De Marie de Nazareth à la Dame de tous les peuples
Désignations de la Vierge selon les apparitions
Sur 19 lieux d’apparition, 10 ont choisi d’appeler la Vierge du nom du lieu de l’apparition (Ex : Notre Dame de Lourdes). Deux portent le nom du lieu et un qualificatif (Notre Dame de Beauraing ou la Vierge au cœur d’or et Notre Dame de Banneux ou la vierge des pauvres).
Cinq apparitions ne portent que le nom du qualificatif désigné par la Vierge elle même, ou retenu comme caractéristique par les fidèles : Notre dame de la médaille miraculeuse pour l’apparition de la rue du bac à Paris ; Notre Dame du Bon secours pour Champion ; Notre Dame de la prière pour l’Île Bouchard ; Notre Dame réconciliatrice de tous les peuples et nations à Betania ; Notre Dame du Rosaire à San Nicolas de los Arroyos ;
Apparences de la Vierge
En entreprenant ce livre, j’avoue avoir été particulièrement curieux de découvrir « à quoi ressemblait vraiment la Vierge ». Car enfin, entre les merveilleuses représentations de la Vierge des peintres italiens de la Renaissance, les projections des artistes de commande, mélangées des voeux de l’ecclésiastique du lieu, les indications pas toujours précises des voyantes et voyants, le souhait de rendre grâce à la Vierge en lui donnant l’allure d’une reine de la Terre et des cieux, il y avait place à loger trente six modèles de Vierge !
Même si j’admets que Marie, selon les circonstances, le lieu de l’apparition, l’époque et la nature du message à illustrer, peut choisir de changer d’apparence, la réunion des commentaires des voyantes sur la physionomie de la Vierge permet de fixer les grandes lignes de son aspect extérieur, dégagé des accessoires et de sa compagnie éventuelle. Mais il faut prendre garde de ne pas vouloir absolument réduire l’image de la Vierge à une seule image. Nous allons en reparler plus loin. Essayons déjà de réunir les descriptions de la Vierge fournies par les voyants.es.
Lourdes
Lourdes : Bernadette raconte : « J’aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied. » A la dix huitième apparition, Bernadette raconte : « jamais je ne l’ai vue aussi belle ! » D’après Bernard Billet, sainte Bernadette avait été surprise par la beauté de la « Dame » qui lui parlait avec un si beau sourire, et qui faisait si bien le signe de la Croix. Bernadette avait été saisie par la beauté de la « Dame » qui lui apparaissait, « bien plus belle que les plus belles dames de Lourdes « qui ne pouvaient y faire » (sic) : jamais triste, sauf lorsqu’elle parlait des pécheurs.
Champion
Adèle Brise raconte avoir vu une femme vêtue de blanc, un blanc aveuglant, portant une ceinture jaune autour de la taille et une couronne d’étoiles sur la tête. Alors qu’ils approchaient du lieu de la troisième apparition, Adèle vit à nouveau la belle Dame vêtue de blanc. Sa robe tombait à ses pieds en plis gracieux. Elle avait toujours la couronne d’étoiles autour de sa tête, et ses longs cheveux clairs et ondulés tombaient sur ses épaules. Une lumière céleste rayonnait autour d’elle.
Pontmain
Tout à coup, en plein ciel, au dessus de la maison d’en face, Eugène Barbedette voit une ‘Belle Dame’. Elle est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or (comme la voûte de l’église peinte ainsi en 1860). Sur la tête, elle a un voile noir surmonté d’une couronne d’or avec un liseré rouge au milieu. Aux pieds, elle porte des chaussons bleus avec une boucle d’or.
Gietrzwald
selon les voyantes, la silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants. Au même endroit le lendemain, cette fois, deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Le 30 juin, la Vierge apparaît cette fois seule, sans être escortée par des anges.
Fatima
une dame vêtue de blanc, plus brillante que le soleil leur apparaît. « Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière, puis Notre-Dame au-dessus du chêne vert. » «Notre-Dame une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu.»
Beauraing
nous avons résumé la description qu’en fait une des voyantes, Gilberte Degeimbre, dans une séquence vidéo disponible sur You Tube : « La vierge est à 50 cm ou 1 mètre du sol, au dessus d’un petit nuage ; on ne voit pas ses pieds mais on devine ses pas quand elle se déplace. Elle est très très brillante. Elle porte une robe blanche toute droite avec un reflet bleu qui part de l’épaule gauche et rejoint le bas droit de la robe et des plis en bas. Elle porte un chapelet au coude droit qui descend très bas. Elle porte un voile léger sur la tête et elle a une auréole avec des rayons dorés comme ceux du soleil, lumineux, très légers. Sa voix est très douce, pénétrante ; son regard est doux et ses yeux sont bleus. Sa beauté est « au delà de tout. » ; l’apparition éclaire très fort, mais d’une lumière très douce qui ne gêne pas les yeux. ….elle est jeune comme « une jeune dame ». Elle a « une voix très douce ». Elle n’a pas de ceinture mais un chapelet. Certaines fois, un cœur d’or apparaît sur sa poitrine émettant des rayons d’or. »
Banneux
« Elle était très belle et une lumière éclatante l’enveloppait. Elle était pieds nus et portait une longue robe blanche avec une ceinture bleue. Une rose dorée se trouvait à ses pieds. » Mariette a remarqué que la Dame flottait à quelques centimètres au-dessus du sol.
L’île Bouchard
« Elle a sur la tête un voile blanc, qui laisse voir quelques cheveux blonds. Sa robe blanche bordée d’or est serrée par une ceinture bleu ciel dont les deux pans étalés descendent jusqu’à hauteur du genou. Elle a les mains jointes. De jolies mains aux doigts longs et fins. Au bras, un chapelet à gros grains très blancs, avec chaîne d’or. Elle est environnée de lumière. Elle apparaît dans une petite grotte. Ses pieds sont posés sur une grosse pierre rectangulaire. Devant elle, des roses. A sa droite, un peu plus bas, un ange au regard bleu, avec des ailes « couleur de lumière ». Le rocher qui porte les deux personnages ne touche pas le sol. Un ensemble merveilleusement beau et lumineux.
Le 12 Décembre, cette fois, la Vierge a une auréole qui scintille derrière sa tête. Jacqueline raconte : « J’ai vu une belle Dame, vêtue d’une robe blanche, ceinture bleue, voile blanc légèrement brodé autour. Le voile reposait sur le front. Les pieds de la Dame étaient nus et apparents et reposaient sur une large pierre rectangulaire formant le bas de la grotte dans laquelle elle nous est apparue. A son bras droit était passé un chapelet aux grains blancs montés sur une chaîne d’or. Les cheveux étaient blonds et longs et retombaient sur le devant, de chaque côté, en formant deux anglaises. La ceinture bleue était un large ruban et les manches de la robe étaient vagues. A ses pieds, cinq roses, lumineuses, formaient une guirlande en forme de demi-cercle qui se terminait par deux feuilles vertes reposant sur les deux extrémités de la pierre.
Sous les pieds, on lisait l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». L’ange se tenait sur une pierre plate de même couleur que la grotte mais en dehors d’elle, le genou droit à terre, à peu de distance de la Dame, et à sa droite. Il était vêtu d’une robe blanche et avait des ailes blanches aux bords dorés. Il tenait à la main droite un lys blanc et l’autre main reposait sur sa poitrine. Les cheveux étaient blonds en forme d’anglaises. » A l’une des apparitions, les enfants lisent bien sur la poitrine de la Dame, dont la tête est auréolée d’un arc-en-ciel lumineux, le mot Magnificat.
Kibeho
Alphonsine Mumureke décrit la Madone comme une femme d’une beauté incomparable, à la couleur de peau pas bien définie. Problème : après de multiples essais, aucune statue de la Sainte Vierge n’est « reconnue » comme étant un portrait fidèle de sa personne. Serait-ce-ce en raison d’un désaccord sur la couleur de peau de la Vierge ?
San Nicolas de los arroyos
La Vierge est apparue le 25 septembre 1983 portant l’Enfant Jésus et vêtue d’une robe bleue et d’un voile. Sa silhouette rayonnait de lumière.
La Salette
La vierge a une coiffure brillante avec un diadème de rayons et une couronne de roses. Un fichu blanc jeté sur les épaules et croisé autour de la ceinture, avec une guirlande de roses pour bordure. Robe de lumière, toute blanche avec paillettes d’or. Sur la poitrine et plutôt à l’intérieur, un crucifix, avec tenailles et marteau « qui tenaient sans rien pour les attacher »; mais, pour soutenir la croix et son Christ, il y avait une petite chaîne passée autour du cou ; puis, une seconde chaîne, en forme de galon et sans anneaux, semblait, de son poids très lourd, écraser les épaules. Enfin, un tablier jaune d’or et des souliers blancs avec boucle d’or et touffe de roses… Le visage était divinement beau, mais empreint d’une profonde tristesse. Mélanie observa aussi que non seulement les mains étaient croisées l’une sur l’autre dans les manches de la robe, mais que les oreilles aussi étaient cachées, comme les cheveux, sous une sorte de coiffe ou de bandeau…
Synthèse des descriptions
Tous les voyants et voyantes s’accordent pour dire que « la Dame » est d’une beauté exceptionnelle, que rehausse une silhouette nimbée d’une lumière éclatante « sans être éblouissante ».
Des effluves de parfum de roses et parfois des chants célestes se font sentir et entendre.
Sa robe est le plus souvent blanche, d’un blanc très brillant, parfois bordée d’un liseré d’or, parfois avec des reflets bleus, parfois avec des paillettes d’or, avec des manches amples. Sa robe est toujours blanche à l’exception de Pontmain où elle est bleue « semée d’étoiles comme la voute de l’église », et L’Escorial où elle apparaît une fois, vêtue d’une tunique grenat, symbolisant « la vierge des douleurs ».
Un voile lui couvre la tête, laissant apparaître son visage, sauf à La Salette, où elle porte une coiffure brillante avec un diadème de rayons et une couronne de roses masquant ses cheveux sous une sorte de coiffe. Son voile semble plutôt de lin, léger, blanc ou blanc cassé, parfois brodé autour, sauf à Pontmain où il est noir avec un liseré rouge au milieu.
La ceinture de la robe, un large ruban, est plutôt de couleur bleu ou bleu ciel, sauf à Champion où il est jaune.
En, ce qui concerne ses cheveux, les descriptions concordent : ils sont longs, ondulés, tombant sur les épaules, formant des anglaises ; la seule différence tient à leur couleur : bruns ou bruns foncés, le plus souvent, plus rarement clairs ou blonds.
Les pieds de Marie sont nus le plus souvent, parfois ornés d’une rose « dorée », reposant parfois sur une grosse pierre, mais toujours flottant à quelques centimètres au dessus du sol. A Pontmain et La Salette, la Vierge porte des chaussons bleus et des souliers blancs, ornés d’une boucle d’or et d’une touffe de roses. A ses pieds, les roses peuvent former une guirlande et une banderole porter un texte, comme à l’Île Bouchard.
Il arrive que la Vierge porte une couronne sur la tête, d’étoiles, comme à Champion, d’or, comme à Pontmain, scintillante et portée par deux anges comme à Giertzwald ; une couronne comme une auréole avec des rayons dorés, lumineux et très légers, comme à Beauraing.
Il nous faut aussi parler de la voix de la Vierge décrite comme très douce, pénétrante, et même d’une beauté indescriptible !
Son regard est qualifié de doux ou très doux, clair, emprunt de douceur.
A Fatima, Marie se montre avec Joseph et l’enfant Jésus et même un manteau bleu pour l’occasion ;
Maria Esperanza Medrano de Bianchini, à Betania, est la seule à préciser que la Vierge est jeune. (Bernadette Soubirous à Lourdes contestera la statue de grande et belle dame qu’on lui propose en arguant que la Vierge était jeune et de petite taille !)
Quant à Gilberte Degeimbre (Beauraing), elle est la seule à nous parler de ses yeux bleus.
Jacqueline Aubry (L’île Bouchard) est la seule à nous parler de manière précise de ses jolies mains aux doigts longs et fins…
Marie préfigure la future humanité
Bonne nouvelle ! Si Marie préfigure notre future humanité, alors nous serons tous beaux ; semblables aussi au corps du Christ au moment de la Transfiguration : ils resplendiront de lumière ! Ceux que nous considérons parfois avec dédain : les « moches », les estropiés, les handicapés de toutes sortes, brilleront de la même lumière que nous ! Raison de plus pour jeter sur eux, tout de suite, le même regard que celui que nous leur porterons « ce jour-là » !
Certaines apparitions apportent leur lot de spécificités
A Giertzwald, c’est la reine de la Terre et des cieux qui apparaît sur un trône d’or et de diamants, au milieu d’une escouade d’anges portant sceptre et couronne ;
A l’île Bouchard, elle porte un chapelet au coude droit, qui descend très bas, avec des gros grains et une chaîne en or précise Jacqueline Aubry, l’une des voyantes ;
Un cœur d’or apparaît parfois sur sa poitrine, émettant des rayons d’or comme à Beauraing, ou le mot « Magnificat » comme à l’Île Bouchard. Mais aussi un crucifix portant tenailles et marteau comme à La Salette, plus une lourde chaîne autour du cou. Il n’y a qu’à la Salette que la Vierge est vue portant ces ustensiles ainsi qu’un tablier jaune d’or.
Description de la Vierge par Maria Esperanza à Betania
Maria Esperanza raconte : « Quand elle s’est révélée, elle était au sommet de l’arbre ; elle était belle avec des cheveux bruns, marron foncé ; ses yeux étaient brun clair et elle avait de très jolis sourcils, une petite bouche, un nez très droit ; son teint était très beau : sa peau, bronzée, était de soie, comme celle d’une jeune fille ; ses cheveux descendaient jusque sur ses épaules. » Si vous regardez attentivement le portrait de l’image de la Dame de tous les peuples d’Amsterdam, vous reconnaissez aisément la description de Maria Esperanza. Sourcils, bouche et nez sont exactement ceux de l’image. En outre, sur cette image, Marie apparaît telle qu’elle était sans doute dans sa vie humaine : une jeune fille ou femme juive, sans doute pas très grande, en fait de la taille des jeunes femmes de l’époque, comme le dira Bernadette Soubirous, avec le teint légèrement mat et dont les mains longues et effilées soulignent la finesse des traits. Quant aux yeux, le brun clair est vraisemblable, même si Gilberte Degeimbre les a vus bleus !
Notre dame de la Vierge de la Médaille miraculeuse

Par Xhienne — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2169454
Iconographie de l’avers
- La Vierge Marie est représentée en pied, les bras légèrement détachés du corps et les mains ouvertes, étendues vers la terre, en geste d’ouverture et de don.
- Le serpent, sous les pieds de Marie est écrasé, rappelant cette phrase de la Genèse (Gen. 3:15): « je mettrai l’hostilité entre toi et la femme […] Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon ».
- Les rayons de lumière émanant de ses mains symbolisent les grâces qui sont obtenues par l’intercession de la Vierge Marie.
La Vierge de Sant Andrea delle Fratte à Rome ressemble beaucoup à celle de la médaille miraculeuse

qui provoqua la conversion d’Alphonse Ratisbonne




