Tiré du journal  » Le Figaro »: par Marie-Noëlle Tranchant et Jean TalabotPublié le 14/08/2017 à 15:32, mis à jour le 14/08/2017 à 16:27

Mater Dei de Don Emilio Cordero (1950)

Une vie de la Vierge pieusement reconstituée à partir des sources bibliques, et qui témoigne de la dévotion populaire. Il part de la chute originelle et se prolonge au-delà de l’Assomption, par l’évocation de la présence surnaturelle de Marie et de ses représentations dans l’art. Tourné par un jeune prêtre à destination d’un public chrétien, ce film ingénu fait partie du patrimoine parce qu’il s’agit du premier film en couleurs italien. Comme tel il a mérité une restauration du Centro sperimentale di Cinematografia en 2005.

Don Camillo Monseigneur de Camine Gallone (1961)

Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=57717883

C’est la quatrième comédie de la série très populaire des Don Camillo, avec Fernandel et Gino Cervi, et elle fait une place particulière à la Madone. Devenus respectivement évêque et sénateur, Don Camillo et Peppone reprennent leurs anciennes querelles lorsque Peppone prétend construire une Maison du peuple à la place d’une petite chapelle consacrée à la Vierge. Pas si facile de la faire disparaître du paysage…

L’Évangile selon Saint Matthieu de Pier Paolo Pasolini (1964)

Dans ce beau film austère, Pasolini a fait le choix émouvant de confier à sa propre mère, très aimée, le rôle de Marie. Et, peut-être en souvenir des peines qu’elle a connues, il insiste surtout sur la femme éprouvée. La Mater dolorosa, qui souffre et accepte. Jusqu’à l’annonce de la Résurrection, où la joie éclate.

Par Inconnu — http://www.artribune.com/wp-content/uploads/2014/09/pier-paolo-pasolini.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=44806979
Susanna Pasolini dans le rôle de Marie.

La Voie lactée de Luis Bunuel (1969)

Sur le chemin de Compostelle, deux vagabonds (Laurent Terzieff et Paul Frankeur) rencontrent diverses figures de l’Église à travers les âges. Dans cette comédie satirique qui dénonce le dogmatisme et le fanatisme religieux, Bunuel fait une place à part à Marie : celle de la pure simplicité du cœur, de la foi sans calcul, de l’amour sans réserve. Son apparition convertit des incroyants, touchés au cœur. «Il n’y a pas de mystère plus profond et plus doux que celui de la Vierge Marie», dit un des personnages.

● Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli (1977)

Cette vie de Jésus devenue un grand classique du cinéma religieux a offert au cinéma une très harmonieuse image de Marie, sous les traits d’Olivia Hussey. Elle est à la fois très belle et très réservée, d’une sensibilité vibrante et d’une intériorité profonde, d’une grande expressivité (dans la joie du Magnificat ou dans le cri devant son fils mort) et d’une constante dignité.

Jesus de Nazareth de FrancoZeffirelli avec Olivia Hussey (dans le role de la Vierge Marie, as Virgin Mary) en 1977 Neg:B30003PL

La Passion du Christ de Mel Gibson (2003)

Au cœur de la méditation tourmentée du cinéaste, la vision de Marie au Calvaire est une des plus impressionnantes par son ampleur tragique et sa profondeur théologique : d’abord prostrée, comme enfoncée en terre, Marie se redresse en même temps que s’élève la croix de son Fils, pour devenir, debout (stabat mater), la mère de Jean et de l’Église.

La Vierge, les Coptes et moi de Namir Abdel Messeeh (2012)

D’une famille copte émigrée en France, le réalisateur revient en Égypte pour enquêter sur les apparitions de la Vierge à Zeitoun, en 1968. Le documentaire se transforme en fiction, Namir décidant de faire apparaître Marie à l’écran, chose plus facile avec une actrice qu’avec la Vierge. Étrangement, les cousins et les voisins du village, qui ont participé au film et connaissent ses trucages, découvrent la scène avec une gravité émerveillée. Magie du cinéma ou présence de l’invisible? Une comédie fine et drôle pour y songer.

Le 13e jour de Ian et Dominic Higgins (2015)

Le récit des apparitions de Marie aux trois petits bergers du village portugais de Fatima, en 1917. Une lecture historique riche de nombreux détails factuels. Et une évocation poétique des bouleversements de l’ordre naturel, notamment avec la célèbre «danse du soleil», dont furent témoins des centaines de gens.

1948 : La Martinique s’apprête à recevoir Notre Dame de Boulogne, une vierge rédemptrice. On l’appelle La Madone ou encore, Notre Dame du Grand Retour. Le bateau qui la transportait accoste au petit matin du 6 mars 1948 à la compagnie générale du transatlantique. L’après midi, la statue était présentée à la foule.

Depuis plusieurs jours, la ville prenait un air de fête.

Des drapeaux aux fenêtres, des guirlandes dans les rues, les trottoirs fleuris. A l’angle des rues Lamartine et Schoelcher, une énorme couronne royale brille de mille feux. La vierge illuminée arrive enfin dans la rade de Fort-de-France. La Foule est impressionnante. Elle vient sauver le peuple Martiniquais de tous ses péchés, dit-on. Pendant trois mois, elle passe alors de paroisse en paroisse. Par la côte Caraïbe, elle atteint le Nord en Avril, redescend ensuite vers le Sud, toujours portée par une ferveur indescriptible. Veillées de prière, chants, messes de minuit. Comme en Guadeloupe lors de son passage, c’est partout la même foi. Les cases les plus humbles prennent des airs de fête, les églises sont trop petites, les prêtres pas assez nombreux lors de la confession.

Les dons affluent !

Durant ce périple, les dons affluent dans la barque de la Madone: pièces, sous, francs, bijoux, billets.  Le 6 mai, c’est le grand départ, ils étaient 50 000, voire 70 000 venus saluer et remercier la Vierge D’où Personne ne le savait dans la nuit, la population la voit disparaître dans les flots. En fait, Notre Dame du Grand Retour n’est pas partie. Elle a été entreposée à Sainte-Thérèse, sous une bâche. Ce sont des dockers qui la découvriront et les interrogations de tous ces croyants qui avaient cru en son départ pour d’autres cieux sont nombreuses. Grande escroquerie  » Pourquoi a-t-on menti à tous ces chrétiens ? Pour le Clergé qui avait organisé sa venue, il n’y a jamais eu de supercherie. La statue attendait un statut… Mais alors qu’a-t-on fait de l’argent du peuple dans la barque. A-t-il vraiment servi à la construction des églises de Jossaud et de Bellevue ? La disparition du Latecoère en plein Atlantique quelques mois plus tard vient alimenter  » le milan « . Sur cette page d’histoire, chacun croit détenir sa vérité. Aujourd’hui, même si la ferveur de 1948 a disparu, Notre Dame du Grand Retour est bien ancrée à Jossaud et les pèlerins viennent toujours la vénérer.

Yolande, âgée alors de 25 ans, raconte..

    » On nous a annoncé qu’une vierge devait arriver. Elle traversait de nombreux pays et nous avions enfin la chance à la Martinique de la recevoir. Le Clergé avait organisé sa venue avec faste. A la date prévue, Notre Dame du grand retour est arrivée. Toute la population de la Martinique était dans la ville. Pour l’accueillir. Il y avait des banderoles de bienvenue. Tout le monde chantait. C’était une fête extraordinaire. La ville était décorée comme elle ne l’a jamais été. La Vierge ne passait guère plus de 24 heures dans une commune. Généralement, elle arrivait l’après midi. On la dirigeait à l’Église, le lendemain matin, le pèlerinage commençait vers l’autre commune d’accueil, ses habitants venaient la rencontrer à mi-chemin. Les gens marchaient sur des kilomètres pieds nus, les bras en croix.

Lors de son départ, toute la population s’est retrouvée à Fort-de-France place de la Savane. Il fallait voir des hommes et des femmes pleurer. On sentait que c’était profond. La Vierge a été mise sur un gros bateau et puis elle a disparu en fait elle était cachée dans un entrepôt à Calebassier (Fort-de-France). On a également entendu qu’un prêtre devait ramener tout l’argent en France à bord de Latécoère. Cet avion, qui venait tous les mercredis en Martinique, s’est écrasé en mer, en plein Atlantique, avec le prêtre et l’argent. Nous avons été trompés. « Denyé fwa yo kouyonnen nou « disaient des personnes révoltées. Les gens étaient tristes, écoeurés, déçus. Certains ont abandonné la religion Catholique.

Dans une atmosphère d’hystérie collective, les milliers de fidèles qui suivent cette longue procession offrent ce qu’ils ont de plus cher, en particulier de l’argent et des bijoux.Cet argent, qu’est-il devenu ? Avec qui était la Vierge du Grand retour ? Aujourd’hui encore, soit plus de soixante ans après, cet épisode suscite encore beaucoup de passion, de rancœur et d’amertume. http://mapage.noos.fr/dsiroy/journal5.htm

MaryamMariam, ou Meryem (en arabe : مريم), est la mère de ʿĪsā, c’est ainsi qu’est appelé Jésus dans le Coran et la tradition musulmane. Maryam est la forme araméenne du nom « Marie », alors que Myriam en est la forme en hébreu. À la suite du Nouveau Testament, l’islam professe la conception virginale de Jésus/ʿĪsā en son sein. Elle est la seule femme nommément citée dans le Coran et la dix-neuvième sourate porte son nom. Elle est d’ailleurs citée plus souvent dans le Coran que dans le Nouveau Testament, bien qu’elle ait plus d’importance dans le christianisme que dans l’islam. Le prénom Maryam est courant parmi les musulmanes.

Virgin Mary and Jesus, old Persian miniature. In Islam, they are called Maryam and Isa. NOTE:

Naissance

La naissance de Maryam est relatée dans la troisième sourate du Coran. La littérature islamique raconte qu’Imran et Hannah étaient âgés et sans enfants, mais qu’un jour, la vue d’un oiseau sur un arbre donnant la becquée à son petit suscita le désir d’un enfant dans le cœur de Hannah. Elle pria Allah de satisfaire à son désir d’enfant et s’engagea à vouer l’enfant au service d’Allah, si sa prière était réalisée. Elle pria que son enfant soit protégé de Satan, et la tradition islamique rapporte un hadith qui affirme que les seuls enfants nés sans le contact de Satan étaient Maryam et ʿĪsā. Le récit de sa naissance est semblable à celui d’apocryphes comme le De nativitate Maria appelé Protévangile de Jacques.

Premières années

Le Coran dit que Maryam grandit en prière dans le temple. Elle était confiée au prophète Zechariah (Zacharie dans la Bible). Chaque fois que Zechariah entrait dans la chambre de Maryam, il trouvait auprès d’elle de la nourriture. Il lui demandait d’où cela provenait, et elle répondait qu’Allah donne de la nourriture à qui Il veut sans compter.

Des érudits de l’islam ont débattu pour savoir si la nourriture que recevait Maryam avait une origine miraculeuse ou bien normale. Les tenants de l’origine surnaturelle de cette nourriture avancent que si cette nourriture avait une origine naturelle, Zechariah, étant prophète, aurait su que la nourriture vient habituellement d’Allah par des voies naturelles, et n’aurait pas posé de question. Ce rôle de la nourriture se retrouve déjà dans le protévangile de Jacques.

L’annonciation

Le Coran reprend le récit chrétien de l’Annonciation et de la fécondation miraculeuse de Marie par le Saint-Esprit. Selon la littérature islamique, Gabriel apparut à Maryam, qui était encore jeune, sous la forme d’un bel homme au visage lumineux, et lui annonça la naissance de ʿĪsā. Après son étonnement immédiat, elle fut rassuré par la réponse de l’ange, qui lui dit que tout était possible à Allah. A d’autres endroit, l’Esprit insufflant la fécondation à Marie est le Verbe de Dieu (Kalima), équivalant au Logos chrétien. La sourate 3, au verset 59, créé un paralélisme entre cette création d »Isa et celle d’Adam, analogie déjà présente dans les textes d’Ephrem de Nisidie.

Les commentateurs du Coran remarquent dans le verset de la sourate 3 que Maryam était proche d’être une femme parfaite et qu’elle était dépourvue de presque toute imperfection. Bien que l’islam révère de nombreuses femmes, dont Khadidja et Fatimah, la femme et la fille de Mahomet, nombre de commentateurs interprètent ce verset dans un sens absolu, et affirment que Maryam fut la meilleure femme de tous les temps. D’autres commentateurs, cependant, tout en maintenant que Maryam est la « reine des saints », ont interprété ce verset comme indiquant que Maryam fut la meilleure femme de tous les temps, et que Fatimah et Khadidja furent aussi vertueuses qu’elle.

D’après le journal  » La Croix » du mercredi 11 Mars 2020

70% des sanctuaires sont situés en milieu rural, d’après une enquête de l’Association des recteurs de sanctuaires ( ARS), relayée dans le rapport d' »Eglise en périphérie ».

60% des sanctuaires sont dédiés au culte marial

29% à celui d’un saint ; 7% à Jésus. 11% des édifices de cet échantillon ont été créés au XXème siècle.

Prieurale saint Pierre et saint Paul de Souvigny ( Allier)
Par Jeanlouiszimmermann sur Wikipédia français — Transféré de fr.wikipedia à Commons par Bloody-libu utilisant CommonsHelper., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18033259

45% des sanctuaires connaissent une hausse des fréquentations, pour des motivations spirituelles ou touristiques ; ces lieux se distinguent encore par l’importance des pratiques de piété populaire comme le chapelet ( 68%), les processions ( 53%) et les chemins de croix ( 49%)

Notre Dame de Paris

Notre-Dame de Paris, Gothic style, 1163-1345

Par Zuffe — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=78061649

 » Puisse le sourire de le Bonne Vierge continuer à veiller sur les hommes et sur ceux qui n’y croient pas. S’il venait à s’effacer, qu’aurait-on à offrir en remplacement ? Des grimaces de ouistitis sur le parvis. « 

Sylvain Tesson/ Notre Dame de Paris / Ô reine de douleur, après l’incendie du 15 Avril 2019.

Le 8 décembre marque la fête de l’Immaculée Conception.

La célébration de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie – située dans les premiers jours de la nouvelle année liturgique et du temps de l’Avent – nous rappelle la destinée unique de cette femme juive, choisie par Dieu. Pour la foi chrétienne, Marie est indissociable de l’enfant qu’elle a porté, Jésus, en qui s’est totalement manifesté le Dieu vivant. Elle est appelée, depuis le concile d’Éphèse (431), « Mère de Dieu ». Selon la tradition catholique, depuis le dogme promulgué par le pape Pie IX, le 8 décembre 1854, elle est déclarée préservée du péché originel dès sa naissance.

Pourquoi un dogme ?

Un dogme est une vérité de foi solennellement proclamée par le Pape pour être accueillie par l’Église. Ainsi, le 8 décembre 1854, dans la Bulle Ineffabilis Deus, le pape Pie IX déclarait : « Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles ».

En d’autres termes, pour accueillir le Fils de Dieu, Marie ne pouvait avoir en son coeur aucune trace d’hésitation ou de refus. Dieu avait besoin que le don de son amour rencontre une foi parfaitement pure, une âme sans péché. Seule la grâce (le don gratuit de Dieu) pouvait ainsi la préparer, et elle en est comblée (Évangile selon saint Luc, chapitre 1). Comme un fruit anticipé du pardon offert par Jésus sur la croix, Marie (qui a été conçue normalement, par l’union de son père et de sa mère) est immaculée, pure de tout péché, et préservée de cette séparation d’avec Dieu qui marque l’homme dès le début de son existence, le péché originel.

« Pour la plupart des gens, « l’immaculée conception » voudrait dire que Marie est devenue mère, a conçu Jésus, par l’action de l’Esprit Saint, sans relation conjugale. Comme si la relation conjugale était, par elle-même, un péché. Ce n’est pas du tout ce que dit la foi chrétienne. Si le mariage était un péché, il ne pourrait être un sacrement […] rappelle Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes et Lourdes. » Que voulait dire Pie IX ? Que fête l’Église catholique le 8 décembre ? Ceci :

Marie, dès l’origine, a été totalement étrangère au péché. C’est pourquoi, dans toutes les apparitions, elle se montre toujours merveilleusement belle, rayonnante de lumière et de bonté.

Lourdes et l’Immaculée

Les apparitions de Lourdes ont eu lieu quatre ans après la proclamation solennelle du dogme de l’Immaculée Conception par le pape Pie IX. Le 25 mars 1858, dans la grotte humide et sombre de Massabielle, Marie converse familièrement avec Bernadette qui l’interroge ; elle lui dit son nom : « Je suis l’Immaculée Conception ».

Notre Dame de Coromoto / Venezuela / 1652

Notre Dame de Coromoto est le nom donné à la Vierge Marie lors de son apparition à un indigène du Venezuela en 1652. C’est une figure catholique du continent américain. Le culte de la Vierge de Coromoto est particulièrement répandu au Venezuela, nation dont elle est la patronne.

Quand la ville de Guanare, capitale de l’état de Portuguesa, fut fondée en 1591, les natifs qui habitaient dans la région, les Cospes, fuirent vers la forêt au nord de la ville pour échapper aux conquistadores, rendant difficile l’évangélisation que ces derniers avaient entrepris. La tradition place la première apparition de Marie le 8 septembre 1652, dans la forêt où s’étaient enfuis les Indiens. Elle aurait dit au cacique des Cospes, l’indien Coromoto, et à sa femme : « Vous allez à la maison des blancs et vous leur demandez qu’ils vous donnent l’eau sur la tête pour pouvoir aller au ciel », c’est-à-dire pour se faire baptiser.

Selon la tradition orale, le cacique raconta tout à son encomendero, don Juan Sánchez ; celui-ci lui demanda de se préparer avec sa tribu pour recevoir le baptême huit jours plus tard. Des Indiens Cospes se convertirent et se firent baptiser, mais pas le cacique qui fuit. La légende place à ce moment la seconde apparition de Marie : Coromoto, rendu aveugle par la colère, aurait levé le bras pour la saisir, mais elle aurait disparu. La tradition veut que l’apparition se soit matérialisée dans une marque faite de fibres d’arbre qui se trouve aujourd’hui dans le sanctuaire national de Notre-Dame de Coromoto. Dans le conte, Coromoto est mordu par un serpent venimeux ; blessé et sur le point de mourir, il revient à Guanare et y reçoit le baptême que lui administre un barinais. Guéri, il consacre ensuite le reste de sa vie à l’évangélisation des Cospes qui s’étaient, sous son commandement, opposés aux conquérants.

Statue de Notre Dame de Coromoto
Par Guillermo Ramos Flamerich — Travail personnel, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1464821

Le pape Pie XII déclara en 1950 Notre-Dame de Coromoto patronne du Venezuela. Le pape Jean-Paul II couronna la statue lors de sa visite au sanctuaire marial de Guanare et le pape Benoît XVI éleva le sanctuaire national de Notre-Dame de Coromoto au rang de basilique mineure.

Sanctuaire de Notre Dame de Coromoto

Notre Dame d’Aparecida (Brésil)

Notre-Dame d’Aparecida est une statue de la Vierge Mariesainte patronne du Brésil. Son sanctuaire se situe à Aparecida, dans l’État de São Paulo, et sa fête est célébrée tous les ans le 12 octobre. L’histoire de la découverte de la statue de Notre-Dame d’Aparecida est contée par deux sources que l’on trouve dans les archives de la curie métropolitaine d’Aparecida (antérieures à 1743) et dans les archives romaines de la compagnie de Jésus, à Rome.

Notre Dame d’Aparecida

Son histoire débute au milieu de l’année 1717, quand arriva à Guaratinguetá la nouvelle que le comte d’Assumar, Pedro de Almeida e Portugal, gouverneur de la capitainerie de São Paulo e Minas de Ouro d’alors, allait passer voir la population sur le chemin de Vila Rica(actuelle ville d’Ouro Preto) à Minas Gerais. Désirant lui rendre hommage en lui offrant leur meilleure pêche, les pêcheurs Domingos Garcia, Filipe Pedroso et João Alves lancèrent leurs filets dans le rio Paraíba do Sul. Après plusieurs tentatives infructueuses, en descendant le cours du fleuve et il arrivèrent à Porto Itaguaçu le 12 octobre. Sans grand espoir, João Alves lança alors son filet dans les eaux et ramena le corps d’une statue de la vierge Marie sans tête. Une nouvelle tentative permit de ramener la tête. Les pêcheurs enveloppèrent alors l’objet trouvé dans un drap et, encouragés par l’événement, lancèrent à nouveau les filets avec tant de succès qu’ils obtinrent une pêche abondante.

Pendant quinze ans, la statue resta chez Felipe Pedroso, où les personnes du voisinage se réunissaient pour prier. La dévotion pour cette statue croissait parmi le peuple de la région et beaucoup de choses furent obtenues par ceux qui priaient face à elle. La renommée des pouvoirs extraordinaires de la statue de la Vierge se répandit dans toutes les régions du Brésil. La famille Pedroso construisit alors un oratoire qui se révéla vite trop petit. Vers 1734, le chapelain de Guaratinguetá construisit une chapelle sur le sommet du morro dos Coqueiros, ouverte à la visite à partir du 26 juillet 1745. Devant l’augmentation du nombre de fidèles, une nouvelle église fut mise en construction en 1834, l’actuelle vieille basilique (basílica velha en portugais).

Le 6 novembre 1888, la princesse Isabelle visita pour la seconde fois l’église et fit don à la sainte d’une couronne d’or incrustée de diamants et de Rubis ainsi que d’un manteau bleu. En 1894 un groupe de prêtres et de moines rédemptoristes arriva à Aparecida pour organiser l’accueil des pèlerins venant aux pieds de la statue pour prier la Vierge « sortie des eaux ». Le 8 septembre 1904, la statue fut solennellement couronnée par José Camargo Barros. Le 29 avril 1908, l’église reçut le titre de basilique mineure. Vingt ans plus tard, le 17 décembre 1928, la localité qui s’était développée autour du morro dos Coqueiros devint une municipalité indépendante. En 1929, Notre-Dame d’Aparecida fut proclamée « Reine du Brésil » et Sainte Patronne officielle du pays par le pape Pie XI.

Statue de Notre dame d’Aparecida
Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=181631

Appel de la Vierge à sainte Marguerite Bourgeois 1620/1700. France

Alors qu’elle a 20 ans, sainte Marguerite Bourgeoys (née à Troyes en France le 17 avril 1620 et décédée le 12 janvier 1700 à Ville-Marie au Québec) est appelée par la Vierge au cours d’une procession, le jour de la fête du Rosaire.

Durant 13 ans, elle fait l’école aux enfants pauvres ; ressentant un appel à la mission, son vœu est confirmé lorsqu’elle entend la vierge lui dire : «  je ne t’abandonnerai pas ».

Elle s’embarque pour le Canada, construit une chapelle dédiée à notre Dame de bon secours, ouvre une école, revient en France chercher 7 jeunes filles et fonde en 1658 la congrégation notre Dame de Montréal qui se charge de l’éducation religieuse des jeunes filles et d’un système d’action sociale. 

Par Pierre le Ber — Domaine public

Rome, 12 Avril 1947, la Vierge de la Révélation. ( Italie)

Il haïssait l’Église et le Pape jusqu’au jour où la Vierge Marie lui apparut dans la grotte des Trois Fontaines à Rome, en avril 1947.

Le 12 avril 1947, Bruno Cornacchiola, un père de famille italien anti-catholique, aurait vu Notre-Dame avec ses trois enfants dans une grotte près de Rome, qui se présenta à eux comme la Vierge de la Révélation.

Bruno Cornacchiola

La Vierge de la Révélation est l’appellation par laquelle l’Église catholique vénère la Vierge Marie, suivant des apparitions survenues à partir du 12 avril 1947 à Bruno Cornacchiola, près de l’abbaye de Tre Fontane, dans le sud de Rome. Les apparitions n’ont pas fait l’objet d’une reconnaissance officielle par l’Église, mais en 1956, le papePie XII a autorisé la construction d’un sanctuaire et le culte à la Vierge de la Révélation a été autorisé. Elle leur demanda de prier beaucoup, et annonça notamment qu’elle avait été épargnée de la corruption après la mort, ce qui aurait déterminé la décision de Pie XII de proclamer son assomption comme un dogme. Un sanctuaire a été construit en 1956 et le culte à la Vierge de la Révélation est autorisé depuis 1987.

Dix ans avant…

Le 12 avril 1937, dix ans avant les apparitions à Bruno Cornacchiola, Luigina Sinapi (1916-1978), aurait vu la Vierge Marie dans la grotte des Tre Fontane. Elle lui aurait annoncé que dans dix ans elle apparaîtrait ici à un anticatholique et qu’il se convertirait. Elle lui annonça aussi l’élection du cardinal Pacelli, futur Pie XII, sur la chaire pontificale.

Luigina Sinapi est née le 8 septembre 1916 à Itri dans le Latium. Dès son plus jeune âge, elle bénéficie de grâces spéciales : l’Enfant-Jésus se manifeste à elle. Voulant en avoir le coeur net, sa maman se rend avec elle chez Padre Pio qui confirme l’origine céleste des phénomènes. Cette première rencontre avec Padre Pio sera suivie de nombreuses autres. La maman de Luigina mourut à l’âge de 44 ans. Dès lors, Luigina se sent responsable de ses frères et de sa soeur, la gardienne de son père et de sa grand-mère. Elle n’avait que seize ans. Elle entre alors dans la voie douloureuse et hérissée d’obstacles qui s’ouvre devant elle, mais qui sera pourtant parsemée de faveurs divines. Deux ans plus tard, Luigina se trouve à Rome, placée chez des oncles. Dans la ville éternelle, les humiliations ne lui sont pas épargnées… Parlant de sa soeur, Pierre déclare: « Gina avait un don singulier: elle prévoyait et pressentait les événements. On ne pouvait rien lui cacher. Elle savait tout à notre sujet. Son regard doux et pénétrant fixait son interlocuteur et c’était comme si elle lisait dans un livre ouvert… ».

Résultat de recherche d'images pour "Luigina Sinapi"

Luigina Sinapi

Le voyant : Bruno Cornacchiola

Bruno Cornacchiola (9 mai1913 – 22 juin 2001), après avoir été marié, participa à la guerre d’Espagne comme volontaire, parmi les Républicains. Il devint protestant, après avoir été convaincu par un militaire allemand luthérien. Dès lors, il projette de tuer le pape, afin de « libérer le monde d’un tyran ». Fanatique anticatholique, il bat sa femme Iolanda (1909-1976), qui, elle, est très pieuse. Elle réalisera plusieurs neuvaines pour obtenir la conversion de son mari. Après l’avoir supplié à genoux, elle obtiendra de Bruno qu’il suive la dévotion des neuf vendredis, consacrés au Sacré-Cœur de Jésus.

L’histoire

Le 12 avril 1947, il se retire avec ses trois enfants – Gianfranco (4 ans), Carlo (7 ans) et Isola (10 ans) – dans le lieu-dit des Tre Fontane, situé en dehors de la ville de Rome, que la tradition chrétienne désigne comme le lieu de la décapitation de l’apôtre Paul, vers l’an 67. Pendant que les enfants jouent à la balle, Bruno Cornacchiola prépare une conférence où il combat l’idée de l’Immaculée Conception et de l’Assomption de la Vierge Marie.

Alors que ses enfants l’appellent pour retrouver la balle qu’ils viennent de perdre, Bruno retrouve Gianfranco, à genoux, les mains jointes et en extase devant une grotte naturelle. Il répète : « La belle dame ! la belle dame ! » Appelant ses autres enfants, Gianfranco et Isola tombent eux aussi en extase. Bruno tente de les déplacer mais il n’y parvient pas. Selon son propre témoignage, on aurait dit du plomb. Il s’engouffre dans la grotte pour voir cette dame, mais il ne voit rien.

Soudain, il aurait vu deux mains blanches se poser sur ses yeux, et après une vive douleur, il perdit la vue pendant quelques instants. C’est alors qu’il vit une jeune femme, vêtue d’une tunique blanche, d’un long voile vert recouvrant ses cheveux noirs et serrant contre elle la bible. Par terre, il y a un drap noir déchiré et une croix cassée. Dès lors, la dame se serait adressée à Bruno :

L’entrée du sanctuaire
Grotte du sanctuaire aux Tre Fontane
Par Fczarnowski — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24487847

« Je suis celle qui est dans la divine Trinité. Je suis la Vierge de la Révélation. Tu me persécutes ; arrête maintenant ! Entre dans le troupeau élu, cour céleste sur la terre. La promesse de Dieu est, et reste immuable : les neuf vendredis du Sacré-Cœur que tu as observés pour faire plaisir à ta fidèle épouse avant de suivre le chemin de l’erreur t’ont sauvé ! »

Pour lui montrer la preuve que cette apparition ne venait pas de son imagination, elle aurait poursuivi en lui indiquant, en détail, sa rencontre avec deux prêtres, qui l’aideraient dans sa conversion. Quelques jours plus tard, tout se passa comme la Dame lui avait dit, et il se lia d’amitié avec Don Sfoggia et Don Frosi.

Puis elle lui aurait dit :

 « Tu te rendras ensuite chez le Saint-Père, le Pasteur suprême de la chrétienté, et tu lui remettras personnellement mon message. Quelqu’un que je t’indiquerai, te conduira chez le pape. Parmi ceux qui t’entendront raconter cette vision, il y en aura qui ne te croiront pas, mais ne te laisse pas décourager. Qu’on prie beaucoup et qu’on récite le rosaire quotidien pour la conversion des pécheurs, des incrédules et pour l’unité des chrétiens. Les Ave Maria que vous dites avec foi et amour sont autant de flèches d’or qui rejoignent le Cœur de Jésus« 

La Vierge de la Révélation

Après l’apparition, Bruno et ses enfants se recueillirent. Rentrés à la maison, il expliqua tout à sa femme et il lui demanda pardon de l’avoir frappé par le passé. Dès lors, il ne fut plus jamais violent et il devint un catholique convaincu. Le 12 avril 1948, il fonda l’Association des Ardents du Christ Roi Immortel, pour la propagation de la spiritualité et des messages données par la « Vierge de la Révélation ». Malgré tout, Bruno Cornacchiola continue son métier de conducteur de tramway et vivra très simplement jusqu’à sa mort, offrant peu d’apparitions publiques.

Entré par hasard en contact avec la sœur du pape, c’est le 9 décembre 1949 que Bruno rencontra le pape Pie XII, à qui il remit, en pleurant, le poignard avec lequel il avait voulu le tuer. Il lui transmit le message que la Dame lui avait confié :« Mon corps ne s’est pas corrompu, car il ne pouvait se corrompre. Mon divin Fils et les anges sont venus à ma rencontre à l’heure de ma mort.« 

Un an plus tard, le 1er novembre 1950Pie XII proclamera le dogme de l’Assomption de Marie. Bruno Cornacchiola rencontrera par la suite le pape Paul VI et le pape J.Paul II.

Le miracle du soleil de Fatima se reproduit

Le 12 avril 1980, pour le 33eanniversaire de l’apparition, plusieurs milliers de personnes réunies aux Tre Fontane assistèrent à un « miracle du soleil ». L’astre se serait mis en mouvement et le ciel serait devenu bleu, violet puis rose.

Le 23 février 1982, la Dame apparut à nouveau Bruno et lui demanda la construction d’un sanctuaire. Elle lui aurait dit : « Viendront y prier les assoiffés, les égarés. Ils y trouveront l’amour, la compréhension, la consolation : le vrai sens de la vie. Ici, dans cet endroit de la grotte où je suis apparue plusieurs fois, ce sera le sanctuaire de l’expiation, comme si c’était le purgatoire sur la Terre. Il y aura une porte au nom significatif de porte de la Paix. Tous devront entrer par cette porte. »

Comme Ida Peerdeman à Amsterdam, Bruno Cornacchiola bénéficie de visions prophétiques.

Tout au long de sa vie, Bruno Cornacchiola aurait eu des songes et des visions prophétiques. On retrouva dans ses notes personnelles l’annonce de la tragédie de Superga (1949), la guerre du Kippour (1973), l’assassinat d’Aldo Moro (1978), l’attentat contre Jean-Paul II (1981), la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (1986) ou encore les attentats du 11 septembre 2001.

En 1956, Pie XII autorise la construction du sanctuaire aux Tre Fontane et bénit la statue de la Vierge qui y sera placée.

En 1987, le culte est autorisé par le Saint-Siège à la Vierge de la Révélation. Le vicaire général du pape pour le diocèse de Rome est envoyé au sanctuaire où il célèbre la messe. Dix ans plus tard, en 1997, Jean-Paul II décrète le nom du sanctuaire comme : Notre-Dame du Troisième Millénaire aux Trois Fontaines.

En juin 2017, le diocèse de Rome ouvre la cause en béatification et canonisation du serviteur de Dieu Bruno Cornacchiola.