Bien que la Vierge se soit toujours refusée à céder aux demandes d’exécution de « faits extraordinaires » destinés à fonder la puissance de Dieu à travers elle, il est clair qu’une Apparition de la Vierge n’est ni une manipulation de l’esprit, ni une vision hystérique partagée, ni un phénomène naturel qu’il resterait à expliquer (comme on le fait régulièrement pour les dix plaies d’Egypte relatées dans la Bible).
Si elle est un signe évident de preuve de Dieu pour les croyants de confession catholique, les phénomènes supra-naturels incontestables qui l’accompagnent, nullement niés d’ailleurs par les scientifiques qui ne peuvent les expliquer, ne peuvent pas ne pas susciter d’interrogation auprès de tous les non croyants. Mais une mariophanie (phénomène surnaturel se rapportant spécifiquement à une vision de Marie, mère de Jésus) n’est-elle pas déjà, en soi, un phénomène supra naturel ?
Tepeyac
Après que Juan Diego eut montré l’endroit où la dame du ciel voulait que son église soit construite, il demanda la permission de prendre congé. Il voulait rentrer chez lui pour voir son oncle Juan Bernardino qui était gravement malade quand il l’avait quitté pour aller à Tlatilolco appeler un prêtre afin d’entendre sa confession et lui donner l’absolution. La Dame du ciel lui avait dit que son oncle était guéri. Mais ils ne le laissèrent pas partir seul et l’accompagnèrent jusqu’à chez lui. Comme ils arrivèrent, ils virent que son oncle était heureux et en bonne santé.
Il était très stupéfait de voir son neveu ainsi accompagné et honoré, et demandait la raison d’un tel honneur. Son neveu répondit que lorsqu’il partit chercher le prêtre pour entendre sa confession et lui donner l’absolution, la Dame du ciel lui apparut à Tepeyac lui disant de ne pas être triste, que son oncle allait bien, ce qui l’a consolé. Elle l’a envoyé à Mexico voir l’évêque afin que ce dernier lui construise une maison à Tepeyac.
L’oncle témoigna de ce que c’était vrai qu’à cette occasion il fut guéri et qu’il l’avait vue de la même manière que son neveu, apprenant d’elle qu’elle l’avait envoyé à Mexico pour voir l’évêque. La Dame lui dit aussi que, lorsqu’il irait voir l’évêque, il devrait lui révéler ce qu’il avait vu et lui expliquer de quelle façon elle l’avait guéri miraculeusement et elle voulait être appelée « La toujours vierge Sainte Marie de Guadalupe » et que son image bénie soit aussi ainsi connue.
Juan Bernardino fut conduit en la présence de l’évêque afin qu’il l’en informe et lui donne un témoignage ; son neveu et lui furent les invités de l’évêque jusqu’à ce que l’église consacrée à la Reine de Tepeyac soit construite là où Juan Diego l’avait vue. L’évêque transféra l’image sacrée de la dame du ciel miraculeusement imprimée sur le maillot de corps de Juan Bernardino à partir des fleurs cueillies en présence de la Vierge, de sa chapelle privée à l’église principale afin que tout le peuple puisse voir l’image bénie et l’admire. La cité tout entière était sous le coup d’une grande émotion. Tous vinrent la voir, admirer l’image pieuse et prier. Ils s’émerveillèrent de son apparition dans ce divin miracle car aucune personne humaine de ce monde n’avait peint cette image précieuse.
Le Laus
En mai 1664, alors que Benoîte conduit ses chèvres le long d’un bois, sur la montagne de Saint-Maurice, un vieillard s’approcha d’elle, se présentant comme saint Maurice lui-même et annonçant à la bergère qu’elle verrait la Mère de Dieu dans un vallon voisin.
Benoîte Rencurel verra aussi le Christ en Croix, saint Maurice, sainte Barbe, saint Joseph, saint Gervais et saint Protais, l’enfant Jésus, sainte Catherine de Sienne, les anges et le diable.
Entre 1669 et 1684, elle est gratifiée cinq fois de la vision du Christ crucifié sur la croix d’Avançon*. Ainsi unie à lui, elle vit une « crucifixion mystique » chaque vendredi pendant plusieurs années. Elle se trouve brusquement raidie, chaque semaine dans la pose de crucifiée et reste ainsi du jeudi au samedi, sans pouvoir faire un geste. Elle s’effare, dans son humilité, de l’attention générale qu’attire sur elle ce prodige et demanda que d’autres souffrances, moins visibles, lui soient accordées.
C’est à partir de 1689 qu’elle subira des sévices nocturnes et combattra spirituellement le démon toutes les nuits jusqu’à sa mort. L’huile du Laus (huile de la lampe du saint sacrement utilisée en onction à la demande de la Vierge) occasionnera de nombreuses guérisons.
* La croix d’Avançon
En 1669, au pied de la croix d’Avançon, placée dans la chapelle du Laus, Benoîte Rencurel est gratifiée pour la première fois de la vision du Christ crucifié : « je me montre ainsi à vous pour vous faire voir ce que j’ai souffert pour les pécheurs et l’amour que j’ai pour eux. »
Benoîte aura par la suite quatre autres visions du Christ crucifié. Pendant plusieurs années, Benoîte connaîtra les souffrances du vendredi qui cesseront en 1684. Elle participe ainsi aux douleurs de la Passion du Christ.
La croix d’Avançon, objet de la vénération des fidèles, changera plusieurs fois de lieu, jusqu’au jour où les frères Louis-René et Charles Tulasne, tourangeaux d’origine et botanistes de renom, financent et construisent la chapelle du Précieux-Sang, consacrée le 16 septembre 1862 par Monseigneur Victor-Félix Bernadou, évêque de Gap. Le 1er mai 2011, lors du troisième anniversaire de la reconnaissance officielle des apparitions, Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri bénit à nouveau cette chapelle dont la restauration a été financée par les recettes de l’album Spiritus Dei des prêtres du diocèse de Gap et d’Embrun.
Rue du Bac / Paris
Catherine Labouré est sujette à des visions ou à des prémonitions. Elle reconnaît Vincent de Paul en le vieillard qui lui a dicté sa vocation. Elle aurait eu également la vision d’une « Croix de la Victoire* » : un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris. Surtout, l’apparition de la rue du Bac est célèbre pour avoir donné naissance à la « médaille miraculeuse », à qui on attribue de nombreuses guérisons auprès des personnes qui la portaient.
* La Croix de la Victoire
Quelques mois après la fin de la Révolution de 1848, Catherine Labouré aurait eu la vision d’une « Croix de la Victoire », d’un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris :
Elle s’empresse, bien sûr, d’aller le dire à M. Aladel [son confesseur], deux fois, et même de le mettre par écrit, à chaud, dès le 30 juillet 1848, de crainte d’oublier un détail : « Il y aura des ennemis de la religion qui chercheront et promèneront une Croix couverte d’un voile noir qui portera la terreur dans les esprits. Mais la Croix triomphera. Il y aura une Croix que l’on appellera la Croix de la Victoire, qui portera la livrée de la nation, elle sera plantée du côté de Notre-Dame, sur la place des victimes. La voici : une Croix sera faite d’un bois précieux, étranger. Elle sera garnie. Elle aura des pommes d’or aux extrémités. Le Christ sera grand ; la tête penchée du côté du cœur, la plaie du côté droit où il coule beaucoup de sang. La livrée de la nation dans le haut de la colonne. Le blanc, c’est l’innocence, voltigeant sur la couronne d’épines. Le rouge représente le sang ; le bleu, c’est la livrée de la Sainte Vierge. »
Et de continuer : « Cette croix sera appelée la Croix de la Victoire. Elle sera en grande vénération. De toute la France et des pays les plus éloignés, et même de l’étranger, les uns y viendront par dévotion, les autres en pèlerinage, et d’autres par curiosité. Enfin, il se fera des protections toutes particulières qui tiendront du miracle. Il ne viendra pas une personne à Paris qui ne vienne voir et visiter cette croix, comme une œuvre d’art. » […]
« Sur le pied de la Croix, il sera représenté toute cette révolution, telle qu’elle s’est passée. Le pied de la croix m’a paru avoir de 10 à 12 pieds [environ 3,5 mètres] en carré, et la croix de 15 à 20 pieds [de 4,5 à 6 mètres] en hauteur. Et, une fois élevée, elle m’apparaissait à peu près de 30 pieds [9 mètres] de hauteur. Sous cette croix, il reposera une partie des morts et des blessés pendant les événements si pénibles… » […]
« Ici, un bras paraît, une voix se fait entendre : « le sang coule ! » En montrant du doigt le sang : « L’innocent meurt, le pasteur donne sa vie. » » […]« La croix m’apparut de toute beauté. Notre-Seigneur était comme s’il venait de mourir. La couronne d’épines sur Sa tête, les cheveux épars dans la couronne par-derrière, la tête penchée du côté du cœur. » Mais l’abbé Aladel, son confesseur, n’en tint pas compte. C’est pourquoi, elle lui écrivit peu après cette lettre :
« […] Je vous parle de cette croix, après avoir consulté le Bon Dieu, la Sainte Vierge et notre bon père saint Vincent, le jour de sa fête et tout l’octave où je me suis abandonnée toute à Lui, et le priai qu’Il m’ôte toute pensée singulière à ce sujet et à tant d’autres. Au lieu de me trouver soulagée, je me suis sentie de plus en plus pressée de vous donner tout par écrit. Ainsi par obéissance, je me soumets. Je pense que je n’en serai plus inquiétée. Je suis, avec le plus profond respect, votre fille toute dévouée au Sacré-Cœur de Jésus et de Marie. » Cette croix n’est, à ce jour, toujours pas érigée.
Lourdes
Les faits qui suivent n’ont rien de naturel ; jugez en : la flamme du cierge ne brule pas les mains de Bernadette. (ce fait est constaté dans d’autres apparitions) Depuis 1858, 70 personnes ayant bu de l’eau de Lourdes et prié la Vierge de Lourdes ont bénéficié de guérisons inexpliquées. Le corps de Bernadette Soubirous, la voyante, sera retrouvé longtemps après sa mort, non atteint par la corruption. Marie parle le patois pyrénéen de Bernadette. Enfin, Marie confirme le dogme de l’Immaculée conception reconnue par le pape en 1854, quatre ans plus tôt.
Champion
Parlons maintenant un peu des miracles qui accompagnèrent Adèle Brise, la voyante de Champion dans le Wisconsin (USA). Tout d’abord, il faut savoir que lorsque « les Sœurs » ne savaient plus comment nourrir les pensionnaires recueillis par la fondation d’Adèle, celle-ci les réunissait à la chapelle pour implorer le secours de Marie et, chaque fois, le lendemain matin, elles trouvaient à leur porte les provisions nécessaires qu’un bienfaiteur avait laissées là pendant la nuit.
En 1871, le climat avait été si sec que les incendies furent nombreux et très destructeurs. Ainsi, le 8 octobre 1871, un très violent incendie ravagea la zone proche du lieu de l’apparition ; c’est ce qu’on a appelé le grand feu de Peshtigo, dans le Wisconsin. Tout fut brûlé à l’exception de la chapelle en bois, de l’école et du couvent. Lorsque le feu menaça la chapelle, Adèle Brise refusa de partir et organisa une procession pour implorer la protection de Marie. Tout fut détruit à l’entour, mais le sanctuaire fut épargné ainsi que les personnes qui s’y étaient réfugiées.
Il y eut beaucoup d’autres miracles rapportés par Mgr Ricken, qui, après enquête, proclama le 8 Décembre 2010, les apparitions de Champion, « dignes de foi. »
Pontmain
L’apparition de Pontmain donne lieu à une véritable scénographie autour de la Vierge : la vierge est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or comme la voûte de l’église peinte ainsi en 1860. Les enfants décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame. A l’intérieur quatre bobèches* sont fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellent celles que l’abbé Guérin allumait sur l’autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854, à tous les offices de la paroisse. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur.
Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle. « C’est comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe ! », disent les enfants. Une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu’une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au dessus de la tête de la Vierge. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. Une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 8 h ½.
Au moment de l’examen de conscience, les enfants signalent la présence d’un voile blanc qui vient d’apparaître aux pieds de la Vierge et qui monte lentement en la cachant à leurs yeux. Le voile arrive à hauteur de la couronne, s’arrête un instant et, brusquement, tout disparaît : le voile, la couronne, l’ovale, les bougies et les trois étoiles.
D’aucuns attribueront à la Vierge l’arrêt de l’offensive Prussienne à Laval, le lendemain, et le retour, indemnes, de la guerre de 1870 de tous les « enfants » de Pontmain. Tout aussi inexplicable sera le miracle dont sera témoin un enfant de confession musulmane devant un tableau reproduisant la Vierge de Pontmain, à Bechouate au Liban, le 21 Août 2004.
* Bobèche : disque adapté aux chandeliers et destiné à recueillir la cire qui coule.
Gietrzwald
Selon les deux voyantes, deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. Deux autres anges amènent l’enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge.
Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange enfin surplombe la scène et indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente. Il s’agit de la seule apparition mariale dont la scénographie, triomphante, consacre Marie, Reine de la Terre et des cieux.
Fatima
L’Apparition de Fatima donne lieu à pas moins de cinq faits supra-naturels : des visions dont celle, effrayante, de l’Enfer, des prédictions, le message d’un ange, le miracle du soleil tournoyant (le plus exceptionnel phénomène supra naturel accompagnant une mariophanie) et enfin ce qu’on a appelé le secret de Fatima (en trois parties).
Des faits troublants entourent également Fatima ; par exemple Pie XII sera frappé par le fait qu’il a été ordonné évêque le 13 mai 1917, le jour même des premières apparitions. Mais c’est surtout Jean-Paul II qui est le plus intimement lié au sanctuaire de Fatima, où il s’est rendu à trois reprises. Pour le pape polonais, il était évident que, lors de l’attentat au pistolet contre lui du 13 mai 1981, « ce fut une main maternelle qui guida la trajectoire du projectile et le pape agonisant s’arrêta au seuil de la mort ».
Un an plus tard, le pape est à Fatima pour remercier la Vierge quand, une nouvelle fois, la mort le frôle : un intégriste en soutane noire se précipite sur lui, armé d’un poignard, hurlant : « Je t’accuse de détruire l’Église ! À mort Vatican II ! » Le forcené sera vite maîtrisé.
Des visions
La Vision de l’enfer
« En disant ces paroles, la Vierge ouvrit de nouveau les mains comme lors des deux mois passés. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes quelque chose comme une mer de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes ressemblaient à des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant forme humaine, qui flottaient dans le brasier, portées par les flammes qui sortaient d’elles, avec des nuages de fumée tombant de tous côtés, ressemblant à la chute des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir, qui horrifiaient et faisaient trembler d’effroi. Les démons se distinguaient par des formes horribles et sordides d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des braises de charbons noirs. »
Les visions de saint Joseph et de l’enfant Jésus.
« Notre-Dame une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant-Jésus paraissaient bénir le monde avec les gestes en forme de croix qu’ils faisaient de la main. Peu après, une fois dissipée l’image de cette apparition, je vis Notre-Seigneur et Notre-Dame (qui pour moi ressemblait à Notre-Dame des Douleurs). Notre-Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph. Cette apparition s’évanouit à son tour et il m’a semblé voir de nouveau Notre-Dame sous une forme proche de Notre-Dame du Carmel.»
Des prédictions : la deuxième guerre mondiale
A Fatima, la Vierge annonce la fin de la première guerre mondiale (1914/18) et l’arrivée de la seconde, avant de conclure : « Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI en commencera une autre, pire encore », aurait prévenu la Vierge, alors même que le pontificat de Benoît XV n’est pas encore fini. « Finalement, mon Cœur immaculé triomphera…Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. »
L’ange de Fatima
Les apparitions de la Vierge ont été précédées de trois apparitions d’un ange, en 1915 et 1916. Cet ange qui s’est présenté aux voyants sous le titre de « l’ange du Portugal » invite les enfants à prier et leur enseigne une prière : la prière de l’ange de Fatima. Cette « prière » est composée de deux courtes phrases. « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas. » D’autres prières rapportées par les enfants, et qu’ils ont dit être communiquées par la Vierge Marie, sont parfois associées ou confonduesavec la prière de l’ange.
Le miracle du soleil tournoyant
Lors de la 3e apparitions (le 13 juillet 1917), Lucia demande à la dame « un miracle » pour que les gens croient à ses apparitions. La dame promet un miracle pour le mois d’octobre. Lors de la 5e apparition, le 13 Septembre, 30 000 personnes entourent les « voyants ». La « dame » promet à nouveau un « miracle » pour la prochaine rencontre le 13 octobre.
Il se produit alors dans le ciel un phénomène lumineux appelé par la suite « le miracle du soleil » ou la « danse du soleil ». Parmi les observateurs il y a des universitaires et des non-croyants. Tous attestent d’un phénomène « non explicable ». Le Miracle du soleil, ou la danse du soleil, est le nom donné au phénomène solaire observé à Fátima, dans le cadre des apparitions mariales de Fátima le 13 octobre 1917. Cet événement a été observé par plus de 30 000 personnes (les estimations varient de 30 à 100 000) pendant environ 10 minutes à Cova da Iria, près de Fátima au Portugal. Le 13 octobre 1930, l’Église catholique a qualifié cet événement de miracle.
Ce phénomène a donné lieu à une nombreuse littérature cherchant à expliquer son origine. Différentes hypothèses ont été émises : phénomènes solaires, hallucination collective, problème rétinien (dont rétinopathie), jusqu’à l’apparition d’un objet volant non identifié. Des films se sont également inspirés (ou ont évoqué) cet événement historique.
Le pape Pie XII aurait bénéficié de la même vision.
Le secret de Fatima, en trois parties.
Fatima est sans aucun doute la plus prophétique des apparitions modernes. La première et la deuxième parties du « secret » concernent avant tout la vision épouvantable de l’enfer, la dévotion au Cœur immaculé de Marie, la deuxième guerre mondiale, ainsi que la prédiction des très graves dommages que la Russie, abandonnant la foi chrétienne et adhérant au totalitarisme communiste, devait apporter à l’humanité. Quant au troisième secret, une indication pour l’interprétation de la troisième partie du « secret » avait déjà été donnée par Sœur Lucie (une des voyantes de Fatima) dans une lettre au Saint-Père le 12 mai 1982. Dans cette dernière, elle écrivait : « La troisième partie du secret se réfère aux paroles de notre-Dame : “Sinon la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites” (13-VI-1917).
Sœur Lucie écrit : « La troisième partie du secret est une révélation symbolique, qui se réfère à cette partie du Message, conditionné par le fait que nous acceptions ou non ce que le Message lui-même nous demande : “si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, etc…”. Comme nous n’avons par tenu compte de cet appel du Message, nous constatons qu’il s’est réalisé : la Russie a inondé le monde de ses erreurs. Et si nous ne constatons pas encore la réalisation totale de la fin de cette prophétie, nous voyons que nous nous y acheminons peu à peu à grands pas, ….si nous ne renonçons pas au chemin de péché, de haine, de vengeance qui viole les droits de la personne humaine, d’immoralité et de violence, etc.
Et ne disons pas que c’est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu’il nous a donnée ; c’est pourquoi les hommes sont responsables.
Action de Dieu, Seigneur de l’histoire, et co-responsabilité de l’homme, dans sa dramatique et féconde liberté, tels sont les deux pivots sur lesquels se construit l’histoire de l’humanité.
La Vierge Marie apparue à Fatima nous rappelle que l’homme a une part active et responsable dans l’Avenir de l’humanité, tel qu’il se construit, même si Dieu reste bien « Le Seigneur de l’Histoire !»
Beauraing
Rien d’extraordinaire à signaler à l’exception de la mariophanie elle même, mais Fernande Voisin, l’aînée, bénéficiera d’une solennité plus grande de la vision, qui sera accompagnée d’un coup de tonnerre et d’une boule de feu d’où la dame surgira.
Banneux
La Dame flotte à quelques centimètres au dessus du sol. Une lumière éclatante l’enveloppe. Au troisième chapelet, il cesse subitement de pleuvoir.
L’Île Bouchard
Les voyantes y notent la présence d’un ange : « A sa droite (de la Vierge) un peu plus bas, un ange au regard bleu, avec des ailes « couleur de lumière », parle et se présente comme l’ange Gabriel. Sans doute celui de L’Annonciation. C’est à l’île Bouchard également que la Vierge acceptera de montrer à tous sa présence, à travers un trait de lumière vif traversant toute la nef de l’église.
Betania
Toute petite, María Esperanza se révéla très pieuse, et à cinq ans elle eut sa première vision avec sainte Thérèse de Lisieux, qui lui donna une rose rouge. La surprise de sa mère fut d’autant plus grande qu’il n’y avait pas de roses là où ils habitaient.
Maria Esperanza sut que le terrain dont lui avait parlé la Vierge pour y bâtir son sanctuaire était le bon lorsqu’elle l’a reconnu à partir d’une description précise que lui en avait fait la Vierge.
Il est plus qu’une coïncidence que ce lieu se soit appelé « Bétanie* », un lieu qui signifie quelque chose dans les Evangiles. Des 31 apparitions de la Vierge à Maria à Betania, on dispose, finalement, de peu d’informations par rapport à d’autres. La date du 8 Décembre, jour de l’immaculée conception, joue un rôle particulier dans la vie de Maria Esperanza.
* Béthanie
Béthanie est le village de Judée où les amis de Jésus, Marthe, Marie et Lazare possédaient une de leurs résidences. Selon l’évangile attribué à Jean, il était situé à « quinze stades » de Jérusalem (Jn 11:18) il semble être l’endroit où Jésus aimait se retirer lorsqu’il souhaitait s’éloigner des évènements de Jérusalem. C’est à Béthanie qu’est situé l’événement symbolique appelé la résurrection de Lazare et que Simon le Lépreux reçut Jésus chez lui. Il ne faut pas confondre ce lieu avec celui appelé Béthanie-au-delà-du-Jourdain où Jésus et Jean le Baptiste se rencontrent pour la première fois selon l’évangile attribué à Jean.
Des expériences mystiques ; La voyante Maria Esperanza est une mystique dotée de dons extraordinaires. Dès son enfance Maria Esperanza connaît des expériences mystiques : visions de sainte Thérèse et de Jésus à l’âge de 5 ans, guérison miraculeuse, à douze ans, d’une pneumonie qui l’avait paralysée. En outre, elle aurait été privilégié de dons mystiques : stigmates, extases, lévitation, prophétie, lecture des cœurs.
Visites de padre Pio, en bilocation ; Fille spirituelle de saint Padre Pio, celui-ci lui aurait rendu de nombreuses visites en bilocation. Le 23 Septembre 1968, Patre Pio lui est apparu et lui a dit : « Esperanza, je viens faire mes adieux, mon temps est arrivé. » Elle apprit que Padre Pio* était mort le même jour.
Des phénomènes extraordinaires ; certains de ses beaux-fils diront aussi avoir vu, chez Maria Esperanza, se manifester des choses passant l’entendement humain : des hosties apparaître sur sa langue, des multitudes de pétales de roses sortir de ses vêtements et d’autres phénomènes incroyables attestés par des médecins. Un de ces phénomènes aurait été filmé par une journaliste de Venevison, chaîne de télévision de Caracas.
* Padre Pio
Est le nom d’un capucin et prêtre italien né Francesco Forgione, le 25 mai 1887 à Pietrelcina (province de Bénévent, en Campanie, Italie), mort le 23 septembre 1968 à San Giovanni Rotondo (province de Foggia dans les Pouilles en Italie). Il avait pris le nom de Pie (en italien Pio), en hommage au pape Pie V, quand il rejoignit l’ordre des frères mineurs capucins. Il fut connu pour être le premier prêtre et l’un des rares hommes à qui la tradition attribue des stigmates, bien que l’origine miraculeuse de ces plaies soit sujette à polémique. Il a été canonisé par l’Église catholique romaine le 16 juin 2002 sous le nom de Saint Pio de Pietrelcina.
Kibeho
Les témoins entendent la voyante parler français, anglais, kinyarwanda et d’autres langues inconnues.
Le 16 janvier 1982, Alphonsine Mumureke aurait eu la vision d’un champ de fleurs très variées, plantées par la Vierge, qui l’aurait invitée à aller se promener ensemble à travers ce champ.
Le 20 mars 1982, Alphonsine fait un « voyage mystique ». Elle était comme plongée dans un sommeil très profond. Les autres avaient de sérieuses difficultés à la bouger, encore plus à la soulever ou à desserrer ses mains jointes. Cette lourdeur a beaucoup étonné. Alphonsine raconte : « J’ai entendu la sainte Vierge m’appeler, et j’ai répondu à son appel. […] Nous sommes parties et nous avons abouti à un endroit vraiment horrible : il y avait des gens d’un air lugubre, en train de se disputer et de se battre sans cesse. Et puis nous avons continué à monter et nous sommes arrivés dans un autre endroit. Là, il faisait moins obscur mais horrible tout de même, jusqu’à un certain degré.
Les gens n’avaient pas l’air aussi lugubres que les premiers, néanmoins, ils souffraient beaucoup tout en se tenant pieusement avec les yeux tournés vers en-haut et pleins de tristesse. Enfin, continuant toujours à monter, nous sommes arrivés à un endroit magnifique, où il y avait une lumière excellente comme celle que projette notre soleil habituel. Alors je lui ai demandé comment s’appelait ce lieu-là, et elle me répondit : « C’est la demeure de ceux qui ont un cœur de lumière. Là où les hommes souffrent, mais se tiennent pieusement avec les yeux tournés vers le haut, c’est chez ceux qui seront comptés parmi les Elus. Par contre, là où tu as vu des gens qui ne faisaient que se battre, il s’agit de ceux qui connaîtront éternellement des tourments, sans espérer obtenir le pardon. Entre temps, j’entendais continuellement de très belles voix lointaines qui chantaient, mais sans que je puisse voir de qui elles provenaient. […] Lui ayant demandé pourquoi elle m’avait emmené là, Elle me répondit :
« Puisque tu as vu ces trois catégories, je peux espérer que tu feras ton possible pour attirer les hommes dans le bon chemin. De plus, je te les ai montrées afin que tu apprennes que la meilleure vie est celle qui viendra, après que l’homme aura quitté la terre.» D’autres apparitions ont suivi, notamment le 15.08.82, avec les autres voyantes.
Livre de Mgr Augustin MISAGO, « Les apparitions de Kibeho au Rwanda« , Facultés catholiques de Kinshasa, 1991, p. 21-38. 88-91 et 94-104. Extraits par F. Breynaert.
Anticipation du génocide de 1994
Au cours des visions, les trois jeunes filles ont reçu différents messages. Le 15 août 1982 les voyantes assistent à ce qui a été interprété comme la préfiguration de la tragédie de 1994 : « Alors que la Dame était en pleurs, on vit alors un fleuve de sang, des personnes qui s’entretuent, des cadavres abandonnés sans sépulture, un arbre entièrement en feu, un gouffre béant, un monstre, des têtes décapitées ».
Ces visions reviendront dans différentes apparitions, notamment à Nathalie. Pour l’Eglise catholique, ces visions se sont avérées prophétiques au vu du génocide vécu au Rwanda en 1994. A Kibeho même, 11 000 personnes vont être massacrées, et pour la plupart, dans l’église paroissiale. Marie Claire, la troisième présumée voyante, trouvera aussi la mort dans le génocide.
Autres faits extraordinaires : il est arrivé qu’il pleuve pendant les apparitions : la foule était mouillée mais pas les voyantes !
Il y eut également des visions d’une grande hostie, et des visions du soleil dansant comme un disque. Cela s’est renouvelé au moins 5 fois.
Au titre des faits supra-naturels, il faut noter les jeûnes : lorsque la Dame le leur demande, pendant plusieurs semaines, les jeunes filles ne vont recevoir que la communion pendant la messe et quelques fois un peu d’eau bénite. A ce sujet, il faut noter le jeûne extraordinaire de Nathalie pendant le Carême de 1983, suivi de très près par une équipe de médecins de l’Université Nationale du Rwanda.
Les apparitions aux trois voyantes s’accompagnent de phénomènes auxquels la science ne peut pas apporter d’explications. Notamment lorsque les jeunes filles sont en extase devant le soleil pendant plus d’une heure, sans que leur rétine ne soit brûlée. Un autre phénomène reste mystérieux : au moment des extases, les jeunes voyantes prennent du poids et sont impossibles à soulever. Deux médecins de la commission médicale tenteront de soulever Alphonsine pendant une apparition, sans succès.
Dans d’autres visions cependant, la Vierge apparaît souriante et invite les hommes à l’aimer comme une mère empressée auprès de ses enfants : «Il ne faut pas avoir peur de sa maman ! » Dit-elle.
San Nicolas de los arroyos
Comme les enfants de l’Île Bouchard, la voyante a pu toucher Marie et sentir la chaleur de son corps.
Gladys Quiroga précise que pendant les apparitions, elle sent un intense parfum de roses.
À partir du vendredi 16 novembre 1984, la voyante dit subir tous les vendredis les souffrances de la Passion du Christ, dont les stigmates.
Le 4 juin 1991, dans un songe, elle perçoit l’endroit où se localiserait une source miraculeuse comparable à celle de Lourdes, devenue aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour de nombreux malades. De nombreuses guérisons ont été enregistrées par le diocèse de San Nicolas dans le cadre de l’enquête de la reconnaissance des apparitions.
Marie, dans une apparition subséquente, a donné à Gladys un chapelet blanc et lui a dit : « Recevez ce Rosaire de mes mains et gardez-le pour toujours et à jamais. Vous êtes obéissante ; J’en suis heureuse ; réjouissez-vous car Dieu est avec vous. »
La Vierge Marie a également demandé à Gladys d’aller chercher une statue qui avait été bénie par un Pape et qui avait été oubliée dans le clocher d’une église. Elle a trouvé la statue le 27 novembre 1983. Elle était dans le clocher de la cathédrale du diocèse. La statue en question était la Mère de Dieu tenant l’Enfant Jésus. Elle avait été apportée de Rome après avoir été bénie par le Pape Léon XIII. La statue ressemblait à la Vierge de l’apparition. Dès lors, cette statue est l’objet de vénération.