellevoisin Par Majella1851 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=63395469
Estelle Faguette est née le 12 septembre 1843 à Saint-Memmie (Marne) d’une famille extrêmement pauvre. Très attirée par les pauvres et les malades, elle entre en 1860 au noviciat des Augustines hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Paris. En 1863, une grave chute dans un escalier l’oblige à renoncer à la vie religieuse. En 1865, elle entre au service de la comtesse de La Rochefoucauld. Dès lors, elle suivit les allées et venues de ses employeurs, de Paris au château de Montbel, à 3 km de Pellevoisin..
Tout au long de 1876, Notre-Dame de Pellevoisin apparaît quinze fois à Estelle Faguette, lui accorde la guérison et lui confie le scapulaire du Sacré-Cœur. Dès 1877, l’archevêque de Bourges autorise le culte public à Notre-Dame de Pellevoisin.
En 1875, Estelle Faguette, qui a 32 ans, est atteinte d’une péritonite chronique devenue tuberculeuse ayant atteint l’estomac et les poumons. Le 29 août1875, le professeur Bucquoy, de la faculté de médecine de Paris, la déclare irrémédiablement perdue. Estelle écrit une lettre à la Vierge pour obtenir sa guérison et demande à une amie de la déposer à la petite réplique de la grotte de Notre-Dame de Lourdes que la famille de La Rochefoucauld a fait construire dans le parc du château de Montbel. L’état de santé d’Estelle devenant extrême, elle est ramenée auprès de ses parents dans une maison près de l’église de Pellevoisin. Le 14 février1876, le médecin déclare qu’elle n’en a plus que pour quelques heures.
Le lundi 14 février 1876, Estelle est dans un état proche de la mort. Tout à coup Estelle aperçoit au pied de son lit la face grimaçante du diable, mais immédiatement Marie apparaît de l’autre côté du lit et dit au diable : « Que fais-tu là ? Ne vois-tu pas qu’elle porte ma livrée et celle de mon Fils ? » le diable disparaît et la Vierge se tourne vers Estelle en disant : « Ne crains rien, tu sais bien que tu es ma fille. Courage, prends patience, mon Fils va se laisser toucher. Tu souffriras encore cinq jours en l’honneur des cinq plaies de mon Fils. Samedi, tu seras morte ou guérie. Si mon Fils te rend la vie, je veux que tu publies ma gloire. »
Estelle demande comment faire et aussitôt, une plaque de marbre comme un ex-voto se dresse alors entre Marie et Estelle qui demande de nouveau : « Mais ma bonne Mère, où faudra-t-il le faire poser ? Est-ce à Notre-Dame des Victoires, à Paris ou à Pellevoi.. ? » L’apparition ne donne pas le temps d’achever le mot Pellevoisin. « À Notre-Dame des Victoires, ils ont bien assez de marques de ma puissance, alors qu’à Pellevoisin, il n’y a rien. Ils ont besoin de stimulant. » Estelle promet de faire ce qu’elle peut pour sa gloire. La vierge dit encore : « Courage, mais je veux que tu tiennes ta promesse. »
Le 15 février, toujours la nuit, le diable se manifeste de nouveau mais la Vierge apparaît presque en même temps que lui et dit à Estelle : « N’aie donc pas peur, je suis là. Cette fois, mon Fils s’est laissé attendrir, il te laisse la vie. Tu seras guérie samedi. »
L’expression » mon fils se laisse toucher » sera reprise par la Vierge lors de son Apparition aux enfants de Pontmain, en Mayenne ( France)
Estelle répond « Mais ma Bonne Mère, si j’avais le choix, j’aimerais mieux mourir pendant que je suis bien préparée. » Alors la Sainte Vierge dit en souriant : « Ingrate, si mon Fils te rend la vie, c’est que tu en as besoin. Qu’a-t-il donné à l’homme sur la terre de plus précieux que la vie ? En te rendant la vie, ne crois pas que tu seras exempte de souffrances ; non, tu souffriras et tu ne seras pas exempte de peines. C’est ce qui fait le mérite de la vie. Si mon fils s’est laissé toucher, c’est par ta grande résignation et ta patience. N’en perds pas le fruit par ton choix. Ne t’ai-je pas dit : S’il te rend la vie, tu publieras ma gloire ? Maintenant regardons le passé. » En disant cela son visage devient un peu plus triste, mais toujours doux puis elle disparaît sans rien dire.
Le mercredi matin 16 février, Estelle toujours malade, raconte à l’abbé Salmon qu’elle a reçu la visite de la Vierge et affirme qu’elle sera guérie le samedi suivant. Le curé ne la croit et pense que c’est la fièvre qui la trouble.
Nouvelle apparition de la Vierge pendant la nuit : « Allons, du courage mon enfant. Tout ceci est passé ; tu as, par ta résignation, racheté ces fautes. » puis « Je suis toute miséricordieuse et maîtresse de mon Fils. Ces quelques bonnes actions et quelques prières ferventes que tu m’as adressées ont touché mon cœur de mère, entre autres, cette petite lettre que tu m’as écrite, au mois de septembre. Ce qui m’a le plus touchée, c’est cette phrase : Voyez la douleur de mes parents, si je venais à leur manquer. Ils sont à la veille de mendier leur pain. Rappelez vous donc ce que vous avez souffert, quand Jésus votre fils fut étendu sur la Croix. J’ai montré cette lettre à mon fils ; tes parents ont besoin de toi. A l’avenir, tâche d’être fidèle. Ne perds pas les grâces qui te sont données, et publie ma gloire. »
Ex-voto dans l’église de Pellevoisin Par Estelle Faguette — http://www.pellevoisin.net/sites/default/files/images/accueil_et_divers/thumb_ex_voto.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=34713102
Le 18 février 1876, l’apparition reste silencieuse, Estelle se remémore les visions antérieurs ; avant de partir la Vierge lui dit : « Tu publieras ma gloire. Fais tous tes efforts. »
Le 19 février, la Vierge ne reste pas au pied du lit mais s’approche au milieu des rideaux du lit, la plaque de marbre est toujours là mais n’est plus tout blanche; aux quatre coins se trouvent des boutons de roses d’or et en haut, un cœur d’or enflammé avec une couronne de roses transpercé d’un glaive, selon la représentation classique du Cœur immaculé de Marie avec les mots : « J’ai invoqué Marie au plus fort de ma misère. Elle m’a obtenu de son Fils ma guérison entière. »
Estelle réitère sa volonté de publier la gloire de la Vierge qui lui répond : « Si tu veux me servir, sois simple et que tes actions répondent à tes paroles. » Estelle demande si elle doit changer de position (devenir religieuse) pour la servir. La vision répond : « On peut se sauver dans toutes les conditions. Où tu es, tu peux faire beaucoup de bien et tu peux publier ma gloire ». puis devenant plus triste : « Ce qui m’afflige le plus, c’estle manque de respect qu’on a pour mon Fils dans la sainte communion, et l’attitude de prière que l’on prend, quand l’esprit est occupé d’autres choses. Je dis ceci pour les personnes qui prétendent être pieuses. », puis reprenant son sourire « Publie ma gloire. Mais avant d’en parler, tu attendras l’avis de ton confesseur et directeur. Tu auras des embûches. On te traitera de visionnaire, d’exaltée, de folle. Ne fais pas attention à tout cela. Sois moi fidèle, je t’aiderai. »
A plusieurs reprises, durant ses apparitions, la Vierge regrette que beaucoup de personnes se contentent de prier « du bout des lèvres », en pensant à autre chose, et déplore également le fait de communier sans prendre conscience de l’importance de ce geste !
Dès que la vision est parti, Estelle souffre terriblement en particulier au cœur et au ventre, puis après un moment, tout se termine et se sent guérie, sauf du bras droit qui reste paralysé.
Des souffrances multiples affectent les voyants au cours des Apparitions. Estelle n’en est pas exempte.
Le curé arrive dès l’aube car il craint de ne plus la retrouver vivante et la trouve guérie ; sur son ordre, elle fait le signe de croix avec l’ancien bras paralysé. Elle annonce sa guérison aux religieuses qui entrent dans sa chambre et demande à manger.
Le samedi 1er juillet, elle est en prière dans la chambre mais contrairement aux précédentes visions, elle n’est pas dans son lit et voit la Vierge de la tête au pied. L’apparition est habillée de blanc avec la robe serrée à la taille par un cordon, elle a les bras tendus vers le bas et de ses mains tombe comme de la pluie. Elle reste un moment silencieuse en souriant avant de dire : « Du calme, mon enfant, patience, tu auras des peines, mais je suis là. » puis après un autre moment : « Courage, je reviendrai. » avant de disparaître.
« Les bras tendus vers le bas » est une posture fréquente chez la Vierge ; ici elle s’en sert pour faire tomber la pluie. Rue du Bac à Paris, sur la représentation qu’elle a demandé à Catherine Labouré de l’image miraculeuse, ses mains envoient des rayons, symbolisant les grâces qu’elle accorde aux personnes qui les lui demandent.
Le 2 juillet, Estelle est à genoux dans sa chambre et commence à réciter le Je vous salue Marie, elle n’a pas le temps d’achever sa prière que l’apparition est devant elle, comme la veille, elle a une sorte de pluie qui tombe des mains, mais dans le fond qui l’environne se trouve une guirlande de roses qui forme comme une mandorle* . Elle reste un moment comme cela puis croise les mains sur sa poitrine : « Tu as déjà publié ma gloire. Continue. Mon fils a aussi quelques âmes plus attachées. Son cœur a tant d’amour pour le mien qu’Il ne peut refuser mes demandes. Par moi il touchera les cœurs les plus endurcis. »
Le 25 Septembre 1983, à San Nicolas de Los Arroyos, en Argentine, Gladys Quiroga de Motta a vu des rosaires illuminés (couronnes de roses offertes à la vierge Marie). Apparition reconnue.
Le mot mandorle vient de l’italien mandorla qui signifie amande. Il désigne une figure en forme d’ovale ou d’amande dans laquelle s’inscrivent des personnages sacrés : le plus souvent le Christ, mais aussi la Vierge Marie ou les saints.
Puis Estelle se rappelle qu’elle a vu dans la vision du 16 février, comme du papier et demande ce qu’il faut en faire. Elle reçoit comme réponse « qu’il servira à publier ces récits comme l’ont jugé plusieurs de mes serviteurs. Il y aura bien des contradictions, ne crains rien, sois calme. » Ensuite la voyante veut lui demander une marque de sa puissance et celle-ci répond : « Est-ce que ta guérison n’est pas une des plus grandes preuves de ma puissance ? Je suis venue particulièrement pour la conversion des pécheurs. »
Pendant que la Vierge parlait, Estelle réfléchissait à différentes manières de faire éclater sa puissance et l’apparition répondit : « On verra plus tard. » Elle reste encore un moment puis disparaît, la guirlande de roses reste après elle et la clarté s’éteint doucement
Le 3 juillet, Estelle voit l’apparition de nuit qui lui dit : « Je voudrais que tu sois encore plus calme. Je ne t’ai pas fixé l’heure à laquelle je devais revenir, ni le jour. Tu as besoin de te reposer, je ne resterai que quelques minutes. Je suis venue pour terminer la fête. »
Estelle ne comprend pas de quelle fête il s’agit ; elle demande le lendemain au curé qui lui répond que c’était le couronnement de la statue de Notre-Dame de Lourdes. aux sanctuaires de Lourdes. Après le 8 juillet, Estelle cesse d’habiter dans la chambre des apparitions et reprend son service de domestique au château de Poiriers. Elle revient prier dans la chambre où elle a eu sa vision quand elle le peut.
Le 9 septembre, Estelle finit de réciter son chapelet dans la chambre quand la Vierge apparaît et lui dit : « Tu t’es privée de ma visite le 15 août ; tu n’avais pas assez de calme. Tu as bien le caractère du Français. Il veut tout savoir avant d’apprendre, et tout comprendre avant de savoir.Hier encore je serais venue ; tu en as été privée. J’attendais de toi cet acte de soumission et d’obéissance. »
Elle s’arrête de parler puis reprend : « Depuis longtemps les trésors de mon Fils sont ouverts. Qu’ils prient. » En disant ces mots, elle soulève une petite pièce de laine qu’elle porte sur la poitrine et Estelle aperçoit le Sacré-Cœur dessiné dessus et comprend qu’il s’agit d’un scapulaire. Elle dit en le soulevant : « J’aime cette dévotion. » Elle marque une pause puis reprend : « C’est ici que je serai honorée. » À partir de ce moment, la Vierge portera toujours le scapulaire dans les apparitions.
Détail du scapulaire du Sacré-Cœur Par Michael Tav — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49918049
Etonnant, cette remarque de la Vierge, à propos du caractère des français. La Vierge » connaît » bien les Français ; la France est le pays où elle s’est le plus manifestée.
Le choix du scapulaire signifiant l’amour et les souffrances du Christ constitue une constante dans les messages de la Vierge; en deux mots : » Reprenez vous ! Car mon Fils a souffert et est mort pour vous et j’espère qu’il n’est pas mort pour rien ! »
L’appellation » Notre Dame des douleurs » n’est pas usurpée car la Vierge, notamment à l’appui de sa revendication d’être reconnue comme co-rédemptrice à Amsterdam, invoque « sa » souffrance, avant, pendant et après la vie du Christ, comme une justification suffisante.
Le lendemain est le dimanche 10 septembre, fête du Saint Nom de Marie, fixée à cette époque le dimanche pendant l’octave de la Nativité de Marie le 8 septembre. L’apparition ne dure que quelques instants, elle dit tout de suite en joignant ses mains : « Qu’ils prient, je leur en montre l’exemple » puis elle disparaît.
Prier, prier encore et toujours, est un leitmotiv constant venant à la bouche de la Vierge, au cours de ses apparitions.
Le 15 septembre, fête de Notre-Dame des Douleurs, l’apparition a toujours les bras tendus vers le bas avec de la pluie qui tombe de ses mains. Elle reste longtemps sans rien dire et avant de parler, tourne les yeux de tout les côtés et s’adresse enfin à la voyante : « Je te tiendrai compte des efforts que tu as faits pour avoir le calme. Ce n’est pas seulement pour toi que je le demande, mais aussi pour l’Église et pour la France. Dans l’Église, il n’y a pas ce calme que je désire. »
Rappelons nous que la Vierge est la « patronne » de l’Eglise; à ce titre, elle ne se prive pas de faire de nombreux commentaires y compris, parfois, très sévères !
Elle soupire et remue la tête, en disant : « Il y a quelque chose. » Elle s’arrête sans dire ce qu’il y avait, mais Estelle comprit tout de suite qu’il y avait quelque discorde. Puis elle reprit lentement : « Qu’ils prient et qu’ils aient confiance en moi. » Ensuite la Vierge dit tristement : « Et la France ! Que n’ai-je pas fait pour elle ! Que d’avertissements, et pourtant, encore, elle refuse d’entendre ! Je ne peux plus retenir mon fils. La France souffrira. »
Elle s’arrête un instant et reprend : « Courage et confiance. » puis comme Estelle pense intérieurement qu’on ne la croirait pas, l’apparition répond : « J’ai payé d’avance ; tant pis pour ceux qui ne voudront pas te croire, ils reconnaîtront plus tard la vérité de mes paroles. »
Que signifie la Vierge par l’expression » La France souffrira….Je ne peux plus retenir mon fils ! » Elle fait sans doute allusion à la guerre de 1870 qui opposera la France à l’Allemagne ; elle fera d’ailleurs une apparition à Pontmain en 1871, et conséquence ou circonstance, l’offensive allemande sur Laval aurait été stoppée.
Quant à la phrase : » je ne peux retenir mon fils », elle sous-entend elle que la causalité des évènements de l’Histoire aurait un lien avec l’attitude d’un peuple à l’égard de Dieu ? Sans doute. Elle reprendra cette phrase lors de plusieurs apparitions.
Le Siège de Paris par Jean-Louis-Ernest Meissonier. Par Ernest Meissonier — Histoire par l’Image, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6827618
Le 1er novembre, fête de la Toussaint, pour la première fois l’apparition reste silencieuse, regarde de tous côtés puis fixe la voyante avec beaucoup de bonté et s’en va. Le curé se demande si c’est un signe de la fin des apparitions.
Le dimanche 5 novembre, Estelle se rend dans la chambre vers deux heures et demie de l’après-midi pour dire son chapelet, lorsqu’elle a fini sa récitation, la Vierge apparaît et comme Estelle pense qu’elle est indigne et que d’autres mériteraient plus de telles faveurs, l’apparition la regarde et sourit en disant : « Je t’ai choisie. » Elle s’arrête un moment et reprend : « Je choisis les petits et les faibles pour ma gloire. » puis avec un nouveau temps d’arrêt : « Courage, le temps de tes épreuves va commencer. » Après ses mots, elle croise les mains sur sa poitrine et part.
Le » choix » des petits et des faibles à qui elle apparaît est une constante forte des apparitions mariales. Des épreuves physiques leur sont souvent liées.
Le samedi 11 novembre, Estelle est dans la chapelle vers quatre heures de l’après-midi, elle dit son chapelet puis finit par un Souvenez-vous ; l’apparition se manifeste à ce moment et reste un bon moment sans parler puis dit : « Tu n’as pas perdu ton temps aujourd’hui. Tu as travaillé pour moi. » car Estelle avait fait un scapulaire. La Vierge sourit et ajoute : « Il faut en faire beaucoup d’autres. » Elle s’arrête assez longtemps et devient un peu triste en disant « Courage », puis part en croisant les mains sur sa poitrine.
L’image d’elle que donne la Vierge dans ses propos est celle d’une femme de caractère ; ce trait est constant dans les apparitions, bien loin de « l’image d’Epinal » que beaucoup de chrétiens se font d’elle : une femme soumise, timide et réservée !
Le 8 décembre, Estelle se rend à la chapelle après la messe de la fête de l’Immaculée Conception. La Vierge apparaît avec sa guirlande de roses comme au mois de juillet et reste sans rien dire comme les fois précédentes, puis commence à parler : « Ma fille, rappelle toi mes paroles. » Estelle se remémore tout ce qu’elle a entendu depuis février, et l’apparition continue : « Répète les souvent ; qu’elles te fortifient et te consolent dans tes épreuves. Tu ne me reverras plus. »
Estelle est attristée de cette parole et demande : « Qu’est ce que je vais devenir sans vous, ma bonne mère ? » et reçoit comme réponse : « Je serai invisiblement près de toi. » Estelle voit ensuite en vision comme des gens qui la menacent. En souriant la Vierge dit : « Tu n’as rien à craindre de ceux-ci. Je t’ai choisie pour publier ma gloire et répandre cette dévotion. » En disant cela, elle tient son scapulaire des deux mains. Estelle lui demande alors : « Ma bonne Mère, si vous vouliez me donner ce scapulaire ? » L’apparition lui dit en souriant : « Lève toi et baise le. » ce que la voyante s’empresse de faire.
Lorsque des voyants demandent à conserver un objet porté ou touché par la Vierge, elle refuse toujours. Sauf une fois ( de mémoire) à propos d’un foulard blanc.
La Vierge parle ensuite du scapulaire : « Tu iras toi-même trouver le prélat, et lui présenteras le modèle que tu as fait. Dis-lui qu’il t’aide de tout son pouvoir, et que rien ne me sera plus agréable que de voir cette livrée sur chacun de mes enfants, et qu’ils s’appliqueront tous à réparer les outrages que mon fils reçoit dans le sacrement de son amour. Vois les grâces que je répands sur ceux qui le porteront avec confiance et qui t’aideront à le propager. »
Les « outrages » dont parle la Vierge sont l’attitude des chrétiens au moment de la communion ( Eucharistie)
En disant cela, la Vierge étend les mains d’où il tombe une pluie abondante et dans chaque goutte, Estelle semble voir des mots comme piété, salut, confiance, conversion, santé. La vierge ajoute : « Ces grâces sont de mon Fils. Je les prends dans son Cœur. Il ne peut me refuser. » Alors Estelle lui dit : « Ma bonne Mère, que faudra-t-il mettre de l’autre côté de ce scapulaire ? » La sainte Vierge répond : « Je le réserve pour moi ; tu soumettras ma pensée, et l’Église décidera. » puis continue « Courage« . Si le prélat ne pouvait t’accorder tes demandes et qu’il s’offre des difficultés, tu irais plus loin. Ne crains rien, je t’aiderai.” Ensuite l’apparition fait le demi-tour de la chambre et disparaît.
Marie se présente comme notre intercesseur auprès du Fils ; en la priant, Marie intervient auprès du Fils » qui ne peut rien me refuser », pour obtenir des grâces de sa part. Rue du Bac, à Paris, à Catherine Labouré qui l’interrogeait à propos de rayons manquants, partant des mains de la Vierge en direction du monde, la Vierge répondit que » c’étaient les grâces qu’on ne lui demandait pas ! »
Le 10 mai 1876, Mgr de La Tour d’Auvergne, archevêque de Bourges autorise de placer une statue et de transformer la chambre d’Estelle en chapelle. Au printemps 1877, le pape Pie IX (1846–1878) approuve le projet d’une confrérie en l’honneur de Notre Dame de Pellevoisin. En 1893, les dominicaines construisent un couvent attenant à la maison des apparitions pour animer le sanctuaire.
En 1983, Mgr Paul Vignancour, archevêque de Bourges, reconnaît le caractère miraculeux de la guérison d’Estelle, suite à une enquête médicale et théologique. En 1998, les dominicaines confient le sanctuaire aux sœurs contemplatives de la Communauté Saint-Jean, les frères de cette communauté assurent le service liturgique.
Les apparitions en tant que telles n’ont encore jamais été reconnues.
Jean Giraudoux qui a fréquenté l’école de Pellevoisin quand il était jeune, parle d’Estelle Faguette dans les Provinciales. Un musée « Giraudoux-Bernanos-Estelle Faguette » occupe la maison de Menou, où le père de Jean Giraudoux fut percepteur.
Jean Giraudoux Par Anonyme — http://archiv.ucl.cas.cz/index.php?path=RozAvn/2.1926-1927/16-17/189.png, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8982067
Brillant étudiant et soldat décoré pendant la Première Guerre mondiale, il occupe des fonctions diplomatiques et administratives tout en écrivant des romans (Suzanne et le Pacifique en 1921, Siegfried et le Limousin en 1922) avant de se diriger vers le théâtre après sa rencontre avec le comédien Louis Jouvet qui mettra en scène et interprétera ses œuvres principales.
Il est aujourd’hui surtout connu pour son théâtre qui compte des pièces célèbres comme Amphitryon 38 (1929), La guerre de Troie n’aura pas lieu (1935), Électre (1937), Ondine (1939), ou encore La Folle de Chaillot jouée en 1945 après sa mort. Germanophile et diplomate de carrière, il est commissaire général à l’information en 1939-1940 et pendant l’Occupation sa situation est complexe et son rôle est contrasté.
Jean Giraudoux meurt à Paris le 31 janvier 1944, à l’âge de soixante et un ans, à la suite d’une intoxication alimentaire ou, selon une autre théorie, d’une inflammation du pancréas.
Georges Bernanos a voulu être enterré dans une tombe proche de celle d’Estelle Faguette.
Georges Bernanos passe sa jeunesse à Fressin, en Artois, et cette région du Pas-de-Calais constituera le décor de la plupart de ses romans. Il participe à la Première Guerre mondiale et y est plusieurs fois blessé, puis mène une vie matérielle difficile et instable en s’essayant à la littérature. Il obtient le succès avec ses romans Sous le soleil de Satan, en 1926, et Journal d’un curé de campagne, en 1936.
Georges Bernanos Par Inconnu — http://www.citate-celebre-cogito.ro/20-februarie/, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19674994
Dans ses œuvres, Georges Bernanos explore le combat spirituel du Bien et du Mal, en particulier à travers le personnage du prêtre catholique tendu vers le salut de l’âme de ses paroissiens perdus, ou encore par des personnages au destin tragique comme dans Nouvelle histoire de Mouchette.
Bosnie Herzégovine 1981 ; Notre Dame de Medjugorje.
Analyse
D’après de larges extraits du rapport de la commission pontificale sur Medjugorje, dévoilé dans un livre sorti en décembre en Italie, les experts du Vatican estiment qu’on ne peut attribuer aucun miracle au sanctuaire de Bosnie. Ils jugent aussi que les sept premières apparitions qui ont eu lieu sur ce site en 1981 peuvent être reconnues comme telles par l’Église, pas les autres. En Septembre 2024, Le Vatican est beaucoup plus sévère: il reconnaît le sanctuaire de Medjugorje pour ses «fruits spirituels» mais pas pour ses apparitions.
Loup Besmond de Senneville (à Rome), le 06/01/2022 à 12:54 / modifié le 06/01/2022 à 14:36/ Jean-Marie Guénois ( Le Figaro) le 19 Septembre 2024.
I – Généralités
Pays de l’apparition
Bosnie Herzégovine
Site
Vue générale de Medjugorje Par CJ — Bosnia and Herzegovina Apr-26-2012 173Uploaded by Smooth_O, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24911020
L’histoire des apparitions a commencé en 1981. À l’époque, la Yougoslavie était encore sous régime communisteathée, et Međugorjen’était que la réunion de quelques hameaux qui vivaient essentiellement du tabac, de la vigne et de l’élevage.
II – Le ou les voyants (es)
Les 6 voyants de Medjugorje, enfants
Les voyants, aujourd’hui
Mirjana Dragićević (aujourd’hui épouse Soldo)
Mirjana est née en 1965. En 1981, elle vit chez ses parents, à Sarajevo. Ce sont des catholiques pratiquants. Mirjana est en 2e année du secondaire et c’est une bonne élève. Dans sa classe, à peine quatre ou cinq élèves sont catholiques. Sarajevo est un milieu multiethnique et la majorité des jeunes ne prient pas. À cette époque, le régime communiste enseigne l’athéisme dans les écoles. Les croyants sont souvent exposés au mépris. Mirjana vit en retrait, ne s’expose pas. Elle passe ses vacances d’été à Medjugorje, chez sa grand-mère. Le premier jour des apparitions, Mirjana est en compagnie d’Ivanka.
C’est Ivanka qui voit la Vierge la première. Mirjana, une fille de la ville, ne croit pas avant de voir : « Mais quelle Gospa ? », s’exclame-t-elle. Mais dès qu’elle tourne son regard vers la colline, elle est convaincue. Et son émotion est intense ! Au début, Mirjana est très sensible à tout ce qu’on dit des voyants, ouvertement ou dans leur dos, concernant les rumeurs de maladie mentale ou de consommation de drogues. Les plus grands soupçons pèsent sur elle, car elle vient de Sarajevo : même les franciscains pensent qu’il faut l’éloigner, car elle aurait peut-être apporté de la drogue.
Mais bien vite, la certitude de voir la Vierge libère totalement Mirjana et lui permet de faire face à ces fausses accusations. Ses parents sont inquiets et ont peur pour elle. Aurait-elle perdu la raison ? Ils veulent la ramener à Sarajevo avec eux, mais elle ne se laisse pas faire : à Medjugorje, quelque chose d’irrésistible la retient sur place.
Plus que les autres voyants, Mirjana a été soumise à des interrogatoires par les franciscains : cinq entretiens en tout. Les apparitions quotidiennes ont cessé pour elle le 25 décembre 1982. La Vierge lui a alors promis qu’elle lui apparaîtrait une fois l’an, le jour de son anniversaire de naissance, le 18 mars. Par ailleurs, chaque deux du mois, depuis 1987, Mirjana prie avec la Vierge pour les incroyants, c’est-à-dire pour tous ceux qui n’ont pas encore rencontré l’Amour de Dieu. Depuis qu’elle est mariée, elle vit à Bijakovići, dans la paroisse de Medjugorje. Elle est mère de deux enfants. Parfois elle accepte des rencontres avec les pèlerins.
Ivanka Ivanković (aujourd’hui épouse Elez)
Ivanka est née en 1966, à Bijakovići. Elle étudie à Mostar où elle va à la messe tous les dimanches, prie régulièrement et fréquente le catéchisme. L’enseignement de la catéchèse qui se donne dans la paroisse franciscaine de Mostar est accompagné parfois du visionnement de films à caractère religieux, mais on ne parle pas d’apparitions. Ivanka entendra parler de Lourdes après avoir vu la Vierge. Au début des apparitions, Ivanka est en deuil de sa maman, décédée quelques mois plus tôt. Selon les dires d’Ivanka, la Vierge apparaît chaque soir : « Je vous dis que je l’ai vue. Peu importe qu’ils croient ou ne croient pas […] Mon père, c’est comme lorsque je vous parle face à face. » (28 juin 1981, en soirée) Ivanka ne sait pas pour quelle raison précise la Vierge lui apparaît à elle, mais elle est certaine qu’elle voit la Vierge Marie.
Si c’était Satan, il fuirait la prière et l’eau bénite, pense Ivanka. Le 29 juin 1981, les voyants sont emmenés à Mostar, au service psychiatrique du Docteur Dzudza. On menace de les interner dans un asile et de les séparer les uns des autres s’ils se rendent une fois de plus à la colline. Ivanka a très peur de l’hôpital, car cela lui rappelle sa maman si malade avant de mourir. À cause de cette peur de l’hôpital, elle promet au Père Zrinko Čuvalo qu’elle n’ira plus à la colline. « Mais l’heure venue, vers 17 h 30, je sentais que je devais y aller. Tout m’attirait là-haut. Je devais y aller. » (30 juin 1981) « Je ne regretterais même pas qu’on me tue parce que je vois Gospa. »(28 juin 1981) Ivanka parle de manière simple, convaincante et claire.
Elle ne se laisse confondre par rien ni personne. Peu importe si elle n’a pas de réponse à toutes les questions qu’on lui pose, peu importe ce qu’on peut penser d’elle : le fait de voir la Vierge la rend heureuse et l’incite à s’approcher plus souvent des sacrements. Elle a connu des apparitions quotidiennes jusqu’au 7 mai 1985. Depuis lors, elle a une rencontre avec la Vierge le jour de l’anniversaire des apparitions, soit le 25 juin de chaque année. Ivanka Ivanković Elez est mère de trois enfants. Elle vit dans le hameau Miletina, paroisse de Medjugorje. Son mari et elle ont une pension pour accueillir les pèlerins. Elle y travaille discrètement en tant que maîtresse de maison.
Jakov Čolo
Né en 1971. Il a dix ans à l’époque des événements et vit avec sa mère. Il vient de terminer sa quatrième annéeélémentaire. Jakov est le plus jeune du groupe des voyants dont l’âge varie entre 10 et 16 ans. Il a eu des apparitions quotidiennes du 25.6.1981 au 12.9.1998.Le premier jour de l’apparition, Jakov n’est pas là. Le deuxième jour, il se trouve chez Marija ; il la suit au moment où, répondant à l’invitation de Vicka, elle se rend à la colline où la Vierge apparaît.
À travers les pierres et les buissons épineux, Jakov gravit la pente à une vitesse incroyable. Il ne sent rien et ne porte même pas trace d’une égratignure. Ce sera pour lui un signe étonnant. Jakov est particulièrement heureux de voir la Vierge : « Maintenant je dis, je l’ai dit : maintenant que j’ai vu Gospa, je ne regretterais pas de mourir. » (27 juin 1981) Il est émerveillé par la beauté de la Vierge: « Comme elle est belle ! » Et par sa voix: « Elle parle comme si elle chantait. » Jakov n’a aucun doute : il voit la Vierge. Il est prêt à mourir pour en témoigner.
« Maman, j’irai [à la colline] même si tu me tues. Tu peux me tuer j’irai de nouveau. » (27 juin 1981) Du 25 juin 1981 au 12 septembre 1998, Jakov confirme avoir eu des apparitions quotidiennes. Depuis, il a une rencontre annuelle avec la Sainte Vierge, à Noël. Marié et père de trois enfants, il vit à Bijakovići, paroisse de Medjugorje. Jakov prend soin de sa jeune famille et considère que dans le mariage aussi, on peut se consacrer à Dieu.
Il rencontre occasionnellement les pèlerins. « C’est moi qui avais le moins espéré que la Vierge puisse m’apparaître, a-t-il déclaré ; on me voyait à peine, mais moi je la voyais. » Il dira plus tard que la Vierge a remplacé son père et sa mère, décédés alors qu’il était encore jeune.
Yakov Colo
Ivan Dragićević
Né en 1965, il a seize ans au début des apparitions. En cet après-midi du 24 juin 1981, il va chercher des pommes après avoir joué au football avec son copain, Ivan Ivanković. Sur le chemin du retour, ils rencontrent quelques filles du village qui leur disent voir la Vierge. Après l’avoir aperçue lui aussi, il court, apeuré, à la maison. Mais l’apparition qu’il a entrevue rapidement sur la colline de Crnica l’attire et le poursuit dans ses pensées durant toute la nuit, jusqu’au lendemain.
Ivan est un garçon solitaire. Il ne parle pas beaucoup, ne se dévoile pas. Il a de la difficulté à exprimer ses sentiments et sa conversation est entrecoupée de silences. Il ne répond pas à toutes les questions, mais affirme sans réserve ce qu’il voit. La sobriété de ses paroles n’amoindrit pas la force de son expérience.
Quoique craintif et timide, Ivan est inébranlable dans son témoignage de la vision. Dans la famille Dragićević, tous les jours on récite les prières. Depuis qu’il voit la Vierge, Ivan a pris davantage conscience de sa foi. Ivan est fasciné par la beauté de la Vierge : « Je la regarderais seulement. » (28 juin 1981, en soirée) Il est aujourd’hui marié et père de quatre enfants. Ivan affirme voir la Vierge tous les jours.
Craintif et réservé au début, il a acquis de l’assurance et de la confiance en lui ; il est devenu un véritable ambassadeur de la Vierge à travers le monde. Il est particulièrement préoccupé par le problème des jeunes et, en conséquence, par la problématique familiale. Avec son groupe de prière, il continue de prier aux intentions de la Vierge. Il vit six mois à Medjugorje et six autres à Boston.
Yvan Dragicevic
Vicka Ivanković (aujourd’hui épouse Mijatović)
Vicka est l’aînée des voyants. Née en 1964, elle vient d’une famille nombreuse et pauvre. Comme la majorité des pères de famille du village à cette époque-là, le sien travaille en Allemagne. Vicka est en première année de technique du textile à Mostar. Cet été 1981, elle suit un cours de rattrapage en mathématiques. En la fête de saint Jean-Baptiste, le 24 juin, Vicka convient avec Mirjana et Ivanka d’aller en promenade.
Mais Vicka est en retard au rendez-vous. En effet, au retour de son examen à Mostar, par cette chaude journée d’été, elle souhaite se reposer un peu. Quelques heures plus tard, courant à la rencontre de ses amies, une surprise l’attend et elle entrera, elle aussi, sur la scène de l’événement.
Après le premier choc et la peur de l’inconnu, Vicka deviendra et restera un audacieux témoin de ce qu’elle a vu. Sa voix énergique se fait valoir dans le groupe d’enfants. Sûre d’elle, elle va déclarer : « Nous savons ce que nous disons. Nous sommes plus que certains. » (30 juin 1981, en matinée) Un désir irrésistible l’attire à la colline ; elle n’a peur de rien: « Si quelqu’un me dit qu’il va me tuer, je la [Gospa] regarderais encore.
Que j’aille en prison, nous irons tous. » (28 juin 1981, en matinée) Seule la Vierge retient toute son attention et Vicka développe avec elle une fidèle amitié de joie et de croix à long terme. Elle affirme toujours avoir des apparitions quotidiennes. Elle est mariée et mère de deux enfants. Vicka aime parler aux pèlerins afin de transmettre au plus grand nombre les messages de Marie.
Vicka Ivankovic
Marija Pavlović (aujourd’hui épouse Lunetti)
Née en 1965. En 1981, Marija va sur ses seize ans. Elle est en première année de coiffure pour hommes, à Mostar. Elle suit un cours de récupération dans une des matières académiques. Marija vient d’une famille nombreuse et pauvre. Le père et les frères aînés travaillent en Allemagne. Marija manque rarement sa messe du dimanche à Mostar et son catéchisme. À la maison, il lui arrive de remplacer sa maman dans les travaux ménagers. Elle considère que le travail bien fait et offert à Dieu est aussi une prière. Elle aime la lecture pieuse. Pendant les vacances d’été, Marija rencontre souvent Vicka, Ivanka et Mirjana. Mais le 24 juin 1981, elle n’était pas avec elles en promenade.
C’est sa sœur Milka qui, en allant chercher les moutons en dehors du village, à l’endroit nommé Podbrdo, (au pied de la colline) rencontrera Ivanka et Mirjana. Son regard, ce jour-là, s’arrêtera sur l’apparition lumineuse à la colline, et l’image qu’elle verra, pour la première et la dernière fois, restera gravée dans sa mémoire. Le lendemain, à la place de Milka, sa sœur Marija se joindra au groupe d’enfants. Le premier soir, Marija a de la difficulté à croire que ses amies et sa sœur ont vu la Vierge. Mais le deuxième jour, dès que la Vierge réapparaît et que Vicka accourt la chercher, elle partira en courant à la colline, comme portée par le vent. Marija ne peut décrire ce qu’elle ressent en regardant la Vierge. Les mots lui manquent.
Ce qu’elle voit et ce qu’elle vit n’est comparable à rien d’ici-bas. Le troisième jour, Marija a une apparition alors qu’elle est seule. En descendant la colline, la Vierge lui apparaît avec au-dessus d’elle, une grande croix. Cette croix est grise, de la même couleur que la robe de la Vierge. La Vierge lui adresse alors un important message de paix et de réconciliation. Le vingt-cinq de chaque mois, Marija transmet le message de la Vierge destiné à la paroisse et au monde. Marija est mariée et mère de quatre garçons. Elle vit en Italie, mais se rend souvent à Medjugorje. Où qu’elle se trouve, Marija prie avec les pèlerins ou dans des groupes de prière, aux intentions de la Vierge.
Marie de Nazareth y apparaîtrait à six Croates d’Herzégovine depuis le 24juin1981. Elle n’est pas toujours apparue au même endroit, ni au même groupe, ni aux mêmes personnes et ses venues n’ont pas toujours correspondu à une durée précise. Parfois les apparitions ont duré deux minutes, parfois une heure.
Nature de l’Apparition (privée ou publique)
Selon le site de Medjugorje,la Sainte Vierge n’est jamais apparue selon la volonté des voyants. Parfois ils priaient et attendaient mais la Sainte Vierge n’apparaissait pas tout de suite. Et parfois elle apparaissait à l’un et pas aux autres. Si elle n’avait pas promis une heure de rendez-vous, personne ne savait quand elle apparaitrait, ni même si elle apparaitrait. Elle n’apparaissait pas non plus toujours uniquement aux voyants déjà mentionnés, mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents
Emplacement des apparitions
Du 24 au 29 juin 1981, les apparitions ont lieu sur le Mont Crnica..Par la suite, le lieu des apparitions sera variable, tantôt à peu près à mi-chemin du lieu des apparitions, tantôt à l’église, tantôt dans une pièce attenante à la sacristie et enfin à partir de mars 1985 au presbytère, l’évêque de Mostar ayant interdit toute apparition dans les lieux attenants à l’église. Par la suite, le lieu des apparitions va grandement se diversifier, les voyants affirmant avoir désormais des apparitions individuelles (quotidiennes pour certains, mensuelles ou annuelles pour d’autres). Ces apparitions se produiraient à l’endroit où se trouvent les voyants.Le curé de la paroisse lui-même, tandis qu’il priait le rosaire dans son église, vit la Sainte Vierge.
Récit
L’histoire des apparitions a commencé en 1981. À l’époque, la Yougoslavie était encore sous régime communisteathée, et Međugorjen’était que la réunion de quelques hameaux qui vivaient essentiellement du tabac, de la vigne et de l’élevage. Un désaccord subsiste sur le récit des premiers jours du phénomène. Selon le Dictionnaire des « apparitions » de la Vierge Marie (ouvrage collectif réalisé sous la direction de René Laurentin et Patrick Sbalchiero), le mercredi 24juin1981, Ivanka Ivanković (née le 21juin1966), Mirjana Dragićević (née le 18mars1965), Vicka Ivanković (née le 3septembre1964), Milka Pavlović (née entre 1966 et 1968), Ivan Ivanković (né entre 1960 et 1962) et Ivan Dragićević (né le 25mai1965), partis sur la route de Bijakovici à Cilici, déclarèrent avoir aperçu sur la colline de Podbrdo une « silhouette lumineuse ».
Le lendemain, reviennent Ivanka, Mirjana, Vicka avec Jakov Čolo (né le 6mars1971) et Marija Pavlović (née le 1eravril1965, sœur de Milka). Ils escaladent la colline et convergent avec Ivan Dragićević, venu par un autre chemin. Le groupe des six voyants est ainsi définitivement constitué. Or, d’autres sources provenant principalement des dix-sept interrogatoires des visionnaires enregistrés les 27, 28, 29 et 30 juin 1981 contredisent certains points. Ainsi, Ivan Ivanković a lui-même déclaré le 18 mai 1986 qu’il n’avait jamais vu la Vierge :
« Lorsque le père Milan Mikulic […] eut demandé à Ivan s’il avait vu la Gospa le 24 juin 1981, ce dernier lui répondit : « Je vous ai dit hier que je ne l’avais jamais vue ! » ». De même, Ivan Dragicevic ne dit pas dans ses premières déclarations qu’il a vu la Vierge portant un enfant mais simplement : « une lumière ». Il n’était pas non plus présent le deuxième jour : « Le premier soir j’étais avec elles. Le deuxième soir, je n’y étais pas. » et « Le deuxième soir, je n’y suis pas allé. Je travaillais aux champs, je ramassais les feuilles de tabac. »
Après avoir entendu le récit, et d’abord suspicieux, le père Jozo Zovko, curé de la paroisse, croira relativement vite à l’authenticité de ces apparitions. Dans le contexte politique de l’époque, cette histoire n’est pas prise à la légère par le pouvoir communiste. Le Père Jozo est arrêté et condamné à trois ans de prison. Il est relâché un an et demi après. Mais, très vite, des pèlerins commencent à affluer du monde entier.
Des scientifiques (comme le cancérologue français Henri Joyeux) et des théologiens (comme le Père René Laurentin, spécialiste en mariologie) s’intéressent au phénomène et finalement le pouvoir relâche la pression. La paroisse de Međugorje est à la charge pastorale des franciscains, historiquement influents dans cette région (l’Herzégovine).
Le récit selon le site web de Medjugorje
Le premier jour
Ils virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras.
Ce jour-là, vers 18h00, sur la colline de Crnica, connue sous le nom de Podbrdo, les enfants – Ivanka Ivanković, Mirjana Dragićević, Vicka Ivanković, Ivan Dragićević, Ivan Ivanković et Milka Pavlović – virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras. Elle ne leur dit rien mais leur indiqua par gestes qu’ils devaient s’approcher. Surpris, effrayés, ils eurent peur de s’approcher, même s’ils pensèrent immédiatement que c’était la Vierge.
Croix bleue plantée sur la colline de Podbrdo Par gnuckx — Blue Cross Apparition Site – Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx – Podbrdo, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526404
Par gnuckx — Krizevac Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526423 Krizevac La colline qui surmonte Medjugorje. Les fidèles y montent en méditant le chemin de croix. Krizevac est devenu un lieu privilégié pour méditer la passion du Christ, le Calvaire du sanctuaire de Medjugorje.
Le deuxième jour
Le deuxième jour, le 25 Juin 1981, les enfants se donnèrent rendez-vous à l’endroit même où la Vierge était apparue, dans l’espoir de la revoir. Tout à coup, il y eu un flash de lumière. Les enfants levèrent les yeux et virent la Vierge Marie, cette fois sans l’enfant. Elle était souriante et joyeuse et incroyablement belle. D’un geste de la main, elle leur indiqua de s’approcher. Les enfants se prirent par la main et se dirigèrent vers elle. Ils tombèrent immédiatement à genoux et commencèrent alors à prier un « Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père ». La Sainte Vierge pria avec eux à l’exception du « Je vous salue Marie ».
Après la prière, elle commença à parler avec les enfants. Ivanka, la première, lui demanda des nouvelles de sa mère, décédée deux mois auparavant. Mirjana lui demanda alors si elle pouvait donner un signe pour montrer au peuple qu’ils n’étaient ni menteurs ni fous comme certaines personnes le prétendaient. La Sainte Vierge les quitta finalement en leur disant : « Dieu soit avec vous, mes chers enfants! » Avant cela, lorsque les enfants lui demandèrent s’ils la reverraient le lendemain, elle approuva d’un signe de tête. Selon les voyants la rencontre était indescriptible.
Ce jour-là, deux enfants qui formaient le groupe initial manquaient : Ivan Ivanković et Milka Pavlović. Ils furent remplacés par deux autres: Marija Pavlović et Jakov Čolo. Depuis ce jour, selon le témoignage des voyants, la Sainte Vierge leur apparait régulièrement. Milka Pavlović et Ivan Ivanković, qui étaient présents le premier jour des apparitions, ne virent plus la Vierge, même s’ils retournèrent sur le lieu des apparitions dans l’espoir de la revoir.
Le troisième jour
Le 26 Juin 1981, les enfants impatients attendaient 18h00, heure à laquelle elle était apparue auparavant. Ils se rendirent sur le même lieu pour la rencontrer. Ils étaient très heureux, bien que leur joie fût mêlée de crainte car ils se demandaient quelle serait l’issue de tout cela. Malgré la crainte, les enfants ressentirent une force profonde les attirant à aller rencontrer la Vierge. Soudain, alors que les enfants étaient encore sur le chemin, un flash de lumière apparut à trois reprises. Pour eux et pour ceux qui les suivaient c’était un signe indiquant la venue de la Vierge.
Ce troisième jour, la Vierge apparut plus haut sur la colline que le jour précédent. Immédiatement, la Vierge disparut. Mais lorsque les enfants commencèrent à prier, elle réapparut de nouveau. Elle était joyeuse et souriait sereinement et une fois de plus sa beauté était indescriptible. Tandis qu’ils quittaient leurs maisons, quelques personnes âgées leur conseillèrent d’apporter avec eux de l’eau bénite afin de s’assurer que ce n’était pas Satan. Lorsqu’ils furent avec la Vierge, Vicka pris de l’eau et en dirigea vers l’apparition en disant : « Si tu es la Sainte Vierge, s’il te plait reste mais si tu ne l’est pas, va-t-en ! » La Sainte Vierge sourit et demeura avec les enfants.
Puis Mirjana lui demanda son nom et elle répondit : « Je suis la Bienheureuse Vierge Marie ». Le même jour, en descendant du Podbrdo, la Vierge apparut une fois de plus, cette fois uniquement à Marija en disant : « Paix, paix, paix, seulement la paix. » Derrière elle, Marija vit une croix. Après cela, la Sainte Vierge répéta, en larmes, les paroles suivantes : « La paix doit régner entre Dieu et les hommes, et entre les hommes. » L’endroit où cela s’est déroulé est à peu près à mi-chemin du lieu des apparitions.
Le quatrième jour
Le 27 Juin 1981, la Sainte Vierge apparut trois fois aux enfants. A cette occasion les enfants posèrent toutes sortes de questions et la Sainte Vierge y répondit. Pour les prêtres, elle donna ce message : « Qu’ils soient persévérants dans la foi et qu’ils protègent la foi du peuple ! » Une fois de plus, Jakov et Mirjana demandèrent un signe car la population commençait à les accuser de mensonge et de prendre des drogues. « N’ayez peur de rien ! » répondit la Sainte Vierge. Avant de partir, lorsqu’ils lui demandèrent si elle reviendrait, elle leur répondit affirmativement.
En descendant du Podbrdo, la Sainte Vierge apparut une fois de plus pour leur dire au-revoir en disant : « Que Dieu soit avec vous, mes anges, allez dans la paix de Dieu ! »Le 28 Juin 1981, une foule importante se rassembla dès les premières heures du matin. A midi, ils étaient près de 15 000 personnes. Ce même jour, le curé de la paroisse, le P. Jozo Zovko, interrogea les enfants sur ce qu’ils avaient vu et entendu les jours précèdents. A l’heure habituelle, la Sainte Vierge apparut. Les enfants prièrent avec elle, après quoi ils lui posèrent certaines questions. Vicka, par exemple, demanda : « Chère Gospa, qu’attends-tu de nous et de nos prêtres ? » La Vierge lui répondit : « Le peuple doit prier et croire fermement ».
En ce qui concerne les prêtres, elle répondit qu’ils devaient croire fermement et aider les autres à faire de même. Ce jour-là, la Vierge disparait et réapparait à plusieurs reprises. Durant une des apparitions, les enfants lui demandèrent pourquoi elle n’apparaissait pas dans l’église afin que tous puissent la voir. Elle répondit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu! »
Le cinquième jour
Le 28 Juin 1981, une foule importante se rassembla dès les premières heures du matin. A midi, ils étaient près de 15 000 personnes. Ce même jour, le curé de la paroisse, le P. Jozo Zovko, interrogea les enfants sur ce qu’ils avaient vu et entendu les jours précèdents. A l’heure habituelle, la Sainte Vierge apparut. Les enfants prièrent avec elle, après quoi ils lui posèrent certaines questions. Bien que la foule les assaillait de questions et que ce jour fut particulièrement chaud et lourd, les voyants étaient comme au ciel.
Le sixième jour
Le 29 Juin 1981, les enfants furent emmenés à Mostar pour un examen médical et furent déclarés « en bonne santé ». La conclusion du médecin-chef fut : « Les enfants ne sont pas fous comme le pensaient les personnes qui les ont amenés ici … »La foule sur la montagne des apparitions fut plus nombreuse que jamais. Dès que les enfants arrivèrent sur place et commencèrent à prier, la Sainte Vierge apparut. A cette occasion, la Sainte Vierge les exhorta à la foi en disant : « Que le peuple croit fermement et ne craigne rien. »
Le septième jour
Le 30 Juin 1981, deux jeunes filles suggérèrent aux enfants de s’en aller en voiture pour une petite promenade. Leurs intentions réelles étaient, en fait, de les éloigner de l’endroit des apparitions et de les garder avec elles jusqu’à ce que l’heure de l’apparition soit passée. Cependant, même si les enfants étaient loin de Podbrdo, à l’heure habituelle de l’apparition, ce fut comme un appel intérieur qui les appelait à sortir de la voiture.
Dès qu’ils l’eurent fait, ils se mirent en prière, la Sainte Vierge se dirigea alors vers eux venant de Podbrdo qui se trouve environ à un kilomètre de là. Elle pria sept « Notre Père » etc. Ainsi la ruse des jeunes filles n’eut pas l’effet escompté. Peu après cela, la police commença à empêcher l’accès de la colline des apparitions, Podbrdo, aux enfants et aux pèlerins. Les enfants, puis bientôt la foule furent empêchés d’y aller. Mais la Vierge continua de leur apparaître dans des endroits secrets, chez eux ou dans les champs. Les enfants avaient acquis une certaine confiance et parlait ouvertement avec elle, attendant avec impatience ses conseils, écoutant ses avertissements et ses messages.
Les événements de Medjugorje continuèrent de cette manière jusqu’au 15 Janvier 1982. Jusqu’à cette date, le curé de la paroisse commença à accueillir les pèlerins dans l’église, leur permettant de prier le rosaire et de participer à l’Eucharistie. Les enfants participaient également au rosaire. La Sainte Vierge leur apparaissait parfois dans l’église à cette heure. Le curé de la paroisse lui-même, tandis qu’il priait le rosaire, vit la Sainte Vierge. Immédiatement, il arrêta sa prière et commença spontanément à chanter un hymne populaire « Lijepa si, lijepa Djevo Marijo » ;
« Tu es toute belle, Bienheureuse Vierge Marie ». L’église tout entière s’aperçut que quelque chose d’inhabituel se passait. Puis, il témoigna qu’il l’avait vue, lui qui, jusqu’alors, n’avait pas seulement été sceptique mais ouvertement contre les rumeurs d’apparitions, devint leur plus grand défenseur ! Il témoigna de son soutien aux apparitions jusqu’au point d’être emprisonné.
A partir du 15 Janvier 1982, les enfants accueillirent la Sainte Vierge dans une pièce de l’église paroissiale. Le curé mit cela en place à cause de nouvelles difficultés qui surgissaient et parfois même de réels dangers qui attendaient les voyants. Auparavant, les enfants s’étaient assurés que tout cela était en accord avec les désirs de la Sainte Vierge. Vu l’interdiction de l’Evêque diocésain, d’Avril 1985, les enfants cessèrent d’utiliser l’endroit de l’église comme lieu d’apparition.
Désormais, ils se rendirent dans une pièce de la maison paroissiale. Depuis le début des apparitions jusqu’à aujourd’hui, il n’y eut que cinq jours durant lesquels aucun des enfants ne vit la Vierge. Elle n’est pas toujours apparue au même endroit, ni au même groupe, ni aux mêmes personnes et ses venues n’ont pas toujours correspondu à une durée précise. Parfois les apparitions ont duré deux minutes, parfois une heure. La Sainte Vierge n’est jamais apparue selon la volonté des voyants. Parfois ils priaient et attendaient mais la Sainte Vierge n’apparaissait pas tout de suite.
Et parfois elle apparaissait à l’un et pas aux autres. Si elle n’avait pas promis une heure de rendez-vous, personne ne savait quand elle apparaitrait, ni même si elle apparaitrait. Elle n’apparaissait pas non plus toujours uniquement aux voyants déjà mentionnés, mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents. Tout cela nous montre que les apparitions ne sont pas un produit de l’imagination. Cela ne dépend jamais de l’heure ni de l’endroit, ni du désir ou de la prière des pèlerins ou des voyants, mais bien plus de la volonté de Celui qui permet ces événements.
IV – Analyse de l’Apparition
Apparence de la Vierge
Ils virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras. Le lendemain, les enfants levèrent les yeux et virent la Vierge Marie, cette fois sans l’enfant. Elle était incroyablement belle. Le troisième jour, lorsque les enfants commencèrent à prier, elle réapparut de nouveau. Une fois de plus sa beauté était indescriptible.
Notre Dame de Medjugorje
Attitudes de la Vierge
Elle ne leur dit rien mais leur indiqua par gestes qu’ils devaient s’approcher. Le lendemain, la Vierge, d’un geste de la main, leur indiqua de s’approcher. La Sainte Vierge pria avec eux à l’exception du « Je vous salue Marie ». La Sainte Vierge se dirigea alors vers eux venant de Podbrdo qui se trouve environ à un kilomètre de là. Elle pria sept « Notre Père ». Derrière elle, Marija vit une croix. Après cela, la Sainte Vierge répéta, en larmes, les paroles suivantes : « La paix doit régner entre Dieu et les hommes, et entre les hommes. » Elle était souriante et joyeuse.Elle était joyeuse et souriait sereinement.
Paroles de la Vierge
« Dieu soit avec vous, mes chers enfants! »
« Je suis la Bienheureuse Vierge Marie ».
« Paix, paix, paix, seulement la paix. »
« La paix doit régner entre Dieu et les hommes et entre les hommes. »
« Qu’ils soient persévérants dans la foi et qu’ils protègent la foi du peuple.
« N’ayez peur de rien ! »
« Que Dieu soit avec vous, mes anges, allez dans la paix de Dieu
« Le peuple doit prier et croire fermement »
« Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »
« Que le peuple croit fermement et ne craigne rien. »
Messages de la Vierge
L’essentiel du message de la Vierge est un appel à la paix. Il est vrai que le contexte s’y prête car la guerre va bientôt submerger la région. La prière figure au nombre des recommandations ainsi que l’appel à la Foi. René Laurentin fournit une longue compilation des messages qu’aurait livré la Gospa (Gospa signifie Notre-Dame en croate) entre 1981 et 1984.
Il reste toutefois difficile de se faire une idée précise de leur teneur exacte ; les messages semblant avoir fait l’objet de réécritures postérieures à leur enregistrement. En outre, dès l’été 1981 les voyants prétendent avoir des apparitions personnalisées avec des messages différents, ce qui empêche toute comparaison. Certains commentateurs notent toutefois que le contenu des révélations antérieures à 1984 révélerait des aberrations et des erreurs doctrinales qui mettent en doute leur véracité.
Bouflet note aussi qu’à plusieurs reprises, la Vierge aurait pris parti en faveur des franciscains de Medjugorje dans la querelle qui les a opposés à l’évêque de Mostar, ordinaire du lieu, fait qui ne s’est jamais produit dans une apparition reconnue par l’Église, mais qui a été constaté dans des apparitions non reconnues. Par exemple, le 16 avril 1982, Vicka écrit que la Vierge lui a répondu :
« L’Évêque n’agit pas en cela avec Dieu, ni dans la charité, ni dans l’amour de Dieu. Qu’Ivica et Ivan ne se polarisent pas sur l’Évêque qui les charge d’un grand fardeau pour se débarrasser d’eux. Il a commencé par les plus jeunes et poursuit son plan. Je sais que c’est pour eux un rude coup. (…) Ce que fait l’Évêque n’est pas selon la volonté de Dieu à l’égard d’innocents, sans aucune faute et si blâmés, cela Dieu ne le permettrait pas. (…) ».
Selon Joachim Bouflet, le message original de Medjugorje aurait insisté sur la réconciliation, ce qui aurait une signification très particulière, compte tenu du fait que les apparitions initiales eurent lieu à proximité d’un endroit où au cours de la Seconde Guerre mondiale plusieurs centaines personnes furent massacrées par les oustachis. Les franciscains qui se chargèrent de la « gestion » du phénomène auraient en fait escamoté cet aspect particulier du message de nature à remettre en cause la conduite d’une partie des membres de leur ordre au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Les messages de la Vierge selon le site de Medjugorje
Selon le témoignage concordant des voyants, la Sainte Vierge, durant ses apparitions, a donné une série de messages à transmettre aux hommes. Bien qu’il y ait de nombreux messages, ils peuvent être regroupés en cinq thèmes, car tous les messages soulignent fondamentalement ou rejoignent ces cinq thèmes.
La Paix
Déjà le troisième jour, la Sainte Vierge mit l’accent sur la paix comme le premier de ses messages: « Paix, paix, paix, seulement la paix ! » après quoi elle ajouta à deux reprises « La paix doit régner entre Dieu et les hommes et entre les hommes ». Etant donné que Marija a pu voir une croix, lorsque la Sainte Vierge donna ce message, la conclusion évidente est que la Paix vient de Dieu.
Dieu, qui à travers la Vierge, en Christ devint notre paix. (Ephésiens 2:14) « car c’est lui qui est notre paix au milieu de nous »… Cette paix « le monde ne peut la donner » (Jean 14:27) et c’est pour cela que le Christ a commandé à ses apôtres de la porter au monde (Matthieu 10:11) afin que tout homme puisse devenir « Fils de paix » (Luc 10:6).
La Foi
Le second message de la Sainte Vierge est la foi. Déjà, les quatrième, cinquième et sixième jours, la Sainte Vierge exhorta les personnes présentes à avoir une foi ferme. Elle répéta ce message à plusieurs reprises. Sans foi nous ne pouvons parvenir à la paix ! Une fois de plus, personne mieux que la Sainte Vierge ne peut comprendre la nécessité et l’efficacité de la foi. C’est pourquoi elle met l’accent sur ce thème à chaque occasion et missionne les voyants d’apporter la lumière de la foi aux autres.
La Conversion
La conversion est l’un des messages fréquents de la Sainte Vierge. Cela présuppose qu’elle a noté une fragilité ou un manque complet de foi dans notre monde d’aujourd’hui. Sans conversion il est impossible d’acquérir la paix. Pour cette raison, la Vierge suggère continuellement de recourir à la confession fréquente. L’invitation est adressée à tous sans différenciation car « personne n’est juste »….
La Prière
Quasi quotidiennement, depuis le cinquième jour des apparitions, la Sainte Vierge recommande la prière. Elle demande à tous de « prier sans cesse » tout comme le Christ lui-même nous l’a enseigné. (Marc 9:29, Matthieu 9:38, Luc 11: 5-13)
Le Jeûne
Déjà le sixième jour des apparitions, la Sainte Vierge a souvent recommandé de jeûner car cela fortifie notre foi. La pratique du jeûne assure et aide au contrôle de soi-même. Seule la personne qui se contrôle elle-même est véritablement libre et capable de s’abandonner à Dieu et au prochain, comme la foi le demande.
En résumé, on peut dire que les messages de la Sainte Vierge soulignent le fait que la paix est au dessus de tout et que la foi, la conversion, la prière et le jeûne sont les moyens qui nous permettent de l’atteindre.
Autres Visions et/ou éléments supra-naturels
Ce jour-là, une femme médecin qui avait suivi et observé les enfants, désira toucher la Sainte Vierge pendant l’apparition. Les enfants guidèrent sa main à l’endroit où se trouvait l’épaule de la Vierge et elle ressentit un picotement. Le médecin, bien que se déclarant athée, admit après cela : « Ici se passe quelque chose d’étrange! » Le même jour un enfant, Danijel Šetka, fut miraculeusement guéri. Ses parents l’avaient amené à Medjugorje pour prier spécialement pour sa guérison. La Sainte Vierge avait promis que cela arriverait si les parents priaient et jeûnaient avec une foi ferme. L’enfant fut effectivement guéri.
Eléments conformes aux autres apparitions
La croix aperçue derrière la Vierge comme à Amsterdam ainsi que les appels à la paix et à la prière.
L’incroyable beauté de la Vierge
Eléments spécifiques
Le nombre des voyants et leur âge
Le caractère individualisé des messages
La critique de la Vierge à l’égard de l’évêque du lieu défavorable à la réalité des apparitions.
La vie personnelle des voyants après les apparitions
Le fait qu’une tierce personne (femme médecin) puisse « toucher » l’épaule de la Vierge
L’air « joyeux » de la Vierge
Elle n’apparait pas uniquement aux voyants mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents.
La dissension entre les bénédictins et l’évêque de Mostar.
V- Reconnaissance et sanctuaires
Reconnaissance
Le 14 mai 1988, la sous-commission médicale de la Conférence des évêques de l’ex-Yougoslavie émet la déclaration suivante : « La sous-commission médico-psychologique professionnelle pour établir le statut psychologique des « voyants » de Medjugorje, à la suite de recherches dans la documentation médicale existante à ce jour, et après des examens effectués sur les personnes suivantes : Vicka Ivankovic, Ivan Dragicevic, Mirjana Dragicevic, Marija Pavlovic, Ivanka Ivankovic, Jakov Colo, et selon des critères en usage à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, en date du 25 mars 1978, a établi ce qui suit :
1 – Toutes les personnes examinées sont psychiquement équilibrées.
2 – Il n’existe pas de maladie psychique ou inclination psychopathologique qui auraient pu influencer ce supposé événement surnaturel. Il n’existe pas non plus de psychose ni d’hystérie collective ou d’autres phénomènes de ce genre. Les membres soussignés joignent en annexe leurs propres appréciations sur les personnes examinées. »
En juin 2015, le pape François annonce avoir reçu les conclusions de l’enquête. Faisant suite à ces conclusions, il nomme Mgr Henryk Hoser au poste « d’envoyé spécial du Saint-Siège pour Medjugorje » le 11 février 2017. Sa mission, exclusivement pastorale, est « d’acquérir des connaissances plus approfondies de la situation pastorale de cette réalité, et surtout, des exigences des fidèles qui se rendent en pèlerinage, et, à partir de cela, suggérer des initiatives pastorales pour le futur ».
Mgr Hoser n’aura donc pas à traiter des apparitions mariales qui sont de la compétence de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il a clairement indiqué aux fidèles qu’il était chargé d’une enquête pastorale qui ne remet en cause ni la dévotion mariale locale ni le jugement officiel de l’Église sur les apparitions qui reste inchangé depuis la déclaration officielle des évêques de l’ex-Yougoslavie en 1991.
Le 13 mai 2017, dans l’avion qui le ramène de Fátima, le pape François évoque les travaux de la commission d’enquête internationale dont il loue le « très bon travail ». Il explique qu’il faut distinguer trois choses, à savoir d’une part les premières apparitions aux enfants sur lesquelles l’enquête doit se poursuivre, d’autre part les apparitions actuelles pour lesquelles « l’enquête émet des doutes » et enfin le « le fait spirituel et pastoral » au sujet duquel il rappelle qu’il a chargé Mgr Henryk Hoser d’enquêter et de lui remettre un rapport. Le 8 décembre 2017, le pape François a accepté la renonciation de Mgr Henryk Hoser, ayant atteint 75 ans, l’âge canonique de la retraite. Mgr Romuald Kaminski a été nommé à sa place à la tête du diocèse de Varsovie-Praga.
La position actuelle de Rome sur les apparitions à Medjugorje
La position de Rome- dans l’attente d’une éventuelle reconnaissance de tout ou partie de ces apparitions – reste celle officiellement précisée par la réponse en date du 26 mai 1998 de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Mgr Gilbert Aubry, qui précise : « en ce qui concerne la crédulité des « apparitions » en question, le Saint Siège s’en tient simplement à ce qui a été établi par les Evêques de l’ex-Yougoslavie dans la déclaration de Zadar du 10 avril 1991 : « … sur la base des investigations jusqu’ici conduites il n’est pas possible d’affirmer qu’il s’agisse d’apparitions ou de révélations surnaturelles ».
Sanctuaire
Le sanctuaire marial de Medjugorje où la Vierge Marie apparaîtrait depuis juin 1981, attire 2,5 millions de personnes chaque année.
Eglise saint Jacques de Medjugorje Par gnuckx — Saint James Church (St. Jakov) Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526388