Belgique / 15 Janvier 1933 au 2 Mars 1933 Notre Dame de Banneux

I – Généralités

Pays de l’apparition

Belgique

Carte de la Belgique
Banneux se trouve en Wallonie,
province de Liège

Site 

Banneux (ou Banneux-Notre-Dame) est un village de la commune belge de Sprimont situé en Région wallonne, dans la province de Liège. Ce village ardennais faisait partie de l’ancienne commune de Louveigné. Il est situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Liège, sur la route nationale 666 qui va de Louveigné à Pepinster. Le village est constitué de deux centres principaux : Banneux-Village situé sur la route menant à Trasenster et Nessonvaux autour le l’église dédiée à Saint Léonard et Banneux Notre-Dame implanté le long et au sud de la route nationale 666 autour du pèlerinage marial.

Désignation  

Notre-Dame de Banneux (également appelée Vierge des pauvres) est le nom sous lequel les fidèles catholiques désignent la Vierge Marie en tant qu’elle serait apparue plusieurs fois à Mariette Beco entre le 15 janvier et le 2 mars 1933, près de chez elle, à Banneux, un village au sud de Liège, en Belgique.

Contexte historique

1933 est une année très  « difficile ». En Union soviétique : un décret commun du Comité central et de la Commission de contrôle du parti communiste met en place des commissions d’épuration afin, entre autres, d’éliminer les « ennemis du peuple » du parti. Une directive décrète le blocus de l’Ukraine et du Caucase-Nord pour empêcher tout déplacement de population, alors que la région est en proie à une terrible famine (Holodomor). L’Italie et l’Union soviétique signent un pacte de non agression. En Allemagne, la SA, la SS et le Stahlhelm deviennent « police auxiliaire ». Aussitôt commence un déferlement de violences contre les communistes. Ouverture du camp de Dachau, 1er camp de concentration permanent. Création à Madrid de la Phalange espagnole par José Antonio Primo de Rivera, fils du dictateurMise en place de la dictature nazie et début du Troisième Reich. Invasion japonaise.

II – La voyante

Mariette Beco (1921-2011)  

Banneux est une petite ville de Belgique. À l’époque de l’arrivée au pouvoir d’Hitler, une petite fille de 11 ans, Mariette Beco, y a vécu quelque chose qui, à l’époque, n’a pas fait grand bruit. Mariette, l’aînée de sept enfants, est née le 25 mars 1921, jour de la fête de l’Annonciation. Sa famille n’allant pas à la messe, elle n’a pas reçu d’éducation religieuse. Son père catholique n’était plus pratiquant depuis plusieurs années, et ne se souciait pas que ses enfants aillent à la messe ou pas.

Néanmoins, Mariette avait gardé un chapelet qu’elle avait trouvé et, à l’occasion, le priait avant d’aller se coucher. Elle est l’ainée d’une famille ouvrière de sept enfants qui possède une modeste maison sur la route de Louveigné à Pepinster, un peu à l’extérieur du village de Banneux.

Elle a 12 ans lorsque le 15 janvier 1933, au soir d’une journée d’hiver froide et pluvieuse, elle voit par la fenêtre une dame rayonnante près de la barrière qui conduit sur la route. Plutôt sauvageonne et peu portée à la dévotion, elle n’en dit pas moins à ses parents qu’elle a vu la Vierge. Ceux-ci la traitent de « sotte ». Les apparitions se reproduisent huit fois entre le 15 janvier et le 2 mars, à la même heure, vers 19 heures et presque, par temps, froid et pluvieux.

Née le 25 mars 1921, Mariette Beco s’est mariée et a mené une vie familiale ordinaire, dans la plus grande discrétion possible et refusant tout ce qui pouvait attirer l’attention sur elle-même. Si elle visitait fréquemment la source ainsi que la chapelle des apparitions, c’était incognito. Mariette a parcouru le chemin habituel des personnes âgées, avec son lot de joies mais aussi de difficultés. Le recteur des Sanctuaires de Banneux, l’abbé Léo Palm, a rencontré plusieurs fois Mariette. Il témoigne d’une femme aimée par sa famille, proche de son fils et de ses petits-enfants. Mariette avait aussi été vivement éprouvée par la mort de ses deux filles, la première disparue très jeune, la seconde décédée en 2008. 

Mariette Beco a mené une vie relativement normale, avec des hauts et des bas. Elle a également souffert de problèmes conjugaux, puis a pris soin d’une personne handicapée. Elle était discrète et peu pratiquante. Elle ne voulait pas parler aux reporters voulant en savoir plus sur elle. Elle a vécu jusqu’à l’âge de 90 ans et, contrairement à Bernadette de Lourdes, aux enfants de Fatima ou à sainte Catherine Labouré, sa foi n’était pas profonde : Dieu peut nous accorder Sa grâce, quelles que soient nos convictions. Notre Dame de Banneux a confié son message à Mariette, cette petite fille assurément unique et spéciale aux yeux de Dieu et de Sa Mère. La matinée du vendredi 2 décembre 2011, Mariette Beco, s’est éteinte à l’âge de 90 ans dans la maison de repos Home de la Vierge des Pauvres, à Banneux. L’annonce de son décès s’est très rapidement répandue parmi les pèlerins suscitant une vive émotion.

Mariette Beco, adulte

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Mariette Beco a 12 ans lorsque le 15 janvier 1933, au soir d’une journée d’hiver froide et pluvieuse, elle voit par la fenêtre une dame rayonnante près de la barrière qui conduit sur la route. 

Nombre et durée des apparitions

Les apparitions se reproduisent huit fois entre le 15 janvier et le 2 mars 1933 à la même heure, vers 19 heures et presque toujours par mauvais temps, froid et pluvieux.

Emplacement des apparitions

Le 15 janvier 1933, alors que la petite fille observait la noirceur de la nuit, elle vit une dame dans la cour. Trois jours plus tard, le 18 janvier, Mariette est sortie de chez elle en courant aux alentours de 19h. Son père l’a suivie. Elle va dans le jardin et prie à genoux. La Dame était en face d’elle.Jeudi 19 janvier, le temps est très mauvais. Mariette est à genoux dans le sentier. La Dame apparaît

Récit 

Mariette Beco est née le 25 mars 1921. Elle est l’aînée d’une famille de sept enfants. La famille, non pratiquante, connaît des conditions de vie difficiles et habite une modeste maison ouvrière isolée, située en retrait de la route, à l’écart du village de Banneux, en face d’un grand bois de sapins. Le 15 janvier 1933, Mariette guettait par la fenêtre de la cuisine l’arrivée de son frère Julien. Il faisait froid et il neigeait dehors. Le vent faisait couiner le revêtement de la maison dans une symphonie inquiétante.

Alors que la petite fille observait la noirceur de la nuit, elle vit une Dame dans la cour. Elle était très belle et une lumière éclatante l’enveloppait. Elle était pieds nus et portait une longue robe blanche avec une ceinture bleue. Une rose dorée se trouvait à ses pieds. Mariette a remarqué que la Dame flottait à quelques centimètres au-dessus du sol. La Dame lui a fait signe de s’approcher. « Regarde, maman. Elle est belle. Elle me sourit. Je veux sortir dehors » Mariette a rationalisé sa vision en se disant qu’elle n’avait pas pu avoir lieu. Elle a imaginé que c’était un reflet de la lampe à huile, qu’elle a donc déplacée dans une autre pièce. Elle est revenue près de la fenêtre, et la Dame était toujours là. Mariette a appelé sa mère pour lui dire ce qu’elle voyait. Celle-ci a secoué la tête : « N’importe quoi ».

Mariette a insisté et sa mère s’est moquée d’elle : « C’est peut-être la Vierge Marie ». Puis, dans un haussement d’épaules, elle a fermé le rideau et s’est éloignée. Mariette a rouvert le rideau : « Regarde, maman. Elle est belle. Elle me sourit. Je veux sortir dehors ». « Tu n’iras nulle part Mariette. Et maintenant, arrête de dire n’importe quoi et ferme la porte à clé ». Quand elle est retournée près de la fenêtre, la Dame n’était plus là. Elle s’est rappelée du chapelet noué à sa ceinture, et est allée dans sa chambre pour prier le sien. Lorsque son frère Julien est rentré, elle lui a raconté ce qu’elle avait vu : il lui a ri au nez et l’a traitée d’idiote.

Trois jours plus tard, le 18 janvier, Mariette est sortie de chez elle en courant, aux alentours de 19h. Son père l’a suivie. Elle va dans le jardin et prie à genoux. La Dame était en face d’elle. Le père de Mariette, qui observait la scène derrière un arbre, était fasciné. La Dame lui tend les mains et fait signe à Mariette de la suivre, ce qu’elle fit. Son père les a suivies, et a vu Mariette s’agenouiller une nouvelle fois. Elle était près d’une source d’eau et a entendu : « Poussez vos mains dans l’eau ! Cette source m’est réservée. Bonsoir. Au revoir »… Puis elle a disparu.

Son père, qui n’a pas vu la Dame, en a été transformé : il est allé se confesser au père Jamin, désireux de retourner à la messe et de communier. 

Jeudi 19 janvier, le temps est très mauvais. Mariette est à genoux dans le sentier. La Dame apparaît. Mariette lui demande :  » Qui êtes-vous, belle Dame ?  »  » Je suis la Vierge des Pauvres. » La Vierge conduit l’enfant par le chemin jusqu’à la source. Mariette interroge encore :  » Belle Dame, vous m’avez dit hier : cette source est réservée pour moi. Pourquoi pour moi ? « . Mariette se désigne, croyant que la source est pour elle. Avec un sourire, la Vierge répond :  » Cette source est réservée pour toutes les Nations … pour soulager les malades.  »  » Merci, merci  » dit Mariette. La Vierge ajoute :  » Je prierai pour toi. Au revoir. » 

Le vendredi 20 janvier, Mariette reste au lit toute la journée : elle a mal dormi. A 18H45, elle se réveille, s’habille et sort. Quand la Vierge apparaît, Mariette s’écrie :  » Oh, la voici. » Puis elle demande :  » Que désirez-vous ma belle Dame ?  » Souriante, la Vierge répond :  » Je désirerais une petite chapelle. » La Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l’enfant. Suivent trois semaines de grand calme. La Vierge interrompt ses visites. Mariette, cependant, reste fidèle : chaque jour à 19H, elle prie dans le jardin.

Samedi 11 février, de nouveau, Mariette est entraînée sur la route. L’enfant s’agenouille deux fois, trempe ses mains dans l’eau à la source et fait un signe de croix. Elle se lève brusquement, court vers la maison et pleure. Elle ne comprend pas ce que la Vierge lui a dit :  » Je viens soulager la souffrance. » Elle ne comprend pas le mot  » soulager « . Mais elle sait que c’est quelque chose de bon, puisque la Vierge a souri.

Trois jours se passent. Le soir du mercredi 15 février, la Vierge apparaît pour la sixième fois. Mariette transmet la demande de l’abbé Jamin :  » Sainte Vierge, Monsieur le Chapelain m’a dit de vous demander un signe. » La Vierge répond : « Croyez en moi, je croirai en vous. » Elle ajoute pour Mariette :  » Priez beaucoup. Au revoir. » La Vierge confie un secret à l’enfant.

Le 20 février, Mariette est à nouveau à genoux dans la neige, bravant le froid. Soudain, elle prie plus haut et plus vite. Elle quitte le jardin, s’agenouille deux fois sur la route puis à la source où elle prie et pleure  « parce que Marie s’en va trop vite. » La Vierge souriante comme à l’ordinaire, lui dit : « Ma chère enfant, priez beaucoup. »Après quoi, elle cesse de sourire et ajoute, avant de partir et d’une voix plus grave : « au revoir. » Mariette attend dix jours avant de revoir la Vierge une dernière fois.

Elle apparaît le jeudi 2 mars. Il pleut à torrent depuis 15h. Elle sort à 19h. Elle en est au troisième chapelet quand il cesse subitement de pleuvoir. Elle se tait, étend les bras, se lève, fait un pas, s’agenouille. Dans la maison, après bien des pleurs, Mariette livre le message confié par Marie :  » Je suis la Mère du Sauveur Mère de Dieu. Priez beaucoup. » Avant de la quitter, la Vierge lui a imposé les mains en disant :  » Adieu. » 

D’abord ridiculisée, Mariette est au fil des jours interrogée de plus en plus rigoureusement par l’abbé Louis Jamin (1898-1961), chapelain de Banneux. Elle rapporte chaque fois ce qu’elle a vu et ce que « la dame » lui a dit. Sa sincérité ne fait aucun doute. Plusieurs personnes – curieux, sympathisants et sceptiques – l’accompagnent durant la deuxième série d’apparitions (11 février au 2 mars). Ils ne voient rien, sinon les traits transfigurés de Mariette qui dit son chapelet et semble en conversation avec quelqu’un. À la suite de la demande explicite de la « Vierge des Pauvres » (apparition du 20 janvier), une petite chapelle est érigée et inaugurée le 15 août 1933, fête de l’Assomption.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Elle était très belle et une lumière éclatante l’enveloppait. Elle était pieds nus et portait une longue robe blanche avec une ceinture bleue. Une rose dorée se trouvait à ses pieds. Mariette a remarqué que la Dame flottait à quelques centimètres au-dessus du sol.

Notre Dame de Banneux

Attitudes de la Vierge

La première fois : « Elle me sourit ». La Dame lui a fait signe de s’approcher. La seconde fois : la Dame lui tend les mains et fait signe à Mariette de la suivre. Une autre foisla Vierge répond avec un sourire. La Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l’enfant. La Vierge souriante, comme à l’ordinaire, lui dit… Après quoi, elle cesse de sourire et lui parle, avant de partir, d’une voix plus grave.  Avant de la quitter, la Vierge lui a imposé les mains. 

Paroles de la Vierge

« Je suis la Vierge des Pauvres. « 

« Poussez vos mains dans l’eau ! Cette source m’est réservée. Bonsoir. Au revoir »…

 » Cette source est réservée pour toutes les Nations … pour soulager les malades

 » Je prierai pour toi. Au revoir. »

 » Je viens soulager la souffrance. »

 » Croyez en moi, je croirai en vous. » 

 » Priez beaucoup. Au revoir. »

« Ma chère enfant, priez beaucoup. »

 » Je désirerais une petite chapelle. »

 « Ma chère enfant, priez beaucoup. »

 » Adieu. »

 » Je suis la Mère du Sauveur Mère de Dieu. Priez beaucoup. »

Messages de la Vierge  

La Vierge déclare son identité : mère du sauveur, mère de Dieu. Au nombre des qualificatifs qu’elle choisit au cours de ses apparitions, ici elle se déclare vierge des pauvres et vient pour soulager la souffrance.  Comme à chaque apparition, elle insiste sur la prière. La Vierge demande qu’on croit en elle ! Elle, croit en Mariette Beco. Enfin, comme presque à chaque fois, elle désigne une source et demande une chapelle : une source pour guérir les souffrances, une chapelle pour prier ! 

Eléments supra naturels

La Dame flotte à quelques centimètres au dessus du sol. Une lumière éclatante l’enveloppe. Au troisième chapelet, il cesse subitement de pleuvoir. 

Eléments conformes aux autres apparitions 

Marie apparaît dans une cour, sur un sentier, dans un environnement paysager 

La voyante est une enfant, aînée de 7 enfants d’une famille ouvrière. 

Marie crée une source qui deviendra miraculeuse et demande la création d’une chapelle qui deviendra un sanctuaire. 

La Vierge sourit beaucoup et parle peu.

La Vierge est très belle et une lumière éclatante l’enveloppe.

Eléments spécifiques

La vierge apparaît toujours vers 19H, par mauvais temps, froid et pluvieux. C’est l’hiver et les temps sont rudes…

Lien avec d’autres apparitions 

La Vierge est déjà apparue en Belgique, du 15 Janvier 1933 au 2 Mars 1933, à Beauraing. Quelle signification à deux apparitions si proches, sinon la montée des périls qui annonce la deuxième guerre mondiale ? 

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Un hémiplégique sceptique, Ernest Boutet, est guéri après avoir pris de l’eau à la source (fin mars 1933). Étant donné l’afflux grandissant des visiteurs, une enquête canonique diocésaine est ordonnée. Les faits, les déclarations de Mariette et les procès verbaux de l’abbé Jamin sont examinés entre 1935 et 1937 par une commission canonique épiscopale.

La guérison complète d’une religieuse de Liège, Sœur Lutgarde, qui, souffrant d’une décalcification des os prononcée et irréversible, avait absorbé quotidiennement de l’eau de Banneux est déclarée « inexplicable » par les médecins qui la soignent (juin 1937). C’est le premier « miracle » reconnu. Comme, de plus, la première commission n’exprime aucun doute quant à la sincérité de la voyante, l’évêque de Liège Mgr Kerkhofs autorise la vénération de Notre-Dame de Banneux (19 mars 1942).

L’Assomption à Banneux

Des triduums * pour malades sont organisés. Une seconde commission diocésaine (mai 1942 à février 1945) conclut au caractère surnaturel de ce qui s’est passé à Banneux. Le 22 août 1949, L’évêque Mgr Kerkhofs reconnaît alors officiellement la « réalité des faits ». Après quoi en 1952 la reconnaissance officielle de l’Église a suivi.  

Le 14 août 1956, la statue de Notre-Dame de Banneux est solennellement couronnée par Mgr Efrem Forninonce apostolique en Belgique.

Le Pape Jean Paul II
En 1985, il visite le sanctuaire de Banneux
Par Dennis Jarvis from Halifax, Canada — Luxembourg-5151 – Pope John Paul II, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=66953469

* Triduum : célébration chrétienne qui dure du jeudi saint au dimanche de Pâques.

Sanctuaire (s)

Des groupes de malades arrivant en pèlerinage, une esplanade est créée en 1939. Aujourd’hui Banneux Notre-Dame est un lieu de pèlerinage marial avec source d’eau dite « miraculeuse » et hospice pour malades-pèlerins (Hospitalité Banneux Notre-Dame) disposant de 300 lits. Pendant la saison de pèlerinage, entre mai et octobre, il y a chaque jour des bénédictions de malades et plusieurs messes pour les pèlerins.

Notre Dame de Banneux près de la fontaine

L’organisation du pèlerinage est dirigée par l’ASBL Banneux. En 1985, le pape Jean-Paul II a visité le sanctuaire et y a rencontré la voyante, Mariette Beco. Le nombre de pèlerins, surtout des groupes de malades, augmente rapidement, venant de Belgique et des pays voisins.

Des sanctuaires « Notre-Dame de Banneux » sont érigés à travers le monde. Un institut séculier est fondé en 1954 : les Servantes de la Vierge des pauvres. En 1958, l’ensemble monumental de la « Source » est inauguré. En 1959, Banneux enregistre son millionième pèlerin. Depuis lors Banneux-Notre-Dame est fréquenté annuellement par environ 700 000 visiteurs ou pèlerins. Quelque 10 000 d’entre eux sont des malades. 

Ensemble de la Source, à Banneux

Belgique / Du 29 Novembre 1932 au 3 Janvier 1933 Notre Dame de Beauraing

I – Généralités

Pays de l’apparition

Belgique

Site 

Beauraing

Beauraing  est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Namur

Panorama sur la ville de Beauraing
Par Jean-Pol GRANDMONT — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12737785

Désignation  

Notre Dame de Beauraing ; la Vierge « au cœur d’or ». 

Contexte historique

En cette année 1932, la chanson « On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried » de Ray Ventura est le tube musical du moment en France. La ligne Siegfried est l’équivalent allemand de la ligne Maginot française. A MunichGeorg Elser commet un attentat à la bombe contre Hitler, alors que celui-ci célèbre le 16e anniversaire du putsch de la Brasserie. Mobilisation générale en Suisse et en Finlande.

Le gouvernement polonais en exil quitte Paris pour Angers. Répression féroce par la Gestapo suite à l’insurrection étudiante de Prague. 120 étudiants sont fusillés. Déportation et prison pour nombre d’autres. Le gouvernement soviétique demande à la Finlande de lui céder le territoire de l’isthme de Carélie. Le rejet par le gouvernement finlandais des exigences soviétiques conduit à la guerre. Le 30 novembre, l’URSS attaque la Finlande par surprise. 

II – Le ou les voyants (es) 

Les apparitions mariales de Beauraing font référence aux apparitions de la vierge Marie entre le 29 novembre 1932 et le 3 janvier 1933, à cinq enfants du village de Beauraing, dans la province de Namur en Belgique : Fernande, Gilberte et Albert Voisin, ainsi qu’Andrée et Gilberte Degeimbre. 

La nièce du curé de Vonêche, le village voisin, qui n’est qu’à quelques kilomètres de Beauraing, le lieu des apparitions explique que deux des voyants furent les paroissiennes de son oncle curé avant qu’elles ne déménagent, en mai 1932, à la suite du décès de leur père, quelques mois avant les faits.

Elle raconte : « Notre oncle connaissait plus particulièrement la plus grande, Andrée Degeimbre, à qui, dès son affectation à Vônèche, il avait enseigné le catéchisme préparatoire à la communion solennelle et à la confirmation (passage des chrétiens dans le monde des adultes croyants). Il trouvait cette petite paroissienne très sage, attentive et modeste, incapable de mentir. Il était formel, cette adolescente de 15 ans au moment des faits n’avait rien inventé ; elle avait vu ce qu’elle racontait. 

Sa sœur Gilberte Degeimbre qui avait 9 ans à cette époque, fit sa communion privée vers 6/7 ans, dans la paroisse de notre oncle. Ce fut elle que celui-ci interrogea la première quelques jours après les faits et qui fit sur lui la meilleure impression, à tel point qu’il fut convaincu de sa sincérité et ne put s’empêcher d’en faire part à son supérieur, le Doyen. 

Madame Degeimbre, la maman des deux enfants, était une fermière bien équilibrée qui mit beaucoup de temps à ajouter foi aux histoires de ses enfants. Elle fut même très dure avec eux, redoutant le ridicule et les punissant rudement avec interdiction d’aller au lieu des apparitions.

Les trois autres de la famille Voisin, Fernande Voisin âgée de 15 ans au moment des « visions », terme souvent employé par notre oncle, Gilberte voisin, 13 ans alors et Albert Voisin un garçon âgé de 11 ans à cette époque,eurent l’avantage d’être très vite crus par leurs parents.

Destinée des voyants

« Nous étions pratiquants mais pas plus. Au moment de l’apparition, nous nous amusions à tirer des sonnettes. Ma sœur aînée, très pieuse, ne comprenait pas qu’elle en était exclue ! » explique Gilberte Degeimbre. Le passé des voyants n’a pas été marqué par une vie religieuse exceptionnelle. Ils ont tous fondé un foyer, exercé une profession modeste bien qu’honorable et n’ont tiré aucun avantage matériel de l’événement.

Le 10 Février 2015, Gilberte Degeimbre, le dernier témoin des apparitions de la Vierge à Beauraing dans les années 30, est morte à l’âge de 91 ans. Hospitalisée au CHU de Mont-Godinne depuis un mois, elle a succombé à une bronchite. Gilberte Degeimbre a vécu près de 50 ans en Italie, elle était revenue s’installer à Beauraing, il y a quelques années. C’est là que ses funérailles furent célébrées par l’évêque de Namur. On peut entendre le témoignage de Gilberte Degeimbre, sur you Tube.

Gilberte Degeimbre
Gilberte Degeimbre, enfant

III – L’Apparition (généralités) 

Dates

Entre le 29 novembre 1932 et le 3 janvier 1933

Nombre et durée des apparitions

La « Dame » se montra 33 fois de fin novembre 1929 à janvier 1930 

Emplacement des apparitions

Le 30 novembre, la Sainte Vierge apparaît aux enfants à 1 mètre au-dessus d’un pont ; le 1erDécembre elle apparaît aussi au dessus du pont,  mais cette fois, elle rejoint les enfants quand ils passent près du houx du jardin, puis sous une branche de l’aubépine près de la grille d’entrée. 

Récit 

Le 29 novembre 1932, Fernande Voisin, 15 ans, et son frère Albert, 11 ans, vont chercher leur sœur Gilberte, 13 ans, au pensionnat tenu par les Sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy, accompagnés de leur amie Andrée Degeimbre, 14 ans, et de sa petite sœur Gilberte, 9 ans.  

Alors qu’il vient de sonner à la porte du pensionnat, Albert se retourne, regarde dans la direction du talus du chemin de fer tout proche et s’exclame : « Regardez la Vierge qui se promène au-dessus du pont ! » Il voit une femme habillée de blanc, « toute lumière », qui marche à un mètre au-dessus du pont. Lorsque les filles se retournent à leur tour, elles peuvent aussi apercevoir la « belle dame », tout comme Gilberte qui arrive peu après de l’intérieur du pensionnat. Leur première réaction est l’affolement. Apeurés, ils retournent chez eux en courant, mais décident quand même de revenir chercher Gilberte à la même heure le lendemain.

Le 30 novembre, la Sainte Vierge leur apparaît de nouveau au-dessus du pont ; également le 1er décembre, mais cette fois, elle rejoint les enfants quand ils passent près du houx du jardin, puis sous une branche de l’aubépine, près de la grille d’entrée. Elle apparaît debout sur un petit nuage qui cache ses pieds. Elle est vêtue d’une longue robe blanche traversée par trois fins reflets bleus ; ceux-ci partent de son épaule gauche et disparaissent au bas de la robe, sur la droite. Sa tête, dont sortent de fins rayons de lumière formant comme une couronne, est recouverte d’un long voile blanc qui tombe sur les épaules. Elle tient les mains jointes et sourit.

Podium et Vierge de l’Aubépine
Par Varech — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9958558

À partir du 29 décembre, ils aperçoivent entre ses bras son cœur illuminé, tel un Cœur d’or.  

Née le 13 août 1923, Gilberte Degeimbre avait neuf ans lors des premières apparitions en 1932. « La Vierge était blanche et brillante, elle se promenait dans l’espace au-dessus du pont du chemin de fer » expliquait-elle en 2012. « Elle nous a demandé de prier beaucoup, et elle voulait que Beauraing devienne un lieu de pèlerinage ». Au total, la Vierge est apparue à 33 reprises en 1932 et 1933. A l’époque, le témoignage des enfants n’a pas été pris aux sérieux. « Personne ne nous croyait, même ma mère. On pensait que nous étions des menteurs », confiait encore Gilberte Degeimbre. 

Le témoignage de Gilberte Degeimbre d’après une vidéo  You Tube

Gilberte Degeimbre témoigne de ce qu’elle a vu dans une vidéo disponible sur Internet. En voici les éléments les plus intéressants : la vierge est à 50 cm ou 1 mètre du sol, au dessus d’un petit nuage ; on ne voit pas ses pieds mais on devine ses pas quand elle se déplace.  Elle est très très brillante ; elle se tient mains jointes et ne les écarte que lorsqu’elle disparaît comme pour dire « venez à moi ». Elle porte une robe blanche toute droite avec un reflet bleu qui part de l’épaule gauche et rejoint le bas droit de la robe et des plis en bas. Elle porte un chapelet au coude droit qui descend très bas. Certaines fois, un cœur d’or apparaît sur sa poitrine émettant des rayons d’or. Elle porte un voile léger sur la tête et une couronne de rayons d’or égaux et lumineux, très légers. Sa voix est très douce, pénétrante, son regard est doux et ses yeux sont bleus. Sa beauté est « au delà de tout ».

Elle utilise très peu de mots et sourit. Elle nous a demandés si nous étions sages, l’aimions elle et son fils, de prier, de venir «  ici » en pèlerinage, de faire construire une chapelle. Elle nous a dit qu’elle convertirait les pécheurs, qu’elle était la reine des cieux, la vierge immaculée, et nous a confiés un secret à chacun..

Une force énorme oblige les enfants à s’agenouiller lorsqu’elle apparaît. Les chiens se couchent et se taisent en sa présence. Le choc avec la réalité est violent lorsqu’elle disparaît. Le choc le plus fort est que ma mère ne me croit pas ; « nous étions pratiquants mais pas plus. Au moment de l’apparition, nous nous amusions à tirer des sonnettes. Ma sœur aînée, très pieuse, ne comprenait pas qu’elle en était exclue ! Pendant les apparitions, les médecins nous séparaient, nous pinçaient fort, nous donnaient des coups de canif, faisaient bruler une allumette sous ma main ; nous ne sentions rien ; pas de traces non plus. J’ai compris que c’était tout ce que nous faisions qui devait être une prière » 

Le témoignage du curé de Vonêche, proche de Beauraing, relaté par sa nièce *   

« Du 29 novembre 1932 au 3 janvier 1933, notre oncle fut un témoin privilégié des apparitions de la Vierge à Beauraing, petite ville voisine de son village. Cet événement marqua profondément la vie religieuse de la Belgique et même de certains pays voisins. Il s’inscrivait dans un contexte particulier de foi mariale (culte de la vierge Marie) qui s’était développé en France et dans les pays latins. Avec l’honnêteté qui le caractérise, il rédigea dans un grand registre, ayant pour titre : « Les apparitions de Beauraing – Journal d’un témoin », un manuscrit de 35 pages relatant les faits dont il fut un témoin privilégié, ainsi que le témoignage de diverses personnalités de la région dignes de foi. En première page d’introduction, il avertit bien modestement ceci : « Que valent ces pages ? Je l’ignore. Elles n’ont d’autre prétention que d’être le témoignage sincère et aussi objectif que possible d’un prêtre qui depuis les événements de Beauraing n’a rien négligé pour chercher la vérité ». Voici ce qu’il a écrit :

Le village pittoresque de Vonêche

« Le papa Voisin, employé aux chemins de fer, allait habituellement rechercher sa fille au pensionnat. De garde ce soir-là, le 29 novembre 1932, vers 18 heures, il envoya ses deux enfants, Fernande et Albert, rechercher leur sœur Gilberte. Chemin faisant, ils rencontrèrent les deux enfants Degeimbre, anciens voisins qu’ils connaissaient bien. La joyeuse bande ne manqua pas quelques gredineries, telle celle de sonner aux portes avant d’atteindre le pensionnat des sœurs.

Ce fut le garçon de 11 ans qui, après avoir actionné la sonnette de la porte d’entrée du pensionnat et se retournant, aperçut dans la nuit une forme lumineuse qui se déplaçait sur le pont du chemin de fer bordant l’établissement. Les autres, incrédules d’abord, voient aussi ce qu’ils prennent pour la Vierge de Lourdes dont la statue se trouve dans une grotte artificielle située juste en dessous et qui se serait déplacée.Ils le signalent à la sœur qui est venue leur ouvrir, mais qui n’en croit rien tout en allant chercher la petite Gilberte qui, bien qu’ignorante de ce qui vient de se passer, aperçoit aussi une forme en mouvement sur le pont.

Effrayés, les enfants se sauvent. Dès le jeudi 1er décembre, sur les conseils de Madame Voisin, les enfants récitent des « ave Maria » (courte prière invoquant la Sainte Vierge) pendant toute la durée des « apparitions ». La dame reviendra les trois jours suivants ; cependant, ce ne sera qu’à partir du quatrième, le 2 décembre, qu’elle leur parlera. La dame se montra 33 fois de fin novembre de 1929 à janvier 1930 en leur révélant qu’elle était la mère de Dieu, la reine des cieux. A sa dernière apparition, le 3 janvier, elle eut une parole et un secret pour chacun en particulier. Notre oncle et son beau-frère, l’instituteur de Mesnil-Eglise, attendaient leur retour du lieu des apparitions chez la famille Degeimbre. Ils reçurent des précisions sur ce que la « Dame » leur avait confié, mais aucun ne voulut leur révéler quoi que ce soit de ce qu’il leur avait été dit sous la forme du secret.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

La vierge est à 50 cm ou 1 mètre du sol, au dessus d’un petit nuage ; on ne voit pas ses pieds mais on devine ses pas quand elle se déplace.  Elle est très très brillante. Elle porte une robe blanche toute droite avec un reflet bleu qui part de l’épaule gauche et rejoint le bas droit de la robe et des plis en bas. Elle porte un chapelet au coude droit qui descend très bas. Certaines fois, un cœur d’or apparaît sur sa poitrine émettant des rayons d’or. Elle porte un voile léger sur la tête et une couronne de rayons d’or égaux et lumineux, très légers. Sa voix est très douce, pénétrante, son regard est doux et ses yeux sont bleus. Sa beauté est « au delà de tout. »

Notre Dame de Beauraing
Au pied de l’aubépine
Par Tnd — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2804038

La Vierge au cœur d’or : « M’aimez vous ? » 

Attitudes de la Vierge

Elle se tient mains jointes et ne les écarte que lorsqu’elle disparaît comme pour dire « venez à moi ». Elle utilise très peu de mots et sourit.

Paroles de la Vierge

Andrée Degeimbre raconta que la « Dame » lui avait précisé qu’elle était la mère de Dieu, la reine des cieux, ainsi que cette recommandation : « Priez toujours » ;

pour Gilberte Degeimbre : « Il y a entre nous deux un secret que vous ne pouvez pas dire, adieu » ;

pour Gilberte Voisin : « Je convertirai les pécheurs », tandis qu’Albert Voisin confia qu’en dehors du secret, il y avait autre chose qu’il ne pensait pas pouvoir révéler. 

Enfin, Fernande Voisin l’aînée, bénéficiera d’une solennité plus grande de sa vision qui sera accompagnée d’un coup de tonnerre et d’une boule de feu de laquelle la dame surgira. Celle-ci lui demandera alors : « Aimez-vous mon fils ? » à sa réponse affirmative, elle continuera : « M’aimez-vous aussi ? », « oui ! » A la suite de quoi la vision ajoutera « Sacrifiez-vous pour moi, adieu »

Messages de la Vierge  

La Vierge se présente avec le titre de mère de Dieu et Reine des cieux. 

Elle promet de convertir les pécheurs. 

Elle réclame qu’on l’aime et qu’on aime son fils. 

Elle réclame qu’on se sacrifie pour elle. 

Cet amour et ce sacrifice qu’elle réclame pour elle et son fils peuvent être interprétés comme le souhait de la Vierge de considérer qu’elle fait « Un » avec son fils, de la même manière qu’à Amsterdam, plus tard, elle réclamera d’être co-rédemptrice de l’humanité avec son fils.  

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Fernande Voisin, l’aînée, bénéficiera d’une solennité plus grande de sa vision qui sera accompagnée d’un coup de tonnerre et d’une boule de feu de laquelle la dame surgira.

Notre Dame de Beauraing
Marie « Mère de miséricorde »

Eléments conformes aux autres apparitions 

  • Albert voit une femme habillée de blanc, « toute lumière ». 
  • Elle apparaît près du houx du jardin, puis sous une branche de l’aubépine. 
  • elle marche à un mètre au-dessus du pont, apparaît debout sur un petit nuage qui cache ses pieds. 
  • Elle tient les mains jointes et sourit. 
  • Elle nous a demandés de venir ici en pèlerinage, de faire construire une chapelle. 
  • Elle nous a dit qu’elle était la reine des cieux, la vierge immaculée 
  • Une force énorme oblige les enfants à s’agenouiller. 
  • Pendant les apparitions, les médecins nous séparaient, nous pinçaient fort, nous donnaient des coups de canif, faisaient bruler une allumette sous ma main ; nous ne sentions rien ; pas de traces non plus. 
  • Elle eut une parole et un secret pour chacun en particulier. 
  • Elle insiste sur la prière et la conversion des pécheurs.  
  • Des guérisons sont signalées.

Eléments spécifiques

À partir du 29 décembre, ils aperçoivent entre ses bras son cœur illuminé, tel un cœur d’or. Les voyants ne connaîtront pas un itinéraire de sainteté comme les voyants de Lourdes ou Fatima, par exemple. La vision ajoutera : « M’aimez-vous aussi ? Sacrifiez-vous pour moi, adieu » 

Lien avec d’autres apparitions 

La proximité géographique et temporelle avec l’apparition de Banneux.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Eléments de véracité 

D’après le témoignage du curé de Vonêche relaté par sa nièce, Andrée Degeimbre était une jeune fille  très sage, attentive et modeste, incapable de mentir.  Tandis que ce fut sa sœur Gilberte, qui avait 9 ans à cette époque et que celui-ci interrogea la première quelques jours après les faits, qui fit sur lui la meilleure impression.

– Les enfants (ils sont cinq) ont une vue simultanée de la vision.

– Après quelques apparitions, on a séparé les enfants par des adultes de manière à ce qu’ils ne puissent communiquer entre eux.

– Ils racontent la même chose avec les mêmes détails (à peu de choses près).

– Les enfants (si on peut dire, n’oublions pas qu’il y a une adolescente de 15 ans et une autre de 14 et demi) ne semblent nullement troublés par ces événements et l’importance que le public et les médias leur ont donnée. Ils restent très simples et ne cherchent pas à s’en glorifier.

– Des médecins ont constaté que les enfants ne réagissaient pas à la brûlure d’une allumette allumée sous leurs mains, ni à de légers coups de canif dans le visage. L’éblouissement d’une lampe de poche allumée dans leurs yeux ne les fait pas ciller.

– La vision ne semble pas intérieure. Lors des premières apparitions, Madame Degeimbre voulant fouiller les buissons a eu ce reproche d’un des enfants : Maman, tu marches dessus

– Les parents furent très durs dans les premiers temps. Principalement, Madame Degeimbre qui agira sévèrement avec son aînée jusqu’à la punir physiquement en la laissant dans le froid pour lui faire renoncer à  « ses histoires ».

« Je suis convaincu de l’honnêteté scrupuleuse de l’oncle de Vonêche, ce qui est écrit dans son grand registre est l’exacte relation de ce qu’il a vu et entendu. Il a pris avis des personnages les plus autorisés qu’il a pu fréquenter, qu’ils soient croyants ou agnostiques, qu’ils appartiennent au monde médical ou de la science. » nous dit la nièce du curé de Vonêche, par ailleurs réfutant la réalité de l’apparition. ( lire ci après)

Nota important: la nièce qui relate les notes de son oncle curé a rédigé, sur le site mentionné, une importante démonstration pour expliquer qu’en fait d’apparitions, il ne s’agit que de représentations mentales dictées par la pression du milieu ambiant, très religieux, l’influence d’un « cerveau-maître » ( …)  et la proximité de la fête de la Vierge, le 8 Décembre. 

Reconnaissance

Ces événements eurent un retentissement énorme dans le pays ; des foules considérables se pressèrent dans la petite bourgade, jusqu’à 25 à 30.000 le dernier jour. Le clergé belge, en la personne de Monseigneur Charue, Évêque de Namur, autorisera le culte le 2 février 1943 et reconnaîtra l’authenticité des faits le 2 juillet 1949. Deux guérisons ont été admises comme miraculeuses par des médecins ; aucune explication scientifique n’ayant pu être avancée. En 2013, l’église supérieure des sanctuaires a été élevée au rang de basilique mineure. 

Sanctuaire (s)

La Vierge avait demandé une chapelle le 17 décembre 1932. Il fallut attendre la reconnaissance du culte puis la fin de la guerre pour entreprendre la construction de la « Chapelle Votive », qui débuta en 1947 pour se terminer et être bénie les 21 et 22 août 1954 par Mgr Charles-Marie Himmer, évêque de Tournai (et ancien vicaire de Beauraing).

La Chapelle mariale de Beauraing
Par Jean-Pol GRANDMONT — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12737179

Ce bâtiment en pierre du pays est l’œuvre de l’architecte Michel Claes (Namur,1913-Beauraing, 1995) passionné par l’architecture romane et l’harmonie des proportions basée sur le nombre d’or. En 1968 eut lieu la consécration de l’église supérieure consacrée à la Mère de Dieu. Il s’agit d’un grand bâtiment en béton construit sur la colline. Il permet d’accueillir quatre à cinq mille personnes. La grande crypte ou Église du Rosaire supporte cette église. Début des années 2000, la restauration des bétons, victimes d’un défaut ou d’une maladie inconnue à l’époque, va coûter un million d’euros aux sanctuaires. Les bâtiments de l’école furent libérés par le départ de l’INDSC vers la rue de Rochefort et un accueil des malades fut organisé fin des années 1940, début 1950.

La sauvegarde des souvenirs des apparitions est confiée au Musée Marial. Une revue bimestrielle fait l’écho des activités du sanctuaire, il s’agit de La Voix de Beauraing. Cette revue paraît depuis 1933 et a vu le jour sous le nom de l’Officiel de Beauraing, titre qui parut trop pompeux pour les autorités ecclésiastiques de l’époque. 

Un célèbre pèlerin est venu à Beauraing le 18 mai 1985, il s’agit du pape Jean-Paul II. Après son arrivée par hélicoptère dans un champ rue de Vignée (aujourd’hui rue de l’Aubépine), il s’arrêta au jardin des apparitions et rencontra les voyants et leurs familles, puis célébra une messe en plein air sur ce que l’on appellera ensuite la « pâture du pape ».

Le Pape saint Jean Paul II à Beauraing

Le 75e anniversaire des apparitions a été l’occasion de multiples événements dont une messe télévisée en Eurovision le 15 août 2007. Un livre mémorial a été écrit par le recteur des sanctuaires et le président du séminaire de Namur.

La messe à Beauraing, le 15 Août
Le sanctuaire

Portugal / 13 Mai au 13 Octobre 1917 Notre dame de Fatima

I – Généralités

Pays de l’apparition

Portugal

Site 

Fatima

Fatima, paroisse rurale de 2500 âmes en 1917, située à 130 km au nord de Lisbonne, dans le district (département) de Santarem. Elle appartient au diocèse de Leiria, dans la Basse-Beira. Elle est formée d’une quarantaine de hameaux, perdus dans les replis d’un plateau, rattaché au massif montagneux appelé Serra de Aire. Son nom était pour ainsi dire ignoré de tous — même des Portugais. À huit cents mètres au sud du village, de chaque côté d’une route tortueuse, balayée par les vents, grossièrement pavée, et tout juste assez large pour laisser passer deux charrettes à bœufs, se trouve le hameau d’Aljustrel. Les habitants sont des paysans rudes et laborieux, constamment occupés aux travaux des champs, sur ce sol ingrat. Les maisons sont petites, sans étages, couvertes de tuiles. La façade, d’ordinaire blanchie à la chaux, est coupée de deux petites fenêtres et d’une porte étroite à laquelle on accède du chemin par deux ou trois marches de pierres.

Vue panoramique de la cathédrale de Fatima
Par Andreas Trepte — Travail personnel, CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4397390

Désignation  

Notre-Dame de Fátima est le nom sous lequel est invoquée la Vierge Marie telle qu’elle est apparue à trois enfants à Fátima, petit village du centre du Portugal, à six reprises au cours de l’année 1917

Contexte historique

L’histoire politique du Portugal est troublée à cette époque : en 1910 la République a été proclamée instaurant la séparation de l’église et de l’Etat. Les gouvernements se succèdent à un rythme accéléré. En 1915, un coup de force ouvre une période de dictatures, notamment celle du Général Pimenta de Castro de janvier à mai 1915, puis celle de Sidónio Pais, de décembre 1917 au 14 décembre 1918, date de son assassinat. En 1916, le Portugal, d’abord neutre, s’engage dans la Première Guerre mondiale au côté de son ancien protecteur, la Grande-Bretagne. 

II – Le ou les voyants (es) 

Lucia dos Santos 

Née le 22 Mars 1907 et morte le 13 Février 2005 à Coimbra au Portugal, Lucia Dos Santos est une religieuse portugaise de l’Ordre du Carmel. Avec ses cousins Jacinta Marto et Francisco Marto, elle dit avoir été témoin de l’apparition de Notre-Dame de Fátima. En 1926, elle aurait vécu le comble de sa vie religieuse en étant témoin d’une théophanie trinitaire, c’est-à-dire une apparition divine de la Sainte Trinité.

Également dénommée Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, elle vivait recluse depuis 1948, avec interdiction formelle de communiquer avec l’extérieur, au carmel de Sainte-Thérèse à Coimbra, où elle menait une vie pieuse et contemplative. La cause pour sa béatification a été engagée par l’Eglise catholique.


Lucia Dos Santos , enfant
Par attribué à Joshua Benoliel — Cette image a été extraite d’un autre fichier : ChildrensofFatima.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56167336

Francisco Marto 

Né le 11 Juin 1908 et mort à 11 ans le 4 Avril 1919 à Fatima au Portugal, Francisco Marto est un des trois pastoureaux qui disent avoir vu la Vierge à la Cova da Iria (en) entre le 13 mai et le 13 octobre 1917. Béatifié en même temps que sa sœur Jacinta, le 13 mai 2000 par le pape Jean-Paul II, il est canonisé par le pape François le 13 mai 2017 à Fátima au cours des célébrations du centenaire des apparitions.

En 1915, les trois enfants voient « l’Ange du Portugal ». Puis en 1917, ils voient la Vierge Marie dans le petit village de Fátima. Après les apparitions, le comportement du frère et de la sœur se modifient, et dès lors Francisco se met à prier seul et dire son rosaire avec application. Impressionné par les paroles de la Vierge selon lesquelles « il ne fallait plus offenser Dieu », il se retirait dans la solitude pour « consoler Jésus des péchés du monde ».

Sur les conseils de la Vierge, lors d’une des apparitions, il entre à l’école primaire. Mais son professeur, qui ne croit pas aux apparitions (dont la nouvelle s’est répandue), traite durement le petit et lui fait subir régulièrement des humiliations. Plusieurs de ses camarades le battent également dans la cour de récréation. François se sent poussé à rechercher toujours plus de solitude pour prier et offrir ses sacrifices. Il lui avait été dit qu’il « aurait beaucoup à souffrir pour réparer tant de péchés qui offensent Notre Seigneur et son Cœur Immaculé ».

Francisco se dit triste, non pas de « souffrir pour le Bon Dieu », mais « parce qu’il sait Notre Seigneur bien triste à cause des offenses des hommes ». Il arrête de se rendre à l’école pour passer plus de temps en prière. Il aime aller dans l’église adorer en silence le Saint Sacrement dans le tabernacle. Lorsqu’on lui demande ce qu’il fait, il répond : « Je le regarde et il me regarde ». Les trois enfants, particulièrement Francisco, avaient l’habitude de pratiquer des mortifications, mais dans une de ses apparitions la Vierge leur aurait recommandé de se modérer sur ce point.

En 1918, tous les membres de la famille Marto (sauf le père et son fils Jean) sont atteints de la grippe espagnole qui balaye l’Europe et fit plus de mort que la Première Guerre mondiale. En décembre la famille va mieux. Pour François et Jacinthe, ce rétablissement est de courte durée : fin décembre ils rechutent gravement dans la maladie. Le jeune garçon alterne les phases de rémission et de rechute. Même malade, le garçon continue de dire son chapelet quotidien qu’il récite en continu (il récite plusieurs rosaires par jour). Lorsque la maladie l’empêche de parler, il poursuit sa prière en silence.

Mi-février, dernière rechute dont il ne se relèvera pas. Sa santé empire de jour en jour. Sur son lit de mort, il offre ses souffrances pour « consoler Nôtre-Seigneur et convertir les pécheurs ». Il déclare même : « D’ici peu, Jésus va venir me chercher pour aller au Ciel avec Lui, et alors je resterai toujours à le voir et à le consoler. Quel bonheur ! ». Le 3 avril, le petit demande à recevoir les derniers sacrements. Le curé vient le confesser et lui porter la communion qu’il reçoit pour la première fois. Francisco décède dans la maison familiale le 4 avril 1919. Le 5 avril, Francisco est enterré dans le cimetière paroissial, dans une simple tombe avec une petite croix de bois. Sa sœur Jacinta, trop malade ne peut assister aux funérailles.

Francisco Marto, enfant
Par Inconnu — http://www.heiligenlexikon.de/Fotos/Francisco_Marto2.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4255023

Jacinta Marto

Jacinta Marto, ou Jacinthe Marto, née le 11 mars 1910 à AljustrelFátima, et morte le 20 février 1920 à Lisbonne, est une des trois pastoureaux qui disent avoir vu la Vierge Marie à la Cova da Iria  entre le 13 mai et le 13 octobre 1917.

Jacinta Marto
Par Inconnu — Santuario de Fátima website, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4255016

Elle meurt en 1920 de la grippe espagnole, après une longue agonie de plusieurs mois. Elle est béatifiée le 13 mai 2000 par le pape Jean-Paul II,  en même temps que son frère François. Sa canonisation est célébrée le 13 mai 2017 à Fátima au cours du voyage du pape François pour le centenaire des apparitions mariales de Fátima.

Jacinthe Marto est née le 11 mars 1910 à Aljustrel (près de Fátima). Elle est la fille cadette d’Olímpia et de Manuel Marto. Elle est baptisée le 19 mars dans l’église paroissiale. Jacinta, comme son frère François et sa cousine Lucie dos Santos, sont des enfants typiques de la campagne portugaise de l’époque. Ne fréquentant pas l’école, elle travaille comme bergère avec son frère et sa cousine Lúcia. Elle est décrite comme une enfant ayant une volonté forte et avec un talent pour la danse et la poésie. Au printemps 1918, elle fait sa première communion, alors que son frère, plus âgé, est refusé au sacrement par le curé du village.

En 1915, les trois enfants voient « l’Ange du Portugal ». Puis en 1917, ils voient la Vierge Marie dans le petit village de Fátima. Après les apparitions, le comportement du frère et de la sœur évoluent. Jacinthe est très impressionnée par une vision de l’Enfer qui a eu lieu au cours de la troisième apparition. Bouleversée par le sort affreux qui attend les pécheurs, elle décide dans sa simplicité de faire pénitence et de s’infliger des sacrifices pour leur conversion, suivant en cela la proposition faite par la Vierge, au cours de la première apparition. Après les apparitions, Jacinthe entre à l’école primaire sur les recommandations de la Sainte Vierge. D’après les souvenirs de Lucie, Jacinthe était une enfant affectueuse et très gentille, et le fait d’être délicate la rendait émotionnellement plus fragile.

Le 23 décembre 1918, Jacinthe et son frère François tombent malades, victimes de la grippe espagnole qui balaye l’Europe en 1918 à la suite de la Première Guerre mondiale. Après une broncho-pneumonie, la petite fille déclare une pleurésie purulente, qui lui cause de grandes souffrances. Le 21 janvier 1920, elle est emmenée à Lisbonne où elle est admise à l’orphelinat de Notre-Dame des Miracles au 17 de la Rue da Estrela. Le 2 février 1920, elle est transférée à l’hôpital Dona Estefania de Lisbonne. Jacinthe, atteinte de pleurésie et ne pouvant pas être anesthésiée (en raison du mauvais état de son cœur), est admise dans plusieurs hôpitaux successifs. Elle finit par succomber, toute seule, le 20 février 1920, dans l’hôpital Dona Estefania de Lisbonne. Elle est enterrée au cimetière de Vila Nova de Ourém, dans la tombe de famille du baron d’Alvaiázere.

Au cours de sa dernière maladie, elle aurait reçu plusieurs visites de la Vierge Marie. Si la petite Jacinthe est décédée plusieurs mois après son frère (et dans de grandes souffrances), c’est, d’après les propos du Pape Jean-Paul II lors de sa béatification : « en s’offrant héroïquement comme victime pour la conversion des pécheurs ».

III – L’Apparition (généralités) 

Dates

Du 13 Mai 1917 au 13 Octobre 1917

Nombre et durée des apparitions

Elles sont au nombre de six, tous les 13 du mois entre Mai et Octobre 1917

Emplacement des apparitions

Dans un champ appelé la Cova da iria, un dimanche midi, alors que les 3 enfants gardent leurs moutons, ils voient un éclair alors que le ciel est bleu ; au dessus d’un petit chêne vert, une dame vêtue de blanc, plus brillante que le soleil leur apparaît. 

La Chapelle des Apparitions
Par János Korom Dr. from Wien, Austria — Fatima 0751, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49990614

Récit 

Les apparitions mariales de Fátima se sont déroulées, d’après le témoignage des voyants, en 1917. Elles ont été précédées de trois apparitions d’un ange, en 1915 et 1916. Cet ange qui s’est présenté aux voyants sous le titre de « l’ange du Portugal » invite les enfants à prier et leur enseigne une prière : la prière de l’ange de Fatima.

Statue de l’ange du Portugal
Par Castinçal — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26653733

L’une des peux prières « enseignée par l’ange »

«  Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et de vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas !

Commentaires sur cette prière : ces mots expriment les trois vertus théologales : La Foi, l’Espérance et la Charité ou l’amour, qui nous ont transmises directement par Dieu.

Les apparitions mariales sur le site de Fátima sont au nombre de six et débutent le 13 mai 1917. « Une dame toute vêtue de blanc » apparait à trois petits bergers (Françoiset Jacinthe Marto, et leur cousine Lucie dos Santos) et leur demande de revenir le mois suivant pour prier. De mois en mois l’apparition se reproduit et les enfants sont accompagnés par une foule de plus en plus nombreuse jusqu’à l’apparition du 13 octobre 1917 où plusieurs dizaines de milliers de croyants et curieux se pressent pour voir le « miracle » qui aurait été promis par la Vierge. Il se produit alors dans le ciel un phénomène lumineux appelé par la suite « le miracle du soleil » ou la « danse du soleil ». Parmi les observateurs il y a des universitaires et des non-croyants. Tous attestent du phénomène « non explicable ». 

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Une dame vêtue de blanc, plus brillante que le soleil leur apparaît. « Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière, puis Notre-Dame au-dessus du chêne vert. Notre-Dame, une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. »

Statue de Notre Dame de Fatima
Par Photo: Andreas Praefcke — Photographie personnelle, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11861087

Attitudes de la Vierge

La vierge utilise ses mains ouvertes pour « engloutir » de lumière les 3 voyants, pénétrant en eux par la poitrine jusqu’au plus intime de leur âme, les faisant se voir ; elle s’en sert pour  pénétrer le centre de la terre pour y découvrir l’enfer. Elle s’en sert aussi pour déclencher le miracle du soleil tournoyant : « Ouvrant alors les mains, elle les fit se refléter dans le soleil, puis, pendant qu’elle s’élevait, le reflet de sa propre lumière continua à se projeter dans le soleil ».  Comme d’habitude, elle s’élève en direction du levant jusqu’à disparaître dans l’immensité du firmament. Plusieurs fois, la Vierge apparaît triste (même si la bonté n’est pas absente) : son cœur apparaît transpercé, comme dans le revers de l’image miraculeuse de la rue du Bac à Paris,

Revers de la médaille de l’image miraculeuse, à droite
Telle que reproduite après une vision de la Vierge à Catherine Labouré, à Paris, rue du Bac, en 1830.

Paroles de la Vierge

Première apparition le 13 Mai 1917

  • « N’ayez pas peur. Je ne vous veux aucun mal » 
  • D’où êtes-vous ? Lui demandai-je. « Je suis du Ciel. » 
  • Et que voulez-vous de moi ?  « Je suis venue pour vous demander que vous veniez ici les six prochains mois, le 13 de chaque mois, à cette même heure. Par la suite, je dirai qui je suis et ce que je veux. Ensuite, je reviendrai encore ici une septième fois. » 
  •  Et moi, est-ce que j’irai également au Ciel ? Oui, tu iras. 
  • Et Jacinta ? « Elle aussi. »
  • Et Francisco ? « Lui aussi, mais il doit réciter beaucoup de chapelets. »

J’ai alors eu l’idée de demander pour deux filles qui étaient mortes récemment. Elles étaient mes amies et elles venaient chez moi apprendre à tisser avec ma sœur aînée :

  • Est-ce que Maria das Neves est déjà au ciel ? « Oui, elle y est. » 
  •  Et Amélia ? « Elle restera au purgatoire jusqu’à la fin du monde. »
  • « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés dont Il est offensé et de supplication pour la conversion des pécheurs ? » Oui, nous le voulons. 
  • « Vous allez donc avoir beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort. »

Ce fut en prononçant ces paroles : «la grâce de Dieu, etc.», qu’elle ouvrit les mains pour la première fois et nous communiqua une lumière très intense (comme un reflet qui aurait émané d’elles) pénétrant en nous par la poitrine et jusqu’au plus intime de notre âme, nous faisant nous voir nous-mêmes en Dieu, qui était cette Lumière, plus clairement que ce nous aurions pu voir dans le meilleur des miroirs.»

Notre-Dame annonce aux pastoureaux une vie de souffrance : «Vous allez avoir beaucoup à souffrir.» Pour qu’ils puissent supporter une croix aussi lourde, elle leur promet l’aide d’une grâce dont elle leur permet de ressentir la mystérieuse réalité. «Alors, sous l’effet d’une impulsion intérieure qui nous fut également communiquée, nous sommes tombés à genoux et nous avons répété du fond du cœur : « Ô ! Très Sainte Trinité, je Vous adore. Mon Dieu, mon Dieu, je Vous aime dans le Très Saint Sacrement. » Après ces premiers instants, Notre-Dame ajouta : « récitez le chapelet tous les jours pour que le monde puisse obtenir la paix et la fin de la guerre. Ensuite, elle commença à s’élever tranquillement, montant en direction du levant, jusqu’à disparaître dans l’immensité du ciel.»

Seconde apparition le 13 Juin

Malgré la fête de saint Antoine, la plus populaire et la plus courue de la paroisse, les trois enfants se présentèrent à la Cova da Iria, faisant le sacrifice de ne pas participer aux réjouissances particulières de cette journée. Voici comment s’engagea le dialogue entre la Visiteuse céleste et ses confidents. «Que voulez-vous de moi ? Demanda Lucia.

  • « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient, que vous récitiez le chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite je vous dirai ce que je veux. »
  • J’ai demandé la guérison d’un malade. « S’il se convertit, il guérira durant l’année. »
  • Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel. « Oui, Jacinta et Francisco, je vais les emmener bientôt. Mais toi tu restes ici encore quelque temps. Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. À ceux qui s’y adonneront, je promets le salut et ces âmes seront chéries par Dieu, comme des fleurs posées par moi pour orner son trône. »
  • Je vais rester seule ici ? Demandai-je tristement. « Non ma fille. Cela te fait beaucoup souffrir ? Ne te décourage pas. Je ne t’abandonnerai jamais. Mon Cœur immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

Ce fut au moment où elle dit ces dernières paroles qu’elle ouvrit les mains et nous communiqua pour la seconde fois le reflet de cette lumière immense. En elle nous nous sommes vus comme engloutis en Dieu. Jacinta et Francisco paraissaient être dans la partie de cette lumière qui s’élevait vers le Ciel et moi dans celle qui se répandait sur la Terre. Devant la paume de la main droite de Notre-Dame, il y avait un Cœur qui semblait percé par les épines qui l’entouraient. Nous comprîmes qu’il s’agissait du Cœur de Marie, outragé par les péchés de l’humanité et qui demandait réparation.

Troisième apparition le 13 Juillet

La plus importante des apparitions de la Cova da Iria, l’apparition -clé, le fondement de tout le message de Fatima, est la troisième apparition, celle du 13 juillet. Écoutons une fois de plus la description de Lucia : «Que voulez-vous de moi ? Demandai-je

  • « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous continuiez à dire le chapelet tous les jours, en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’elle seule peut vous secourir. »
  • Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes et de faire un miracle pour que tous croient que Vous nous apparaissez. « Continuez à venir ici tous les mois. En octobre je dirai qui je suis, ce que je veux, et je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire. »

Là, elle formula quelques demandes dont je ne me rappelle plus très bien. Ce dont je me souviens c’est que Notre-Dame a dit qu’il fallait réciter le chapelet pour obtenir les grâces durant l’année. Et elle continua : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites plusieurs fois, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice : « Ô ! Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs et en réparation pour les péchés commis contre le Cœur immaculé de Marie. »

En disant ces paroles, elle ouvrit de nouveau les mains comme lors des deux mois passés. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes quelque chose comme une mer de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes ressemblaient à des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant forme humaine, qui flottaient dans le brasier, portées par les flammes qui sortaient d’elles, avec des nuages de fumée tombant de tous côtés, ressemblant à la chute des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir, qui horrifiaient et faisaient trembler d’effroi. Les démons se distinguaient par des formes horribles et sordides d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des braises de charbons noirs. Effrayés et comme pour appeler au secours, nous avons dirigé notre regard vers Notre-Dame, qui nous dit avec bonté et tristesse : 

« Vous avez vu l’enfer, où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, de nombreuses âmes obtiendront le salut et auront la paix. La guerre va finir, mais si on ne cesse pas d’offenser Dieu… une autre, bien pire, commencera. ( Elle parlait de la guerre 1939/45). Lorsque vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez qu’il s’agit du grand signe que Dieu vous donne, qu’il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père.

Pour l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si on répond à mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. Finalement, mon Cœur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. Etc. Cela ne le dites à personne.

À Francisco, oui, vous pouvez le dire.  Quand vous récitez le chapelet, dites après chaque dizaine : « Ô ! Mon Jésus pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l’enfer, attirez toutes les âmes vers le Ciel, principalement celles qui en ont le plus besoin. » Après un instant de silence, j’ai demandé : Vous ne me demandez rien d’autre ? « Non, aujourd’hui je ne te demande rien d’autre. » Et, comme d’habitude, elle commença à s’élever en direction du levant jusqu’à disparaître dans l’immensité du firmament.»

Quatrième Apparition 13 Août

Que voulez-vous de moi ?

  • « Je veux que vous continuiez à aller à la Cova da Iria, le 13 du mois, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, je ferai le miracle pour que tous croient. »
  • Que voulez-vous que l’on fasse de l’argent que les gens laissent à la Cova da Iria ? « Faites deux brancards de procession ; le premier tu le porteras avec Jacinta et deux autres petites filles vêtues de blanc ; l’autre sera porté par Francisco, plus trois autres garçons. L’argent des brancards sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire et ce qui restera aidera à construire une chapelle que l’on fera faire.
  • J’aimerais vous demander la guérison de quelques malades… »Oui, quelques-uns guériront durant l’année. » Et, prenant un air plus triste : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car de nombreuses âmes vont en enfer du fait que personne ne prie et ne se sacrifie pour elles. » Et, comme d’habitude, elle commença à s’élever en direction du levant.» 

Cinquième Apparition le 13 Septembre

  • « Continuez à réciter le chapelet pour obtenir la fin de la guerre. En Octobre viendront également Notre-Seigneur, Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l’Enfant-Jésus pour bénir le monde. Dieu est content de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde, portez-la seulement durant le jour. »
  • Ils m’ont prié de vous demander beaucoup de choses : la guérison de quelques malades, d’un sourd-muet… »Oui, j’en guérirai certains, d’autres, non. En octobre, je ferai le miracle pour que tous croient. »

Sixième apparition le 13 Octobre

«Lorsque nous sommes arrivés à la Cova da Iria, près du chêne vert, une injonction intérieure m’a poussée à demander à la foule de fermer les parapluies, avant que nous ne récitions le chapelet. Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière, puis Notre-Dame au-dessus du chêne vert.

  • Que voulez-vous de moi ? « Je veux te dire que l’on fasse construire ici une chapelle en mon honneur, que je suis Notre-Dame du Rosaire, que l’on continue à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux. »
  •  J’avais beaucoup de choses à vous demander : de guérir des malades, de convertir des pécheurs, etc. La vierge répondit: « Les uns, oui, les autres, non. Il faut qu’ils se corrigent, qu’ils demandent pardon pour leurs péchés. » Et prenant un air plus triste : « Qu’ils n’offensent pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, qui est déjà très offensé. »

Messages de la Vierge  

Le message de Fatima porte sur la prière* et les fins dernières**.

* Notre Dame de la Prière

Notre Dame du Rosaire est, dans le catholicisme, une des nombreuses dénominations de la Vierge Marie, donnée depuis qu’elle s’est présentée sous ce vocable à saint Dominique, au XIIIe siècle à Prouille. L’Ordre dominicain en fut un ardent propagateur. Tout commence lorsque saint Dominique, originaire d’Espagne, entame ses prédications dans le pays cathare et décide pour cela de se fixer dans la ville proche de Fanjeaux. Il a, en 1208, une apparition de la Vierge Marie qui se présente sous le vocable de Notre-Dame du Rosaire et qui lui tend un chapelet. Les dominicains seront d’ardents propagateurs du rosaire

Dominique Nuñez de Guzman (en espagnol Domingo Núñez de Guzmán), né vers 1170 en Espagne dans un milieu aisé et mort le 6 août 1221 à Bologne, est un religieux catholique, prêtre, fondateur de l’ordre des frères prêcheurs appelés couramment « dominicains ». Canonisé par l’Église en 1234, il est célèbre sous le nom de saint Dominique. Autrefois fêté le 4 août puis le 6 août jour de sa « naissance au ciel »1, il est fêté le 8 août depuis le concile Vatican II.

Dominique recevant le rosaire des mains de Notre Dame
Par Didier Descouens — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45607412

** Les fins dernières  

Cette expression concerne les questions, parfois regroupées sous le vocable général d’eschatologie : la fin des temps, le jugement, le ciel, le purgatoire, l’enfer et la résurrection de la chair.

Représentation de l’enfer dans l’Hortus deliciarum de Herrade de Landsberg (autour de 1180).Par Herrade de Landsberg — https://www.degruyter.com/view/j/mial.2016.21.issue-1/mial-2016-0010/graphic/mial-2016-0010_01.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=440837

A Fatima, la Vierge confirme l’existence du ciel et du purgatoire. La souffrance, offerte, les sacrifices, et la prière, intense, faits par amour pour Jésus, sont le moyen de guérir les malades, d’obtenir la paix, de sauver les âmes de l’enfer, parce qu’ils interviennent en réparation des offenses commises envers Dieu et envers Marie. La dévotion à Marie est un moyen d’obtenir le salut : Marie déclare en effet que non seulement son fils veut se servir de Lucie pour la faire connaître et aimer, mais aussi « veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. À ceux qui s’y adonneront, je promets le salut et ces âmes seront chéries par Dieu. Les malades peuvent guérir, mais ils doivent se convertir et demander pardon. 

Le message religieux de Fatima

Selon sœur Lucie (dans son dernier livre publié en 2006), tout le message sous-jacent aux apparitions de Notre-Dame de Fatima est le suivant : « Pendant l’intégralité du message, en commençant par les « apparitions de l’Ange », nous trouvons un appel à la prière et au sacrifice offerts à Dieu par amour et pour la conversion des pécheurs. » En 1967, le pape Paul VI exprimait cette même idée dans l’Exhortation apostolique Signum Magnum:

« La contemplation de Marie nous encourage, en fait, à la prière confiante, à la pratique de la pénitence, à la crainte de Dieu et nous rappelle souvent ces paroles par lesquelles Jésus-Christ a annoncé que le royaume des cieux est proche : « repentez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15 ; Mt 3, 2 ; Mt 4, 17), et son avertissement sévère : « à moins que vous vous repentiez, vous périrez tous de même » (Lc 13, 5). » 

La consécration de la Russie et du monde à Marie, demandée par sœur Lucie, en 1940, au pape Pie XII, est considérée par l’Église catholique comme une demande émanant de Notre-Dame de Fátima. Si l’on confie la Russie au cœur de Marie et si l’on communie « les premiers samedis », la Russie se convertira. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde et une autre guerre (1939/45) commencera. Le pape Pie XII répond à cette demande et consacre le monde en 1942 au Cœur immaculé de Marie.

Le pape Jean-Paul II réitère cette consécration en 1982, 1982 et 1984. Le pape François le fait à son tour en 2013. Le 16 juin 2010, le Liban et le Moyen-Orient sont consacrés au Cœur Immaculé de Marie. Cette célébration s’est déroulée au sanctuaire de Notre-Dame du Liban en présence de représentants de l’épiscopat libanais, du nonce apostolique MgrGabriele Giordano Caccia, ainsi que de personnalités politiques.

Conclusion : à travers les révélations de ce qu’on nomme le secret de Fatima, Dieu nous rappelle d’abord que si les hommes ne se convertissent pas et ne reviennent pas à l’Evangile, ils périront (vision de l’enfer*) ou subiront les affres de régimes athées (communisme). Il nous rappelle aussi que seules la prière (voir prière de l’ange de Fatima**) la pénitence et l’intercession de la Vierge, (consécration d’un pays au cœur de Marie), peuvent conduire au salut et à la paix, et « sauver » les pécheurs, sachant que ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. (Dieu nous incite seulement à prendre le bon chemin, mais respecte la liberté qu’il nous a donnée). 

La Vierge sous entend que les prières peuvent sauver les âmes qui souffrent en enfer : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs ; pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et il y aura la paix. ».

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

A – La Vision de l’enfer : 

« En disant ces paroles, elle ouvrit de nouveau les mains comme lors des deux mois passés. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes quelque chose comme une mer de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes ressemblaient à des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant forme humaine, qui flottaient dans le brasier, portées par les flammes qui sortaient d’elles, avec des nuages de fumée tombant de tous côtés, ressemblant à la chute des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir, qui horrifiaient et faisaient trembler d’effroi. Les démons se distinguaient par des formes horribles et sordides d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des braises de charbons noirs. »

B – Des prédictions 

La Vierge annonce la fin de la première guerre mondiale (1914/18)  et la seconde guerre mondiale…. « Finalement, mon Cœur immaculé triomphera.Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. »

C – L’ange de Fatima

Les apparitions de la Vierge ont été précédées de trois apparitions d’un ange en 1915 et 1916. Cet ange qui s’est présenté aux voyants sous le titre de « l’ange du Portugal » invite les enfants à prier et leur enseigne une prière : la prière de l’ange de Fatima.

D – Le miracle du soleil tournoyant

Lors de la 3e apparitions (le 13 juillet 1917), Lucia demande à la dame  « un miracle » pour que les gens croient à ces apparitions. La dame promet un miracle pour le mois d’octobre. Lors de la 5e apparition, le 13 Septembre, 30 000 personnes encadrent déjà les « voyants ». La « dame » promet à nouveau un « miracle » pour la prochaine rencontre le 13 octobre. 

Il se produit alors dans le ciel un phénomène lumineux appelé par la suite « le miracle du soleil » ou la « danse du soleil ». Parmi les observateurs il y a des universitaires et des non-croyants. Tous attestent d’un phénomène « non explicable ». Le Miracle du soleil, ou la danse du soleil, est le nom donné au phénomène solaire observé à Fátima, dans le cadre des apparitions mariales de Fátima le 13 octobre 1917.

Cet événement a été observé par plus de 30 000 personnes (les estimations varient de 30 à 100 000) pendant environ 10 minutes à Cova da Iria, près de Fátima au Portugal. Le 13 octobre 1930, l’Église catholique a qualifié cet événement de miracle. Ce phénomène a donné lieu à une nombreuse littérature cherchant à expliquer son origine. Différentes hypothèses ont été émises : phénomènes solaires, hallucination collective, problème rétinien (dont rétinopathie), jusqu’à l’apparition d’un objet volant non identifié. Des films se sont également inspirés (ou ont évoqué) cet événement historique.

Foule rassemblée à Fatima pour observer le miracle du soleil tournoyant
Par Judah Ruah, photograph for the news paper O Seculo, published the 1917-09-29 on the news paper Illustracao Portugueza — Illustracao Portugueza 1917-09-29 Reporter de Cristo website, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21975698
La foule priant face à la danse du soleil à la Cova da iria, Fatima, le 13 Octobre 1917

Le matin du 13 octobre 1917, Avelino d’Almeida, rédacteur en chef du journal O Século, publie un article ironique sur les apparitions de Fátima où il ne voit que superstition et supercherie.

Il se rend néanmoins sur place pour assister au « miracle annoncé ». Au petit matin, c’est une foule très importante qui se dirige vers la Cova da Iria, le lieu des apparitions. Les estimations du nombre de spectateurs varient de 30 000 à 50 000 pour Avelino de Almeida jusqu’à 100 000 pour le DrJoseph Garrett, professeur de sciences naturelles à l’Université de Coimbra, également présent ce jour-là. Dans la foule, avec les « citoyens ordinaires » se trouvent aussi des nobles, des ingénieurs, des médecins, des notaires ainsi que des journalistes et des photographes. Le ciel est complètement couvert par les nuages, et il tombe une pluie incessante. La pluie a transformé le lieu en un vaste bourbier, et les pèlerins ou curieux sont trempés jusqu’aux os et transis de froid. Les enfants arrivent avec leur famille et commencent à réciter le chapelet.

À midi, bien que la pluie continue toujours de tomber, Lucie demande de fermer les parapluies et la foule lui obéit. Peu de temps après, les enfants voient « la dame » leur apparaître. L’apparition se présente alors à Lucie comme étant Notre-Dame du Rosaire et lui demande de faire bâtir une chapelle en son honneur. Elle annonce la fin proche de la guerre, et demande également la conversion des pécheurs. Selon de nombreux témoins, après la période pluvieuse, les nuages ont éclaté et le soleil est apparu, le ciel dégagé est devenu bleu. D’après les enfants, la pluie s’est arrêtée lorsque « Notre-Dame du Rosaire s’est élevée vers le ciel ».

Les témoins décrivent le soleil comme « un disque opaque tournant dans le ciel ». Le soleil a été décrit comme significativement plus terne que la normale, et « jetant des lumières multicolores sur le paysage, les gens, et les nuages environnants ». Les témoins indiquent qu’ensuite le soleil a tournoyé dans le ciel : « à un certain moment, le soleil s’arrête, et puis recommence à danser, à tournoyer; il s’arrête encore une fois, et se remet encore une fois à danser, jusqu’au moment, enfin, où il parait se détacher du ciel, et s’avancer sur nous. Ce fut un instant terrible ! ». Après dix minutes, tout redevient normal. Les témoins ont également déclaré que leurs vêtements précédemment mouillés sont devenus soudainement et complètement secs, de même que le sol, préalablement détrempé par la pluie, n’était plus qu’humide et boueux, et bien moins qu’auparavant » (les flaques d’eau ont même été asséchées). Ce phénomène a également été observé par des témoins jusqu’à plus de dix kilomètres à la ronde. Pourtant l’observatoire astronomique n’a rien relevé de particulier à ce moment-là.

Dans l’assemblée, un témoin particulier : Avelino de Almeida, journaliste anticlérical et rédacteur en chef du quotidien de LisbonneO Século, publie dans l’édition du lundi 15 octobre d’O Século, un compte rendu qui fait sensation dans tout le pays, et attire à son auteur les vifs reproches des libres-penseurs, qui ne lui pardonnent pas d’avoir donné une telle publicité aux faits de Fátima, et de les avoir appuyés de son autorité.

Témoignage du docteur Manuel Formigao, prêtre et professeur au séminaire de Santarem 

« Comme un coup de tonnerre, les nuages ont été déchirés, et le soleil à son zénith est apparu dans toute sa splendeur. Il se mit à tourner vertigineusement sur son axe, comme la plus magnifique roue de feu que l’on puisse imaginer, en prenant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et envoyant des éclairs de lumière multicolores, produisant l’effet le plus étonnant. Ce spectacle sublime et incomparable, qui a été répété par trois fois, a duré pendant environ dix minutes. La foule immense, vaincue par un tel prodige extraordinaire, se jeta à genoux ». 

Le 18 décembre 1917, le Dr José Maria Proença de Almeida Garret, témoin direct, décrivit ainsi ce qu’il avait contemplé : 

«Quelques instants plus tôt, le soleil avait percé victorieusement l’épaisse couche de nuages qui l’avait caché, pour briller clairement et intensément. Je me suis retourné vers cet aimant qui attirait tous les regards et j’ai pu le voir semblable à un disque au bord net et à l’arête vive, lumineuse et luisante, mais qui ne faisait pas mal aux yeux… Il ne ressemblait en rien à la lune d’une nuit transparente et pure, parce que l’on voyait et sentait qu’il s’agissait d’un astre vivant… On ne pouvait pas non plus le confondre avec le soleil visible par temps de brouillard (d’ailleurs inexistant ce jour-là) puisqu’il n’était pas opaque, diffus ou voilé. À Fatima, le temps était chaud et ensoleillé.  Ce qui fut merveilleux, c’est que pendant un long moment, nous avons pu scruter l’astre, flamme de lumière et braise de chaleur, sans la moindre douleur oculaire et sans qu’aucun éblouissement ne nous aveugle. Ce disque nacré était animé d’un mouvement étourdissant… Il tournait sur lui-même à une vitesse vertigineuse.  Tout à coup, on entendit une clameur, comme un cri d’angoisse montant de la foule. Le soleil, conservant sa vitesse de rotation, se détacha du firmament et, sanguinaire, il prit la direction de la Terre, menaçant de nous écraser sous le poids de son énorme meule de feu. Ces secondes furent terrifiantes… 
Tous ces événements, je les ai observés personnellement et sereinement, sans émotion ni agitation… Ce phénomène a dû s’étaler sur environ dix minutes.»

E – Les visions de saint Joseph et de l’enfant Jésus. 

«Notre-Dame une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant-Jésus paraissaient bénir le monde, avec les gestes en forme de croix qu’ils faisaient de la main. Peu après, une fois dissipée l’image de cette apparition, je vis Notre-Seigneur et Notre-Dame (qui pour moi ressemblait à Notre-Dame des Douleurs). Notre-Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph. Cette apparition s’évanouit à son tour et il m’a semblé voir de nouveau Notre-Dame sous une forme proche de Notre-Dame du Carmel.»

Saint Joseph et l’enfant Jésus
Icône

F – Le secret de Fatima

Les secrets de Fátima sont trois révélations, ou visions, qui auraient été adressées en 1917 par la Vierge Marie à Lúcia dos Santos et ses cousins Jacinta et Francisco Marto, dans la petite ville de Fátima au Portugal. Le terme des trois secrets de Fátima est régulièrement utilisé, mais il s’agit en fait des trois parties d’une unique révélation (ou vision) donnée le 13 juillet 1917, révélation que la Vierge Marie aurait demandé de ne pas divulguer immédiatement.

En juillet-août 1941, rédigeant son troisième Mémoire sur les apparitions, Lúcia dos Santos (devenue sœur Lucie) précise, pour la première fois, que ce secret comprend trois éléments différents : « Le secret comprend trois choses distinctes, écrit-elle, et j’en dévoilerai deux ». Les deux premiers secrets sont officiellement publiés en 1941, le troisième n’est révélé qu’en l’an 2000 par le pape Jean-Paul II. Celui-ci, révélé tardivement, a entraîné de nombreux débats avant et après sa divulgation. Après sa tentative d’assassinat le 13 mai1981, le Pape Jean-Paul II demande l’enveloppe contenant la troisième partie du secret.

Le Cardinal Franjo Seper, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, remet le 18 juillet 1981, deux enveloppes : l’une blanche, avec le texte original de sœur Lucie en langue portugaise et l’autre de couleur orange, avec la traduction du texte en langue italienne. Le 11 août suivant, les deux enveloppes sont remises aux Archives du Saint-Office. En avril 2000, Lucie confirme au cardinal Bertone, que la lettre et le texte du « troisième secret » sont bien ceux qu’elle a rédigés en janvier 1944, et que ce texte est complet . En juin 2000, le Vatican publie officiellement la troisième et dernière partie du secret, livrant sa traduction ainsi qu’une copie de la lettre originale rédigée par sœur Lucie.

Les trois parties du secret de Fatima

La première partie est une vision de l’enfer. Notre Dame nous montra une grande mer de feu, qui paraissait se trouver sous la terre et, plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s’ils étaient des braises transparentes, noires ou bronzées, avec une forme humaine. Ils flottaient dans cet incendie, soulevés par les flammes, qui sortaient d’eux-mêmes, avec des nuages de fumée. Ils retombaient de tous côtés, comme les étincelles retombent dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, avec des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur.

Les démons se distinguaient par leurs formes horribles et dégoûtantes d’animaux épouvantables et inconnus, mais transparents et noirs. Cette vision dura un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui auparavant nous avait prévenus, nous promettant de nous emmener au Ciel (à la première apparition). Autrement, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur. Puis nous avons levé les yeux vers Notre Dame qui nous a dit si gentiment et si tristement : « vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs, pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et il y aura la paix. ».

La deuxième partie du secret

Cette partie concerne une révélation privée faite oralement par la Vierge aux trois enfants. Ce secret concerne la Russie et la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie. « La guerre va finir – nous sommes en 1917 – Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI* en commencera une autre pire encore. Lorsque vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père. Pour empêcher cette guerre, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis.

Si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés ; le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ; diverses nations seront détruites. À la fin, mon Cœur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera concédé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc. »

Pie XI, né Ambrogio Damiano Achille Ratti le 31 mai 1857 à Desio, dans le royaume de Lombardie-Vénitie, dans la province de Monza et de la Brianza (Italie) est le 259e pape de l’Église catholique. Élu le 6 février 1922, son pontificat est marqué par le règlement de la question romaine, avec la reconnaissance et l’institution de l’État de la Cité du Vatican, par les accords du Latran, en 1929. Il est confronté à la montée du communisme, du fascisme et du nazisme en Europe. Il meurt au Vatican le 10 février 1939. Le 2 Février, Benito Mussolini accepte la proposition d’Adolf Hitler de transformer le pacte anti-Komintern en une alliance militaire défensive. Le 6 Février, Neuville Chalmberlain déclare aux Communes que toute menace contre les intérêts vitaux de la France entraînera l’assistance du Royaume-Uni.

Troisième partie du secret 

La troisième partie se présente comme une vision allégorique, susceptible de diverses interprétations. Concernant le troisième secret, sœur Lucie écrit au pape Jean-Paul II le 12 mai 1982, son interprétation du secret. Dans cette lettre, elle écrit : « La troisième partie du secret se réfère aux paroles de Notre Dame : « Sinon la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites » ».

La religieuse estime que cette vision (troisième secret) est donc « une révélation symbolique, qui se réfère à cette partie du message ». Pour elle cette vision était « conditionnée par le fait que nous acceptions » la demande de la Vierge de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé. Sœur Lucie conclut : « Comme nous n’avons par tenu compte de cet appel du message, nous constatons qu’il s’est réalisé ».

Mais dans son courrier, elle précise bien que, pour elle, ce n’est pas Dieu qui a « puni le monde », mais que les malheurs sont les conséquences des actes des hommes. Elle écrit : « Et ne disons pas que c’est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu’il nous a donnée ; c’est pourquoi les hommes sont responsables ». Le 27 avril 2000, le pape missionne le cardinal Bertone auprès de sœur Lucie pour discuter avec elle de l’interprétation de cette vision.

Au cours de cette réunion, « Lucie réaffirme sa conviction que la vision de Fatima concerne avant tout la lutte du communisme athée contre l’Église et les chrétiens, et elle décrit l’immense souffrance des victimes de la foi du XXe siècle ». À la question sur l’identité de « évêque vêtu de blanc », elle confirme sa certitude qu’il s’agit du pape, mais sans connaitre son identité (qu’il s’agisse de Benoît XVPie XIIPaul VIJean-Paul II ou d’un autre). À l’occasion de la béatification à Fatima de Francisco et Jacinta Marto, le pape Jean-Paul II fait lire une allocution qui va dans le même sens que l’interprétation de sœur Lucie .

Pour l’Église : « c’est donc une vision consolante qui veut qu’une histoire de sang et de larmes soit perméable à la puissance de guérison de Dieu. Ainsi, toute cette vision se produit afin de faire apparaître la liberté de l’homme et pour l’orienter dans une direction positive. Car le sens de la vision n’est donc pas de montrer un film sur l’avenir irrémédiablement figé, mais l’inverse : mobiliser les forces pour tout changer en bien ». C’est pourquoi la phrase de la Vierge « Mon Cœur immaculé triomphera » signifie que « le Cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte ». Il affirme : le message de Fatima nous invite à nous fier à cette promesse.

G – L’attentat contre le pape Jean Paul II 

Le mercredi 13 mai 1981, alors que 25 000 personnes sont massées place Saint-Pierre pour l’audience hebdomadaire, deux coups de feu claquent. Il est 17h17 et Mehmet Ali Agça vient de tirer sur Jean-Paul II, à trois mètres de distance ; l’attentat d’Ali Agça s’est produit le jour anniversaire de la première apparition de Fatima, le 13 mai 1917. (64 ans après) 

Par Inconnu — http://wf2.xcdn.pl/files/12/03/12/552196_28_4.jpg, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=58847943

Un an après l’attentat, Jean-Paul II s’est rendu à Fátima et, en action de grâce, a fait incruster une des balles qui faillit le tuer dans la couronne de la statue de Notre-Dame de Fátima.

H – La vision de Tuy du Jeudi 13 Juin 1929

Le 20 juillet 1926, sœur Lucie, l’un des trois voyants de Fatima et la seule survivante,  quitte le couvent de Pontevedra pour entrer au noviciat des Dorothées, installé à Tuy, petite cité espagnole. Après sa prise d’habit le 2 octobre 1926, elle prononçait ses premiers vœux le 3 octobre 1928. En 1929, l’humble Maria das Dores poursuit à Tuy sa vie cachée, si bien cachée que la plupart de ses compagnes ignorent encore qu’elle est la voyante de Fatima. Elle met en pratique le message de Notre-Dame, vivant sa règle à la perfection dans le don total aux saints Cœurs de Jésus et de Marie. La messagère était prête. Alors se réalisa la promesse du grand Secret  : «  Je viendrai demander la consécration de la Russie…  ».  Écoutons sœur Lucie raconter l’événement  :

«  (…) Ce fut à cette époque que Notre-Seigneur m’avertit que le moment était venu où il voulait que je fasse connaître à la sainte Église son désir de la consécration de la Russie et sa promesse de la convertir… La communication s’est produite ainsi  :

«  (13 / 6 / 1929). J’avais demandé et obtenu la permission de mes supérieures et de mon confesseur de faire une heure sainte de 11 heures à minuit, dans la nuit du jeudi au vendredi de chaque semaine. «  Me trouvant seule une nuit, je m’agenouillai près de la balustrade, au milieu de la chapelle, pour réciter, prosternée, les prières de l’Ange. Me sentant fatiguée, je me relevai et continuai à les réciter les bras en croix. La seule lumière était celle de la lampe [du sanctuaire].

Soudain, toute la chapelle s’éclaira d’une lumière surnaturelle et, sur l’autel, apparut une croix de lumière qui s’élevait jusqu’au plafond. Dans une lumière plus claire, on voyait sur la partie supérieure de la croix, une face d’homme, avec un corps jusqu’à la ceinture  ; sur sa poitrine une colombe, également lumineuse, et cloué à la croix, le corps d’un autre homme. Un peu en dessous de la ceinture (de celui-ci), suspendu en l’air, on voyait un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient sur les joues du Crucifié et d’une blessure à la poitrine. Coulant sur l’Hostie, ces gouttes tombaient dans le Calice. 

Sous le bras droit de la Croix se trouvait Notre-Dame avec son cœur Immaculé dans la main… C’était Notre-Dame de Fatima avec son Cœur Immaculé,… dans la main gauche… sans épée ni roses, mais avec une couronne d’épines et des flammes… 

Sous le bras gauche [de la Croix], de grandes lettres, comme d’une eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l’autel, formaient ces mots  : “ Grâce et Miséricorde ”. Je compris que m’était montré le mystère de la très Sainte Trinité, et je reçus sur ce mystère des lumières qu’il ne m’est pas permis de révéler.

La vision de la Trinité dite vision de Tuy

«  Ensuite, Notre-Dame me dit  : “ Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. ” «  Je rendis compte de cela à mon confesseur, qui m’ordonna d’écrire ce que Notre-Seigneur voulait que l’on fasse.  »

Dans les deux lettres qu’elle adressa en mai 1930 au P. Gonçalves, son confesseur, la voyante exprima les demandes du Ciel en unissant étroitement la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis à la consécration de la Russie  : «  Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et de Marie, et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice indiquée ci-dessus.  »  

Hélas, c’était peine perdue… aucun pape ne fera rien ! Voilà pourquoi, plus tard (en août 1931), le Seigneur se plaignant, dit : « Ils n’ont pas voulu écouter ma demande. Comme le roi de France, ils s’en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard ! La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ».(révélation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sœur Lucie, en août 1931, lors d’un séjour de convalescence à Rianjo, une petite ville proche de Pontevedra).

Pourquoi Notre Seigneur fait-il référence au roi de France ? Tout simplement parce qu’en 1689, Jésus-Christ se révéla à sainte Marguerite-Marie en ces termes : »Fait savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur (donc, au roi Louis XIV) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon Cœur adorable. Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Église. Mon Père veut se servir du roi pour l’exécution de Son dessein, qui est la construction d’un édifice public où serait placé le tableau de mon Cœur pour y recevoir les hommages de toute la France ». Notre Seigneur promettait donc à la France, Sa « fille aînée, comme Il l’appelait, sa toute puissante protection moyennant trois choses :

  1. – Mettre Son Sacré Cœur sur les armes du roi et les étendards de la France ;
  2. – Lui élever une Église nationale ;
  3. – Que dans cette Église la France Lui soit solennellement consacrée par son souverain
Vision de Marguerite-Marie, par Armand Cambon Cathédrale de Montauban
Par Didier Descouens — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=63403481

Marguerite Alacoque, en religion sœur Marguerite-Marie, née le 22 juillet 1647 à Verosvres, et morte le 17 octobre 1690 à Paray-le-Monial, est une religieuse de l’ordre de la Visitationmystique et inspiratrice du culte du Sacré-Cœur de Jésus et reconnue sainte par l’Église catholique. Elle a été béatifiée en 1864, puis canonisée en 1920.

Sainte Marguerite Marie
Sanctuaire du Sacré-coeur

Eléments conformes aux autres apparitions 

  • L’apparition dans un cadre paysager, près d’un arbre. 
  • La lumière qui entoure la vierge
  • La demande de construction d’une chapelle
  • La condition  très pauvre des enfants ; leur piété 
  • La difficulté et l’hostilité que rencontrent les voyants
  • Le contexte historique difficile

Eléments spécifiques

  • Les apparitions préalables de l’Ange et la prière qu’il communique aux enfants 
  • La confirmation de l’enfer 
  • Le miracle public le plus spectaculaire de toutes les Apparitions mariales. Fatima est probablement l’Apparition qui situe le mieux l’origine supra naturelle de la Vierge aux yeux des tiers, quand elle prévient d’un miracle et que celui ci se réalise effectivement à la date prévue devant des dizaines de milliers de personnes ; à travers ce qu’on a appelé le miracle ou la danse du soleil. Dieu, maître de l’Univers, donne une toute petite idée de son extraordinaire puissance ! A noter que le pape Pie XII aura également cette vision au Vatican.
  • La connaissance et le détail du sort réservé, dans l’autre vie, aux personnes citées par les enfants

Lien avec d’autres apparitions 

La voyante d’Amsterdam, Ida Peerdeman, qui a 12 ans à l’époque, eut sa première apparition de la vierge l’après-midi du 13 octobre 1917, qui fut aussi le jour du miracle du soleil de Fatima. Avec Lourdes et Tepeya (Notre Dame de Guadalupe), Fatima est l’un des sanctuaires le plus connu et l’un des plus fréquentés.  

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

L’évêque de Leiria, MgrJosé Alves Correia da Silva, après avoir mené une enquête canonique reconnaît officiellement les apparitions mariales en 1930, et approuve la dévotion à Notre-Dame de Fátima. François et Jacinthe Marto, atteints de la grippe espagnole meurent très vite (en 1919et 1920). Ils sont béatifiés le 13 mai 2000 par le pape Jean-Paul II. Lucie Dos Santos, entrée au noviciat des sœurs Dorothée, puis au Carmel de Coimbra, décède en 2005. Son procès en béatification est en cours. Jacinta et Francisco sont canonisés par le pape François, le 13 mai 2017 lors de son voyage à Fatima, pour centenaire des Apparitions mariales de Fátima.

Statue de Jean Paul II près de l’église de la sainte Trinirté
Par János Korom Dr. from Wien, Austria — Fatima 0239, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49989868

Sanctuaire (s)

Le 28 avril 1919 est construite la première chapelle sur le site des apparitions, par des pèlerins, sans le soutien de l’Église (le curé de Fátima ayant reçu la consigne de se tenir à l’écart de ces manifestations de dévotion). C’est une petite chapelle faite de pierres et de chaux, couverte de tuiles et mesurant 3,30 m de longueur, 2,80 m de largeur et 2,85 m de hauteur. La construction de la première grande église est entamée dès 1928 (avant la reconnaissance officielle des apparitions).

L’église Notre-Dame-du-Rosaire est terminée en 1953. Elle obtient l’année suivante le titre de basilique. Les tombes des trois enfants sont transférées dans le transept en 1951, 1952 et 2006. En dehors de la grande esplanade, utilisée pour les grands rassemblements et les processions, le sanctuaire compte plusieurs chapelles et deux grandes structures : le centre pastoral Paul VI (1979-1982), et la basilique de la Sainte Trinité (2004-2007) qui est la 4e église au monde en capacité, avec près de 9 000 places. 

Fátima est aujourd’hui un centre mondial de pèlerinages très connu. Chaque année, près de cinq millions de pèlerins et de touristes s’y rendent, ce qui en fait le quatrième lieu de pèlerinage catholique du monde (après la basilique de Notre-Dame de Guadalupe au Mexique, la basilique Saint-Pierre au Vaticanet les sanctuaires de Lourdes en France.

En 1942, un groupe de femmes portugaises décide d’offrir une couronne d’or à la vierge de Fátima en « action de grâce de la protection accordée au Portugal durant la Seconde Guerre mondiale » (et sa non-participation au conflit). Cette couronne, réalisée gratuitement par 12 artisans joaillers a été officiellement déposée sur la tête de la statue de la Vierge le 13 mai 1946 par le cardinal Benedetto Aloisi Masella, légat pontifical de Pie XII. Cette couronne « de reine » fait référence à la décision du roi Jean IV du Portugal, en 1646, de proclamer la Vierge Marie : « reine et patronne du Portugal ».

L’intérieur de la basilique Notre dame du sanctuaire à Fatima
Par Andreas Trepte — Travail personnel, CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1860784
La basilique de la sainte Trinté
Par Therese C — Flickr: DSCN5574, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16091401

Pologne / 27 juin 1877 – 16 sept. 1877 Notre dame de Warmia

I – Généralités

Pays de l’apparition

Pologne

Site 

Gietrzwald village in Poland aerial view. Place of the apparitions of the Virgin Mary

Gietrzwald est un village, chef lieu d’un canton rural dans le powiat d’Olsztyn dans la voïvodie polonaise de Varmie-Mazurie. L’endroit est entouré de forêts de conifères et de forêts mixtes avec de nombreux lacs. Au XVe siècle Gietrzwald fut dévasté au cours des guerres entre la Pologne et l’Ordre Teutonique et pillé en 1455 par les chevaliers de l’Ordre. Le village fut cruellement dévasté en 1807 par les troupes françaises au cours de la Guerre de la Quatrième Coalition. Le plus grand événement dans ce petit village de Warmie, ce fut en 1877 plusieurs apparitions qui eurent lieu du 27 juin au 16 septembre. Depuis lors Gietrzwald est devenu un lieu de pèlerinage

Gietrzwald, La Chapelle au milieu du village
Par S.Czachorowski — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3329817

Désignation  

Notre-Dame de Warmia 

Contexte historique

Durant le XVIIe et surtout le XVIIIe, la République de Pologne est engagée dans des nombreux conflits militaires qui lui font perdre une grande partie de sa superficie, notamment sous le coup de l’expansion de l’Empire russe. À la fin du XVIIIe siècle, après trois partitions, la République des Deux Nations est partagée entre la Prusse, l’Autriche et l’Empire russe. Au cours du XIXe siècle, la majorité des territoires dont s’était emparé l’Autriche passent sous contrôle russe. La Pologne ne retrouve son indépendance qu’en 1918.

A la fin du XIXe siècle, on assiste dans la région à un phénomène de germanisation et des lois défavorables à l’Église catholique sont adoptées. En 1873, la langue polonaise est même interdite dans les écoles de la région de Warmie. À cause du Kulturkampf, un conflit qui oppose le royaume de Prusse puis l’Empire allemand à l’Église catholique romaine, de nombreux prêtres catholiques rebelles ainsi que les congrégations religieuses sont repoussés loin de Warmie.

II – Les voyantes 

Barbara Samulowska 

nom religieux Stanislaus Samulowska ) née le 21 janvier 1865 à Woryty , décédée le 6 décembre 1950 au Guatemala ) – religieuse polonaise , religieusemissionnaireservante de l’Église catholique et visionnaire à qui apparut en 1877, Notre-Dame, à Gietrzwałd , seul lieu des apparitions mariales reconnu par l’Église, en Pologne.

Elle est née dans une famille de paysans pauvres, nombreux et pieux, Józef et Karolina, née Barczewska; elle est leur plus jeune enfant (elle avait deux frères: Józef et Jana). Le lendemain (22 janvier 1865), elle fut baptisée à l’église de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie à Gietrzwałd et ses parrains et marraines étaient ses parents: Andrzej Barczewski et Gertruda Górska  . 

Le 28 juin 1877, elle fait sa première Communion à Gietrzwałd. Deux jours plus tard, sur l’érable à côté de l’église, lui apparait, ainsi qu’à sa parente, Justyna Szafryńska, la mère de Dieu, nimbée de lumière, vêtue de blanc, avec de longs cheveux, assise sur un trône d’or décoré de perles ;  ces révélations durèrent jusqu’au 16 septembre 1877. Les jeunes filles ont informé le prêtre, le prêtre Augustin Weichsl, qui à son tour informa l’évêque de Warmie, Philipp Krementz , qui nomma des comités spéciaux pour enquêter sur cet événement extraordinaire. 

Justyna Szafrynsk, qui avait 13 ans à l’époque et Barbara Samulowska qui en avait 12, étaient toutes les deux issues de familles pauvres, entrèrent toutes les deux chez les Filles de la Charité (Sœurs de saint Vincent de Paul)

Le 2 février 1889, elle prononce des voeux religieux solennels en prenant le nom religieux de Stanislaus Samulowska.  Au début de 1884, elle se rend à Paris où, le 19 janvier, elle commence son noviciat rue du Bac 140, à la chapelle des apparitions de la médaille miraculeuse. Après un séjour d’un an au Séminaire des Soeurs, elle a commence à travailler dans la crèche de la rue Maré, s’occupant des enfants. En  1895, elle est envoyée au Guatemala en Amérique centrale , en tant que professeur de jeunes sœurs de la miséricorde, les préparant au service hospitalier et aux soins pour les pauvres 

Barbara Samulowska,
soeur Stanislaus Samulowska en religion

En 1907, en raison de son état de santé, elle est transférée à Antigua , où elle soigne les malades à l’hôpital local . Deux ans plus tard, elle se rend à Paris pour un court repos, puis retourne à Antigua au Guatemala, s’occupant des pauvres de la ville et préparant les enfants à la première communion en tant que catéchiste. En 1913, elle est temporairement envoyée à l’hôpital de Quetzaltenango pour aider sa soeur malade, Thonluc. 

Après son retour à Antigua, elle tome malade de la fièvre typhoïde , mais après le traitement, elle récupère et revient des années plus tard comme supérieure à un hôpital de la capitale guatémaltèque . Elle y contribue à la reprise et à la renaissance du culte du Sauveur crucifié. Dans la chapelle de l’hôpital, il y avait une image grandeur nature du Christ crucifié, vénéré par les fidèles comme un « Jésus miséricordieux ». Au cours de cette période, au tournant des années 1917 et 1918, la capitale guatémaltèque subit des tremblements de terre après lesquels elle organisa l’ aide aux victimes.

En 1923, elle se rend de nouveau à Paris, puis se rend à Chełmno, d’où elle retourne au Guatemala où elle dirige également l’orphelinat pendant quelque temps. Elle décède le 6 décembre 1950 dans un hôpital du Guatemala à la suite d’un cancer malin au visage. Elle repose au cimetière au Guatemala.

Le 2 février 2005, l’archevêque Edmund Piszcz de Warmie inaugure le procès en béatification de sœur Stanisława Barbara Samulowska dans la basilique de Gietrzwałd.  

Justyna  Szafryńska,

justyna szafryńska,

Justyna, quant à elle, quitta la congrégation en 1897 et retourna à la vie laïque. En 1899, elle épousa Raymond Étienne Bigot à Paris. Après 1904, elle disparut sans laisser de traces et on ne sait rien de la suite de sa vie ni de l’endroit où elle repose.  Les visionnaires furent persécutées par le gouvernement local. 

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Le 27 Juin 1877 marque le début des apparitions de la Vierge à Gietrzwałd ; apparitions qui prendront fin le 16 septembre de la même année. Une nouvelle apparition se déroule le 30 Juin. À partir du mois de juillet, la Vierge apparaîtra tous les soirs aux deux jeunes filles, durant la récitation du Rosaire.

Nombre et durée des apparitions

La «Dame Blanche» est apparue plusieurs fois pendant trois mois, en 1877 à deux fillettes

Tonalité 

La Vierge apparaît à Gietrzwald avec tous les signes de sa royauté céleste : un trône en or constellé de diamants, une kyrielle d’anges, un sceptre et une couronne. Mais c’est l’enfant Jésus, tenu sur le genoux de la Vierge, qui tient le globe dans sa main. La croix, sans le corps du crucifié, que montre un ange, rappelle que c’est par le sang que Jésus a permis aux hommes de retrouver l’accès à son royaume. 

Emplacement des apparitions

Le 27 juin 1877, la jeune Justyna Szafryńska, 13 ans, entendant sonner les cloches de l’Angélus, récite la prière quand soudain elle voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc au niveau de l’érable du presbytère.

Récit 

Le 27 juin 1877. La jeune Justyna Szafryńska, 13 ans, une adolescente qui prépare sa communion, rentre chez elle après un rendez-vous avec le curé de la paroisse. Entendant les cloches sonner l’Angélus, elle récite la prière quand soudain elle voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc au niveau de l’érable du presbytère. La silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants.

Justyna voit aussi apparaître la silhouette éblouissante d’un ange, tout de blanc vêtu, avec des ailes en or. Aussitôt l’adolescente récite le « Je vous salue Marie ». Après cette prière, la silhouette se lève de son trône et monte au ciel aux côtés de l’ange. C’est le début des apparitions de la Vierge à Gietrzwałd, apparitions qui prendront fin le 16 septembre de la même année.  

Dès le début, la jeune fille raconte tout ce qu’elle a vu au prêtre, qui lui enjoint de retourner au même endroit le lendemain. Et une nouvelle fois, quand l’Angélus sonne, l’érable s’illumine à nouveau d’une grande lumière. Cette fois, il est entouré d’un cercle d’or, et un trône apparaît. Deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit.

Deux autres anges amènent l’Enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’Enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange enfin surplombe la scène et indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente.

Le 30 juin, la Vierge apparaît cette fois seule, sans être escortée par des anges. Elle apparaît aussi à Barbara Samulowska, 12 ans, qui accompagne Justyna. Barbara demande : « Que désirez-vous, Sainte Vierge ? » Elle reçoit cette réponse de Marie dans un dialecte local proche du polonais : « Je souhaite que vous puissiez prier tous les jours le chapelet. »

Le 1erjuillet, Justyna lui demande : « Qui êtes-vous ? » La Vierge lui répondit : « Je suis la Très Sainte Vierge Marie Immaculée. » Il est important de rappeler que les apparitions de Gietrzwałd ont eu lieu une vingtaine d’années seulement après celles de Lourdes, où la Mère de Dieu avait dit à Bernadette Soubirous : « Je suis l’Immaculée Conception », et à peine 23 ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par le pape Pie IX.  

À partir du mois de juillet, la Vierge apparaît tous les soirs aux deux jeunes filles durant la récitation du Rosaire. Parmi les questions diverses et variées qu’elles lui posent, certaines concernent la santé et le salut de certaines personnes. Mais il y eut aussi celle-ci : « L’Église du royaume de Pologne sera-t-elle libérée ? ».

Il faut savoir qu’au moment des apparitions, la Pologne actuelle était divisée entre la Prusse, l’Autriche et la Russie. A la fin du XIXe siècle, on assiste dans la région à un phénomène de germanisation et des lois défavorables à l’Églises catholiques sont adoptées. En 1873, la langue polonaise est même interdite dans les écoles de la région de Warmie. À cause du Kulturkampf, un conflit qui oppose le royaume de Prusse puis l’Empire allemand à l’Église catholique romaine, de nombreux prêtres catholiques rebelles ainsi que les congrégations religieuses sont repoussés loin de Warmie. Si bien que la rumeur des apparitions attire de nombreux pèlerins à Gietrzwałd.

Pendant les trois jours de la célébration de la Nativité de la Vierge, pas moins de 50 000 pèlerins affluent dans le village. Le 8 septembre 1877, la Vierge bénit une source où les pèlerins vont, depuis, se procurer de l’eau pour les personnes souffrantes ; ce qui occasionne un certain nombre de guérisons miraculeuses. Le 16 septembre, on installe une chapelle ainsi qu’une statue de la Vierge à l’endroit des apparitions. A l’époque, les relations avec la Prusse sont compliquées et les apparitions sont considérées comme un signal fort pour la défense du catholicisme et de la communauté polonaise en général.

De fait, les apparitions contribuent à un renouveau du sentiment national polonais. Mais elles ont aussi une portée universelle sur le plan religieux. Les fruits seront une authentique renaissance de la vie religieuse. Bien vite, on a vu chaque année à Gietrzwałd un grand nombre de fidèles aux 29 juin, 15 août et  8 septembre. Si bien qu’on a songé songer à agrandir le sanctuaire.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

La silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants. Au même endroit le lendemain, cette fois, deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Le 30 juin, la Vierge apparaît cette fois seule, sans être escortée par des anges. 

Attitudes de la Vierge

Après cette prière, la silhouette se lève de son trône et monte au ciel aux côtés de l’ange. Le 8 septembre 1877, la Vierge bénit une source où les pèlerins vont, depuis, se procurer de l’eau pour les personnes souffrantes.

Entendant les cloches sonner l’Angélus, elle récite la prière quand soudain elle voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc au niveau de l’érable du presbytère.

Paroles de la Vierge

Barbara demande : « Que désirez-vous, Sainte Vierge ? » Elle reçoit cette réponse de Marie dans un dialecte local proche du polonais : « Je souhaite que vous puissiez prier tous les jours le chapelet. » Le 1erjuillet, Justyna lui demande : « Qui êtes-vous ? » La Vierge lui répondit : « Je suis la Très Sainte Vierge Marie Immaculée. » 

Messages de la Vierge  

La prière est la condition pour que les « choses aillent mieux ! » Le 30 juin 1877, l’apparition dit, en polonais : « je désire que vous récitiez le rosaire*  tous les jours ». La réponse de la Vierge Marie fut toujours : « Priez et récitez le rosaire ; ( à cette condition…) les prêtres seront libérés ; les malades guériront ; la Pologne regagnera son indépendance. » 

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. Deux autres anges amènent l’Enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’Enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange enfin surplombe la scène et indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente. 

Eléments conformes aux autres apparitions 

Barbara voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc.  Justyna voit aussi apparaître la silhouette éblouissante d’un ange, tout de blanc vêtu, avec des ailes en or. La vierge apparaît avec l’enfant Jésus ; notre Dame demande aux fidèles de construire sur le lieu de son apparition une chapelle avec la statue de l’Immaculée Conception. Elle promet de bénir une source à l’orée de la forêt et encourage les gens à boire de l’eau miraculeuse qui génère des guérisons.Elle apparaît à proximité d’un arbre. Le corps des voyantes présente des caractéristiques spécifiques pendant les apparitions : leurs pouls ralentit, les extrémités de leur corps refroidissent et elles ont le regard totalement fixe. 

Eléments spécifiques

La silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants. Le lendemain, et une nouvelle fois, quand l’Angélus sonne, l’érable s’illumine à nouveau d’une grande lumière. Cette fois, il est entouré d’un cercle d’or, et un trône apparaît. Deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. Deux autres anges amènent l’Enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’Enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente. 

Lien avec d’autres apparitions 

A cause de la source et des guérisons miraculeuses, on dit que Gietrzwald est le Lourdes de la Pologne. Les deux voyantes entrent dans la même congrégation que celle de Catherine Labouré ( Apparition de la rue du Bac à Paris ) : les soeurs de Saint Vincent de Paul.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

10 septembre 1967, au nom du pape Paul VI, les cardinaux Wyszynski et Wojtyla, couronnent solennellement l’image sacrée. Le 1er septembre 1977, le centenaire de des apparitions est célébré par l’archevêque métropolitain de Cracovie, le cardinal Karol Wojtyła, futur pape Jean Paul II. Ce jour-là, l’évêque de Warnie, Józef Drzazga, reconnait solennellement la vénération de la Vierge Marie à Gietrzwałd. Il publie un décret validant la crédibilité des apparitions et proclame qu’elles sont conformes avec la foi et la morale chrétienne. Le 27 Juin est le jour anniversaire des apparitions de Gietrzwald.

Saint Jean Paul II

Le 2 février 2005 s’est déroulé à Gietrzwałd, une messe solennelle célébrée par l’archevêque Edmund Piszcz, pour le processus de béatification de Sr Stanisława Samulowska, à l’initiative de la Province polonaise de l’ ordre des chanoines du Latran , qui reprend le sanctuaire de Gietrzwałd. Un tribunal diocésain a été mis en place pour entendre 21 témoins en Pologne, en Allemagne et au Guatemala, et une commission historique et théologique, pour examiner la sainteté de la vie de Soeur Stanisława . 

Elle a désormais droit au titre de Servante de Dieu . Après près de deux ans de procédure, le 8 septembre 2006, dans la basilique de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie à Gietrzwałd, la cérémonie de clôture du processus de béatification au niveau diocésain, été clôturée par l’archevêque Wojciech Ziemba ; après quoi les dossiers du procès ont été transférés à la Congrégation pour la Cause des Saints à Rome.

Sanctuaire 

Le Sanctuaire de Gietrzwald a été construit entre 1878-1884. L’église a été érigée en 1970 par Paul VI en basilique mineure. Chaque année à Gietrzwałd un grand nombre de fidèles se rassemble les 29 juin, 15 août et  8 septembre.Le sanctuaire est sous la tutelle, depuis 1945, des prêtres chanoines. 

Le sanctuaire de Notre Dame de Warmia

Bosnie Herzégovine 1981 ; Notre Dame de Medjugorje.

Analyse

D’après de larges extraits du rapport de la commission pontificale sur Medjugorje, dévoilé dans un livre sorti en décembre en Italie, les experts du Vatican estiment qu’on ne peut attribuer aucun miracle au sanctuaire de Bosnie. Ils jugent aussi que les sept premières apparitions qui ont eu lieu sur ce site en 1981 peuvent être reconnues comme telles par l’Église, pas les autres. En Septembre 2024, Le Vatican est beaucoup plus sévère: il reconnaît le sanctuaire de Medjugorje pour ses «fruits spirituels» mais pas pour ses apparitions.

Loup Besmond de Senneville (à Rome), le 06/01/2022 à 12:54 / modifié le 06/01/2022 à 14:36/ Jean-Marie Guénois ( Le Figaro) le 19 Septembre 2024.

I – Généralités

Pays de l’apparition

Bosnie Herzégovine

Site 

Vue générale de Medjugorje
Par CJ — Bosnia and Herzegovina Apr-26-2012 173Uploaded by Smooth_O, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24911020

Međugorje ou Medjugorje est une paroisse catholique de la municipalité de Čitluk en Bosnie-Herzégovine

Désignation  

Notre Dame de Medjugorje

Contexte historique

L’histoire des apparitions a commencé en 1981. À l’époque, la Yougoslavie était encore sous régime communiste athée, et Međugorjen’était que la réunion de quelques hameaux qui vivaient essentiellement du tabac, de la vigne et de l’élevage.

II – Le ou les voyants (es) 

Les 6 voyants de Medjugorje, enfants
Les voyants, aujourd’hui
Mirjana Dragićević (aujourd’hui épouse Soldo)

Mirjana est née en 1965. En 1981, elle vit chez ses parents, à Sarajevo. Ce sont des catholiques pratiquants. Mirjana est en 2e année du secondaire et c’est une bonne élève. Dans sa classe, à peine quatre ou cinq élèves sont catholiques. Sarajevo est un milieu multiethnique et la majorité des jeunes ne prient pas. À cette époque, le régime communiste enseigne l’athéisme dans les écoles. Les croyants sont souvent exposés au mépris. Mirjana vit en retrait, ne s’expose pas. Elle passe ses vacances d’été à Medjugorje, chez sa grand-mère. Le premier jour des apparitions, Mirjana est en compagnie d’Ivanka.

C’est Ivanka qui voit la Vierge la première. Mirjana, une fille de la ville, ne croit pas avant de voir : « Mais quelle Gospa ? », s’exclame-t-elle. Mais dès qu’elle tourne son regard vers la colline, elle est convaincue. Et son émotion est intense ! Au début, Mirjana est très sensible à tout ce qu’on dit des voyants, ouvertement ou dans leur dos, concernant les rumeurs de maladie mentale ou de consommation de drogues. Les plus grands soupçons pèsent sur elle, car elle vient de Sarajevo : même les franciscains pensent qu’il faut l’éloigner, car elle aurait peut-être apporté de la drogue.

Mais bien vite, la certitude de voir la Vierge libère totalement Mirjana et lui permet de faire face à ces fausses accusations. Ses parents sont inquiets et ont peur pour elle. Aurait-elle perdu la raison ? Ils veulent la ramener à Sarajevo avec eux, mais elle ne se laisse pas faire : à Medjugorje, quelque chose d’irrésistible la retient sur place.

Plus que les autres voyants, Mirjana a été soumise à des interrogatoires par les franciscains : cinq entretiens en tout. Les apparitions quotidiennes ont cessé pour elle le 25 décembre 1982. La Vierge lui a alors promis qu’elle lui apparaîtrait une fois l’an, le jour de son anniversaire de naissance, le 18 mars. Par ailleurs, chaque deux du mois, depuis 1987, Mirjana prie avec la Vierge pour les incroyants, c’est-à-dire pour tous ceux qui n’ont pas encore rencontré l’Amour de Dieu. Depuis qu’elle est mariée, elle vit à Bijakovići, dans la paroisse de Medjugorje. Elle est mère de deux enfants. Parfois elle accepte des rencontres avec les pèlerins.

Ivanka Ivanković (aujourd’hui épouse Elez)

Ivanka est née en 1966, à Bijakovići. Elle étudie à Mostar où elle va à la messe tous les dimanches, prie régulièrement et fréquente le catéchisme. L’enseignement de la catéchèse qui se donne dans la paroisse franciscaine de Mostar est accompagné parfois du visionnement de films à caractère religieux, mais on ne parle pas d’apparitions. Ivanka entendra parler de Lourdes après avoir vu la Vierge. Au début des apparitions, Ivanka est en deuil de sa maman, décédée quelques mois plus tôt. Selon les dires d’Ivanka, la Vierge apparaît chaque soir : « Je vous dis que je l’ai vue. Peu importe qu’ils croient ou ne croient pas […] Mon père, c’est comme lorsque je vous parle face à face. » (28 juin 1981, en soirée) Ivanka ne sait pas pour quelle raison précise la Vierge lui apparaît à elle, mais elle est certaine qu’elle voit la Vierge Marie.

Si c’était Satan, il fuirait la prière et l’eau bénite, pense Ivanka. Le 29 juin 1981, les voyants sont emmenés à Mostar, au service psychiatrique du Docteur Dzudza. On menace de les interner dans un asile et de les séparer les uns des autres s’ils se rendent une fois de plus à la colline. Ivanka a très peur de l’hôpital, car cela lui rappelle sa maman si malade avant de mourir. À cause de cette peur de l’hôpital, elle promet au Père Zrinko Čuvalo qu’elle n’ira plus à la colline. « Mais l’heure venue, vers 17 h 30, je sentais que je devais y aller. Tout m’attirait là-haut. Je devais y aller. » (30 juin 1981) « Je ne regretterais même pas qu’on me tue parce que je vois Gospa. »(28 juin 1981) Ivanka parle de manière simple, convaincante et claire.

Elle ne se laisse confondre par rien ni personne. Peu importe si elle n’a pas de réponse à toutes les questions qu’on lui pose, peu importe ce qu’on peut penser d’elle : le fait de voir la Vierge la rend heureuse et l’incite à s’approcher plus souvent des sacrements. Elle a connu des apparitions quotidiennes jusqu’au 7 mai 1985. Depuis lors, elle a une rencontre avec la Vierge le jour de l’anniversaire des apparitions, soit le 25 juin de chaque année. Ivanka Ivanković Elez est mère de trois enfants. Elle vit dans le hameau Miletina, paroisse de Medjugorje. Son mari et elle ont une pension pour accueillir les pèlerins. Elle y travaille discrètement en tant que maîtresse de maison.

Jakov Čolo

Né en 1971. Il a dix ans à l’époque des événements et vit avec sa mère. Il vient de terminer sa quatrième annéeélémentaire. Jakov est le plus jeune du groupe des voyants dont l’âge varie entre 10 et 16 ansIl a eu des apparitions quotidiennes du 25.6.1981 au 12.9.1998.Le premier jour de l’apparition, Jakov n’est pas là. Le deuxième jour, il se trouve chez Marija ; il la suit au moment où, répondant à l’invitation de Vicka, elle se rend à la colline où la Vierge apparaît.

À travers les pierres et les buissons épineux, Jakov gravit la pente à une vitesse incroyable. Il ne sent rien et ne porte même pas trace d’une égratignure. Ce sera pour lui un signe étonnant. Jakov est particulièrement heureux de voir la Vierge : « Maintenant je dis, je l’ai dit : maintenant que j’ai vu Gospa, je ne regretterais pas de mourir. » (27 juin 1981) Il est émerveillé par la beauté de la Vierge: « Comme elle est belle ! » Et par sa voix: « Elle parle comme si elle chantait. » Jakov n’a aucun doute : il voit la Vierge. Il est prêt à mourir pour en témoigner.

« Maman, j’irai [à la colline] même si tu me tues. Tu peux me tuer j’irai de nouveau. » (27 juin 1981) Du 25 juin 1981 au 12 septembre 1998, Jakov confirme avoir eu des apparitions quotidiennes. Depuis, il a une rencontre annuelle avec la Sainte Vierge, à Noël. Marié et père de trois enfants, il vit à Bijakovići, paroisse de Medjugorje. Jakov prend soin de sa jeune famille et considère que dans le mariage aussi, on peut se consacrer à Dieu.

Il rencontre occasionnellement les pèlerins. « C’est moi qui avais le moins espéré que la Vierge puisse m’apparaître, a-t-il déclaré ; on me voyait à peine, mais moi je la voyais. » Il dira plus tard que la Vierge a remplacé son père et sa mère, décédés alors qu’il était encore jeune.

Yakov Colo
Ivan Dragićević

Né en 1965, il a seize ans au début des apparitions. En cet après-midi du 24 juin 1981, il va chercher des pommes après avoir joué au football avec son copain, Ivan Ivanković. Sur le chemin du retour, ils rencontrent quelques filles du village qui leur disent voir la Vierge. Après l’avoir aperçue lui aussi, il court, apeuré, à la maison. Mais l’apparition qu’il a entrevue rapidement sur la colline de Crnica l’attire et le poursuit dans ses pensées durant toute la nuit, jusqu’au lendemain.

Ivan est un garçon solitaire. Il ne parle pas beaucoup, ne se dévoile pas. Il a de la difficulté à exprimer ses sentiments et sa conversation est entrecoupée de silences. Il ne répond pas à toutes les questions, mais affirme sans réserve ce qu’il voit. La sobriété de ses paroles n’amoindrit pas la force de son expérience.

Quoique craintif et timide, Ivan est inébranlable dans son témoignage de la vision. Dans la famille Dragićević, tous les jours on récite les prières. Depuis qu’il voit la Vierge, Ivan a pris davantage conscience de sa foi. Ivan est fasciné par la beauté de la Vierge : « Je la regarderais seulement. » (28 juin 1981, en soirée) Il est aujourd’hui marié et père de quatre enfants. Ivan affirme voir la Vierge tous les jours.

Craintif et réservé au début, il a acquis de l’assurance et de la confiance en lui ; il est devenu un véritable ambassadeur de la Vierge à travers le monde. Il est particulièrement préoccupé par le problème des jeunes et, en conséquence, par la problématique familiale. Avec son groupe de prière, il continue de prier aux intentions de la Vierge. Il vit six mois à Medjugorje et six autres à Boston.

Yvan Dragicevic
Vicka Ivanković (aujourd’hui épouse Mijatović)

Vicka est l’aînée des voyants. Née en 1964, elle vient d’une famille nombreuse et pauvre. Comme la majorité des pères de famille du village à cette époque-là, le sien travaille en Allemagne. Vicka est en première année de technique du textile à Mostar. Cet été 1981, elle suit un cours de rattrapage en mathématiques. En la fête de saint Jean-Baptiste, le 24 juin, Vicka convient avec Mirjana et Ivanka d’aller en promenade.

Mais Vicka est en retard au rendez-vous. En effet, au retour de son examen à Mostar, par cette chaude journée d’été, elle souhaite se reposer un peu. Quelques heures plus tard, courant à la rencontre de ses amies, une surprise l’attend et elle entrera, elle aussi, sur la scène de l’événement.

Après le premier choc et la peur de l’inconnu, Vicka deviendra et restera un audacieux témoin de ce qu’elle a vu. Sa voix énergique se fait valoir dans le groupe d’enfants. Sûre d’elle, elle va déclarer : « Nous savons ce que nous disons. Nous sommes plus que certains. » (30 juin 1981, en matinée) Un désir irrésistible l’attire à la colline ; elle n’a peur de rien: « Si quelqu’un me dit qu’il va me tuer, je la [Gospa] regarderais encore.

Que j’aille en prison, nous irons tous. » (28 juin 1981, en matinée) Seule la Vierge retient toute son attention et Vicka développe avec elle une fidèle amitié de joie et de croix à long terme. Elle affirme toujours avoir des apparitions quotidiennes. Elle est mariée et mère de deux enfants. Vicka aime parler aux pèlerins afin de transmettre au plus grand nombre les messages de Marie.

Vicka Ivankovic
Marija Pavlović (aujourd’hui épouse Lunetti)

Née en 1965. En 1981, Marija va sur ses seize ans. Elle est en première année de coiffure pour hommes, à Mostar. Elle suit un cours de récupération dans une des matières académiques. Marija vient d’une famille nombreuse et pauvre. Le père et les frères aînés travaillent en Allemagne. Marija manque rarement sa messe du dimanche à Mostar et son catéchisme. À la maison, il lui arrive de remplacer sa maman dans les travaux ménagers. Elle considère que le travail bien fait et offert à Dieu est aussi une prière. Elle aime la lecture pieuse. Pendant les vacances d’été, Marija rencontre souvent Vicka, Ivanka et Mirjana. Mais le 24 juin 1981, elle n’était pas avec elles en promenade.

C’est sa sœur Milka qui, en allant chercher les moutons en dehors du village, à l’endroit nommé Podbrdo, (au pied de la colline) rencontrera Ivanka et Mirjana. Son regard, ce jour-là, s’arrêtera sur l’apparition lumineuse à la colline, et l’image qu’elle verra, pour la première et la dernière fois, restera gravée dans sa mémoire. Le lendemain, à la place de Milka, sa sœur Marija se joindra au groupe d’enfants. Le premier soir, Marija a de la difficulté à croire que ses amies et sa sœur ont vu la Vierge. Mais le deuxième jour, dès que la Vierge réapparaît et que Vicka accourt la chercher, elle partira en courant à la colline, comme portée par le vent. Marija ne peut décrire ce qu’elle ressent en regardant la Vierge. Les mots lui manquent.

Ce qu’elle voit et ce qu’elle vit n’est comparable à rien d’ici-bas. Le troisième jour, Marija a une apparition alors qu’elle est seule. En descendant la colline, la Vierge lui apparaît avec au-dessus d’elle, une grande croix. Cette croix est grise, de la même couleur que la robe de la Vierge. La Vierge lui adresse alors un important message de paix et de réconciliation. Le vingt-cinq de chaque mois, Marija transmet le message de la Vierge destiné à la paroisse et au monde. Marija est mariée et mère de quatre garçons. Elle vit en Italie, mais se rend souvent à Medjugorje. Où qu’elle se trouve, Marija prie avec les pèlerins ou dans des groupes de prière, aux intentions de la Vierge.

Marija Pavlovic

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Depuis le 24 juin 1981

Nombre et durée des apparitions

Marie de Nazareth y apparaîtrait à six Croates d’Herzégovine depuis le 24 juin 1981. Elle n’est pas toujours apparue au même endroit, ni au même groupe, ni aux mêmes personnes et ses venues n’ont pas toujours correspondu à une durée précise. Parfois les apparitions ont duré deux minutes, parfois une heure.

Nature de l’Apparition (privée ou publique)

Selon le site de Medjugorje,la Sainte Vierge n’est jamais apparue selon la volonté des voyants. Parfois ils priaient et attendaient mais la Sainte Vierge n’apparaissait pas tout de suite. Et parfois elle apparaissait à l’un et pas aux autres. Si elle n’avait pas promis une heure de rendez-vous, personne ne savait quand elle apparaitrait, ni même si elle apparaitrait. Elle n’apparaissait pas non plus toujours uniquement aux voyants déjà mentionnés, mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents

Emplacement des apparitions

Du 24 au 29 juin 1981, les apparitions ont lieu sur le Mont Crnica..Par la suite, le lieu des apparitions sera variable, tantôt à peu près à mi-chemin du lieu des apparitions, tantôt à l’église, tantôt dans une pièce attenante à la sacristie et enfin à partir de mars 1985 au presbytère, l’évêque de Mostar ayant interdit toute apparition dans les lieux attenants à l’église. Par la suite, le lieu des apparitions va grandement se diversifier, les voyants affirmant avoir désormais des apparitions individuelles (quotidiennes pour certains, mensuelles ou annuelles pour d’autres). Ces apparitions se produiraient à l’endroit où se trouvent les voyants.Le curé de la paroisse lui-même, tandis qu’il priait le rosaire dans son église, vit la Sainte Vierge.

Récit 

L’histoire des apparitions a commencé en 1981. À l’époque, la Yougoslavie était encore sous régime communiste athée, et Međugorjen’était que la réunion de quelques hameaux qui vivaient essentiellement du tabac, de la vigne et de l’élevage. Un désaccord subsiste sur le récit des premiers jours du phénomène. Selon le Dictionnaire des « apparitions » de la Vierge Marie (ouvrage collectif réalisé sous la direction de René Laurentin et Patrick Sbalchiero), le mercredi 24 juin 1981, Ivanka Ivanković (née le 21 juin 1966), Mirjana Dragićević (née le 18 mars 1965), Vicka Ivanković (née le 3 septembre 1964), Milka Pavlović (née entre 1966 et 1968), Ivan Ivanković (né entre 1960 et 1962) et Ivan Dragićević (né le 25 mai 1965), partis sur la route de Bijakovici à Cilici, déclarèrent avoir aperçu sur la colline de Podbrdo une « silhouette lumineuse ».

Le lendemain, reviennent Ivanka, Mirjana, Vicka avec Jakov Čolo (né le 6 mars 1971) et Marija Pavlović (née le 1er avril 1965, sœur de Milka). Ils escaladent la colline et convergent avec Ivan Dragićević, venu par un autre chemin. Le groupe des six voyants est ainsi définitivement constitué. Or, d’autres sources provenant principalement des dix-sept interrogatoires des visionnaires enregistrés les 27, 28, 29 et 30 juin 1981 contredisent certains points. Ainsi, Ivan Ivanković a lui-même déclaré le 18 mai 1986 qu’il n’avait jamais vu la Vierge : 

« Lorsque le père Milan Mikulic […] eut demandé à Ivan s’il avait vu la Gospa le 24 juin 1981, ce dernier lui répondit : « Je vous ai dit hier que je ne l’avais jamais vue ! » ». De même, Ivan Dragicevic ne dit pas dans ses premières déclarations qu’il a vu la Vierge portant un enfant mais simplement : « une lumière ». Il n’était pas non plus présent le deuxième jour : « Le premier soir j’étais avec elles. Le deuxième soir, je n’y étais pas. » et « Le deuxième soir, je n’y suis pas allé. Je travaillais aux champs, je ramassais les feuilles de tabac. »

Après avoir entendu le récit, et d’abord suspicieux, le père Jozo Zovko, curé de la paroisse, croira relativement vite à l’authenticité de ces apparitions. Dans le contexte politique de l’époque, cette histoire n’est pas prise à la légère par le pouvoir communiste. Le Père Jozo est arrêté et condamné à trois ans de prison. Il est relâché un an et demi après. Mais, très vite, des pèlerins commencent à affluer du monde entier.

Des scientifiques (comme le cancérologue français Henri Joyeux) et des théologiens (comme le Père René Laurentin, spécialiste en mariologie) s’intéressent au phénomène et finalement le pouvoir relâche la pression. La paroisse de Međugorje est à la charge pastorale des franciscains, historiquement influents dans cette région (l’Herzégovine).

Le récit selon le site web de Medjugorje

Le premier jour
Ils virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras.

Ce jour-là, vers 18h00, sur la colline de Crnica, connue sous le nom de Podbrdo, les enfants – Ivanka Ivanković, Mirjana Dragićević, Vicka Ivanković, Ivan Dragićević, Ivan Ivanković et Milka Pavlović – virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras. Elle ne leur dit rien mais leur indiqua par gestes qu’ils devaient s’approcher. Surpris, effrayés, ils eurent peur de s’approcher, même s’ils pensèrent immédiatement que c’était la Vierge.

Croix bleue plantée sur la colline de Podbrdo
Par gnuckx — Blue Cross Apparition Site – Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx – Podbrdo, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526404
Par gnuckx — Krizevac Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526423
Krizevac La colline qui surmonte Medjugorje. Les fidèles y montent en méditant le chemin de croix. Krizevac est devenu un lieu privilégié pour méditer la passion du Christ, le Calvaire du sanctuaire de Medjugorje.
Le deuxième jour

Le deuxième jour, le 25 Juin 1981, les enfants se donnèrent rendez-vous à l’endroit même où la Vierge était apparue, dans l’espoir de la revoir. Tout à coup, il y eu un flash de lumière. Les enfants levèrent les yeux et virent la Vierge Marie, cette fois sans l’enfant. Elle était souriante et joyeuse et incroyablement belle. D’un geste de la main, elle leur indiqua de s’approcher. Les enfants se prirent par la main et se dirigèrent vers elle. Ils tombèrent immédiatement à genoux et commencèrent alors à prier un « Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père ». La Sainte Vierge pria avec eux à l’exception du « Je vous salue Marie ».

Après la prière, elle commença à parler avec les enfants. Ivanka, la première, lui demanda des nouvelles de sa mère, décédée deux mois auparavant. Mirjana lui demanda alors si elle pouvait donner un signe pour montrer au peuple qu’ils n’étaient ni menteurs ni fous comme certaines personnes le prétendaient. La Sainte Vierge les quitta finalement en leur disant : « Dieu soit avec vous, mes chers enfants! » Avant cela, lorsque les enfants lui demandèrent s’ils la reverraient le lendemain, elle approuva d’un signe de tête. Selon les voyants la rencontre était indescriptible.

Ce jour-là, deux enfants qui formaient le groupe initial manquaient : Ivan Ivanković et Milka Pavlović. Ils furent remplacés par deux autres: Marija Pavlović et Jakov Čolo. Depuis ce jour, selon le témoignage des voyants, la Sainte Vierge leur apparait régulièrement. Milka Pavlović et Ivan Ivanković, qui étaient présents le premier jour des apparitions, ne virent plus la Vierge, même s’ils retournèrent sur le lieu des apparitions dans l’espoir de la revoir. 

Le troisième jour

Le 26 Juin 1981, les enfants impatients attendaient 18h00, heure à laquelle elle était apparue auparavant. Ils se rendirent sur le même lieu pour la rencontrer. Ils étaient très heureux, bien que leur joie fût mêlée de crainte car ils se demandaient quelle serait l’issue de tout cela. Malgré la crainte, les enfants ressentirent une force profonde les attirant à aller rencontrer la Vierge. Soudain, alors que les enfants étaient encore sur le chemin, un flash de lumière apparut à trois reprises. Pour eux et pour ceux qui les suivaient c’était un signe indiquant la venue de la Vierge.

Ce troisième jour, la Vierge apparut plus haut sur la colline que le jour précédent. Immédiatement, la Vierge disparut. Mais lorsque les enfants commencèrent à prier, elle réapparut de nouveau. Elle était joyeuse et souriait sereinement et une fois de plus sa beauté était indescriptible. Tandis qu’ils quittaient leurs maisons, quelques personnes âgées leur conseillèrent d’apporter avec eux de l’eau bénite afin de s’assurer que ce n’était pas Satan. Lorsqu’ils furent avec la Vierge, Vicka pris de l’eau et en dirigea vers l’apparition en disant : « Si tu es la Sainte Vierge, s’il te plait reste mais si tu ne l’est pas, va-t-en ! » La Sainte Vierge sourit et demeura avec les enfants.

Puis Mirjana lui demanda son nom et elle répondit : « Je suis la Bienheureuse Vierge Marie ». Le même jour, en descendant du Podbrdo, la Vierge apparut une fois de plus, cette fois uniquement à Marija en disant : « Paix, paix, paix, seulement la paix. » Derrière elle, Marija vit une croix. Après cela, la Sainte Vierge répéta, en larmes, les paroles suivantes : « La paix doit régner entre Dieu et les hommes, et entre les hommes. » L’endroit où cela s’est déroulé est à peu près à mi-chemin du lieu des apparitions. 

Le quatrième jour

Le 27 Juin 1981, la Sainte Vierge apparut trois fois aux enfants. A cette occasion les enfants posèrent toutes sortes de questions et la Sainte Vierge y répondit. Pour les prêtres, elle donna ce message : « Qu’ils soient persévérants dans la foi et qu’ils protègent la foi du peuple ! » Une fois de plus, Jakov et Mirjana demandèrent un signe car la population commençait à les accuser de mensonge et de prendre des drogues. « N’ayez peur de rien ! » répondit la Sainte Vierge. Avant de partir, lorsqu’ils lui demandèrent si elle reviendrait, elle leur répondit affirmativement.

En descendant du Podbrdo, la Sainte Vierge apparut une fois de plus pour leur dire au-revoir en disant : « Que Dieu soit avec vous, mes anges, allez dans la paix de Dieu ! »Le 28 Juin 1981, une foule importante se rassembla dès les premières heures du matin. A midi, ils étaient près de 15 000 personnes. Ce même jour, le curé de la paroisse, le P. Jozo Zovko, interrogea les enfants sur ce qu’ils avaient vu et entendu les jours précèdents. A l’heure habituelle, la Sainte Vierge apparut. Les enfants prièrent avec elle, après quoi ils lui posèrent certaines questions. Vicka, par exemple, demanda : « Chère Gospa, qu’attends-tu de nous et de nos prêtres ? » La Vierge lui répondit : « Le peuple doit prier et croire fermement ».

En ce qui concerne les prêtres, elle répondit qu’ils devaient croire fermement et aider les autres à faire de même. Ce jour-là, la Vierge disparait et réapparait à plusieurs reprises. Durant une des apparitions, les enfants lui demandèrent pourquoi elle n’apparaissait pas dans l’église afin que tous puissent la voir. Elle répondit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu! »

Le cinquième jour

Le 28 Juin 1981, une foule importante se rassembla dès les premières heures du matin. A midi, ils étaient près de 15 000 personnes. Ce même jour, le curé de la paroisse, le P. Jozo Zovko, interrogea les enfants sur ce qu’ils avaient vu et entendu les jours précèdents. A l’heure habituelle, la Sainte Vierge apparut. Les enfants prièrent avec elle, après quoi ils lui posèrent certaines questions. Bien que la foule les assaillait de questions et que ce jour fut particulièrement chaud et lourd, les voyants étaient comme au ciel.

Le sixième jour

Le 29 Juin 1981, les enfants furent emmenés à Mostar pour un examen médical et furent déclarés « en bonne santé ». La conclusion du médecin-chef fut : « Les enfants ne sont pas fous comme le pensaient les personnes qui les ont amenés ici … »La foule sur la montagne des apparitions fut plus nombreuse que jamais. Dès que les enfants arrivèrent sur place et commencèrent à prier, la Sainte Vierge apparut. A cette occasion, la Sainte Vierge les exhorta à la foi en disant : « Que le peuple croit fermement et ne craigne rien. »

Le septième jour

Le 30 Juin 1981, deux jeunes filles suggérèrent aux enfants de s’en aller en voiture pour une petite promenade. Leurs intentions réelles étaient, en fait, de les éloigner de l’endroit des apparitions et de les garder avec elles jusqu’à ce que l’heure de l’apparition soit passée. Cependant, même si les enfants étaient loin de Podbrdo, à l’heure habituelle de l’apparition, ce fut comme un appel intérieur qui les appelait à sortir de la voiture.

Dès qu’ils l’eurent fait, ils se mirent en prière, la Sainte Vierge se dirigea alors vers eux venant de Podbrdo qui se trouve environ à un kilomètre de là. Elle pria sept « Notre Père » etc. Ainsi la ruse des jeunes filles n’eut pas l’effet escompté. Peu après cela, la police commença à empêcher l’accès de la colline des apparitions, Podbrdo, aux enfants et aux pèlerins. Les enfants, puis bientôt la foule furent empêchés d’y aller. Mais la Vierge continua de leur apparaître dans des endroits secrets, chez eux ou dans les champs. Les enfants avaient acquis une certaine confiance et parlait ouvertement avec elle, attendant avec impatience ses conseils, écoutant ses avertissements et ses messages.

Les événements de Medjugorje continuèrent de cette manière jusqu’au 15 Janvier 1982. Jusqu’à cette date, le curé de la paroisse commença à accueillir les pèlerins dans l’église, leur permettant de prier le rosaire et de participer à l’Eucharistie. Les enfants participaient également au rosaire. La Sainte Vierge leur apparaissait parfois dans l’église à cette heure. Le curé de la paroisse lui-même, tandis qu’il priait le rosaire, vit la Sainte Vierge. Immédiatement, il arrêta sa prière et commença spontanément à chanter un hymne populaire « Lijepa si, lijepa Djevo Marijo » ;

« Tu es toute belle, Bienheureuse Vierge Marie ». L’église tout entière s’aperçut que quelque chose d’inhabituel se passait. Puis, il témoigna qu’il l’avait vue, lui qui, jusqu’alors, n’avait pas seulement été sceptique mais ouvertement contre les rumeurs d’apparitions, devint leur plus grand défenseur ! Il témoigna de son soutien aux apparitions jusqu’au point d’être emprisonné. 

A partir du 15 Janvier 1982, les enfants accueillirent la Sainte Vierge dans une pièce de l’église paroissiale. Le curé mit cela en place à cause de nouvelles difficultés qui surgissaient et parfois même de réels dangers qui attendaient les voyants. Auparavant, les enfants s’étaient assurés que tout cela était en accord avec les désirs de la Sainte Vierge. Vu l’interdiction de l’Evêque diocésain, d’Avril 1985, les enfants cessèrent d’utiliser l’endroit de l’église comme lieu d’apparition.

Désormais, ils se rendirent dans une pièce de la maison paroissiale. Depuis le début des apparitions jusqu’à aujourd’hui, il n’y eut que cinq jours durant lesquels aucun des enfants ne vit la Vierge. Elle n’est pas toujours apparue au même endroit, ni au même groupe, ni aux mêmes personnes et ses venues n’ont pas toujours correspondu à une durée précise. Parfois les apparitions ont duré deux minutes, parfois une heure. La Sainte Vierge n’est jamais apparue selon la volonté des voyants. Parfois ils priaient et attendaient mais la Sainte Vierge n’apparaissait pas tout de suite.

Et parfois elle apparaissait à l’un et pas aux autres. Si elle n’avait pas promis une heure de rendez-vous, personne ne savait quand elle apparaitrait, ni même si elle apparaitrait. Elle n’apparaissait pas non plus toujours uniquement aux voyants déjà mentionnés, mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents. Tout cela nous montre que les apparitions ne sont pas un produit de l’imagination. Cela ne dépend jamais de l’heure ni de l’endroit, ni du désir ou de la prière des pèlerins ou des voyants, mais bien plus de la volonté de Celui qui permet ces événements.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Ils virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras. Le lendemain, les enfants levèrent les yeux et virent la Vierge Marie, cette fois sans l’enfant. Elle était incroyablement belle. Le troisième jour, lorsque les enfants commencèrent à prier, elle réapparut de nouveauUne fois de plus sa beauté était indescriptible. 

Notre Dame de Medjugorje

Attitudes de la Vierge

Elle ne leur dit rien mais leur indiqua par gestes qu’ils devaient s’approcher. Le lendemain, la Vierge, d’un geste de la main, leur indiqua de s’approcher. La Sainte Vierge pria avec eux à l’exception du « Je vous salue Marie ». La Sainte Vierge se dirigea alors vers eux venant de Podbrdo qui se trouve environ à un kilomètre de là. Elle pria sept « Notre Père ». Derrière elle, Marija vit une croix. Après cela, la Sainte Vierge répéta, en larmes, les paroles suivantes : « La paix doit régner entre Dieu et les hommes, et entre les hommes. » Elle était souriante et joyeuse.Elle était joyeuse et souriait sereinement.

Paroles de la Vierge

« Dieu soit avec vous, mes chers enfants! » 

« Je suis la Bienheureuse Vierge Marie ». 

« Paix, paix, paix, seulement la paix. » 

« La paix doit régner entre Dieu et les hommes et entre les hommes. » 

« Qu’ils soient persévérants dans la foi et qu’ils protègent la foi du peuple.  

« N’ayez peur de rien ! » 

« Que Dieu soit avec vous, mes anges, allez dans la paix de Dieu

« Le peuple doit prier et croire fermement »

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »

« Que le peuple croit fermement et ne craigne rien. »

Messages de la Vierge  

L’essentiel du message de la Vierge est un appel à la paix. Il est vrai que le contexte s’y prête car la guerre va bientôt submerger la région. La prière figure au nombre des recommandations ainsi que l’appel à la Foi. René Laurentin fournit une longue compilation des messages qu’aurait livré la Gospa (Gospa signifie Notre-Dame en croate) entre 1981 et 1984.

Il reste toutefois difficile de se faire une idée précise de leur teneur exacte ; les messages semblant avoir fait l’objet de réécritures postérieures à leur enregistrement. En outre, dès l’été 1981 les voyants prétendent avoir des apparitions personnalisées avec des messages différents, ce qui empêche toute comparaison. Certains commentateurs notent toutefois que le contenu des révélations antérieures à 1984 révélerait des aberrations et des erreurs doctrinales qui mettent en doute leur véracité.

Bouflet note aussi qu’à plusieurs reprises, la Vierge aurait pris parti en faveur des franciscains de Medjugorje dans la querelle qui les a opposés à l’évêque de Mostar, ordinaire du lieu, fait qui ne s’est jamais produit dans une apparition reconnue par l’Église, mais qui a été constaté dans des apparitions non reconnues. Par exemple, le 16 avril 1982, Vicka écrit que la Vierge lui a répondu : 

« L’Évêque n’agit pas en cela avec Dieu, ni dans la charité, ni dans l’amour de Dieu. Qu’Ivica et Ivan ne se polarisent pas sur l’Évêque qui les charge d’un grand fardeau pour se débarrasser d’eux. Il a commencé par les plus jeunes et poursuit son plan. Je sais que c’est pour eux un rude coup. (…) Ce que fait l’Évêque n’est pas selon la volonté de Dieu à l’égard d’innocents, sans aucune faute et si blâmés, cela Dieu ne le permettrait pas. (…) ». 

Selon Joachim Bouflet, le message original de Medjugorje aurait insisté sur la réconciliation, ce qui aurait une signification très particulière, compte tenu du fait que les apparitions initiales eurent lieu à proximité d’un endroit où au cours de la Seconde Guerre mondiale plusieurs centaines personnes furent massacrées par les oustachis. Les franciscains qui se chargèrent de la « gestion » du phénomène auraient en fait escamoté cet aspect particulier du message de nature à remettre en cause la conduite d’une partie des membres de leur ordre au cours de la Seconde Guerre mondiale. 

Les messages de la Vierge selon le site de Medjugorje 

Selon le témoignage concordant des voyants, la Sainte Vierge, durant ses apparitions, a donné une série de messages à transmettre aux hommes. Bien qu’il y ait de nombreux messages, ils peuvent être regroupés en cinq thèmes, car tous les messages soulignent fondamentalement ou rejoignent ces cinq thèmes.

La Paix

Déjà le troisième jour, la Sainte Vierge mit l’accent sur la paix comme le premier de ses messages: « Paix, paix, paix, seulement la paix ! » après quoi elle ajouta à deux reprises « La paix doit régner entre Dieu et les hommes et entre les hommes ». Etant donné que Marija a pu voir une croix, lorsque la Sainte Vierge donna ce message, la conclusion évidente est que la Paix vient de Dieu. 

Dieu, qui à travers la Vierge, en Christ devint notre paix. (Ephésiens 2:14) « car c’est lui qui est notre paix au milieu de nous »… Cette paix « le monde ne peut la donner » (Jean 14:27) et c’est pour cela que le Christ a commandé à ses apôtres de la porter au monde (Matthieu 10:11) afin que tout homme puisse devenir « Fils de paix » (Luc 10:6). 

La Foi

Le second message de la Sainte Vierge est la foi. Déjà, les quatrième, cinquième et sixième jours, la Sainte Vierge exhorta les personnes présentes à avoir une foi ferme. Elle répéta ce message à plusieurs reprises. Sans foi nous ne pouvons parvenir à la paix ! Une fois de plus, personne mieux que la Sainte Vierge ne peut comprendre la nécessité et l’efficacité de la foi. C’est pourquoi elle met l’accent sur ce thème à chaque occasion et missionne les voyants d’apporter la lumière de la foi aux autres. 

La Conversion

La conversion est l’un des messages fréquents de la Sainte Vierge. Cela présuppose qu’elle a noté une fragilité ou un manque complet de foi dans notre monde d’aujourd’hui. Sans conversion il est impossible d’acquérir la paix. Pour cette raison, la Vierge suggère continuellement de recourir à la confession fréquente. L’invitation est adressée à tous sans différenciation car « personne n’est juste »…. 

La Prière

Quasi quotidiennement, depuis le cinquième jour des apparitions, la Sainte Vierge recommande la prière. Elle demande à tous de « prier sans cesse » tout comme le Christ lui-même nous l’a enseigné. (Marc 9:29, Matthieu 9:38, Luc 11: 5-13) 

Le Jeûne

Déjà le sixième jour des apparitions, la Sainte Vierge a souvent recommandé de jeûner car cela fortifie notre foi. La pratique du jeûne assure et aide au contrôle de soi-même. Seule la personne qui se contrôle elle-même est véritablement libre et capable de s’abandonner à Dieu et au prochain, comme la foi le demande. 

En résumé, on peut dire que les messages de la Sainte Vierge soulignent le fait que la paix est au dessus de tout et que la foi, la conversion, la prière et le jeûne sont les moyens qui nous permettent de l’atteindre.

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Ce jour-là, une femme médecin qui avait suivi et observé les enfants, désira toucher la Sainte Vierge pendant l’apparition. Les enfants guidèrent sa main à l’endroit où se trouvait l’épaule de la Vierge et elle ressentit un picotement. Le médecin, bien que se déclarant athée, admit après cela : « Ici se passe quelque chose d’étrange! » Le même jour un enfant, Danijel Šetka, fut miraculeusement guéri. Ses parents l’avaient amené à Medjugorje pour prier spécialement pour sa guérison. La Sainte Vierge avait promis que cela arriverait si les parents priaient et jeûnaient avec une foi ferme. L’enfant fut effectivement guéri.

Eléments conformes aux autres apparitions 

La croix aperçue derrière la Vierge comme à Amsterdam ainsi que les appels à la paix et à la prière. 

L’incroyable beauté de la Vierge

Eléments spécifiques

Le nombre des voyants et leur âge 

Le caractère individualisé des messages 

La critique de la Vierge à l’égard de l’évêque du lieu défavorable à la réalité des apparitions. 

La vie personnelle des voyants après les apparitions

Le fait qu’une tierce personne (femme médecin) puisse « toucher » l’épaule de la Vierge 

L’air « joyeux » de la Vierge 

Elle n’apparait pas uniquement aux voyants mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents.

La dissension entre les bénédictins et l’évêque de Mostar.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Le 14 mai 1988, la sous-commission médicale de la Conférence des évêques de l’ex-Yougoslavie émet la déclaration suivante : « La sous-commission médico-psychologique professionnelle pour établir le statut psychologique des « voyants » de Medjugorje, à la suite de recherches dans la documentation médicale existante à ce jour, et après des examens effectués sur les personnes suivantes : Vicka Ivankovic, Ivan Dragicevic, Mirjana Dragicevic, Marija Pavlovic, Ivanka Ivankovic, Jakov Colo, et selon des critères en usage à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, en date du 25 mars 1978, a établi ce qui suit :

1 – Toutes les personnes examinées sont psychiquement équilibrées.

2 – Il n’existe pas de maladie psychique ou inclination psychopathologique qui auraient pu influencer ce supposé événement surnaturel. Il n’existe pas non plus de psychose ni d’hystérie collective ou d’autres phénomènes de ce genre. Les membres soussignés joignent en annexe leurs propres appréciations sur les personnes examinées. »

En juin 2015, le pape François annonce avoir reçu les conclusions de l’enquête. Faisant suite à ces conclusions, il nomme Mgr Henryk Hoser au poste « d’envoyé spécial du Saint-Siège pour Medjugorje » le 11 février 2017. Sa mission, exclusivement pastorale, est « d’acquérir des connaissances plus approfondies de la situation pastorale de cette réalité, et surtout, des exigences des fidèles qui se rendent en pèlerinage, et, à partir de cela, suggérer des initiatives pastorales pour le futur ».

Mgr Hoser n’aura donc pas à traiter des apparitions mariales qui sont de la compétence de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il a clairement indiqué aux fidèles qu’il était chargé d’une enquête pastorale qui ne remet en cause ni la dévotion mariale locale ni le jugement officiel de l’Église sur les apparitions qui reste inchangé depuis la déclaration officielle des évêques de l’ex-Yougoslavie en 1991.

Le 13 mai 2017, dans l’avion qui le ramène de Fátima, le pape François évoque les travaux de la commission d’enquête internationale dont il loue le « très bon travail ». Il explique qu’il faut distinguer trois choses, à savoir d’une part les premières apparitions aux enfants sur lesquelles l’enquête doit se poursuivre, d’autre part les apparitions actuelles pour lesquelles « l’enquête émet des doutes » et enfin le « le fait spirituel et pastoral » au sujet duquel il rappelle qu’il a chargé Mgr Henryk Hoser d’enquêter et de lui remettre un rapport. Le 8 décembre 2017, le pape François a accepté la renonciation de Mgr Henryk Hoser, ayant atteint 75 ans, l’âge canonique de la retraite. Mgr Romuald Kaminski a été nommé à sa place à la tête du diocèse de Varsovie-Praga.

La position actuelle de Rome sur les apparitions à Medjugorje  

La position de Rome- dans l’attente d’une éventuelle reconnaissance de tout ou partie de ces apparitions – reste celle officiellement précisée par la réponse en date du 26 mai 1998 de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Mgr Gilbert Aubry, qui précise : « en ce qui concerne la crédulité des « apparitions » en question, le Saint Siège s’en tient simplement à ce qui a été établi par les Evêques de l’ex-Yougoslavie dans la déclaration de Zadar du 10 avril 1991 : « … sur la base des investigations jusqu’ici conduites il n’est pas possible d’affirmer qu’il s’agisse d’apparitions ou de révélations surnaturelles ».

Sanctuaire

Le sanctuaire marial de Medjugorje où la Vierge Marie apparaîtrait depuis juin 1981, attire 2,5 millions de personnes chaque année. 

Eglise saint Jacques de Medjugorje
Par gnuckx — Saint James Church (St. Jakov) Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526388
Nottre Dame de Medjugorje