Article tiré du site » Notre histoire avec Marie »
Aller à Jésus par Marie
Louis Grignion est né le 31 janvier 1673 à Montfort-sur-Meu, petit village à l’ouest de Rennes. Grand missionnaire apostolique, il sillonne l’Ouest de la France et enseigne comment aller « à Jésus par Marie », grâce à une consécration qui entraîne à vivre par Marie, en Marie et avec Marie, dans un cœur-à-cœur intime qui nous conduit très sûrement au Christ. Il meurt le 28 avril 1716 en pleine mission à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée). Il n’avait que 43 ans et 16 ans de sacerdoce. En 2016 fut célébré le tricentenaire de sa mort.
Le nouveau-né de la famille Grignion est baptisé le 1er févier 1673 sous le prénom de Louis, en souvenir de saint Louis, roi de France. Plus tard, à l’occasion de sa confirmation, il souhaite ajouter le nom de Marie au sien, pour marquer déjà sa grande dévotion à la Vierge Marie. Puis il ajoute à Louis-Marie le nom du lieu de son baptême pour en marquer l’importance dans sa vie chrétienne. Après sa formation au séminaire Saint-Sulpice à Paris, Louis-Marie Grignion de Montfort est ordonné prêtre le 5 juin 1700. Il est initié à la mission à Nantes puis à Poitiers auprès des mendiants et petites gens. Son objectif est d’annoncer la Bonne Nouvelle et renouveler l’esprit du christianisme chez les chrétiens. Doué d’un zèle apostolique rare et d’un caractère entier, le Père de Montfort n’accepte pas les demi-mesures, et s’engage de toute son âme. Sa vie entière, il se met en priorité au service des plus défavorisés qu’il identifie à Jésus. Un soir à Dinan, portant sur son dos un miséreux couvert de lèpre trouvé sur son chemin, il frappe à la porte de la maison des missionnaires en criant : « Ouvrez à Jésus-Christ ! » L’homme défiguré par sa triste maladie, dormira dans le lit de Louis-Marie. On le surnommait ainsi « le bon Père de Montfort » à cause de son souci des pauvres.
« Dieu seul » est sa devise. C’est un homme de Dieu qui nourrit sa vie spirituelle de silence et de prières. Il se retire parfois dans des ermitages, comme celui de Mervent (Vendée). C’est là qu’il prépare ses prédications, écrit ses cantiques et ouvrages de spiritualité. Il contemple les mystères du Salut et les trois Personnes de la sainte Trinité sont chez lui sujets d’une réflexion théologique profonde et aboutie. Pour lui, Jésus-Christ, sagesse éternelle et incarnée, doit être cherché, connu, et aimé par-dessus tout. L’aimer veut dire l’imiter et porter la croix sans rougir : uni à la croix, ils deviennent inséparables. « La croix est la sagesse et la sagesse est la croix », souligne le Père de Montfort.
Dès son enfance, Louis-Marie a une grande dévotion envers la Vierge Marie.
Il invite sa sœur à prier le rosaire avec lui. Par la Vierge Marie, il découvre le chemin le plus aisé, court et sûr pour aller à Jésus et demeurer fidèle aux promesses du baptême. C’est ainsi qu’il propose aux fidèles la consécration à Jésus par les mains de Marie. « C’est par la très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c’est aussi par elle qu’il doit régner dans le monde. »(Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge n°1) Pour aller à Jésus-Christ, il faut trouver Marie.
Le Père de Montfort souligne que la finalité de toutes nos dévotions est Jésus-Christ.« Si donc nous établissons la solide dévotion de la très Sainte Vierge, ce n’est que pour établir plus parfaitement celle de Jésus-Christ, ce n’est que pour donner un moyen aisé et assuré pour trouver Jésus-Christ. Si la dévotion à la Sainte Vierge éloignait de Jésus-Christ, il faudrait la rejeter comme une illusion du diable. Mais tant s’en faut ! Cette dévotion ne nous est nécessaire que pour trouver Jésus-Christ parfaitement, l’aimer tendrement et le servir fidèlement. »(Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge n°62) Avant de mourir, le Père de Montfort passe le flambeau à quelques disciples, hommes et femmes. Des congrégations religieuses naissent à sa suite : les « Filles de la Sagesse », la « Compagnie de Marie » (Missionnaires Montfortains), les « Frères de Saint-Gabriel » et les différents associés laïcs. Louis-Marie Grignion de Montfort est béatifié le 22 janvier 1888 à Rome par le pape Léon XIII et canonisé le 20 juillet 1947 à Rome par le pape Pie XII. Aujourd’hui, beaucoup se consacrent à Jésus-Christ par Marie selon la méthode du saint. L’un des plus illustres est sans conteste le pape Jean-Paul II dont la devise Totus tuus (« Je suis tout à toi, ô Jésus en Marie ») est empruntée au Père de Montfort.
« Si donc nous établissons la solide dévotion de la très Sainte Vierge, ce n’est que pour établir plus parfaitement celle de Jésus-Christ, ce n’est que pour donner un moyen aisé et assuré pour trouver Jésus-Christ. Si la dévotion à la Sainte Vierge éloignait de Jésus-Christ, il faudrait la rejeter comme une illusion du diable. Mais tant s’en faut ! Cette dévotion ne nous est nécessaire que pour trouver Jésus-Christ parfaitement, l’aimer tendrement et le servir fidèlement. »(Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge n°62)
Prière à la « Sainte Vierge Marie » de Saint Louis Marie Grignon de Montfort ;
Tiré de site-catholique.fr
Voici la version courte de « l’acte de consécration à la Très Sainte Vierge Marie » de Saint Louis Marie Grignion de Montfort (1673-1716), grand apôtre de Marie et Fondateur des Montfortains (ou Compagnie de Marie) et des Filles de la Sagesse.
« Je vous choisis, aujourd’hui, ô Marie, en présence de toute la Cour Céleste, pour ma Mère et ma Reine. Je vous livre et consacre, en toute soumission et amour, mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m’appartient, sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande Gloire de Dieu, dans le temps et l’éternité. Amen. »
Tout ce qui porte le mot Carmel (ou l’un de ses dérivés), en patronymie, toponymie ou dans d’autres domaines, a un lien, proche ou distant, avec le mont Carmel, une montagne d’Israël, en bord de Méditerranée, souvent mentionnée dans l’Ancien Testament.
L’ordre du Carmel est un ordre religieuxcatholiquecontemplatif. Ses membres sont appelés carmes (pour les hommes) et carmélites (pour les femmes). Leur père spirituel est le prophète Élie. Fondé par des ermites sur le mont Carmel en Palestine à la fin du XIIe siècle, les premiers Carmes quittent leurs ermitages au début du XIIIe siècle pour se réfugier en Europe. Après bien des tribulations, l’ordre érémitique se transforme en ordre monastique. Il connaît de nombreuses réformes dont la plus marquante est la réforme instituée par Thérèse d’Avila au XVIe siècle.
Blason de l’ordre du Carmel Fontana, Giacomo — http://www.cedoc.mo.it/estense/img/insegne/html/02210.html, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8326559
L’Ordre du Carmel est composé de trois branches :
les Frères Carmes, qui sont à l’origine de l’Ordre du Carmel au XIIIe siècle,
Au XVIe siècle en Espagne, Thérèse de Jésus (d’Avila) et Jean de la Croix initient un renouveau qui aboutit à la séparation entre les nouveaux frères dits déchaussés (Ordre des Carmes Déchaux : o.c.d.) et ceux qui poursuivent l’« antique observance » (Ordre des Carmes : o. carm.).
Le Carmel s’est senti appelé dès ses origines à vivre une relation privilégiée avec la Vierge Marie.
Les Carmes eurent très vite l’intime conviction qu’il faut appartenir à Marie pour appartenir pleinement au Christ. Le Carmel va ainsi sans cesse associer le service de Marie à celui de Jésus, la consécration à Marie à la consécration au Christ réalisée par le baptême.
En vivant cette consécration à Marie dans l’Église, le Carmel va témoigner de la grâce que représente la consécration volontaire au service de la Mère du Sauveur pour vivre en vérité sa vie chrétienne. Nous pouvons découvrir à travers son histoire comment il n’a pas cessé d’approfondir la conscience qu’il avait de cette mission mariale. Nous nous laisserons enseigner ainsi le sens et la portée de la consécration à Marie pour notre marche à la suite de Jésus.
Notre dame du mont Carmel et sa protection sur l’Ordre, Tableau de Tommaso de Vigilia ( XVème siècle)
II – Le patronage de Marie sur le Mont Carmel ( XIIè et XIII ème siècles)
La petite église construite par les ermites latins du Mont Carmel au milieu de leurs cellules fut dédiée à Marie. Pour comprendre l’importance symbolique de ce fait, il faut nous resituer dans le contexte religieux et sociologique du Moyen-âge. Nous sommes dans une société féodale dans laquelle le petit peuple était consacré au service d’un seigneur (institution du servage) pour bénéficier en échange de sa protection.
Cette réalité sociale est transposée dans le domaine religieux : placer une église sous le patronage d’un(e) saint(e), c’est pour ceux qui desservent cette église, se mettre au service de ce saint ou de cette sainte afin d’obtenir sa protection. Servir signifie rendre un culte et honorer ainsi celui ou celle dont on espère appui et secours dans les épreuves.
Lors des Croisades, toute la Terre Sainte est considérée comme le domaine du Seigneur Jésus, mais aussi de Marie, Dame de la Terre Sainte. Partir en croisade constitue alors un moyen éminent de vivre cette consécration au Christ Jésus, qui est celle de tout chrétien en raison de son baptême. La Règle du Carmel exprime ce propos dès les premières lignes : « vivre dans la dépendance de Jésus-Christ et le servir d’un cœur pur et d’une bonne conscience. »
C’est dans ce contexte que nos ermites placent leur église sous le patronage direct de Marie, Mère de Jésus et Dame de la Terre Sainte. Ce faisant, ils choisissent de lui appartenir, de la servir, de lui rendre hommage afin de bénéficier de sa protection contre les puissances du mal et de pouvoir suivre fidèlement Jésus, leur Seigneur. Nous voulons souligner la force de cette appartenance à Marie. Il s’agit bien d’une consécration initiale à laquelle l’Ordre cherchera à être fidèle lorsque, ayant quitté la Terre Sainte et abandonné la petite église aux avatars des guerres et de l’usure du temps, il lutta pour obtenir d’être placé sous le patronage direct de celle qu’il désignera comme la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel.
Pour le moment, il honore essentiellement en Marie, « la Mère de Jésus », celle par qui le Fils de Dieu a pu recevoir une existence humaine, par qui il a été élevé dans ce village de Nazareth situé à quelques vingt kilomètres du Mont Carmel.
Le Mont Carmel Par Chadner — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4659486
Il contemple en elle la femme, qui dans la pureté de son cœur fut à l’écoute de la Parole de Dieu et sut consentir à sa mission de mère du Messie. Les Carmes appartiennent au grand mouvement spirituel du XIIe siècle caractérisé par une grande attention à la dimension humaine de la personne de Jésus. Le pèlerinage en Terre Sainte repose sur le désir de connaître les lieux où Jésus a vécu pour mettre presque physiquement ses pas dans les siens. Marie est profondément liée à cette histoire humaine de Jésus. Nul ne l’a connu mieux qu’elle et nul ne peut mieux qu’elle introduire le croyant dans la connaissance de Jésus afin qu’il discerne en lui le mystère de la Parole de Dieu, le Verbe éternel, qui a pris chair de la Vierge Marie, « la Mère de Jésus ».
III – La protection mariale lors du retour en Europe
Durant les décennies du XIIIe siècle au cours desquelles les Carmes reviennent en Europe par groupes successifs, ceux-ci sont confrontés à la difficile question de leur intégration dans l’Église d’Occident. En cette période d’intense effervescence religieuse où les Franciscains et les Dominicains se développent de manière spectaculaire, l’Église cherche à limiter le foisonnement des ordres religieux.
Le Concile de Latran de 1215 reconnaît les ordres de Saint François et de Saint Dominique et interdit la naissance de nouveaux ordres. Honorius III, en 1226, admet que l’existence des Carmes puisse être antérieure à 1215. Le Concile de Lyon de 1274 supprime 22 ordres religieux nés après 1215, mais sursoit à la suppression des Carmes et des Ermites de Saint Augustin.
Les Carmes, qui avaient prié la Vierge Marie pour leur sauvegarde, attribuent à sa protection cette décision tant espérée, qui fut votée le 17 juillet 1274. Ils retiennent cette date du 17 juillet pour célébrer la fête de Notre-Dame du Mont Carmel en signe de reconnaissance envers celle, qui les a ainsi préservés de la disparition. Ce ne sera en fait qu’en 1298 que le Pape Boniface VIII transformera le décret du Concile de Lyon concernant le Carmel en acte d’approbation définitive de l’existence de l’Ordre.
IV – Le signe du scapulaire
C’est dans le contexte de menace et d’incertitude antérieur à 1274 que saint Simon Stock, prieur général de l’Ordre, aurait reçu de la Vierge Marie le scapulaire en signe de sa protection sur l’Ordre. Sans pouvoir nous prononcer sur les origines exactes de ce fait, ni sur ses circonstances, nous pouvons seulement constater que l’Ordre va rapidement imposer aux religieux le port de cette pièce d’étoffe, puis l’introduire finalement comme partie intégrante de l’habit religieux lui-même. Compte tenu de l’importance symbolique de l’habit religieux au Moyen-âge, sa modification était un acte grave, qui engageait l’autorité de l’Église. L’existence de ce fait supposait donc une reconnaissance par l’Ordre entier de ce que le scapulaire avait été le signe d’une grâce mariale de première importance. Il sera appelé l’habit de la Vierge et signifiera la consécration à Marie de la même manière que l’habit religieux signifie la consécration au Christ.
Scapulaire de Notre Dame du mont Carmel Par FERNANDES Gilbert — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49405062
À travers le port du scapulaire comme ‘habit de la Vierge’, les Carmes expriment donc leur appartenance à Marie, en qui ils reconnaissent tout particulièrement leur Mère. Ils ont en effet bénéficié de sa maternelle protection à l’heure du danger le plus extrême. Marie peut donc encore protéger ceux qui se consacrent à elle dans les moments les plus difficiles et spécialement à l’heure de la mort. Elle peut communiquer à ses enfants la grâce du salut accompli par son Fils : « Marie, notre Mère » en vue de la vie éternelle.
C’est pourquoi, par la suite, le port du scapulaire sera compris également comme une protection contre les peines de purification encourues après la mort en vue de la vision de Dieu : le vêtement de Marie habille de la sainteté du Christ ceux et celles qui ont ainsi exprimé leur confiance en la Miséricorde divine que Dieu a voulu faire rayonner sur le visage de Marie. Par la suite, le scapulaire du Carmel va jouer un rôle considérable pour développer dans l’esprit du peuple chrétien le sens et la valeur de la consécration à Marie et donc le désir de lui appartenir corps et âme pour mieux suivre le Christ.
V- Notre Dame du mont Carmel , fête patronale de l’ordre ( XIVème siècle)
Le choix de la fête patronale de l’Ordre constitue également un signe important de sa consécration à Marie. Sa date fut changeante durant les XIIIe et XIVe siècles et variable également selon les régions. Ce fut toujours pourtant une fête de la Vierge avec une prépondérance notable des fêtes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption de Marie. En 1374, à l’Université de Cambridge, les Carmes remportèrent une victoire importante dans un débat avec leurs opposants pour faire reconnaître le titre de ‘Frères de la Vierge’, qu’ils revendiquaient. Cet événement survenant tout juste cent ans après que le Concile de Lyon ait épargné l’Ordre, la coïncidence des dates n’a pas manqué de frapper les esprits.
Le Pape Urbain VI, en 1379, confirmait par ailleurs le titre « Ordre de la Bienheureuse Marie, Mère de Dieu, Notre-Dame du Mont Carmel », ainsi que celui de « Frères de la Bienheureuse Marie, Mère de Dieu, Notre-Dame du Mont Carmel
Le pape Urbain VI Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=150285
En reconnaissance pour tous ces bienfaits l’Ordre, en Angleterre d’abord puis sur le continent, décida de solenniser la fête de Notre-Dame du Mont Carmel. On y rattache également la célébration du don du scapulaire et de tous les bienfaits accordés par Marie à son Ordre. Lors de l’adoption de cette fête sur le continent, sa date fut déplacée au 16 juillet pour un motif que nous ignorons et elle devint la fête patronale de l’Ordre tout entier. Celui-ci retrouvait ainsi une expression de sa consécration initiale à Marie sur le Mont Carmel. En solennisant ainsi la fête de Notre-Dame du Mont Carmel, l’Ordre veut célébrer en elle « la Reine et la Beauté du Carmel ». Plus que jamais servie et honorée, elle est objet de contemplation, de joie, d’émerveillement : elle resplendit de la Gloire de son Fils et attire à lui ses enfants. En raison de la diffusion de la dévotion au scapulaire du Carmel dans tout le peuple chrétien, cette fête devint extrêmement populaire, spécialement aux XVIeet XVIIe siècles.
VI – L’apport de Thérèse d’Avila ( XVIème siècle)
À la suite des fondateurs de l’Ordre, la Réformatrice du Carmel voit en Marie « la Mère et la Souveraine de l’Ordre comme modèle d’oraison et d’abnégation dans le pèlerinage de la foi, elle qui le cœur et l’esprit tendus pour accueillir et contempler la Parole de Dieu, …, s’unit dans l’amour, la souffrance et la joie au mystère pascal du Christ. » (Constitutions des Carmes Déchaux n°48) Avec son attention à la relation entre « Marie et la Sainte Humanité du Christ », elle apparaît comme une parfaite héritière de la tradition mariale de l’Ordre, mais elle lui donne une impulsion nouvelle.
Elle étend sa contemplation de la Sainte Humanité du Christ à l’ensemble de la Sainte Famille et associe Marie et Joseph dans un même culte. Elle voit en Saint Joseph l’humble serviteur du Christ et de sa Mère, un modèle de communion priante avec Jésus et le protecteur très prévoyant de l’Ordre. Elle place presque toutes ses fondations sous son patronage et se trouve ainsi à l’origine du culte de Saint Joseph dans l’Église.
saint Joseph, l’homme juste Carmel de Terre Sainte
Elle met parallèlement en valeur l’enfance de Jésus, cette période cachée de la vie du Sauveur où il était soumis à Marie et à Joseph, grandissant en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes (cf. Lc.2,51s).
La dévotion à l’Enfant Jésus se diffuse ensuite à toute l’Europe au fur et à mesure que le Carmel réformé s’y implante. Le plus célèbre en France est l’Enfant Jésus vénéré au Carmel de Beaune, mais il fut surpassé en notoriété par le Saint Enfant Jésus de Prague, qui devint partout le porteur de la dévotion à l’Enfance de Jésus.
Le saint enfant Jésus de Prague The original statue 19-inch (48 cm) high, wooden and coated wax statue of the Infant Jesus of Prague given by Princess Polyxena von Lobkowicz (1566–1642) to the Discalced Carmelites in 1628 Par Fotobanka ČTK, René Fluger; — http://www.pragjesu.info/image-infant-jesus-l.htm, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20428346
Cette contemplation de Jésus Enfant a pour but de nous aider à grandir dans la grâce de l’enfance spirituelle vécue par Jésus, en le suivant dans son obéissance confiante envers Marie et Joseph. Il s’agit d’accéder ainsi peu à peu à la confiance filiale envers Dieu reconnu comme le Père véritable de Jésus et notre Père. L’intuition sous-jacente à cette attitude spirituelle est que nous pouvons nous associer par la foi aux étapes de la croissance humaine de Jésus pour parvenir avec lui à la stature de l’homme parfait devant Dieu.
La Vierge Marie a su reconnaître dans la vie de son Fils la Parole que Dieu lui adressait et elle y a consenti jusqu’au bout. Notre consécration à Marie nous ouvre à cet accueil de la Parole de Dieu depuis sa conception dans le sein de la Vierge jusqu’à sa mort sur la Croix. La possibilité de cet accueil repose sur le lien profond existant entre « Marie et la Sainte Humanité du Christ. »
VII – L’expérience mariale de Marie de Sainte Thérèse ( XVII ème siècle)
Dans le cadre, non plus de la Réforme thérésienne, mais de la réforme dite de ‘Touraine’, qui eut lieu en France et demeura rattachée à la branche originelle du Carmel, nous rencontrons la figure de Marie Petyt (1623-1677).
Cette femme a une vie mystique profonde qu’elle vit dans le monde comme tertiaire du Carmel. Sa vie de prière est tout entière fondée sur sa consécration à Marie. Avant que Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) ne répande en France la doctrine de la vraie dévotion à la Vierge, cette femme avait laissé un très beau témoignage sur son expérience d’une vie de communion avec le Christ vécue par Marie, avec Marie, en Marie et pour Marie.
La communion avec la Vierge Marie, tout entière habitée par l’Esprit du Christ, nous donne de vivre comme elle sous la conduite de l’Esprit Saint. Elle nous entraîne par sa prière et son exemple vers une pleine conformité au Christ et ainsi vers une totale conformité avec Dieu.
La vie mariale n’est pas une dévotion particulière, une réalité ajoutée à la vie intérieure. Elle consiste en une considération de plus en plus fréquente et habituelle des vertus de la Vierge à partir de l’Évangile. A l’exemple de Marie, nous apprenons ainsi comment nous laisser guider intérieurement par les mouvements de la grâce. Marie est ainsi à la fois modèle et maîtresse de vie spirituelle.
L’amour pour Saint Joseph prend place dans la communion profonde à la vie de Marie. Cet amour a pleinement habité le cœur de Marie dans son chemin d’union à Dieu. En effet seul l’amour peut nous unir à Dieu et l’amour de Marie pour Joseph a pleinement fait partie de ce chemin. Dans la communion aux sentiments de Marie dans son union à Dieu, nous faisons place à l’amour qu’elle avait pour Joseph en vénérant à notre tour la personne de son époux.
La prière à Saint Joseph trouve ainsi sa juste place en ce qu’elle nous introduit dans cet amour commun, qui unissait Marie et Joseph dans le service et l’amour de Jésus. Plus cette communion avec Marie, l’épouse de Joseph, s’approfondit, plus elle conduit à la communion avec Dieu dans le Christ Jésus que Marie et Joseph ont aimé et servi dans la foi.
VIII – Le renouveau opéré par Thérèse de Lisieux ( XIXème siècle)
Une carmélite va renouveler de manière prophétique la spiritualité mariale dans l’Église. Elle avait bénéficié de la protection maternelle de Marie lors d’une maladie grave dans son enfance. Désirant suivre Jésus dans la solitude et le silence de la prière afin d’offrir sa vie pour l’Église et le salut des hommes, elle entre à l’âge de quinze ans dans l’Ordre de la Vierge. Tandis que la dévotion mariale de son époque plaçait la gloire de Marie à une hauteur inaccessible bien au-dessus des Saints et des Anges, Thérèse redécouvre combien Marie est humaine et proche de nous.
Statue de la Vierge du sourire à laquelle Thérèse attribua sa guérison
La nouveauté de la spiritualité mariale de Thérèse est qu’elle ne veut rien connaître d’autre sur Marie que ce que nous en disent les évangiles. Elle refuse toutes les extrapolations pieuses faites sur la base de suppositions et ne veut contempler Marie qu’à partir de l’Écriture : Marie a connu une vie toute simple, accomplissant les humbles travaux de sa vie familiale à Nazareth auprès de Joseph et de Jésus.
Elle a répondu dans l’obscurité de la foi aux appels de Dieu pour accomplir jusqu’au bout la mission qui lui était confiée. Elle est un modèle accessible pour tout disciple de Jésus, modèle de confiance et d’humilité, modèle de simplicité et d’espérance, modèle de charité active dans les taches de la vie quotidienne.
Thérèse redécouvre l’intimité des Carmes avec Marie à travers l’écoute silencieuse de la Parole de Dieu, qui constitua le cœur de la vie de celle-ci. « Marie, notre Sœur dans la foi », est non seulement la Sœur des ‘Frères de la Vierge’, mais aussi celle de tout chrétien désireux de marcher avec elle jusqu’au bout sur le chemin de la confiance et de l’amour à la suite du Christ.
Dans plusieurs apparitions, Marie fait allusion au ciel, au purgatoire et à l’enfer. Elle emmène même avec elle, plusieurs fois, des voyantes, dans un voyage mystique où les visions de ces trois lieux leur provoquent félicité, crainte ou effroi. L’un des « points forts » du magistère de la Vierge est de rappeler ce que l’Eglise ne dit plus beaucoup :
Oui, le jugement qui suit directement la mort appelé « jugement particulier » par le Catéchisme, existe bien ; oui, ce jugement nous oblige, forcément, à veiller à l’état de la seule chose qui nous survit : l’âme ; oui, si nous ne veillons pas à tenir » pure » cette âme durant notre vie, nous perdrons toute vie sans même passer par le jugement, ou subirons une période de purification dans un lieu appelé » Purgatoire ». Cet article tiré du site catholique » Croire » nous en dit plus sur ce lieu » mystérieux ».
Quel lieu appelle-t-on le purgatoire ?
« Ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, mais imparfaitement purifiés, bien qu’assurés de leur salut éternel, souffrent après leur mort une purification, afin d’obtenir la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel », est-il écrit au § 1030.
« L’Église appelle Purgatoire cette purification finale des élus qui est tout à fait distincte du châtiment des damnés », est-il précisé dans le paragraphe suivant pour éviter toute confusion avec l’enfer. Cette doctrine n’est pas reconnue par les protestants – les orthodoxes non plus mais ils pratiquent la prière pour les défunts.
Si elle s’appuie sur une tradition ancienne autour de la prière pour les morts, le purgatoire naît vraiment durant le Moyen Âge, à la fin du XIIe siècle, selon l’historien Jacques Le Goff. Mais la définition de sa doctrine officielle par l’Église n’intervient que tardivement, aux XVe et XVIesiècles.
« L’Église a formulé la doctrine de la foi relative au Purgatoire surtout aux Conciles de Florence (en 1439) et de Trente (1545-1563) », indique le catéchisme. Mais si sa définition doctrinale est relativement récente, elle s’appuie sur la tradition du peuple juif, en particulier sur la pratique de la prière pour les défunts, évoquée notamment dans le deuxième Livre des Martyrs d’Israël (2 M 12, 46). « La prière pour les morts suppose qu’il y ait un temps intermédiaire, de l’ordre de la purification », assure le père Jean-Marc Bot, prêtre du diocèse de Versailles, auteur de plusieurs ouvrages sur les fins dernières.
Progressivement, en même temps que la doctrine s’affine, le purgatoire se « spatialise ». « On le situe souvent sous terre, comme une sorte de quasi-enfer, indique le père Jean-Marc Bot. Les représentations sont impressionnantes, angoissantes. Mais un écrivain génial, Dante, dans la Divine Comédie, opère une révolution de l’imaginaire du purgatoire, qui est comme la montagne de l’âme. Elle doit monter jusqu’au sommet pour décoller vers le paradis céleste.
Comment définir l’expérience du purgatoire ?
Entre quasi-enfer et feu miséricordieux, les représentations du purgatoire ont beaucoup évolué dans l’histoire.
Loin de toutes représentations spectaculaires ou imagées, parfois portées par la piété populaire, le magistère reste concis. Certains mystiques ont livré une version moins théorique, comme sainte Catherine de Gênes. Recevant une connaissance particulière de cette expérience, elle l’a décrit, dans son Traité sur le purgatoire paru en 1551, comme « un feu non extérieur mais intérieur » sur le chemin de la pleine communion avec Dieu. L’idée se développe d’un lieu, car il est toujours difficile de se représenter une idée en dehors de l’espace-temps, où les âmes vivraient dans un état paradoxal entre souffrance et joie.
« Le regard du Christ, le battement de son cœur, nous guérissent grâce à une transformation assurément douloureuse, comme “ par le feu ”, écrivait Benoît XVI dans son encyclique Spe Salvi (§ 47) parue en novembre 2007. Cependant, c’est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d’être totalement nous-mêmes et par là totalement de Dieu. »
Qui connaîtra cette expérience ?
Sans présumer des mystères de la vie après la mort, le purgatoire semble, comme le rappelle le pape émérite, devoir être l’étape obligée pour le plus grand nombre. « Je perçois le purgatoire comme le chef-d’œuvre de la miséricorde de Dieu, une grande espérance », témoigne le père Jean-Marc Bot. C’est le salon de beauté du Saint-Esprit. Je le définis aussi comme une expérience mystique de purification passive, car tout est clos et c’est Dieu qui agit pour ce qui reste à accomplir. » Cette purification s’impose par la vertigineuse distance entre l’homme et le Royaume des cieux dont parle Jésus, entre le pécheur et le divin. « Le purgatoire ne doit pas être associé à la peur d’un châtiment, mais au juste sens de la disproportion entre Dieu et nous », insiste le père Jean-Marc Bot.
Comment expliquer l’effacement du purgatoire ?
La doctrine du purgatoire, étape vers le paradis, connaît depuis au moins un siècle un effacement des consciences et des représentations, même chez les catholiques pratiquants.
« Le purgatoire est confronté à une éclipse certaine », reconnaît le père Jean-Marc Bot. Une quasi-disparation racontée dans un livre intitulé Le crépuscule du purgatoire (Armand Colin) par l’historien Guillaume Cuchet. Ce dernier lie l’effacement du purgatoire avec la Grande Guerre et ses millions de victimes, pour qui le purgatoire semblait une nouvelle souffrance inutile.
« Les fins dernières, même parmi les catholiques, ont été largement évacuées, poursuit le père Jean-Marc Bot, qui se fait fort de remettre paradis, enferet purgatoire au goût du jour. Concernant le purgatoire en particulier, il n’existe pas de référence biblique facile à utiliser pour l’expliquer. Il s’agit davantage d’une déduction et d’une compréhension des textes. »
Son effacement aurait tendance, selon lui, à faire « bon marché de la grâce » et à « résumer le christianisme à une morale moyenne et horizontale »,
……faisant fi de l’enjeu du premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence. » Or, « le salut n’est pas joué d’avance », assure-t-il, rappelant aussi que les âmes du purgatoire ont besoin de la prière des vivants. Dans un livre d’entretiens paru en 1985, le cardinal Joseph Ratzinger assurait même : « Si le purgatoire n’existait pas, il faudrait l’inventer . »
Un lieu dédié aux âmes du purgatoire : le sanctuaire de Notre Dame de Montligeon.
Bien moins connu que Lourdes ou Lisieux, le sanctuaire Notre-Dame de Montligeon, à La Chapelle-Montligeon dans l’Orne, se présente comme un « centre mondial de prière pour les défunts ». « À Montligeon, nous prions pour les défunts, pour les âmes en purgatoire, afin que s’achève en eux l’œuvre de l’amour qui purifie », est-il expliqué sur le site Internet du sanctuaire situé dans le diocèse de Séez.
Le sanctuaire Notre-Dame de Montligeon propose également des temps de formation sur la foi lors de week-ends et de sessions. Les questions liées à la mort et à l’au-delà, à l’eschatologie chrétienne et à la vie éternelle y ont évidemment une place particulière.
Par GO69 — Travail personnel, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14843442 OLYMPUS DIGITAL CAMERA
La basilique Notre-Dame de Montligeon, consacrée à « Notre-Dame Libératrice des âmes du Purgatoire », est une église de pèlerinage, centre d’un sanctuaire dédié à la prière pour les défunts. Elle est située à La Chapelle-Montligeon, petite commune de la région du Perche, dans le sud-est du département de l’Orne.
La création du centre de pèlerinage est due à l’initiative et à la détermination infatigable de l’abbé Paul Buguet, curé de La Chapelle-Montligeon de 1878 à son décès en 1918. Préoccupé par la nécessité de prier pour les âmes des défunts ainsi que par celle de revitaliser l’économie de son village, il fonda en 1884 l’« Œuvre expiatoire pour la délivrance des âmes du purgatoire » et fut encouragé dans son action par le pape Léon XIII duquel il reçut, pour cela, le titre de protonotaire apostolique.
La basilique est un vaste édifice néo-gothique érigé de 1894 à 1911 par l’architecte Maître Tessier, qui rassemble nombre d’œuvres d’art (vitraux, mosaïques, statues). Ses vitraux, équipant tous les fenêtrages, sont réputés et possèdent la double particularité de constituer un panorama de l’art du verre de 1917 à 1971 et de n’aborder que le seul thème de l’Eschatologie et de la Communion des saints. Autour de la basilique s’étend un sanctuaire important comprenant notamment plusieurs bâtiments dédiés à ses diverses activités.
(1) Le purgatoire, Traverser le feu d’amour, Éditions de l’Emmanuel, 142 p., 9,90 €.
Allusion au purgatoire dans le livre » La Vierge des Derniers Temps » du père Laurentin et de François-Michel Debroise. Salvator 2014.
Le livre « La Vierge des Derniers Temps » de René Laurentin.
Dans ses écrits, Grignion de Montfort (1673-1716) prophétise la Vierge des derniers temps. Le siècle de Marie sera le prélude, selon lui, à un déluge du pur amour. Cette nouvelle pentecôte assurera le règne du Christ dans le coeur de tous les croyants et verra se lever les apôtres des derniers temps.
La Vierge, l’Enfant Jésus et sainte Anne (Santa Anna Metterza), aussi appelée La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne, est un tableau de Léonard de Vinci, une peinture à l’huile sur panneau de peuplier qui est conservée au musée du Louvre à Paris.
Le début de la lente et complexe genèse du tableau remonterait à 1501, date de sa première mention dans la correspondance d’Isabelle d’Este. Léonard de Vinci ne cessa ensuite de perfectionner cette composition ambitieuse, qu’il laissa inachevée à sa mort en 1519.
Le thème
C’est celui de la « Sainte Anne trinitaire » où voisinent Sainte Anne, la Vierge Marie et l’enfant Jésus. D’après la tradition, Sainte Anne meurt avant la naissance de Jésus et le thème est donc plus symbolique, réunion de trois générations. Ce thème pictural apparaît au XIIIe siècle et connaît son apogée au xve siècle.
Un groupe de quatre personnages grandeur nature formant une pyramide avec une idée de spirale, composition géométrique dynamique chère à de Vinci : au centre, la Vierge assise sur les genoux de sainte Anne, sa mère. À ses pieds, sur la droite en bas du groupe, l’Enfant Jésus qui enlace et enjambe un agneau sacré, semble s’échapper des mains de sa mère.
Jeux de regards entre les protagonistes de la scène : Anne regarde Marie qui regarde Jésus qui la regarde à son tour, comme l’agneau qui le regarde.
Si sainte Anne est statique, hiératique, assise, campée sur ses jambes, un bras en appui sur la hanche, Marie adopte une pose plus dynamique, tendue vers Jésus l’enlaçant de ses bras. LLe décor proche est austère, composé de roches, d’un arbre feuillu (symbole de l’infécondité d’Anne ? Élément du paysage fleuri initial
La Technique
Le tableau est fait sur plusieurs planches de peuplier chevillées. La préparation est à base de colle animale et de sulfate de calcium. Il existe des traces de report d’un dessin préparatoire (technique du spolvero), fines perforations esquissant quelques points du dessin, et des traces de repentirs. Les couleurs utilisées sont le bleu de lapis-lazuli, le blanc de plomb, le brun des terres, le rouge de kermès, le vert de cuivre, le jaune de plomb et d’étain. L’œuvre comporte de très nombreuses couches de glacis. Les coups de pinceaux sont quasi invisibles, peut-être fondues par le doigt de l’artiste, comme l’atteste la présence de traces digitales.
Un constat d’état de l’œuvre révèle des soulèvements inquiétants de la matière picturale, causés par le vieillissement des couches de vernis, qui, en se rétractant, ont tiré la peinture originale. Une restauration fondamentale du tableau a été envisagée dès les années 1990, époque à laquelle sont effectués quelques tests de nettoyage assez concluants.
Esquisses de composition, dessins préparatoires, études de paysage et le magnifique carton (dit de Burlington House) de la National Gallery de Londres – jamais présenté à côté du tableau depuis la mort de Léonard – illustrent, entre autres, cette longue méditation et rendent compte des différentes solutions successivement envisagées par le maître.
La présentation d’autres œuvres peintes de Léonard de Vinci permet par ailleurs de montrer en quoi la Sainte Anne est le véritable aboutissement des multiples et diverses recherches de l’artiste sur la nature et l’art.
Afin de donner toute sa dimension au caractère novateur de cette œuvre, l’exposition l’a replacée dans la tradition iconographique liée à son sujet et s’intéresse à l’influence considérable qu’elle exerça, sur l’art italien du début du XVIe siècle.
Salvador mundi : le tableau le plus cher du monde…et au coeur des catholiques, quel que soit le prix !
Salvador Mundi Le Sauveur du monde Par Léonard de Vinci — Getty Images, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=64103353Circa 1490-1519, oil on panel, 45.4 cm × 65.6 cm (25.8 in × 17.9 in), private collection. (Photo by VCG Wilson/Corbis via Getty Images)
Le rosaire est un exercice de piété catholique qui consiste à dire trois chapelets d’oraisons. Consacré à la Vierge Marie, Mère de Jésus-Christ, il tire son nom du latin ecclésiastique rosarium qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées.
Dominique se serait retiré ensuite pour prier dans la forêt de Bouconne, aux portes de Toulouse. Au terme de trois jours de prière, il aurait reçu le rosaire comme moyen de convertir les populations du pays toulousain adeptes du dualisme cathare. Cette légende ne fait que traduire l’attachement des dominicains à la récitation du rosaire, mais celui-ci ne s’est stabilisé que beaucoup plus tardivement, vers le xve siècle.
Sur un tableau de Bernardo Cavallino intitulé La vision de saint Dominique, le saint embrasse le rosaire que la Vierge Marie lui confie. Sinon, il est représenté tenant des lys, symbole de pureté et la Bible, pour sa prédication notamment l’Évangile selon Matthieu.
L’institution du Rosaire vers 1737 Giambattista Tiepolo gallerie dell’Accademia de Venise Par Giambattista Tiepolo, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=53560893Accademia – Istituzione del Rosario –
Dominique Nuñez de Guzman (en espagnol : Domingo Núñez de Guzmán), né vers 1170 à Caleruega, en Espagne, et mort le 6 août 1221 à Bologne, en Italie, est un religieux catholique, prêtre, fondateur de l’ordre des frères prêcheurs appelés couramment « dominicains ». Canonisé par l’Église en 1234, il est célèbre sous le nom de saint Dominique. Autrefois fêté le 4 août, puis le 6 août, jour de sa « naissance au ciel ». IL est fêté le 8 Août depuis le concile Vatican II.
Saint Dominique, détail du Christ aux outrages, une fresque de Fra Angelico au couvent San Marco. Par Fra Angelico — The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=147522
Jean-Paul II priait tous les jours le rosaire et lui a consacré une lettre apostolique : Rosarium Virginis Mariae. Paul VI a lui aussi encouragé cette prière dans son exhortation apostolique « Marialis cultus ». C’est Jean-Paul II qui a ajouté les cinq mystères lumineux : baptême du Seigneur, noces de Cana, proclamation du Royaume, Transfiguration, institution de l’eucharistie.
Adrienne von Speyr, née le 20 septembre 1902 à La Chaux-de-Fonds et morte le 17 septembre 1967 à Bâle, est un médecin suisse, auteur de plus d’une soixantaine de livres sur la spiritualité et la théologie. Catholique, elle est stigmatisée à partir de 1942.
Seconde fille d’une famille protestante de quatre enfants, Adrienne von Speyr était très pieuse, du fait de sa proximité avec sa mère et sa grand-mère. Elle se marie en 1927 avec Emile Dürr, un historien veuf, père de deux jeunes enfants. Il meurt en 1934. Entre-temps, elle est devenue la première femme suisse à devenir médecin, aboutissement d’études entamées avant son mariage. En 1936, elle se remarie avec Werner Kaegi. Aucun enfant ne naît de ces deux unions.
Adrienne von Speyr reste très discrète sur sa vie mystique, elle craint qu’une curiosité sur ces phénomènes et ses propres états d’âmes ne détourne du mystère de la foi. A la demande de Balthasar, elle décrira les apparitions mariales qu’elle a eu dès l’âge de 15 ans :
« Je vis la Mère de Dieu entourée de différentes personnes (celles-ci se trouvaient un peu en retrait tandis qu’elle se trouvait au premier plan) ainsi que de quelques anges dont certains étaient aussi grands qu’elle, d’autres petits comme des enfants. L’ensemble était comme un tableau, cependant la Mère de Dieu était vivante, dans le ciel, et les anges changeaient de place. Cela dura, je crois, très longtemps ; je regardais comme dans une prière sans parole et j’étais stupéfaite d’admiration, je n’avais jamais rien vu d’aussi beau ; au début, toute la lumière était comme de l’or étincelant, puis elle pâlit peu à peu et, pendant qu’elle pâlissait, les traits de la Vierge Marie devinrent plus distincts. Je ne fus pas du tout effrayée, au contraire je fus remplie d’une joie nouvelle, forte et très douce. A aucun instant, l’ensemble ne me parut irréel, il ne me vint pas à l’esprit que je pouvais être victime d’une illusion.
Si je me souviens bien, je n’en ai parlé à personne, sauf à Madeleine, à qui j’ai raconté la chose comme quelque chose de tout naturel. Mad répondit seulement : « J’aurais bien aimé aussi la voir ». Nous n’en parlâmes plus jamais. Le souvenir de cette apparition m’est resté très vivant, il m’accompagna longtemps comme un secret merveilleux ; d’une certaine manière, je possédais maintenant un lieu de refuge »
Marie identifiée à l’Eglise
L’apparition la plus importante pour Adrienne reste celle de la vision de l’Apocalypse où Marie est identifiée à l’Eglise qui enfante la vie du Fils. La vision de la femme enceinte dans le ciel, qui crie dans les douleurs de l’enfantement, attaquée par le dragon. Adrienne note dans son journal :
« Marie crie parce qu’elle prévoit le destin de son Fils. Elle ne crie pas pour ses souffrances, elle crie par anticipation dans la claire compréhension des souffrances de son Fils. Pendant qu’elle a les douleurs de l’enfantement, elle subit à l’avance une partie de la souffrance de son Fils. Et l’Eglise crie, mais sans voir d’avance. Elle crie pour les souffrances de ses enfants, qui ne peuvent pas être vues d’avance, simplement pour leur destin en général ; mais elle aussi, elle crie par anticipation. Par là les deux ne font qu’un »
Cette intuition de l’identité entre Marie et l’Eglise est une grande lumière pour la théologie et l’Ecclésiologie. Adrienne commente en détail la vie intérieure de Marie sans jamais séparer Marie et l’Eglise.
La prière d’Adrienne Von Spier
« Seigneur, je voudrais Te remercier de voir, en cette maison, la maison du Père, et d’y demeurer non pour être, avec le Père et l’Esprit loin de nous et caché, mais pour continuer à rester au milieu de nous comme la Voie qui conduit au Père, comme le Chemin qui nous fait entrer nous aussi, en possession de l’Esprit Saint. Amen. »
Vers le mois de décembre 1882, la santé de Thérèse se dégrade étrangement : elle est prise continuellement de maux de tête, de douleurs au côté. Elle mange peu, dort mal ; des boutons apparaissent. Son caractère change également : elle se fâche parfois avec Marie, et se chamaille même avec Céline, pourtant si proche d’elle. Au parloir du carmel, Pauline s’inquiète pour sa jeune sœur, à qui elle prodigue conseils et réprimandes affectueuses.
Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face en 1894
Pendant les vacances de Pâques 1883, Louis Martin organise un voyage à Paris avec Marie et Léonie. L’oncle Guérin accueille de son côté Céline et Thérèse. Le 25 mars, soir de Pâques, on évoque au repas le souvenir de Zélie. Thérèse s’effondre alors en larmes et on doit la coucher. Elle passe une nuit très agitée ; son oncle inquiet fait appel le lendemain à un médecin. Celui-ci diagnostique « une maladie très grave dont jamais aucune enfant n’a été atteinte ». Devant la gravité de son état, on adresse un télégramme à Louis, qui revient en hâte de Paris..
Plusieurs fois par jour, elle souffre de tremblements nerveux, d’hallucinations et de crises de frayeur. Puis elle est prise d’un grand état de faiblesse et, bien qu’elle garde toute sa lucidité, on ne peut la laisser seule. Pourtant, la malade répète qu’elle veut assister à la prise d’habit de Pauline, prévue le 6 avril. Le matin du jour fatidique, après une crise particulièrement forte, Thérèse se lève comme par miracle et, apparemment guérie, se rend avec sa famille au carmel.
Elle passe ainsi toute la journée, pleine de gaieté et d’entrain. Mais le lendemain, c’est une rechute brutale : la malade délire et semble privée de sa raison. Le médecin, très inquiet, ne trouve toujours pas l’origine de son mal. Louis Martin se demande si sa « pauvre petite fille » ne va pas mourir ou sombrer dans la folie.
Toute la famille prie pour Thérèse, on fait dire une neuvaine de messes à l’église Notre-Dame des Victoires à Paris, on place dans sa chambre une statue de la Vierge. Mais la malade ne retrouve provisoirement la raison que lorsqu’elle reçoit une lettre de sa sœur carmélite, qu’elle lit et relit maintes fois.
Le 13 mai 1883, jour de la Pentecôte, Léonie, Marie et Céline tentent de calmer Thérèse qui ne les reconnaît pas. Impuissantes à la soulager, elles s’agenouillent au pied du lit et se tournent vers la statue de la Vierge. « Ne trouvant aucun secours sur la terre », la petite Thérèse se tourne elle aussi vers sa « Mère du Ciel ».
Thérèse est alors bouleversée par la beauté de la Vierge
…et surtout par le sourire qu’elle lui adresse : « Ah ! Pensais-je, la sainte Vierge m’a souri, que je suis heureuse … »
À ce moment, la malade se détend devant ses sœurs stupéfaites. Dès le lendemain, toute trace de la maladie disparaît, si ce n’est deux petites alertes dans le mois suivant. Thérèse demeure fragile, mais elle ne souffre à l’avenir d’aucune nouvelle manifestation de ces troubles. Le médecin ayant conseillé à la famille d’éviter à la fillette toute émotion forte, elle est désormais choyée à l’excès par son entourage.
Fin mai 1883, elle peut reprendre les visites à Pauline, au parloir du carmel. Questionnée par sa sœur Marie, Thérèse, qui s’était pourtant promis de garder le secret du sourire de la Vierge, finit par tout lui raconter. Les carmélites crient au miracle et la pressent de questions. Sa joie se change alors en souffrance : elle s’imagine avoir trahi la Vierge. D’autant qu’un doute insidieux s’infiltre en elle : n’a-t-elle pas simulé sa maladie ? : « Je me figurais avoir menti… je ne pouvais me regarder sans un sentiment de profonde horreur. Ah ! Ce que j’ai souffert, je ne pourrai le dire qu’au ciel ! » Le doute et la culpabilité la harcèlent ainsi pendant cinq années.
Thérèse aurait voulu être prêtre pour prêcher sur la Vierge !
(paroles recueillies par Mère Agnès de Jésus le 21 août 1897 – CJ 21.8.3) :
« Que j’aurais donc bien voulu être prêtre pour prêcher sur la Sainte Vierge ! Une seule fois m’aurait suffi pour dire tout ce que je pense à ce sujet. J’aurais d’abord fait comprendre à quel point on connaît peu sa vie. Il ne faudrait pas dire des choses invraisemblables ou qu’on ne sait pas ; par exemple que, toute petite, à trois ans, la Sainte Vierge est allée au Temple s’offrir à Dieu avec des sentiments brûlants d’amour et tout à fait extraordinaires ; tandis qu’elle y est peut-être allée tout simplement pour obéir à ses parents.
Pourquoi dire encore, à propos des paroles prophétiques du vieillard Siméon, que la Sainte Vierge, à partir de ce moment-là a eu constamment devant les yeux la passion de Jésus ? « Un glaive de douleur transpercera votre âme » avait dit le vieillard. Ce n’était donc pas pour le présent, vous voyez bien, ma petite Mère ; c’était une prédiction générale pour l’avenir.
Thérèse de Lisieux
Pour qu’un sermon sur la Ste Vierge me plaise et me fasse du bien, il faut que je voie sa vie réelle, pas sa vie supposée ; et je suis sûre que sa vie réelle devait être toute simple. On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu’elle vivait de foi comme nous, en donner des preuves par l’Évangile où nous lisons : « Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. » Et cette autre, non moins mystérieuse : « Ses parents étaient dans l’admiration de ce qu’on disait de lui. » Cette admiration suppose un certain étonnement, ne trouvez-vous pas, ma petite Mère ?
On sait bien que la Sainte Vierge est la Reine du Ciel et de la terre, mais elle est plus Mère que reine, et il ne faut pas dire à cause de ses prérogatives qu’elle éclipse la gloire de tous les saints, comme le soleil à son lever fait disparaître les étoiles. Mon Dieu ! que cela est étrange ! Une Mère qui fait disparaître la gloire de ses enfants ! Moi je pense tout le contraire, je crois qu’elle augmentera de beaucoup la splendeur des élus.
C’est bien de parler de ses prérogatives, mais il ne faut pas dire que cela, et si, dans un sermon, on est obligé du commencement à la fin de s’exclamer et de faire Ah ! ah ! on en a assez ! Qui sait si quelque âme n’irait pas même jusqu’à sentir alors un certain éloignement pour une créature tellement supérieure et ne se dirait pas : « Si c’est cela, autant aller briller comme on pourra dans un petit coin ! »
Ce que la Sainte Vierge a de plus que nous, c’est qu’elle ne pouvait pas pécher, qu’elle était exempte de la tache originelle, mais d’autre part, elle a eu bien moins de chance que nous, puisqu’elle n’a pas eu de Sainte Vierge à aimer ; et c’est une telle douceur de plus pour nous, et une telle douceur de moins pour elle ! Enfin j’ai dit dans mon Cantique : « Pourquoi je t’aime, ô Marie ! » tout ce que je prêcherais sur elle.O Marie, si j’étais la Reine du Cielet que vous soyez Thérèse,je voudrais être Thérèseafin que vous soyez la Reine du Ciel !
8 septembre 1897 (Thérèse écrivit ces lignes, les dernières de sa vie, au dos d’une image de la Sainte Vierge, le 8 septembre 1897, septième anniversaire de sa profession, cinq semaines avant sa mort.)
J’avoue que la personnalité de Marie m’a beaucoup étonné et finalement séduit ! Je croyais entendre, et voir, une sorte de « super religieuse » aux accents sérieux et sages et à la langue mesurée, une « notre Dame de Lourdes » plus imposante et plus bavarde ; et je découvre une personnalité forte, qui ne mâche pas ses mots, dit ce qu’elle a à dire, tout en restant éminemment sensible et tendre ; bref, qui parle en patronne de l’Eglise ; exit la petite Marie de Nazareth. Beaucoup plus tard, à Nevers, sainte Bernadette Soubirous dira à Sœur Émilienne : « La Sainte Vierge aime à se faire prier ! Ce n’est qu’à la 18e (sic, pour 16e) fois, qu’Elle m’a dit son nom ! » Et ça c’est une vraie découverte pour moi.
Une prophétesse moderne
De plus, je découvre une « femme » moderne et pragmatique, tout à fait au courant des vicissitudes de ce monde, nous faisant complètement oublier qu’elle est née il y a plus de 2000 ans dans une petite bourgade de Galilée occupée par les romains ! Marie nous rejoint dans notre temps humain et nous rappelle l’urgence de rester fidèles à une Vérité qui, elle, ne passe pas ! De toutes les Apparitions, j’avoue que celle d’Amsterdam m’a littéralement scotché. Les messages qu’elle nous transmet sont si denses, si documentés, et ses prédictions si justes, qu’on ne peut qu’être séduits.
Une avocate simple, puissante et pragmatique
Quant à l’image d’elle même qu’elle demande à Ida Peerdeman à Amsterdam, je la trouve étonnamment juste, bien loin de nos reproductions et projections : une femme qui ressemble à une jeune fille juive, mais qui en mettant le monde sous ses pieds nus, nous laisse deviner la puissance qu’elle a reçue du Seigneur ; le dos appuyé à la croix du Fils et ses jolies mains ouvertes et dirigées vers le monde, projetant des rayons de grâces, elle semble dire aux moutons blancs et noirs que nous sommes et qui paissent en bas du tableau :
« Adressez moi vos prières et je les ferai passer au Fils qui les exaucera rapidement, car il se laisse toucher », selon la formule employée devant les enfants de Pontmain. Enfin, le pragmatisme de la Vierge est étonnant ! La Vierge est une personne très concrète : comme à Amsterdam, la Vierge montre à Gladys les plans du sanctuaire qu’elle souhaite voir édifier. Pour toutes ces raisons, bravo Marie. Je vous suis !
La Vierge est une personne très souriante
Marie sourit beaucoup : à Banneux, on notera cette phrase des voyantes : « La Vierge souriante, comme à l’ordinaire… ». Marie, lorsque son visage ne prend pas la tonalité de son message, parfois tragique, sourit le plus souvent et fait même preuve de gaieté : à Pontmain, lorsque monsieur le curé dit : « Chantons notre cantique à Marie » et que les paroles s’élèvent joyeuses vers le ciel, au début, la Vierge sourit, lève les mains à hauteur de ses épaules et agite les doigts au rythme du cantique ; après que son visage se soit teinté de tristesse et même de douleur, alors que le crucifix rouge disparaît, la Vierge reprend l’attitude du début. Le sourire, un sourire plus grave, revient sur ses lèvres.
La Vierge est une vierge de tendresse.
Première apparition de la Vierge à Catherine Labouré Catherine appuie ses mains sur les genoux de la Vierge
Une des attitudes les plus touchantes de la Vierge est celle qu’elle aura avec Catherine Labouré, lors de l’apparition de la rue du Bac à Paris, le 18 Juillet 1830, où Marie s’assied dans le fauteuil de l’aumônier qui se trouve dans la chapelle des sœurs et permet à Catherine, pendant deux heures, de joindre ses mains sur ses genoux et lui parle comme une mère à son enfant.
A l’Île Bouchard, la Vierge baisse le bras vers les enfants : « Donnez-moi votre main à embrasser ». Laura et Jeannette sont trop petites. Jacqueline les soulève sans aucun effort. Les quatre enfants ont senti le doux contact et la tiédeur des lèvres de Notre-Dame.
A Kibeho, la vierge dit à Alphonsine : «Il ne faut pas avoir peur de sa maman». Une autre fois, Alphonsine explique qu’elle entendit une voix qui l’appelait avec tendresse en disant : « Mwana » (enfant).
Les postures de la Vierge explicitent son rôle.
Et d’abord celui d’être « l’aube du Salut », comme le chante le merveilleux cantique « Couronnée d’étoiles* ».
Posture de Combattante de Satan: le 27 Novembre 1830, Catherine Labouré l’aperçoit, debout, les pieds posés sur un globe terrestre, où s’agite un serpent de couleur verdâtre. La Vierge avait le pied posé sur la bête immonde, symbole de son combat contre Satan.
Posture demédiatrice : rue du bac, elle tenait entre ses mains un globe plus petit surmonté d’une croix d’or. « Cette boule que vous voyez représente le monde entier » lui dit la Vierge, « la France particulièrement et chaque personne en particulier. » Elle l’offrait à Dieu d’un geste suppliant, symbole de sa médiation universelle. » Le rôle de Marie dispensatrice de grâces est souvent souligné dans les attitudes de la Vierge ; Catherine Labouré raconte : « Tout à coup les doigts de ses mains se remplissent d’anneaux porteurs de diamants qui jettent des rayons de tous côtés, symbole des grâces que Marie nous dispense.. A Catherine Labouré qui lui demande pourquoi certains des anneaux qu’elle porte aux doigts n’émettent pas de rayons, La Vierge répond : « Ce sont les grâces que l’on oublie de me demander. »
Posture d’accueil maternel, de soutien et réconfort: bras tendus bas, mains grandes ouvertes vers l’extérieur, constituent une des postures que la Vierge affectionne. C’est cette attitude que reproduira la Vierge, à Lourdes, au jour de la grande apparition (25 mars 1858) ; c’est celle que Marie prendra encore, durant l’apparition de Pontmain (17 janvier 1871), au témoignage réitéré de Joseph Barbedette. Enfin c’est cette attitude que la Vierge demandera à Ida Peerdeman de reproduire dans l’image d’elle même qu’elle lui a commandée.
* Couronnée d’étoiles
Nous te saluons, ô toi Notre Dame Marie Vierge Sainte que drape le soleil Couronnée d’étoiles, la lune est sous tes pas. En toi nous est donnée, l’aurore du salut
La Vierge Marie est une femme sensible, aidante et pédagogue
La peine et la tristesse, soulignées parfois par ses pleurs, sont des sentiments courants que nous montre la Vierge.
Evoquant les futurs évènements tragiques et le sang qui coulera dans les rues de Paris – siège de Paris par les Prussiens et commune de Paris en 1870/71- note sœur Catherine Labouré,la Vierge ne pouvait plus parler, la peine était peinte sur son visage.
A Pontmain, les enfants, joyeux jusque là, deviennent subitement tout tristes : c’est que la Vierge, elle aussi, est devenue toute triste. Elle ne pleure pas, mais un frémissement au coin des lèvres marque l’intensité de sa douleur devant la croix d’un rouge vif apparue devant elle, nous signifiant que le temps n’a pas amoindri la vive douleur que lui a causée la mort de son fils crucifié.
A La Salette, Mélanie raconte : « À ce moment, la clarté mystérieuse s’entrouvrit et une « belle Dame » apparut, assise sur les pierres superposées, dans l’attitude d’une inconsolable affliction, la tête dans ses mains et les coudes sur ses genoux… ; Maximin avait deviné, à l’accent désolé de la voix, qu’il s’agissait d’une âme affligée, « d’une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise ! » Mélanie vit aussi des larmes qui tombaient des yeux de la Sainte Vierge pour s’évanouir dans la lumière « comme des étincelles de feu ». .
Toujours au registre de la sensibilité, La vierge a une relation intime avec les voyantes et voyants.
A l’Île Bouchard, en faisant baiser la croix et le chapelet, en se laissant baiser la main, en baisant elle-même la main des enfants, Marie montre son côté simple et sensible, maternel et chaleureux.
En demandant des nouvelles de la construction de la grotte, la Vierge fait aussi certainement d’humour car elle sait que le temps écoulé est trop court et que son apparition fait encore débat.
A Fatima, elle leur parle de leur destinée et, presque à chaque fois, leur révèle un secret « rien que pour eux » et qu’ils ont ordre de garder ! C’est elle aussi qui leur conseille de ne pas s’imposer de trop lourdes mortifications et accompagne le petit Francisco Marto, agonisant..
Presque toujours, Marie promet son aide aux voyantes et voyants en appui de la mission qu’elle leur a confiés. A Champion, la Vierge dit à Adèle Brise : « Vas et ne crains rien. Je t’aiderai ! » Elle nous rappelle la phrase de Jésus disant à ses Apôtres avant de partir vers son Père : « Je serai avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
Femme sensible, Marie est « mère » avec la plénitude que ce terme implique.
Elle est attentive à tous et d’abord aux plus pauvres. A Tepeyac, ne nous dit-elle pas : « je suis votre mère aimante et miséricordieuse attentive à vos peines. Je veux que soit construite une église pour vous montrer mon amour. »
A Champion, Pontmain, Banneux, L’île Bouchard, Betania : Marie se veut mère protectrice et encore plus de ceux qui souffrent. A Champion, elle est mère aidante. A Banneux, Marie se déclare « Vierge des Pauvres. » A San Nicolas de los Arroyos, Marie souhaite que personne ne soit condamné. Mère attentive, elle l’est à Pontmain, vis à vis de la « fille aînée de l’Eglise ».
Mais Marie a besoin de notre amour et de notre confiance
A Beauraing, la Vierge réclame qu’on l’aime et même qu’on se sacrifie pour elle, parce qu’elle fait « Un » avec son Fils. ( cf co-rédemptrice). A Banneux, Marie demande « qu’on croit en Elle. »
La Vierge n’a pas toujours besoin de paroles pour s’exprimer
A Lourdes, lors de la quatorzième apparition, Bernadette Soubirous,qui s’est rendue dès 7 h le matin à la grotte, n’a pas droit à une apparition, mais entend « l’invitation intérieure de la Dame », après l’école.
Elle peut également se servir de « banderoles où s’inscrivent ses messages », comme à Pontmain, ou sur la médaille miraculeuse, ou bien à Amsterdam…..
La Vierge, sauf dans quelques apparitions privées, est très avare de mots. Outre le fait qu’elle est muette dans un certain nombre d’apparitions, à Lourdes elle ne parle qu’à la troisième apparition etil faut attendre la seizième apparition pour que la vision révèle enfin son nom.
La Vierge prie, fait prier et distribue même des formules de prière
Marie demande assez souvent aux voyants de prier à l’aide de formules de prière qu’elle leur communique.
A Lourdes, elle fait le signe de croix et récite le chapelet avec Bernadette ; à la cinquième apparition, la Dame a appris une prière personnelle à Bernadette.
Rue du Bac à Paris, les yeux de la vierge, tantôt élevés vers le ciel, tantôt baissés, sont le symbole de sa piété et du recours à Dieu ; c’est de voir Marie implorer la Miséricorde divine qui a le plus ravi Catherine Labouré : « Ses traits étaient alors empreints d’une gravité mêlée de tristesse qui disparaissait lorsque le visage s’illuminait, surtout à l’instant de sa prière. »
Lors de l’apparition de l’Île Bouchard, la Dame fait glisser les grains blancs du chapelet, mais on n’entend pas sa voix. Elle invite les voyantes à embrasser la croix de son chapelet et à chanter le « Je vous salue Marie ». Le 12 Décembre, elle leur fait chanter et rechanter le « Je vous salue Marie », de manière lente et douce, leur fait baiser sa main. Puis, elle fait réciter une dizaine, les bras en croix, par toute la foule et bénit l’assistance d’un grand signe de croix.
La Vierge utilise une gestuelle empruntée à Jésus
A Champion, elle utilise ses bras et ses mains en signe de bénédiction ; Adèle raconte : « Juste avant de partir, Notre Dame éleva les mains comme pour implorer une bénédiction sur les personnes présentes et disparut lentement. »
A Banneux,la Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l’enfant ; une autre fois encore, avant de la quitter, elle lui impose les mains.
A Pontmain, alors qu’est apparu sur une croix, Jésus, d’un rouge plus foncé, la Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants.
AGiertzwald, le 8 septembre 1877, la Vierge bénit une source où les pèlerins vont depuis se procurer de l’eau pour les personnes souffrantes.
La gestuelle de la Vierge accompagne aussi des phénomènes;
A Fatima, la vierge utilise ses mains ouvertes pour « engloutir » de lumière les 3 voyants, pénétrant en eux par la poitrine jusqu’au plus intime de leur âme ; elle s’en sert aussi pour pénétrer le centre de la terre pour y découvrir l’enfer. Elle s’en sert enfin pour déclencher le miracle du soleil tournoyant : « Ouvrant alors les mains, elle les fit se refléter dans le soleil, puis, pendant qu’elle s’élevait, le reflet de sa propre lumière continua à se projeter dans le soleil ».
Le geste d’accueil est une constante chez Marie : la Vierge fait souvent signe d’avancer aux voyantes et voyants auxquels elle se manifeste ;
à Pontmain, Eugène Barbedette voit une « Belle Dame » qui tend les bras comme dans un geste d’accueil et qui lui sourit.
A Beauraing, elle se tient mains jointes et ne les écarte que lorsqu’elle disparaît, comme pour dire « venez à moi. »
A Banneux, la Dame tend les mains à Mariette Beco et lui fait signe de la suivre. (Comme Jésus le fit avec Zachée l’invitant à descendre de son arbre).
La Vierge disparait chaque fois en écartant les bras.
A Betania, Marie dit : « Il y a quelques secondes, vous m’avez vue monter au ciel, les bras ouverts, sous une pluie de roses rouges, représentant le cœur de mon divin fils. » (15/8 /89).
A l’Île Bouchard, Notre-Dame bénit l’assistance d’un grand signe de croix.
Comme Jésus, lors de l’Ascension, à Gietrzwald et Fatima, Marie manifeste son départ en s’élevant en direction du levant, « jusqu’à disparaître dans l’immensité du firmament. »
Comme son fils Jésus, Marie est une bonne pédagogue et adapte ses messages
La Vierge, selon les apparitions, s’adapte à la sensibilité religieuse de l’époque ainsi qu’à la « capacité des voyants à recevoir ses messages » ; d’où des niveaux de complexité très différents entre les messages.
A San Nicolas de Los Arroyos, la Vierge dit : « Ma fille, il faut lire lentement mes messages pour les assimiler comme je le veux !»
Surtout, la Vierge refuse toujours de céder aux sollicitations de miracles qui lui sont formulés. A lourdes, le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurira pas….malgré les demandes réitérées de Bernadette, poussée par le curé du lieu.
A l’Île Bouchard, à propos des fleurs que lui tendent les enfants : « Je les embrasserai, mais je ne veux pas les prendre. Vous les emporterez. »
Les Attitudes de la Vierge repérées au fil des Apparitions
Tepeyac
Quand il atteignit le sommet il vit une Dame qui s’y tenait debout et qui lui dit de s’avancer. Il descendit la colline immédiatement et porta les différentes roses qu’il avait cueillies à la Dame du ciel qui, en les voyant, les prit entre ses mains et les plaça à nouveau dans son tilma.
Le Laus
« Permettez que je mette mon tablier sous vos pieds » dit Benoite à celle qu’elle appelait sa Bonne mère, en ajoutant : « Il est tout blanc de lessive ». La Vierge, en refusant, lui sourit.
Rue du Bac
Le 18 Juillet 1830, Marie s’assied dans le fauteuil de l’aumônier ; Catherine se jette à ses genoux. Et pendant deux heures, la Vierge Marie parle à Catherine comme une mère qui se confie à son enfant. Catherine a les mains jointes sur les genoux de Marie ! Le 27 Novembre 1830, la Sainte Vierge revient. Catherine l’aperçoit, debout, les pieds posés sur un globe terrestre, où s’agite un serpent de couleur verdâtre. La Vierge avait le pied posé sur la bête immonde. La Vierge tenait entre ses mains un globe plus petit surmonté d’une croix d’or. Elle l’offrait à Dieu d’un geste suppliant. (symbole de sa médiation universelle) Tout à coup les doigts de ses mains se remplissent d’anneaux porteurs de diamants qui jettent des rayons de tous côtés. Les yeux de la vierge, tantôt élevés vers le ciel, tantôt baissés, sont le symbole scripturaire de la piété, et du recours à Dieu.
Dans un des tableaux relatés par Catherine, les mains de la Vierge se sont étendues, dans l’attitude reproduite par la médaille miraculeuse. C’est cette attitude que reproduira la Sainte Vierge, à Lourdes, au jour de la grande apparition (25 mars 1858) ; c’est celle que Marie prendra encore, durant l’apparition de Pontmain (17 janvier 1871), au témoignage réitéré de Joseph Barbedette. C’est de voir Marie implorer la Miséricorde divine qui a le plus ravi Catherine Labouré : « Ses traits étaient alors empreints d’une gravité mêlée de tristesse qui disparaissait lorsque le visage s’illuminait, surtout à l’instant de sa prière ».
Evoquant les futurs évènements tragiques et le sang qui coulera dans les rues, note sœur Catherine, la Sainte Vierge ne pouvait plus parler, la peine était peinte sur son visage. Que faut-il entendre par cette boule d’or, surmontée d’une petite croix d’or, que Marie portait dans ses mains et offrait à Dieu? « Cette boule que vous voyez représente le monde entier, la France particulièrement et chaque personne en particulier. » Ne serait-elle point la terre virginale, bénie par Marie, sur lequel est planté l’arbre de la croix, par opposition à la terre maudite, qui est sous les pieds de l’apparition, terre qu’enveloppe de ses replis tortueux l’infernal
Rome
« La Vierge m’a fait signe, de la main, de m’agenouiller ; une force irrésistible m’a poussée vers elle ; la Vierge a semblé me dire : c’est bien ! Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout compris.»
Lourdes
Bernadette fait le signe de la croix et récite le chapelet avec la Dame. Deuxième apparition. Quand Bernadette lui jette de l’eau bénite, la Dame sourit et incline la tête. A la cinquième apparition, la Dame a appris une prière personnelle à Bernadette. A la septième apparition, l’Apparition lui révèle un secret « rien que pour elle « . A la dixième apparition, la Vierge reste silencieuse. Elle ne parlera qu’à la troisième apparition. A la onzième apparition, sans doute à la demande de la Vierge, Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence.
A la quatorzième apparition, dès 7 h le matin, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n’apparaît pas ! Après l’école, elle entend l’invitation intérieure de la Dame. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire. A la quinzième apparition, la foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine, mais la Vierge est silencieuse. Pendant vingt jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte. A la seizième apparition, la vision révèle enfin son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurit toujours pas. (c’est une demande de miracle qu’on lui avait faite ) Bernadette raconte : « Elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre, et me dit : Que soy era immaculada councepciou« .
Champion
La Vierge pose son regard sur les amies de la jeune femme et dit : « Heureux ceux qui croient sans voir ! »La Dame dit : « Vas et ne crains rien. Je t’aiderai». Juste avant de partir, Notre-Dame éleva les mains comme pour implorer une bénédiction sur les personnes présentes, et disparut lentement, laissant Adèle prosternée sur le sol.
Pontmain
Eugène voit une ‘Belle Dame’ qui tend les bras comme dans un geste d’accueil et qui lui sourit. « Prions ! » ajoute M. le curé. Sœur Marie-Edouard commence le chapelet. Aussitôt, la Dame sourit à nouveau. « Chantons notre cantique à Marie » dit alors M. le curé et les paroles s’élèvent joyeuses vers le ciel. Au début, la Vierge lève les mains à hauteur de ses épaules et agite les doigts au rythme du cantique. Mais les enfants, joyeux jusque là, deviennent subitement tout tristes. C’est que la Vierge elle aussi est devenue toute triste. Elle ne pleure pas mais un frémissement au coin des lèvres marque l’intensité de sa douleur. C’est alors qu’une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. Sur la croix, Jésus, d’un rouge plus foncé. La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants. Puis sœur Marie-Edouard chante l’Ave Maris Stella*. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. Le sourire, un sourire plus grave, revient sur ses lèvres.
Gietrzwald
Après cette prière, la silhouette se lève de son trône et monte au ciel aux côtés de l’ange. Le 8 septembre 1877, la Vierge bénit une source où les pèlerins vont, depuis, se procurer de l’eau pour les personnes souffrantes.
Fatima
La vierge utilise ses mains ouvertes pour « engloutir » de lumière les 3 voyants, pénétrant en eux par la poitrine jusqu’au plus intime de leur âme, les faisant se voir ; elle s’en sert pour pénétrer le centre de la terre pour y découvrir l’enfer. Elle s’en sert aussi pour déclencher le miracle du soleil tournoyant : « Ouvrant alors les mains, elle les fit se refléter dans le soleil, puis, pendant qu’elle s’élevait, le reflet de sa propre lumière continua à se projeter dans le soleil ». Plusieurs fois, la Vierge apparaît triste mais la bonté n’est pas absente. Comme d’habitude, elle s’élève en direction du levant jusqu’à disparaître dans l’immensité du firmament.Comme dans le revers de l’image miraculeuse de la rue du Bac à Paris, son cœur apparaît transpercé…..
Beauraing
Elle se tient mains jointes et ne les écarte que lorsqu’elle disparaît comme pour dire « venez à moi ».Elle utilise très peu de mots et sourit. Elle a les mains jointes, puis elle a baissé les yeux et sourit doucement. Elle disparaît chaque fois en écartant les bras.
Banneux
La vierge, dispensatrice de grâces : la Vierge tenait les bras légèrement écartés. Une autre fois, elle se tenait debout, les bras tendus vers le bas et les paumes des mains tournées vers l’extérieur, tournées vers moi.
La douceur et la pédagogie de la Vierge : soudain, la forme s’est mise à me parler ; elle a dit : “Répète après moi.” Je me suis donc mise à répéter mot à mot ce qu’elle disait. Elle parlait très lentement. Elle souriait en disant ces mots. La forme a souri. En prononçant les deux mots “la Dame”, elle a avancé légèrement la tête vers moi. La Dame de tous les Peuples lui dictait des paroles empreintes d’une grande douceur. En prononçant ces mots, la Dame joignit les mains comme si elle voulait nous montrer comment prier. Message 50 du 31 Mai 1954 «Je suis venue dans ce monde sous toutes sortes de formes. »
Le découragement de la Vierge : la Dame regarde alors le globe terrestre et, l’air triste, secoue la tête de gauche à droite. « À présent, je le demande : cela a-t-il servi à quelque chose ?
La piété de la Vierge : je vois la Dame joindre tout à coup les mains dans un geste gracieux. Elle s’arrête de parler et, des yeux, attire mon attention sur ce qui se passe au loin…. La Dame regarde en direction de l’autel dans une expression de fervente piété. On dirait qu’une éclatante lumière descend sur elle. (31 Mai 1955)
La détermination de la Vierge : à la fin de la sainte Messe du matin, dans l’église Saint-Thomas, j’entends soudain la voix de la Dame, pressante et nette. Elle dit : «Je viens aujourd’hui. Demande à ton évêque de ramener le tableau à l’église avant que la troisième heure ne soit là. » (Un an auparavant, le curé de saint Thomas avait remisé le tableau dans la cure. L’évêque d’Amsterdam Haarlem ayant décidé de suspendre l’autorisation de l’exposition, le temps de vérifier l’authenticité des apparitions). Je réponds : « Je ne le ferai pas. De toute façon, ils ne me croient pas. ». La Dame dit alors d’un ton très fâché : « Fais ce que je te dis ! » (La voyante avait promis à son directeur spirituel de ne pas venir à saint Thomas ce jour là. Sur l’insistance d’Ida, le directeur spirituel fit porter le message de la Dame à l’évêque qui répondit qu’elle devait suivre les instructions de son directeur spirituel).
Dans l’après-midi, nous prions en famille le chapelet. Au troisième mystère glorieux, à trois heures précises, j’entends tout à coup la voix de la Dame. Elle dit : « Va au Wandelweg. » (le terrain où la vierge a demandé qu’on construise une chapelle) Je sursaute et je dis : « Je ne le ferai pas. Je dois obéir au Père Frehe ; je lui ai donné ma parole. Faites autre chose, car il faut que vous nous aidiez. » (Malgré l’insistance de la voyante, son directeur spirituel refuse qu’elle s’y rendât). Le soir, vers huit heures et demie, j’entends de nouveau la voix de la Dame. Elle dit : « Je viens quand même aujourd’hui. ». Je demande : « Où donc ? » La Dame répond : « Ici. Avertis-les et dis-le à ton curé. ». Je dis : « Je ne le ferai pas parce que je ne peux rien faire sans le Père Frehe.» Effectivement, je ne l’ai pas fait. (Message du 31 Mai 1956).
L’Île Bouchard
Elle leva les yeux et vit l’ange qui lui parla : « Marie est encore plus triste que lorsqu’elle versait du sang. Essuie la sueur. » Après le dîner, on retourne voir la statue : elle est à nouveau en sueur. Je me trouvais au presbytère quand la nouvelle me fut annoncée précipitamment: » La statue de la Vierge pleure! « . Cette fois-ci, les larmes ne s’écoulaient plus par accumulation et débordement, elles ruisselaient les unes après les autres. Elles affluaient, affluaient… En un flux continuel, elles formaient des filets sur les joues, le menton, jusque sur la poitrine, et tombaient goutte à goutte. » La vierge adopte un ton très affectueux vis à vis de la sœur ; elle l’appelle « sa fille » et même « ma fille chérie », s’enquiert de savoir si ses oreilles et sa main lui font mal ; l’invite à prier avec elle.
Betania
« Il y a quelques secondes, vous m’avez vue monter au ciel, les bras ouverts, sous une pluie de roses rouges, représentant le cœur de mon divin fils. » (15/8 /89).
« Les bras ouverts » sont une attitude qu’on reconnaît à la Vierge depuis la médaille miraculeuse et Amsterdam.
Kibeho
Les voyantes disent avoir été fort surprises de voir pleurer la vierge le 15 août 1982. La Mère du Verbe est fort affligée à cause de l’incrédulité et de l’impénitence des hommes. Elle se plaint de notre mauvaise conduite, caractérisée par une dissolution des mœurs, des dissensions, une complaisance dans le mal, une désobéissance continuelle aux commandements de Dieu. Dans d’autres visions cependant, la Vierge apparaît souriante et invite les hommes à l’aimer comme une mère empressée auprès de ses enfants : «Il ne faut pas avoir peur de sa maman» dit Marie.
Alphonsine explique qu’elle entendit une voix qui l’appelait avec tendresse en disant : « Mwana » (enfant). Alphonsine demande : « Qui es-tu femme ? » Et la Dame de répondre : « Je suis la mère du Verbe. » Un dialogue s’engagea… La Dame demanda : « Dans ton existence, qu’est-ce que tu tiens le plus en estime ? » Alphonsine répondit à peu près ceci : « J’aime Dieu et sa mère qui a mis au monde un Rédempteur. » La Dame reprend : « Vraiment ! » Alphonsine dit : « Oui, c’est bien ainsi ». La Dame déclare alors : « S’il en est ainsi, je viens te consoler, car j’ai exaucé tes prières. Je veux que tes compagnes aient la foi, car elles n’en ont pas suffisamment. ». Le 1er décembre, l’apparition a lieu un mardi soir, dans le dortoir, et la Vierge donne à Alphonsine un ruban blanc.
San Nicolas de Los Arroyos
Lors des premières apparitions, la Vierge ne parle pas, mais elle sourit ou devient triste. La Vierge fait preuve de volonté et de pragmatisme en approuvant les plans du sanctuaire. Comme souvent, la Vierge fait preuve de fermeté : « Ma fille, il faut lire lentement mes messages pour les assimiler comme je le veux !»
La Salette
« À ce moment, la clarté mystérieuse s’entrouvrit, et une « belle Dame » apparut, assise sur les pierres superposées, dans l’attitude d’une inconsolable affliction, la tête dans ses mains et les coudes sur ses genoux… Bientôt, elle se lève de son siège rustique ; Maximin avait deviné, à l’accent désolé de la voix, qu’il s’agissait d’une âme affligée, « d’une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise ! » Mélanie vit aussi des larmes qui tombaient des yeux de la Sainte Vierge pour s’évanouir dans la lumière comme des étincelles de feu.
Le magistère de la Vierge, sa tâche d’enseignement, s’appuie sur la matière première constituée par l’analyse de la totalité de ses messages. Nous en donnons ci après une synthèse ; « tentative de synthèse » serait plus approprié, tant ils sont denses et peuvent parfois contenir une signification qui nous échappe, du fait de leur symbolisme et de difficultés de transmission ; mais ils restent, dans l’ensemble, d’une grande clarté. Si besoin, leur forte redondance empêche qu’on commette beaucoup d’erreurs.
SYNTHESE GENERALE DES MESSAGES
1 – L’Homme est sur la mauvaise pente et doit urgemment se convertir.
La Vierge en profite pour admonester les membres du clergé qui ont trahi leur vocation.
2 – Le manque d’amour et les péchés sont la cause des malheurs de l’Homme.
C’est, par exemple, le manque d’amour entre conjoints qui dissout les liens ; ce sont les péchés et en particulier le péché d’orgueil qui est cause de la corruption de l’homme ; Satan sait à merveille utiliser les faiblesses de cet homme détaché de Dieu qui a perdu sa boussole et s’abandonne. Corollaire : il faut revenir à l’humilité et à la modestie. Dieu aime les modestes.
3 – La prière est capitale.
C’est elle qui permet à l’Esprit de nous améliorer et surtout qui permet de sauver les âmes ; corollaire : il faut construire des lieux de prière et pratiquer assidument le Rosaire.
4 – La pratique des sacrements ( et en particulier celui de l’Eucharistie) est indispensable
Elle est indispensable pour permettre à l’Esprit de Dieu de nous « nourrir » et de nous accorder sa force. Le respect des commandements de Dieu et l’obéissance à Rome doivent être effectifs.
5 – L’essentiel n’est pas notre vie sur terre ; l’âme est donc l’élément le plus important de notre vie !
Le corps est second.
6 – Les femmes doivent retrouver leur dignité ;
7 – l’Eglise de Rome est la « seule » église, mais doit absolument se moderniser, tout en préservant la doctrine.
6 – La Vierge nous entoure de toutes les façons possibles :
Si nous nous adressons à elle, Marie nous aide, nous soutient, transforme nos cœurs et même les modèle, pour laisser mieux entrer l’Esprit ; elle apporte la paix, protège,, encourage, éduque ; comme le ferait une mère, elle nous entoure de son affection et avoue même vouloir nous « bercer » dans ses bras !
7 – Marie rappelle ses rôles essentiels de médiatrice des grâces et d’avocate de l’humanité ;
La synthèse ultime des messages de la Vierge pourrait être contenue dans les 4 verbes utilisés par le pape saint Jean Paul II à propos de la carmélite sainte Thérèse des Andes (1900/1920) : aimer, souffrir, prier, servir.
SYNTHESE DES MESSAGES SELON LES LIEUX D’APPARITION
Le Laus
Il faut construire un lieu de prière pour la conversion des pécheurs
Paris / rue du Bac
Suivre les commandements est chemin de perfection ; il faut obéir aux ecclésiastiques et observer les Règles parce que l’obéissance au Père est chemin de perfection (He 5,7-9) .
Lourdes
Marie est l’Immaculée conception. Il faut faire pénitence pour se sauver car le salut de l’âme passe bien avant celui du corps. Importance du silence. Marie, médiatrice de toutes les grâces, guérit Catherine Latapie et 70 autres personnes (jusqu’en 2018) avec de l’eau de Lourdes (c’est l’eau du baptême qui sauve l’âme). Le bonheur n’est pas de ce monde, mais de l’Autre.
Champion/ USA
Marie se présente comme la Reine du Ciel. La mission d’Adèle Brise est de prier pour la conversion des pécheurs, mais c’est tout le monde qui doit travailler à la vigne du Seigneur, c’est à dire se mettre à son service, collaborer à son œuvre, se faire catéchiste, afin de recevoir le salaire de la vie éternelle. La Vierge nous incite à recourir aux sacrements afin que l’Esprit de Dieu nous pénètre et travaille à notre perfection. Elle promet de nous apporter son aide.
Pontmain
Marie se montre comme une mère sensible et humaine : les émotions de Marie, sa douleur (frémissement des lèvres) au moment où elle brandit la croix, rappellent sa participation au sacrifice du Fils, qu’il ne faut pas oublier, en se comportant à son exemple. La prière est le moyen de recevoir du Fils : il faut prier pour recevoir : « Si on prie mon fils, il vous exaucera en peu de temps. »
Gietrzwald
La prière est la condition pour que les choses aillent mieux (réciter le Rosaire). Marie apparaît sur un trône : elle est bien la reine de la Terre et des cieux.
Fatima
Visions de l’enfer, du ciel et du purgatoire. La souffrance offerte, les sacrifices et la prière intense sont les moyens de guérir les malades et d’obtenir la paix, parce qu’ils réparent les offenses faites à Dieu. La prière sauve les âmes qui souffrent en attente du Paradis. La dévotion à Marie est une voie de salut ainsi que la dévotion d’un pays (Russie) au cœur de Marie. Si les hommes ne se convertissent pas, ils périront.
Beauraing
La Vierge se présente comme la mère de Dieu et la Reine des cieux. Elle réclame qu’on l’aime et même qu’on se sacrifie pour elle parce qu’elle fait « Un » avec son Fils. (cf co-rédemptrice)
Banneux
Marie appelle à l’unité des chrétiens : une seule et grande Eglise (fait allusion à l’église d’Angleterre). Elle insiste sur l’Eucharistie et la présence réelle du Christ. La Vierge vient pour vaincre la corruption et le déclin spirituel ; afin qu’elle soit plus efficace, il faut lui reconnaître le titre de co-rédemptrice. Elle invite les églises et les catholiques à de profonds changements. Il faut s’appuyer sur Rome qui est la seule église et qui a « une chance à saisir », mais des changements sont nécessaires. Il faut observer les encycliques, écouter sa conscience, les prêtres et les pasteurs. Il faut appeler l’Esprit saint en pratiquant les sacrements et surtout celui de l’Eucharistie.
Il faut éduquer les enfants dans la Foi et adopter une formation des prêtres plus moderne. Il faut changer les lois mais garder la doctrine. Il faut revenir à une foi simple parce que Dieu cherche toujours ce qui est petit et simple. Les femmes doivent donner l’exemple, retourner à la femme qui est en elles. L’Europe doit s’unir, les blancs respecter les noirs. Le combat à mener est spirituel (est dans les têtes). Il faut y faire pénétrer l’Esprit ; c’est lui qui sauve le monde. La paix passe par le retour à la Croix ! La Vierge dessine l’essentiel :
Être reconnaissant aux Christ d’être mort pour nous sauver
Suivre son exemple
Pratiquer les sacrements parce que c’est à travers eux que l’Esprit dispense sa grâce
L’Eglise de Rome a un rôle primordial
L’Île Bouchard
Marie parle pas moins de 11 fois de la prière. Elle rappelle qu’elle a été conçue sans péché. Elle montre son attachement à la France. Elle inscrit ses apparitions dans l’histoire humaine et se moque du temps : création humaine. (Par exemple en invoquant Jeanne Delanoue ou la ville du sacrement),
Betania
Marie, comme à Amsterdam, vient pour réconcilier les peuples et leur donner les conditions de la vraie paix qui suppose la miséricorde : une générosité conduisant au pardon et beaucoup de volonté. Elle redit l’importance du rôle capital de la famille et du respect de la vie. Elle vante la beauté du monde. Elle appuie sur la réalité des apparitions et nous demande de la « sentir » physiquement pour que la grâce de l’Esprit nous pénètre. C’est à travers Marie, aussi, que passe la grâce de l’Esprit et que nous arrive la Foi. Marie se veut mère protectrice et encore plus de ceux qui souffrent. Elle se veut mère éducatrice et se compare à un semeur. La Vierge encourage à l’optimisme et à l’engagement, y compris dans les médias. Message d’espoir : même si la spiritualité baisse, rien n’est perdu si on observe le commandement d’amour ; à la fin, tout le monde sera sauvé mais il faut se convertir et pratiquer l’Eucharistie. Elle rappelle l’importance de l’Eucharistie et de la prière pour réparer les infidélités des pécheurs.
Kibeho
« Je suis la Mère du Verbe ». Marie nous adresse un appel urgent au repentir et à la conversion des cœurs. « Le monde court à sa perte car il est en rébellion contre Dieu. » L’incroyance vient sans qu’on s’en aperçoive : appel à la vigilance. Personne n’arrive au ciel sans souffrir ; il faut accepter la souffrance dans la Foi et la joie. Il faut prier sans cesse et surtout pour ceux qui ne prient pas. Il faut faire acte de dévotion envers Marie en récitant le chapelet (des 7 douleurs) Marie associe la prière et le sacrifice à la capacité à recevoir l’Esprit saint. Elle désire qu’on lui construise une chapelle. Elle appelle à l’humilité. Elle fait toucher du doigt la réalité de l’enfer, du purgatoire et du Paradis.
Saint Nicolas de Los Arroyos
L’humanité est en train de se perdre ; Marie souhaite que personne ne soit condamné et que nos âmes vivent pour toujours en nous guérissant du matérialisme, en faisant découvrir le Christ. Le travail de Dieu s’accomplit et la Justice de Dieu sauvera le Juste. Satan sait que sa fin est proche et dispense ses dernières forces. Il faut que le monde se convertisse et récite le Rosaire. L’homme doit puiser la force de se convertir dans l’Eucharistie, suivre le pape, prier et jeûner. Le Fils rédempteur offre à l’humanité sa mère médiatrice de toutes les grâces
ANALYSE DETAILLEE DES MESSAGES SELON LES LIEUX D’APPARITION
Tepeyac
Marie se déclare mère aimante, attentive à nos peines. « …parce que je suis votre mère miséricordieuse, à vous, à tous les habitants de cette terre et à tous ceux qui m’aiment, m’invoquent et ont confiance en moi. J’écoute leurs lamentations et je remédie à leurs misères, leurs détresses et leurs peines. »
Marie souhaite que soit édifié un lieu de prière, lieu « d’échange d‘amour réciproque » avec nous « Afin d’accomplir ce qu’exige ma clémence, va au palais de l’évêque de Mexico et tu lui diras que je manifeste un grand désir qu’ici, sur cette plaine, une église soit construite en mon honneur afin que je puisse vous montrer et vous donner mon amour.»
Marie a choisi « un petit » pour porter se demande de construction d’une église. « Tu dois comprendre que j’ai de nombreux serviteurs et messagers à qui je peux confier l’accomplissement de mon message et l’exécution de mon désir, mais c’est toi précisément que je sollicite et demande de m’aider afin que, par ta médiation, mon voeu soit accompli. »
Marie insiste sur « sa » Virginité (qui lui est parfois contestée) : « Dis-lui aussi que c’est Moi, en personne, la toujours-vierge, Sainte Marie, Mère de Dieu qui t’ai envoyé”…le voyant doit révéler à l’évêque ce qu’il a vu et lui expliquer de quelle façon elle l’avait guéri miraculeusement ; il doit également lui dire qu’ elle voulait être appelée « La toujours vierge Sainte Marie de Guadalupe »
Le Laus
Marie demande la construction d’un lieu de prière « pour la conversion des pécheurs » et prône la réconciliation : « Laissez vous réconcilier ! »
Rue du Bac, Paris
La Vierge regrette que la règle ne soit pas observée dans les deux communautés de saint Vincent de Paul et des Filles de la Charité. Marie insistera plusieurs fois, dans ses apparitions, sur l’importance de l’obéissance*des voyants envers les ecclésiastiques du lieu. Je me suis beaucoup interrogé pour savoir pourquoi Marie insistait autant sur l’obéissance, J’ai trouvé la réponse dans l’épître aux hébreux (He 5,7-9) relatant l’agonie de Jésus, à Gethsémani « Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances, l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent, la cause du salut éternel. » L’obéissance au Père est vertu en ce qu’elle est chemin de perfection !
La Vierge annonce rue du Bac, que pendant les évènements difficiles qui s’annoncent (journées de Juillet et guerre franco allemande de 1870) elle sera présente et dispensera ses grâces. Elle invite grands et petits à venir « au pied de cet autel recevoir les grâces qui seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur ! » (L’iconographie de la médaille miraculeuse montre la vierge mains tendues répandre ses grâces sur le monde et à contrario elle explique l’absence de rayons du fait des grâces qu’on ne lui demande pas !) L’apparition de la rue du Bac inaugure un des grands rôles que Marie ambitionne de jouer : celle de médiatrice de toutes les grâces.
Lourdes
A Lourdes, Marie révèle au monde pour la première fois qu’elle est née préservée de la faute originelle. « Que soy era immaculada councepciou : Je suis l’Immaculée conception ! »
Elle rappelle avec force la nécessité de faire pénitence, pour se sauver, mais surtout sauver l’âme des pécheurs.
Les gestes qui nous paraissent effarants, qu’elle demande à Bernadette : ramper, manger de l’herbe….nous disent que l’important sur terre n’est pas, à travers la symbolique de ces gestes, notre corps et le monde physique, mais le salut de notre âme et celui des autres. Ils disent aussi l’importance de l’attitude d’humilité ;
En demandant la construction d’une église, elle souligne l’importance de la prière.
Dans l’économie de ses mots, la Vierge nous signifie en creux l’importance du silence (donc de la méditation).
Cette fois encore – comme à toutes les Apparitions – la Vierge fait preuve de caractère et répond, à sa manière, aux questions ou requêtes qu’on lui pose. Non ! Elle n’écrira pas son nom ; non, l’églantier ne fleurira pas, mais Catherine Latapie verra son bras déboîté reprendre sa souplesse dans l’eau de la source, à la douzième apparition. Car la Vierge est aussi médiatrice de toutes les grâces et pas seulement spirituelles.
La Vierge rappelle à Bernadette que la vie humaine n’est pas le lieu du bonheur : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre.» Bernadette mourra à 35 ans, après avoir passé l’essentiel de sa vie à l’infirmerie du couvent.
Par les guérisons miraculeuses opérées par l’eau de Lourdes, la Vierge indique qu’elle se préoccupe de notre bonheur terrestre, mais c’est surtout un rappel qui nous est envoyé de nous souvenir que c’est l’eau du baptême qui sauve et que les baptisés doivent honorer les promesses de leur baptême d’aimer Dieu et d’aimer les autres « comme soi-même. »
Champion
La Vierge se présente comme la Reine du Ciel. Elle confirme sa mission à Adèle : prier pour la conversion des pécheurs. Elle demande à Adèle (et à nous) de faire plus que de communier : il nous faut travailler à la vigne du Seigneur (dont il est question dans la parabole de la vigne (Mt 20, 1-16a), c’est à dire se mettre à son service, collaborer à son œuvre, afin de recevoir notre salaire : la vie éternelle.
Car « le patron » ne tolère pas que nous ne travaillions pas à ouvrir les portes du Royaume à tous nos semblables. Marie rappelle aussi la parole de Jésus à Thomas qui voulait vérifier qu’il était bien ressuscité : « Heureux ceux qui croient sans voir». Elle demande à Adèle de se faire catéchiste et d’inciter ses semblables à recourir aux sacrements, nous rappelant que c’est par les sacrements que l’Esprit de Dieu nous pénètre et travaille à notre perfection. Elle promet de nous apporter son aide.
Pontmain
Une fois de plus, la vierge demande de prier et atteste de l’efficacité de la prière : si on le prie, son fils nous exaucera en peu de temps ! La croix brandie devant les enfants par la Vierge rappelle l’importance du sacrifice de son fils et, sans doute, la nécessité de commémorer ce sacrifice en pratiquant le rite de l’Eucharistie et la prière du Vendredi de la Passion, tous les 1er vendredis du mois.
L’Eucharistie signifie aussi que le sacrifice de son fils Jésus, sur la croix, a toujours tout son sens, au cas où les hommes sembleraient l’oublier.
La phrase écrite « mon fils se laisse toucher » insiste sur la capacité de compassion de son Fils Jésus à l’égard de ceux qui invoquent son pardon.
L’émotion et les attitudes de la Vierge nous rappellent qu’elle est profondément humaine. Elle sourit à plusieurs reprises et bat même des mains en mesure au rythme du cantique ; puis, elle devient triste avant de sourire à nouveau et redevenir triste un peu plus tard ;
Le frémissement au coin des lèvres devant la croix du Fils, souligne que sa douleur de mère est toujours aussi intense et que c’est à aussi à ce titre qu’elle a participé au travail de rédemption du Fils.
Gietrzwald
La prière est la condition pour que les « choses aillent mieux ! » Le 30 juin 1877, l’apparition dit, en polonais : « je désire que vous récitiez le rosaire* tous les jours ». Sollicitée, la réponse de la Vierge Marie fut toujours : « Priez et récitez le rosaire ; les prêtres seront libérés ; les malades guériront ; la Pologne regagnera son indépendance. »
Fatima
Le message de Fatima porte sur la prière* et les fins dernières**.
* Notre Dame de la Prière
Notre Dame du Rosaire est dans le catholicisme une des nombreuses dénominations de la Vierge Marie, donnée depuis qu’elle s’est présentée sous ce vocable à saint Dominique, au XIIIe siècle à Prouille. L’Ordre dominicain en fut un ardent propagateur. Tout commence lorsque saint Dominique, originaire d’Espagne, entame ses prédications dans le pays cathare et décide pour cela de se fixer dans la ville proche de Fanjeaux. Il a en 1208 une apparition de la Vierge Marie qui se présente sous le vocable de Notre-Dame du Rosaire et qui lui tend un chapelet. Les dominicains seront d’ardents propagateurs du Rosaire.
** Les fins dernières
Cette expression concerne les questions, parfois regroupées sous le vocable général d’eschatologie : la fin des temps, le jugement, le ciel, le purgatoire, l’enfer et la résurrection de la chair. A Fatima, la Vierge confirme l’existence du ciel et du purgatoire. Deux notions qui, après avoir effrayé les chrétiens des siècles précédents, avaient pratiquement disparu du culte chrétien contemporain. La souffrance offerte, les sacrifices et la prière intense, sont le moyen de guérir les malades, d’obtenir la paix, de sauver les âmes de l’enfer, parce qu’ils interviennent en réparation des offenses commises envers Dieu. La dévotion à Marie est un moyen d’obtenir le salut : Marie déclare en effet que non seulement son fils veut se servir de Lucie Dos Santos (voyante de Fatima) pour faire connaître et aimer la Vierge, mais aussi « veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. À ceux qui s’y adonneront, je promets le salut et ces âmes seront chéries par Dieu. Les malades peuvent guérir, mais ils doivent se convertir et demander pardon.
Le message religieux de Fatima
Selon sœur Lucie (dans son dernier livre publié en 2006), tout le message sous-jacent aux apparitions de Notre-Dame de Fatima est le suivant : « Pendant l’intégralité du message, en commençant par les « apparitions de l’Ange », nous trouvons un appel à la prière et au sacrifice offerts à Dieu par amour et pour la conversion des pécheurs. » En 1967, le pape Paul VI exprimait cette même idée dans l’Exhortation apostoliqueSignum Magnum : « La contemplation de Marie nous encourage, en fait, à la prière confiante, à la pratique de la pénitence, à la crainte de Dieu et nous rappelle souvent ces paroles par lesquelles Jésus-Christ a annoncé que le royaume des cieux est proche : « repentez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15 ; Mt 3, 2 ; Mt 4, 17), et son avertissement sévère : « à moins que vous vous repentiez, vous périrez tous de même » (Lc 13, 5). »
La consécration de la Russie et du monde à Marie, demandée par sœur Lucie, en 1940, au pape Pie XII, est considérée par l’Église catholique comme une demande émanant de Notre-Dame de Fátima. Si l’on confie la Russie au cœur de Marie et si l’on communie « les premiers samedis », la Russie se convertira. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde et une autre guerre (1939/45) commencera. Le pape Pie XII répond à cette demande et consacre le monde en 1942 au Cœur immaculé de Marie. Le pape Jean-Paul II réitère cette consécration en 1982, 1982 et 1984. Le pape François le fait à son tour en 2013. Le 16 juin 2010, le Liban et le Moyen-Orient sont consacrés au Cœur Immaculé de Marie. Cette célébration s’est déroulée au sanctuaire de Notre-Dame du Liban en présence de représentants de l’épiscopat libanais, du nonce apostolique Mgr Gabriele Giordano Caccia, ainsi que de personnalités politiques.
A travers les révélations de ce qu’on nomme le secret de Fatima, Dieu nous rappelle que si les hommes ne se convertissent pas et ne reviennent pas à l’Evangile, ils périront (vision de l’enfer*) ou subiront les affres de régimes athées (communisme). Il nous rappelle aussi que seules la prière (voir prière de l’ange de Fatima**) la pénitence et l’intercession de la Vierge, (consécration d’un pays au cœur de Marie), peuvent conduire au salut et à la paix, et « sauver » les pécheurs, sachant que ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. (Dieu nous incite seulement à prendre le bon chemin, mais respecte la liberté qu’il nous a donnée).
La Vierge sous entend que les prières peuvent sauver les âmes qui souffrent en enfer (au Purgatoire) : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs ; pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et il y aura la paix. »
Le message de l’ange de Fatima
Les apparitions de la Vierge ont été précédées de trois apparitions d’un ange en 1915 et 1916. Cet ange qui s’est présenté aux voyants sous le titre de « l’ange du Portugal » invite les enfants à prier et leur enseigne une prière : la prière de l’ange de Fatima.
Statue de « l’Ange du Portugal »sur le lieu des apparitions de Fátima. Par Castinçal — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26653733
Cette « prière » est composée de deux courtes phrases. « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas. » D’autres prières rapportées par les enfants, et qu’ils ont dit être communiquées par la Vierge Marie sont parfois associées ou confondues avec la prière de l’ange.
Les secrets de Fatima
Les secrets de Fátima sont trois révélations, ou visions, qui auraient été adressées en 1917 par la Vierge Marie à Lúcia dos Santos et ses cousins Jacinta et Francisco Marto dans la petite ville de Fátima au Portugal. Le terme des trois secrets de Fátima est régulièrement utilisé, mais il s’agit en fait des trois parties d’une unique révélation (ou vision) donnée le 13 juillet1917, révélation que la Vierge Marie aurait demandé de ne pas divulguer immédiatement. En juillet-août 1941, rédigeant son troisième Mémoire sur les apparitions, Lúcia dos Santos (devenue sœur Lucie) précise, pour la première fois, que ce secret comprend trois éléments différents : « Le secret comprend trois choses distinctes, écrit-elle, et j’en dévoilerai deux ». Les deux premiers secrets sont officiellement publiés en 1941, le troisième n’est révélé qu’en l’an 2000 par le pape Jean-Paul II. Celui-ci, révélé tardivement, a entraîné de nombreux débats avant et après sa divulgation.
Les trois parties du secret de Fatima
La première partie est une vision de l’enfer. « Cette vision dura un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui auparavant nous avait prévenus, nous promettant de nous emmener au Ciel (à la première apparition). Autrement, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur. Puis nous avons levé les yeux vers Notre Dame qui nous a dit si gentiment et si tristement : « vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs, pour les sauver*, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et il y aura la paix. »
Commentaire : est-ce à dire qu’on peut sauver les âmes condamnées à l’enfer par la prière ou est ce que la Vierge utilise ici le sens du mot « enfers » dans celui qu’il avait à l’époque judaïque de royaume de la Mort ?
La deuxième partie du secret concerne une révélation privée faite oralement par la Vierge aux trois enfants. Ce secret concerne la Russie et la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie – la guerre va finir, nous sommes en 1917 – mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI*, en commencera une autre pire encore. « Lorsque vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père. Pour empêcher cette guerre, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés ; le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ; diverses nations seront détruites. À la fin, mon Cœur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera concédé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc. »
La troisième partie du secret se présente comme une vision allégorique susceptible de diverses interprétations. Sœur Lucie écrit au pape Jean-Paul II, le 12 mai 1982, son interprétation du secret : « La troisième partie du secret se réfère aux paroles d’avertissement de la Vierge contenues dans le deuxième secret : « Sinon la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites« . ».
La religieuse estime que cette vision était conditionnée par le fait que nous acceptions la demande de la Vierge de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé. Sœur Lucie conclut : « Comme nous n’avons par tenu compte de cet appel du message*, nous constatons qu’il s’est réalisé ». Mais dans son courrier, elle précise bien que, pour elle, ce n’est pas Dieu qui a puni le monde, mais que les malheurs sont les conséquences des actes des hommes. Elle écrit : « Et ne disons pas que c’est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu’il nous a donnée ; c’est pourquoi les hommes sont responsables.
PS) En 1942, le pape Pie XII avait bien consacré le monde au coeur de Marie, mais pas la Russie ; il faudra attendre Jean Paul II et les papes suivants.
D’après le cardinal Ratzinger, les enfants ont fait l’expérience d’une vision de l’enfer pendant « un instant terrible » ; le but de cette vision était de leur permettre de (ou les aider à) « sauver les âmes des pécheurs ». Ratzinger précise que le « critère pour la vérité et pour la valeur d’une révélation privée est son orientation vers le Christ lui-même ». Ce type de message est crédible uniquement s’il renvoie « à l’unique révélation publique » qui est Jésus-Christ. Il ajoute que dans les révélations privées reconnues par l’Église (et donc aussi dans celle de Fatima) leur but est de nous aider à comprendre les signes des temps et à trouver pour eux la juste réponse dans la foi.
Toujours selon le cardinal, « les visions ne décrivent pas de manière photographique les détails des événements à venir, mais résument et condensent sur un même arrière-plan, des faits qui se répartissent dans le temps en une succession et une durée qui ne sont pas précisées ». Ainsi, pour l’Église, les visions sont un condensé « de temps et d’espace en une image unique » qui, en règle générale, ne peuvent être déchiffrées qu’a posteriori. C’est pourquoi les éléments visuels de la vision n’ont pas un sens historique concret : c’est la vision dans son ensemble qui compte, et celle-ci ne peut être comprise qu’après coup.
Dans le déroulement des événements de l’attentat dont il a été victime, le pape Jean-Paul II voit « une main maternelle (de la Vierge Marie) pour guider la trajectoire du projectile », permettant au « Pape agonisant » de s’arrêter « au seuil de la mort », et ainsi éviter que la mort du pape, vue par des enfants de Fatima, ne se réalise jusqu’au bout. Pour le pape, « les situations auxquelles fait référence la troisième partie du secret de Fatima semblent désormais appartenir au passé ».
Mais il ajoute : « l’appel de la Vierge de Fatima à la conversion et à la pénitence, lancé au début du XXe siècle, demeure encore aujourd’hui d’une actualité stimulante. L’invitation insistante de la très Sainte Vierge Marie à la pénitence n’est que la manifestation de sa sollicitude maternelle pour le sort de la famille humaine, qui a besoin de conversion et de pardon.
Beauraing
La Vierge se présente avec le titre de mère de Dieu et Reine des cieux. Elle promet de convertir les pécheurs. Elle réclame qu’on l’aime et qu’on aime son fils et même qu’on se sacrifie pour elle. Cet amour et ce sacrifice qu’elle réclame pour elle et son fils peuvent être interprétés comme le souhait de la Vierge de considérer qu’elle fait « Un »avec son fils, de la même manière qu’à Amsterdam, plus tard, elle réclamera d’être co-rédemptrice de l’humanité avec son fils.
Banneux
La Vierge déclare son identité : mère du sauveur, mère de Dieu. Au nombre des qualificatifs qu’elle choisit au cours de ses apparitions, ici, elle se déclare vierge des pauvres et vient pour soulager la souffrance. Comme à chaque apparition, elle insiste sur la prière. La Vierge demande qu’on croit en elle ! Elle, croit en Mariette Beco. Enfin, comme presque à chaque fois, elle désigne une source et demande une chapelle : une source pour guérir les souffrances, une chapelle pour prier.
L’île Bouchard
La Vierge invite pas moins de 11 fois à la prière récitée ou chantée et mentionne le fait qu’elle est bien conçue sans péché, l’Immaculée conception. En demandant de prier pour la France, Marie marque son attachement à la « fille aînée de l’Eglise ». En rappelant que Jeanne Delanoue* a implanté ici une congrégation des sœurs, et qu’il faut prier pour la France, Marie signifie qu’elle s’inscrit dans l’histoire humaine et dans l’histoire chrétienne de la France.
Betania / Paroles et messages de la Vierge
(Traduction effectuée à partir de l’anglais sur le site miracle hunter)
Marie, comme à Amsterdam, vient pour réconcilier les peuples et leur donner les conditions de la vraie paix ; mais la tâche est ardue et suppose la miséricorde : générosité entraînant le pardon et beaucoup de volonté. « Je viens les réconcilier, les rechercher, leur donner la foi qui a disparu dans les bruits et le fracas d’une ère atomique qui est sur le point d’éclater. Mon message est un don de foi, d’amour et d’espoir ; plus que tout, il apporte la réconciliation entre peuples et nations. C’est la seule chose qui peut sauver ce siècle de la guerre et de la fin éternelle ; si un changement ne s’opère pas et qu’il n’y a pas de conversion, le monde périra sous le feu, la guerre et la mort » ( 1984 )
Betania au Venezuela, c’est un lieu pour tous, même ceux qui ne sont pas catholiques.
« Je suis la réconciliatrice des peuples … Je viens vous réconcilier (25 Mars 76). Ma fille, je souhaite que vous leur fassiez sentir ….l’importance de ma nouvelle apparition en tant que réconciliatrice des peuples et des nations (22 /8 76). Ta tâche est ardue de transmettre mon message d’amour et de réconciliation à tous les peuples (25 3 78). Je viens appeler l’humanité à se réconcilier avec ses frères … Je viens donner la paix au monde » (8 12 86)
« C’est de miséricorde dont ce pays a besoin … c’est ce dont les familles ont besoin … c’est aussi ce dont les enfants et les mères abandonnées ont besoin … »
« Voici qu’ils naviguent contre le courant divin de la paix, de l’amour et de l’unité fraternelle ..! Pensez qu’il suffit de construire l’amour dans chaque acte. Beaucoup de volonté est nécessaire. »
« Enfants, je touche le cœur de mes fils et de mes filles afin qu’ils puissent augmenter leur foi, afin qu’ils puissent ouvrir leur cœur à l’amour de mon divin fils, et à la grâce de l’Esprit Saint. Les enfants, celui qui sait vivre selon la doctrine de « mon Jésus » a trouvé son trésor et en le trouvant, il brisera les chaînes du passé qui l’ont embourbé … laissant la lumière s’approcher de lui … ouvrant les yeux … pour commencer à fraterniser avec tous ses frères ..! » 8 11 89
La Vierge redit l’importance capitale de la famille et du respect de la vie et attire l’attention sur la préservation de l’innocence des enfants et le sort des mères célibataires.
« Mes petits, comme la créature innocente est belle … aidez les enfants, souriez aux mères solitaires… mais elles ne sont pas seules, je suis avec elles. » (25 5 89) …car la famille sera l’espoir d’un monde nouveau ..! » (25 3 76) … » Ainsi, avec courage, efforcez-vous d’accomplir vos actes avec la vérité de l’amour qui exprime le respect envers la vie et envers la dignité de la famille .. » (13 5 89)
Profitant du cadre paysager de l’apparition, Marie vante la beauté du monde et la nécessité de la préserver. « Que la nature est belle ! » (25 5 89) « Je vous invite, au crépuscule, à la prière, à méditer, à penser et sentir dans vos âmes la beauté de l’amour, la beauté de la vie, et celle des couleurs variées des plantes, des fleurs et les fruits …Fils et filles, vous êtes pèlerins … prenez soin de notre terre avec dévotion » (2 4 89)
Marie insiste pour nous dire que son apparition est bien réelle et non le fruit de notre imagination ; mais nous ne connaîtrons la vérité de certaines choses « qu’au fil du temps ».
« Ma présence parmi vous n’est pas un rêve, elle est réelle. Il y a quelques secondes, vous m’avez vue monter au ciel avec mes bras ouverts, avec une pluie de roses, de couleur rouge, qui représentent le cœur de mon divin Jésus. Fils et filles, tout cela vous semble un rêve … mais c’est une vérité vivante, et unique » (15 8 89)
« Ma fille, mes enfants, Je vois qu’il est très difficile pour vous de comprendre certaines choses, mais au fil du temps, vous comprendrez la vérité. »
Marie est notre mère protectrice et encore plus de ceux qui souffrent et utilise les mots d’une mère. Mère éducatrice, elle compare aussi son rôle à celui du semeur, une image qu’on retrouve dans les évangiles ; de manière très poétique, elle nous demande de la « sentir » afin de laisser la grâce de l’Esprit nous atteindre. (les gens témoignent d’effluves très agréables). Ses apparitions sont comme la graine du semeur. Le 13 mai … « Je vais vous bercer dans mes bras ( 27 11 78) Je vous laisse me sentir … ainsi la grâce du Saint-Esprit peut entrer pleinement en chacun de vous ( 25 1 85). Mon chagrin est le chagrin de chacun d’eux, leur chagrin est mon chagrin … leur joie est ma joie, leur peine est ma tristesse. » (25 5 89)
« Enfants, je suis la mère des affamés … Je suis l’espoir des assoiffés … et des affligés qui ont besoin d’aide et de protection. » ( 21 6 89 )
« Oui, fils et filles, je veux vous protéger des tentations du monde, afin que vous puissiez suivre la volonté de Dieu pour être digne de sa miséricorde et de son amour infini. » (8 9 89)
« La seule vérité existante devrait être de pratiquer ce qui est bon et de mener une vie généreuse ..! Je te garde ici dans mon coeur ..! » ( 5 1 90)
« Fille, partout où je place mes pieds, c’est comme semer la graine … »
Marie nous prodigue ses conseils avec beaucoup de franchise, de liberté et de modernité et nous encourage à l’optimisme et à l‘engagement, y compris dans les médias. Elle rappelle l’importance de l’Eucharistie et de la prière pour réparer les infidélités des pécheurs.
« Voici venir le grand moment du grand jour de la lumière ; la conscience de ce peuple bien aimé doit être violemment secouée afin que les gens mettent de l’ordre dans leur maison et offrent à Jésus la juste réparation pour les infidélités journalières qui sont perpétuées par les pécheurs. »
« Vous êtes ici pour apprendre et me laisser entrer dans vos coeurs pour les modeler et les rendre dignes du corps mystique ..! » (21 6 87)
« N’arrêtez pas de porter ma médaille miraculeuse afin d’être protégés … distribuez-la, aussi, généreusement, afin que les pécheurs soient convertis ; les malades peuvent être guéris et les valeurs morales du monde d’aujourd’hui peuvent être rétablies ..! » (6 7 87)
« Mes enfants, je prie chacun d’entre vous de réparer vos vies, avec la pénitence et la prière nécessaires pour mériter la justice de Dieu, offensée de nos jours par les hommes … de l’autre, il est très important pour vous d’assister fréquemment à la sainte messe et de recevoir l’Eucharistie … afin que la nourriture de mon divin fils puisse vous aider de telle sorte que vous vous sentiez éclairé intérieurement par une lumière inconnue. » (28 3 89)
« Vous devez vous préparer le plus tôt possible … par exemple : semer la doctrine, le catéchisme, pratiquer les exercices spirituels, l’évangile et surtout l’Eucharistie. La communion est la nourriture de l’âme » (1 4 89)
« Enfants, je suis encore ici parmi vous pour vous appeler à être optimistes, constructifs, 9 4 89, votre tâche doit être de transmettre la foi, de prier, d’être charitables de prendre des positions claires dans les médias des communications sociales … »
« Votre position doit être libérée du conditionnement humain, de votre jugement de base sur la vie, de votre activité personnelle, pour être un témoignage de foi, d’espoir et de la charité. »
« Ma fille, je souhaite que vous leur fassiez sentir la valeur de la prière. »
Marie nous livre un message d’espoir : bien que la spiritualité ait baissé, rien n’est perdu si on observe le commandements d’amour du Fils. Ce fils qui est venu surtout pour les rebelles et qui aime chacun pareillement « quelle que soit sa caste, sa race ou sa religion ! ».
A la fin, nous dit la Vierge : « Vous serez tous sauvés ! » mais il faudra nous laver (nous convertir) et pratiquer l’Eucharistie. C’est à travers Marie que nous bénéficions de la grâce de l’Esprit et que nous arrive la foi.
« Les hommes ont diminué leur potentiel, en ce qui concerne leur spiritualité ..! C’est pourquoi, obéissez humblement aux enseignements des commandements de mon Fils. Il vient redonner la vie ..! N’importe qui, indépendamment de sa race, de sa caste, de sa religion, est pour Lui, le même … «
« La doctrine et l’Évangile sont accomplis par la foi qui vient du cœur de ceux qui me cherchent .. Et je vous le dis, vous serez tous sauvés ; le Seigneur vous répète : » Celui qui mange Mon Corps et boit Mon Sang sera sain et sauf … »
« Il ne vient pas pour rassembler seulement les bons, mais aussi les rebelles, pour les faire boire à la fontaine des eaux saintes afin qu’ils puissent laver leurs têtes, leurs mains et leurs pieds, pour leur conversion ..! » (6 3 88)
« Jésus, mon fils bien-aimé, souhaite que vous viviez tous dans mon cœur maternel, avec les charismes et les grâces du Saint-Esprit. » (16 2 89)
Kibeho
La Vierge se présente en disant «Ndi Nyina wa Jambo» (Je suis la Mère du Verbe) : ce qui est synonyme de «Umubyeyl w’Imana» c’est à dire «Mère de Dieu». Les paroles et messages de la Vierge, à Kibeho, peuvent être condensés ainsi :
1° Un urgent appel au repentir et à la conversion des cœurs : « Repentez-vous, repentez-vous, repentez-vous ! » «Convertissez-vous quand il en est encore temps ! »« Si vous ne vous repentez pas et ne convertissez pas vos cœurs, vous allez tous tomber dans un gouffre ».
2° Un diagnostic de l’état moral du monde : «Le monde se porte très mal » (« Ngo isi imeze nabi cyane »). « Le monde court à sa perte, il risque de tomber dans un gouffre («Ngo isi igiye kugwa mu rwobo »), c’est-à-dire « être plongé dans des malheurs innombrables et incessants ». Le monde est en rébellion contre Dieu, (ubu isi yarigometse), trop de péchés s’y commettent. Il n’y a pas d’amour ni de paix ».
3° Appel à la vigilance : « L’incroyance vient sans qu’on s’en aperçoive. »(Ngo ukwemera n’ubuhakanyi bizaza mu mayeri). C’est une des paroles mystérieuses dites plus d’une fois par la Vierge à Alphonsine dans les débuts des apparitions, avec demande de la répéter aux hommes.
4° La souffrance salvifique
Ce thème est un des plus importants dans l’histoire des apparitions de Kibeho. Surtout chez Nathalie Mukamazimpaka. Pour un chrétien, la souffrance, par ailleurs inévitable dans la vie d’ici-bas, est un chemin obligé pour parvenir à la gloire céleste. La Vierge a dit à ses voyantes, notamment à Nathalie le 15 mai 1982 : « Personne n’arrive au ciel sans souffrir ». Ou encore : « L’enfant de Marie ne se sépare pas de la souffrance ». Mais la souffrance est aussi un moyen d’expier pour le péché du monde, de participer aux souffrances de Jésus et de Marie pour le salut du monde. Les voyants ont été invités à vivre ce message d’une façon concrète, à accepter la souffrance dans la foi et dans la joie, à se mortifier (« kwibabaza ») et à renoncer aux plaisirs (kwigomwa) pour la conversion du monde. Kibeho est ainsi un rappel de la place de la croix dans la vie du chrétien et de l’Eglise.
5° Priez sans cesse et sans hypocrisie
Les hommes ne prient pas ; et même parmi ceux qui prient, beaucoup ne prient pas comme il faut. La Vierge demande aux voyantes de prier beaucoup pour le monde, apprendre aux autres à prier, et prier à la place de ceux qui ne prient pas. La Vierge nous demande de mettre plus de zèle à prier, et à prier sans hypocrisie. « Priez sans relâche pour l’Eglise, car de grandes tribulations l’attendent dans les temps qui viennent. » Ainsi parlait la Vierge à Alphonsine, le 15 août 1983, puis le 28 novembre 1983.Marie lance également des appels à la conversion, à l’humilité et à l’amour du prochain.
6° Il faut faire acte de dévotion envers Marie,
Celle ci est concrétisée notamment par une récitation régulière et sincère du chapelet et en particulier le chapelet des sept douleurs*. La voyante Marie Claire Mukangango dit avoir reçu des révélations au sujet de ce chapelet. La Vierge aime ce chapelet. Connu autrefois, celui-ci était tombé dans l’oubli. Notre-Dame de Kibeho désire qu’il soit remis en honneur et répandu dans l’Eglise. (Mais le Chapelet des Douleurs ne supplante pas le Saint Rosaire). Marie associe une fois de plus la prière et le sacrifice à la capacité des hommes à recevoir la grâce de l’Esprit qui leur permettra de surmonter les tribulations du monde. Le titre souligne l’association de la mère à la souffrance de son fils et vient conforter sa demande à Ida Peerdeman, à Amsterdam, à être reconnue comme co-rédemptrice.
7° La Vierge désire qu’on lui construise une chapelleen souvenir de son apparition à Kibeho. Ce thème remonte à l’apparition du 16 janvier 1982 à Alphonsine et revient à plusieurs reprises au cours de cette année-là, surtout chez Nathalie avec de nouveaux développements.
San Nicolas de los Arroyos
1 – L’humanité est en train de se perdre
« En ce moment, l’humanité tient à un fil. Beaucoup de coeurs n’acceptent pas mon invitation à la prière et à la conversion. Je veux guérir mes enfants de cette maladie qu’est le matérialisme ; toute l’humanité est contaminée. Partout où mes messages ont été rapportés, il semblerait que l’on ait prêché aux cimetières. Il n’y a pas eu la réaction attendue. Il y a l’obscurité partout et des « distractions» qui se répandent. L’athéisme inonde les nations. Partout, Dieu est absent. Aujourd’hui, tant de cœurs sont victimes de Satan ! Mes visites se prolongent car l’humanité est entrée dans une période dramatique. L’homme n’a-t-il pas compris qu’il doit être au service de Dieu ? Beaucoup d’entre vous se détruisent dans le péché. Quand Il était sur la terre, mon Fils vivait seulement des choses du Ciel. Jonas 4 :11 : «Et moi je n’aurai pas pitié de Ninive la grande ville où il y en a plus de cent mille êtres humains qui ne savent distinguer la droite de leur gauche et des bêtes sans nombre»
2 – Ce n’est pas ce que souhaite Marie
« Que personne ne soit condamné et puisse chercher la force du Seigneur. Je veux guérir mes enfants de cette maladie qu’est le matérialisme ; Je veux les aider à découvrir le Christ et je veux leur faire connaître que le Christ l’emporte sur tout. Que personne ne soit condamné et puisse chercher la force du Seigneur. Mais le travail de Dieu s’accomplira. La justice de Dieu sauvera le juste. Mes pauvres enfants, mon cœur désire que vos âmes vivent pour toujours.
3 – Satan, qui sait sa fin proche, dépense ses dernières forces
« Le prince du mal sait que son triste royaume arrive à sa fin. C’est pourquoi il répand son poison avec toute sa force. Il en aura encore un peu. Sa fin approche. L’ennemi a déjà été combattu ; sa fin est proche. Il profite de sa dernière chance qui réside dans la faiblesse de l’homme orgueil. »
4 – Il faut que le monde se convertisse
« Vous avez été choisie pour rapporter la demande urgente du Christ Jésus pour que le monde se convertisse. Mon Fils Jésus demande la conversion. Récitez le Rosaire, et faites savoir au Seigneur que votre conversion l’accompagne. »
5 – L’homme doit puiser sa force pour se convertir dans l’Eucharistie, l’obéissance au pape, la prière et le jeûne.
« C’est dans l’Eucharistie qu’il devient encore Sang et Corps. Les prêtres doivent suivre le pape, car marcher avec lui c’est marcher avec mon Fils lui-même. C’est seulement par la prière et la conversion que vous retournerez à Dieu. Je demande d’eux la prière, le jeûne et la conversion. Vous êtes tous une partie du corps mystique qui est l’Eglise dont la tête est le Christ. Sur terre, le vicaire de mon Fils est responsable de la continuité de ce Corps. C’est pourquoi vous devez suivre votre pape. Voilà ce que je dis à ceux qui me sont consacrés. Renouvelez-vous par la prière, une prière intense. Beaucoup d’âmes refusent mon invitation à la prière et à la conversion. »
6 – Marie confirme les propos de son fils : « Le Rédempteur offre à l’humanité sa propre Mère, Médiatrice de toutes les grâces.
Mon cœur de mère a déjà préparé les cœurs pour les convertir. Je viens du Ciel afin de vous guider vers le Christ. Je viens du ciel afin de vous conduire vers le Christ. Faites-le savoir. »
La Salette
Le Fils est courroucé par l’attitude « du peuple ». Objet du « courroux » du Fils : les gens travaillent le dimanche et offensent le nom de Dieu par leurs jurons. L’été, il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe. Les autres travaillent le dimanche tout l’été, et l’hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la messe que pour se moquer de la religion. Le carême, ils vont à la boucherie, comme les chiens. »