Commentaire de synthèse

Les personnes à qui Marie fait cadeau de sa visite ont des caractéristiques bien précises, aptes à satisfaire les exigences de la Vierge :

Pauvreté et humilité sont les deux conditions de base,

….puisque comme la Vierge l’a répété souvent : elles doivent être ses messagers, donc ne posséder aucune instruction ou orgueil qui fasse obstacle à cette transmission. Dieu ne l’a-t-il pas elle même choisie parce qu’elle faisait partie de ces « petits » qu’Il aime tant ?

La plupart affirmera n’avoir été que des instruments !

Dans leur très grande majorité, les voyants sont des enfants ou des pré-adolescents ; on suppose que c’est l’innocence des enfants que la Vierge recherche. Mais innocence n’est pas religiosité ; il n’est pas nécessaire qu’ils soient de grands assidus de la pratique religieuse ; d’ailleurs, un certain nombre d’entre eux n’aura pas une vie exemplaire et ne finira ni religieux, ni prêtre.

Les exemples de Lourdes et Fatima nous portaient à croire que les voyants ou voyantes étaient tous appelés à la sainteté ; ceci est une exception !

D’autres caractéristiques échappent  à notre compréhension : alors que l’Eglise compte beaucoup de grands papes et de grands saints, la grande majorité des voyants sont des voyantes. Dans notre étude, on ne compte que 7 hommes ou garçons pour 28 femmes et jeunes filles sur un total de 35 voyantes et voyants. Ces voyantes et voyants sont tous issus de milieux modestes, voire pauvres, et leur vie est souvent jalonnée de drames divers et variés : perte d’un parent, maladie, accident, handicaps divers.

La survenance de la Vierge dans leur vie accroit souvent leurs souffrances :

Vexations d’une partie du clergé, des médias, de la population, mépris et calomnie ; Ida Peerdeman admettra vivre un long calvaire de l’âme et du corps ; parce que, non seulement la Vierge bouscule leur vie, mais demande à certaines de souffrir et s’offrir en victime afin de « sauver les âmes des pécheurs » et participer, avec elle, à retenir le bras du Père, courroucé par la conduite des hommes.

Tout ceci les oblige à s’isoler jusqu’à vivre une profonde solitude ;

Certains perdent pied, à l’exemple des deux voyants de la Salette : Maximin Giraud et Mélanie Galvat. Luz Amparo Cuevas de L’Escorial perd son fils brutalement, est victime d’une  attaque qui la laisse presque morte et doit affronter de violentes oppositions. Un certain nombre a des visions : du ciel, du purgatoire, de l’enfer, des anges, de Jésus enfant et de son Père Joseph, de l’archange Gabriel….

Certaines visions sont de nature apocalyptique ou eschatologique

(concernant les fins dernières ou la fin du monde) Lucia dos Santos, une des voyantes de Fatima aura, après coup, le bénéfice d’une vision trinitaire connue sous le vocable de « la vision de Tuy ».

Ces visions ont parfois valeur de prédiction,

….comme le génocide qui se produira au Rwanda en 1994, ou les nombreux évènements annoncés par anticipation, par Marie, à Ida Peerdeman.

D’autres voyantes, un plus petit nombre encore, réalisent des voyages mystiques avec la Vierge, 

….comme Ida Peerdeman à Amsterdam et les jeunes filles de Kibeho ; et leur font ressentir des sensations de forte douleur ou de joie.

Certaines voient leur affection guérie

….comme Agnès Sasagawa à Akita et Maria Esperanza à Betania ;

La Vierge apparaît à des enfants ou des adolescents

….à l’exception de Katsuko Sasagawa (42 ans) Marie claire Mukangango, (21 ans) Gladys Quiroga de Motta (46 ans) et Luz Amparo Cuevas (50 ans)

Les voyants sont tous des voyantes à l’exception de Juan Diego Cuauhtlatoatzin, à Tepeyac, du petit François Marto (Fatima)

….qui mourra jeune, Albert Voisin à Beauraing, Maximin Giraud à La Salette, Eugène Barbedette et son frère, à Pontmain. 

L’âge des voyantes a une incidence sur le niveau de complexité des « messages » de la Vierge et du Christ et sur la durée des « phénomènes ».

La durée de la « relation avec la Vierge » ou des « phénomènes », la plus longue, est celle du Laus (54 ans), suivie par celle de Betania (50 ans) ; celles d’Amsterdam (14 ans / 30 ans avec les expériences eucharistiques) et de L’Escorial (22 ans) suivent. Viennent ensuite celles de Kibeho et de San Nicolas (8 ans chacune) et enfin celle d‘Akita (6 ans) 

En cas de multiplicité de voyantes ou voyants, l’un ou l’une  joue le rôle d’interlocuteur principal :

Lucia dos Santos pour Fatima, Andrée Degeimbre pour Beauraing, Jacqueline Aubry pour L’Île Bouchard, Alphonsine Mumureke pour Kibeho. 

Les voyantes et voyants sont issus de milieux reflétant leur époque 

Pauvres et ruraux au début, puis père ouvrier, employé de gare, marchand de tissus, pâtissier ; leurs parents ne sont pas forcément des pratiquants convaincus.

Beaucoup auront à souffrir de l’incrédulité face à leurs récits,

Des récits « dépassant l’imagination », y compris auprès de leur famille. Gilberte Degeimbre, dans sa vidéo, avoue que l’incrédulité de sa mère lui était « horrible ». 7 seulement étaient ou deviendront religieuses. D’autres se marieront et fonderont une famille ; certaines connaîtront des problèmes conjugaux et l’une ne sera même plus très pratiquante : avoir vu la vierge ne constitue pas la garantie d’une vie idéale, pas plus qu’elle ne préserve des maux de la vie.

Parmi toutes ces voyantes et voyants, quelques unes bénéficient de dons particuliers et vraiment extraordinaires,

….Certaines toutes jeunes, mais elles auront aussi beaucoup à souffrir, toute leur vie. Rappelons nous que la souffrance offerte en réparation des « âmes des pécheurs » est souvent rappelée par la vierge comme constitutive d’une grâce ; ce qui, bien sûr, confine à l’absurde pour le commun des mortels. Pour certaines, les apparitions les accompagneront plusieurs années  et certaines auront même la chance de recevoir des messages de Jésus ou de vivre des « expériences eucharistiques ».

Certaines de ces voyantes, souvent les mêmes, sont l’objet de manifestations sataniques.

Celles qui nous ont le plus impressionné sont : Benoite Rencurel, Catherine Labouré, Ida Peerdeman, et Maria Esperanza. Cette dernière connaîtra des expériences mystiques à 5 ans, des stigmates, des extases, des expériences de lévitation, de transfiguration, de bilocation avec le Padre Pio, émettra des prophéties, lira dans les cœurs, verra une hostie saigner…. 

Quatre voyantes « vraiment » extraordinaires

Parmi ces 35 voyantes et voyants, quatre cas, à côté de celui, très connu en France de Bernadette Soubirous (Lourdes), méritent vraiment notre attention : il s’agit de Benoite Rencurel (Apparition du Laus), de Catherine Labouré (rue du Bac à Paris), d’Ida Peerdeman à Amsterdam et de Maria Esperanza medrano de Bianchini, à Betania.

Une caractéristique commune les unit : l’apparition de la Vierge n’est pas pour elles un accident ; elles ont été véritablement « élues » toutes jeunes, à devenir et être, toute leur vie,  l’instrument des messages de la Mère de Dieu et parfois de son Fils dans une relation qui a duré des dizaines d’années (sauf pour Catherine Labouré). Difficile d’établir un classement parmi toutes les voyantes et voyants. Sans compter que Marie ne le partagerait sans doute pas ! 

Benoite Rencurel (Le Laus) 

Benoîte Rencurel (Saint-Étienne d’Avançon, 16 septembre 1647- 28 décembre 1718) messagère de la réconciliation. C’est dans un hameau des Alpes à Saint-Étienne-le-Laus, où quelques familles à peine vivaient au XVIIe siècle, que Benoîte Rencurel voit le jour le 16 septembre 1647. Elle sera baptisée le lendemain dans l’église paroissiale. La pauvreté des Rencurel devient une profonde misère à la mort du père de familleen 1654 ; Benoîte, alors âgée de sept ans, est chassée avec les siens du logis où elle avait passé ses premières années.

Benoite Rencurel

Elle doit bientôt gagner son pain comme gardienne de troupeaux. À partir de l’âge de douze ans, elle travaille chez deux maîtres : Jean Roland, cultivateur brutal que Benoîte convertit par sa douceur et Louis Astier, homme de bien. 

Avant de commencer à parcourir les montagnes avec ses troupeaux, elle avait demandé à sa mère un chapelet. Ne sachant ni lire ni écrire, elle prie à longueur de journées. Simple et pleine de vie, elle est proche des gens de son village et n’hésite pas à donner sa nourriture aux enfants plus pauvres qu’elle.

Mai 1664 : après avoir entendu une homélie de son curé, Benoîte ressent le profond désir de rencontrer la Mère de miséricorde.  Peu après, saint Maurice lui apparaît et lui annonce que son vœu sera exaucé. 


Le martyre de saint Maurice, tableau maniériste représentant le saint barbu
Par El Greco — Colecciones reales, Patrimonio Nacional de España., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2317311

À partir du lendemain, une « belle dame » lui apparaît quotidiennement pendant quatre mois au Vallon des fours, à proximité de Saint-Etienne. Puis, sur les indications de la Vierge, Benoite se rend au hameau du Laus tout proche et trouve une chapelle, la chapelle de Bon-Rencontre, grâce aux parfums qui s’en dégagent.

La Vierge confie à Benoîte la mission de faire construire une église et une maison pour les prêtres afin qu’ils reçoivent et confessent les pèlerins.  Benoîte remplit auprès d’eux son ministère d’accueil, de prière et de pénitence. Ayant reçu le don de pouvoir lire dans les consciences, elle éclaire leur démarche de conversion et les envoie vers les prêtres, émerveillés par la qualité des confessions. Les guérisons et les conversions sont très nombreuses.

Entièrement vouée à sa mission, Benoîte vient résider à plein temps au Laus en 1672.  Pendant 50 ans, Marie continue d’apparaître à Benoîte pour la soutenir dans son apostolat et poursuivre son éducation. Recouvrant la chapelle de Bon-Rencontre, l’église est édifiée entre 1666 et 1669. Le jour de sa bénédiction, Benoîte devient membre du tiers-ordre de saint Dominique, d’où le titre de « sœur Benoîte » qui lui sera donné.

Benoîte meurt le 28 décembre 1718, en la fête des saints Innocents, laissant la réputation d’une sainte dont la vie fut entourée de faits merveilleux. Elle aura vécu jusqu’à 71 ans malgré de cruelles souffrances et les plus grandes austérités. Elle subira aussi une mise à l’écart par des prêtres de tendance janséniste pendant 20 ans. Benoîte a d’abord été enterrée au cimetière du Laus qui, alors, jouxtait l’église. Son corps fut ensuite déposé dans le caveau actuel dans le chœur même de la basilique. Benoîte Rencurel a été reconnue « vénérable » par le pape Benoît XVI, le 3 avril 2009

Chapelle de Bon Rencontre, à l’intérieur de l’église Notre Dame du Laus
Par moi-même — Travail personnel, GFDL, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7948698

Benoîte Rencurel et Jean-Marie Vianney : d’étonnantes similitudes…

D’après le site Notre Dame du Laus.

La flamme qui les consumait tous deux provenait de l’humilité et de la pureté de leur cœur. Les Manuscrits du Laus ne nous rapportent-ils pas régulièrement la douceur de Benoîte, sa modestie, sa simplicité et sa charité sans borne ?

Le saint curé d’Ars, lui, vivait l’humilité comme « le grand moyen pour aimer Dieu». Tous deux puisaient leur force dans une prière incessante. Marie encourageait Benoîte à « prier continuellement pour les pécheurs », tandis que Jean-Marie Vianney vivait la prière telle une union intime « où Dieu et l’âme  sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble, qu’on ne peut plus séparer».

Le sacrement de l’Eucharistie était au cœur de leur vie. Marie encourage Benoîte à« s’approcher fréquemment du sacrement de l’Eucharistie». Le curé d’Ars disait que « celui qui communie se perd en Dieu comme une goutte d’eau dans l’océan». Mais ce qui constitue leur plus grand point commun, c’est évidemment leur amour pour le sacrement de la confession. Saint Jean-Marie Vianney vivait la miséricorde avec une telle profondeur qu’il voulait la répandre sur toutes les âmes : 

« la miséricorde est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage. » Benoîte manifestait une même ardeur  à l’égard de ce sacrement: «  que la confession est admirable! »,« elle est un lavoir et la plus belle préparation au sacrement de l’Eucharistie. » Ouvriers infatigables de la miséricorde, le curé d’Ars et Benoîte Rencurel attirent toujours du haut du ciel, de nombreux pèlerins aux sources de la grâce.

Prêtre et tertiaire dominicaine: deux vocations pour une même mission

Jean Marie Vianney

Ils ont tous deux reçu du Seigneur un appel à servir sa miséricorde dans le sacrement de la réconciliation. Doués d’un charisme (=don) de lecture des consciences, ils aidaient les pécheurs à faire la vérité sur leur vie et à recevoir en plénitude les fruits de ce sacrement. Cependant, c’est de manière tout à fait unique qu’ils ont œuvré. Benoîte servait de médiateur entre le prêtre et le pénitent.

Dans son être de femme, elle incarnait en quelque sorte cette maternité de Marie, qui conduit avec douceur des enfants à leur père : « ce qui est de singulier chez cette fille, ce n’est pas seulement de connaître l’intérieur des cœurs, c’est de les toucher et de les porter à un véritable repentir de leurs péchés et à se bien confesser… » Le curé d’Ars, quant à lui, est la figure du Christ, bon pasteur, qui va lui-même à la recherche de sa brebis perdue. C’est ainsi qu’il mène les pécheurs à la miséricorde infinie de Dieu le Père : « Donnons cette joie à ce bon Père : revenons à lui… et nous serons heureux. »

Un combat victorieux

Saint Jean-Marie Vianney et Benoîte Rencurel ont fait l’expérience d’un difficile combat spirituel, traversant de grandes tentations. Ils ont aussi subi des attaques physiques de la part du démon. Celui-ci disait à Benoîte : « tu es la cause que je perds tant d’âmes». Il attaquait le saint curé lorsqu’un grand pécheur s’acheminait vers Ars pour se confesser. Mais tous deux ont combattu, manifestant la victoire de la Résurrection,  par leurs incessants actes de foi, d’espérance et de charité.

Deux lieux proches et semblables

Ars – Notre-Dame du Laus, c’est trois heures de route. Avec les moyens de transports actuels, Ars peut être considéré comme « voisin » du Laus. Nombreux sont les pèlerins qui, dans leur quête spirituelle, associent ces deux sanctuaires dans un même périple. Ils y retrouvent, bien que de façon différente, un même climat de paix et de sérénité, pour recevoir les insondables richesses de la miséricorde de Dieu.

La basilique d’art
Par Paul C. Maurice — [1], CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6900711

Voir le site internet du sanctuaire d’Ars: arsnet.org

Jean-Marie Vianney, dit le Curé d’Ars ou le saint Curé d’Ars, né le 8 mai 1786 à Dardilly (près de Lyon), et mort le 4 août 1859 à Ars-sur-Formans (Ain), est un curé français vénéré par l’Église catholique. Il fut le curé de la paroisse d’Ars (alors Ars-en-Dombes, aujourd’hui Ars-sur-Formans) pendant 41 ans. Il est nommé patron de tous les curés de l’Univers par le pape Pie XI en 1929. On avait annoncé en 2009 qu’il serait nommé patron de tous les prêtres du monde par Benoît XVI, mais on publia en 2010 que le pape avait changé d’avis.

Catherine Labouré (rue du Bac à Paris) 

Catherine Labouré, en religion, sœur Catherine de la charité, est née le 2 mai 1806 et décédée le 31 décembre 1876 à Paris. Catherine est née à Fain-lès-Moutiers en Bourgogne, huitième des dix enfants du fermier Pierre Labouré et de son épouse Louise Gontard qui meurt le 9 octobre 1815.

Ayant perdu sa mère à l’âge de neuf ans, Catherine, que sa famille appelle Zoé, développe une affection particulière pour la Vierge Marie. Étant donné les circonstances familiales, elle est placée chez sa tante avec sa sœur cadette Tonine, puis à douze ans, après sa communion reçue le 25 janvier 1818, elle revient à la ferme de son père où elle s’occupe du ménage, de la cuisine et des bêtes (traite des vaches, nourrissage des porcs et des 800 pigeons), si bien qu’elle ne va pas à l’école.

Adolescente, elle désire, comme sa sœur aînée Marie-Louise, entrer chez les Filles de la Charité à la suite d’un rêve la faisant rencontrer un vieux prêtre qui l’encourage dans cette voie. Une cousine se propose de prendre Catherine à Châtillon-sur-Seine dans un pensionnat réputé qu’elle dirige et où elle apprend à lire et écrire. Elle est confirmée dans sa décision de devenir religieuse lorsqu’elle découvre dans la maison des sœurs de la Charité, à Châtillon-sur-Seine, un tableau de Vincent de Paul, qui a fondé cet ordre, en qui elle reconnaît le vieux prêtre.

Portrait de saint Vincent de Paul : le nez empâté, la barbe et la moustache courtes, il porte sa robe et sa calotte noire bien connue[1]
Par Simon François de Tours (1606-1671) — http://www.allposters.com/gallery.asp?startat=/getPoster.asp&CID=F0F59087B76D4AFCA74A54D555BB2908&frameSku=1587925_4986398-10564426, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14610797

Son père, qui désire la marier et la détourner de ce choix, l’envoie travailler à Paris, où un de ses frères tient une cantine pour ouvriers. Elle y découvre la misère du peuple, ce qui l’incite d’autant plus, à 18 ans, à entrer chez les religieuses de Saint Vincent de Paul.

Après trois mois de discernement à la maison des sœurs de la Charité, à Châtillon-sur-Seine, elle commence son noviciat le 21 avril 1830 à la maison-mère située rue du Bac à Paris. Le 30 janvier 1831, elle prend l’habit et prononce ses vœux. Elle est envoyée le 5 février 1831 à l’hospice d’Enghien qui recueille les vieillards, notamment les anciens serviteurs de la Maison d’Orléans.

Saint Catherine Labouré (1806-1876), Marian visionary
Par Unidentified photographer — http://www.stcatherinelaboure.ie/images/St%20Catherine/St_Catherine_2.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9949292

L’hospice est situé dans le village de Reuilly au sud-est de Paris ; elle y reste jusqu’à la fin de sa vie. Cette fille de paysan y fait preuve d’un caractère affirmé, voire un peu fruste, s’occupant également de la ferme de l’hospice, nourrissant les volailles et nettoyant l’étable. « Elle passait inaperçue » dira d’elle une religieuse. Pieuse, elle est également sujette à des visions ou à des prémonitions qu’elle ne révèle qu’à son confesseur et à sa supérieure. Sa vie entière sera marquée par un profond silence.

En 1870-1871, Catherine, comme tous les Parisiens, subit le siège de Paris par les troupes prussiennes, la famine puis les troubles de la Commune de Paris au cours de laquelle, dit-on, des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent. Catherine Labouré meurt le 31 décembre 1876, quarante-six ans après ses visions, sans jamais avoir révélé son secret à d’autres qu’à son directeur spirituel.

À l’occasion de sa béatification par le pape Pie XI le 28 mai 1933, son corps est exhumé de son cercueil constitué d’une bière en sapin emboîtée dans une caisse de plomb, le 21 mars 1933. Le corps est retrouvé en parfait état (personne myroblyte). Il est nettoyé, mis en habit de religieuse (avec notamment la cornette blanche aux larges ailes) et placé dans une châsse en bronze doré, dans la chapelle de la Médaille miraculeuse au no 140 de la rue du Bac à Paris.

Le corps de sainte Louise de Marillac, première supérieure des Filles de la Charité, repose aussi rue du Bac, à deux pas de la chapelle des Lazaristes où est exposé le corps de saint Vincent de Paul. Catherine Labouré est canonisée le 27 juillet 1947 par le pape Pie XII. Elle est fêtée localement le 25 novembre ou le 28 novembre.

Retrato de Santa Luisa de Marillac, Co-Fundadora de las Hijas de la Caridad.Par Inconnu — stvincentimages.cdm, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=35170945

Ida Peerdeman (Amsterdam) 

Ida Peerdeman naquit à Alkmaar, aux Pays-Bas, le 13 août 1905 ; c’était la dernière d’une famille de cinq enfants. La petite fille fut baptisée dans la paroisse Saint-Joseph, sous le nom de Isje Johanna, mais on l’appellera simplement Ida.

Peu de temps avant que n’éclate la Première Guerre mondiale, la famille Peerdeman déménagea à Amsterdam. Ida n’avait que huit ans et sa maman mourait, à l’âge de 35 ans, des suites d’un accouchement, ainsi que l’enfant qu’elle venait de mettre au monde. L’épreuve frappa durement toute la famille. Dorénavant ce fut l’aînée, Gesina, qui tint la place de la maman, car le papa, marchand de tissus, devait, pour ses affaires, voyager beaucoup et sillonner de long en large la Hollande. Gesina, qui n’avait que seize ans, dut renoncer à son désir de devenir infirmière.

Ida Peerdeman, jeune

On a raconté que la jeune Ida manifestait une certaine indépendance ; cependant elle s’entendait bien avec son frère Piet qui la comprenait, lui parlait et la consolait quand elle était triste. Dans la famille Peerdeman, tout le monde assistait à la messe du dimanche et on priait avant les repas. En fin de semaine, la petite Ida allait se confesser dans l’église des Dominicains, auprès du Père Frehe qui deviendra son directeur spirituel.

Pourtant, Ida n’était pas une jeune fille comme les autres et avait déjà été « choisie » : cet après-midi du 13 octobre 1917, un samedi du mois du Rosaire, qui fut aussi le jour du miracle du soleil de Fatima, Ida a douze ans lorsqu’elle aperçoit la Vierge pour la première fois. 

Après s’être confessée, Ida retourne à la maison. Elle est alors témoin d’un fait merveilleux. Au bout de la rue, elle voit une lumière extraordinaire et, dans cette lumière, apparaît une dame qui lui fait penser à une femme juive. Ce jour-là, son père étant à la maison, Ida lui raconta aussitôt tout ce qu’elle venait d’admirer. La réaction fut immédiate ; son père lui demanda de se taire et même de tout oublier. Il lui dit même: « Pour l’amour de Dieu, n’en parle à personne ; on te prendrait pour folle et on se moquerait de toi. Il ne nous manquerait plus que ça! » 

Ida n’en parla à personne. D’autres apparitions eurent lieu dans le courant du mois d’octobre 1917, le mois où la Vierge Marie apparaissait pour la dernière fois aux petits bergers de Fatima, ce qu’Ida, évidemment, ignorait totalement.

Le Père Frehe, confident d’Ida et homme de confiance de la famille Peerdeman, fut mis au courant de ces évènements extraordinaires. Lui aussi recommanda à la fillette de garder pour elle toutes ces choses et même de ne plus y penser.  La jeune Ida, une fois ses études primaires terminées, désira devenir puéricultrice. Elle fit un stage à l’issue duquel on la renvoya sous le prétexte qu’elle « manquait malheureusement d’aptitudes, et qu’elle avait trop peu d’imagination et trop peu d’inventivité. «  

Plus tard, Ida sera considérée comme une personne équilibrée, à l’imaginaire certes peu développé, mais pleine de bon sens. À l’âge de 18 ou 19 ans, Ida commença sa vie professionnelle comme employée aux écritures dans une société de parfums d’Amsterdam, la firme Boldoot. Elle y restera de nombreuses années, appréciée de tous pour sa gentillesse et sa modestie. Comme elle était jolie, elle ne manquait pas non plus de prétendants, mais ne se sentait pas appelée au mariage.

Maintenant nous sommes en 1940 ; Ida a 35 ans. Commencent alors ce qu’on a appelé les « visions de guerre », sur la Seconde Guerre mondiale. Ida a des visions concernant le déroulement de la bataille en Europe. C’est par un acte soudain et inattendu comme dans la vie des prophètes, qu’à l’âge de quarante ans, cette simple employée de bureau se voit investie d’une mission lourde de responsabilité.

En quinze ans, à partir de ce 25 mars 1945 et jusqu’au 31 mai 1959, elle reçoit en tout cinquante-six messages de la Sainte Vierge. Ils sont suivis, dans les années quatre-vingt, de ce qu’il convient d’appeler des «expériences eucharistiques » qu’elle reçoit de Notre Seigneur.

Contrairement à de nombreux autres lieux d’apparitions, tout à Amsterdam reste caché dans l’ombre et le silence. « Je suis venue dans le plus grand secret », dit la Dame le 31 mai 1958. Les premiers messages surtout, ont un sens obscur et une connotation apocalyptique et symbolique. La voyante d’Amsterdam n’a pas de formation théologique, vient d’un milieu simple et ne sait pas expliciter ce qu’elle voit. Elle n’a jamais entendu de termes tels que « Paraclet » (le saint Esprit) et a beaucoup de peine à traduire les faits inconnus qu’elle voit se produire dans les visions.

La Sainte Vierge cependant la console : « Dis à ton directeur spirituel que le Seigneur choisit toujours ce qui est faible pour ses projets grandioses. Qu’il soit rassuré! » (4 avril 1954) « Je le dis une fois encore : le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple pour sa cause. » (15 avril 1951) « Tu as une grande tâche à accomplir.» (15 juin 1952) Dorénavant, Ida Peerdeman ne vivra plus que pour la Vierge Marie.

Elle écrit: « Elle était tellement belle, telle que j’ai pu la voir, et tous les jours, je m’occupe d’elle, de sa venue et de ses paroles (les messages). C’est avec ces pensées que je me lève et que je me couche. » L’une de ses sœurs, Truus (Gertrude), qui est institutrice, consigne par écrit chaque parole de la Dame qu’Ida répète. Elle le fait d’autant plus facilement que la Dame parle lentement, marque de longues pauses, avant de montrer une nouvelle image à la voyante ou d’exprimer une nouvelle pensée. 

Image de Notre Dame de tous les peuples
Par Judgefloro (shifted, cropped & recoloured by Rabanus Flavus) — File:09894jfRoads Bigte Virgen Flores Quasi Parish Church Norzagaray villagesfvf 06.JPG, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52287376

Tout ce que la Dame de tous les Peuples lui disait se gravait de façon indélébile dans le cœur d’Ida. La Dame avait dit à Ida, dès le 1er avril 1951: « Toi, mon enfant, tu dois coopérer sans angoisse et sans peur. Tu vas souffrir, spirituellement et physiquement. » 

Ida souffrit effectivement d’un cancer au sein. Mais, par crainte de l’hospitalisation, elle ne se fit opérer que très tard. Elle était aussi gravement malade du cœur. Si, dans ses visions, Ida percevait les choses du ciel et en goûtait la béatitude ; au quotidien, par contre, elle se trouvait confrontée au mépris, aux calomnies, à la méfiance et aux doutes. Tournée en dérision et dénigrée par les médias, elle connut la douleur de perdre sa réputation par fidélité à la vérité et à la Dame. Le poids de sa responsabilité et l’indifférence hostile et généralisée la faisaient souffrir cruellement.

Ida savait qu’elle n’était pas l’objet d’une illusion. Tout en restant un simple instrument, elle était consciente de porter le message le plus important du XXe siècle«  Le 13 octobre 1968, Ida devient membre du mouvement la « militia Jesu Christi », un mouvement marial dont l’origine remonte au temps des Chevaliers qui s’étaient institués en milice pour la protection des monastères de l’Ordre. En 1870, cette institution avait donné naissance à une association de laïcs pour la défense de la foi. Saint Dominique était apparu à Ida dans une vision, et, lui montrant le portail du monastère de Sens, il lui dit :

 « C’est là que tu dois entrer. » Ida fit donc partie de ce mouvement, et reçut à Sens le « manteau de la Milice. Le Grand Maître, Frère Emmanuel Houdart de la Motte, lui demanda alors de dire devant toute l’assemblée la prière de la Dame de tous les Peuples. Le 31 mai 1969 eut lieu la cérémonie solennelle de sa première promesse au sein de la Milice, à Paris, à l’église Saint-Germain l’Auxerrois.

Saint Dominique, détail du Christ aux outrages, une fresque de Fra Angelico au couvent San Marco.
Par Fra Angelico — The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=147522

La Militia Christi naît en 1209 dans la mouvance de saint Dominique et des frères dominicains. Encouragée au cours des siècles par de nombreux Papes, elle se développe comme une institution chevaleresque dont les membres, laïcs courageux et fidèles, se mettent au service de l’Église pour la défense de la foi.bEn 1870, l’Ordre chevaleresque de la Militia Christi se réorganise à Rome autour d’un cercle d’officiers pontificaux menés par le comte Arthur de Beaumont – colonel d’Etat-major pontifical – assistés du P. Jandel – Maître général des dominicains – et encouragés par Pie IX, qui relancent l’esprit de la vieille institution en orientant ses membres vers la construction du royaume de Dieu dans la société. La période de réforme vécue de 1959 à 1973 voit l’Ordre se transformer en association de fidèles et adapter ses finalités aux exigences de l’apostolat des laïcs définies par le Concile Vatican II. Le 21 novembre 1981, le Conseil Pontifical pour les Laïcs décrète la reconnaissance de la Militia Christi comme Association de fidèles de droit pontifical.

Dorénavant Ida Peerdeman ne vivra plus que pour la Vierge Marie. Pendant les années des apparitions, la famille Peerdeman resserrera ses liens. Les autorités de l’Église montrèrent de la réserve, ce qui est normal. Elles firent comprendre qu’elles ne souhaitaient aucune divulgation de ces visions. C’était d’ailleurs aller dans le sens d’Ida qui désirait disparaître et rester inconnue. Elle ne cessait d’affirmer: « Il ne s’agit pas de moi, je ne suis qu’un instrument ; il s’agit seulement des messages de la Dame. » 

Chapelle Notre Dame de tous les peuples / parc Béatrix à Amsterdam
Par Paul Be. (shifted, cropped & recoloured by Rabanus Flavus) — File:Maria-kapel Amsterdam, Diepenbrockstraat.jpg, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52286962

Ida trouva pourtant un grand réconfort auprès de son directeur spirituel et dans le cadre protégé de la vie de sa famille. Si on la voyait souffrir et pleurer, on souffrait et on pleurait avec elle. Il y avait  aussi des moments de joie sereine en famille. Comme toute la famille aimait la musique, on en jouait et on chantait ensemble ; on organisait aussi des petits concerts. Ida jouait du violon. Elle faisait aussi un peu de peinture et de la broderie.

Tout en ayant des expériences surnaturelles, Ida restait très féminine, très naturelle. Elle évoquait avec enthousiasme le souvenir de vacances passées au Tyrol, dans les Dolomites, en Bavière ou en Suisse. Elle aimait faire des surprises aux autres en leur offrant des petits cadeaux qu’elle choisissait avec soin… en un mot, sa vie était normale, une vie simple et modeste, tout à fait comparable à celle que menaient ses trois sœurs. 

Pourtant, malgré les apparences, et à l’insu de tous, dans le silence, la vie d’Ida est un long martyre, de l’âme et du corps. Même ceux qui la connaissaient et savaient son obéissance héroïque vis-à-vis des autorités de l’Église, ne pouvaient soupçonner à quel point il lui en coûtait de se taire et d’attendre patiemment, indéfiniment, continuellement, et cela presque jusqu’à la fin de sa vie. Ida n’eut jamais une seule plainte contre ceux qui la faisaient souffrir.

Elle accepta le départ de ceux qui lui étaient le plus chers : d’abord Piet, son frère bien-aimé, puis le Père Frehe. En 1981, c’est son second et fidèle directeur spirituel qui décéda, le Père Kerssemakers (de la Congrégation des Pères du Saint Sacrement). On plaignit alors Ida qui n’avait plus de sainte Messe dans la chapelle et qui ne pouvait plus communier. 

Sa réponse a surpris plus d’un de ses amis : « Et pourtant, je communie. Je reçois la communion d’une main invisible. » Le 13 août 1995, Ida célébra ses 90 ans. Beaucoup d’amis vinrent lui présenter leurs vœux et la remercier pour sa fidélité et sa persévérance. Mais sa fin approchait : « Au revoir, au ciel! », lui dit un jour la Dame. En attendant ce jour, Ida restait fidèle à la mission dont la Sainte Vierge l’avait chargée le 15 novembre 1951 : « Tu ne dois jamais manquer de venir devant cette image (…) afin de prier pour tous (…) Tu le feras jusqu’à ce que ce soit la fin. » 

Ida savait qu’elle mourrait dans le cours de l’année 1996. Le 1er janvier de cette même année, en effet, la Dame qui s’était tue depuis le mois de novembre précédent, fit entendre à nouveau sa voix pour lui annoncer : « C’est ta dernière année. Je vais bientôt t’emmener auprès de mon Fils. Ta mission est accomplie. Continue à écouter la voix. »Dès lors, Ida pouvait confier : « Je n’en ai plus pour longtemps. Je suis gravement malade. Il n’y a plus rien qui me retienne ici. »

 Le 31 mai 1996, un 31 mai, date à laquelle sera fixée, un jour, la fête de la Co-rédemptrice, l’évêque de Haarlem, Mgr Henrik Bomers et son coadjuteur, Mgr Josef M. Punt autorisaient officiellement la dévotion publique à Marie, sous le titre de « Dame de tous les peuples ».

Ida avait prié pendant des décennies pour vivre ce moment-là. Maintenant, elle pouvait partir. Le mercredi 12 juin 1996, elle reçut le sacrement de l’onction des malades des mains du Père Amandus Korse. Deux jours plus tard, elle fut hospitalisée. Au petit matin du 17 juin 1996, à 4h15, Ida mourait, seule. Elle avait 90 ans. Le 31 mai 2002, Son Exc. Mgr Joseph-Marianus Punt, Évêque de Haarlem/Amsterdam, reconnaissait l’origine surnaturelle des apparitions de la Dame de tous les Peuples. 

Ida Peerdeman, âgée

Ida a souffert d’une grande solitude, surtout après avoir perdu tous les siens. Les paroles de la Dame lui revenaient sans cesse en mémoire, notamment celles du avril 1954 : « Fais de ta vie une offrande! » 

Ses amis intimes ont fait savoir plus tard que, dans les dernières années de sa vie, Ida eut à subir de nouvelles attaques du démon. On la vit un jour, par exemple, à l’âge de 85 ans, totalement épuisée et en larmes. Pendant une heure entière, elle avait eu à soutenir la lutte contre de terribles sifflements stridents, des cris et des grincements causés par le démon. 

Ceux qui approchaient Ida connaissaient sa modestie et sa discrétion. Mais quand il lui fallait parler des messages aux prêtres ou aux pèlerins, elle faisait des descriptions si vivantes des visions qu’on aurait dit qu’elle les vivait encore. Et quand on l’entendait parler de la Dame de tous les Peuples, on ne pouvait que dire : « il est impossible qu’une simple femme comme elle puisse inventer et dire de telles choses. »

Par ailleurs, lorsque la Dame voulait expliquer et justifier la nécessité de proclamer le dogme de sa co-rédemption, elle dicta à Ida de véritables cours de théologie. Comment une personne aussi peu instruite aurait-elle pu émettre et expliquer des théories si complexes et si difficiles. Ida n’était pas ce que l’on appelle d’ordinaire une mystique : elle vivait comme tout le monde ; elle était musicienne et participait au petit orchestre familial.

Elle allait au théâtre avec sa famille, et même, elle jouait à des jeux de société ou à des jeux solitaires (puzzle). Et elle devait travailler pour gagner sa vie. Son milieu n’était pas pieux, mais honnête. Son caractère, au moins pendant sa jeunesse, n’était pas exceptionnel et l’on sait qu’elle se montrait souvent indépendante. Donc, rien de spécialement remarquable chez cette jeune fille de douze ans, puis chez la femme de quarante à quatre vingt ans..

Maria Esperanza Medrano de Bianchini (Betania)

Maria Esperanza de Bianchini est née à Barrancas, au Venezuela, le 22 novembre 1928. Elle était le fruit de longues prières de ses parents qui désiraient de tout cœur une petite fille et avaient prié intensément la Vierge Marie d’exaucer leur vœu. Pour la remercier ils l’appelèrent Marie Esperanza. 

Toute petite, María se révéla très pieuse, et à cinq ans elle eut sa première vision avec sainte Thérèse de Lisieux, qui lui donna une rose rouge. La surprise de sa mère fut d’autant plus grande qu’il n’y avait pas de roses là où ils habitaient.

À 9 ans, Maria franchit une nouvelle étape de sa vie. Après sa première communion, qu’elle reçut le jour de la fête de Notre-Dame du Carmel, elle s’unit spirituellement à sainte Thérèse et à l’ordre carmélitain. La fillette n’avait qu’un seul grand désir : recevoir Jésus dans l’Eucharistie le plus souvent possible, et approfondir ses relations avec Dieu. 

À 12 ans, elle reçut sa première vision de la Vierge Marie, sous les traits de la Vierge de la Vallée, patronne de l’île Marguerite, qui lui demanda de l’aider à « sauver ce monde complètement égaré ». Après cette rencontre, Maria, qui souffrait d’une grave pneumonie, guérit soudainement.

L’adolescence de Maria est jalonnée d’expériences mystiques et de guérisons miraculeuses. Et c’est tout naturellement que son profond désir de Dieu l’amena à choisir la vie religieuse. Elle vécut quelques temps avec les sœurs franciscaines de Merida.

Mais le 3 octobre 1954, sainte Thérèse de Lisieux lui apparut une nouvelle fois,

…..et encore une fois lui offrit  une rose, rapporte-t-on sur le site web de sa cause en vue d’une canonisation. Seulement cette fois-ci, la rose la piqua et du sang s’écoula de son doigt. Elle entendit alors le Sacré Cœur de Jésus lui dire : « Votre mission ne sera pas de devenir religieuse. Vous vous sanctifierez dans le monde comme épouse et mère de famille en répandant mon message ».

Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face en 1894
Par Celine Martin (Sor Genoveva de la Santa Faz) — Archivos del Carmelo de Lisieux, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=35129680

La Vierge revint la voir les 7 et 12 octobre, prophétisant : « Préparez votre cœur, mère spirituelle des âmes, pour que je puisse le sceller pour toujours. En outre vous serez mère de sept enfants : six roses et un bourgeon ». Après quoi Maria reçut de Dieu l’inspiration de se rendre à Rome où elle rencontra son futur mari. Ils se marièrent le 8 décembre 1956, eurent sept enfant et vivèrent un long moment dans une ferme, au Venezuela.

En 1978, la Sainte Vierge lui apparut de nouveau, la rassurant sur sa mission dans le monde : « Ma fille, ma présence auprès de vous n’est pas un rêve ; elle est bien réelle ; obéissez et continuez à être fidèle à cette mère, et vous vous réjouirez pour l’éternité ! Votre tâche est ardue… transmettre mon message d’amour et de réconciliation à tous les peuples et à toutes les nations. Vous allez souffrir, mais quelle joie sera de voir que vous m’avez été fidèle, à moi Votre Mère. Je vous accompagne et vous tiens la main ».

Après cette expérience, Maria fut spirituellement amenée à promouvoir la réconciliation et l’unité entre tous les peuples. La sainte Vierge lui avait dit ce qu’elle devait dire quand des gens mettaient en cause sa mission : « Si on vous demande quels messages vous avez reçus, répondez textuellement : “Notre Mère est venue sous le nom de Marie, Vierge et mère, réconciliatrice de peuples et nations, et son message est de nous engager pour rendre un meilleur service à l’Eglise catholique. Nous tous chrétiens nous devons accomplir ce service en nous réconciliant les uns les autres, car la réconciliation est promotrice des droits humains, de justice sociale, de renouvellement et de charisme. Et la réconciliation postule la vérité, l’amour, la réparation et la liberté de conscience, pour que nous puissions vivre en suivant la doctrine que Jésus nous a laissée” ».

Commentaire : le message de Marie à Maria Esperanza rejoint celui de Notre Dame de tous les peuples à Amsterdam : la réconciliation entre personnes et d’abord entre catholiques est porteuse de beaucoup de positif !

Maria Esperanza, jeune

Les dons de Marie pour le soutien spirituel étaient souvent comparés à ceux de saint Padre Pio. Beaucoup disaient même : « elle a hérité de son manteau 

La fin de la vie de Maria Esperanza fut marquée par la maladie de Parkinson. Atteinte de la maladie, Maria Esperanza mourait aux Etats-Unis, le 7 août 2004 à Long Beach Island (New Jersey, États-Unis), entourée de son mari, de ses sept enfants, de leurs conjoints et de ses vingt petits enfants. Elle avait 75 ans.

Sa famille poursuit toujours la mission de la Fondation Betania. Les enfants de Maria Esperanza dirent de leur mère « qu’elle était un miracle quotidien. » Les apparitions qu’elle a reçues reçurent l’approbation de l’évêque local en 1987, quand elle était encore en vie. Après sa mort, le diocèse de Metuchen a lancé le processus qui pourrait conduire à sa béatification et sa canonisation. Actuellement, elle est Servante de Dieu et sa vie miraculeuse, caractérisée par d’innombrables guérisons et apparitions, reste une source d’inspiration pour tous.

8 décembre    : Solennité de l’Immaculée Conception de Marie ;

1er janvier      : Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu ;

11 février        : Mémoire facultative de Notre Dame de Lourdes ;

25 mars         : Annonciation ;

31 mai            : Fête de la Visitation de la Vierge Marie ;

Samedi de la 3e semaine après la Pentecôte : Mémoire facultative du Cœur Immaculé de Marie ;

16 juillet          : Mémoire facultative de Notre Dame du Mont Carmel ;

5 août             : Mémoire facultative de la dédicace de la basilique Sainte-Marie Majeure à Rome ;

15 août           : Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie ;

22 août           : Mémoire de la Vierge Marie, Reine ;

8 septembre   : Fête de la Nativité de la Vierge Marie ;

15 septembre : Mémoire de Notre Dame des Douleurs ;

7 octobre        : Mémoire de Notre Dame du Rosaire ;

21 novembre  : Mémoire de la Présentation de la Vierge Marie

Par apparition privée, il faut entendre des apparitions ou visions ou messages, plutôt réalisées dans un cadre privé – même si un cadre public n’est pas exclu – mais adressés à une seule personne.

Par apparition publique, il faut entendre, pratiquement toujours une apparition s’adressant à une ou plusieurs personnes, mais dans un lieu où un groupe ou une foule de personnes, peut percevoir le changement de comportement des voyants, mais ne perçoit rien de la Vierge et des phénomènes qui l’accompagnent.

Bien que les voyantes, poussées par les prêtres du lieu, aient souvent beaucoup insisté auprès de la Vierge afin qu’elle manifesta un signe, Marie n’a que très rarement consenti à manifester des signes de son appartenance divine : on notera des effluves très odorantes ressenties à plusieurs reprises comme à Betania, un bref rayon de soleil manifesté par la Vierge dans l’église saint Gilles de l’Île Bouchard, les phénomènes de sudation et les pleurs abondants de sa statue de Kibeho, et surtout l’extraordinaire danse du soleil de Fatima.

Marie citait à chacune de ces sollicitations, la phrase de Jésus à Thomas, incrédule de sa résurrection : « Heureux est celui qui croit sans avoir vu. » On verra pourtant, au chapitre consacré aux phénomènes supra-naturels, que Marie a donné de nombreuses preuves indirectes de son extraction divine. Surtout lorsqu’on ne lui en demandait pas ! 

Beaucoup se déroulent en privé

Quand les apparitions se déroulent en public, il est relativement aisé d’en décompter les manifestations, mais beaucoup d’entre elles se déroulent en privé et leur fréquence est donc très variable et très difficile à mesurer précisément. ( sur 19)

Lieu Fréquence ou nombre  
Tepeyac4 fois plus 1 à l’oncle du voyant
Le LausQuotidiennement pendant 4 mois puis pendant 50 ans 
Rue du Bac Paris3 apparitions de Juillet à décembre 1830
Rome une seule apparition, le 20 Janvier 1842
La Salette Le 19 Septembre 1846 
Lourdes 18 apparitions dont 12 les 15 premiers jours
Champion3 apparitions dont 2 le même jour
PontmainUne seule apparition (de nuit)
Giertzwald Tous les soirs à partir de juillet jusqu’au 16 Septembre
Fatima6 Apparitions tous les 13 du mois entre Mai et Octobre 1917
BeauraingLa Vierge se montre 33 fois 
Banneux8 fois vers 19 heures 
Amsterdam 207 visions dont 56 concernent la Vierge et 151 expériences eucharistiques
L’Île BouchardDu 8 au 14 Décembre 1947
Akita3 messages / 101lacrimations entre le 4 Janvier 1975 et le 15 Septembre 1981
BetaniaDu 7 Octobre 1954 au 5 Janvier 1990
KibehoDu 28 Novembre 1981 au 28 Novembre 1989
San Nicolas de Los Arroyos Du 25 Septembre 1983 au 11 Février 1990
L’Escorial Du 14 Juin 1981 à Mai 2002

Des durées très variables

Concernant les durées d’apparition : concernant la durée d’une apparition ou d’un message, elle est très variable, de quelques minutes à plusieurs heures ; elles peuvent se décompter en durée inférieure à une heure comme à Rome ( Alphonse Ratisbonne), en jours (de 1 jour ou une nuit à 7 jours) ; 5 peuvent se décompter en mois (de 1 mois à 5 mois) et 6 se décomptent en années (de 8 à 50 ans). En terme de messages, on ne peut évidemment comparer une apparition d’une journée à ce qu’on pourrait comparer à de longues conversations entre la Vierge et une voyante, s’étalant sur plusieurs années.

Des durées liées à la densité des messages et aux circonstances

A l’exception du long compagnonnage de 54 ans, entre Benoîte Rencurel et Marie, il faut noter que les apparitions les plus longues se situent toutes dans la deuxième partie du XX ème siècle. Cette période correspond sans doute à une période très difficile pour l’humanité, dite de guerre froide, entre les Etats occidentaux et l’URSS, mais correspond surtout à une importante déchristianisation et le début de ce qu’il faut bien appeler une grave crise de l’Eglise catholique en Europe.

Autant il est aisé de décrypter les messages de la Vierge à Lourdes, autant à partir de Fatima et surtout d’Amsterdam, la densité des messages et leur tonalité, parfois ésotérique, gênent leur compréhension. Mais rassurez vous, nous verrons plus loin que l’essentiel de ce que veut nous transmettre la Vierge, parce qu’il est plus que redondant, est aisément perceptible.

Il est intéressant de signaler également que la Vierge ne fait jamais les choses au hasard. Les mois de Décembre, Janvier et Juillet se détachent un peu des autres, mais c’est très relatif. Surtout, la Vierge choisit de préférence soit des lieux qui font sens, compte tenu d’un événement qui s’y est produit comme la présence de Jeanne Delanoue à l’île Bouchard ; elle choisit également une date anniversaire des fêtes de Notre Dame* : le 8 Décembre (Immaculée conception) ou le 8 Septembre, fête de la nativité de la Vierge, ou le 31 Mai, jour de la Visitation.

Il arrive même qu’elle se manifeste en deux lieux à la fois !

Par exemple, elle apparaît à Ida Perdeman, à Amsterdam, le jour du miracle du soleil tournoyant à Fatima !

Des raccourcis temporels étonnants

La Vierge fait des raccourcis temporels étonnants, en rappelant à telle ou telle voyante, sa désignation au cours d’apparitions antérieures, même éloignées dans le temps, comme Notre dame du Carmel ou Notre Dame de Coromoto. Marie adresse aussi des clins d’œil : la première apparition de la Vierge à Catherine Labouré a lieu le jour de la fête de saint Vincent de Paul, à l’origine de sa vocation ! A l’île Bouchard et à Amsterdam, Marie rappelle les faits de nature religieuse qui s’y sont passés plusieurs siècles avant.

Nota : Les 7 apparitions de 1932 à 1959 correspondent à la période de la seconde guerre mondiale, y compris la période qui la précède et celle qui suit. Les 4 apparitions de 1973 à 1991 correspondraient, selon nous, à l’irruption du matérialisme dans les sociétés occidentales, de la société de consommation, de la libération des moeurs  et du déclin du christianisme notamment en Europe. 

Pellevoisin, Knock, Rome ( Bruno Cornacchiola) , Syracuse, Medjugorje, Marguerite Bourgeoys, exclus 

1- Tepeyac, le 12 Décembre 1531 : 1 jour 

2- Le Laus, de Mai 1664 à 1718 : 54 ans

3– Paris, rue du Bac : 18 Juillet 1830 ( jour de la St Vincent de Paul )  27 Novembre 1830, Décembre 1830 : 3 jours

4– Rome, 20 Janvier 1842 : 1 jour 

5 – La Salette-Fallavaux19 Septembre1846 : 1 jour

6- Lourdes, 11 Février 1858 au 16 Juillet 1858 : 5 mois

7- Champion2 Octobre 1859 : 1 jour

8- Pontmain, nuit du 17 Janvier 1871

9- Gietrzwalddu 27 Juin 1877 au 16 Septembre 1877 : 2,5 mois 

10- Fátima, 13 Mai 1917 au 13 Octobre 1917 : 5 mois

11- Beauraing, entre le 29 Novembre 1932 et le 3 Janvier 1933 : 1 mois et quelques jours 

12- Banneux, entre le 15 Janvier 1933 et le 2 Mars 1933 : 1,5 mois

13- Amsterdam, du 25 Mars 1945 au 31 Mai 1959 : 14 ans, non compris les expériences eucharistiques.

14- L’Île-Bouchard, du 8 au 14 Décembre 1947 : 7 jours

15- Akita: 3 messages les 6 Juillet, 3 Août, 13 Octobre et 101 lacrimations entre le 4 Janvier 1975 et le 15 Septembre 1981 : 3 jours et 8,5 mois

16- Betania, du 7 Octobre 1954 au 5 Janvier 1990 : 36 ans

17- Kibeho,du 28 Novembre 1981 au 28 Novembre 1989 : 8 ans

18- San Nicolas de los Arroyos, du 25 Septembre 1983 au 11 Février 1991: 8 ans 

19- L’Escorial, du 14 Juin 1981 à Mai 2002 : 21 ans ( sous réserve)

Les apparitions les plus longues sont celles du Laus ( 54 ans), puis de Betania (50 ans), enfin, de l’Escorial (22 ans). Amsterdam compte 14 années d’apparitions mariales auxquelles s’ajoutent 14 ans d’expériences eucharistiques (28 ans en tout).

Les plus courtes durent une journée (Tepeyac ou Champion) ou une nuit (Pontmain). Les plus connues en Europe (Lourdes et Fatima) ne durèrent que 5 mois. Certaines ne durèrent qu’in instant (Rome et Alphonse Ratisbonne).  

Avertissement : beaucoup de ces apparitions sont « privées » et ne correspondent pas au « phénomène apparition » tel qu’on a pu le voir se manifester, à Lourdes, par exemple. Il s’agit plutôt d’un dialogue prolongé avec la vierge, qui peut n’inclure que des voix.

Inventaire des emplacements où la Vierge est apparue (sur 19)

Tepeyac : colline

Le Laus : dans une grotte, sur le versant d’une colline

Rue du Bac Paris : chapelle de la maison mère des filles de la charité

Rome ( Alphonse Ratisbonne) : église Sant’andrea delle fratte

La Salette : sur une montagne

Lourdes : dans une grotte près d’un torrent de montagne

Champion (USA) : entrée deux arbres ; un érable et un proche (conifère)

Pontmain : au dessus d’une maison, face à une grange

Gietrzwald : au niveau de l’érable du presbytère

Fatima : dans un champ, au dessus d’un petit chêne vert

Beauraing : sur un viaduc, au dessus d’un houx et d’une aubépine

Banneux : dans la cour, dans le jardin, sur un sentier.

Amsterdam : chez Ida Peerdeman, dans l’église saint Thomas, sur le terrain choisi  par la Vierge. Expériences eucharistiques pendant la messe dans une chapelle.

L’île Bouchard : L’église saint Gilles de l’Île Bouchard

Akita : dans la chapelle des sœurs contemplatives, au pied d’une statue en bois

Betania : près d’une grotte dans un paysage luxuriant

Kibeho : dans la cour de l’école et dans le dortoir

San Nicolas de Los arroyos : dans la chambre de la voyante

L’Escorial 🙁 sous réserve) chez les employeurs de Luz Amparo, puis sur le frêne dans le domaine du pré-neuf

Commentaires : la Vierge a une nette prédilection pour les environnements paysagers : à 11 reprises, c’est ce cadre qu’elle choisit. Cinq fois elle apparaît dans une chapelle ou une église. Deux fois, plutôt dans une chambre, convenant mieux à des apparitions privées. (Amsterdam et San Nicolas de los Arroyos). Une fois dans la nuit, au dessus d’une maison du village de Pontmain. 

Bien que la Vierge se soit toujours refusée à céder aux demandes d’exécution de « faits extraordinaires » destinés à fonder la puissance de Dieu à travers elle, il est clair qu’une Apparition de la Vierge n’est ni une manipulation de l’esprit, ni une vision hystérique partagée, ni un phénomène naturel qu’il resterait à expliquer (comme on le fait régulièrement pour les dix plaies d’Egypte relatées dans la Bible).

Si elle est un signe évident de preuve de Dieu pour les croyants de confession catholique, les phénomènes supra-naturels incontestables qui l’accompagnent, nullement niés d’ailleurs par les scientifiques qui ne peuvent les expliquer, ne peuvent pas ne pas susciter d’interrogation auprès de tous les non croyants. Mais une mariophanie (phénomène surnaturel se rapportant spécifiquement à une vision de Marie, mère de Jésus) n’est-elle pas déjà, en soi, un phénomène supra naturel ? 

Tepeyac

Après que Juan Diego eut montré l’endroit où la dame du ciel voulait que son église soit construite, il demanda la permission de prendre congé. Il voulait rentrer chez lui pour voir son oncle Juan Bernardino qui était gravement malade quand il l’avait quitté pour aller à Tlatilolco appeler un prêtre afin d’entendre sa confession et lui donner l’absolution. La Dame du ciel lui avait dit que son oncle était guéri. Mais ils ne le laissèrent pas partir seul et l’accompagnèrent jusqu’à chez lui. Comme ils arrivèrent, ils virent que son oncle était heureux et en bonne santé.

Il était très stupéfait de voir son neveu ainsi accompagné et honoré, et demandait la raison d’un tel honneur. Son neveu répondit que lorsqu’il partit chercher le prêtre pour entendre sa confession et lui donner l’absolution, la Dame du ciel lui apparut à Tepeyac lui disant de ne pas être triste, que son oncle allait bien, ce qui l’a consolé. Elle l’a envoyé à Mexico voir l’évêque afin que ce dernier lui construise une maison à Tepeyac. 

L’oncle témoigna de ce que c’était vrai qu’à cette occasion il fut guéri et qu’il l’avait vue de la même manière que son neveu, apprenant d’elle qu’elle l’avait envoyé à Mexico pour voir l’évêque. La Dame lui dit aussi que, lorsqu’il irait voir l’évêque, il devrait lui révéler ce qu’il avait vu et lui expliquer de quelle façon elle l’avait guéri miraculeusement et elle voulait être appelée « La toujours vierge Sainte Marie de Guadalupe » et que son image bénie soit aussi ainsi connue.

Juan Bernardino fut conduit en la présence de l’évêque afin qu’il l’en informe et lui donne un témoignage ; son neveu et lui furent les invités de l’évêque jusqu’à ce que l’église consacrée à la Reine de Tepeyac soit construite là où Juan Diego l’avait vue. L’évêque transféra l’image sacrée de la dame du ciel miraculeusement imprimée sur le maillot de corps de Juan Bernardino à partir des fleurs cueillies en présence de la Vierge,  de sa chapelle privée à l’église principale afin que tout le peuple puisse voir l’image bénie et l’admire. La cité tout entière était sous le coup d’une grande émotion. Tous vinrent la voir, admirer l’image pieuse et prier. Ils s’émerveillèrent de son apparition dans ce divin miracle car aucune personne humaine de ce monde n’avait peint cette image précieuse. 

Le Laus

En mai 1664, alors que Benoîte conduit ses chèvres le long d’un bois, sur la montagne de Saint-Maurice, un vieillard s’approcha d’elle, se présentant comme saint Maurice lui-même et annonçant à la bergère qu’elle verrait la Mère de Dieu dans un vallon voisin.

Benoîte Rencurel verra aussi le Christ en Croix, saint Maurice, sainte Barbe, saint Joseph, saint Gervais et saint Protais, l’enfant Jésus, sainte Catherine de Sienne, les anges et le diable. 

Entre 1669 et 1684, elle est gratifiée cinq fois de la vision du Christ crucifié sur la croix d’Avançon*. Ainsi unie à lui, elle vit une « crucifixion mystique » chaque vendredi pendant plusieurs années. Elle se trouve brusquement raidie, chaque semaine dans la pose de crucifiée et reste ainsi du jeudi au samedi, sans pouvoir faire un geste. Elle s’effare, dans son humilité, de l’attention générale qu’attire sur elle ce prodige et demanda que d’autres souffrances, moins visibles, lui soient accordées.

C’est à partir de 1689 qu’elle subira des sévices nocturnes et combattra spirituellement le démon toutes les nuits jusqu’à sa mort. L’huile du Laus (huile de la lampe du saint sacrement utilisée en onction à la demande de la Vierge) occasionnera de nombreuses guérisons.

* La croix d’Avançon

En 1669, au pied de la croix d’Avançon, placée dans la chapelle du Laus,  Benoîte Rencurel est gratifiée pour la première fois de la vision du Christ crucifié : « je me montre ainsi à vous pour vous faire voir ce que j’ai souffert pour les pécheurs et l’amour que j’ai pour eux. »

Benoîte aura par la suite quatre autres visions du Christ crucifié. Pendant plusieurs années, Benoîte connaîtra les souffrances du vendredi qui cesseront en 1684. Elle participe ainsi aux douleurs de la Passion du Christ.

La croix d’Avançon, objet de la vénération des fidèles, changera plusieurs fois de lieu, jusqu’au jour où les frères Louis-René et Charles Tulasne, tourangeaux d’origine et botanistes de renom, financent et construisent la chapelle du Précieux-Sang, consacrée le 16 septembre 1862 par Monseigneur Victor-Félix Bernadou, évêque de Gap. Le 1er mai 2011, lors du troisième anniversaire de la reconnaissance officielle des apparitions, Monseigneur Jean-Michel di Falco Léandri bénit à nouveau cette chapelle dont la restauration a été financée par les recettes de l’album Spiritus Dei des prêtres du diocèse de Gap et d’Embrun. 

Rue du Bac / Paris

Catherine Labouré est sujette à des visions ou à des prémonitions. Elle reconnaît Vincent de Paul en le vieillard qui lui a dicté sa vocation. Elle aurait eu également la vision d’une « Croix de la Victoire* » : un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris. Surtout, l’apparition de la rue du Bac est célèbre pour avoir donné naissance à la « médaille miraculeuse », à qui on attribue de nombreuses guérisons auprès des personnes qui la portaient.

* La Croix de la Victoire

Quelques mois après la fin de la Révolution de 1848, Catherine Labouré aurait eu la vision d’une « Croix de la Victoire », d’un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris :

Elle s’empresse, bien sûr, d’aller le dire à M. Aladel [son confesseur], deux fois, et même de le mettre par écrit, à chaud, dès le 30 juillet 1848, de crainte d’oublier un détail : « Il y aura des ennemis de la religion qui chercheront et promèneront une Croix couverte d’un voile noir qui portera la terreur dans les esprits. Mais la Croix triomphera. Il y aura une Croix que l’on appellera la Croix de la Victoire, qui portera la livrée de la nation, elle sera plantée du côté de Notre-Dame, sur la place des victimes. La voici : une Croix sera faite d’un bois précieux, étranger. Elle sera garnie. Elle aura des pommes d’or aux extrémités. Le Christ sera grand ; la tête penchée du côté du cœur, la plaie du côté droit où il coule beaucoup de sang. La livrée de la nation dans le haut de la colonne. Le blanc, c’est l’innocence, voltigeant sur la couronne d’épines. Le rouge représente le sang ; le bleu, c’est la livrée de la Sainte Vierge. »

Et de continuer : « Cette croix sera appelée la Croix de la Victoire. Elle sera en grande vénération. De toute la France et des pays les plus éloignés, et même de l’étranger, les uns y viendront par dévotion, les autres en pèlerinage, et d’autres par curiosité. Enfin, il se fera des protections toutes particulières qui tiendront du miracle. Il ne viendra pas une personne à Paris qui ne vienne voir et visiter cette croix, comme une œuvre d’art. » […]

« Sur le pied de la Croix, il sera représenté toute cette révolution, telle qu’elle s’est passée. Le pied de la croix m’a paru avoir de 10 à 12 pieds [environ 3,5 mètres] en carré, et la croix de 15 à 20 pieds [de 4,5 à 6 mètres] en hauteur. Et, une fois élevée, elle m’apparaissait à peu près de 30 pieds [9 mètres] de hauteur. Sous cette croix, il reposera une partie des morts et des blessés pendant les événements si pénibles… » […]

« Ici, un bras paraît, une voix se fait entendre : « le sang coule ! » En montrant du doigt le sang : « L’innocent meurt, le pasteur donne sa vie. » » […]« La croix m’apparut de toute beauté. Notre-Seigneur était comme s’il venait de mourir. La couronne d’épines sur Sa tête, les cheveux épars dans la couronne par-derrière, la tête penchée du côté du cœur. » Mais l’abbé Aladel, son confesseur, n’en tint pas compte. C’est pourquoi, elle lui écrivit peu après cette lettre :

« […] Je vous parle de cette croix, après avoir consulté le Bon Dieu, la Sainte Vierge et notre bon père saint Vincent, le jour de sa fête et tout l’octave où je me suis abandonnée toute à Lui, et le priai qu’Il m’ôte toute pensée singulière à ce sujet et à tant d’autres. Au lieu de me trouver soulagée, je me suis sentie de plus en plus pressée de vous donner tout par écrit. Ainsi par obéissance, je me soumets. Je pense que je n’en serai plus inquiétée. Je suis, avec le plus profond respect, votre fille toute dévouée au Sacré-Cœur de Jésus et de Marie. » Cette croix n’est, à ce jour, toujours pas érigée.

Rome (Alphonse Ratisbonne)

Quand on lit le récit de l’invraisemblable concours de circonstances ayant amené Alphonse Ratisbonne à visiter, à Rome, l’église où la Vierge lui est apparue, on ne peut qu’être interrogé par « le hasard » de ce chemin construit pour une si merveilleuse rencontre.  

Lourdes

Les faits qui suivent n’ont rien de naturel ; jugez en : la flamme du cierge ne brule pas les mains de Bernadette. (ce fait est constaté dans d’autres apparitions)  Depuis 1858, 70 personnes ayant bu de l’eau de Lourdes et prié la Vierge de Lourdes ont bénéficié de guérisons inexpliquées. Le corps de Bernadette Soubirous, la voyante, sera retrouvé longtemps après sa mort, non atteint par la corruption. Marie parle le patois pyrénéen de Bernadette. Enfin, Marie confirme le dogme de l’Immaculée conception reconnue par le pape en 1854, quatre ans plus tôt.

Champion

Parlons maintenant un peu des miracles qui accompagnèrent Adèle Brise, la voyante de Champion dans le Wisconsin (USA). Tout d’abord, il faut savoir que lorsque « les Sœurs » ne savaient plus comment nourrir les pensionnaires recueillis par la fondation d’Adèle, celle-ci les réunissait à la chapelle pour implorer le secours de Marie et, chaque fois, le lendemain matin, elles trouvaient à leur porte les provisions nécessaires qu’un bienfaiteur avait laissées là pendant la nuit.

En 1871, le climat avait été si sec que les incendies furent nombreux et très destructeurs. Ainsi, le 8 octobre 1871, un très violent incendie ravagea la zone proche du lieu de l’apparition ; c’est ce qu’on a appelé le grand feu de Peshtigo, dans le Wisconsin. Tout fut brûlé à l’exception de la chapelle en bois, de l’école et du couvent. Lorsque le feu menaça la chapelle, Adèle Brise refusa de partir et organisa une procession pour implorer la protection de Marie. Tout fut détruit à l’entour, mais le sanctuaire fut épargné ainsi que les personnes qui s’y étaient réfugiées.

Il y eut beaucoup d’autres miracles rapportés par Mgr Ricken, qui, après enquête, proclama le 8 Décembre 2010, les apparitions de Champion, « dignes de foi. » 

Pontmain

L’apparition de Pontmain donne lieu à une véritable scénographie autour de la Vierge : la vierge est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or comme la voûte de l’église peinte ainsi en 1860. Les enfants décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame. A l’intérieur quatre bobèches* sont fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellent celles que l’abbé Guérin allumait sur l’autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854, à tous les offices de la paroisse. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur.

Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle. « C’est comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe ! », disent les enfants. Une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu’une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au dessus de la tête de la Vierge. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. Une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 8 h ½.

Au moment de l’examen de conscience, les enfants signalent la présence d’un voile blanc qui vient d’apparaître aux pieds de la Vierge et qui monte lentement en la cachant à leurs yeux. Le voile arrive à hauteur de la couronne, s’arrête un instant et, brusquement, tout disparaît : le voile, la couronne, l’ovale, les bougies et les trois étoiles.

D’aucuns attribueront à la Vierge l’arrêt de l’offensive Prussienne à Laval, le lendemain, et le retour, indemnes, de la guerre de 1870 de tous les « enfants » de Pontmain. Tout aussi inexplicable sera le miracle dont sera témoin un enfant de confession musulmane devant un tableau reproduisant la Vierge de Pontmain, à Bechouate au Liban, le 21 Août 2004.

* Bobèche : disque adapté aux chandeliers et destiné à recueillir la cire qui coule.

Gietrzwald

Selon les deux voyantes, deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. Deux autres anges amènent l’enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge.

Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange enfin surplombe la scène et indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente. Il s’agit de la seule apparition mariale dont la scénographie, triomphante, consacre Marie, Reine de la Terre et des cieux. 

Fatima

L’Apparition de Fatima donne lieu à pas moins de cinq faits supra-naturels : des visions dont celle, effrayante, de l’Enfer, des prédictions, le message d’un ange, le miracle du soleil tournoyant (le plus exceptionnel phénomène supra naturel accompagnant une mariophanie)  et enfin ce qu’on a appelé le secret de Fatima (en trois parties).

Des faits troublants entourent également Fatima ; par exemple Pie XII sera frappé par le fait qu’il a été ordonné évêque le 13 mai 1917, le jour même des premières apparitions. Mais c’est surtout Jean-Paul II qui est le plus intimement lié au sanctuaire de Fatima, où il s’est rendu à trois reprises. Pour le pape polonais, il était évident que, lors de l’attentat au pistolet contre lui du 13 mai 1981, « ce fut une main maternelle qui guida la trajectoire du projectile et le pape agonisant s’arrêta au seuil de la mort ».

Un an plus tard, le pape est à Fatima pour remercier la Vierge quand, une nouvelle fois, la mort le frôle : un intégriste en soutane noire se précipite sur lui, armé d’un poignard, hurlant : « Je t’accuse de détruire l’Église ! À mort Vatican II ! » Le forcené sera vite maîtrisé.

Des visions

La Vision de l’enfer 

« En disant ces paroles, la Vierge ouvrit de nouveau les mains comme lors des deux mois passés. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes quelque chose comme une mer de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes ressemblaient à des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant forme humaine, qui flottaient dans le brasier, portées par les flammes qui sortaient d’elles, avec des nuages de fumée tombant de tous côtés, ressemblant à la chute des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir, qui horrifiaient et faisaient trembler d’effroi. Les démons se distinguaient par des formes horribles et sordides d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des braises de charbons noirs. »

Les visions de saint Joseph et de l’enfant Jésus. 

« Notre-Dame une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant-Jésus paraissaient bénir le monde avec les gestes en forme de croix qu’ils faisaient de la main. Peu après, une fois dissipée l’image de cette apparition, je vis Notre-Seigneur et Notre-Dame (qui pour moi ressemblait à Notre-Dame des Douleurs). Notre-Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph. Cette apparition s’évanouit à son tour et il m’a semblé voir de nouveau Notre-Dame sous une forme proche de Notre-Dame du Carmel.»

Des prédictions : la deuxième guerre mondiale

A Fatima, la Vierge annonce la fin de la première guerre mondiale (1914/18) et l’arrivée de la seconde, avant de conclure : « Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI en commencera une autre, pire encore », aurait prévenu la Vierge, alors même que le pontificat de Benoît XV n’est pas encore fini. « Finalement, mon Cœur immaculé triomphera…Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. »

L’ange de Fatima

Les apparitions de la Vierge ont été précédées de trois apparitions d’un ange, en 1915 et 1916. Cet ange qui s’est présenté aux voyants sous le titre de « l’ange du Portugal » invite les enfants à prier et leur enseigne une prière : la prière de l’ange de Fatima. Cette « prière » est composée de deux courtes phrases. « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas. » D’autres prières rapportées par les enfants, et qu’ils ont dit être communiquées par la Vierge Marie, sont parfois associées ou confonduesavec la prière de l’ange.

Le miracle du soleil tournoyant

Lors de la 3e apparitions (le 13 juillet 1917), Lucia demande à la dame « un miracle » pour que les gens croient à ses apparitions. La dame promet un miracle pour le mois d’octobre. Lors de la 5e apparition, le 13 Septembre, 30 000 personnes entourent les « voyants ». La « dame » promet à nouveau un « miracle » pour la prochaine rencontre le 13 octobre. 

Il se produit alors dans le ciel un phénomène lumineux appelé par la suite « le miracle du soleil » ou la « danse du soleil ». Parmi les observateurs il y a des universitaires et des non-croyants. Tous attestent d’un phénomène « non explicable ». Le Miracle du soleil, ou la danse du soleil, est le nom donné au phénomène solaire observé à Fátima, dans le cadre des apparitions mariales de Fátima le 13 octobre 1917. Cet événement a été observé par plus de 30 000 personnes (les estimations varient de 30 à 100 000) pendant environ 10 minutes à Cova da Iria, près de Fátima au Portugal. Le 13 octobre 1930, l’Église catholique a qualifié cet événement de miracle.

Ce phénomène a donné lieu à une nombreuse littérature cherchant à expliquer son origine. Différentes hypothèses ont été émises : phénomènes solaires, hallucination collective, problème rétinien (dont rétinopathie), jusqu’à l’apparition d’un objet volant non identifié. Des films se sont également inspirés (ou ont évoqué) cet événement historique.

Le pape Pie XII aurait bénéficié de la même vision. 

Le secret de Fatima, en trois parties. 

Fatima est sans aucun doute la plus prophétique des apparitions modernes. La première et la deuxième parties du « secret » concernent avant tout la vision épouvantable de l’enfer, la dévotion au Cœur immaculé de Marie, la deuxième guerre mondiale, ainsi que la prédiction des très graves dommages que la Russie, abandonnant la foi chrétienne et adhérant au totalitarisme communiste, devait apporter à l’humanité. Quant au troisième secret, une indication pour l’interprétation de la troisième partie du « secret » avait déjà été donnée par Sœur Lucie (une des voyantes de Fatima) dans une lettre au Saint-Père le 12 mai 1982. Dans cette dernière, elle écrivait :  « La troisième partie du secret se réfère aux paroles de notre-Dame : “Sinon la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites” (13-VI-1917). 

Sœur Lucie écrit : « La troisième partie du secret est une révélation symbolique, qui se réfère à cette partie du Message, conditionné par le fait que nous acceptions ou non ce que le Message lui-même nous demande : “si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, etc…”. Comme nous n’avons par tenu compte de cet appel du Message, nous constatons qu’il s’est réalisé : la Russie a inondé le monde de ses erreurs. Et si nous ne constatons pas encore la réalisation totale de la fin de cette prophétie, nous voyons que nous nous y acheminons peu à peu à grands pas, ….si nous ne renonçons pas au chemin de péché, de haine, de vengeance qui viole les droits de la personne humaine, d’immoralité et de violence, etc. 

Et ne disons pas que c’est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu’il nous a donnée ; c’est pourquoi les hommes sont responsables.

Action de Dieu, Seigneur de l’histoire, et co-responsabilité de l’homme, dans sa dramatique et féconde liberté, tels sont les deux pivots sur lesquels se construit l’histoire de l’humanité

La Vierge Marie apparue à Fatima nous rappelle que l’homme a une part active et responsable dans l’Avenir de l’humanité, tel qu’il se construit, même si Dieu reste bien « Le Seigneur de l’Histoire !»  

Beauraing

Rien d’extraordinaire à signaler à l’exception de la mariophanie elle même, mais Fernande Voisin, l’aînée, bénéficiera d’une solennité plus grande de la vision, qui sera accompagnée d’un coup de tonnerre et d’une boule de feu d’où la dame surgira.

Banneux

La Dame flotte à quelques centimètres au dessus du sol. Une lumière éclatante l’enveloppe. Au troisième chapelet, il cesse subitement de pleuvoir. 

Amsterdam

Quatre catégories de phénomènes supra normaux entourent l’Apparition de la Vierge à Ida Peerdeman à Amsterdam : des faits étranges de nature démoniaque, des visions, des prédictions nombreuses et qui se réaliseront et enfin d’extraordinaires expériences eucharistiques. 

Des faits étranges et inquiétants*

Ceux qui ont bien connu Ida à cette époque pensent que le démon savait peut-être qu’elle serait choisie par Marie pour porter son message au monde. Aussi, durant cette période, la jeune fille fut-elle l’objet de manifestations diaboliques fréquentes : des lampes se balançaient dans la maison ; les portes des armoires s’ouvraient toutes seules ; les aiguilles de l’horloge tournaient avec une rapidité fulgurante ; un four qu’elle n’utilisait presque jamais se mit un jour à fumer.

Cette situation devint plus grave quand Ida elle-même fut, à plusieurs reprises, directement menacée par le démon. Voici quelques souvenirs de Piet, le frère d’Ida, rapportés par sa fille Hélène, nièce d’Ida. « Cela se passa au cours d’une promenade dans les rues de la ville. Ida remarque un homme vêtu de noir comme un prêtre. Une terrible angoisse l’envahit devant le regard sinistre et pénétrant de cet étranger.

Elle cherche à l’éviter et presse le pas, mais l’homme la rattrape, la saisit vigoureusement par le bras et tente de la tirer dans un canal pour qu’elle se noie. Mais au sein de ce terrible danger, elle entend une douce voix qui la rassure en lui promettant de l’aider. À l’instant même, l’homme en noir la lâche en poussant un cri horrible et disparaît sans laisser de traces. À la suite de cet incident, son père chargea Gesina d’accompagner, matin et soir, sa plus jeune sœur au travail, à l’aller et au retour. 

Ce personnage mystérieux allait encore se manifester, mais il ne faisait que sourire froidement sans oser porter la main sur Ida : « Ida avait vingt ans. Un jour, le démon s’approcha d’elle une troisième fois en essayant de l’entraîner par ruse dans un accident mortel. Il lui apparut sous les traits d’une vieille infirme, qui prétendait avoir fait sa connaissance à l’église. Elle lui laissa son adresse en l’invitant à venir lui rendre visite le plus tôt possible. Ida déclina l’invitation, mais ne put refuser de l’aider à traverser la rue, comme elle le lui demanda aussitôt après.

La peur paralysa Ida, quand, arrivée au milieu de la rue, elle sentit qu’on l’empoignait à nouveau, fortement, par le bras. Puis, dans un hurlement, Satan disparut en la poussant devant un tramway qui, au tout dernier moment, parvint à s’arrêter. Il s’en était fallu de peu qu’il ne renversât Ida. Le soir même, Piet, son frère, se rendit avec son futur beau-frère à l’adresse que cette personne âgée avait donnée. Ils ne trouvèrent qu’une vieille bâtisse désaffectée.

« Nulle part, pas même à la maison, Ida n’était épargnée par ces attaques démoniaques qui terrifiaient aussi la famille. Son frère Piet témoigne : « Un jour, tandis que le Père Frehe, encore chez lui, à la cure, s’apprêtait à rendre visite à la famille Peerdeman, Ida, chez elle, se mit au même instant à vociférer et à jurer. Elle déploya subitement une force physique anormale, au point qu’elle parvenait à soulever aisément des meubles très lourds. Sa voix changea complètement de timbre.

Le père d’Ida, son frère et ses sœurs virent se balancer le lustre du salon, entendirent la sonnette vibrer sans discontinuer ou les plombs sauter sans raison. Les portes et les tiroirs s’ouvraient d’eux-mêmes. Heureusement mon père savait réagir avec humour : « Allez, entrez tous autant que vous êtes, plaisantait-il, plus on est de fous, plus on rit! »

Le Père Frehe conseilla à Ida d’ignorer autant que possible ces manifestations diaboliques. L’intrépidité de papa servait d’exemple au reste de la famille. On attachait donc le moins d’importance possible à ces phénomènes et quand la situation se faisait critique, on se donnait mutuellement du courage en citant un dicton significatif comme : « Allez! On rit les enfants, car si on ne le fait pas, ce sont les diablotins qui vont rire, et on ne va pas leur faire ce plaisir! »

Un jour, toutefois, Ida sentit qu’une main invisible la saisissait à la gorge pour l’étrangler. Devant l’intensification de ces attaques, le Père Frehe comprit qu’il devait faire un exorcisme. La famille entendit alors la voix écœurante et haineuse de Satan qui, par la bouche d’Ida, insultait le prêtre. En cette occasion mais en d’autres aussi, le Père Frehe mesurait à quel point les démons étaient en rage**. Le Père Frehe fit alors un exorcisme avec la permission de l’évêque.

La dernière parole du diable fut : « Cureton, je t’aurai bien. » En retournant chez lui, le Père Frehe tomba à travers un grillage. Le Père Frehe, confesseur et directeur spirituel d’Ida, fut toujours convaincu de l’authenticité des messages. Il n’était pas crédule pour autant. De sa formation dominicaine, il avait gardé un souci de rigueur dans l’examen minutieux des visions et des paroles que recevait et transmettait la voyante.

Des phénomènes semblables se produisent parfois dans la vie de certains mystiques comme la bienheureuse Myriam d’Abellin*, carmélite, qui, avant de recevoir de grandes grâces, avait parfois à subir une forme de possession diabolique. 

Mariam Baouardy, En religion sœur Marie de Jésus Crucifié, née le 5 janvier 1846 à Abellin, en Galilée, décédée le 26 août 1878 à Bethléem, est une religieuse carmélite, connue pour diverses manifestations mystiques. La définition de la nationalité de Mariam Baouardy est difficile à indiquer car elle a vécu dans l’Empire ottoman, aujourd’hui disparu, qui regroupait en son sein diverses populations et nationalités. Aujourd’hui, le village natal de Mariam, Abellin fait partie de l’État d’Israël. L’origine libanaise de ses parents la fait parfois qualifier de libanaise, alors que son lieu géographique de naissance lui fait attribuer une origine palestinienne. Le Saint-Siège la considère palestinienne. Elle est béatifiée en 1983 par Jean-Paul II. Sa canonisation a eu lieu le 17 mai 2015. Elle est liturgiquement commémorée le 26 août (mais aussi le 25 ou le 30 août, suivant les lieux).

Le biographe Amédée Brunot a rapporté dans son ouvrage de nombreux dons mystiques qu’aurait reçus Mariam et dont des proches ont témoigné : extases, lévitationsstigmates de la passion, don de prophétie, don d’ubiquitétransverbération du cœur, apparition et visions de nombreux saints, don de poésie. Une de ses visions a contribué à l’identification du lieu saint d’Emmaüs (Luc 24,13). Mariam était perçue comme humble, obéissante et charitable selon son épitaphe. Mariam considère ses propres dons mystiques (qui suscitent des incompréhensions parmi ses contemporains, comme étant « des maladies »

Le biographe d’Ida Peerdeman raconte les attaques du Démon : 

 « De même, dans la nuit du 4 au 5 avril 1992, le démon se manifesta dans sa chambre. Ida n’entendit que le bruit fracassant de quelqu’un qui marchait lourdement. Elle ne le voyait pas dans l’obscurité. D’une voix percutante et affreuse, il s’adressa à elle : ‘Je veillerai à ce que ça n’aille pas plus loin entre ton évêque et toi. La lumière que tu vois, c’est la mienne ; ce n’est pas celle de l’autre!’ Ida lui répliqua :

‘Bien sûr que c’est elle! La Dame, elle, vient toujours dans la lumière, tandis que c’est typique de toi, tu ne viens que lorsqu’il fait sombre et tu es toujours dans l’obscurité.’ Ida se mit à réciter à voix haute la prière que lui avait enseignée la Dame. Le démon poussa un cri : ‘Je veillerai à ce que tu ne puisses plus jamais voir la lumière.’ À ces mots, il lui lança un petit caillou dans l’œil qui lui causa de terribles douleurs. Puis il disparut.

L’œil se mit à enfler et devint tout rouge. Le lendemain matin, Jannie Zaal, qui s’occupait d’elle dans ses dernières années, et Truus, la sœur d’Ida, lui rincèrent l’œil avec de l’eau de Lourdes. L’œil était infecté mais ne présentait aucune lésion interne. Le médecin prescrivit une pommade. Une dizaine de jours plus tard, Ida avait recouvré la vue.

Le 1er mars 1995, mercredi des Cendres, les cinq téléphones de la maison se mirent subitement à sonner en même temps. Même quand on décrochait, la sonnerie ne s’arrêtait pas. C’était une manœuvre du démon pour faire peur à Ida. Effectivement, elle se sentait vraiment mal, jusqu’à la nausée. Une autre fois, le démon la souleva de son lit en lui disant d’une voix haineuse : ‘Tu n’es pas encore au Calvaire! ‘Le 15 décembre 1995 au matin, on trouva Ida, gisant au pied du lit, le visage ensanglanté.

Elle s’était sentie subitement saisie dans le dos par une main de plomb qui l’avait jetée par terre, la tête la première. Le choc avait été si violent qu’on pouvait voir encore, deux mois plus tard, la trace des hématomes sur son visage. En tout, Ida fit ainsi trois chutes, semblables aux chutes de Notre Seigneur sur le chemin de Croix. Le soir du 28 mai 1996, Mgr Bomers vint lui rendre visite.

Il sonna sans que personne ne vint lui ouvrir. Il savait pourtant qu’Ida était chez elle. Inquiet, il le fit savoir à Jannie. Ida gisait au sol, sans bouger. Elle avait été une nouvelle fois empoignée de force et jetée brutalement au bas de son lit. »

Les visions d’Ida

Ida fait partie des voyantes qui ont été le plus gratifiées de visions ; outre les visions de la guerre 1939/456, la vierge l’a « emmenée » avec elle dans de nombreuses pérégrinations à travers le temps et l’espace.  Ida voit au dessus du monde, un arc de cercle où il est écrit : Vérité, Foi, Amour ; elle lui montre l’enfant Jésus et dit : c’est lui (l’enfant) que je veux ramener sur terre. La Vierge fait voyager Ida à travers le monde ;

La vierge se tient debout, les pieds sur le globe.

Ida a des visions réitérées de la Croix et éprouve en même temps de nombreuses douleurs ; dans une vision, Ida voit le ciel, Jésus, et la Dame couronnée dans la gloire céleste. Malgré toutes ces difficultés, la vie poursuivait relativement paisiblement son cours. Mais un jour, bien avant le début de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elle travaillait dans son bureau, dans une vision que l’on qualifiera plus tard de prophétique, Ida vit passer devant elle des files interminables de soldats à bout de forces. Elle ne comprit pas ce que cela pouvait signifier.

Maintenant nous sommes en 1940 ; Ida a 35 ans. Commencent alors ce qu’on a appelé les « visions de guerre », sur la seconde Guerre mondiale. Ida a des visions concernant le déroulement de la bataille en Europe. Elle voit la rivière de l’Oder rouge de sang ; elle voit aussi  que l’on se bat à Betuwe, la fin de Stalingrad et celles de Mussolini et d’Hitler.  « Ida voit les deux fronts et, les yeux fermés, elle fait des dessins sur la table, qui décrivent leurs manœuvres respectives. Son frère reproduit sur une carte, avec des épingles, le tracé qu’elle décrit. Ce tracé correspond exactement aux nouvelles diffusées, peu après, par la radio clandestine. »

Ida, a bientôt une autre vision qui paraît alors inconcevable, compte tenu des victoires que remportait à ce moment-là l’armée allemande. Ida voit l’armée rouge, sous la forme d’une grande pince, encercler l’armée allemande à Stalingrad. Dès le mois de mai 1940, alors que les allemands étaient au faîte de leur victoire, Ida décrit le nid d’aigle de Hitler et sa fin tragique. Elle décrit aussi Mussolini pendu à l’envers. Elle avait alors un regard fixe et elle exprimait très lentement ce qu’elle entendait et voyait aux personnes qui l’entouraient. En 1940, ces prédictions ne pouvaient que faire sourire les gens, y compris les proches d’Ida. Brusquement les visions de guerre prirent fin. 

[1] Ces « visions de guerre » furent confirmées plus tard, par les évènements

La réalisation des visions 

Les preuves d’authenticité que livre la Dame de tous les Peuples dans ses messages ont un caractère fascinant, qu’on trouve rarement dans l’histoire des apparitions mariales. Elle suit une méthode tout à fait inhabituelle. Elle démontre en effet de façon réitérée l’origine surnaturelle des messages au fur et à mesure que s’accomplissent ses prédictions au cours des ans.

Elle-même dit : «J’ai dit : les signes sont contenus dans mes paroles» (31 mai 1955 et 31 mai 1957). « Les paroles elles-mêmes de la Dame en fournissent les preuves. Cela se vérifiera avec les années.» (3 décembre 1949).

 Il est important de noter que la voyante était dans l’impossibilité d’imaginer les prophéties données dans les messages et encore moins d’influencer le cours de réalisation. Il est donc important, aujourd’hui, de répertorier les révélations de la Dame qui se sont déjà réalisées. Au fur et à mesure que s’accomplissent les prédictions, notre foi en Dieu et en la Dame en est confortée. Nous donnons ici quelques exemples frappants :   

La libération de la Hollande, annoncée le 25 mars 1945 pour le 5 mai suivant, se réalisa effectivement le 5 mai 1945.

Le 7 octobre 1945, Ida voit un drapeau rouge flottant sur la Chine. Quatre ans plus tard, le 1eroctobre 1949, après une guerre civile ayant opposé les communistes de Mao Tsé Tung à l’armée du général Tchang Kai chek, Mao Tse Tung, proclame la République Populaire de Chine. 

Le premier alunissage : le 7 février1946, Ida Peerdeman raconte : « Je me trouvais avec la Dame au-dessus du globe. La Dame m’indique quelque chose et je distingue très clairement la lune devant moi. Il y a quelque chose qui s’approche en volant ; je vois cette chose se poser sur la lune. Je dis : ‘Il y a quelque chose qui se pose, qui se pose sur la lune!’ J’ai l’impression de flotter dans l’espace. Tout me paraît si étrange autour de moi… »Elle écrira des années plus tard, à propos du premier alunissage, du 20 juillet 1969: « C’était fantastique l’alunissage, n’est-ce pas? Exactement ce que la Dame m’avait montré le 7 février 1946. C’est dommage qu’à cette époque-là je n’aie pas su ce que c’était et ce que cela signifiait… Je voyais quelque chose descendre à toute vitesse, une chose presque carrée, blanche qui se dirigeait vers la lune. Je trouvai ça fantastique à voir. »

La déchristianisation de l’Europe : le 29 mars 1946, alors que la foi dans l’Église catholique était encore très vivante, la Dame prédit : “La religion devra mener un dur combat ; on veut l’anéantir. Ce sera fait avec tant de raffinement que presque personne ne s’en souciera.” C’est exactement ce que nous avons vécu depuis la fin du concile Vatican II et dont de très nombreux responsables ecclésiastiques commencent seulement à prendre conscience.

 – Crise monétaire, attentats, calamités climatiques ; les mots qui défilent annoncent des crises monétaires, des attentats terroristes, des calamités (climatiques ?) : « Je vois côte à côte, l’Amérique et l’Europe. Je vois alors écrit : « Guerre Économique, Boycott, Devises, Calamités. »

Emploi d’armes chimiques en Irak et Syrie ( vision du 26 Décembre 1947) Une image très curieuse se présente alors à moi. Une force me pousse à regarder le ciel ; c’est comme si on tirait quelque chose en l’air. Ça me frôle en passant à une telle vitesse que j’arrive à peine à voir ce que c’est. Ça a la forme d’un cigare ou d’une torpille et la couleur de l’aluminium. Tout à coup, je vois quelque chose qui s’en détache par l’arrière. Je tâte de la main devant moi et différentes sensations horribles m’envahissent. D’abord un engourdissement total ; je vis et, en même temps, je ne vis pas. Je vois alors devant moi d’épouvantables images d’êtres humains.

Je vois des visages, de larges visages, recouverts d’ulcères affreux, une sorte de lèpre. J’éprouve ensuite de terribles maladies mortelles : le choléra, la lèpre, tout ce que ces gens ont à subir. Alors que tout cela a disparu, je vois flotter de minuscules choses noires autour de moi. J’essaie de sentir ce que c’est, mais je n’y parviens pas ; cela me semble une matière très fine. Mes yeux ne distinguent pas ce que c’est. C’est comme si je devais regarder à travers quelque chose et, en contrebas, je vois à présent de magnifiques champs blancs. Sur ces champs, je vois ces mêmes petites choses noires, mais grossies et comme vivantes. Je ne sais comment l’expliquer. Je demande à la Dame : ‘Est-ce que ce sont des bacilles?

Avec beaucoup de gravité, elle répond : « c’est diabolique. » Je sens alors mon visage enfler ainsi que tout mon corps. J’ai l’impression que mon visage grossit énormément, que tout se raidit et est boursouflé. Je ne peux pas bouger. J’entends la Dame dire : ‘Et c’est ce qu’ils sont en train d’inventer’, puis, tout doucement : ‘le Russe, mais les autres aussi.’ Elle ajoute énergiquement : ‘Peuples, vous êtes prévenus!’ « Ce message, donné en 1947, préfigure l’emploi d’armes chimiques en Irak et, plus tard, en Syrie, contre les populations. 

Rencontre historique entre églises ; le 15 août 1950, la voyante d’Amsterdam assiste à la rencontre historique qui se fera le 23 mars 1966 à la chapelle Sixtine entre le chef de l’Église anglicane, A. Michael Ramsey, archevêque de Canterbury et le pape Paul VI. Quelques années plus tard Ida verra la même scène à la télévision : non seulement elle reconnaît le pape Paul VI et l’archevêque de Canterbury, tels qu’ils lui avaient été montrés dans la vision, mais aussi leur position exacte. 

Réunification de l’Allemagne ; au cours de l’apparition du 10 décembre 1950, Ida voit la réunification de l’Allemagne. Elle raconte : »La Dame m’indique ensuite une ligne épaisse en Allemagne. Elle dit : ‘L’Europe est divisée en deux’. La voyante doit alors faire un geste de la main et dire : « J’enlève la ligne de la main. » Quarante  ans plus tard, nous avons été témoins de la chute du Mur de Berlin dont le président de l’Allemagne de l’Est, Honecker, avait dit, trois semaines auparavant: « Le Mur restera encore cent ans! »

Concile Vatican II : le 11 février 1951, la Dame donne sa prière à Ida et lui montre le pape au Vatican. Le pape porte la tiare et tient le sceptre dans une main. Il est entouré de nombreux cardinaux et d’évêques en provenance du monde entier ; tous, portent des mitres blanches. Ida ne sait pas que cette vision est une vue du Concile Vatican II.  

La Dame parle aux pauvres et aux petits de ce monde : « Si vous pratiquez, entre vous, la Charité dans toutes ses finesses, les grands n’auront plus aucune chance!… L’enjeu du combat, ce ne sont plus les races ni les peuples ; l’enjeu du combat, c’est l’esprit!… » 

Puis Ida voit de nouveau le Saint-Père avec des cardinaux et des évêques. La Dame dit : “Vous pouvez sauver ce monde. J’ai dit bien des fois : Rome a sa chance. Saisissez l’occasion! Aucune église au monde n’est construite comme la vôtre. » Personne, ce 11 février 1951, ne pouvait deviner que cette vision était l’image du Concile Vatican II. Plus de dix ans après, Ida reconnaîtra ce qu’elle avait vu dans les reportages de la télévision. 

Mort du pape Pie XII : dans la nuit du 18 au 19 février 1958, Ida reçoit un message de la Dame : »J’ai une annonce à te faire dont tu ne devras parler à personne, écoute : le Saint-Père actuel, le pape Pie XII (Eugenio Pacelli), sera élevé parmi les Nôtres début octobre de cette année. La Dame de tous les Peuples, la Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate, le guidera dans la joie éternelle… Son successeur proclamera le dogme.” Le matin du 9 octobre 1958, la radio annonçait la mort du Saint-Père.

Les expériences eucharistiques d’Ida Peerdeman 

Ida a aussi bénéficié d’extraordinaires visions eucharistiques au moment de l’Eucharistie alors qu’elle assistait à la messe. On notera d’abord que les Expériences Eucharistiques commencent presque toujours par une grande illumination du prêtre et de l’autel, et parfois de l’assistance, mais seule Ida voit cette lumière. Pendant que la voyante contemplait la scène qui lui était montrée, elle perdait généralement conscience du monde présent, donc du déroulement de la célébration eucharistique.

Apparemment le prêtre ne s’apercevait de rien et continuait posément la célébration du saint sacrifice. Quand Ida revenait à elle, elle continuait à assister normalement à la messe. En effet, alors qu’intérieurement elle continuait à assister à ses visions, elle se dérangeait sans difficulté pour aller communier et revenir à sa place.  Ida remerciait presque toujours après les manifestations. Souvent aussi la Voix ajoutait : « Amen! « Ces visions relativement succinctes sont très fréquemment suivies de « visions célestes » dont certaines rappellent les visions de l’Apocalypse de Jean, sauf qu’ici Ida rapporte les propos d’une Voix qui les accompagne : sans doute celle du Seigneur.

Synthèse des visions et des propos qu’Ida a eues et entendus au cours de ces expériences eucharistiques* 

 * Du moins celles et ceux qui nous semblent susceptible d’être rapportés et qui soient également compréhensibles, car l’ensemble est important et complexe) 

 Jésus est réellement présent dans l’eucharistie, et même la Trinité !  (8/2/1973). L’hostie est « vivante » dans la bouche d’Ida, se met à « vivre », tandis qu’un liquide délicieux lui emplit la bouche (31/5/1973). Ida fera la même expérience rue du Bac à Paris, le 19 Juin 1968. Le 11/10/1959, des flots se déversent même dans sa bouche d’Ida et la voix dit : « Je suis l’eau vive ». 

L’unique église ; pendant l’Offertoire, la Lumière éclaire l’autel, le prêtre, puis lentement les assistants. Au moment de la communion, d’une très vive Lumière surgit une grande Colombe blanche, toute spiritualisée. Ida entend : « Suis-Moi! » ; Ida suit la Colombe et arrive dans une plaine où se dresse une église avec un clocher. Du ciel, la Voix dit : « Voyez, mes fidèles, ce qui arrivera. » Le ciel s’ouvre ; une grande épée en sort et tranche l’église en deux moitiés qui s’écartent l’une de l’autre. Dans la partie gauche, des lettres apparaissent et forment le mot : « Éphraïm ».  Dans la partie droite apparaît le buste d’un pape. Ida voit des vagues arriver, et l’eau emporte la moitié gauche de l’église. La moitié droite se dresse toujours sur la plaine et peu à peu devient une église entière. Vient alors l’image de la Dame de tous les peuples flottant sur l’unique église. Un troupeau arrive : « Elles avaient été égarées, dissipées. Écoutez, c’est Elle qui devra sauver le monde. (Et tout disparut, sauf la Lumière qui ne partit qu’après la bénédiction du prêtre) Le salut du monde est lié à Marie. La Dame n’abandonne pas ses enfants. »

L’image de la « future » église ; le 31/05/10971, l’apôtre Jean porte le tableau de la Dame de tous les peuples et le place sous le calice ; Ida voit les 3 coupoles de l’église demandée par la Dame ; 

Le 25/03/1980, 35 ans après la première apparition, le tableau de la Dame est baigné de lumière ; 

Le 31/07/1977, au fond d’un jardin, Ida aperçoit la Dame en gloire (au ciel) ; un arbre merveilleux pousse « Quand l’épuration aura eu lieu »  ; 

Le 8/12/1977, au moment de l’élévation (quand Jésus vient « habiter l’hostie » au cours de la messe), au dessus de l’autel, se forme un grand «  M » brillant ;  

Le 31/05/1980, La Dame apparaît « en gloire » (c’est à dire en majesté, comme elle est au ciel) devant Ida ; 

Le 8/09/1980, du tableau de la Dame, émane un délicieux parfum ; 

Le 11/12/1979, la Lumière sort du tableau de la Dame ; 

Le 7/10/1978, se forme un grand «  M » et une colombe se pose dessus ; Ida entend la voix qui dit : « C’est la Victoire de Celle que j’ai envoyée » ; cette image suit celle d’un serpent à 7 têtes se tordant dans tous les sens. 

Le 25/04/1974, vision de Ninive : appel à la conversion ; 

Le 2/09/1979 : vision de Sarah, épouse d’Abraham, chassant Agar, sa servante, mère d’Ismaël : mise en garde contre l’Islam ? 

Le 31/07/1973 : la science ne vient pas de l’Homme mais de l’Esprit ; des cavaliers chassent des vautours…mais uniquement quand tout ceci se sera produit ; 

Le 15/08/1976, vision du ciel : « C’est tellement formidable qu’Ida ne peut pas le raconter » ; France, Allemagne, Pays bas, Belgique apparaissent comme des brebis dispersées ; « Attention aux loups déguisés en brebis » ; 

Le 11/12/1975 : l’hostie et le calice se transforment en la personne du Seigneur ! 

Le 12/04/1979, l’hostie devient « vivante » et Ida entend la voix qui dit : « Je suis celui qui suis » ; 

Le 11/06/1978, prédiction de la mort de Paul VI  et le 28/08/1978, de celle de Jean Paul 1er 

Le 28/08/1978, mort de Jean Paul 1er ;

Le 15/10/1978, « Le nouveau pape vient de loin » ; (Jean Paul II) 

Le 15/05/1981, 2 jours après l’attentat, « Il guérira » 

Le 25/03/1984, dernière vision d’Ida, c’est une vision céleste (Page 236). 

Le 25 mars 1984, Ida reçut sa dernière vision. C’est du moins ce à quoi l’on peut penser, rien n’ayant été publié après cette date. Donc, ce 25 mars 1984, comme cela arrivait de temps en temps depuis le 15 août 1981, la Lumière seule vint dans la Chapelle où Ida assistait à la célébration eucharistique. Mais ce jour-là, exceptionnellement, elle eut une vision céleste et entendit la Voix : « Le temps de la Dame de tous les peuples comme Co-Rédemptrice va commencer. »Puis, raconte Ida, « une musique céleste se fit entendre à mes oreilles et je vis une couronne magnifique, scintillante comme des diamants. Puis tout disparut de mes yeux et la Lumière s’en alla lentement. »  

L’Île Bouchard

Les voyantes y notent la présence d’un ange : « A sa droite (de la Vierge) un peu plus bas, un ange au regard bleu, avec des ailes « couleur de lumière », parle et se présente comme l’ange Gabriel. Sans doute celui de L’Annonciation. C’est à l’île Bouchard également que la Vierge acceptera de montrer à tous sa présence, à travers un trait de lumière vif traversant toute la nef de l’église. 

Akita

Quatre phénomènes supra-naturels accompagnent l’Apparition de la Vierge à Akita : une sudation et des pleurs abondants sur une statue en bois d’olivier, la présence active d’un ange, le destin peu commun du sculpteur de la statue et enfin le destin de la voyante soeur Agnès Sasagawa. 

Présence d’un ange, sudation de la statue et odeurs de parfums

Ecoutons plutôt le récit : « L’office allait bientôt se terminer quand la statue devint à nouveau resplendissante de lumière. L’une des Sœurs, qui se trouvait au premier rang, aperçut un liquide ruisselant comme de la sueur et sortit en informer les absentes. Sœur Agnès qui avait la tête baissée et ne se doutait de rien, sentit soudain quelqu’un à côté d’elle. Elle leva les yeux et vit l’ange qui lui parla : « Marie est encore plus triste que lorsqu’elle versait du sang. Essuie la sueur.  »

Elle se joignit aux autres qui avaient apporté un sac de coton hydrophile. A cinq, elles épongèrent la sueur avec beaucoup de précaution et de dévotion. Tout le corps en était trempé. Elles avaient beau essuyer, essuyer… Un liquide semblable à de la sueur graisseuse suintait sans arrêt, surtout sur le front et sur le cou. A la stupéfaction générale se mêlait un chagrin partagé par toutes. Sœur K. pria avec des larmes dans la voix : « Sainte Marie, pardonnez-nous de vous causer tant de tristesse et de douleur.

Nous vous demandons pardon pour nos péchés et nos fautes. Protégez-nous, aidez-nous!  » Et chacune de s’appliquer à essuyer avec les autres l’endroit qui se présente devant ses yeux dans une commune intention de réparation et de vénération. Les cotons sont trempés à tordre.

Après le dîner, on retourne voir la statue : elle est à nouveau en sueur. Affolées, les Sœurs recommencent à essuyer. On entend même Sœur 0., qui n’est pas d’un naturel bavard, murmurer d’une voix triste :  » Mon coton ne s’imbibe pas. On dirait que cela ne boit pas quand j’essuie.  » Aussitôt, comme en réponse à ses paroles angoissées, le coton qu’elle tient se met à boire comme une éponge trempée dans l’eau, ce qui l’impressionne beaucoup. Au bout d’un moment, l’une des Sœurs fait remarquer que les cotons sentent bon. 

Chacune se met à sentir le sien : il s’en dégage une essence subtile dont on ne peut dire si elle tient de la rose, de la violette ou du lys. C’est le ravissement général, on n’a jamais senti une essence aussi merveilleuse. Quand Sœur 0. déclare que le plus subtil des parfums ne peut exhaler une telle suavité, et c’est bien l’avis de tout le monde, on se demande si ce ne serait pas le parfum du paradis.

Le dimanche suivant, quand elles entrent dans la chapelle, elles sont frappées par le même parfum. La Supérieure va s’assurer qu’il vient bien de la statue tandis que les autres, restées à leur place, se sentent comme enveloppées dans les délicieuses effluves.

Les pleurs de la Vierge 

Ecoutons le récit de la troisième fois où les sœurs de la congrégation d’Agnès observent, éberluées, des pleurs abondants couler des yeux de la statue de bois : « La troisième fois, les larmes se sont mises à couler alors que j’étais restée ainsi pendant un long moment absorbée dans la prière. Vers six heures et demie du soir, la sœur venue battre le rappel pour le dîner s’en est aperçue et c’est elle qui nous l’a fait remarquer. Nous étions deux à prier dans la chapelle.

 » Cette fois-ci, les larmes ne s’écoulaient plus par accumulation et débordement, elles ruisselaient les unes après les autres. Elles affluaient, affluaient… En un flux continuel, elles formaient des filets sur les joues, le menton, jusque sur la poitrine, et tombaient goutte à goutte. » J’ai trouvé tout juste la force de me prosterner, me répétant en moi-même sans pouvoir remuer les lèvres : « Sainte Marie, Sainte Marie, pourquoi à ce point… ? « 

Les Sœurs qui étaient accourues semblaient elles aussi fortement impressionnées. Mêmes celles qui étaient restées perplexes les deux premières fois, peut-être parce qu’elles n’avaient pas bien vu, paraissaient convaincues cette fois-ci de l’évidence du miracle. » Monseigneur qui était arrivé entre temps et voyait les larmes pour la première fois a fait apporter de l’ouate et a essuyé lui-même au fur et à mesure. » Vingt personnes furent témoins de ces trois lacrymatoires successives.

D’ordinaire, il y avait moins de dix Sœurs présentes dans le couvent, mais des membres de branches régionales s’étaient jointes à nous pour la retraite du nouvel an. Quant à moi qui ai observé le phénomène minutieusement à chaque fois, j’en ai été profondément touchée. Les deux yeux de la statue de bois brillaient, le liquide s’accumulait, débordait, ruisselait, tout à fait comme ceux d’un être humain. Chacun en reparla ensuite comme s’il avait assisté aux larmes d’une personne vivante.

Les larmes apparaissaient sur le bord intérieur des yeux où se trouvent les glandes lacrymales, coulaient le long du nez, sur les joues, puis tombaient goutte à goutte, exactement comme une personne humaine qui pleurerait toutes les larmes de son corps en conservant la même position. Les gouttes s’arrêtaient sous le menton comme de petites perles, s’accumulaient sur le col du vêtement, roulaient sur la ceinture, suivaient les plis de la robe et tombaient sur le globe.

Qui pourrait prétendre donner une explication naturelle à un tel phénomène? Les analyses scientifiques du liquide effectuées par la suite ont montré qu’il s’agissait bien de « larmes humaines ».

L’ange gardien de soeur Agnès

La présence d’un ange qui s’exprime et déambule dénote des autres apparitions où l’ange est plutôt passif (sauf à l’île bouchard). Agnès la voyante dit, après l’avoir regardé, qu’il s’agissait d’une jolie personne qu’elle prend d’abord pour sa sœur déjà décédée. Mais la personne lui fait comprendre qu’il ne s’agit pas d’elle : « Alors, elle m’a souri avec douceur et m’a fait un léger « non » de la tête en ajoutant :

« Je suis celui qui est avec toi et qui veille sur toi. » En même temps, elle m’a fait signe de sortir et a disparu à mes yeux. Plus tard, Agnès reparlera de ce « personnage », mais en utilisant le « Il » et non plus le « Elle ». Que faut-il comprendre ? Il s’agit probablement de l’ange gardien d’Agnès, mais celui-ci peut sans doute se manifester sous des traits féminins ou masculins, puisque le sexe n’existe pas chez les anges. 

L’histoire du sculpteur de Notre Dame d’Akita : M. Saburô Wakasa

Le sculpteur, bouddhiste de confession, qui avait réalisé la statue de la Vierge, réalisa également une statue de saint Joseph qui fut installée dans la chapelle des sœurs.  Quelques jours après, il se rendit avec sa femme à une procession dans le jardin du sanctuaire, en l’honneur de la nouvelle statue. Pendant cette procession, la statue de la vierge d’Akita qui n’avait plus pleuré pendant deux ans se remit à pleurer.

C’était de joie d’avoir enfin une belle statue de saint Joseph, pensa tout le monde. M. H, le sculpteur, impressionné par ces larmes qu’il n’avait jamais vues, proposa à sa femme en rentrant de la procession d’aller prier dorénavant tous les jours au sanctuaire. Mais le lendemain, en faisant une partie de golf, il sentit soudain une douleur brutale et violente dans le cou (sans cause extérieure apparente) et le même jour, il mourut d’une crise cardiaque, en recevant le baptême avant sa mort. Ce monsieur s’était converti la veille, grâce aux lacrimations de Notre-Dame d’Akita. 

Le destin particulier d’Agnès Sasagawa, la voyante d’Akita

Agnès Sasagawa Katsuko, née en 1931, avait été opérée d’une appendicite, mais lors de l’anesthésie, une injection abusive provoqua la paralysie; Agnès a 19 ans. Son père, homme de grande noblesse, ne voulut pas attaquer le corps médical. Une infirmière catholique lui fait connaître alors le Christ. La conversion d’Agnès s’accomplit dans la paix, en dialogue avec un moine bouddhiste, respectueux de sa conscience. 

En 1956, son état empire : elle est dans le coma. Les sœurs de Nagasaki envoient de l’eau de Lourdes à la clinique de Myôkô. A peine l’eau est-elle entrée dans la bouche d’Agnès qu’elle reprend connaissance : ses membres figés retrouvent leur mobilité.

Alors âgée de vingt-cinq ans, elle travaille de tout son cœur comme catéchiste à l’église de Myôkô-Kogen. Mais, devenue sourde, elle met fin à ses tâches de catéchiste, puis entre chez les Servantes de l’Eucharistie à Yuzawada – sœurs contemplatives dont la communauté avait été fondée par Mgr Jean Shojiro Itô, évêque de Niigata. La Vierge la guérira de sa surdité

Elle la fera aussi participer à un « exercice de souffrance salvatrice » : c’est le jeudi soir 5 juillet 1956, alors qu’elle commence à prier que soudain, elle ressent dans le creux de sa main gauche une blessure de deux centimètres de large sur trois centimètres de long, en forme de croix : en apparence, c’est une égratignure, mais la sensation d’une piqûre profonde, comme d’une aiguille, l’empêche de dormir. A trois heures du matin, soudain, elle entend une voix : « C’est alors que j’ai entendu une voix qui venait je ne sais d’où et qui me disait : 

« Ne crains pas. Ne prie pas seulement à cause de tes péchés, mais en réparation de ceux de tous les hommes. Le monde actuel blesse le Très Saint Cœur de Notre-Seigneur par ses ingratitudes et ses injures. La blessure de Marie est beaucoup plus profonde et douloureuse que la tienne. Allons prier ensemble à la chapelle. » Marie lui demandera plus tard « si elle ne souffre pas trop de sa blessure à la main »…La voyante Agnès Sasagawa Katsuko, née en 1931, a 87 ans en 2018.

Betania

Toute petite, María Esperanza se révéla très pieuse, et à cinq ans elle eut sa première vision avec sainte Thérèse de Lisieux, qui lui donna une rose rouge. La surprise de sa mère fut d’autant plus grande qu’il n’y avait pas de roses là où ils habitaient.

Maria Esperanza sut que le terrain dont lui avait parlé la Vierge pour y bâtir son sanctuaire était le bon lorsqu’elle l’a reconnu à partir d’une description précise que lui en avait fait la Vierge.

Il est plus qu’une coïncidence que ce lieu se soit appelé « Bétanie* », un lieu qui signifie quelque chose dans les Evangiles. Des 31 apparitions de la Vierge à Maria à Betania, on dispose, finalement, de peu d’informations par rapport à d’autres. La date du 8 Décembre, jour de l’immaculée conception, joue un rôle particulier dans la vie de Maria Esperanza.

* Béthanie 

Béthanie est le village de Judée où les amis de JésusMartheMarie et Lazare possédaient une de leurs résidences. Selon l’évangile attribué à Jean, il était situé à « quinze stades » de Jérusalem (Jn 11:18) il semble être l’endroit où Jésus aimait se retirer lorsqu’il souhaitait s’éloigner des évènements de Jérusalem. C’est à Béthanie qu’est situé l’événement symbolique appelé la résurrection de Lazare et que Simon le Lépreux reçut Jésus chez lui. Il ne faut pas confondre ce lieu avec celui appelé Béthanie-au-delà-du-Jourdain où Jésus et Jean le Baptiste se rencontrent pour la première fois selon l’évangile attribué à Jean.

Des expériences mystiques ; La voyante Maria Esperanza est une mystique dotée de dons extraordinaires. Dès son enfance Maria Esperanza connaît des expériences mystiques : visions de sainte Thérèse et de Jésus à l’âge de 5 ans, guérison miraculeuse, à douze ans, d’une pneumonie qui l’avait paralysée. En outre, elle aurait été privilégié de dons mystiques : stigmates, extases, lévitation, prophétie, lecture des cœurs.

Visites de padre Pio, en bilocation ; Fille spirituelle de saint Padre Pio, celui-ci lui aurait rendu de nombreuses visites en bilocation. Le 23 Septembre 1968, Patre Pio lui est apparu et lui a dit : « Esperanza, je viens faire mes adieux, mon temps est arrivé. » Elle apprit que Padre Pio* était mort le même jour. 

Des phénomènes extraordinaires ; certains de ses beaux-fils diront aussi avoir vu, chez Maria Esperanza, se manifester des choses passant l’entendement humain : des hosties apparaître sur sa langue, des multitudes de pétales de roses sortir de ses vêtements et d’autres phénomènes incroyables attestés par des médecins. Un de ces phénomènes aurait été filmé par une journaliste de Venevison, chaîne de télévision de Caracas. 

* Padre Pio 

Est le nom d’un capucin et prêtre italien né Francesco Forgione, le 25 mai 1887 à Pietrelcina (province de Bénévent, en CampanieItalie), mort le 23 septembre 1968 à San Giovanni Rotondo (province de Foggia dans les Pouilles en Italie). Il avait pris le nom de Pie (en italien Pio), en hommage au pape Pie V, quand il rejoignit l’ordre des frères mineurs capucins. Il fut connu pour être le premier prêtre et l’un des rares hommes à qui la tradition attribue des stigmates, bien que l’origine miraculeuse de ces plaies soit sujette à polémique. Il a été canonisé par l’Église catholique romaine le 16 juin 2002 sous le nom de Saint Pio de Pietrelcina.

Kibeho

Les témoins entendent la voyante parler français, anglais, kinyarwanda et d’autres langues inconnues. 

Le 16 janvier 1982, Alphonsine Mumureke aurait eu la vision d’un champ de fleurs très variées, plantées par la Vierge, qui l’aurait invitée à aller se promener ensemble à travers ce champ. 

Le 20 mars 1982, Alphonsine fait un « voyage mystique ». Elle était comme plongée dans un sommeil très profond. Les autres avaient de sérieuses difficultés à la bouger, encore plus à la soulever ou à desserrer ses mains jointes. Cette lourdeur a beaucoup étonné. Alphonsine raconte : « J’ai entendu la sainte Vierge m’appeler, et j’ai répondu à son appel. […] Nous sommes parties et nous avons abouti à un endroit vraiment horrible : il y avait des gens d’un air lugubre, en train de se disputer et de se battre sans cesse. Et puis nous avons continué à monter et nous sommes arrivés dans un autre endroit. Là, il faisait moins obscur mais horrible tout de même, jusqu’à un certain degré.

Les gens n’avaient pas l’air aussi lugubres que les premiers, néanmoins, ils souffraient beaucoup tout en se tenant pieusement avec les yeux tournés vers en-haut et pleins de tristesse. Enfin, continuant toujours à monter, nous sommes arrivés à un endroit magnifique, où il y avait une lumière excellente comme celle que projette notre soleil habituel. Alors je lui ai demandé comment s’appelait ce lieu-là, et elle me répondit : « C’est la demeure de ceux qui ont un cœur de lumière. Là où les hommes souffrent, mais se tiennent pieusement avec les yeux tournés vers le haut, c’est chez ceux qui seront comptés parmi les Elus. Par contre, là où tu as vu des gens qui ne faisaient que se battre, il s’agit de ceux qui connaîtront éternellement des tourments, sans espérer obtenir le pardon. Entre temps, j’entendais continuellement de très belles voix lointaines qui chantaient, mais sans que je puisse voir de qui elles provenaient. […] Lui ayant demandé pourquoi elle m’avait emmené là, Elle me répondit : 

« Puisque tu as vu ces trois catégories, je peux espérer que tu feras ton possible pour attirer les hommes dans le bon chemin. De plus, je te les ai montrées afin que tu apprennes que la meilleure vie est celle qui viendra, après que l’homme aura quitté la terre.» D’autres apparitions ont suivi, notamment le 15.08.82, avec les autres voyantes.

Livre de Mgr Augustin MISAGO, « Les apparitions de Kibeho au Rwanda« , Facultés catholiques de Kinshasa, 1991, p. 21-38. 88-91 et 94-104. Extraits par F. Breynaert.

Anticipation du génocide de 1994

Au cours des visions, les trois jeunes filles ont reçu différents messages. Le 15 août 1982 les voyantes assistent à ce qui a été interprété comme la préfiguration de la tragédie de 1994 : « Alors que la Dame était en pleurs, on vit alors un fleuve de sang, des personnes qui s’entretuent, des cadavres abandonnés sans sépulture, un arbre entièrement en feu, un gouffre béant, un monstre, des têtes décapitées ».

Ces visions reviendront dans différentes apparitions, notamment à Nathalie. Pour l’Eglise catholique, ces visions se sont avérées prophétiques au vu du génocide vécu au Rwanda en 1994. A Kibeho même, 11 000 personnes vont être massacrées, et pour la plupart, dans l’église paroissiale. Marie Claire, la troisième présumée voyante, trouvera aussi la mort dans le génocide.

Autres faits extraordinaires : il est arrivé qu’il pleuve pendant les apparitions : la foule était mouillée mais pas les voyantes ! 

Il y eut également des visions d’une grande hostie, et des visions du soleil dansant comme un disque. Cela s’est renouvelé au moins 5 fois. 

Au titre des faits supra-naturels, il faut noter les jeûnes : lorsque la Dame le leur demande, pendant plusieurs semaines, les jeunes filles ne vont recevoir que la communion pendant la messe et quelques fois un peu d’eau bénite. A ce sujet, il faut noter le jeûne extraordinaire de Nathalie pendant le Carême de 1983, suivi de très près par une équipe de médecins de l’Université Nationale du Rwanda. 

Les apparitions aux trois voyantes s’accompagnent de phénomènes auxquels la science ne peut pas apporter d’explications. Notamment lorsque les jeunes filles sont en extase devant le soleil pendant plus d’une heure, sans que leur rétine ne soit brûlée. Un autre phénomène reste mystérieux : au moment des extases, les jeunes voyantes prennent du poids et sont impossibles à soulever. Deux médecins de la commission médicale tenteront de soulever Alphonsine pendant une apparition, sans succès. 

Dans d’autres visions cependant, la Vierge apparaît souriante et invite les hommes à l’aimer comme une mère empressée auprès de ses enfants : «Il ne faut pas avoir peur de sa maman ! » Dit-elle. 

San Nicolas de los arroyos

Comme les enfants de l’Île Bouchard, la voyante a pu toucher Marie et sentir la chaleur de son corps.

Gladys Quiroga précise que pendant les apparitions, elle sent un intense parfum de roses. 

À partir du vendredi 16 novembre 1984, la voyante dit subir tous les vendredis les souffrances de la Passion du Christ, dont les stigmates.

Le 4 juin 1991, dans un songe, elle perçoit l’endroit où se localiserait une source miraculeuse comparable à celle de Lourdes, devenue aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour de nombreux malades. De nombreuses guérisons ont été enregistrées par le diocèse de San Nicolas dans le cadre de l’enquête de la reconnaissance des apparitions. 

Marie, dans une apparition subséquente, a donné à Gladys un chapelet blanc et lui a dit : « Recevez ce Rosaire de mes mains et gardez-le pour toujours et à jamais. Vous êtes obéissante ; J’en suis heureuse ; réjouissez-vous car Dieu est avec vous. »

La Vierge Marie a également demandé à Gladys d’aller chercher une statue qui avait été bénie par un Pape et qui avait été oubliée dans le clocher d’une église. Elle a trouvé la statue le 27 novembre 1983. Elle était dans le clocher de la cathédrale du diocèse. La statue en question était la Mère de Dieu tenant l’Enfant Jésus. Elle avait été apportée de Rome après avoir été bénie par le Pape Léon XIII. La statue ressemblait à la Vierge de l’apparition. Dès lors, cette statue est l’objet de vénération.

L’Escorial Sous réserve : apparition non reconnue

En mai 1970, Luz Amparo Cuevas* reçoit la visite du Seigneur ainsi que le 15 Novembre 1980, où elle commence à ressentir dans sa chair la Passion du Christ. Il lui demande de porter ces souffrances pour « sauver beaucoup d’âmes » ; puis le Seigneur annonce à Luz qu’elle portera désormais les stigmates dans l’intimité pour éloigner la curiosité.

La Vierge lui apparaît surtout les premiers samedis du mois, avec parfois la présence de Notre-Seigneur.

Le 18 juin 1981 (jour de la Fête-Dieu), l’ange Gabriel développe une vision que Luz et sa famille ont eue la veille. Il explique le châtiment qui suivra l’Avertissement, l’Illumination de la Terre et la seconde venue de Jésus sur la Terre et précise que notre capacité à  résister à l’intensité d’un tel événement dépendra de l’état de notre relation (ou non relation) avec le Seigneur.

Outre les attaques personnelles du démon, Luz sera victime, en mai 1983, de trois brutes qui la  violentent et la menacent de mort si elle ne nie pas ses révélations*. Luz, blessée et nue appelle le  Seigneur à l’aide et les malfaiteurs fuient mystérieusement. Son mari la retrouve inanimée. A l’hôpital, elle dit : « Je leur pardonne et je donnerai ma vie pour eux si c’était nécessaire ; ce qui compte c’est de  sauver leur âme ».

D’autres évènements violents marquèrent le site : meurtre de Jésus, un des fils de la voyante, projet de parc forain sur le lieu de l’apparition, opposition du curé qui devient malade, opposition du maire battu aux élections après révélation d’un scandale sexuel, grillage installé par la municipalité pour interdire l’accès au lieu, tentative d’incendier le frêne des apparitions…

* L’attaque de Luz Amparo Cuevas, le 26 Mai 1983.

Luz Amparo a souvent été l’objet de mystérieuses attaques du démon et de ses séides. Mais le 26 mai 1983, trois personnes (deux hommes et une femme), la tête couverte d’une cagoule, assaillirent brutalement Luz Amparo, alors qu’elle se trouvait seule en prière au Pré-Neuf, la dénudèrent complètement et jetèrent ses vêtements dans l’abreuvoir situé à quelques pas de l’arbre des apparitions. Puis en la rouant de coups, ils lui ordonnèrent de déclarer faux tout ce qu’elle disait lui être arrivé, les Apparitions de Notre Dame et les messages, en proférant toutes sortes de blasphèmes qu’ils tentaient de lui faire répéter.

Ne parvenant pas à lui faire nier les Apparitions, ils menacèrent de la violer et de la tuer en la pendant à un arbre ou en l’étranglant. Voyant sa dernière heure venue, acceptant consciemment le martyre pour témoigner de l’authenticité des Apparitions, elle s’écria :  » Mon Dieu, mon Dieu, est-ce possible ? Cela aussi Tu vas le permettre ? « . A ce moment-là, les malfaiteurs entendirent un bruit, comme d’une pierre qui tombe, et s’enfuirent, laissant leur pauvre victime nue, inanimée, tuméfiée et couverte de sang.

Ce n’est que plusieurs heures après, que son mari, inquiet de ne pas la voir revenir, la découvrit dans cet état. Elle fut transportée à l’hôpital, mais, comme Jésus, elle pardonna à ses bourreaux. De son lit de souffrances, elle déclara :  » je leur pardonne et Je donnerais ma vie pour eux, si c’était nécessaire. Ce qui compte, c’est de sauver leur âme. »

Le Laus et San Nicolas de los Arroyos

La Vierge ordonna à Benoîte de chercher, au Laus, une petite chapelle oubliée ; ceci nous rappelle la statue égarée dans le clocher de l’église de San Nicolas de Los Arroyos en Argentine, lors de l’apparition à Gladys Quiroga de Motta.

Paris/ rue du Bac et Rome, Lourdes, Fatima 

L’apparition de la rue du Bac à Paris, à Catherine Labouré, élargit le travail d’apostolat de la vierge et de conversion des pécheurs, à travers sa demande de diffusion d’une médaille : une image de la Vierge figurant sur cette médaille et reproduite dans l’église San Andrea delle Fratte*, à Rome, entraînera la conversion instantanée d’Alphonse Ratisbonne ; la Vierge de la rue du Bac annonce aussi le dogme de l’Immaculée conception, confirmé à Bernadette Soubirous, à Lourdes. Le cœur transpercé de Marie, placé près de celui du Christ, sur la médaille miraculeuse, apparaîtra plus tard à sœur Lucie, un des trois voyants de Fatima, dans la vision de Tuy et annonce la demande de Marie, à Ida Peerdeman, à Amsterdam, de lui voir reconnue le dogme de co-rédemptrice de l’humanité. 

* Cette apparition romaine entraîna la reconnaissance officielle de la Médaille miraculeuse par l’Église Catholique. L’église, Sant’Andrea delle Fratte,située à deux pas de la place d’Espagne, et qui a reçu d’illustres visiteurs comme sainte Thérèse de Lisieux lors de son voyage à Rome et saint Maximilien Kolbe, qui y a célébré une première messe, abrite en effet une chapelle ornée d’un tableau représentant la Vierge Marie ressemblant fort à l’avers de la Médaille « miraculeuse » montrée par la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré, en 1830 à Paris !

Paris, San Nicolas de los Arroyos, Lourdes, Amsterdam 

La révélation de l’Immaculée conception à Bernadette Soubirous à Lourdes en 1858, confirme les mots inscrits sur la médaille miraculeuse vue par Catherine Labouré à Paris, rue du bac, en 1830 : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours çà vous ». 

A San Nicolas de los Arroyos (Argentine), le 11 Janvier 1989,  la Vierge dit à la voyante Gladys Quiroga de Mota, « qu’elle apporte un peu du ciel de Lourdes. » 

Comme on le verra régulièrement, les apparitions de la Vierge se confortent les unes les autres : l’espace temps de Marie n’est pas le nôtre !

Pontmain et Bechouate au Liban

Dans les années 1900, quelqu’un apporte une copie de la statue de la Vierge de Pontmain, au Liban, dans le village de Béchouate. Lorsque la Vierge apparaîtra dans ce village, en 1976 et 2004, le père Claude Poussier, recteur du sanctuaire de Pontmain, rappellera l’origine française de cette statue, en faisant lui même le pèlerinage à Béchouate, en janvier 2005. À cette occasion, le message de la Vierge de Pontmain, traduit en arabe, sera inscrit sur le sanctuaire de Bechouate.

Gietrzwald et Lourdes

A cause de la source et des guérisons miraculeuses, on dit que Gietrzwald est « le Lourdes de la Pologne ».

Beauraing et Banneux

La Vierge est déjà apparue, en Belgique, du 15 Janvier 1933 au 2 Mars 1933 à Beauraing. Quelle signification à deux apparitions si proches, sinon la montée des périls qui annonce la deuxième guerre mondiale ? 

Amsterdam, miracle eucharistique de 1345, Fatima, Lourdes, Rue du Bac à Paris, Akita

Pourquoi l’apparition d’Amsterdam est-elle « centrale » ? 

Amsterdam (1945/1959)  selon nous, est une apparition centrale parce qu’elle fait lien avec quatre autres apparitions : Fatima, Lourdes, Rue du Bac à Paris et Akita au Japon. 

Le premier message de la Vierge à Ida Peerdeman à Amsterdam, a été donné le 25 mars 1945, fête de l’Annonciation, et également jour anniversaire de celui où la « Belle Dame » de Lourdes (1858) révélait solennellement son identité en patois des Pyrénées, à Bernadette Soubirous : «Que soy era Immaculada Councepciou !» (en français : « Je suis l’Immaculée Conception ».

A Amsterdam, la Vierge fait allusion à un miracle eucharistique* qui s’est déroulé dans la ville d’Amsterdam en 1345 ! Soit 614 ans plus tôt ! 

Amsterdam fait également lien avec la rue du Bac à Paris, quand la Vierge a révélé à Ida, dans la chapelle de la rue du Bac à Paris où elle s’est rendue à deux reprises* : « Ce qui a commencé ici,(apparition de la rue du Bac à Paris en 1830), la Dame de tous les peuples l’a poursuivi ! »

Enfin, la statue d’Akita (Japon), objet de phénomènes extraordinaires (sudation et lacrimations), est une reproduction, en sculpture bois, du tableau la représentant, demandé par Marie, à Amsterdam, à Ida Peerdeman. (1973 à 1981)

* Le miracle eucharistique d’Amsterdam, 600 ans avant l’apparition d’Amsterdam

« C’est Amsterdam que j’ai choisie pour être la ville de la Dame de tous les Peuples. C’est aussi la ville du Sacrement. » (Message du 20 mars 1953) Que signifie cette phrase de la Vierge ? Le miracle eucharistique d’Amsterdam a eu lieu le 15 mars 1345, soit 600 ans avant la première apparition de la Dame de tous les Peuples. Voici le récit :

dans sa maison de la rue Kalverstraat, un malade était mourant. On lui administra l’extrême-onction, mais il ne put conserver la sainte communion et rendit l’Hostie. La femme qui le soignait, jeta au feu la vomissure. Alors que le lendemain matin elle rallumait le feu, elle vit planer l’Hostie au-dessus des flammes. Elle la déposa sur un tissu qu’elle mit dans un coffret et fit venir un prêtre. Ce dernier prit l’Hostie et la porta discrètement à l’église Saint-Nicolas, l’actuelle Oude Kerk. À l’étonnement de tous, l’Hostie se trouvait le lendemain matin de nouveau dans le coffret. Le prêtre vint prendre une seconde fois l’Hostie et répéta les gestes de la veille. Quand, le jour suivant, on retrouva pour la troisième fois, et de façon tout aussi inexplicable, l’Hostie dans le coffret, on en conclut à l’intention du ciel de rendre le miracle public.

On ramena l’Hostie à l’église Saint-Nicolas, mais cette fois en grande pompe, dans une procession. L’évêque d’Utrecht, après enquête, reconnut le miracle en 1346. La solennité du Saint Sacrement devint une fête liturgique et urbaine au cours de laquelle, d’une année à l’autre, on renouvelait solennellement la procession. De la maison où était décédé le malade, on fit une chapelle. Les pèlerins affluèrent au cours des années et, parmi eux, se trouva, un jour, l’empereur Maximilien d’Autriche qui venait à Amsterdam pour demander la grâce de sa guérison. Il fut exaucé et, en reconnaissance, accorda à la ville d’Amsterdam le privilège d’ajouter la couronne impériale à ses armoiries.

En 1578, la procession annuelle fut interdite par la municipalité protestante d’Amsterdam et les catholiques ne purent plus se rendre à la chapelle. Néanmoins, les processions continuèrent en secret et en silence et ainsi fut créée «la marche silencieuse». Remise à l’ordre du jour et autorisée en 1881, la «marche silencieuse» a lieu depuis lors, le soir du premier samedi suivant le 15 mars. De nos jours chaque année environ 10.000 personnes venant de toutes les parties des Pays-Bas y participent, en priant en silence et suivant le chemin historique de la toute première procession. En dépit de nombreuses protestations, on démolit en 1908 la chapelle désaffectée. À sa place, on a choisi la chapelle du Béguinage pour commémorer le Miracle d’Amsterdam.

** L’Apparition de la rue du Bac à Paris (1830)

Elle préfigure Notre Dame de tous les Peuples, cent trente six ans plus tard ! Le 25 mai 1966, le tableau de la « Dame de tous les peuples » arrivait à Ville d’Avray, aux portes de Paris. Et le même jour, pour la première fois, on priait, devant l’image, la prière de la Dame de tous les peuples en différentes langues, en présence d’Ida Peerdeman, qui participait également à la messe du soir.

Quelques jours plus tard, le 31 mai, au moment où elle s’avançait pour recevoir la communion, elle vit la lumière habituelle et entendit intérieurement la voix qui lui disait : « C’est bien ainsi ! » Par ces mots, la Vierge Marie entendait donner son accord pour la venue de l’Image en France, dans une église dédiée à saint Nicolas, saint patron également de la ville d’Amsterdam. Dès le 19 juin 1966, le premier groupe de pèlerins hollandais arrivait à Paris et se rendait auprès de ‘leur’ image ; la voyante était du nombre.

Le lendemain, elle visitait la chapelle des Apparitions de la rue du Bac ; là avait débuté en 1830 l’ère des apparitions mariales lorsque la Sainte Vierge révéla la Médaille miraculeuse à Catherine Labouré. « Ensuite nous avons assisté à la messe, et lorsque je retournai à ma place au moment de la communion, la sainte Eucharistie se mit à vivre dans ma bouche. J’entendis très distinctement une voix qui disait au fond de moi : Comprenez-vous maintenant le chemin que j’ai voulu ? C’est pour cela que j’ai dit : c’est bien ainsi !’” ».

En sortant de la chapelle, tous furent touchés au récit de la voyante qui raconta ce qu’elle avait vécu. Ils retournèrent à l’église saint Nicolas et remercièrent la Dame de tous les peuples devant son image – avec des prières et des fleurs – de la confirmation reçue.

Trois ans plus tard, le 31 mai 1969, Ida se trouvait une nouvelle fois à Paris. Elle décrit ainsi son expérience : « Pendant que je communiais dans la chapelle de la rue du Bac, je vis à nouveau la lumière et j’eus la forte impression que le Seigneur était à nouveau sensiblement présent en moi. Je perçus les paroles suivantes qui s’imprimèrent profondément en moi, mais sans qu’elles aient été prononcées : « ce qui a été commencé ici, a été continué par la Dame de tous les peuples ». Dieu s’est servi d’un concours de circonstances particulier afin que le tableau de la Dame de tous les peuples vienne en France pour quelques temps : le père Crijns, originaire de Hollande, s’était engagé en France en tant que membre de la ‘Milice du Christ’. Il avait appris que l’image de la Dame de tous les peuples n’était plus exposée au public dans la ‘Thomaskirche’ (église Saint Thomas) à Amsterdam. Aussi demanda-t-il à la voyante et à son directeur spirituel l’autorisation de la faire venir en France, dans son église paroissiale, ce qui lui fut accordé. C’est ainsi que le 25 mai 1966, le tableau arrivait à Ville d’Avray, aux portes de Paris. 

Similitudes entre les deux apparitions d’Amsterdam et de la rue du Bac (Etude du Comité de la Dame de tous les peuples en 1973)

Dans les deux cas, les personnes qui reçoivent les messages confiés par la Sainte Vierge sont des femmes d’une grande simplicité et sincérité ; toutes deux ont perdu leur mère à un jeune âge et ont été préparées à leur vocation par de multiples expériences d’ordre surnaturel. 

Les voyantes reçoivent de Marie la révélation d’une prière rattachée à une image, avec la mission de les diffuser conjointement. Catherine Labouré entend de la bouche même de la Vierge Marie une invocation inconnue jusque-là : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! » A Amsterdam, la Dame de tous les peuples énonce solennellement, en la faisant répéter, une prière dont la formulation inhabituelle « qui fut un jour Marie » suscite dans un premier temps une vive surprise.

De même, les deux voyantes non seulement entendent la prière ainsi révélée, mais en même temps elles la voient écrite. Dans sa vision, Catherine Labouré voit la prière inscrite dans son entier avec le nouveau titre de l’immaculée conception ; l’inscription forme un arc de cercle allant de la main droite de Marie à sa main gauche en passant par-dessus sa tête. A Amsterdam Ida relate le 11 février 1951 qu’elle vit la prière s’inscrire en majuscules sous ses yeux. Au cours d’une vision, elle voit le nouveau titre : « La Dame de tous les peuples » disposé en un demi-cercle lumineux autour de la tête de Marie.

Pour signifier l’importance que la Mère de Dieu octroie à la représentation exacte de son image, elle apparaît trois fois à la rue du Bac – et même six fois à Amsterdam – aux seules fins de donner des directives précises à ce sujet. Sur la Médaille miraculeuse, comme sur l’Image de la Dame de tous les peuples, la Vierge Marie se tient debout sur le globe terrestre comme “la Femme revêtue de Soleil”. Elle a les bras ouverts. Sœur Catherine voit des rayons lumineux venant des anneaux qu’elle porte à ses doigts, alors qu’elle entend une voix lui expliquer : « Ces rayons sont le symbole des grâces que Marie obtient aux hommes. » A Amsterdam, les trois rayons qui proviennent des plaies transfigurées des mains de Marie représentent : la Grâce du Père, la Rédemption du Fils et la Paix de l’Esprit Saint.

Les apparitions de la rue du Bac sont données à la France mais aussi pour le monde entier ; la Vierge Marie insiste clairement sur ce fait, lorsqu’elle dit entre autre : « Le globe que tu vois représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier. » La même chose vaut pour Amsterdam où la Mère de Dieu souligne à maintes reprises que des Pays-Bas, elle veut être portée aux peuples du monde entier.

Les deux pays, la France et la Hollande, sont sans le savoir au bord du gouffre, lorsque la Vierge Marie y apparaît. Elle vient pour porter secours et pour indiquer une issue.

Dans les deux lieux de grâce, la Vierge Marie expose clairement la gravité de la situation, tant du point de vue religieux que politique. A Paris, elle dit : « Les temps seront mauvais.» « Les malheurs viendront fondre sur la France. » « Le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes». De façon analogue, Marie nous met en garde à Amsterdam : « Au cours des siècles, le monde n’est jamais passé par une telle période, un tel déclin de la foi.» (28.03.1951) « Le monde entier va se détruire… » (19.11.1949)

Les deux révélations signalent le mépris que l’on a de la Croix. Sœur Catherine entend : « Mon enfant, la croix sera méprisée. On la mettra par terre.» Et de même, il est dit dans les messages d’Amsterdam : « Tout à coup, je vois la croix redevenue intacte, plantée au milieu du monde. Toutes sortes de gens l’entourent, mais ils détournent la tête. » (29.03.1946) : « C’est un dur combat spirituel. …Cette croix, ils veulent la changer en d’autres croix. » (3.01.1946) « Elle montre la croix et dit : “Il faudra bien que le monde entier y revienne, des grands aux petits, des pauvres aux riches, mais ça demandera un effort.” » (7.10.1945) : « Que tous reviennent à la croix, c’est la seule façon de ramener la paix.» (11.02.1951)

Nous savons qu’en 1854 le pape Pie IX prononçait solennellement le dogme de l’Immaculée Conception. Mais 24 ans plus tôt déjà, ‘L’Immaculée Conception’ en personne se révélait à Catherine, une simple novice, demandant aux fidèles de l’invoquer en ces termes : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». A Amsterdam, la Vierge Marie invite les croyants à l’invoquer dès à présent comme la Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate. Comme à Paris, sa Prière et son Image anticipent un dogme, le plus important et «le dernier dogme marial» (15.11.1951) de l’Histoire. On le verra un jour proclamé solennellement, comme la Sainte Vierge nous le promet dans ses messages : « Ce dogme sera très contesté ; cependant, on le fera aboutir. » (31.05.1951)

A Paris, la « voix céleste » reste audible, même après que les visions eurent cessé : « Ma fille, vous ne me verrez plus, déclare Marie à sœur Catherine, mais vous entendrez ma voix pendant vos oraisons.». Le même phénomène survient à Amsterdam où la voyante Ida, après l’interruption des messages de Marie proprement dits, continua de percevoir une voix divine au cours de ce que l’on a appelé les ‘Expériences Eucharistiques’. Il y a une forte correspondance entre l’attitude de la Vierge sur la médaille miraculeuse et l’image demandée par la Vierge à Ida à Amsterdam.

Amsterdam est la poursuite de ce qui a été commencé à Paris, rue du Bac : « « Ce qui a commencé ici, la Dame de tous les peuples l’a poursuivi ! » disait la Mère de Dieu à Ida Peerdeman dans la chapelle de la rue du Bac. Compte tenu des paroles de la ‘Dame’ et au vu de ce qui précède, on peut dire que si la rue du Bac constitue « le commencement ». Amsterdam, par contre est le couronnement ou – comme la Vierge Marie elle-même l’a défini : « la clef de voûte de la pensée mariale » (4.04.1954). Si l’Immaculée de la Rue du Bac nous fait entrer dans une époque véritablement mariale, il est donné à la Dame d’Amsterdam de se révéler comme Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate universelle, « … à la Dame de venir aussi auprès de ses apôtres et ses peuples du monde entier pour leur apporter une nouvelle fois le Saint Esprit ». (31.05.1954)

L’Île Bouchard et de grands témoins de l’Eglise : Jeanne Delanoue* et Marthe Robin**

Le lieu de l’Apparition n’a pas été choisi au hasard. A la question de savoir pourquoi la vierge a choisi d’apparaître à l’Île Bouchard, la Vierge répond que c’est parce qu’il y a ici des personnes pieuses et que Jeanne Delanoue y est passée.

Jeanne Delanoue (Saumur18 juin 1666 – Saumur17 août 1736) est une religieuse française fondatrice des servantes des pauvres et reconnue sainte par l’Église catholique. Au cours de l’une des apparitions de l’Île-Bouchard (8-14 décembre 1947), la Sainte Vierge fait allusion à Jeanne Delanoue, qui vient d’être béatifiée et à son passage à l’église St Gilles, lieu des apparitions).

*Coïncidence avec une révélation de la Vierge faite à la mystique Marthe Robin 

Dans une lettre du 21 septembre 1983, le Père Finet, guide spirituel de Marthe Robin***, qui avait des antennes, témoigne de son intuition d’alors : « Marthe a beaucoup prié, car elle était très douloureuse, constatant le progrès du communisme en France et redoutant les pires catastrophes. Le vendredi 12 décembre, après la Passion, Marthe m’a dit que la Sainte Vierge lui avait montré qu’en ce jour, elle avait arrêté le communisme, qui n’avait pu réaliser l’attaque que ses membres devaient faire contre le gouvernement et finalement contre la France, pour s’emparer avec violence du pouvoir. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, peu après, j’ai appris que la Sainte Vierge était apparue à l’Ile Bouchard ! Dès le 31 mai 1949, le curé Vivian, archiprêtre de Chinon, confirmait ce témoignage de Marthe Robin : bien qu’ignorant les faits de l’Ile Bouchard, elle a déclaré que « la Vierge aurait dit qu’elle était intervenue très spécialement le 8 décembre pour sauver la France d’un grand péril » (Anthonioz, p. 48).

**Marthe Robin,

Née le 13 mars 1902 à Châteauneuf-de-Galaure et morte dans la même ville le 6 février 1981, Marthe Robin est une mystique catholique française, fondatrice des Foyers de Charité, connue pour des phénomènes tels que des visions religieuses, des stigmates et l’inédie que lui attribuent divers témoins de son époque. Son dossier en vue d’une éventuelle béatification a été déposé auprès des autorités diocésaines en 1987 puis transmis au Saint-Siège en 1996. Le 6 mai 2010 a été signée à Rome, à la Congrégation pour les causes des saints, la « Positio », recueil élaboré à partir de tous les éléments recueillis visant à authentifier sa réputation de sainteté ; elle a abouti à la reconnaissance de « l’héroïcité des vertus » le 7 novembre 2014. Selon le père Bernard Peyrous, Marthe Robin a accompagné, à des degrés divers, la constitution de nombreuses communautés nouvelles et associations.

Akita, Lourdes et Amsterdam

La statue de la Vierge à Akita ( Japon), objet des phénomènes, est une reproduction de la Dame de tous les peuples demandée par la Vierge à Ida Peerdeman à Amsterdam. 

A la fin des années 60, la mère supérieure de l’Institut des Servantes de l’Eucharistie, Sr Kotake tombe sérieusement malade. Elle est guérie avec de l’eau de Lourdes et décide alors de faire faire une statue à la sainte Vierge en action de grâces. L’une des sœurs du couvent possédant une image de Notre-Dame de tous les peuples, apparition d’Amsterdam condamnée alors par l’Église, la mère supérieure trouve cette image jolie et décide qu’elle sera le modèle de la statue. 

L’évêque d’Akita a influé puissamment pour faire reconnaître l’apparition de Notre-Dame de tous les peuples. 

Voici ce que dit un spécialiste et fervent partisan de Notre-Dame de tous les peuples, le Père Paul Sigl lors de la troisième journée internationale de prières à Amsterdam, en 1999 : « Le message d’Akita a été reconnu par l’Église. Il est inséparablement lié à celui de la Dame de tous les Peuples à Amsterdam. Mgr Ito d’Akita a très bien saisi le lien spirituel qui rattache les deux lieux d’apparition. Aussi, le 24 juin 1984, il s’est rendu personnellement à Amsterdam et a célébré la sainte Messe en présence de la voyante, Mère Ida Peerdeman, dans la chapelle de la Dame de tous les Peuples. Il y exprima sa conviction que par la reconnaissance officielle des évènements d’Akita, Dieu a voulu entériner les apparitions d’Amsterdam. »

(Madrid) Amsterdam et San Nicolas de Los Arroyos 

Comme à Amsterdam, Marie se présente comme « co-rédemptrice » de l’humanité. A L’Escorial ( Madrid), on enregistre des messages simultanés de Jésus et de Marie, comme à Amsterdam et San Nicolas de Los Arroyos. 

Betania et Lourdes, notre Dame du mont Carmel

« Mon enfant, je viens te donner une parcelle du ciel de Lourdes » ; Après avoir mentionné sa présence à Lourdes, Marie confirme qu’elle était aussi notre Dame du mont Carmel*. « Enfants, je suis la Mère du Mont Carmel, (16 juillet 89) ; Je vous garde ici dans mon coeur ..! »

L’Ordre du Carmel

Au XIIe siècle, des hommes choisissent de vivre en ermites dans les grottes du Mont Carmel, à la recherche de Dieu. Ils s’inspirent des prophètes Élie et Élisée, qui selon une tradition, vécurent dans les grottes du Mont Carmel, et y fondèrent une « École des prophètes ».

Les premiers ermites, menés par Berthold, construisent une chapelle en l’honneur de la sainte Vierge Marie, et Lui portent une dévotion singulière. Ils la désignent rapidement comme sainte patronne. Ces ermites du Mont Carmel reçoivent, aux environs de 1209, une règle de vie élaborée par le patriarche Albert de Jérusalem. La prière est au centre de cette règle de vie. À la suite de la conquête de la Palestine par Saladin (chute de Jérusalem en 1187 par Saladin, jusqu’à la chute de Saint-Jean-d’Acre en 1291), les ermites, au cours du XIIIe siècle se réfugient progressivement en Europe car leur sécurité ne peut plus être assurée dans leur ermitage. Lors du Concile de Latran de 1215, la papauté voulant réorganiser les ordres mendiants en supprime un grand nombre, les rattachant à des ordres officiels (ordre de Saint François et ordre de Saint Dominique) et menace de supprimer l’ordre des Carmes. 

Honorius III, en 1226, admet que l’ordre des Carmes puisse être préservé. Le Concile de Lyon de 1274 supprime 22 ordres religieux nés après 1215, mais sursoit à la suppression des Carmes et des Ermites de saint Augustin. Le Pape Urbain VI, en 1379, confirme le titre, pour le Carmel, d’Ordre de la Bienheureuse Marie, Mère de Dieu, Notre-Dame du Mont Carmel. Le mont Carmel ( en hébreu Har HaKarmel, littéralement en français « le vignoble de Dieu ), est une montagne côtière d’Israël surplombant la mer Méditerranée. La ville de Haïfa se trouve en partie sur le flanc du mont Carmel, ainsi que quelques petites villes, comme Nesher ou Tirat Carmel.

Betania / Amsterdam / Coromoto

Marie se présente à Maria Esperanza ( Betania) comme « Mère Réconciliatrice des Peuples et des Nations » : une dénomination très proche de celle de « Dame de tous les peuples », utilisée par la Vierge à Amsterdam. Dans un message du 8 Septembre 1989, Marie se présente aussi comme NotreDame de Coromoto*, Patronne du Venezuela (message du 8/9/1989) 

* Notre Dame de Coromoto

Notre Dame de Coromoto est le nom donné à la Vierge Marie lors de son apparition à un indigène du Venezuela en 1652. C’est une figure catholique du continent américain. Le culte de la Vierge de Coromoto est particulièrement répandu au Venezuela, nation dont elle est la patronne

Quand la ville de Guanare, capitale de l’état de Portuguesa, fut fondée en 1591, les natifs qui habitaient dans la région, les Cospes, fuirent vers la forêt au nord de la ville pour échapper aux conquistadores, rendant difficile l’évangélisation que ces derniers avaient entrepris. La tradition place la première apparition de Marie le 8 septembre 1652, dans la forêt où s’étaient enfuis les Indiens. Elle aurait dit au cacique des Cospes, l’indien Coromoto, et à sa femme : « Vous allez à la maison des blancs et vous leur demandez qu’ils vous donnent l’eau sur la tête pour pouvoir aller au ciel », c’est-à-dire pour se faire baptiser.

Selon la tradition orale, le cacique raconta tout à son encomendero, don Juan Sánchez ; celui-ci lui demanda de se préparer avec sa tribu pour recevoir le baptême huit jours plus tard. Des Indiens Cospes se convertirent et se firent baptiser, mais pas le cacique qui fuit. La légende place à ce moment la seconde apparition de Marie : Coromoto, rendu aveugle par la colère, aurait levé le bras pour la saisir, mais elle aurait disparu. La tradition veut que l’apparition se soit matérialisée dans une marque faite de fibres d’arbre qui se trouve aujourd’hui dans le sanctuaire national de Notre-Dame de Coromoto. Dans le conte, Coromoto est mordu par un serpent venimeux ; blessé et sur le point de mourir, il revient à Guanare et y reçoit le baptême que lui administre un barinais. Guéri, il consacre ensuite le reste de sa vie à l’évangélisation des Cospes qui s’étaient, sous son commandement, opposés aux conquérants.

Statue de Notre Dame de Coromoto
Par Guillermo Ramos Flamerich — Travail personnel, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1464821

Le pape Pie XII déclara en 1950 Notre-Dame de Coromoto patronne du Venezuela. Le pape Jean-Paul II couronna la statue lors de sa visite au sanctuaire marial de Guanare et le pape Benoît XVI éleva le sanctuaire national de Notre-Dame de Coromoto au rang de basilique mineure.

La personne de la Vierge

La vierge apparaît presque toujours dans un milieu paysager et souvent à l’aplomb d’un arbre ou d’un arbuste. Elle peut apparaître dans une grotte.

Marie sollicite souvent la construction d’une chapelle ou d’une église, parfois d’un sanctuaire.

Marie s’adresse à des enfants, presque toujours des jeunes filles, issues de milieux modestes, voire pauvres, souvent sans culture et parfois illettrées. A Ida Peerdeman, Marie dit : « Je le dis une fois encore : le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple pour sa cause. » Dans un certain nombre de cas, surtout au début, la Vierge apparaît à des enfants appartenant à des milieux religieux et priants.

La Vierge a, la plupart du temps, une attitude maternelle et douce, mais ne s’interdit pas, ici ou là, une réprimande envers la communauté religieuse qui accueille la voyante et souligne l’importance de la vertu d’obéissance. Elle insiste sur la confiance à accorder à son directeur spirituel, au pape, dont elle parle toujours « en bien ».

Selon les messages à faire passer, la Vierge apparaît avec son fils dans les bras, entourée d’anges, placée devant une grande croix, assise sur un trône royal…  

Marie s’exprime dans la langue ou même le patois local. Elle est presque toujours habillée de la même façon, mais certains détails peuvent varier. La présence de roses posées sur ses pieds est une constante. L’image la plus fidèle que Marie souhaite donner d’elle même, figure sans doute dans le tableau commandé par elle même à Ida Peerdeman, à Amsterdam. Des textes inscrits sur une banderole peuvent l’entourer, apparaître et disparaître (comme à Pontmain).

La grande beauté de la Vierge est reconnue par tous et sa silhouette est nimbée d’une lumière éclatante, mais non éblouissante. On perçoit parfois de suaves odeurs de parfum au lieu de l’Apparition.

Comme à Beauraing, elle semble marcher au-dessus du sol, parfois au dessus d’un petit nuage. Généralement, elle tient les mains jointes ou, bras écartés, la paume des mains ouverte et dirigée vers la terre.

De l’avis général, sa voix est « délicieuse », mais la Vierge peut ne rien dire du tout. D’une manière générale, quand elle se manifeste à l’extérieur, elle sourit beaucoup et parle peu. Son visage change très rapidement et exprime des sentiments de douleur, de tristesse, et de gaieté.

Le contexte des apparitions

Elle apparaît souvent dans un contexte historique ou socio politique difficile.

A l’endroit de l’Apparition et, la plupart du temps, grâce à l’eau d’une source découverte à proximité et bénie par la Vierge, des guérisons inexpliquées se produisent.

Sauf à de rares exceptions, toutes les prédictions de Marie se réalisent, du moins celles qu’on est capables d’interpréter « après coup ». La Vierge « apporte » souvent une nouvelle prière à diffuser largement et faire réciter. Toujours, la Vierge révèle aux voyants un secret à ne pas dévoiler, qui est « rien que pour eux » !

La Vierge se livre, à de nombreuses reprises, à des prédictions de nature apocalyptique. 

Quelques très rares miracles perceptibles par la foule des présents sont notés : le miracle du soleil tournoyant à Fatima par exemple, ou le rayon de soleil de l’Île Bouchard, ainsi que les sudations de la statue d’Akita. Marie refuse toujours de céder à des demandes de phénomènes miraculeux ou de prendre les objets qu’on lui tend. Selon certaines voyantes, Il arrive cependant qu’elle-même en donne : chapelet, rose ou ruban blanc, comme à San Nicolas de los Arroyos.

Le miracle du soleil tournoyant à Fatima
Par Judah Ruah, photograph for the news paper O Seculo, published the 1917-09-29 on the news paper Illustracao Portugueza — Illustracao Portugueza 1917-09-29 Reporter de Cristo website, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21975698

A maintes reprises, une partie du clergé est hostile et nie les apparitions, mais jamais la Vierge ne dresse les voyantes contre leur clergé. Rue du Bac comme à San Nicolas de los Arroyos, Marie demande qu’on frappe une médaille et en fait la description. 

Des personnes décédées et vivant « là-haut », elle utilise l’expression « les nôtres ».

Les voyantes et voyants

Les voyantes et voyants connaissent presque tous une vie souffrante. Comme aux enfants de Fatima, la Vierge ne promet pas à Bernadette d’être heureuse, « ici bas ».

Un petit nombre est appelé à consacrer sa vie à Dieu, ou aux autres, et à devenir saint ou bienheureux ; pourtant, le plus grand nombre connaît une vie normale. Ce sont simplement des  » instruments » du message marial. Certaines ont des visions et reçoivent des messages du Christ. Souvent, le clergé local est réticent voire hostile ; au moins au début.

Certaines voyantes ont des visions du Ciel, du Purgatoire et de l’Enfer  et « voyagent littéralement » à travers le temps et l’espace en compagnie de la Vierge. Un petit nombre de voyantes peut éprouver des souffrances correspondant aux visions et vivre des expériences mystiques avec le Christ. Certaines sont affectées de stigmates ; d’autres sont guéries d’une affection.

Les voyantes sont affectées de phénomènes corporels inexplicables pendant les apparitions et, pour certaines, après les apparitions. Le corps des voyantes présente des caractéristiques spécifiques pendant les apparitions : par exemple il devient très très lourd ; le pouls ralentit ; les extrémités de leur corps refroidissent et elles ont le regard totalement fixe.

L’une d’elles précise : « Pendant les apparitions, les médecins nous séparaient, nous pinçaient fort, nous donnaient des coups de canif, faisaient bruler une allumette sous ma main ; nous ne sentions rien ; pas de traces non plus. » De lourdes chutes peuvent terminer la phase de vision. On procède souvent à des tests de vérification sur les voyantes. Certaines subissent les attaques du Démon et frôlent, parfois, la mort.

Les paroles et messages de la Vierge

L’appel à la prière, à la conversion et à la pénitence est une constante des messages mariaux ;

Marie rappelle l’importance de la pratique régulière de l’Eucharistie, surtout le 1erVendredi du mois, jour anniversaire de la crucifixion de son Fils.

Elle regrette l’attitude de certains membres du clergé.

La Vierge rappelle souvent l’importance de l’humilité. A titre d’illustration, certaines voyantes doivent parfois ramper, baiser le sol et même manger de l’herbe, comme Bernadette à Lourdes !

Marie souligne l’importance capitale des prières et de la souffrance pour « sauver les âmes ». 

La plupart des messages de Marie insistent sur l’état de « déconfiture morale » du Monde et l’imminence d’une grave sanction s’il ne change pas ; ce message, grave, est pondéré du souci de vouloir « sauver tout le monde » !

La Vierge peut faire allusion à un épisode passé de nature religieuse affectant le lieu de l’apparition (le miracle du sacrement à Amsterdam par exemple ou la création d’une congrégation religieuse à l’Île Bouchard ).

Le choix des dates d’apparition de la Vierge n’est pas toujours fortuit : jours de l’Annonciation et de l’Immaculée conception par exemple.

Marie aime confirmer une apparition par une autre : ainsi, celles d’Amsterdam et d’Akita, de Rome, de la rue du Bac ( à travers une médaille)  et de saint Nicolas d’arroyos, se confortent l’une l’autre.

La Vierge promet toujours d’apporter son secours et son aide après une demande d’action transmise à la voyante.  Enfin, Marie rappelle souvent l’importance de réciter, sans se lasser, « le Rosaire », mais qu’il importe « de ne pas réciter n’importe comment ! ».

Nous avons essayé de savoir si le contexte socio politique, présent ou à venir, pouvait justifier le choix par la Vierge d’apparaître dans un pays et à un temps donnés. A vrai dire, difficile de ne pas trouver chaque année un événement tragique, tant les hommes sont de bons pourvoyeurs de catastrophes. Pourtant, certaines apparitions interviennent à des moments suffisamment précis de l’histoire d’un pays, ou du Monde, pour penser que la Vierge aurait décidé, « par hasard », de venir nous apporter ses conseils et ses avertissements, à ce moment là.

L’apparition du Laus intervient en période de grande disette ; celle de la rue du Bac se situe dans un contexte de froid, de disette, d’instabilité politique (Les 3 glorieuses, la révolution de Juillet, le siège de Paris par les Prussiens).  A Champion, le commerce des esclaves noirs bat son plein ; à Pontmain, les Prussiens sont arrivés au Mans ; à Fatima, s’ouvre une période de dictatures et d’entrée du Portugal dans la guerre 14/18 ; à Beauraing et Banneux, les dictatures brune et rouge commencent leurs sale besogne : l’URSS attaque la Finlande, Hitler ouvre Dachau. A Amsterdam, ce sont les guerres d’Indochine et de Corée, la guerre froide entre les deux blocs, occidental et soviétique, la crise de Suez ;

A l’Île Bouchard, la France connaît une grave crise politique et on craint un putch communiste ; à Akita, c’est la guerre du Kippour, le premier choc pétrolier et le coup d’état au Chili ; à Betania, après un cycle de soulèvements/répressions, Hugo Chavez prend le pouvoir et conduira son pays à la faillite économique et à une quasi dictature ; Kibeho annonce l’affreux génocide de 1994 ; à San Nicolas de los Arroyos, la junte militaire gouverne l’argentine d’une main de fer : nombreuses disparitions d’opposants et guerre des Malouines.

L’Apparition de l’Escorial près de Madrid, de 1981 à 2002, annonce une très difficile période de crise économique et de chômage pour l’Espagne tandis que l’Europe s’enfonce inexorablement dans le matérialisme, le laxisme moral et la déchristianisation. Les apparitions de Medjugorje se déroulent dans une région ayant beaucoup souffert y compris par la guerre de l’éclatement de la Yougoslavie et de la renaissance des nationalismes qui s’en est suivi.

Photos des victimes du génocide du Rwanda
Par Adam Jones, Ph.D. — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=22178892