Par apparition privée, il faut entendre des apparitions ou visions ou messages, plutôt réalisées dans un cadre privé – même si un cadre public n’est pas exclu – mais adressés à une seule personne.

Par apparition publique, il faut entendre, pratiquement toujours une apparition s’adressant à une ou plusieurs personnes, mais dans un lieu où un groupe ou une foule de personnes, peut percevoir le changement de comportement des voyants, mais ne perçoit rien de la Vierge et des phénomènes qui l’accompagnent.

Bien que les voyantes, poussées par les prêtres du lieu, aient souvent beaucoup insisté auprès de la Vierge afin qu’elle manifesta un signe, Marie n’a que très rarement consenti à manifester des signes de son appartenance divine : on notera des effluves très odorantes ressenties à plusieurs reprises comme à Betania, un bref rayon de soleil manifesté par la Vierge dans l’église saint Gilles de l’Île Bouchard,  et surtout l’extraordinaire danse du soleil de Fatima.

Marie citait à chacune de ces sollicitations, la phrase de Jésus à Thomas, incrédule de sa résurrection : « Heureux est celui qui croit sans avoir vu. » On verra pourtant, au chapitre consacré aux phénomènes supra-naturels, que Marie a donné de nombreuses preuves indirectes de son extraction divine. Surtout lorsqu’on ne lui en demandait pas ! 

Lieu Fréquence ou nombre  
Tepeyac4 fois plus 1 à l’oncle du voyant
Le LausQuotidiennement pendant 4 mois puis pendant 50 ans 
Rue du Bac Paris3 apparitions de Juillet à décembre 1830
La Salette Le 19 Septembre 1846 
Lourdes 18 apparitions dont 12 les 15 premiers jours
Champion3 apparitions dont 2 le même jour
PontmainUne seule apparition (de nuit)
Giertzwald Tous les soirs à partir de juillet jusqu’au 16 Septembre
Fatima6 Apparitions tous les 13 du mois entre Mai et Octobre 1917
BeauraingLa Vierge se montre 33 fois 
Banneux8 fois vers 19 heures 
L’Île BouchardDu 8 au 14 Décembre 1947
BetaniaDu 7 Octobre 1954 au 5 Janvier 1990
KibehoDu 28 Novembre 1981 au 28 Novembre 1989
San Nicolas de Los Arroyos Du 25 Septembre 1983 au 11 Février 1990

Beaucoup se déroulent en privé

Quand les apparitions se déroulent en public, il est relativement aisé d’en décompter les manifestations, mais beaucoup d’entre elles se déroulent en privé et leur fréquence est donc très variable et très difficile à mesurer précisément. ( sur 19)

Des durées très variables

Concernant les durées d’apparition : concernant la durée d’une apparition ou d’un message, elle est très variable, de quelques minutes à plusieurs heures ; elles peuvent se décompter, en jours (de 1 jour ou une nuit à 7 jours) ; 5 peuvent se décompter en mois (de 1 mois à 5 mois) et 6 se décomptent en années (de 8 à 50 ans). En terme de messages, on ne peut évidemment comparer une apparition d’une journée à ce qu’on pourrait comparer à de longues conversations entre la Vierge et une voyante, s’étalant sur plusieurs années.

Des durées liées à la densité des messages et aux circonstances

A l’exception du long compagnonnage de 54 ans, entre Benoîte Rencurel et Marie, il faut noter que les apparitions les plus longues se situent toutes dans la deuxième partie du XX ème siècle. Cette période correspond sans doute à une période très difficile pour l’humanité, dite de guerre froide, entre les Etats occidentaux et l’URSS, mais correspond surtout à une importante déchristianisation et le début de ce qu’il faut bien appeler une grave crise de l’Eglise catholique en Europe.

Autant il est aisé de décrypter les messages de la Vierge à Lourdes, autant à partir de Fatima et surtout d’Amsterdam, la densité des messages et leur tonalité, parfois ésotérique, gênent leur compréhension. Mais rassurez vous, nous verrons plus loin que l’essentiel de ce que veut nous transmettre la Vierge, parce qu’il est plus que redondant, est aisément perceptible.

Il est intéressant de signaler également que la Vierge ne fait jamais les choses au hasard. Les mois de Décembre, Janvier et Juillet se détachent un peu des autres, mais c’est très relatif. Surtout, la Vierge choisit de préférence soit des lieux qui font sens, compte tenu d’un événement qui s’y est produit comme la présence de Jeanne Delanoue à l’île Bouchard ; elle choisit également une date anniversaire des fêtes de Notre Dame* : le 8 Décembre (Immaculée conception) ou le 8 Septembre, fête de la nativité de la Vierge, ou le 31 Mai, jour de la Visitation.

Des raccourcis temporels étonnants

La Vierge fait des raccourcis temporels étonnants, en rappelant à telle ou telle voyante, sa désignation au cours d’apparitions antérieures, même éloignées dans le temps, comme Notre dame du Carmel ou Notre Dame de Coromoto. Marie adresse aussi des clins d’œil : la première apparition de la Vierge à Catherine Labouré a lieu le jour de la fête de saint Vincent de Paul, à l’origine de sa vocation ! A l’île Bouchar, Marie rappelle les faits de nature religieuse qui s’y sont passés plusieurs siècles avant.

Pellevoisin, Knock, Rome ( Bruno Cornacchiola) , Syracuse, Medjugorje, Marguerite Bourgeoys, exclus 

1- Tepeyac, le 12 Décembre 1531 : 1 jour 

2- Le Laus, de Mai 1664 à 1718 : 54 ans

3– Paris, rue du Bac : 18 Juillet 1830 ( jour de la St Vincent de Paul )  27 Novembre 1830, Décembre 1830 : 3 jours

4– Rome, 20 Janvier 1842 : 1 jour 

5 – La Salette-Fallavaux19 Septembre1846 : 1 jour

6- Lourdes, 11 Février 1858 au 16 Juillet 1858 : 5 mois

7- Champion2 Octobre 1859 : 1 jour

8- Pontmain, nuit du 17 Janvier 1871

9- Gietrzwalddu 27 Juin 1877 au 16 Septembre 1877 : 2,5 mois 

10- Fátima, 13 Mai 1917 au 13 Octobre 1917 : 5 mois

11- Beauraing, entre le 29 Novembre 1932 et le 3 Janvier 1933 : 1 mois et quelques jours 

12- Banneux, entre le 15 Janvier 1933 et le 2 Mars 1933 : 1,5 mois

13- Amsterdam, du 25 Mars 1945 au 31 Mai 1959 : 14 ans, non compris les expériences eucharistiques.

14- L’Île-Bouchard, du 8 au 14 Décembre 1947 : 7 jours

15- Akita: 3 messages les 6 Juillet, 3 Août, 13 Octobre et 101 lacrimations entre le 4 Janvier 1975 et le 15 Septembre 1981 : 3 jours et 8,5 mois

16- Betania, du 7 Octobre 1954 au 5 Janvier 1990 : 36 ans

17- Kibeho,du 28 Novembre 1981 au 28 Novembre 1989 : 8 ans

18- San Nicolas de los Arroyos, du 25 Septembre 1983 au 11 Février 1991: 8 ans 

19- L’Escorial, du 14 Juin 1981 à Mai 2002 : 21 ans ( sous réserve)

Les apparitions les plus longues sont celles du Laus ( 54 ans), puis de Betania (50 ans), enfin, de l’Escorial (22 ans). Amsterdam compte 14 années d’apparitions mariales auxquelles s’ajoutent 14 ans d’expériences eucharistiques (28 ans en tout).

Les plus courtes durent une journée (Tepeyac ou Champion) ou une nuit (Pontmain). Les plus connues en Europe (Lourdes et Fatima) ne durèrent que 5 mois. Certaines ne durèrent qu’in instant (Rome et Alphonse Ratisbonne).  

Avertissement : beaucoup de ces apparitions sont « privées » et ne correspondent pas au « phénomène apparition » tel qu’on a pu le voir se manifester, à Lourdes, par exemple. Il s’agit plutôt d’un dialogue prolongé avec la vierge, qui peut n’inclure que des voix.

Inventaire des emplacements où la Vierge est apparue (sur 19)

Tepeyac : colline

Le Laus : dans une grotte, sur le versant d’une colline

Rue du Bac Paris : chapelle de la maison mère des filles de la charité

Rome ( Alphonse Ratisbonne) : église Sant’andrea delle fratte

La Salette : sur une montagne

Lourdes : dans une grotte près d’un torrent de montagne

Champion (USA) : entrée deux arbres ; un érable et un proche (conifère)

Pontmain : au dessus d’une maison, face à une grange

Gietrzwald : au niveau de l’érable du presbytère

Fatima : dans un champ, au dessus d’un petit chêne vert

Beauraing : sur un viaduc, au dessus d’un houx et d’une aubépine

Banneux : dans la cour, dans le jardin, sur un sentier.

L’île Bouchard : L’église saint Gilles de l’Île Bouchard

Betania : près d’une grotte dans un paysage luxuriant

Kibeho : dans la cour de l’école et dans le dortoir

San Nicolas de Los arroyos : dans la chambre de la voyante

Commentaires : la Vierge a une nette prédilection pour les environnements paysagers : à 11 reprises, c’est ce cadre qu’elle choisit. Cinq fois elle apparaît dans une chapelle ou une église. Une fois, plutôt dans une chambre, convenant mieux à des apparitions privées. ( San Nicolas de los Arroyos). Une fois dans la nuit, au dessus d’une maison du village de Pontmain. 

Bien que la Vierge se soit toujours refusée à céder aux demandes d’exécution de « faits extraordinaires » destinés à fonder la puissance de Dieu à travers elle, il est clair qu’une Apparition de la Vierge n’est ni une manipulation de l’esprit, ni une vision hystérique partagée, ni un phénomène naturel qu’il resterait à expliquer (comme on le fait régulièrement pour les dix plaies d’Egypte relatées dans la Bible).

Si elle est un signe évident de preuve de Dieu pour les croyants de confession catholique, les phénomènes supra-naturels incontestables qui l’accompagnent, nullement niés d’ailleurs par les scientifiques qui ne peuvent les expliquer, ne peuvent pas ne pas susciter d’interrogation auprès de tous les non croyants. Mais une mariophanie (phénomène surnaturel se rapportant spécifiquement à une vision de Marie, mère de Jésus) n’est-elle pas déjà, en soi, un phénomène supra naturel ? 

Tepeyac

Après que Juan Diego eut montré l’endroit où la dame du ciel voulait que son église soit construite, il demanda la permission de prendre congé. Il voulait rentrer chez lui pour voir son oncle Juan Bernardino qui était gravement malade quand il l’avait quitté pour aller à Tlatilolco appeler un prêtre afin d’entendre sa confession et lui donner l’absolution. La Dame du ciel lui avait dit que son oncle était guéri. Mais ils ne le laissèrent pas partir seul et l’accompagnèrent jusqu’à chez lui. Comme ils arrivèrent, ils virent que son oncle était heureux et en bonne santé.

Il était très stupéfait de voir son neveu ainsi accompagné et honoré, et demandait la raison d’un tel honneur. Son neveu répondit que lorsqu’il partit chercher le prêtre pour entendre sa confession et lui donner l’absolution, la Dame du ciel lui apparut à Tepeyac lui disant de ne pas être triste, que son oncle allait bien, ce qui l’a consolé. Elle l’a envoyé à Mexico voir l’évêque afin que ce dernier lui construise une maison à Tepeyac. 

L’oncle témoigna de ce que c’était vrai qu’à cette occasion il fut guéri et qu’il l’avait vue de la même manière que son neveu, apprenant d’elle qu’elle l’avait envoyé à Mexico pour voir l’évêque. La Dame lui dit aussi que, lorsqu’il irait voir l’évêque, il devrait lui révéler ce qu’il avait vu et lui expliquer de quelle façon elle l’avait guéri miraculeusement et elle voulait être appelée « La toujours vierge Sainte Marie de Guadalupe » et que son image bénie soit aussi ainsi connue.

Juan Bernardino fut conduit en la présence de l’évêque afin qu’il l’en informe et lui donne un témoignage ; son neveu et lui furent les invités de l’évêque jusqu’à ce que l’église consacrée à la Reine de Tepeyac soit construite là où Juan Diego l’avait vue. L’évêque transféra l’image sacrée de la dame du ciel miraculeusement imprimée sur le maillot de corps de Juan Bernardino à partir des fleurs cueillies en présence de la Vierge,  de sa chapelle privée à l’église principale afin que tout le peuple puisse voir l’image bénie et l’admire. La cité tout entière était sous le coup d’une grande émotion. Tous vinrent la voir, admirer l’image pieuse et prier. Ils s’émerveillèrent de son apparition dans ce divin miracle car aucune personne humaine de ce monde n’avait peint cette image précieuse. 

Le Laus

En mai 1664, alors que Benoîte conduit ses chèvres le long d’un bois, sur la montagne de Saint-Maurice, un vieillard s’approcha d’elle, se présentant comme saint Maurice lui-même et annonçant à la bergère qu’elle verrait la Mère de Dieu dans un vallon voisin.

Benoîte Rencurel verra aussi le Christ en Croix, saint Maurice, sainte Barbe, saint Joseph, saint Gervais et saint Protais, l’enfant Jésus, sainte Catherine de Sienne, les anges et le diable. 

Entre 1669 et 1684, elle est gratifiée cinq fois de la vision du Christ crucifié sur la croix d’Avançon*. Ainsi unie à lui, elle vit une « crucifixion mystique » chaque vendredi pendant plusieurs années. Elle se trouve brusquement raidie, chaque semaine dans la pose de crucifiée et reste ainsi du jeudi au samedi, sans pouvoir faire un geste. Elle s’effare, dans son humilité, de l’attention générale qu’attire sur elle ce prodige et demanda que d’autres souffrances, moins visibles, lui soient accordées.

C’est à partir de 1689 qu’elle subira des sévices nocturnes et combattra spirituellement le démon toutes les nuits jusqu’à sa mort. L’huile du Laus (huile de la lampe du saint sacrement utilisée en onction à la demande de la Vierge) occasionnera de nombreuses guérisons.

* La croix d’Avançon

En 1669, au pied de la croix d’Avançon, placée dans la chapelle du Laus,  Benoîte Rencurel est gratifiée pour la première fois de la vision du Christ crucifié : « je me montre ainsi à vous pour vous faire voir ce que j’ai souffert pour les pécheurs et l’amour que j’ai pour eux. »

Benoîte aura par la suite quatre autres visions du Christ crucifié. Pendant plusieurs années, Benoîte connaîtra les souffrances du vendredi qui cesseront en 1684. Elle participe ainsi aux douleurs de la Passion du Christ.

La croix d’Avançon, objet de la vénération des fidèles, changera plusieurs fois de lieu, jusqu’au jour où les frères Louis-René et Charles Tulasne, tourangeaux d’origine et botanistes de renom, financent et construisent la chapelle du Précieux-Sang, consacrée le 16 septembre 1862 par Monseigneur Victor-Félix Bernadou, évêque de Gap. Le 1er mai 2011, lors du troisième anniversaire de la reconnaissance officielle des apparitions, Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri bénit à nouveau cette chapelle dont la restauration a été financée par les recettes de l’album Spiritus Dei des prêtres du diocèse de Gap et d’Embrun. 

Rue du Bac / Paris

Catherine Labouré est sujette à des visions ou à des prémonitions. Elle reconnaît Vincent de Paul en le vieillard qui lui a dicté sa vocation. Elle aurait eu également la vision d’une « Croix de la Victoire* » : un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris. Surtout, l’apparition de la rue du Bac est célèbre pour avoir donné naissance à la « médaille miraculeuse », à qui on attribue de nombreuses guérisons auprès des personnes qui la portaient.

* La Croix de la Victoire

Quelques mois après la fin de la Révolution de 1848, Catherine Labouré aurait eu la vision d’une « Croix de la Victoire », d’un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris :

Elle s’empresse, bien sûr, d’aller le dire à M. Aladel [son confesseur], deux fois, et même de le mettre par écrit, à chaud, dès le 30 juillet 1848, de crainte d’oublier un détail : « Il y aura des ennemis de la religion qui chercheront et promèneront une Croix couverte d’un voile noir qui portera la terreur dans les esprits. Mais la Croix triomphera. Il y aura une Croix que l’on appellera la Croix de la Victoire, qui portera la livrée de la nation, elle sera plantée du côté de Notre-Dame, sur la place des victimes. La voici : une Croix sera faite d’un bois précieux, étranger. Elle sera garnie. Elle aura des pommes d’or aux extrémités. Le Christ sera grand ; la tête penchée du côté du cœur, la plaie du côté droit où il coule beaucoup de sang. La livrée de la nation dans le haut de la colonne. Le blanc, c’est l’innocence, voltigeant sur la couronne d’épines. Le rouge représente le sang ; le bleu, c’est la livrée de la Sainte Vierge. »

Et de continuer : « Cette croix sera appelée la Croix de la Victoire. Elle sera en grande vénération. De toute la France et des pays les plus éloignés, et même de l’étranger, les uns y viendront par dévotion, les autres en pèlerinage, et d’autres par curiosité. Enfin, il se fera des protections toutes particulières qui tiendront du miracle. Il ne viendra pas une personne à Paris qui ne vienne voir et visiter cette croix, comme une œuvre d’art. » […]

« Sur le pied de la Croix, il sera représenté toute cette révolution, telle qu’elle s’est passée. Le pied de la croix m’a paru avoir de 10 à 12 pieds [environ 3,5 mètres] en carré, et la croix de 15 à 20 pieds [de 4,5 à 6 mètres] en hauteur. Et, une fois élevée, elle m’apparaissait à peu près de 30 pieds [9 mètres] de hauteur. Sous cette croix, il reposera une partie des morts et des blessés pendant les événements si pénibles… » […]

« Ici, un bras paraît, une voix se fait entendre : « le sang coule ! » En montrant du doigt le sang : « L’innocent meurt, le pasteur donne sa vie. » » […]« La croix m’apparut de toute beauté. Notre-Seigneur était comme s’il venait de mourir. La couronne d’épines sur Sa tête, les cheveux épars dans la couronne par-derrière, la tête penchée du côté du cœur. » Mais l’abbé Aladel, son confesseur, n’en tint pas compte. C’est pourquoi, elle lui écrivit peu après cette lettre :

« […] Je vous parle de cette croix, après avoir consulté le Bon Dieu, la Sainte Vierge et notre bon père saint Vincent, le jour de sa fête et tout l’octave où je me suis abandonnée toute à Lui, et le priai qu’Il m’ôte toute pensée singulière à ce sujet et à tant d’autres. Au lieu de me trouver soulagée, je me suis sentie de plus en plus pressée de vous donner tout par écrit. Ainsi par obéissance, je me soumets. Je pense que je n’en serai plus inquiétée. Je suis, avec le plus profond respect, votre fille toute dévouée au Sacré-Cœur de Jésus et de Marie. » Cette croix n’est, à ce jour, toujours pas érigée.

Lourdes

Les faits qui suivent n’ont rien de naturel ; jugez en : la flamme du cierge ne brule pas les mains de Bernadette. (ce fait est constaté dans d’autres apparitions)  Depuis 1858, 70 personnes ayant bu de l’eau de Lourdes et prié la Vierge de Lourdes ont bénéficié de guérisons inexpliquées. Le corps de Bernadette Soubirous, la voyante, sera retrouvé longtemps après sa mort, non atteint par la corruption. Marie parle le patois pyrénéen de Bernadette. Enfin, Marie confirme le dogme de l’Immaculée conception reconnue par le pape en 1854, quatre ans plus tôt.

Champion

Parlons maintenant un peu des miracles qui accompagnèrent Adèle Brise, la voyante de Champion dans le Wisconsin (USA). Tout d’abord, il faut savoir que lorsque « les Sœurs » ne savaient plus comment nourrir les pensionnaires recueillis par la fondation d’Adèle, celle-ci les réunissait à la chapelle pour implorer le secours de Marie et, chaque fois, le lendemain matin, elles trouvaient à leur porte les provisions nécessaires qu’un bienfaiteur avait laissées là pendant la nuit.

En 1871, le climat avait été si sec que les incendies furent nombreux et très destructeurs. Ainsi, le 8 octobre 1871, un très violent incendie ravagea la zone proche du lieu de l’apparition ; c’est ce qu’on a appelé le grand feu de Peshtigo, dans le Wisconsin. Tout fut brûlé à l’exception de la chapelle en bois, de l’école et du couvent. Lorsque le feu menaça la chapelle, Adèle Brise refusa de partir et organisa une procession pour implorer la protection de Marie. Tout fut détruit à l’entour, mais le sanctuaire fut épargné ainsi que les personnes qui s’y étaient réfugiées.

Il y eut beaucoup d’autres miracles rapportés par Mgr Ricken, qui, après enquête, proclama le 8 Décembre 2010, les apparitions de Champion, « dignes de foi. » 

Pontmain

L’apparition de Pontmain donne lieu à une véritable scénographie autour de la Vierge : la vierge est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or comme la voûte de l’église peinte ainsi en 1860. Les enfants décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame. A l’intérieur quatre bobèches* sont fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellent celles que l’abbé Guérin allumait sur l’autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854, à tous les offices de la paroisse. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur.

Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle. « C’est comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe ! », disent les enfants. Une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu’une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au dessus de la tête de la Vierge. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. Une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 8 h ½.

Au moment de l’examen de conscience, les enfants signalent la présence d’un voile blanc qui vient d’apparaître aux pieds de la Vierge et qui monte lentement en la cachant à leurs yeux. Le voile arrive à hauteur de la couronne, s’arrête un instant et, brusquement, tout disparaît : le voile, la couronne, l’ovale, les bougies et les trois étoiles.

D’aucuns attribueront à la Vierge l’arrêt de l’offensive Prussienne à Laval, le lendemain, et le retour, indemnes, de la guerre de 1870 de tous les « enfants » de Pontmain. Tout aussi inexplicable sera le miracle dont sera témoin un enfant de confession musulmane devant un tableau reproduisant la Vierge de Pontmain, à Bechouate au Liban, le 21 Août 2004.

* Bobèche : disque adapté aux chandeliers et destiné à recueillir la cire qui coule.

Gietrzwald

Selon les deux voyantes, deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. Deux autres anges amènent l’enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge.

Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange enfin surplombe la scène et indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente. Il s’agit de la seule apparition mariale dont la scénographie, triomphante, consacre Marie, Reine de la Terre et des cieux. 

Fatima

L’Apparition de Fatima donne lieu à pas moins de cinq faits supra-naturels : des visions dont celle, effrayante, de l’Enfer, des prédictions, le message d’un ange, le miracle du soleil tournoyant (le plus exceptionnel phénomène supra naturel accompagnant une mariophanie)  et enfin ce qu’on a appelé le secret de Fatima (en trois parties).

Des faits troublants entourent également Fatima ; par exemple Pie XII sera frappé par le fait qu’il a été ordonné évêque le 13 mai 1917, le jour même des premières apparitions. Mais c’est surtout Jean-Paul II qui est le plus intimement lié au sanctuaire de Fatima, où il s’est rendu à trois reprises. Pour le pape polonais, il était évident que, lors de l’attentat au pistolet contre lui du 13 mai 1981, « ce fut une main maternelle qui guida la trajectoire du projectile et le pape agonisant s’arrêta au seuil de la mort ».

Un an plus tard, le pape est à Fatima pour remercier la Vierge quand, une nouvelle fois, la mort le frôle : un intégriste en soutane noire se précipite sur lui, armé d’un poignard, hurlant : « Je t’accuse de détruire l’Église ! À mort Vatican II ! » Le forcené sera vite maîtrisé.

Des visions

La Vision de l’enfer 

« En disant ces paroles, la Vierge ouvrit de nouveau les mains comme lors des deux mois passés. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes quelque chose comme une mer de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes ressemblaient à des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant forme humaine, qui flottaient dans le brasier, portées par les flammes qui sortaient d’elles, avec des nuages de fumée tombant de tous côtés, ressemblant à la chute des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir, qui horrifiaient et faisaient trembler d’effroi. Les démons se distinguaient par des formes horribles et sordides d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des braises de charbons noirs. »

Les visions de saint Joseph et de l’enfant Jésus. 

« Notre-Dame une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant-Jésus paraissaient bénir le monde avec les gestes en forme de croix qu’ils faisaient de la main. Peu après, une fois dissipée l’image de cette apparition, je vis Notre-Seigneur et Notre-Dame (qui pour moi ressemblait à Notre-Dame des Douleurs). Notre-Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph. Cette apparition s’évanouit à son tour et il m’a semblé voir de nouveau Notre-Dame sous une forme proche de Notre-Dame du Carmel.»

Des prédictions : la deuxième guerre mondiale

A Fatima, la Vierge annonce la fin de la première guerre mondiale (1914/18) et l’arrivée de la seconde, avant de conclure : « Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI en commencera une autre, pire encore », aurait prévenu la Vierge, alors même que le pontificat de Benoît XV n’est pas encore fini. « Finalement, mon Cœur immaculé triomphera…Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. »

L’ange de Fatima

Les apparitions de la Vierge ont été précédées de trois apparitions d’un ange, en 1915 et 1916. Cet ange qui s’est présenté aux voyants sous le titre de « l’ange du Portugal » invite les enfants à prier et leur enseigne une prière : la prière de l’ange de Fatima. Cette « prière » est composée de deux courtes phrases. « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas. » D’autres prières rapportées par les enfants, et qu’ils ont dit être communiquées par la Vierge Marie, sont parfois associées ou confonduesavec la prière de l’ange.

Le miracle du soleil tournoyant

Lors de la 3e apparitions (le 13 juillet 1917), Lucia demande à la dame « un miracle » pour que les gens croient à ses apparitions. La dame promet un miracle pour le mois d’octobre. Lors de la 5e apparition, le 13 Septembre, 30 000 personnes entourent les « voyants ». La « dame » promet à nouveau un « miracle » pour la prochaine rencontre le 13 octobre. 

Il se produit alors dans le ciel un phénomène lumineux appelé par la suite « le miracle du soleil » ou la « danse du soleil ». Parmi les observateurs il y a des universitaires et des non-croyants. Tous attestent d’un phénomène « non explicable ». Le Miracle du soleil, ou la danse du soleil, est le nom donné au phénomène solaire observé à Fátima, dans le cadre des apparitions mariales de Fátima le 13 octobre 1917. Cet événement a été observé par plus de 30 000 personnes (les estimations varient de 30 à 100 000) pendant environ 10 minutes à Cova da Iria, près de Fátima au Portugal. Le 13 octobre 1930, l’Église catholique a qualifié cet événement de miracle.

Ce phénomène a donné lieu à une nombreuse littérature cherchant à expliquer son origine. Différentes hypothèses ont été émises : phénomènes solaires, hallucination collective, problème rétinien (dont rétinopathie), jusqu’à l’apparition d’un objet volant non identifié. Des films se sont également inspirés (ou ont évoqué) cet événement historique.

Le pape Pie XII aurait bénéficié de la même vision. 

Le secret de Fatima, en trois parties. 

Fatima est sans aucun doute la plus prophétique des apparitions modernes. La première et la deuxième parties du « secret » concernent avant tout la vision épouvantable de l’enfer, la dévotion au Cœur immaculé de Marie, la deuxième guerre mondiale, ainsi que la prédiction des très graves dommages que la Russie, abandonnant la foi chrétienne et adhérant au totalitarisme communiste, devait apporter à l’humanité. Quant au troisième secret, une indication pour l’interprétation de la troisième partie du « secret » avait déjà été donnée par Sœur Lucie (une des voyantes de Fatima) dans une lettre au Saint-Père le 12 mai 1982. Dans cette dernière, elle écrivait :  « La troisième partie du secret se réfère aux paroles de notre-Dame : “Sinon la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites” (13-VI-1917). 

Sœur Lucie écrit : « La troisième partie du secret est une révélation symbolique, qui se réfère à cette partie du Message, conditionné par le fait que nous acceptions ou non ce que le Message lui-même nous demande : “si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, etc…”. Comme nous n’avons par tenu compte de cet appel du Message, nous constatons qu’il s’est réalisé : la Russie a inondé le monde de ses erreurs. Et si nous ne constatons pas encore la réalisation totale de la fin de cette prophétie, nous voyons que nous nous y acheminons peu à peu à grands pas, ….si nous ne renonçons pas au chemin de péché, de haine, de vengeance qui viole les droits de la personne humaine, d’immoralité et de violence, etc. 

Et ne disons pas que c’est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu’il nous a donnée ; c’est pourquoi les hommes sont responsables.

Action de Dieu, Seigneur de l’histoire, et co-responsabilité de l’homme, dans sa dramatique et féconde liberté, tels sont les deux pivots sur lesquels se construit l’histoire de l’humanité

La Vierge Marie apparue à Fatima nous rappelle que l’homme a une part active et responsable dans l’Avenir de l’humanité, tel qu’il se construit, même si Dieu reste bien « Le Seigneur de l’Histoire !»  

Beauraing

Rien d’extraordinaire à signaler à l’exception de la mariophanie elle même, mais Fernande Voisin, l’aînée, bénéficiera d’une solennité plus grande de la vision, qui sera accompagnée d’un coup de tonnerre et d’une boule de feu d’où la dame surgira.

Banneux

La Dame flotte à quelques centimètres au dessus du sol. Une lumière éclatante l’enveloppe. Au troisième chapelet, il cesse subitement de pleuvoir. 

L’Île Bouchard

Les voyantes y notent la présence d’un ange : « A sa droite (de la Vierge) un peu plus bas, un ange au regard bleu, avec des ailes « couleur de lumière », parle et se présente comme l’ange Gabriel. Sans doute celui de L’Annonciation. C’est à l’île Bouchard également que la Vierge acceptera de montrer à tous sa présence, à travers un trait de lumière vif traversant toute la nef de l’église. 

Betania

Toute petite, María Esperanza se révéla très pieuse, et à cinq ans elle eut sa première vision avec sainte Thérèse de Lisieux, qui lui donna une rose rouge. La surprise de sa mère fut d’autant plus grande qu’il n’y avait pas de roses là où ils habitaient.

Maria Esperanza sut que le terrain dont lui avait parlé la Vierge pour y bâtir son sanctuaire était le bon lorsqu’elle l’a reconnu à partir d’une description précise que lui en avait fait la Vierge.

Il est plus qu’une coïncidence que ce lieu se soit appelé « Bétanie* », un lieu qui signifie quelque chose dans les Evangiles. Des 31 apparitions de la Vierge à Maria à Betania, on dispose, finalement, de peu d’informations par rapport à d’autres. La date du 8 Décembre, jour de l’immaculée conception, joue un rôle particulier dans la vie de Maria Esperanza.

* Béthanie 

Béthanie est le village de Judée où les amis de JésusMartheMarie et Lazare possédaient une de leurs résidences. Selon l’évangile attribué à Jean, il était situé à « quinze stades » de Jérusalem (Jn 11:18) il semble être l’endroit où Jésus aimait se retirer lorsqu’il souhaitait s’éloigner des évènements de Jérusalem. C’est à Béthanie qu’est situé l’événement symbolique appelé la résurrection de Lazare et que Simon le Lépreux reçut Jésus chez lui. Il ne faut pas confondre ce lieu avec celui appelé Béthanie-au-delà-du-Jourdain où Jésus et Jean le Baptiste se rencontrent pour la première fois selon l’évangile attribué à Jean.

Des expériences mystiques ; La voyante Maria Esperanza est une mystique dotée de dons extraordinaires. Dès son enfance Maria Esperanza connaît des expériences mystiques : visions de sainte Thérèse et de Jésus à l’âge de 5 ans, guérison miraculeuse, à douze ans, d’une pneumonie qui l’avait paralysée. En outre, elle aurait été privilégié de dons mystiques : stigmates, extases, lévitation, prophétie, lecture des cœurs.

Visites de padre Pio, en bilocation ; Fille spirituelle de saint Padre Pio, celui-ci lui aurait rendu de nombreuses visites en bilocation. Le 23 Septembre 1968, Patre Pio lui est apparu et lui a dit : « Esperanza, je viens faire mes adieux, mon temps est arrivé. » Elle apprit que Padre Pio* était mort le même jour. 

Des phénomènes extraordinaires ; certains de ses beaux-fils diront aussi avoir vu, chez Maria Esperanza, se manifester des choses passant l’entendement humain : des hosties apparaître sur sa langue, des multitudes de pétales de roses sortir de ses vêtements et d’autres phénomènes incroyables attestés par des médecins. Un de ces phénomènes aurait été filmé par une journaliste de Venevison, chaîne de télévision de Caracas. 

* Padre Pio 

Est le nom d’un capucin et prêtre italien né Francesco Forgione, le 25 mai 1887 à Pietrelcina (province de Bénévent, en CampanieItalie), mort le 23 septembre 1968 à San Giovanni Rotondo (province de Foggia dans les Pouilles en Italie). Il avait pris le nom de Pie (en italien Pio), en hommage au pape Pie V, quand il rejoignit l’ordre des frères mineurs capucins. Il fut connu pour être le premier prêtre et l’un des rares hommes à qui la tradition attribue des stigmates, bien que l’origine miraculeuse de ces plaies soit sujette à polémique. Il a été canonisé par l’Église catholique romaine le 16 juin 2002 sous le nom de Saint Pio de Pietrelcina.

Kibeho

Les témoins entendent la voyante parler français, anglais, kinyarwanda et d’autres langues inconnues. 

Le 16 janvier 1982, Alphonsine Mumureke aurait eu la vision d’un champ de fleurs très variées, plantées par la Vierge, qui l’aurait invitée à aller se promener ensemble à travers ce champ. 

Le 20 mars 1982, Alphonsine fait un « voyage mystique ». Elle était comme plongée dans un sommeil très profond. Les autres avaient de sérieuses difficultés à la bouger, encore plus à la soulever ou à desserrer ses mains jointes. Cette lourdeur a beaucoup étonné. Alphonsine raconte : « J’ai entendu la sainte Vierge m’appeler, et j’ai répondu à son appel. […] Nous sommes parties et nous avons abouti à un endroit vraiment horrible : il y avait des gens d’un air lugubre, en train de se disputer et de se battre sans cesse. Et puis nous avons continué à monter et nous sommes arrivés dans un autre endroit. Là, il faisait moins obscur mais horrible tout de même, jusqu’à un certain degré.

Les gens n’avaient pas l’air aussi lugubres que les premiers, néanmoins, ils souffraient beaucoup tout en se tenant pieusement avec les yeux tournés vers en-haut et pleins de tristesse. Enfin, continuant toujours à monter, nous sommes arrivés à un endroit magnifique, où il y avait une lumière excellente comme celle que projette notre soleil habituel. Alors je lui ai demandé comment s’appelait ce lieu-là, et elle me répondit : « C’est la demeure de ceux qui ont un cœur de lumière. Là où les hommes souffrent, mais se tiennent pieusement avec les yeux tournés vers le haut, c’est chez ceux qui seront comptés parmi les Elus. Par contre, là où tu as vu des gens qui ne faisaient que se battre, il s’agit de ceux qui connaîtront éternellement des tourments, sans espérer obtenir le pardon. Entre temps, j’entendais continuellement de très belles voix lointaines qui chantaient, mais sans que je puisse voir de qui elles provenaient. […] Lui ayant demandé pourquoi elle m’avait emmené là, Elle me répondit : 

« Puisque tu as vu ces trois catégories, je peux espérer que tu feras ton possible pour attirer les hommes dans le bon chemin. De plus, je te les ai montrées afin que tu apprennes que la meilleure vie est celle qui viendra, après que l’homme aura quitté la terre.» D’autres apparitions ont suivi, notamment le 15.08.82, avec les autres voyantes.

Livre de Mgr Augustin MISAGO, « Les apparitions de Kibeho au Rwanda« , Facultés catholiques de Kinshasa, 1991, p. 21-38. 88-91 et 94-104. Extraits par F. Breynaert.

Anticipation du génocide de 1994

Au cours des visions, les trois jeunes filles ont reçu différents messages. Le 15 août 1982 les voyantes assistent à ce qui a été interprété comme la préfiguration de la tragédie de 1994 : « Alors que la Dame était en pleurs, on vit alors un fleuve de sang, des personnes qui s’entretuent, des cadavres abandonnés sans sépulture, un arbre entièrement en feu, un gouffre béant, un monstre, des têtes décapitées ».

Ces visions reviendront dans différentes apparitions, notamment à Nathalie. Pour l’Eglise catholique, ces visions se sont avérées prophétiques au vu du génocide vécu au Rwanda en 1994. A Kibeho même, 11 000 personnes vont être massacrées, et pour la plupart, dans l’église paroissiale. Marie Claire, la troisième présumée voyante, trouvera aussi la mort dans le génocide.

Autres faits extraordinaires : il est arrivé qu’il pleuve pendant les apparitions : la foule était mouillée mais pas les voyantes ! 

Il y eut également des visions d’une grande hostie, et des visions du soleil dansant comme un disque. Cela s’est renouvelé au moins 5 fois. 

Au titre des faits supra-naturels, il faut noter les jeûnes : lorsque la Dame le leur demande, pendant plusieurs semaines, les jeunes filles ne vont recevoir que la communion pendant la messe et quelques fois un peu d’eau bénite. A ce sujet, il faut noter le jeûne extraordinaire de Nathalie pendant le Carême de 1983, suivi de très près par une équipe de médecins de l’Université Nationale du Rwanda. 

Les apparitions aux trois voyantes s’accompagnent de phénomènes auxquels la science ne peut pas apporter d’explications. Notamment lorsque les jeunes filles sont en extase devant le soleil pendant plus d’une heure, sans que leur rétine ne soit brûlée. Un autre phénomène reste mystérieux : au moment des extases, les jeunes voyantes prennent du poids et sont impossibles à soulever. Deux médecins de la commission médicale tenteront de soulever Alphonsine pendant une apparition, sans succès. 

Dans d’autres visions cependant, la Vierge apparaît souriante et invite les hommes à l’aimer comme une mère empressée auprès de ses enfants : «Il ne faut pas avoir peur de sa maman ! » Dit-elle. 

San Nicolas de los arroyos

Comme les enfants de l’Île Bouchard, la voyante a pu toucher Marie et sentir la chaleur de son corps.

Gladys Quiroga précise que pendant les apparitions, elle sent un intense parfum de roses. 

À partir du vendredi 16 novembre 1984, la voyante dit subir tous les vendredis les souffrances de la Passion du Christ, dont les stigmates.

Le 4 juin 1991, dans un songe, elle perçoit l’endroit où se localiserait une source miraculeuse comparable à celle de Lourdes, devenue aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour de nombreux malades. De nombreuses guérisons ont été enregistrées par le diocèse de San Nicolas dans le cadre de l’enquête de la reconnaissance des apparitions. 

Marie, dans une apparition subséquente, a donné à Gladys un chapelet blanc et lui a dit : « Recevez ce Rosaire de mes mains et gardez-le pour toujours et à jamais. Vous êtes obéissante ; J’en suis heureuse ; réjouissez-vous car Dieu est avec vous. »

La Vierge Marie a également demandé à Gladys d’aller chercher une statue qui avait été bénie par un Pape et qui avait été oubliée dans le clocher d’une église. Elle a trouvé la statue le 27 novembre 1983. Elle était dans le clocher de la cathédrale du diocèse. La statue en question était la Mère de Dieu tenant l’Enfant Jésus. Elle avait été apportée de Rome après avoir été bénie par le Pape Léon XIII. La statue ressemblait à la Vierge de l’apparition. Dès lors, cette statue est l’objet de vénération.

Le Laus et San Nicolas de los Arroyos

La Vierge ordonna à Benoîte de chercher, au Laus, une petite chapelle oubliée ; ceci nous rappelle la statue égarée dans le clocher de l’église de San Nicolas de Los Arroyos en Argentine, lors de l’apparition à Gladys Quiroga de Motta.

Paris/ rue du Bac et Rome, Lourdes, Fatima 

L’apparition de la rue du Bac à Paris, à Catherine Labouré, élargit le travail d’apostolat de la vierge et de conversion des pécheurs, à travers sa demande de diffusion d’une médaille : une image de la Vierge figurant sur cette médaille et reproduite dans l’église San Andrea delle Fratte*, à Rome, entraînera la conversion instantanée d’Alphonse Ratisbonne ; la Vierge de la rue du Bac annonce aussi le dogme de l’Immaculée conception, confirmé à Bernadette Soubirous, à Lourdes. Le cœur transpercé de Marie, placé près de celui du Christ, sur la médaille miraculeuse, apparaîtra plus tard à sœur Lucie, un des trois voyants de Fatima, dans la vision de Tuy.

* Cette apparition romaine entraîna la reconnaissance officielle de la Médaille miraculeuse par l’Église Catholique. L’église, Sant’Andrea delle Fratte,située à deux pas de la place d’Espagne, et qui a reçu d’illustres visiteurs comme sainte Thérèse de Lisieux lors de son voyage à Rome et saint Maximilien Kolbe, qui y a célébré une première messe, abrite en effet une chapelle ornée d’un tableau représentant la Vierge Marie ressemblant fort à l’avers de la Médaille « miraculeuse » montrée par la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré, en 1830 à Paris !

Paris, San Nicolas de los Arroyos, Lourdes,

La révélation de l’Immaculée conception à Bernadette Soubirous à Lourdes en 1858, confirme les mots inscrits sur la médaille miraculeuse vue par Catherine Labouré à Paris, rue du bac, en 1830 : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours çà vous ». 

A San Nicolas de los Arroyos (Argentine), le 11 Janvier 1989,  la Vierge dit à la voyante Gladys Quiroga de Mota, « qu’elle apporte un peu du ciel de Lourdes. » 

Comme on le verra régulièrement, les apparitions de la Vierge se confortent les unes les autres : l’espace temps de Marie n’est pas le nôtre !

Gietrzwald et Lourdes

A cause de la source et des guérisons miraculeuses, on dit que Gietrzwald est « le Lourdes » de la Pologne ».

Beauraing et Banneux

La Vierge est déjà apparue, en Belgique, du 15 Janvier 1933 au 2 Mars 1933 à Beauraing. Quelle signification à deux apparitions si proches, sinon la montée des périls qui annonce la deuxième guerre mondiale ? 

L’Île Bouchard et de grands témoins de l’Eglise : Jeanne Delanoue* et Marthe Robin**

Le lieu de l’Apparition n’a pas été choisi au hasard. A la question de savoir pourquoi la vierge a choisi d’apparaître à l’Île Bouchard, la Vierge répond que c’est parce qu’il y a ici des personnes pieuses et que Jeanne Delanoue y est passée.

Jeanne Delanoue (Saumur18 juin 1666 – Saumur17 août 1736) est une religieuse française fondatrice des servantes des pauvres et reconnue sainte par l’Église catholique. Au cours de l’une des apparitions de l’Île-Bouchard (8-14 décembre 1947), la Sainte Vierge fait allusion à Jeanne Delanoue, qui vient d’être béatifiée et à son passage à l’église St Gilles, lieu des apparitions).

*Coïncidence avec une révélation de la Vierge faite à la mystique Marthe Robin 

Dans une lettre du 21 septembre 1983, le Père Finet, guide spirituel de Marthe Robin***, qui avait des antennes, témoigne de son intuition d’alors : « Marthe a beaucoup prié, car elle était très douloureuse, constatant le progrès du communisme en France et redoutant les pires catastrophes. Le vendredi 12 décembre, après la Passion, Marthe m’a dit que la Sainte Vierge lui avait montré qu’en ce jour, elle avait arrêté le communisme, qui n’avait pu réaliser l’attaque que ses membres devaient faire contre le gouvernement et finalement contre la France, pour s’emparer avec violence du pouvoir. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, peu après, j’ai appris que la Sainte Vierge était apparue à l’Ile Bouchard ! Dès le 31 mai 1949, le curé Vivian, archiprêtre de Chinon, confirmait ce témoignage de Marthe Robin : bien qu’ignorant les faits de l’Ile Bouchard, elle a déclaré que « la Vierge aurait dit qu’elle était intervenue très spécialement le 8 décembre pour sauver la France d’un grand péril » (Anthonioz, p. 48).

**Marthe Robin,

Née le 13 mars 1902 à Châteauneuf-de-Galaure et morte dans la même ville le 6 février 1981, Marthe Robin est une mystique catholique française, fondatrice des Foyers de Charité, connue pour des phénomènes tels que des visions religieuses, des stigmates et l’inédie que lui attribuent divers témoins de son époque. Son dossier en vue d’une éventuelle béatification a été déposé auprès des autorités diocésaines en 1987 puis transmis au Saint-Siège en 1996. Le 6 mai 2010 a été signée à Rome, à la Congrégation pour les causes des saints, la « Positio », recueil élaboré à partir de tous les éléments recueillis visant à authentifier sa réputation de sainteté ; elle a abouti à la reconnaissance de « l’héroïcité des vertus » le 7 novembre 2014. Selon le père Bernard Peyrous, Marthe Robin a accompagné, à des degrés divers, la constitution de nombreuses communautés nouvelles et associations.

Betania et Lourdes, notre Dame du mont Carmel

« Mon enfant, je viens te donner une parcelle du ciel de Lourdes » ; Après avoir mentionné sa présence à Lourdes, Marie confirme qu’elle était aussi notre Dame du mont Carmel*. « Enfants, je suis la Mère du Mont Carmel, (16 juillet 89) ; Je vous garde ici dans mon coeur ..! »

L’Ordre du Carmel

Au XIIe siècle, des hommes choisissent de vivre en ermites dans les grottes du Mont Carmel, à la recherche de Dieu. Ils s’inspirent des prophètes Élie et Élisée, qui selon une tradition, vécurent dans les grottes du Mont Carmel, et y fondèrent une « École des prophètes ».

Les premiers ermites, menés par Berthold, construisent une chapelle en l’honneur de la sainte Vierge Marie, et Lui portent une dévotion singulière. Ils la désignent rapidement comme sainte patronne. Ces ermites du Mont Carmel reçoivent, aux environs de 1209, une règle de vie élaborée par le patriarche Albert de Jérusalem. La prière est au centre de cette règle de vie. À la suite de la conquête de la Palestine par Saladin (chute de Jérusalem en 1187 par Saladin, jusqu’à la chute de Saint-Jean-d’Acre en 1291), les ermites, au cours du XIIIe siècle se réfugient progressivement en Europe car leur sécurité ne peut plus être assurée dans leur ermitage. Lors du Concile de Latran de 1215, la papauté voulant réorganiser les ordres mendiants en supprime un grand nombre, les rattachant à des ordres officiels (ordre de Saint François et ordre de Saint Dominique) et menace de supprimer l’ordre des Carmes. 

Honorius III, en 1226, admet que l’ordre des Carmes puisse être préservé. Le Concile de Lyon de 1274 supprime 22 ordres religieux nés après 1215, mais sursoit à la suppression des Carmes et des Ermites de saint Augustin. Le Pape Urbain VI, en 1379, confirme le titre, pour le Carmel, d’Ordre de la Bienheureuse Marie, Mère de Dieu, Notre-Dame du Mont Carmel. Le mont Carmel ( en hébreu Har HaKarmel, littéralement en français « le vignoble de Dieu ), est une montagne côtière d’Israël surplombant la mer Méditerranée. La ville de Haïfa se trouve en partie sur le flanc du mont Carmel, ainsi que quelques petites villes, comme Nesher ou Tirat Carmel.

Betania / Coromoto

. Dans un message du 8 Septembre 1989, Marie se présente aussi comme NotreDame de Coromoto*, Patronne du Venezuela (message du 8/9/1989) 

* Notre Dame de Coromoto

Notre Dame de Coromoto est le nom donné à la Vierge Marie lors de son apparition à un indigène du Venezuela en 1652. C’est une figure catholique du continent américain. Le culte de la Vierge de Coromoto est particulièrement répandu au Venezuela, nation dont elle est la patronne

Quand la ville de Guanare, capitale de l’état de Portuguesa, fut fondée en 1591, les natifs qui habitaient dans la région, les Cospes, fuirent vers la forêt au nord de la ville pour échapper aux conquistadores, rendant difficile l’évangélisation que ces derniers avaient entrepris. La tradition place la première apparition de Marie le 8 septembre 1652, dans la forêt où s’étaient enfuis les Indiens. Elle aurait dit au cacique des Cospes, l’indien Coromoto, et à sa femme : « Vous allez à la maison des blancs et vous leur demandez qu’ils vous donnent l’eau sur la tête pour pouvoir aller au ciel », c’est-à-dire pour se faire baptiser.

Selon la tradition orale, le cacique raconta tout à son encomendero, don Juan Sánchez ; celui-ci lui demanda de se préparer avec sa tribu pour recevoir le baptême huit jours plus tard. Des Indiens Cospes se convertirent et se firent baptiser, mais pas le cacique qui fuit. La légende place à ce moment la seconde apparition de Marie : Coromoto, rendu aveugle par la colère, aurait levé le bras pour la saisir, mais elle aurait disparu. La tradition veut que l’apparition se soit matérialisée dans une marque faite de fibres d’arbre qui se trouve aujourd’hui dans le sanctuaire national de Notre-Dame de Coromoto. Dans le conte, Coromoto est mordu par un serpent venimeux ; blessé et sur le point de mourir, il revient à Guanare et y reçoit le baptême que lui administre un barinais. Guéri, il consacre ensuite le reste de sa vie à l’évangélisation des Cospes qui s’étaient, sous son commandement, opposés aux conquérants.

Statue de Notre Dame de Coromoto
Par Guillermo Ramos Flamerich — Travail personnel, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1464821

Le pape Pie XII déclara en 1950 Notre-Dame de Coromoto patronne du Venezuela. Le pape Jean-Paul II couronna la statue lors de sa visite au sanctuaire marial de Guanare et le pape Benoît XVI éleva le sanctuaire national de Notre-Dame de Coromoto au rang de basilique mineure.

La personne de la Vierge

La vierge apparaît presque toujours dans un milieu paysager et souvent à l’aplomb d’un arbre ou d’un arbuste. Elle peut apparaître dans une grotte.

Marie sollicite souvent la construction d’une chapelle ou d’une église, parfois d’un sanctuaire.

Marie s’adresse à des enfants, presque toujours des jeunes filles, issues de milieux modestes, voire pauvres, souvent sans culture et parfois illettrées.  Dans un certain nombre de cas, surtout au début, la Vierge apparaît à des enfants appartenant à des milieux religieux et priants.

La Vierge a, la plupart du temps, une attitude maternelle et douce, mais ne s’interdit pas, ici ou là, une réprimande envers la communauté religieuse qui accueille la voyante et souligne l’importance de la vertu d’obéissance. Elle insiste sur la confiance à accorder à son directeur spirituel, au pape, dont elle parle toujours « en bien ».

Selon les messages à faire passer, la Vierge apparaît avec son fils dans les bras, entourée d’anges, placée devant une grande croix, assise sur un trône royal…  

Marie s’exprime dans la langue ou même le patois local. Elle est presque toujours habillée de la même façon, mais certains détails peuvent varier. La présence de roses posées sur ses pieds est une constante. Des textes inscrits sur une banderole peuvent l’entourer, apparaître et disparaître (comme à Pontmain).

La grande beauté de la Vierge est reconnue par tous et sa silhouette est nimbée d’une lumière éclatante, mais non éblouissante. On perçoit parfois de suaves odeurs de parfum au lieu de l’Apparition.

Comme à Beauraing, elle semble marcher au-dessus du sol, parfois au dessus d’un petit nuage. Généralement, elle tient les mains jointes ou, bras écartés, la paume des mains ouverte et dirigée vers la terre.

De l’avis général, sa voix est « délicieuse », mais la Vierge peut ne rien dire du tout. D’une manière générale, quand elle se manifeste à l’extérieur, elle sourit beaucoup et parle peu. Son visage change très rapidement et exprime des sentiments de douleur, de tristesse, et de gaieté.

Le contexte des apparitions

Elle apparaît souvent dans un contexte historique ou socio politique difficile.

A l’endroit de l’Apparition et, la plupart du temps, grâce à l’eau d’une source découverte à proximité et bénie par la Vierge, des guérisons inexpliquées se produisent.

Sauf à de rares exceptions, toutes les prédictions de Marie se réalisent, du moins celles qu’on est capables d’interpréter « après coup ». La Vierge « apporte » souvent une nouvelle prière à diffuser largement et faire réciter. Toujours, la Vierge révèle aux voyants un secret à ne pas dévoiler, qui est « rien que pour eux » !

La Vierge se livre, à de nombreuses reprises, à des prédictions de nature apocalyptique. 

Quelques très rares miracles perceptibles par la foule des présents sont notés : le miracle du soleil tournoyant à Fatima par exemple, ou le rayon de soleil de l’Île Bouchard; Marie refuse toujours de céder à des demandes de phénomènes miraculeux ou de prendre les objets qu’on lui tend. Selon certaines voyantes, Il arrive cependant qu’elle-même en donne : chapelet, rose ou ruban blanc, comme à San Nicolas de los Arroyos.

Le miracle du soleil tournoyant à Fatima
Par Judah Ruah, photograph for the news paper O Seculo, published the 1917-09-29 on the news paper Illustracao Portugueza — Illustracao Portugueza 1917-09-29 Reporter de Cristo website, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21975698

A maintes reprises, une partie du clergé est hostile et nie les apparitions, mais jamais la Vierge ne dresse les voyantes contre leur clergé. Rue du Bac comme à San Nicolas de los Arroyos, Marie demande qu’on frappe une médaille et en fait la description. 

A propos des personnes décédées et vivant « là-haut », elle utilise l’expression « les nôtres ».

Les voyantes et voyants

Les voyantes et voyants connaissent presque tous une vie souffrante. Comme aux enfants de Fatima, la Vierge ne promet pas à Bernadette d’être heureuse, « ici bas ».

Un petit nombre est appelé à consacrer sa vie à Dieu, ou aux autres, et à devenir saint ou bienheureux ; pourtant, le plus grand nombre connaît une vie normale. Ce sont simplement des  » instruments » du message marial. Certaines ont des visions et reçoivent des messages du Christ. Souvent, le clergé local est réticent voire hostile ; au moins au début.

Certaines voyantes ont des visions du Ciel, du Purgatoire et de l’Enfer  et « voyagent littéralement » à travers le temps et l’espace en compagnie de la Vierge. Un petit nombre de voyantes peut éprouver des souffrances correspondant aux visions et vivre des expériences mystiques avec le Christ. Certaines sont affectées de stigmates ; d’autres sont guéries d’une affection.

Les voyantes sont affectées de phénomènes corporels inexplicables pendant les apparitions et, pour certaines, après les apparitions. Le corps des voyantes présente des caractéristiques spécifiques pendant les apparitions : par exemple il devient très très lourd ; le pouls ralentit ; les extrémités de leur corps refroidissent et elles ont le regard totalement fixe.

L’une d’elles précise : « Pendant les apparitions, les médecins nous séparaient, nous pinçaient fort, nous donnaient des coups de canif, faisaient bruler une allumette sous ma main ; nous ne sentions rien ; pas de traces non plus. » De lourdes chutes peuvent terminer la phase de vision. On procède souvent à des tests de vérification sur les voyantes. Certaines subissent les attaques du Démon et frôlent, parfois, la mort.

Les paroles et messages de la Vierge

L’appel à la prière, à la conversion et à la pénitence est une constante des messages mariaux ;

Marie rappelle l’importance de la pratique régulière de l’Eucharistie, surtout le 1erVendredi du mois, jour anniversaire de la crucifixion de son Fils.

La Vierge rappelle souvent l’importance de l’humilité. A titre d’illustration, certaines voyantes doivent parfois ramper, baiser le sol et même manger de l’herbe, comme Bernadette à Lourdes !

Marie souligne l’importance capitale des prières et de la souffrance pour « sauver les âmes ». 

La Vierge peut faire allusion à un épisode passé de nature religieuse affectant le lieu de l’apparition comme la création d’une congrégation religieuse à l’Île Bouchard.

Le choix des dates d’apparition de la Vierge n’est pas toujours fortuit : jours de l’Annonciation et de l’Immaculée conception par exemple.

Marie aime confirmer une apparition par une autre : ainsi, celles de la rue du Bac ( à travers une médaille) et de saint Nicolas d’arroyos, se confortent l’une l’autre.

La Vierge promet toujours d’apporter son secours et son aide après une demande d’action transmise à la voyante.  Enfin, Marie rappelle souvent l’importance de réciter, sans se lasser, « le Rosaire », mais qu’il importe « de ne pas réciter n’importe comment ! ».

Nous avons essayé de savoir si le contexte socio politique, présent ou à venir, pouvait justifier le choix par la Vierge d’apparaître dans un pays et à un temps donnés. A vrai dire, difficile de ne pas trouver chaque année un événement tragique, tant les hommes sont de bons pourvoyeurs de catastrophes. Pourtant, certaines apparitions interviennent à des moments suffisamment précis de l’histoire d’un pays, ou du Monde, pour penser que la Vierge aurait décidé, « par hasard », de venir nous apporter ses conseils et ses avertissements, à ce moment là.

L’apparition du Laus intervient en période de grande disette ; celle de la rue du Bac se situe dans un contexte de froid, de disette, d’instabilité politique (Les 3 glorieuses, la révolution de Juillet, le siège de Paris par les Prussiens).  A Champion, le commerce des esclaves noirs bat son plein ; à Pontmain, les Prussiens sont arrivés au Mans ; à Fatima, s’ouvre une période de dictatures et d’entrée du Portugal dans la guerre 14/18 ; à Beauraing et Banneux, les dictatures brune et rouge commencent leurs sale besogne : l’URSS attaque la Finlande, Hitler ouvre Dachau.

A l’Île Bouchard, la France connaît une grave crise politique et on craint un putch communiste ; à Betania, après un cycle de soulèvements/répressions, Hugo Chavez prend le pouvoir et conduira son pays à la faillite économique et à une quasi dictature ; Kibeho annonce l’affreux génocide de 1994 ; à San Nicolas de los Arroyos, la junte militaire gouverne l’Argentine d’une main de fer : nombreuses disparitions d’opposants et guerre des Malouines.

Photos des victimes du génocide du Rwanda
Par Adam Jones, Ph.D. — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=22178892

L’Europe est le continent de prédilection de Marie puisque une grande majorité des apparitions s’y produit. (ou phénomènes mariaux) L’Amérique compte 4 apparitions réparties entre Amérique du sud (2), Amérique du Nord (1) et Amérique centrale (1) ; Asie et Afrique comptent chacune 1 apparition. L’Océanie et l’Antarctique n’ont bénéficié d’aucune apparition. 

Si on analyse les lieux d’apparition par pays, la France, fille aînée de l’Eglise (?) se taille la part du lion en Europe, avec pas moins de 8 apparitions ou phénomènes mariaux. La Belgique (2), le Portugal (1), la Pologne (1) . Les Etats unis (1) et le Mexique (1) sont les pays où la Vierge a choisi d’apparaître en Amérique du Nord et Amérique centrale. L’Argentine (1) et le Venezuela (1) sont les deux pays d’apparition d’Amérique du sud. En Afrique, seul le Rwanda (1) a bénéficié des « visites » de Marie. 

Il est clair que la très grande majorité des apparitions se déroule dans des pays de culture catholique. On notera que depuis le refus de reconnaître l’apparition de Lipa, les Philippines, pays très catholique, n’ont pas été visités. Si la « non visite » des pays de confession protestante n’est pas étonnante compte tenu de leur « allergie » à la doctrine mariale catholique, l’absence de toute visite de Marie en pays orthodoxe peut surprendre, compte tenu de la place qu’occupe la Vierge dans cette confession ; l’Orthodoxie « paye », peut-être, son refus des 4 dogmes mariaux catholiques*, à l’exception de la maternité divine et de la virginité.  

Icône de la Vierge avec l’enfant Jésus

* Dogmes catholiques concernant Marie : la virginité, la maternité divine, l’immaculée conception et l’Assomption.