De Marie de Nazareth à la Dame de tous les peuples

Désignations de la Vierge selon les apparitions

Sur 19 lieux d’apparition, 10 ont choisi d’appeler la Vierge du nom du lieu de l’apparition (Ex : Notre Dame de Lourdes). Deux portent le nom du lieu et un qualificatif (Notre Dame de Beauraing ou la Vierge au cœur d’or et Notre Dame de Banneux ou la vierge des pauvres).

Cinq apparitions ne portent que le nom du qualificatif désigné par la Vierge elle même, ou retenu comme caractéristique par les fidèles : Notre dame de la médaille miraculeuse pour l’apparition de la rue du bac à Paris ;   Notre Dame du Bon secours pour Champion ; Notre Dame de la prière pour l’Île Bouchard ; Notre Dame réconciliatrice de tous les peuples et nations à Betania ; Notre Dame du Rosaire à San Nicolas de los Arroyos ;

Apparences de la Vierge 

En entreprenant ce livre, j’avoue avoir été particulièrement curieux de découvrir « à quoi ressemblait vraiment la Vierge ». Car enfin, entre les merveilleuses représentations de la Vierge des peintres italiens de la Renaissance, les projections des artistes de commande, mélangées des voeux de l’ecclésiastique du lieu, les indications pas toujours précises des voyantes et voyants, le souhait de rendre grâce à la Vierge en lui donnant l’allure d’une reine de la Terre et des cieux, il y avait place à loger trente six modèles de Vierge !

Même si j’admets que Marie, selon les circonstances, le lieu de l’apparition, l’époque et la nature du message à illustrer, peut choisir de changer d’apparence, la réunion des commentaires des voyantes sur la physionomie de la Vierge permet de fixer les grandes lignes de son aspect extérieur, dégagé des accessoires et de sa compagnie éventuelle. Mais il faut prendre garde de ne pas vouloir absolument réduire l’image de la Vierge à une seule image. Nous allons en reparler plus loin. Essayons déjà de réunir les descriptions de la Vierge fournies par les voyants.es. 

Lourdes

Lourdes : Bernadette raconte : « J’aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied. » A la dix huitième apparition, Bernadette raconte : « jamais je ne l’ai vue aussi belle ! » D’après Bernard Billet, sainte Bernadette avait été surprise par la beauté de la « Dame » qui lui parlait avec un si beau sourire, et qui faisait si bien le signe de la Croix. Bernadette avait été saisie par la beauté de la « Dame » qui lui apparaissait, « bien plus belle que les plus belles dames de Lourdes « qui ne pouvaient y faire » (sic) : jamais triste, sauf lorsqu’elle parlait des pécheurs.

Champion 

Adèle Brise raconte avoir vu une femme vêtue de blanc, un blanc aveuglant, portant une ceinture jaune autour de la taille et une couronne d’étoiles sur la tête. Alors qu’ils approchaient du lieu de la troisième apparition, Adèle vit à nouveau la belle Dame vêtue de blanc. Sa robe tombait à ses pieds en plis gracieux. Elle avait toujours la couronne d’étoiles autour de sa tête, et ses longs cheveux clairs et ondulés tombaient sur ses épaules. Une lumière céleste rayonnait autour d’elle. 

Pontmain 

Tout à coup, en plein ciel, au dessus de la maison d’en face, Eugène Barbedette voit une ‘Belle Dame’. Elle est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or (comme la voûte de l’église peinte ainsi en 1860). Sur la tête, elle a un voile noir surmonté d’une couronne d’or avec un liseré rouge au milieu. Aux pieds, elle porte des chaussons bleus avec une boucle d’or. 

Gietrzwald 

 selon les voyantes, la silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants. Au même endroit le lendemain, cette fois, deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Le 30 juin, la Vierge apparaît cette fois seule, sans être escortée par des anges. 

Fatima 

 une dame vêtue de blanc, plus brillante que le soleil leur apparaît. « Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière, puis Notre-Dame au-dessus du chêne vert. » «Notre-Dame une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu.»

Beauraing 

 nous avons résumé la description qu’en fait une des voyantes, Gilberte Degeimbre, dans une séquence vidéo disponible sur You Tube : « La vierge est à 50 cm ou 1 mètre du sol, au dessus d’un petit nuage ; on ne voit pas ses pieds mais on devine ses pas quand elle se déplace.  Elle est très très brillante. Elle porte une robe blanche toute droite avec un reflet bleu qui part de l’épaule gauche et rejoint le bas droit de la robe et des plis en bas. Elle porte un chapelet au coude droit qui descend très bas. Elle porte un voile léger sur la tête et elle a une auréole avec des rayons dorés comme ceux du soleil, lumineux, très légers. Sa voix est très douce, pénétrante ; son regard est doux et ses yeux sont bleus. Sa beauté est « au delà de tout. » ; l’apparition éclaire très fort, mais d’une lumière très douce qui ne gêne pas les yeux. ….elle est jeune comme « une jeune dame ». Elle a « une voix très douce ». Elle n’a pas de ceinture mais un chapelet. Certaines fois, un cœur d’or apparaît sur sa poitrine émettant des rayons d’or. »

Banneux 

 « Elle était très belle et une lumière éclatante l’enveloppait. Elle était pieds nus et portait une longue robe blanche avec une ceinture bleue. Une rose dorée se trouvait à ses pieds. » Mariette a remarqué que la Dame flottait à quelques centimètres au-dessus du sol. 

L’île Bouchard 

« Elle a sur la tête un voile blanc, qui laisse voir quelques cheveux blonds. Sa robe blanche bordée d’or est serrée par une ceinture bleu ciel dont les deux pans étalés descendent jusqu’à hauteur du genou. Elle a les mains jointes. De jolies mains aux doigts longs et fins. Au bras, un chapelet à gros grains très blancs, avec chaîne d’or. Elle est environnée de lumière. Elle apparaît dans une petite grotte. Ses pieds sont posés sur une grosse pierre rectangulaire. Devant elle, des roses. A sa droite, un peu plus bas, un ange au regard bleu, avec des ailes « couleur de lumière ». Le rocher qui porte les deux personnages ne touche pas le sol. Un ensemble merveilleusement beau et lumineux.

Le 12 Décembre, cette fois, la Vierge a une auréole qui scintille derrière sa tête. Jacqueline raconte : « J’ai vu une belle Dame, vêtue d’une robe blanche, ceinture bleue, voile blanc légèrement brodé autour. Le voile reposait sur le front. Les pieds de la Dame étaient nus et apparents et reposaient sur une large pierre rectangulaire formant le bas de la grotte dans laquelle elle nous est apparue. A son bras droit était passé un chapelet aux grains blancs montés sur une chaîne d’or. Les cheveux étaient blonds et longs et retombaient sur le devant, de chaque côté, en formant deux anglaises. La ceinture bleue était un large ruban et les manches de la robe étaient vagues. A ses pieds, cinq roses, lumineuses, formaient une guirlande en forme de demi-cercle qui se terminait par deux feuilles vertes reposant sur les deux extrémités de la pierre.

Sous les pieds, on lisait l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». L’ange se tenait sur une pierre plate de même couleur que la grotte mais en dehors d’elle, le genou droit à terre, à peu de distance de la Dame, et à sa droite. Il était vêtu d’une robe blanche et avait des ailes blanches aux bords dorés. Il tenait à la main droite un lys blanc et l’autre main reposait sur sa poitrine. Les cheveux étaient blonds en forme d’anglaises. » A l’une des apparitions, les enfants lisent bien sur la poitrine de la Dame, dont la tête est auréolée d’un arc-en-ciel lumineux, le mot Magnificat. 

Kibeho 

 Alphonsine Mumureke décrit la Madone comme une femme d’une beauté incomparable, à la couleur de peau pas bien définie. Problème : après de multiples essais, aucune statue de la Sainte Vierge n’est « reconnue » comme étant un portrait fidèle de sa personne. Serait-ce-ce en raison d’un désaccord sur la couleur de peau de la Vierge ? 

San Nicolas de los arroyos 

La Vierge est apparue le 25 septembre 1983 portant l’Enfant Jésus et vêtue d’une robe bleue et d’un voile. Sa silhouette rayonnait de lumière.

La Salette 

La vierge a une coiffure brillante avec un diadème de rayons et une couronne de roses. Un fichu blanc jeté sur les épaules et croisé autour de la ceinture, avec une guirlande de roses pour bordure. Robe de lumière, toute blanche avec paillettes d’or. Sur la poitrine et plutôt à l’intérieur, un crucifix, avec tenailles et marteau «  qui tenaient sans rien pour les attacher  »; mais, pour soutenir la croix et son Christ, il y avait une petite chaîne passée autour du cou  ; puis, une seconde chaîne, en forme de galon et sans anneaux, semblait, de son poids très lourd, écraser les épaules. Enfin, un tablier jaune d’or et des souliers blancs avec boucle d’or et touffe de roses… Le visage était divinement beau, mais empreint d’une profonde tristesse. Mélanie observa aussi que non seulement les mains étaient croisées l’une sur l’autre dans les manches de la robe, mais que les oreilles aussi étaient cachées, comme les cheveux, sous une sorte de coiffe ou de bandeau…

Synthèse des descriptions

Tous les voyants et voyantes s’accordent pour dire que « la Dame » est d’une beauté exceptionnelle, que rehausse une silhouette nimbée d’une lumière éclatante « sans être éblouissante ».

Des effluves de parfum de roses et parfois des chants célestes se font sentir et entendre.

Sa robe est le plus souvent blanche, d’un blanc très brillant, parfois bordée d’un liseré d’or, parfois avec des reflets bleus, parfois avec des paillettes d’or, avec des manches amples. Sa robe est toujours blanche à l’exception de Pontmain où elle est bleue « semée d’étoiles comme la voute de l’église », et L’Escorial où elle apparaît une fois, vêtue d’une tunique grenat, symbolisant « la vierge des douleurs ».

Un voile lui couvre la tête, laissant apparaître son visage, sauf à La Salette, où elle porte une coiffure brillante avec un diadème de rayons et une couronne de roses masquant ses cheveux sous une sorte de coiffe. Son voile semble plutôt de lin, léger, blanc ou blanc cassé, parfois brodé autour, sauf à Pontmain où il est noir avec un liseré rouge au milieu.

La ceinture de la robe, un large ruban, est plutôt de couleur bleu ou bleu ciel, sauf à Champion où il est jaune.

En, ce qui concerne ses cheveux, les descriptions concordent : ils sont longs, ondulés, tombant sur les épaules, formant des anglaises ; la seule différence tient à leur couleur : bruns ou bruns foncés, le plus souvent, plus rarement clairs ou blonds.

Les pieds de Marie sont nus le plus souvent, parfois ornés d’une rose « dorée », reposant parfois sur une grosse pierre, mais toujours flottant à quelques centimètres au dessus du sol. A Pontmain et La Salette, la Vierge porte des chaussons bleus et des souliers blancs, ornés d’une boucle d’or et d’une touffe de roses. A ses pieds, les roses peuvent former une guirlande et une banderole porter un texte, comme à l’Île Bouchard.

Il arrive que la Vierge porte une couronne sur la tête, d’étoiles, comme à Champion, d’or, comme à Pontmain, scintillante et portée par deux anges comme à Giertzwald ; une couronne comme une auréole avec des rayons dorés, lumineux et très légers, comme à Beauraing.

Il nous faut aussi parler de la voix de la Vierge décrite comme très douce, pénétrante, et même d’une beauté indescriptible !

Son regard est qualifié de doux ou très doux, clair, emprunt de douceur.

A Fatima, Marie se montre avec Joseph et l’enfant Jésus et même un manteau bleu pour l’occasion ;

Maria Esperanza Medrano de Bianchini, à Betania, est la seule à préciser que la Vierge est jeune. (Bernadette Soubirous à Lourdes contestera la statue de grande et belle dame qu’on lui propose en arguant que la Vierge était jeune et de petite taille !)

Quant à Gilberte Degeimbre (Beauraing), elle est la seule à nous parler de ses yeux bleus. 

Jacqueline Aubry (L’île Bouchard) est la seule à nous parler de manière précise de ses jolies mains aux doigts longs et fins…

Marie préfigure la future humanité

Bonne nouvelle ! Si Marie préfigure notre future humanité, alors nous serons tous beaux ; semblables aussi au corps du Christ au moment de la Transfiguration : ils resplendiront de lumière ! Ceux que nous considérons parfois avec dédain : les « moches », les estropiés, les handicapés de toutes sortes, brilleront de la même lumière que nous ! Raison de plus pour jeter sur eux, tout de suite, le même regard que celui que nous leur porterons « ce jour-là » !

Certaines apparitions apportent leur lot de spécificités 

A Giertzwald, c’est la reine de la Terre et des cieux qui apparaît sur un trône d’or et de diamants, au milieu d’une escouade d’anges portant sceptre et couronne ;

A l’île Bouchard, elle porte un chapelet au coude droit, qui descend très bas, avec des gros grains et une chaîne en or précise Jacqueline Aubry, l’une des voyantes ;  

Un cœur d’or apparaît parfois sur sa poitrine, émettant des rayons d’or comme à Beauraing, ou le mot « Magnificat » comme à l’Île Bouchard. Mais aussi un crucifix portant tenailles et marteau comme à La Salette, plus une lourde chaîne autour du cou. Il n’y a qu’à la Salette que  la Vierge est vue portant ces ustensiles ainsi qu’un tablier jaune d’or.

Description de la Vierge par Maria Esperanza à Betania

Maria Esperanza raconte : « Quand elle s’est révélée, elle était au sommet de l’arbre ; elle était belle avec des cheveux bruns, marron foncé ; ses yeux étaient brun clair et elle avait de très jolis sourcils, une petite bouche, un nez très droit ; son teint était très beau : sa peau, bronzée, était de soie, comme celle d’une jeune fille ; ses cheveux descendaient jusque sur ses épaules. » Si vous regardez attentivement le portrait de l’image de la Dame de tous les peuples d’Amsterdam, vous reconnaissez aisément la description de Maria Esperanza. Sourcils, bouche et nez sont exactement ceux de l’image. En outre, sur cette image, Marie apparaît telle qu’elle était sans doute dans sa vie humaine : une jeune fille ou femme juive, sans doute pas très grande, en fait de la taille des jeunes femmes de l’époque, comme le dira Bernadette Soubirous, avec le teint légèrement mat et dont les mains longues et effilées soulignent la finesse des traits. Quant aux yeux, le brun clair est vraisemblable, même si Gilberte Degeimbre les a vus bleus ! 

Notre dame de la Vierge de la Médaille miraculeuse

Les eux faces de la médaille miraculeuse
Par Xhienne — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2169454

Iconographie de l’avers

  • La Vierge Marie est représentée en pied, les bras légèrement détachés du corps et les mains ouvertes, étendues vers la terre, en geste d’ouverture et de don.
  • Le serpent, sous les pieds de Marie est écrasé, rappelant cette phrase de la Genèse (Gen. 3:15): « je mettrai l’hostilité entre toi et la femme […] Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon ». 
  • Les rayons de lumière émanant de ses mains symbolisent les grâces qui sont obtenues par l’intercession de la Vierge Marie.

La Vierge de Sant Andrea delle Fratte à Rome ressemble beaucoup à celle de la médaille miraculeuse

La Vierge peinte dans l’église Sant Andrea delle fratte à Rome
qui provoqua la conversion d’Alphonse Ratisbonne

Marie, étais-tu vraiment la plus belle ? La plus douce et la plus simple, sûrement ! De la simplicité qui parle au coeur, de la douceur qui apaise les tourments. Ceux qui t’approchaient, sans doute, devaient se sentir bien pour la route. Tu calmais la colère des uns, encourageais les autres ;
Mère de toutes et tous on te dit ; de là haut sur nous tu poses, sans cesse, ton regard et nous souris, prépares nos coeurs impurs à la félicité du monde à venir. Tu interviens à propos auprès du Fils, pour réparer un peu, de ce que nous cassons tous les jours ici bas.
En disant oui franc à l’ange, c’est notre oui timide à Dieu que tu confortais
En portant le fils, c’est de nous, aussi, que tu enfantas ; 
En requérant du vin à Cana, c’est un peu de notre soif de pardon que tu étanchais ;
En fuyant en Egypte, c’est un peu de nous que tu protégeas ;
Avec ta pureté et ta blancheur, c’est un peu de nos fautes que tu lavais ;
Avec ton sourire, c’est un peu de notre chagrin que tu chassas ;
Debout au pied de la croix, c’est un peu de nos souffrances que tu témoignais;
En quittant la terre, c’est un peu de notre corps que tu emportas ;
Et je ne doute pas que le jour venu, après nous avoir tant de ton regard couvés, tu seras là au pied du lit, à prier pour moi, me tenir la main, aider mon pauvre corps à gravir, les quelques marches qui nous séparent encore
Et me recommander au Fils
avec les mots de la mère ;
Tu l’es déjà tellement, que ce n’est pas une petite âme de plus, qui te gêneras vraiment, Toi qui portes déjà, le soleil sur les épaules et a mis la lune sous tes pas.

( JB / Assomption 15 Août 2017 )

La première comédie musicale racontant l’histoire de Bernadette Soubirous s’est achevée par une longue ovation des 1 400 spectateurs émus par le spectacle. Le 1er Juillet 2019.

( par Eric Bureau (texte) et Olivier Lejeune (photo), nos envoyés spéciaux à Lourdes (Hautes-Pyrénées) Le 1 juillet 2019 à 23h56)

 La jeune Eyma, 17 ans, interprète le rôle de Bernadette Soubirous dans le spectacle musical qui raconte l’histoire de la petite bergère bigourdane, à l' espace Robert-Hossein, à Lourdes.
La jeune Eyma, 17 ans, interprète le rôle de Bernadette Soubirous dans le spectacle musical qui raconte l’histoire de la petite bergère bigourdane, à l’ espace Robert-Hossein, à Lourdes. 
Le Parisien/Olivier Lejeune

lls ont longtemps prêché dans le désert. Il a fallu neuf ans à Roberto Ciurleo et Éléonore de Galard pour mener sur scène « Bernadette de Lourdes », la première comédie musicale racontant l’histoire de Bernadette Soubirous, la jeune fille qui en voyant apparaître la vierge le 11 février 1858, fit de Lourdes un lieu de pèlerinage mondial pour les catholiques.

On comprend que ce lundi soir, les deux producteurs, à qui l’on doit « robin des bois » et « les trois mousquetaires », aient fini la première de leur spectacle, bouleversés par la longue ovation offerte par les 1 400 spectateurs présents à Lourdes dans l’espace Robert-Hossein. Des prêtres, des religieuses, mais aussi beaucoup de non-croyants touchés par cette histoire unique et par la jeune artiste parisienne qui la porte sur ses épaules pendant 1h40.

Eyma bluffante en Bernadette Soubirous

Eyma, découverte lors de la 2e saison de « The Voice Kids », est la révélation du spectacle. Du haut de ses 17 ans elle habite avec un naturel et un talent bluffants, cette adolescente de 14 ans qui se battit, il y a 160 ans, contre les attaques, les moqueries et les jalousies, et mourut en retraite à seulement 35 ans. Autour d’elle, tout le monde est à sa place, son père (David Ban), sa mère (Sarah Caillibot), le curé de Lourdes (Christophe Héraut), le commissaire (Grégory Deck)…

La jeune Eyma, 17 ans, interprète le rôle de Bernadette Soubirous dans le spectacle musical qui raconte l’histoire de la petite bergère bigourdane, à Lourdes/Le Parisien/Olivier Lejeune
La jeune Eyma, 17 ans, interprète le rôle de Bernadette Soubirous dans le spectacle musical qui raconte l’histoire de la petite bergère bigourdane, à Lourdes/Le Parisien/Olivier Lejeune  

Les musiques de Grégoire donnent du souffle au spectacle, en particulier les chansons d’Eyma, « Pourquoi moi » et « Madame », et le collectif final « Allez dire ». Traduits en trois langues – français, anglais et italien – les textes poétiques Lionel Florence et Patrice Guirao – duo réputé du « Roi Soleil » aux « Trois Mousquetaires » – élèvent l’histoire au-delà de son strict caractère religieux.

Évidemment, « Bernadette de Lourdes » c’est du sérieux. Pas de chorégraphies et d’humour déplacés. L’Église n’aurait pas soutenu le projet et Lourdes héberge le spectacle s’il n’avait respecté sa sainte. La reconstitution de la grotte de Massabielle est très réussie – les apparitions sont moins convaincantes – et les lumières donnent des allures de peintures à certains tableaux de toute beauté. On est souvent touché. Et surtout on y croit.

La jeune Eyma, 17 ans, sur la scène lundi soir/Le Parisien/Olivier Lejeune
La jeune Eyma, 17 ans, sur la scène lundi soir/Le Parisien/Olivier Lejeune  

On a dit beaucoup de choses de Marie, la mère  » biologique » de Jésus. L’analyse de ses propos, au cours de ses nombreuses apparitions, permet de préciser la vision beaucoup trop simple que l’on donne d’elle.

Marie est d’abord une personne humble

Ceci est vrai ; c’est bien « en simplicité » que Marie apparaît au fil de l’Evangile ; dans ses messages, elle insiste pour dire qu’elle et Son fils choisissent les voyants et voyantes « parmi les petits et les humbles »et que ce sont ceux-là que son fils aime ! A Lourdes, Bernadette refuse l’image qu’on veut fabriquer de l’Apparition ; elle répète qu’elle a vu une toute jeune fille très simple et non une  » Dame » en majesté, au port altier.

Ensuite, Marie est une personne obéissante ;

« Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » Dit Marie à l’ange Gabriel lui annonçant sa mystérieuse maternité ; (Luc 1,38) la qualité d’obéissance est rappelée à maintes reprises par Marie dans ses messages ;  » Obéissez à votre père spirituel, à l’évêque, au pape », dit-elle souvent, sous-entendant que l’église catholique et ses clercs manqueraient parfois à cette vertu !  » D’aucuns y voient un symbole de soumission au mari et aux hommes ; Marie insiste pourtant pour évoquer le rapport mari/femme, en terme de respect réciproque.

Mais Marie est également une mère  » à toute épreuve ».

Quel amour maternel a dû déployer Marie ! A Bethléem, pour accoucher dans une grange ; sur un chemin caillouteux, pour fuir précipitamment en, Egypte devant les menaces d’Hérode, le bât d’un âne suffisant à emporter le strict nécessaire. Mère encore pour accepter les paroles de Jésus affirmant que ses vrais parents sont ceux qui écoutent la Parole du Père, pour accepter sa rebuffade aux noces de Cana ; mère toujours pour supporter la disparition de Jésus, pendant 3 jours, lors d’une visite au temple de Jérusalem ; enfin, que dire de l’épreuve du chemin de croix, de celle, insupportable à toute mère, même la plus indigne, du calvaire ?

Marie, patronne de l’église.

Je lis parfois que Marie n’était pas une intellectuelle, c’est aller vite en besogne ; et le fait qu’elle  » médisait tout cela en son coeur » ne suffit pas pour la priver d’intelligence conceptuelle, sauf à confondre instruction et intelligence ! Et qui était donc Pierre, le chef de l’église, sinon un pêcheur ? Et comment admettre que Marie, reconnue, depuis, patronne de l’Eglise, ne serait douée que de qualités de coeur ? Ce qui m’a frappé en lisant les innombrables messages de ses Apparitions, c’est tout au contraire qu’ils révèlent, à ma surprise, une femme de forte personnalité, parlant clair et parfois de manière rude, bien loin de l’image d’Epinal d’une jeune fille douce et plutôt introvertie ! La vision du monde qu’elle développe à maintes reprises, est tout sauf la vision d’une femme simple ; s’il restait un argument, regardons comment la petite Thérèse de Lisieux, quasi analphabète, a pu se faire reconnaître comme docteur de l’Eglise ! Car rien n’est impossible à l’Esprit !

Et puis, avons nous oubliés ce que dit Paul de la Sagesse ? Elle est donnée aux petits, pas aux savants ni aux sages !  » Le Seigneur est avec vous! » répétons nous à chaque prière du  » Je vous salue Marie » ; si le Seigneur est « avec elle », comment admettre que Marie ne serait « que » ce que nous, petits humains, voudrions voir en elle ?

La Marie céleste n’est pas la Marie humaine ; comme nous tous et avant nous, elle vit dans la lumière du christ et son esprit comme son corps, ont bien peu à voir avec ceux de la petite jeune fille de Nazareth. Je crains que l’Eglise n’ait pas encore pris conscience que Marie de Nazareth n’est plus ; elle a été remplacée par la reine de la Terre et des cieux ; l’Église l’a déclarée Patronne de l’Eglise ! Que ne lui accorde-t-elle plus de crédit, pour se contenter d’hommages !

Marie, messagère et avocate ;

 » Ecoutez ma mère » ne cesse de répéter Jésus dans des messages concomitants à eux de sa mère ; le concile lui a reconnu ce rôle d’intermédiaire privilégiée.

Enfin, Marie est un être humain comme nous,

….aimante, tendre, qui pleure, qui sourit, qui laisse transparaître ses émotions ; elle est tout sauf un être froid ; aux voyantes et voyants, inquiets et souffrants, elle répète sans cesse qu’elle est toujours avec eux et ne les laissera jamais tomber ; elle accompagne pendant sa maladie et ses mois d’agonie, le petit Francisco Marto de Fatima, qui souffre de son douloureux cancer et lui annonce l’arrêt de ses souffrances ; mais il est vrai qu’elle demande beaucoup à ceux qui sont ses interlocuteurs, gage du rachat de beaucoup d’autres et gage de leur salut .

Les Augustins de l’Assomption (AA) constituent une congrégation de religieux catholiques (prêtres et frères) fondée à Nîmes par le père Emmanuel d’Alzon en 1845, approuvée par Rome en 1857 (décret de louange), en 1864 (décret d’approbation) et 1923 (décret d’approbation définitive des constitutions). La règle de la congrégation reprend celle de saint Augustin d’Hippone qu’elle complète par ses propres constitutions. 

Cette congrégation internationale est propriétaire du groupe de presse Bayard, basé en France mais aussi présent à l’international dont les titres les plus anciens sont le quotidien La Croix et l’hebdomadaire Le Pèlerin. Spécialisée dans l’organisation de pèlerinages depuis sa fondation, elle est en particulier impliquée dans l’organisation du pèlerinage à Lourdes le 15 août.

Les assomptionnistes sont présents sur presque tous les continents et se repartissent en provinces et en vicariats. La Province d’Europe des Assomptionnistes est une des plus anciennes et des plus importantes.

La spiritualité des Augustins de l’Assomption

Elle est centrée autour du royaume de Dieu, elle se traduit par la devise que lui a donné le Père d’Alzon, Adveniat Regnum Tuum. En y ajoutant ensuite le triple amour — amour du Christ, amour de la Vierge Marie et amour de l’Église — le fondateur y voyait l’expression la plus abrégée de l’esprit de l’Assomption.

Le Père Emmanuel d’Alzon, fondateur
Par Inconnu — Desconocida, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16884656

Ce triple amour implique donc une spiritualité christocentrique, une place faite à Marie, un service de l’Église. Champ sans frontière, l’amour du royaume de Dieu est décliné autour de trois axes : l’unité, la vérité et la charité. Il ne se restreint donc pas à une activité précise mais a vocation à orienter l’existence de ceux qui vivent de ce charisme. 

Se voulant hommes de foi et hommes de leur temps, les Assomptionnistes sont appelés à se porter « là où Dieu est menacé dans l’homme et l’homme menacé comme image de Dieu ». Le Père d’Alzon dit qu’« un bon assomptionniste doit être hardi, généreux et désintéressé ». 

La congrégation est également marquée par l’esprit de saint Augustin dont elle suit la règle. À la source de celle-ci, l’unité de la communauté orientée vers Dieu : « Avant tout, vivez unanimes, ayant une seule âme tournée vers Dieu ».

Le but de la congrégation

Il est d’œuvrer à l’avènement du « règne de Dieu, en nous et autour de nous ». Très large, il ne peut donc se réduire à une œuvre précise. Le chapitre général de 2005 propose une reformulation du charisme apostolique : 

« Être des hommes de communion, qui proposent la foi, solidaires des pauvres ». C’est une ré-expression des trois dimensions d’unité, de vérité et de charité.

Immeuble d’adveniat à Paris ( VIIIème)

Souvent, ce sont les circonstances historiques qui ont amené à lancer ou à prendre une activité précise. Citons notamment :l

La pastorale des jeunes avec plusieurs communautés d’accueil de jeunes et des foyers d’étudiants ;

Une auberge de jeunesse chrétienne nommée Adveniat située à Paris, rue François Ier (Paris VIIIe) ;

Des collèges (Espagne, États-Unis, Belgique, Congo, Madagascar) ;

Le groupe de presse Bayard, connu pour ses titres La CroixLe PèlerinPrions en Église mais aussi pour sa presse jeunes (Pomme d’ApiAstrapiOkapiJ’aime lire) ;

Le pèlerinage à Lourdes, organisé tous les ans le 15 août (fête de l’Assomption, depuis 1873 ;

Le Forum104, espace de rencontre culturel et interspirituel situé à Paris ;

L’animation de sanctuaires (Chili, Argentine, Canada) ;

Des centres d’accueil pour entreprises (Valpré près de Lyon et le Centre Port-Royal à St Lambert-des-Bois près de St Quentin-en-Yvelines) ;

Présence dans les pays d’Europe Orientale à majorité orthodoxe (Russie, Roumanie, Bulgarie, Grèce) ;

Des paroisses (Europe, Afrique, Amérique, Océanie) ;

Une péniche accueillant des exclus, sans-papiers, migrants (Conflans-Sainte-Honorine) ;

Des aumôneries (scolaires, hospitalières, pénitentiaires, de mouvements).

L’Assomption de Marie

L’Assomption de Marie qui est appelée Dormition dans la tradition orientale, est la croyance religieuse orthodoxe et catholique selon laquelle la Vierge Marie, mère de Jésus, n’est pas morte comme tout un chacun mais est entrée directement dans la gloire de Dieu (ce qu’on traduirait communément par « montée au ciel »). Sans fondement directement scripturaire, mais très ancienne dans la Tradition des Églises d’Orient comme d’Occident (et fêtée liturgiquementdès le VIIIe siècle), la croyance fut définie comme dogme religieux (c’est-à-dire ‘vérité de foi chrétienne’) par l’Église catholique en 1950. Tout en partageant la même foi en l’Assomption, les Églises orientales n’ont jamais souhaité définir la ‘Dormition’ en termes dogmatiques.

L’Assomption

Dans l’Église catholique, l’Assomption de la Sainte Vierge-Marie est célébrée liturgiquement de manière solennelle, le 15 août, et s’accompagne fréquemment de processions religieuses. Dans le calendrier anglican la fête de l’Assomption a disparu en 1549, mais le 15 août est resté la fête principale de la Vierge Marie (sans référence à son Assomption). La date du 15 août serait celle de la consécration à Jérusalem de la première église dédiée à Marie, Mère de Jésus fils de Dieu, au Ve siècle, après le concile d’Éphèse (431).