Une apparition contestée

Le 25 mars 1945, à l’occasion du 600e anniversaire du miracle eucharistique d’Amsterdam, Ida Peederman a raconté qu’elle avait vu la Vierge se présenter à elle avec le titre de « Dame de tous les Peuples« . Née à Alkmaar en 1905, dernière d’une famille de cinq enfants, Ida est devenue orpheline à l’âge de huit ans et a déménagé peu après avec sa famille à Amsterdam, où elle est restée jusqu’à sa mort en 1996. La prétendue apparition du 25 mars a été suivie de 55 autres apparitions, qui se sont poursuivies jusqu’en 1959. En l’espace de 14 ans, la Vierge, selon le récit d’Ida, lui a révélé à l’avance plusieurs événements, dont la mort de Pie XII, et lui a montré sa propre image, peinte plus tard par l’artiste Heinrich Repke sur la base de la description de la présumée voyante. Aujourd’hui, cette image est conservée dans une chapelle construite en 1973 au numéro 3 de la Diepenbrockstraat, dans un quartier résidentiel du sud d’Amsterdam.

En 1956, l’évêque de Haarlem-Amsterdam de l’époque, Mgr Johannes Petrus Huibers, avait déclaré à propos des apparitions mariales que «non constat de supernaturalitate». Un jugement renforcé en mai 1974 par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qui émettait le jugement négatif définitif «constat de non supernaturalitate» avec l’approbation personnelle du Pape Paul VI. En 1996, le successeur de Mgr Huibers, l’évêque Henny Bomers, après avoir consulté le Saint-Siège, avait consenti au culte de « Notre Dame de tous les Peuples« , mais sans reconnaître les prétendues apparitions, contrairement à son successeur, Mgr Jos Punt, qui en reconnut l’authenticité en 2002, sans toutefois consulter le Saint-Siège. Trois ans plus tard, en 2005, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi supprime plusieurs mots de la prière que la Vierge Marie aurait laissée à Ida Peerdeman, car non conformes à la doctrine catholique. Enfin, le 30 décembre 2020, le nouvel évêque de Haarlem, Johannes Hendriks, «après avoir consulté la Congrégation pour la doctrine de la foi et en accord avec elle», déclare que «l’utilisation du titre de « Dame de tous les Peuples » pour Marie est en soi théologiquement licite»; cependant, «la reconnaissance de ce titre ne peut être comprise comme une reconnaissance, même implicite, du caractère surnaturel de certains phénomènes», la Congrégation ayant exprimé à cet égard «un jugement négatif», «approuvé par Paul VI» en 1974.       

Le Christ, unique rédempteur

Parmi les différents messages que la Vierge aurait confié à Ida, il y aurait une demande pour que l’Église reconnaisse le dogme de Marie comme «co-rédemptrice». Cette demande remonterait au 8 décembre 1952. À ce propos, on peut rappeler ce que le Pape François a déclaré à deux reprises au moins, le 3 avril 2020, dans l’homélie de la messe matinale présidée à la résidence Sainte-Marthe: «La Vierge n’a voulu enlever aucun titre à Jésus… Elle n’a pas demandé à être une quasi-rédemptrice ou une co-rédemptrice. Non. Le Rédempteur est unique et ce titre ne peut être dédoublé»; Affirmation réitérée lors de l’audience générale du 24 mars 2021: «Le Christ est l’unique Rédempteur: il n’y a pas de co-rédempteurs avec le Christ»

I – Généralités

Pays de l’apparition

Pays Bas

Site 

Amsterdam, parfois surnommée A’dampar ses habitants, est la commune la plus peuplée et la capitale du Royaume des Pays-Bas, bien que le siège du gouvernement, ainsi que la plupart des institutions du pays se trouvent à La Haye. Sur la base des chiffres 2013, la municipalité d’Amsterdam compte près de 840 000 habitants appelés Amstellodamois, au cœur de la région d’Amsterdam qui regroupe environ 1 350 000 habitants. L’aire urbaine rassemble plus de 2 300 000 résidents.

Ancien petit village de pêcheurs au XIIe siècle, la ville connaît une très forte croissance au Moyen Âge, au point de devenir l’un des principaux ports du monde durant le Siècle d’or néerlandais. Le quartier De Wallen est la partie la plus ancienne de la ville, qui se développe autour d’un réseau concentrique de canaux semi-circulaires reliés par des canaux perpendiculaires, formant une « toile d’araignée ». Au centre de la vieille ville, on trouve sur la place principale du Dam le palais royal d’Amsterdam, construit au XVIIe siècle, symbole de l’importance de la ville. Guillaume Ieren fait sa résidence en 1815.

Amsterdam est l’un des centres économiques majeurs des Pays-Bas et l’un des principaux centres financiers d’Europe. Elle est également la capitale culturelle du pays. Plusieurs classements placent Amsterdam parmi les métropoles mondiales offrant le meilleur confort de vie, le magazine américain Forbes la positionnant à la première place en 2016. La majorité des déplacements en ville s’y effectue grâce aux quatorze lignes de tramway, à pied ou à vélo. La ville est aussi connue pour son « quartier rouge » principal, et ses prostituées, et pour ses nombreux coffee shops possédant une licence leur permettant de commercialiser le cannabis, reflétant le progressisme politique des Pays-Bas.

Désignation  

La Dame de tous les peuples ou la Mère de tous les peuples

Contexte historique

Difficile, marqué par de nombreuses guerres et conflits liés pour la plupart à l’indépendance d’ex colonies européennes ; forte tension née de la guerre froide et de l’extension du communisme.

En ce qui concerne les Pays Bas :

La Seconde Guerre mondiale qui vit l’effondrement de l’armée néerlandaise et le contrôle de ses colonies orientales par les Japonais, marqua le déclin de l’antique puissance commerciale néerlandaise. En 1945 l’indépendance de l’Indonésie fut proclamée par Sukarno, poussé par les Japonais se retirant du pays. S’ensuivit un conflit de quatre ans au terme duquel les Pays-Bas furent conduits à reconnaître l’indépendance indonésienne.

En 1948, les Pays-Bas approuvèrent le principe d’une autonomie des Antilles néerlandaises, autonomie qui fut proclamée en 1954. En 1975 la Guyane néerlandaise, actuel Suriname, prit son indépendance du royaume. Enfin en 1986, l’île d’Aruba se détacha des Antilles néerlandaises pour former la troisième entité du royaume.

Amsterdam occupée par l’armée allemande

Pour le reste du monde :

1945 : capitulation du Japon et Procès de Nuremberg   

1946 : début de la guerre d’Indochine (qui prendra fin en 1954)

1947 : début de la « Guerre Froide » (prend fin en 1991) et insurrection malgache contre la France. Première guerre indo- pakistanaise.

1948 : première guerre israélo-arabe

1949 : guerre civile en Birmanie.

1950 : guerre de Corée (Prend fin en 1953)

1954 : Vietnam – Début du conflit entre le Vietnam du Nord et le Vietnam du Sud (Intervention américaine à partir de 1964), guerre d’indépendance de l’Algérie (jusqu’en 1962) ; coups d’état militaire au Guatemala et au Paraguay. 

1956 : crise du Canal de Suez entre l’Egypte d’une part et la Grande-Bretagne, la France et Israël d’autre part.

1958 : guerre Ethiopie-Erythrée (Prend fin en 1991, avec la création d’un Etat érythréen indépendant) ; première guerre du Liban.

1959 : révolution marxiste à Cuba. Prise du pouvoir par Fidel Castro

II – La voyante 

Ida Peerdeman naquit à Alkmaar, aux Pays-Bas, le 13 août 1905; c’était la dernière d’une famille de cinq enfants. La petite fille fut baptisée dans la paroisse Saint-Joseph, sous le nom de Isje Johanna, mais on l’appellera simplement Ida. Peu de temps avant que n’éclate la Première Guerre mondiale, la famille Peerdeman déménagea à Amsterdam.

Ida n’avait que huit ans et sa maman mourait, à l’âge de 35 ans, des suites d’un accouchement, ainsi que l’enfant qu’elle venait de mettre au monde. L’épreuve frappa durement toute la famille. Dorénavant ce fut l’aînée, Gesina, qui tint la place de la maman, car le papa, marchand de tissus, devait, pour ses affaires, voyager beaucoup et sillonner de long en large la Hollande. Gesina, qui n’avait que seize ans, dut renoncer à son désir de devenir infirmière.

Ida Peerdeman

On a raconté que la jeune Ida manifestait une certaine indépendance ; cependant elle s’entendait bien avec son frère Piet qui la comprenait, lui parlait et la consolait quand elle était triste. La famille Peerdeman n’était pas particulièrement pieuse ; tout le monde assistait à la messe du dimanche et on priait avant les repas ; la pratique religieuse n’allait guère plus loin. En fin de semaine, la petite Ida allait se confesser dans l’église des Dominicains, auprès du Père Frehe qui deviendra son directeur spirituel. Pourtant, Ida n’était pas une jeune fille comme les autres et avait déjà été « choisie ».

Cet après-midi du 13 octobre 1917, un samedi du mois du Rosaire, qui fut aussi le jour du miracle du soleil de Fatima, Ida a douze ans lorsqu’elle aperçoit la Vierge pour la première fois.  Après s’être confessée, Ida retourne à la maison. Elle est alors témoin d’un fait merveilleux. Au bout de la rue, elle voit une lumière extraordinaire et, dans cette lumière, apparaît une dame qui lui fait penser à une femme juive. Ce jour-là, son père étant à la maison, Ida lui raconta aussitôt tout ce qu’elle venait d’admirer. La réaction fut immédiate ; son père lui demanda de se taire et même de tout oublier.

Il lui dit même: « Pour l’amour de Dieu, n’en parle à personne; on te prendrait pour folle et on se moquerait de toi. Il ne nous manquerait plus que ça! » Ida n’en parla à personne. D’autres apparitions eurent lieu dans le courant du mois d’octobre 1917, le mois où la Vierge Marie apparaissait pour la dernière fois aux petits bergers de Fatima, ce qu’Ida, évidemment, ignorait totalement. Le Père Frehe, confident d’Ida et homme de confiance de la famille Peerdeman, fut mis au courant de ces évènements extraordinaires. Lui aussi recommanda à la fillette de garder pour elle toutes ces choses et même de ne plus y penser.

 La jeune Ida, une fois ses études primaires terminées, désira devenir puéricultrice. Elle fit un stage à l’issue duquel on la renvoya sous le prétexte qu’elle « manquait malheureusement d’aptitudes, et qu’elle avait trop peu d’imagination et trop peu d’inventivité. «  Pourtant, plus tard, Ida sera considérée comme une personne équilibrée, à l’imaginaire certes peu développé, mais pleine de bon sens. À l’âge de 18 ou 19 ans, Ida commença sa vie professionnelle comme employée aux écritures dans une société de parfums d’Amsterdam, la firme Boldoot. Elle y restera de nombreuses années, appréciée de tous pour sa gentillesse et sa modestie. Comme elle était jolie, elle ne manquait pas non plus de prétendants, mais elle ne se sentait pas appelée au mariage.

Maintenant nous sommes en 1940 ; Ida a 35 ans. Commencent alors ce qu’on a appelé les « visions de guerre », sur la Seconde Guerre mondiale. Ida a des visions concernant le déroulement de la bataille en Europe. C’est par un acte soudain et inattendu, comme dans la vie des prophètes, qu’à l’âge de quarante ans, cette simple employée de bureau se voit investie d’une mission lourde de responsabilité. En quinze ans, à partir de ce 25 mars 1945 et jusqu’au 31 mai 1959, elle reçoit en tout cinquante-six messages de la Sainte Vierge. Ils sont suivis, dans les années quatre-vingt, de ce qu’il convient d’appeler des «expériences eucharistiques » qu’elle reçoit de Notre Seigneur.

Contrairement à de nombreux autres lieux d’apparitions, tout à Amsterdam reste caché dans l’ombre et le silence. « Je suis venue dans le plus grand secret », dit la Dame le 31 mai 1958. Les premiers messages surtout ont un sens obscur et une connotation apocalyptique et symbolique. La voyante d’Amsterdam n’a pas de formation théologique, vient d’un milieu simple et ne sait pas expliciter ce qu’elle voit. Elle n’a jamais entendu de termes tels que « Paraclet » (le saint Esprit) et a beaucoup de peine à traduire les faits inconnus qu’elle voit se produire dans les visions.

La Sainte Vierge cependant la console : « Dis à ton directeur spirituel que le Seigneur choisit toujours ce qui est faible pour ses projets grandioses. Qu’il soit rassuré! » (4 avril 1954) « Je le dis une fois encore : le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple pour sa cause. » (15 avril 1951) « Tu as une grande tâche à accomplir.» (15 juin 1952) 

Dorénavant Ida Peerdeman ne vivra plus que pour la Vierge Marie. Elle écrit: « Elle était tellement belle, telle que j’ai pu la voir, et tous les jours, je m’occupe d’elle, de sa venue et de ses paroles (les messages). C’est avec ces pensées que je me lève et que je me couche. » L’une de ses sœurs, Truus (Gertrude), qui est institutrice, consigne par écrit chaque parole de la Dame qu’Ida répète. Elle le fait d’autant plus facilement que la Dame parle lentement, marque de longues pauses, avant de montrer une nouvelle image à la voyante ou d’exprimer une nouvelle pensée. 

Tout ce que la Dame de tous les Peuples lui disait se gravait de façon indélébile dans le cœur d’Ida. La Dame avait dit à Ida, dès le 1er avril 1951: « Toi, mon enfant, tu dois coopérer sans angoisse et sans peur. Tu vas souffrir, spirituellement et physiquement. » 

Ida souffrit effectivement d’un cancer au sein. Mais, par crainte de l’hospitalisation, elle ne se fit opérer que très tard. Elle était aussi gravement malade du cœur. Si, dans ses visions, Ida percevait les choses du ciel et en goûtait la béatitude ; au quotidien, par contre, elle se trouvait confrontée au mépris, aux calomnies, à la méfiance et aux doutes. Tournée en dérision et dénigrée par les médias, elle connut la douleur de perdre sa réputation par fidélité à la vérité et à la Dame. Le poids de sa responsabilité et l’indifférence hostile et généralisée la faisaient souffrir cruellement. Ida savait qu’elle n’était pas l’objet d’une illusion. Tout en restant un simple instrument, elle était consciente de porter le message le plus important du XXe siècle« 

Le 13 octobre 1968, Ida devient membre du mouvement la « militia Jesu Christi », un mouvement marial dont l’origine remonte au temps des Chevaliers qui s’étaient institués en milice pour la protection des monastères de l’Ordre. En 1870, cette institution avait donné naissance à une association de laïcs pour la défense de la foi. Saint Dominique était apparu à Ida dans une vision, et, lui montrant le portail du monastère de Sens, il lui dit: « C’est là que tu dois entrer. » Ida fit donc partie de ce mouvement, et reçut à Sens le « manteau de la Milice. Le Grand Maître, Frère Emmanuel Houdart de la Motte lui demanda alors de dire devant toute l’assemblée la prière de la Dame de tous les Peuples. Le 31 mai 1969 eut lieu la cérémonie solennelle de sa première promesse au sein de la Milice, à Paris, à l’église Saint-Germain l’Auxerrois.

Dorénavant Ida Peerdeman ne vivra plus que pour la Vierge Marie. Pendant les années des apparitions, la famille Peerdeman resserra ses liens. Les autorités de l’Église montrèrent de la réserve, ce qui est normal. Elles firent comprendre qu’elles ne souhaitaient aucune divulgation de ces visions. C’était d’ailleurs aller dans le sens d’Ida qui désirait disparaître et rester inconnue. Elle ne cessait d’affirmer: « Il ne s’agit pas de moi, je ne suis qu’un instrument ; il s’agit seulement des messages de la Dame. » Ida trouva pourtant un grand réconfort auprès de son directeur spirituel et dans le cadre protégé de la vie de sa famille. Si on la voyait souffrir et pleurer, on souffrait et on pleurait avec elle.

Il y avait  aussi des moments de joie sereine en famille. Comme toute la famille aimait la musique, on en jouait et on chantait ensemble ; on organisait aussi des petits concerts. Ida jouait du violon. Elle faisait aussi un peu de peinture et de la broderie. Tout en ayant des expériences surnaturelles, Ida restait très féminine, très naturelle. Elle évoquait avec enthousiasme le souvenir de vacances passées au Tyrol, dans les Dolomites, en Bavière ou en Suisse. Elle aimait faire des surprises aux autres en leur offrant des petits cadeaux qu’elle choisissait avec soin… en un mot, sa vie était normale, vie simple et modeste, tout à fait comparable à celle que menaient ses trois sœurs.

Pourtant, malgré les apparences, et à l’insu de tous, dans le silence, la vie d’Ida est un long martyre, de l’âme et du corps. Même ceux qui la connaissaient et savaient son obéissance héroïque vis-à-vis des autorités de l’Église, ne pouvaient soupçonner à quel point il lui en coûtait de se taire et d’attendre patiemment, indéfiniment, continuellement, et cela presque jusqu’à la fin de sa vie. Ida n’eut jamais une seule plainte contre ceux qui la faisaient souffrir. Elle accepta le départ de ceux qui lui étaient le plus chers: d’abord Piet, son frère bien-aimé, puis le Père Frehe.

En 1981, c’est son second et fidèle directeur spirituel qui décéda, le Père Kerssemakers (de la Congrégation des Pères du Saint Sacrement). On plaignit alors Ida qui n’avait plus de sainte Messe dans la chapelle et qui ne pouvait plus communier. Sa réponse a surpris plus d’un de ses amis: « Et pourtant, je communie. Je reçois la communion d’une main invisible. »

Le 13 août 1995, Ida célébra ses 90 ans. Beaucoup d’amis vinrent lui présenter leurs vœux et la remercier pour sa fidélité et sa persévérance. Mais sa fin approchait: « Au revoir, au ciel ! », lui dit un jour la Dame. En attendant ce jour, Ida restait fidèle à la mission dont la Sainte Vierge l’avait chargée le 15 novembre 1951: « Tu ne dois jamais manquer de venir devant cette image (…) afin de prier pour tous (…) Tu le feras jusqu’à ce que ce soit la fin. » 

Ida savait qu’elle mourrait dans le cours de l’année 1996. Le 1er janvier de cette même année, en effet, la Dame qui s’était tue depuis le mois de novembre précédent, fit entendre à nouveau sa voix pour lui annoncer: « C’est ta dernière année. Je vais bientôt t’emmener auprès de mon Fils. Ta mission est accomplie. Continue à écouter la voix. » Dès lors, Ida pouvait confier:« Je n’en ai plus pour longtemps. Je suis gravement malade. Il n’y a plus rien qui me retienne ici. »

Le 31 mai 1996, un 31 mai, date à laquelle sera fixée, un jour, la fête de la Co-rédemptrice, l’évêque de Haarlem, Mgr Henrik Bomers et son coadjuteur, Mgr Josef M. Punt autorisaient officiellement la dévotion publique à Marie sous le titre de Dame de tous les peuples ». Ida avait prié pendant des décennies pour vivre ce moment-là. Maintenant, elle pouvait partir. 

Le mercredi 12 juin 1996, elle reçut le sacrement de l’onction des malades des mains du Père Amandus Korse. Deux jours plus tard, elle fut hospitalisée. Au petit matin du 17 juin 1996, à 4h15, Ida mourait, seule. Elle avait 90 ans. Le 31 mai 2002, Son Exc. Mgr Joseph-Marianus Punt, Évêque de Haarlem/Amsterdam, reconnaissait l’origine surnaturelle des apparitions de la Dame de tous les Peuples. 

Mgr Joseph Marianus Punt

Ida a souffert d’une grande solitude, surtout après avoir perdu tous les siens. Les paroles de la Dame lui revenaient sans cesse en mémoire, notamment celles du avril 1954 : « Fais de ta vie une offrande! » 

Ses amis intimes ont fait savoir plus tard que, dans les dernières années de sa vie, Ida eut à subir de nouvelles attaques du démon. On la vit un jour, par exemple, à l’âge de 85 ans, totalement épuisée et en larmes. Pendant une heure entière, elle avait eu à soutenir la lutte contre de terribles sifflements stridents, des cris et des grincements causés par le démon. Ceux qui approchaient Ida connaissaient sa modestie et sa discrétion.

Mais quand il lui fallait parler des messages aux prêtres ou aux pèlerins, elle faisait des descriptions si vivantes des visions qu’on aurait dit qu’elle les vivait encore. Et quand on l’entendait parler de la Dame de tous les Peuples, on ne pouvait que dire : il est impossible qu’une simple femme comme elle puisse inventer et dire de telles choses. Par ailleurs, lorsque la Dame voulait expliquer et justifier la nécessité de proclamer le dogme de sa co-rédemption, elle dicta à Ida de véritables cours de théologie. Comment une personne aussi peu instruite aurait-elle pu émettre et expliquer des théories si complexes et si difficiles. 

Ida n’était pas ce que l’on appelle d’ordinaire une mystique : elle vivait comme tout le monde ; elle était musicienne et participait au petit orchestre familial. Elle allait au théâtre avec sa famille, et même, elle jouait à des jeux de société ou à des jeux solitaires (puzzle). Et elle devait travailler pour gagner sa vie. Son milieu n’était pas pieux, mais honnête. Son caractère, au moins pendant sa jeunesse, n’était pas exceptionnel et l’on sait qu’ellese montrait souvent indépendante. Donc, rien de spécialement remarquable chez cette jeune fille de douze ans, puis chez la femme de quarante à quatre vingt ans..

          III – L’Apparition (généralités) 

Date

La Seconde Guerre mondiale n’est pas encore terminée quand, le 25 mars 1945, commence la série des grandes apparitions mariales à Amsterdam. Elles cesseront le 31 Mai 1959.

Nombre et durée des apparitions

Ida Peerdeman aurait reçu un total de 207 visions, dont les 56 premières concernaient la Vierge Marie. Les rencontres d’Ida Peerdeman avec la Dame de tous les Peuples eurent souvent lieu chez elle, et ses sœurs, qui vivaient avec elle, notaient tout ce que la Dame lui demandait de répéter après elle, afin que ses messages ne se perdissent pas. D’une manière générale Ida ne connaissait ni le jour ni l’heure de ses rencontres avec la Dame. 

Après que les visions Mariales aient cessé le 31 mai 1959, Peerdeman a reçu 151 de ce qu’elle a appelé des «Expériences eucharistiques ».

Nature de l’Apparition (privée ou publique)

Les faits surnaturels qui se produisaient ne restaient pas toujours cachés, d’autant moins que deux apparitions eurent lieu en public, dans l’église de Saint-Thomas.

Emplacement des apparitions

C’est chez elle qu’Ida reçoit la plupart des messages. Ces apparitions ont lieu dans l’appartement qu’elle partage avec ses sœurs, ou dans l’église Saint-Thomas (deux fois, les 31 mai 1955 et 1957), ou à l’endroit où l’on doit construire l’église dédiée à Notre-Dame de tous les Peuples (une fois). L’une de ses sœurs, Truus (Gertrude), qui est institutrice, consigne par écrit chaque parole de la Dame qu’Ida répète.

Elle le fait d’autant plus facilement que la Dame parle lentement, marque de longues pauses avant de montrer une nouvelle image à la voyante ou d’exprimer une nouvelle pensée. Au besoin, Ida complète par la suite les lacunes en ajoutant ses propres commentaires. Les expériences eucharistiques, il s’agissait d’une révélation divine, se déroulaient généralement pendant la messe.

Récit 

La seconde guerre mondiale n’est pas encore terminée quand, le 25 mars 1945, commence la série des grandes apparitions mariales à Amsterdam. L’Église célèbre ce jour-là la fête de l’Annonciation*, l’évènement le plus important de l’histoire de l’humanité : Dieu, en Jésus, se fait homme pour nous racheter du péché et de la mort.

Cette œuvre de la rédemption a commencé dans le secret et le silence, enfouie dans le sein immaculé de celle qu’un jour on appellera la Co-rédemptrice. Il ne faut certainement pas y voir l’effet du hasard si Marie a choisi précisément le jour de cette fête pour se manifester au monde. Les messages qu’elle donne à Amsterdam sont en effet d’une portée universelle et salvifique pour l’Église et pour le monde.

* L’Annonciation est l’annonce de sa maternité divine faite à la Vierge Marie par l’archange Gabriel.

L’Annonciation par Fra Angelico
Par Fra Angelico — The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=147473

Ida elle-même fait le récit de cet évènement : « C’était le 25 mars 1945, en la fête de l’Annonciation. Assises dans le séjour, mes sœurs et moi-même, nous étions en train de bavarder autour du poêle à charbon. C’était la guerre et ce qu’on a appelé l’hiver de la faim. De sortie ce jour-là, le  Père Frehe était passé nous voir. Vous savez comment vont les choses : on parle de la guerre et de tout ce par quoi on est passé.

Cette semaine-là, il y avait eu de nouvelles rafles et des choses semblables. Nous avions donc beaucoup à nous raconter. Nous étions en pleine conversation quand je me suis soudain sentie attirée dans la pièce attenante ; je ne sais aujourd’hui toujours pas comment. J’ai regardé dans cette direction et j’ai vu tout d’un coup venir une lumière. Je me suis dit : d’où vient cette lumière ? Et comme elle est curieuse ! Je me suis levée, ne pouvant faire autrement que de m’en approcher.

J’ai vu s’approcher la lumière dans un coin de la pièce. Le mur disparut à mes yeux et tout ce qu’il y avait là, normalement, n’y était plus. C’était un océan de lumière et un espace vide illimité. Ce n’était pas la lumière du jour ni une lumière électrique. Je n’arrivais pas à comprendre le genre de lumière que ce pouvait être. Mais il y avait un espace vide sans fin et, de cet espace, j’ai vu soudain se détacher une forme, une forme vivante, une silhouette de femme ;

je ne sais pas l’expliquer différemment. Elle était vêtue d’une robe blanche et portait une ceinture. Elle se tenait debout, les bras tendus vers le bas et les paumes des mains tournées vers l’extérieur, tournées vers moi.

Amsterdam, 1945

Tandis que je la regardais, quelque chose d’étrange m’étreignit. Je me suis dit : “Qu’est-ce que c’est que ça ?” Et je ne comprends toujours pas comment j’ai osé penser : “Ce doit être la Sainte Vierge ; c’est pas possible autrement.” Entre-temps, j’entendais mes sœurs et le Père Frehe qui disaient : “Qu’est-ce qui te prend ?” et “Qu’est-ce que tu fais là ?” Mais je ne pouvais pas donner de réponse parce que j’étais trop captivée par la forme.  Soudain, la forme s’est mise à me parler.

Elle a dit : “Répète après moi.” Je me suis donc mise à répéter mot à mot ce qu’elle disait. Elle parlait très lentement. Mes sœurs et le Père Frehe étaient venus se placer autour de moi. J’ai entendu le Père Frehe qui disait : “Qu’est-ce qu’elle va nous faire ? Elle va devenir sainte par-dessus le marché?” Mais quand il m’a entendu prononcer des paroles, il a dit à ma sœur Truus : “Note un peu ce qu’elle dit.” Ma sœur n’avait pas envie de le faire car elle trouvait que c’était stupide.

Mais le Père Frehe a insisté : “Note-le !”  Après que j’ai eu répété deux ou trois phrases – que la voix disait –, j’ai entendu le Père Frehe me dire : “Eh ! Demande-lui un peu qui c’est!” J’ai demandé alors : “Êtes-vous Marie ?” La forme a souri et m’a répondu : “Ils m’appelleront la Dame, Mère.” Elle souriait en disant ces mots. En prononçant les deux mots “la Dame”, elle a avancé légèrement la tête vers moi. J’ai donc répété : “Ils m’appelleront la Dame, Mère.” 

J’ai alors entendu le Père Frehe qui disait : “La Dame ? C’est bien la première fois que j’entends ça ! La Dame?” Et tous deux, avec ma sœur qui écrivait, ils partirent d’un grand éclat de rire. J’en fus quelque peu contrariée. Je me disais : si seulement vous pouviez voir ce que je vois, vous ne ririez pas ainsi ! Mais, bon ! Je ne pouvais pas leur en vouloir puisqu’ils ne pouvaient pas voir ce que je voyais. Quand la forme a eu fini de dicter, elle a disparu très lentement.

Ce n’est qu’ensuite que la lumière a disparu à son tour et, soudain, j’ai retrouvé autour de moi la pièce comme elle était depuis toujours. Le Père Frehe, bien sûr, s’est mis à me poser des questions : “Mais qu’est-ce que c’était au juste ?” Je lui ai répondu : “Je ne le sais même pas moi-même. Je pense que c’était Marie.” “Ah bon!”, a-t-il dit, sans ajouter de commentaire. ». 

Le récit rapporté ci-dessus, le Père Brouwer, († 27.10.2008, assomptionniste) l’a entendu de la bouche même de la voyante et l’a enregistré sur cassette.

Dès le deuxième message, Marie montre à Ida Peerdeman une procession qui s’avance dans le lointain : « C’est la Procession du Miracle d’Amsterdam. » (2eMessage, 21 avril 1945). Ce n’est pas à la « marche silencieuse » qu’il est fait allusion mais il s’agit d’une procession dans laquelle on porte le Très Saint Sacrement. La Vierge Marie a donc intentionnellement choisi de s’adresser aux peuples à partir d’une « ville eucharistique ».

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Première apparition : « J’ai vu soudain se détacher une forme, une forme vivante, une silhouette de femme ; je ne sais pas l’expliquer différemment. Elle était vêtue d’une robe blanche et portait une ceinture. Elle se tenait debout, les bras tendus vers le bas et les paumes des mains tournées vers l’extérieur, tournées vers moi. »


Une autre fois elle voit une lumière extraordinaire et, dans cette lumière, apparaît une dame qui lui fait penser à une femme juive…La jeune Ida pensa qu’il s’agissait peut-être de la Vierge Marie. Elle avait un regard clair, empreint de douceur. Elle ne disait rien, mais se contentait de rester debout dans l’éclat de la lumière. Ida n’avait jamais rien vu d’aussi beau. Pourtant, la même expérience se renouvela les deux samedis suivants.

La belle dame apparut de nouveau dans un soleil, souriante et silencieuse comme la première fois  « Il y avait un espace vide sans fin et, de cet espace, j’ai vu soudain se détacher une forme, une forme vivante, une silhouette de femme ; je ne sais pas l’expliquer différemment. Elle était vêtue d’une robe blanche et portait une ceinture. »« Elle était tellement belle, telle que j’ai pu la voir. »Surtout, Amsterdam est la seule apparition où la Vierge, désirant qu’on fasse un tableau d’elle, décrit précisément l’image qu’elle souhaite. (Message du 4 Mars 1951) 

Notre Dame ( mère) de tous les peuples
Par Judgefloro (shifted, cropped & recoloured by Rabanus Flavus) — File:09894jfRoads Bigte Virgen Flores Quasi Parish Church Norzagaray villagesfvf 06.JPG, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52287376

Puis, la Dame vient comme se placer en évidence devant moi et dit : « Regarde mon image et observe-la bien. ». Et elle fait un geste comme pour dire : tiens, touche-la. Je peux réellement toucher les contours de sa forme, mais je les sens comme quelque chose d’immatériel. Elle a des cheveux épais et ondulés qui tombent sur ses épaules. On dirait par moments que c’est un être humain, et à d’autres moments, non.

Je vois à présent que son voile est fait d’un genre de lin de couleur blanche, mais d’un blanc cassé. On dirait qu’elle l’a tiré en arrière pour montrer son visage. La Dame dit : « Voilà, grave la bien dans ta mémoire. Je me tiens sur le globe, les deux pieds fermement posés dessus. De même, tu vois bien distinctement mes mains, mon visage, mes cheveux et mon voile ». Le reste est comme dans le flou. C’est comme si je voyais, pendant quelques instants, du flou autour d’elle.

« Regarde bien ce qui dépasse à hauteur de mes épaules, des deux côtés, et au-dessus de ma tête. ». Je m’aperçois, toute étonnée, que c’est une croix et je dis à la Dame : « C’est une croix ; j’en vois dépasser les traverses et la poutre verticale. » La Dame sourit et dit : « Voilà, as-tu bien vu ? Je t’ai montré ma tête, mes mains et mes pieds pareils à ceux d’un être humain. Fais bien attention : pareils à ceux du Fils de l’Homme. Le reste, c’est l’Esprit. » 

L’explication de l’image

La Dame garde un moment le silence ; je la vois très distinctement. Elle dit : « Je vais à présent t’expliquer pourquoi je viens ainsi, sous cette forme. (la vierge est devant la croix du Christ, les pieds sur un globe terrestre) Je me tiens devant la croix, en tant que Dame. La tête, les mains et les pieds pareils à ceux d’un être humain. Le corps, cependant, comme appartenant à l’Esprit. Mais à présent, l’Esprit va venir sur le monde ».

La Dame marque une nouvelle pause ; puis elle dit : « Je me tiens sur le globe parce que ceci concerne le monde entier. ». La Dame fait ensuite comme un arc de cercle de la main et dit : « Regarde bien ! ». Je vois alors se former un arc de cercle d’un côté à l’autre de la traverse. Le cercle semble être fait d’une étrange sorte de lumière et j’y vois apparaître des lettres d’imprimerie noires : à gauche,   « la Dame », en haut, au milieu, « de tous » et, à droite, « les Peuples ».

La Dame dit ensuite : « Pourquoi te donner cela ici ? J’ai un dessein particulier, ce sera clair plus tard. Transmets bien tout cela. Tel est mon message pour aujourd’hui. L’esprit de fausseté s’infiltre tellement qu’il est nécessaire de mettre vite cela à exécution. Le monde entier est en état de corruption ; c’est pourquoi le Fils envoie la Dame de tous les Peuples, qui fut un jour Marie. »

«Regarde une fois de plus mon apparence. ». C’est alors comme si la Dame s’approchait de moi et me faisait, une fois de plus, tout voir distinctement. Elle dit ensuite : « Voilà comment il va falloir la diffuser. Il ne faut rien changer au texte de la prière que j’ai dictée. »

Le visage
Photo Jean Bretin

Elle précise à nouveau son image lors du 31eMessage, le 15 avril 1951

« Je vois de nouveau cette grande lumière crue. Très lentement, la Dame avance et sort de cette lumière pour se retrouver distinctement devant moi. La Dame ne parle pas encore, mais elle me regarde en souriant. Au bout d’un moment, elle se met à parler. La Dame dit : « Mon enfant, regarde bien une fois de plus ! ». La Dame me montre la ceinture qu’elle porte à la taille. C’est cette ceinture que je dois bien regarder. La Dame dit : «Tu as tout bien transmis. Tu es sur la bonne voie. Seulement, regarde bien une fois de plus ce linge. »

Je vois alors la Dame enlever la bande de tissu qu’elle porte à la taille*. C’est un linge très long ; elle me montre comment elle le noue. De la main gauche, elle en tient une extrémité ; de la main droite, elle le fait passer deux fois autour de sa taille jusqu’à ce que les deux extrémités se rejoignent. De la main gauche, elle rabat celle de gauche derrière la bande de tissu de manière à en laisser dépasser un bout. « Écoute bien ce que cela signifie », dit la Dame. « C’est comme le linge qui ceint les reins du Fils. C’est que je me tiens, en tant que Dame, (ou femme, terme utilisé par Jésus sur la croix. Le mot hollandais « vrouwe » est le même pour les deux), devant la croix du Fils. »

Le perizonium et les rayons, symbole des grâces offertes
Photo de Jean Bretin

* Le périzonium (du grec: περίζωμα, autour de la ceinture), est un pagne qui servait de caleçon durant l’Antiquité. Ses plus anciennes attestations remontent à la civilisation minoenne dans l’île de Crète. Appelé aussi Saint Pagne ou pagne de pureté, il désigne avec cette dénomination le morceau d’étoffe qui aurait servi à cacher la nudité de Jésus de Nazareth en croix.

Attitudes de la Vierge

 La vierge, dispensatrice de grâces : la Vierge tenait les bras légèrement écartés. Une autre fois,elle se tenait debout, les bras tendus vers le bas et les paumes des mains tournées vers l’extérieur, tournées vers moi. 

La douceur et la pédagogie de la Vierge : soudain, la forme s’est mise à me parler ; elle a dit : “Répète après moi.” Je me suis donc mise à répéter mot à mot ce qu’elle disait. Elle parlait très lentement.Elle souriait en disant ces mots. La forme a souri.  En prononçant les deux mots “la Dame”, elle a avancé légèrement la tête vers moi.La Dame de tous les Peupleslui dictait des paroles empreintes d’une grande douceur. En prononçant ces mots, la Dame joignit les mains comme si elle voulait nous montrer comment prier. Message 50 du 31 Mai 1954 «Je suis venue dans ce monde sous toutes sortes de formes. ».

Le découragement de la Vierge : la Dame regarde alors le globe terrestre et, l’air triste, secoue la tête de gauche à droite. « À présent, je le demande : cela a-t-il servi à quelque chose ?  

La piété de la Vierge : je vois la Dame joindre tout à coup les mains dans un geste gracieux. Elle s’arrête de parler et, des yeux, attire mon attention sur ce qui se passe au loin…. La Dame regarde en direction de l’autel dans une expression de fervente piété. On dirait qu’une éclatante lumière descend sur elle. (31 Mai 1955) 

La détermination de la Vierge : à la fin de la sainte Messe du matin, dans l’église Saint-Thomas, j’entends soudain la voix de la Dame, pressante et nette. Elle dit : «Je viens aujourd’hui. Demande à ton évêque de ramener le tableau à l’église avant que la troisième heure ne soit là. » (Un an auparavant, le curé de saint Thomas avait remisé le tableau dans la cure. L’évêque d’Amsterdam Haarlem ayant décidé de suspendre l’autorisation de l’exposition, le temps de vérifier l’authenticité des apparitions).Je réponds : « Je ne le ferai pas. De toute façon, ils ne me croient pas. ». 

 La Dame dit alors d’un ton très fâché :    « Fais ce que je te dis ! » (La voyante avait promis à son directeur spirituel de ne pas venir à saint Thomas ce jour là. Sur l’insistance d’Ida, le directeur spirituel fit porter le message de la Dame à l’évêque qui répondit qu’elle devait suivre les instructions de son directeur spirituel).  Dans l’après-midi, nous prions en famille le chapelet. Au troisième mystère glorieux, à trois heures précises, j’entends tout à coup la voix de la Dame. Elle dit : « Va au Wandelweg. » (le terrain où la vierge a demandé qu’on construise une chapelle) 

 Je sursaute et je dis : « Je ne le ferai pas. Je dois obéir au Père Frehe ; je lui ai donné ma parole. Faites autre chose, car il faut que vous nous aidiez. » (Malgré l’insistance de la voyante, son directeur spirituel refuse qu’elle s’y rendât).Le soir, vers huit heures et demie, j’entends de nouveau la voix de la Dame. Elle dit : « Je viens quand même aujourd’hui. ». Je demande : « Où donc ? » La Dame répond : « Ici. Avertis-les et dis-le à ton curé. ».  Je dis : « Je ne le ferai pas parce que je ne peux rien faire sans le Père Frehe.» Effectivement, je ne l’ai pas fait. (Message du 31 Mai 1956).

Messages de la Vierge (synthèse) 

Les vingt-cinq premiers messages

Ils couvrent la période 1945-1950, ne sont pas toujours faciles à suivre. Au début, le sens de nombreuses images et paroles est difficile à discerner. À une époque où personne n’était en mesure de prévoir les incroyables tempêtes qui allaient s’abattre sur l’Église et sur le monde, la Dame nous mettait déjà en garde contre les malheurs et les menaces qui guettaient l’humanité.

Ceci nous paraît  d’autant plus surprenant qu’on est bien obligé de reconnaître, après bien des années, le bien-fondé de nombreuses images et l’accomplissement de nombreuses prophéties : la fondation de l’État juif d’Israël (2ème message),la chute du communisme (5ème message),  le premier alunissage (7ème message),  la crise monétaire (14ème message), la guerre des Balkans et les risques d’une guerre chimique (17ème message),  la guerre froide et les boycotts économiques (23ème message), le Concile. (27ème message).

Ces prédictions, contenues dans les paroles de la Dame, sont les signes qu’elle nous donne, et qui étaient tellement réclamés par ceux qui ne voulaient pas croire les dires de la voyante. La Dame en effet disait: « Cela se vérifiera avec les années » (19ème et 49ème messages) Peu à peu en effet, le sens des messages apparaissait, y compris dans les nombreux avertissements que la Dame adressait à l’Église.

Alors que rien n’annonçait une crise dans l’Église, la Dame attirait avec force l’attention des catholiques sur leurs manques d’amour, de foi et de justice, les invitant à procéder à des changements fondamentaux ; elle montrait aussi les nuages qui s’accumulaient au-dessus de l’Église. (4ème, 5ème et 7ème messages). Tandis qu’après les désastres de la seconde guerre mondiale beaucoup d’Etats essayaient de se reconstruire, la Dame révélait un monde qui courait vers l’abîme et menaçait de s’autodétruire.

Elle insistait beaucoup sur le fait que les guerres et les calamités qui surviendraient, seraient les conséquences de la corruption d’une humanité emportée par la confusion des esprits, d’une humanité qui reniait son Créateur. La Dame voulait ramener tous les hommes à Jésus-Christ, à sa Croix, à son amour, à sa vérité et à sa justice. La Croix du Christ, dressée au milieu du monde, est la seule assurance de la paix sur la Terre. La Dame promettait d’aider le monde, disant: « Je pose le pied sur le monde. Je les aiderai et les conduirai au but, mais il faut qu’ils m’écoutent. » (5ème message) 

Les messages des années 1950 a 1954

Le 1er novembre 1950 Pie XII avait proclamé le dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge. Le 11 février 1951, pour la première fois,  dans son 27ème Message à Ida, qui était en Allemagne, apparaît Marie comme la Dame, Mère de tous les Peuples, et lui donne sa prière. Elle parle aussi du dernier dogme marial la concernant : Marie Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate. Durant cette période, qui concerne ce que l’on peut appeler la 2ème série des messages, la Dame s’adresse plus spécialement à l’Église et aux chrétiens, les exhortant à observer le grand commandement de l’amour qui, seul, peut secourir notre monde en désarroi. (35ème message) Elle invitera aussi les chrétiens à plus d’ouverture et de largeur d’esprit et réitérera constamment l’appel à l’unité.

Les messages (50 à 56) de 1954 a 1959

Les derniers messages ont tous été donnés un 31 mai. La Dame s’y manifeste dans toute sa gloire. Elle s’adresse à tous les peuples de la terre et montre à l’humanité le chemin à suivre. La dernière vision est grandiose : elle montre le Seigneur dans sa gloire divine et la Dame couronnée dans le ciel. Dans ses derniers messages, la Dame donnera des conseils pratiques concernant l’Église, qu’elle appelle souvent “la Communauté ».

Amsterdam aura une place particulière, car c’est là que la Dame veut qu’on construise une église et c’est là aussi qu’elle désire voir les peuples se réunir tous les ans, en sa grande solennité du 31 mai, autour de son trône. Elle indique l’endroit où cette église doit être construite et donne des instructions détaillées sur l’aspect qu’elle devra avoir (52ème message). Malheureusement cette église n’est toujours pas construite!

Dans ses derniers messages, la Dame insiste beaucoup sur l’Eucharistie et sur la présence réelle du Seigneur sous les espèces du pain et du vin (53ème message). Dans la vision céleste du 31 mai 1959, une « forme », le Seigneur lui-même, dans toute sa grandeur et toute sa majesté, sort d’une Hostie de feu blanc. La voyante entend retentir ces paroles : « Celui qui Me mange et Me boit, prend en lui la vie éternelle et reçoit le véritable Esprit! » (56ème message)

Messages détaillés de la Vierge

Phrases caractéristiques de la Vierge (reformulées ou intégrales)

I – Le monde est corrompu ; cette corruption est la source de tous ses malheurs.  

Le monde est corrompu

Jamais le monde n’a connu une telle période de déclin de la Foi (29) Le monde va mal et fait dans la superficialité (31); Le monde entier tombe dans la corruption (34) ; Si vous continuez ainsi le monde va s’auto détruire (11);  Les gens regardent la croix et la rejettent (12); Les bancs sont vides dans les églises (16) ; Le monde ne sait plus vers quoi aller (51); Le monde est en état de corruption (51); Le monde entier est en état de corruption (28); Le faux esprit domine le monde (45); Méfiez vous des faux prophètes. La science a appris au monde à oublier ce qu’est la reconnaissance ; ils ne connaissent plus leur créateur (51); Equité, Justice, où sont-elles donc ? (6) Corruption de l’humanité, pleurs de la Vierge (16); Encycliques : elles sont sur la bonne voie mais on ne les fait pas siennes.

Les encycliques ne sont pas appliquées (23); Les gens tournent le dos à la croix (6); Les gens sont comme des agneaux errants (5); En Allemagne, on ne voit pas les jeunes dans les églises (21-22); La France va mal (25); Le monde est tellement matérialiste qu’il faut ramener une foi simple parmi les hommes (30); France tu seras et tu es détruite dans ta foi (37); Humanisme, paganisme, athées, serpents, vont essayer de régner sur le monde (42); La Hollande est sur la voie de la corruption (43); Vraiment ça vaut la peine de quitter ce monde (53); Le monde court à sa perte (37)

De la corruption naissent les calamités et les guerres (51)

II – L’auteur de cette corruption est un esprit : celui de Satan 

1 – L’Autre 

L’autre esprit s’infiltre (20)L’esprit va s’insinuer si subtilement que les peuples ne le reconnaissent pas (20); Tous les peuples gémissent sous le joug de Satan (38); L’esprit de fausseté, de mensonge et de tromperie entraîne un grand nombre de personnes (43); Satan est encore le prince de ce monde (49); Le monde est enveloppé d’un faux esprit, de Satan (50); Je viens mettre en garde les peuples ; Satan n’est pas encore expulsé (51)

2 – La Dame de tous les peuples vient pour vaincre le déclin et la corruption spirituels 

La Dame est envoyée pour vaincre le déclin et la corruption spirituels (43) C’est Elle qui a sauvé le monde cette fois, en 1945  (53)

III – Mais pour lui permettre d’agir plus efficacement, il faut lui reconnaître le dogme de co-rédemptrice.

Le nouveau dogme sera le dogme de co-rédemptrice (32) ; en quoi ce nouveau titre est-il légitime ? 

1 – Marie et son Fils Jésus ont la souffrance en partage

De même qu’Il a souffert, j’ai souffert (30) La Dame se tient devant la croix en tant que co-rédemptrice et avocate (31) Dès le moment où le père l’a élue, elle a été co-rédemptrice ; la mère a souffert tant spirituellement que physiquement ; elle L’a toujours précédé. (32 et 33) J’ai précédé le Christ vers la Croix (35)

2 – C’est le testament de Jésus sur la croix

Les hommes ont été confiés à la Mère par les mots de Jésus sur la croix : « Femme voici ton fils et Fils voici ta mère », donc co-rédemptrice, médiatrice et avocate (35). C’est au départ de JC qu’a commencé la co-rédemption (40)

3 – Les théologiens peuvent tout trouver dans les livres(49)

Ce dogme sera l’objet de beaucoup de luttes !Co-rédemptrice, avocate et médiatrice : les 3 notions et pas une seule comme le veulent certains ! (50) Je suis déjà venue dans le monde sous toutes sortes de formes (50) 

4 – Jésus veut accorder une grande faveur au monde et c’est la parole, la voix de leur Mère (50) 

5 – Conséquences de cette reconnaissance

Image et prière tomberont dans les cœurs comme flocons de neige (30) J’aiderai (36); Présentez donc vos demandes à la Dame de tous les peuples (40); Il faut diffuser l’image et la prière sinon le monde se détruira (29); Une nouvelle église est à construire au bord du Wandelweg (43 et 45) ; La Vierge précise l’endroit (terrain) et les détails concernant la construction de la nouvelle église (52)

6 – Il faut me croire ! Votre mère a été humaine avant vous. 

Les signes sont contenus dans mes paroles (51 et 53) Il suffit de voir la réalisation de ses prédictions. Votre mère sait ce qu’est la vie ; le chemin, elle l’a emprunté avant vous (51); Vous êtes comme un enfant qui réclame un feu d’artifice mais la vraie lumière, le vrai feu, vous ne le voyez pas (53); La Vierge n’ignore pas qu’elle a des êtres humains devant elle (43)

IV- Il faut s’appuyer sur Rome, mais des changements sont nécessaires 

1 – Rome a une grande chance à saisir (24)

Aucune église n’est mieux construite que Rome (27); Sais tu Rome l’étendue de ton pouvoir ? (35) il n’y a pas de place pour la bagatelle. ; Le pape est sur la bonne voie (38); Le pape est le combattant (39); Dis au pape que le Seigneur et la Dame l’assistent (43); Rome s’affermira au fur et à mesure que la lutte sera plus acharnée (38); Observez les encycliques (43); N’écoutez pas de faux prophètes, écoutez uniquement vos pasteurs catholiques et vos ministres protestants et la voix de votre conscience : un être supérieur (51) ;

Le célibat reste la grande force de l’église ; ne pas l’abandonner sauf circonstances exceptionnelles (52); Appelez l’Esprit qui s’exerce à travers les sacrements ; Mais le saint Esprit ne vient que si vous le demandez (51); Pensez à vos sacrements, au miracle quotidien (51); Sacrements : vous avez des pratiques curieuses sous ce rapport (53); Le grand miracle de chaque jour sous les espèces d’un petit morceau de pain, de vin : l’avant goût de la vie éternelle (53); Elevez les enfants dans la doctrine chrétienne (7) 

2 – Mais beaucoup de changements sont nécessaires et difficiles (parce que tout est miné) 

2-1- Tout est miné ! Sais tu à quel point, Rome, que tout est miné ? (35) Une action de sape spirituelle est engagée (36); Rome se croit fort, elle est minée. (29); Beaucoup d’églises différentes : Rome sois sur tes gardes (9) 

2-2- Il faut que beaucoup de choses changent 

Il faut et il faudra que beaucoup de choses changent au sein de la communauté et de l’église (40)Il faut tout transformer à Rome (17); Il faut œuvrer par les actes(20) insister sur les droits sociaux , l’équité et la Charité (20) ; Plus d’action ! (24)

2- 3 – Il faut avoir plus de largesse d’esprit ! 

La formation des prêtres doit être plus moderne ; du changement !Plus de largesse d’esprit, plus de social (4 ème message) ; L’esprit ancien doit disparaître (5); Voir les choses avec largeur d’esprit (11)  Avoir plus de largesse d’esprit ; pourquoi se cramponner comme ça ? (23); Saint Père : que tes sujets aient de l’ouverture et de la sagesse d’esprit (36 et 3); Soyez larges d’esprit, soyez bons pour les hommes ; jugez comme le seigneur, pensez à l’amour. (43); Rome sois large d’esprit et n’agis que par amour ! (38

2-4- Parce que l’Amour est le 1ercommandement ! 

L’amour, 1ercommandement (22)La charité et l’amour avant la justice (17); L’amour est premier ; avant la vérité et la justice (19); L’amour, principal commandement (27); Être de bonne volonté, c’est observer le 1ercommandement : l’Amour (33) Et c’est ce qui manque au monde : l’amour de Dieu et du prochain.  Un seul commandement : l’Amour (37)

Commentaires : « Qui suis je pour le juger ? »  A dit le pape François à propos des homosexuels. 

2-5- Il faut changer les lois mais garder la doctrine

Clergé, religieux, étudiants : ils sont bons à rien (5)La doctrine est juste mais il faut changer les lois (19, 38, 39) ; Il faut réveiller les hommes d’église et ramener le petit peuple à Lui (Allemagne) 20 ; La doctrine est bonne ce sont les lois qui peuvent et doivent changer (27) Exemple : décret à jeun pour communier (26); Qu’un petit nombre à communier (26); JC a donné au monde un miracle quotidien : combien, savent- ils que ce miracle existe ? (43)

Commentaires : beaucoup de changements ne touchant pas la doctrine sont encore possibles et nécessaires dans l’Eglise catholique.

2-6- Il faut recourir aux moyens modernes 

Pourquoi Rome ne recourt pas davantage aux moyens modernes ? (21)Soyez de votre époque, adoptez des méthodes modernes (2 ); Pape : recourez davantage aux moyens modernes (25)

2-7- Clergé régulier et séculier doivent s’entendre (40 et 43)

2-8- Il faut une seule et grande église(6)

Angleterre tu dois retourner au Très haut (7) Chrétiens, il est grand temps de s’unir (36) ; L’Eglise peut-elle être grande si elle est divisée ? (43); Les églises vont être encore plus minées (43); Formez une unique communauté (51)

Commentaires : il est temps pour l’église anglicane de revenir vers Rome ! 

2-9- Il faut revenir à une foi simple 

Il faut que la théologie cède le pas à la cause de mon fils ; le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple (30)Aux théologiens je dis : le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple pour sa cause (31); Retournez vers une foi simple et le monde retrouvera la paix (31); Une foi simple (38); Peuples, revenez et essayez de retrouver votre simple foi (45)

Commentaire : qu’entend la Vierge par foi simple ? 

Je ne peux m’empêcher de penser à ce tableau de l’Angélus de Millet, où deux paysans, sur le lieu de leur labeur, s’interrompent un instant à la cloche de l’Angelus* (19H) pour dire à Dieu, quelques secondes, qu’Il reste présent dans leur esprit, quel que soit l’heure et le lieu ! 

* L’angélus commémore les moments de l’Incarnation de Jésus, dont le nom signifie en hébreu « Dieu sauve » : annonce donnée par l’ange Gabriel à une jeune fille juive d’Israël nommée Marie ; Marie accepte que le Verbe, la parole (qui est Dieu lui-même selon l’évangéliste Jean), prenne chair en elle à l’instant par le seul effet du Saint Esprit, pour donner naissance à Jésus. Cette prière est récitée dans l’Église latine trois fois par jour, à six heures, à midi et à dix-huit heures, mais cet horaire peut varier selon le travail et les régions. Ainsi, en France, les cloches sonnent généralement à sept heures, midi et dix-neuf heures. À ces heures, une « cloche de l’angélus » est sonnée — l’angélus se sonne par trois séries de trois tintements suivis d’une « pleine volée ». En Irlande, la chaîne de télévision publique RTE 1 diffuse la cloche de l’angélus tous les jours à 18 heures, juste avant le journal télévisé du soir.

L’Angelus
Par Jean-François Millet — Google Art Project: Home – pic Maximum resolution., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20110808

3 – Mais tout le monde est concerné ; pas que Rome : les femmes, les «dirigeants du monde, les européens, les « blancs », chaque personne.

Et d’abord les femmes !  « Vous femmes, donnez l’exemple ; retournez à la femme en vous ! (25)

Message du 31 Mai 1951

Et maintenant, je m’adresse aux femmes de ce monde. Femmes de ce monde, savez-vous ce que cela veut dire, être femme ? Cela signifie faire des sacrifices. Défaites-vous de tout votre égoïsme et de toute votre vanité et essayez d’amener au centre, à la Croix, tous les enfants ainsi que ceux qui sont encore là en train de paître. Prenez part vous-mêmes à ce sacrifice. 
Et maintenant, je m’adresse aux hommes de ce monde. Je leur dis : hommes, c’est de vous que doit partir la force et la volonté d’amener le monde à l’unique Prince de ce monde, le Seigneur Jésus-Christ. »

Que veut dire Marie à travers cette phrase ?  « Vous femmes, donnez l’exemple ; retournez à la femme en vous !

Eliette Abécassis, l’écrivaine, dans un entretien au magazine « Pèlerin » le 2 Novembre 2017, formule un commentaire qui nous semble tout à fait approprié pour illustrer cette phrase : « La femme a un rapport au monde particulier et une sensibilité différente, une relation plus émotionnelle aux choses, et c’est bien ainsi. Je souhaite défendre ce qui fait la féminité : les habits, les gestes, l’apparence…la maternité aussi. La femme, qu’elle ait des enfants ou non, porte la possibilité du monde en elle. Je ne crois pas du tout à la théorie des genres, qui confond tout le monde et qui fait comme si nous étions, hommes et femmes, interchangeables. » Les femmes sont d’abord des mères rappelle la Vierge ! Et avec la maternité, il faut ajouter l’éducation et notamment la transmission de la foi chrétienne ! 

Marie s’adresse à tous : 

– Grands de ce monde, ne dupez pas vos enfants : vous êtes responsables !  (51); L’Europe doit s’unir : Peuples d’Europe, rassemblez vous (7) ; Défaites vous de votre égoïsme et de votre vanité(33) ; Vous les blancs, reconnaissez les droits des noirs (43  et 51)

4 – le combat est spirituel ; c’est un chemin difficile pour les humains, qui doit suivre la Croix 

L’enjeu du combat, c’est l’esprit (27); C’est l’Esprit qui sauve le monde car le monde est gouverné par les idées (32) ; C’est un chemin long et difficile (6); Le combat spirituel est le pire (6) ; La paix passe par le retour à la Croix (27); Vous les chrétiens, prenez donc la croix dans la main ; alors les païens ne l’emporteront pas sur vous (39); Vous aussi, par votre chemin de croix vous montez au père et au fils ; le saint esprit vous aidera (51); Faites pénitence (55); Placer la croix au centre, pas de paix avant (6) 

C’est quoi, ce chemin de croix dont parle Marie ? 

Par chemin de croix il faut sans doute entendre notre capacité à vivre toutes les difficultés que la vie nous ménage, avec amour et patience et, pour les meilleurs d’entre nous, avec esprit de sacrifice, en vue de l’offrir en réparation des fautes des hommes. (péchés)

V – Satan sera vaincu ; la vraie paix est celle du Royaume de Dieu

1 – A la fin, la Vierge vaincra !

J’ai écrasé le serpent sous mes pieds (35) ; Chrétienté, tu es menacée mais la victoire est à nous (23) ; Les forces de l’enfer vont se déchainer (48) mais elles ne l’emporteront pas ! Il est donné à la Dame de tous les peuples de venir à présent et expulser Satan ; elle le vaincra (51); Il faut bien que vous veniez tous au Ciel ! (53)

2 – La vraie Paix est celle du Royaume de Dieu

Justice, vérité et amour ne viennent pas des hommes (vision de l’enfant dieu) 10, 13 et 15. Ce n’est que lorsque lui (l’enfant) sera ramené sur terre qu’il y aura la vraie paix. (9); La vraie paix, peuple, c’est le royaume de Dieu (51)

VI – Le Père sait et permet tout ce qui va se produire dans le monde (51)

Dieu le Père est celui qui a pouvoir sur tout : il sait et permet tout ce qui se produit dans le monde. 

Remarque : Les messages sont tous très importants. Certes, il y a des redites, mais la Dame sait que nous ne sommes que de pauvres hommes à la tête dure, qui ne comprennent que lentement les choses d’en haut. Et puis, pour qui nous prendrions-nous si nous osions critiquer la pédagogie de la Vierge, et faire des choix dans ses conseils et ses révélations? 

Ces messages sont très denses et d’une lecture parfois compliquée. J’essaye d’en faire ici une synthèse claire. 

1 – De la corruption du monde naissent guerres et calamités.

Si l’on analyse bien les messages de la Vierge à Ida, on comprend que, même si le monde a sa propre logique (séismes, irruptions volcaniques, tempêtes…) c’est la corruption de l’homme, détaché de Dieu, qui est la cause des guerres et des calamités ! 

2 – La source de cette corruption est Satan : l’esprit du Mal s’opposant à l’esprit du bien, incarné par Jésus.

3 – Marie revient visiter les hommes pour les aider à vaincre le déclin et la corruption spirituels.

4 – La Vierge est légitime à conduire ce combat, à côté du saint Esprit,

Marie souhaite se voir reconnaître la triple qualité de co-rédemptrice de l’humanité, d’avocate et médiatrice de toutes les grâces. Elle souhaite ajouter le dogme de co-rédemptrice aux autres dogmes. Le titre de co-rédemptrice est justifié selon la Vierge, parce qu’elle a souffert avant, pendant et après son fils Jésus. Parce que Jésus lui a confié la Terre en héritage sur la croix : « Mère voici ton fils ; Fils, voici ta mère »..

5- Elle nous dit qu’il faut vaincre notre scepticisme :

« il faut me croire ».

6- Il faut s ‘appuyer sur Rome (l’église catholique) mais des changements sont nécessaires

Rome a une grande chance à saisir mais tout est miné ! Anticipation du « ménage » à faire dans la Curie romaine et auquel s’est attelé le pape François ?  Il faut que beaucoup de choses changent : par exemple avoir plus de largeur d’esprit en plaçant l’amour en premier*, obéir au pape, changer les lois mais garder la doctrine (validation à priori des réformes du concile Vatican II ?)  recourir aux moyens modernes pour évangéliser, que clergé régulier et séculier s’entendent mieux, revenir à une foi « simple ».

7 –  Tout le monde doit changer,pas seulement l’Eglise romaine 

Les femmes, les dirigeants, les européens, les gens de race blanche, chacun, en se défaisant de son égoïsme et de sa vanité.

8 – Ce combat est de nature spirituelle et pour le gagner, il faut suivre « la croix ». Autant dire suivre le Christ et son exemple.

La Croix est l’élément le plus présent dans toutes les visions d’Ida. La Vierge s’en sert comme Jeanne d’Arc son étendard : elle la plante sur les parties du monde en disant souvent : « C’est Lui, qu’il faut ramener ici ! »Dans son message 39 du 17 Février 1952, la Vierge dit : « Vous, chrétiens, prenez donc, chacun d’entre vous, la croix dans la main. ».

On dirait que la Dame, en disant cela, prend elle-même la croix et la montre. « La croix dans la main, vous possèderez le Royaume. La croix dans la main, vous irez au-devant de votre prochain. La croix dans la main, vous vaincrez votre ennemi. Ainsi les chrétiens de ce monde auront conscience de ne faire qu’un avec l’Église et avec la Croix.Il faut porter davantage la mémoire de Notre Seigneur Jésus-Christ parmi les peuples. »

9 – A la fin, Satan sera vaincu.

10 – Et tous les hommes pourront bénéficier de la vraie paix : celle du Royaume de Dieu. 

11 – Dieu le Père sait tout et permet tout : créateur de la Terre et de l’univers, il en contrôle la course. 

12- L’Amour embrasse tout

« Et aux apôtres de ce temps, je dis : soyez larges d’esprit, soyez cléments. Soyez bons pour les hommes. Condamnez et jugez comme le Seigneur Jésus-Christ le faisait. Comprenez votre temps, comprenez le combat. Sachez que l’esprit mène un combat. Ce temps est celui de l’esprit. Le combat est dur et pénible, mais le vrai Esprit vaincra à condition que vous coopériez tous. Église de Rome, saisis ta chance !

Le Père, le Fils et le Saint Esprit veut à présent rendre grande son Église. Comprenez bien votre doctrine. Il est nécessaire que la Dame vienne dire toutes ces choses. Pensez au premier et principal commandement : l’Amour. Il embrasse tout. » Message 43 du 5 Octobre 10_952

 Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

1 Des faits étranges et inquiétants

Ceux qui ont bien connu Ida à cette époque pensent que le démon savait peut-être qu’elle serait choisie par Marie pour porter son message au monde. Aussi, durant cette période, la jeune fille fut-elle l’objet de manifestations diaboliques fréquentes : des lampes se balançaient dans la maison ; les portes des armoires s’ouvraient toutes seules ; les aiguilles de l’horloge tournaient avec une rapidité fulgurante ; un four qu’elle n’utilisait presque jamais se mit un jour à fumer. Cette situation devint plus grave quand Ida elle-même fut, à plusieurs reprises, directement menacée par le démon. 

Voici quelques souvenirs de Piet, le frère d’Ida, rapportés par sa fille Hélène, nièce d’Ida. « Cela se passa au cours d’une promenade dans les rues de la ville. Ida remarque un homme vêtu de noir comme un prêtre. Une terrible angoisse l’envahit devant le regard sinistre et pénétrant de cet étranger. Elle cherche à l’éviter et presse le pas, mais l’homme la rattrape, la saisit vigoureusement par le bras et tente de la tirer dans un canal pour qu’elle se noie. Mais au sein de ce terrible danger, elle entend une douce voix qui la rassure en lui promettant de l’aider.

À l’instant même, l’homme en noir la lâche en poussant un cri horrible et disparaît sans laisser de traces. À la suite de cet incident, son père chargea sa soeur Gesina d’accompagner, matin et soir, sa plus jeune sœur au travail, à l’aller et au retour. »Ce personnage mystérieux allait encore se manifester, mais il ne faisait que sourire froidement sans oser porter la main sur Ida. 

« Ida avait vingt ans. Un jour, le démon s’approcha d’elle une troisième fois en essayant de l’entraîner par ruse dans un accident mortel. Il lui apparut sous les traits d’une vieille infirme, qui prétendait avoir fait sa connaissance à l’église. Elle lui laissa son adresse en l’invitant à venir lui rendre visite le plus tôt possible. Ida déclina l’invitation mais ne put refuser de l’aider à traverser la rue, comme elle le lui demanda aussitôt après.

La peur paralysa Ida, quand, arrivée au milieu de la rue, elle sentit qu’on l’empoignait à nouveau, fortement, par le bras. Puis, dans un hurlement, Satan disparut en la poussant devant un tramway qui, au tout dernier moment, parvint à s’arrêter. Il s’en était fallu de peu qu’il ne renversât Ida. Le soir même, Piet, son frère, se rendit avec son futur beau-frère à l’adresse que cette personne âgée avait donnée. Ils ne trouvèrent qu’une vieille bâtisse désaffectée. »

Nulle part, pas même à la maison, Ida n’était épargnée par ces attaques démoniaques qui terrifiaient aussi la famille. Son frère Piet témoigne : 

« Un jour, tandis que le Père Frehe, encore chez lui, à la cure, s’apprêtait à rendre visite à la famille Peerdeman, Ida, chez elle, se mit au même instant à vociférer et à jurer. Elle déploya subitement une force physique anormale, au point qu’elle parvenait à soulever aisément des meubles très lourds. Sa voix changea complètement de timbre. Le père d’Ida, son frère et ses sœurs virent se balancer le lustre du salon, entendirent la sonnette vibrer sans discontinuer ou les plombs sauter sans raison. Les portes et les tiroirs s’ouvraient d’eux-mêmes. Heureusement mon père savait réagir avec humour : « Allez, entrez tous autant que vous êtes, plaisantait-il, plus on est de fous, plus on rit! »

Le Père Frehe conseilla à Ida d’ignorer autant que possible ces manifestations diaboliques. L’intrépidité de papa servait d’exemple au reste de la famille. On attachait donc le moins d’importance possible à ces phénomènes et quand la situation se faisait critique, on se donnait mutuellement du courage en citant un dicton significatif comme : ‘Allez! On rit les enfants, car si on ne le fait pas, ce sont les diablotins qui vont rire, et on ne va pas leur faire ce plaisir!’

Un jour, toutefois, Ida sentit qu’une main invisible la saisissait à la gorge pour l’étrangler. Devant l’intensification de ces attaques, le Père Frehe comprit qu’il devait faire un exorcisme. La famille entendit alors la voix écœurante et haineuse de Satan qui, par la bouche d’Ida, insultait le prêtre. En cette occasion mais en d’autres aussi, le Père Frehe mesurait à quel point les démons étaient en rage. 

Le Père Frehe fit alors un exorcisme avec la permission de l’évêque. La dernière parole du diable fut : « Cureton, je t’aurai bien. » En retournant chez lui, le Père Frehe tomba à travers un grillage. Le Père Frehe, confesseur et directeur spirituel d’Ida, fut toujours convaincu de l’authenticité des messages. Il n’était pas crédule pour autant. De sa formation dominicaine, il avait gardé un souci de rigueur dans l’examen minutieux des visions et des paroles que recevait et transmettait la voyante.

[1] Des phénomènes semblables se produisent parfois dans la vie de certains mystiques comme la bienheureuse Myriam d’Abellin, carmélite, qui, avant de recevoir de grandes grâces, avait parfois à subir une forme de possession diabolique. Le curé d’Ars eut également à subir les attaques de SAtan.

Le biographe d’Ida Peerdeman raconte d’autres attaques du Démon : « De même, dans la nuit du 4 au 5 avril 1992, le démon se manifesta dans sa chambre. Ida n’entendit que le bruit fracassant de quelqu’un qui marchait lourdement. Elle ne le voyait pas dans l’obscurité. D’une voix percutante et affreuse, il s’adressa à elle : ‘Je veillerai à ce que ça n’aille pas plus loin entre ton évêque et toi. La lumière que tu vois, c’est la mienne ; ce n’est pas celle de l’autre!’

Ida lui répliqua : ‘Bien sûr que c’est elle! La Dame, elle, vient toujours dans la lumière tandis que c’est typique de toi, tu ne viens que lorsqu’il fait sombre et tu es toujours dans l’obscurité.’ Ida se mit à réciter à voix haute la prière que lui avait enseignée la Dame. Le démon poussa un cri : ‘Je veillerai à ce que tu ne puisses plus jamais voir la lumière.’ À ces mots, il lui lança un petit caillou dans l’œil qui lui causa de terribles douleurs. Puis il disparut. L’œil se mit à enfler et devint tout rouge.

Le lendemain matin, Jannie Zaal, qui s’occupait d’elle dans ses dernières années, et Truus, la sœur d’Ida, lui rincèrent l’œil avec de l’eau de Lourdes. L’œil était infecté mais ne présentait aucune lésion interne. Le médecin prescrivit une pommade. Une dizaine de jours plus tard, Ida avait recouvré la vue.

Le 1er mars 1995, mercredi des Cendres, les cinq téléphones de la maison se mirent subitement à sonner en même temps. Même quand on décrochait, la sonnerie ne s’arrêtait pas. C’était une manœuvre du démon pour faire peur à Ida. Effectivement, elle se sentait vraiment mal, jusqu’à la nausée. Une autre fois, le démon la souleva de son lit en lui disant d’une voix haineuse: ‘Tu n’es pas encore au Calvaire! ‘Le 15 décembre 1995 au matin, on trouva Ida, gisant au pied du lit, le visage ensanglanté.

Elle s’était sentie subitement saisie dans le dos par une main de plomb qui l’avait jetée par terre, la tête la première. Le choc avait été si violent qu’on pouvait voir encore, deux mois plus tard, la trace des hématomes sur son visage. En tout, Ida fit ainsi trois chutes, semblables aux chutes de Notre Seigneur sur le chemin de Croix. Le soir du 28 mai 1996, Mgr Bomers vint lui rendre visite. Il sonna sans que personne ne vint lui ouvrir. Il savait pourtant qu’Ida était chez elle. Inquiet, il le fit savoir à Jannie. Ida gisait au sol, sans bouger. Elle avait été une nouvelle fois empoignée de force et jetée brutalement au bas de son lit. »

 2 – Les visions d’Ida

Ida fait partie des voyantes qui ont été le plus gratifiées de visions ; outre les visions de la guerre 1939/456, la vierge l’a « emmenée » avec elle dans de nombreuses pérégrinations à travers le temps et l’espace.  Ida voit au dessus du monde, un arc de cercle où il est écrit : Vérité, Foi, Amour (8) ;elle lui montre l’enfant Jésus et dit : C’est lui ( l’enfant) que je veux ramener sur terre (9) La Vierge fait voyager Ida à travers le monde ; la vierge se tient debout sur le globe (24). Ida a des visions réitérées de la Croix et éprouve en même temps de nombreuses douleurs ; dans une vision, Ida voit le ciel, Jésus, et la Dame couronnée dans la gloire céleste. Ida a aussi bénéficié d’extraordinaires visions eucharistiques au moment de l’eucharistie alors qu’elle assistait à la messe. 

3 – Des visions de guerre

Malgré toutes ces difficultés, la vie poursuivait relativement paisiblement son cours. Mais un jour, bien avant le début de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elle travaillait dans son bureau, dans une vision que l’on qualifiera plus tard de prophétique, Ida vit passer devant elle des files interminables de soldats à bout de forces. Elle ne comprit pas ce que cela pouvait signifier. Maintenant nous sommes en 1940 ; Ida a 35 ans. Commencent alors ce qu’on a appelé les « visions de guerre », sur la seconde Guerre mondiale. Ida a des visions concernant le déroulement de la bataille en Europe. Elle voit la rivière de l’Oder rouge de sang ; elle voit aussi  que l’on se bat à Betuwe, la fin de Stalingrad et celles de Mussolini et d’Hitler.  « Ida voit les deux fronts et, les yeux fermés, elle fait des dessins sur la table, qui décrivent leurs manœuvres respectives. Son frère reproduit sur une carte avec des épingles le tracé qu’elle décrit. Ce tracé correspond exactement aux nouvelles diffusées, peu après, par la radio clandestine. »

Ida, a bientôt une autre vision qui paraît alors inconcevable, compte tenu des victoires que remportait à ce moment-là l’armée allemande. Ida voyait l’armée rouge, sous la forme d’une grande pince, encercler l’armée allemande à Stalingrad. Dès le mois de mai 1940, alors que les allemands étaient au faîte de leur victoire, Ida décrit le nid d’aigle de Hitler et sa fin tragique. Elle décrit aussi Mussolini pendu à l’envers, dans les hauteurs des montagnes près de Berchtesgaden. Elle avait alors un regard fixe et elle exprimait très lentement ce qu’elle entendait et voyait aux personnes qui l’entouraient. En 1940, ces prédictions ne pouvaient que faire sourire les gens, y compris les proches d’Ida. Brusquement les visions de guerre prirent fin. 

 [1] Ces « visions de guerre » furent confirmées plus tard, par les évènement

4 – La réalisation des visions 

Les preuves d’authenticité que livre la Dame de tous les Peuples dans ses messages ont un caractère fascinant, qu’on trouve rarement dans l’histoire des apparitions mariales. La Vierge suit une méthode tout à fait inhabituelle. Elle démontre en effet et de façon réitérée, l’origine surnaturelle des messages au fur et à mesure que s’accomplissent ses prédictions au cours des ans. Marie dit : « les signes sont contenus dans mes paroles » (31 mai 1955 et 31 mai 1957). et encore : « Cela se vérifiera avec les années.» (3 décembre 1949).. Il est important de noter que la voyante était dans l’impossibilité d’imaginer les prophéties données dans les messages et encore moins d’en influencer le cours de réalisation. Il est donc important, aujourd’hui, de répertorier les révélations de la Dame qui se sont déjà réalisées.

Nous donnons ici quelques exemples frappants :  la libération de la Hollande, annoncée le 25 mars 1945 pour le 5 mai suivant, se réalisa effectivement le 5 mai 1945.

Le 7 octobre 1945, Ida voit un drapeau rouge flottant sur la Chine. Quatre ans plus tard, le 1eroctobre 1949, après une guerre civile ayant opposé les communistes de Mao Tsé Tung à l’armée du général Tchang Kai chek, Mao Tse Tung, proclame la République Populaire de Chine.

Le premier alunissage : le 7 février1946, Ida Peerdeman raconte : « Je me trouvais avec la Dame au-dessus du globe. La Dame m’indique quelque chose et je distingue très clairement la lune devant moi. Il y a quelque chose qui s’approche en volant ; je vois cette chose se poser sur la lune. Je dis : ‘Il y a quelque chose qui se pose, qui se pose sur la lune!’ J’ai l’impression de flotter dans l’espace. Tout me paraît si étrange autour de moi… »Elle écrira des années plus tard, à propos du premier alunissage, du 20 juillet 1969 : 

« C’était fantastique l’alunissage, n’est-ce pas? Exactement ce que la Dame m’avait montré le 7 février 1946. C’est dommage qu’à cette époque-là je n’aie pas su ce que c’était et ce que cela signifiait… Je voyais quelque chose descendre à toute vitesse, une chose presque carrée, blanche qui se dirigeait vers la lune. Je trouvai ça fantastique à voir. »

Le 29 mars 1946, alors que la foi dans l’Église catholique était encore très vivante, la Dame prédit : “La religion devra mener un dur combat ;on veut l’anéantir. Ce sera fait avec tant de raffinement que presque personne ne s’en souciera.” C’est exactement ce que nous avons vécu depuis la fin du concile Vatican II, et dont de très nombreux responsables ecclésiastiques commencent seulement à prendre conscience.

Nous sommes le 26 décembre 1947. Ida, ce jour-là, a vécu  par anticipation une attaque effectuée avec des armes chimiques ; les mots qui défilent annoncent les crises monétaires, les attentats terroristes, les calamités (climatiques ?) : « Je vois côte à côte, l’Amérique et l’Europe. Je vois alors écrit : ‘Guerre Économique, Boycott, Devises, Calamités. Une image très curieuse se présente alors à moi. Une force me pousse à regarder le ciel ; c’est comme si on tirait quelque chose en l’air. Ça me frôle en passant à une telle vitesse que j’arrive à peine à voir ce que c’est. Ça a la forme d’un cigare ou d’une torpille et la couleur de l’aluminium. Tout à coup, je vois quelque chose qui s’en détache par l’arrière.

Je tâte de la main devant moi et différentes sensations horribles m’envahissent. D’abord un engourdissement total ; je vis et, en même temps, je ne vis pas. Je vois alors devant moi d’épouvantables images d’êtres humains. Je vois des visages, de larges visages recouverts d’ulcères affreux, une sorte de lèpre. J’éprouve ensuite de terribles maladies mortelles : le choléra, la lèpre, tout ce que ces gens ont à subir. Alors que tout cela a disparu, je vois flotter de minuscules choses noires autour de moi. J’essaie de sentir ce que c’est, mais je n’y parviens pas; cela me semble une matière très fine. Mes yeux ne distinguent pas ce que c’est.

C’est comme si je devais regarder à travers quelque chose et, en contrebas, je vois à présent de magnifiques champs blancs. Sur ces champs, je vois ces mêmes petites choses noires, mais grossies et comme vivantes. Je ne sais comment l’expliquer. Je demande à la Dame: ‘Est-ce que ce sont des bacilles? Avec beaucoup de gravité, elle répond : ‘C’est diabolique.’ Je sens alors mon visage enfler ainsi que tout mon corps. J’ai l’impression que mon visage grossit énormément, que tout se raidit et est boursouflé. Je ne peux pas bouger. J’entends la Dame dire: ‘Et c’est ce qu’ils sont en train d’inventer’, puis, tout doucement: ‘le Russe, mais les autres aussi.’ Elle ajoute énergiquement: ‘Peuples, vous êtes prévenus!’ « Ce message, donné en 1947, est d’autant plus terrifiant qu’un monstre a déjà utilisé ces produits ‘diaboliques’.

Le 15 août 1950, la voyante d’Amsterdam assiste à la rencontre historiquequi se fera le 23 mars 1966 à la chapelle Sixtine entre le chef de l’Église anglicane, A. Michael Ramsey, archevêque de Canterbury et le pape Paul VI. Quelques années plus tard Ida verra la même scène à la télévision : non seulement elle reconnaît le pape Paul VI et l’archevêque de Canterbury, tels qu’ils lui avaient été montrés dans la vision, mais aussi leur position exacte.

Au cours de l’apparition du 10 décembre 1950, Ida voit la réunification de l’Allemagne. Elle raconte: »La Dame m’indique ensuite une ligne épaisse en Allemagne. Elle dit: ‘L’Europe est divisée en deux’. La voyante doit alors faire un geste de la main et dire:’J’enlève la ligne de la main’. »Quarante  ans plus tard, nous avons été témoins de la chute du Mur de Berlin dont le président de l’Allemagne de l’Est, Honecker, avait dit, trois semaines auparavant: « Le Mur restera encore cent ans! »

Le 11 février 1951, la Dame donne sa prière à Ida et lui montre le pape au Vatican. Le pape porte la tiare et tient le sceptre dans une main. Il est entouré de nombreux cardinaux et d’évêques en provenance du monde entier ; tous, portent des mitres blanches. Ida ne sait pas que cette vision est une vue du Concile Vatican II.  La Dame parle aux pauvres et aux petits de ce monde: « Si vous pratiquez, entre vous, la Charité dans toutes ses finesses, les grands n’auront plus aucune chance!… L’enjeu du combat, ce ne sont plus les races ni les peuples ; l’enjeu du combat, c’est l’esprit!… »

Puis Ida voit de nouveau le Saint-Père avec des cardinaux et des évêques. La Dame dit: “Vous pouvez sauver ce monde. J’ai dit bien des fois : Rome a sa chance. Saisissez l’occasion!  Aucune église au monde n’est construite comme la vôtre. » Personne, ce 11 février 1951, ne pouvait deviner que cette vision était l’image du Concile Vatican II. Plus de dix ans après, Ida reconnaîtra ce qu’elle avait vu, dans les reportages de la télévision.

Dans la nuit du 18 au 19 février 1958 Ida reçoit un message de la Dame : »… J’ai une annonce à te faire dont tu ne devras parler à personne… Écoute. Le Saint-Père actuel, le pape Pie XII (Eugenio Pacelli), sera élevé parmi les Nôtres, début octobre de cette année. La Dame de tous les Peuples, la Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate, le guidera dans la joie éternelle… Son successeur proclamera le dogme.” Le matin du 9 octobre 1958, la radio annonçait la mort du Saint-Père.

5 – Les expériences eucharistiques d’Ida Peerdeman 

Photo de Jean Bretin

 On notera d’abord que les Expériences Eucharistiques commencent presque toujours par une grande illumination du prêtre et de l’autel, et parfois de l’assistance, mais seule Ida voit cette lumière. Pendant que la voyante contemplait la scène qui lui était montrée, elle perdait généralement conscience du monde présent, donc du déroulement de la célébration eucharistique. Apparemment le prêtre ne s’apercevait de rien et continuait posément la célébration du saint sacrifice.

Quand Ida revenait à elle, elle continuait à assister normalement à la messe. En effet, alors qu’intérieurement elle continuait à assister à ses visions, elle se dérangeait sans difficulté pour aller communier et revenir à sa place.  Ida remerciait presque toujours après les manifestations. Souvent aussi la Voix ajoutait : « Amen! « Ces visions relativement succinctes sont très fréquemment suivies de « visions célestes » dont certaines rappellent les visions de l’Apocalypse de Jean, sauf qu’ici Ida rapporte les propos d’une Voix qui les accompagne : sans doute celle du Seigneur. 

6 – Synthèse des visions et des propos qu’Ida a eues et entendus au cours de ces expériences eucharistiques* 

 * Du moins celles et ceux qui nous semblent susceptible d’être rapportés et qui soient également compréhensibles, car l’ensemble est important et complexe) 

Jésus est réellement présent dans l’eucharistie et même la Trinité !  

(8/2/1973). L’hostie est « vivante » dans la bouche d’Ida, se met à « vivre », tandis qu’un liquide délicieux lui emplit la bouche (31/5/1973). Ida fera la même expérience rue du Bac à Paris, le 19 Juin 1968. Le 11/10/1959, des flots se déversent même dans sa bouche d’Ida et la voix dit : « Je suis l’eau vive ». Pendant l’Offertoire, la Lumière éclaire l’autel, le prêtre, puis lentement les assistants.

Au moment de la communion, d’une très vive Lumière surgit une grande Colombe blanche, toute spiritualisée. Ida entend : « Suis-Moi! » ; Ida suit la Colombe et arrive dans une plaine où se dresse une église avec un clocher. Du ciel, la Voix dit : « Voyez, mes fidèles, ce qui arrivera. » Le ciel s’ouvre ; une grande épée en sort et tranche l’église en deux moitiés qui s’écartent l’une de l’autre. Dans la partie gauche, des lettres apparaissent et forment le mot : « Éphraïm ». Dans la partie droite apparaît le buste d’un pape. Ida voit des vagues arriver, et l’eau emporte la moitié gauche de l’église. La moitié droite se dresse toujours sur la plaine et peu à peu devient une église entière. Vient alors l’image de la Dame de tous les peuples flottant sur l’unique église. Un troupeau arrive : « Elles avaient été égarées, dissipées. Écoutez, c’est Elle qui devra sauver le monde. (Et tout disparut, sauf la Lumière qui ne partit qu’après la bénédiction du prêtre) 

Le salut du monde est lié à Marie. La Dame n’abandonne pas ses enfants.»

Le 31/05/10971, l’apôtre Jean porte le tableau de la Dame de tous les peuples et le place sous le calice ; Ida voit les 3 coupoles de l’église demandée par la Dame ; le 25/03/1980, 35 ans après la première apparition, le tableau de la Dame est baigné de lumière ; le 31/07/1977, au fond d’un jardin, Ida aperçoit la Dame en gloire (au ciel) ; un arbre merveilleux pousse « Quand l’épuration aura eu lieu »  ; le 8/12/1977, au moment de l’élévation (quand Jésus vient « habiter l’hostie » au cours de la messe), au dessus de l’autel, se forme un grand «  M » brillant ;  

Ostensoir

le 31/05/1980, La Dame apparaît « en gloire » (c’est à dire en majesté, comme elle est au ciel) devant Ida ; le 8/09/1980, du tableau de la Dame, émane un délicieux parfum ; le 11/12/1979, la Lumière sort du tableau de la Dame ; le 7/10/1978, se forme un grand «  M » et une colombe se pose dessus ; Ida entend la voix qui dit : « C’est la Victoire de Celle que j’ai envoyée » ; cette image suit celle d’un serpent à 7 têtes se tordant dans tous les sens. Le 25/04/1974, vision de Ninive : appel à la conversion ; le 2/09/1979 : vision d’Agar, servante de Sarah, épouse d’Abraham, chassant Agar, sa servante, mère d’Ismaël : mise en garde contre l’Islam ?

Le 31/07/1973 : la science ne vient pas de l’Homme mais de l’Esprit ; des cavaliers chassent des vautours…mais uniquement quand tout ceci se sera produit ; le 15/08/1976, vision du ciel : « C’est tellement formidable qu’Ida ne peut pas le raconter » ; France, Allemagne, Pays bas, Belgique apparaissent comme des brebis dispersées ; « Attention aux loups déguisés en brebis » ; le 11/12/1975 : l’hostie et le calice se transforment en la personne du Seigneur !  le 12/04/1979, l’hostie devient « vivante » et Ida entend la voix qui dit : « Je suis celui qui suis » ;

le 11/06/1978, prédiction de la mort de Paul VI  et le 28/08/1978, de celle de Jean Paul 1er ; le 28/08/1978, mort de Jean Paul 1er ; le 15/10/1978, « Le nouveau pape vient de loin » ; ( Jean Paul II) Le 15/05/1981, 2 jours après l’attentat, « Il guérira » ; le 25/03/1984, dernière vision d’Ida, c’est une vision céleste (Page 236). Le 25 mars 1984, Ida reçut sa dernière vision.

C’est du moins ce à quoi l’on peut penser, rien n’ayant été publié après cette date. Donc, ce 25 mars 1984, comme cela arrivait de temps en temps depuis le 15 août 1981, la Lumière seule vint dans la Chapelle où Ida assistait à la célébration eucharistique. Mais ce jour-là, exceptionnellement, elle eut une vision céleste et entendit la Voix : « Le temps de la Dame de tous les peuples comme Co-Rédemptrice va commencer. »Puis, raconte Ida, « une musique céleste se fit entendre à mes oreilles et je vis une couronne magnifique, scintillante comme des diamants. Puis tout disparut de mes yeux et la Lumière s’en alla lentement. »  

Eléments conformes aux autres apparitions 

Ida est une jeune fille modeste, non diplômée. La Vierge la consolera même en lui disant de répondre à une question de son directeur spirituel : «Dis à ton directeur spirituel que le Seigneur choisit toujours ce qui est faible pour ses projets grandioses. Qu’il soit rassuré ! » (4 avril 1954) « Je le dis une fois encore : le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple pour sa cause. »

Ida a des visions du Ciel et « voyage » à travers le temps et l’espace avec la Vierge. 

La Vierge lui demande de construire une chapelle. 

Comme à San Nicolas de los Arroyos, la Vierge fait allusion à un épisode passé de l’histoire religieuse : ici le miracle du sacrement. 

Ida éprouve des souffrances en correspondance avec les visions.

De très agréables odeurs accompagnent certaines visions. 

Les expériences eucharistiques d’Ida Peerdeman sont très proches de celles dont a bénéficié la mystique Maria Esperanza lors des apparitions de Betania au Venezuela. 

Le 31 Mai 1955, un rayon de lumière traverse l’église, comme à Banneux. Ida a subi de nombreuses attaques émanant de Satan ; des attaques sans doute à la hauteur de l’importance accordée par la Vierge à cette voyante. 

Comme à Catherine Labouré, comme l’ange de Fatima, La vierge

Eléments spécifiques

Les apparitions mariales d’Amsterdam sont spécifiques en ce qu’elles sont largement « privées ». Deux apparitions seulement eurent lieu en public, dans l’église de Saint-Thomas. Comme si la complexité du message à transmettre supposait des conditions de transmission bien particulières. 

La Vierge communique à Ida une description très précise d’elle même, nécessaire à la réalisation d’un tableau (sans doute la description la plus fidèle de la Vierge), ainsi qu’une prière. 

Surtout, la vierge demande) à Ida d’agir auprès du pape pour que soit reconnue un nouveau dogme marial – le dernier – celui de co-rédemptrice et précise même que l’église catholique sera très réticente à l’accepter. 

Elle revendique le titre de « Dame de tous les peuples », un titre en harmonie avec le dogme de co-rédemptrice qu’elle réclame : c’est à la terre entière que Marie s’adresse.

Les messages de Marie à Ida sont sans doute les plus denses de toutes les apparitions mariales. 

Au cours de cette apparition, Marie révèle une personnalité qu’on ne lui connaissait pas : celle d’une reine des cieux et mère des hommes qui parle avec une autorité et une franchise étonnantes. Elle-même en utilisant dans sa prière l’expression : « Celle qui fut Marie », indique clairement que cette personne humaine n’est plus, et a laissé place, dans l’éternité, à la personne la plus importante après celles de la Trinité. 

Marie se révèle à Amsterdam
en « Reine des cieux »

Lien avec d’autres apparitions 

Pourquoi l’apparition d’Amsterdam est-elle « centrale » ? 

17 ou 18 apparitions de la mère de Jésus ont été reconnues par l’Eglise catholique ; la première à Tepeyac au Mexique en 1531 et la dernière à Betania et San Nicolas de los Arroyos au Venezuela et en Argentine, en 1990 ; (de 1980 à 2002 à L’Escorial, près de Madrid, en Espagne)

Amsterdam (1945/1959)  selon nous, est une apparition centrale parce qu’elle fait lien avec cinq autres apparitions : Fatima, Lourdes, Rue du Bac à Paris, Rome, Akita au Japon. 

A Amsterdam, la Vierge fait aussi allusion à un miracle eucharistique qui s’est déroulé dans la ville d’Amsterdam en 1345 ! Soit 614 ans plus tôt ! Quant au lien avec Fatima, la « voyante d’Amsterdam, qui a 12 ans à l’époque, eut sa première apparition de la vierge l’après-midi du 13 octobre 1917, qui fut aussi le jour du miracle du soleil de Fatima. Amsterdam fait également lien avec Lourdes, puisque le premier message d’Amsterdam a été donné le 25 mars 1945, fête de l’Annonciation, et également jour anniversaire de celui où la « Belle Dame » de Lourdes (1858) révélait solennellement son identité en patois des Pyrénées, à Bernadette Soubirous: « Que soy era Immaculada Councepciou !» (en français : « Je suis l’Immaculée Conception »).

«Ce qui a commencé ici, (apparition de la rue du Bac à Paris en 1830), la Dame de tous les peuples l’a poursuivi ! » dit aussi la Mère de Dieu à Ida Peerdeman dans la chapelle de la rue du Bac à Paris où Ida s’est rendue à deux reprises. Alphonse Ratisbonne (apparition de Rome), en 1842, qui se rend avec un ami dans la basilique Sant’Andrea delle Fratte voit soudain une figure d’une lumière éblouissante au-dessous de l’autel. Il reconnaît la Vierge telle qu’elle figure sur la Médaille miraculeuse* aperçue par Catherine Labouré lors de l’apparition de la Vierge rue du bac à Paris. 

 Enfin, la statue d’Akita (Japon), objet de phénomènes extraordinaires (lacrimations et saignements), est une reproduction en sculpture du tableau la représentant, demandé par Marie, à Amsterdam, à Ida Peerdeman. (1973 à 1981) 

600 ans avant, le miracle du sacrement

« C’est Amsterdam que j’ai choisie pour être la ville de la Dame de tous les Peuples. C’est aussi la ville du Sacrement. » (Message du 20 mars 1953) Que signifie cette phrase de la Vierge ? 

Le miracle eucharistique d’Amsterdam a eu lieu le 15 mars 1345, soit 600 ans avant la première apparition de la Dame de tous les Peuples.  Dans sa maison de la rue Kalverstraat, un malade était mourant. On lui administra l’extrême-onction, mais il ne put conserver la sainte communion et rendit l’Hostie. La femme qui le soignait, jeta au feu la vomissure. Alors que le lendemain matin elle rallumait le feu, elle vit planer l’Hostie au-dessus des flammes. Elle la déposa sur un tissu qu’elle mit dans un coffret et fit venir un prêtre. Ce dernier prit l’Hostie et la porta discrètement à l’église Saint-Nicolas, l’actuelle Oude Kerk. À l’étonnement de tous, l’Hostie se trouvait le lendemain matin de nouveau dans le coffret.

Le prêtre vint prendre une seconde fois l’Hostie et répéta les gestes de la veille. Quand, le jour suivant, on retrouva pour la troisième fois, et de façon tout aussi inexplicable, l’Hostie dans le coffret, on en conclut à l’intention du ciel de rendre le miracle public. On ramena l’Hostie à l’église Saint-Nicolas, mais cette fois en grande pompe, dans une procession. L’évêque d’Utrecht, après enquête, reconnut le miracle en 1346. La solennité du Saint Sacrement devint une fête liturgique et urbaine au cours de laquelle, d’une année à l’autre, on renouvelait solennellement la procession. De la maison où était décédé le malade, on fit une chapelle.

Les pèlerins affluèrent au cours des années et, parmi eux, se trouva, un jour, l’empereur Maximilien d’Autriche qui venait à Amsterdam pour demander la grâce de sa guérison. Il fut exaucé et, en reconnaissance, accorda à la ville d’Amsterdam le privilège d’ajouter la couronne impériale à ses armoiries. En 1578, la procession annuelle fut interdite par la municipalité protestante d’Amsterdam et les catholiques ne purent plus se rendre à la chapelle. Néanmoins, les processions continuèrent en secret et en silence et ainsi fut créée «la marche silencieuse». Remise à l’ordre du jour et autorisée en 1881, la «marche silencieuse» a lieu depuis lors, le soir du premier samedi suivant le 15 mars.

De nos jours chaque année environ 10.000 personnes venant de toutes les parties des Pays-Bas y participent, en priant en silence et suivant le chemin historique de la toute première procession. En dépit de nombreuses protestations, on démolit en 1908 la chapelle désaffectée. À sa place, on a choisi la chapelle du Béguinage pour commémorer le Miracle d’Amsterdam.

La médaille miraculeuse de la rue du Bac (1830) préfigure Notre Dame de tous les Peuples, cent trente six ans plus tard ! 

Le 25 mai 1966, le tableau de la « Dame de tous les peuples » arrivait à Ville d’Avray, aux portes de Paris. Et le même jour, pour la première fois, on priait devant l’Image la prière de la Dame de tous les peuples en différentes langues, en présence d’Ida Peerdeman, qui participait également à la messe du soir. Quelques jours plus tard, le 31 mai, au moment où elle s’avançait pour recevoir la communion, elle vit la lumière habituelle et entendit intérieurement la voix qui lui disait : « C’est bien ainsi ! »

Par ces mots, la Vierge Marie entendait donner son accord pour la venue de l’Image en France, dans une église dédiée à saint Nicolas, saint patron également de la ville d’Amsterdam. Dès le 19 juin 1966, le premier groupe de pèlerins hollandais arrivait à Paris et se rendait auprès de ‘leur’ Image ; la voyante était du nombre. Le lendemain, elle visitait la chapelle des Apparitions de la rue du Bac ; là avait débuté en 1830 l’ère des apparitions mariales lorsque la Sainte Vierge révéla la ‘Médaille miraculeuse’ à Catherine Labouré.

Chapelle de la médaille miraculeuse à Paris
Nef et assistance
Par Mbzt — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32405287

« Ensuite nous avons assisté à la messe, et lorsque je retournai à ma place au moment de la communion, la sainte Eucharistie se mit à vivre dans ma bouche. J’entendis très distinctement une voix qui disait au fond de moi : « Comprenez-vous maintenant le chemin que j’ai voulu ? C’est pour cela que j’ai dit : c’est bien ainsi !’” ». En sortant de la chapelle, tous furent touchés au récit de la voyante qui raconta ce qu’elle avait vécu. Ils retournèrent à l’église saint Nicolas et remercièrent la Dame de tous les peuples devant son Image – avec des prières et des fleurs – de la confirmation reçue.

Trois ans plus tard, le 31 mai 1969, Ida se trouvait une nouvelle fois à Paris. Elle décrit ainsi son expérience : «Pendant que je communiais dans la chapelle de la rue du Bac, je vis à nouveau la lumière et j’eus la forte impression que le Seigneur était à nouveau sensiblement présent en moi. Je perçus les paroles suivantes qui s’imprimèrent profondément en moi, mais sans qu’elles aient été prononcées : « Ce qui a été commencé ici, a été continué par la Dame de tous les peuples ».

Dieu s’est servi d’un concours de circonstances particulier afin que le tableau de la Dame de tous les peuples vienne en France pour quelques temps : le père Crijns, originaire de Hollande, s’était engagé en France en tant que membre de la ‘Milice du Christ’. Il avait appris que l’Image de la Dame de tous les peuples n’était plus exposée au public dans la ‘Thomaskirche’ (église Saint Thomas). Aussi demanda-t-il à la voyante et à son directeur spirituel l’autorisation de la faire venir en France, dans son église paroissiale, ce qui lui fut accordé. C’est ainsi que le 25 mai 1966, le tableau arrivait à Ville d’Avray, aux portes de Paris. 

Similitudes entre les deux apparitions d’Amsterdam et de la rue du Bac

(Etude du Comité de la Dame de tous les peuples en 1973 )

  • Dans les deux cas, les personnes qui reçoivent les messages confiés par la Sainte Vierge sont des femmes d’une grande simplicité et sincérité ; toutes deux ont perdu leur mère à un jeune âge et ont été préparées à leur propre vocation par de multiples expériences d’ordre surnaturel. 
  • Les voyantes reçoivent de Marie la révélation d’une prière rattachée à une image, avec la mission de les diffuser conjointement. Catherine Labouré entend de la bouche même de la Vierge Marie une invocation inconnue jusque-là : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! » A Amsterdam, la Dame de tous les peuples énonce solennellement, en la faisant répéter, une prière dont la formulation inhabituelle ‘qui fut un jour Marie’, suscite dans un premier temps une vive surprise.
  • De même, les deux voyantes non seulement entendent la prière ainsi révélée, mais en même temps elles la voient écrite. Dans sa vision, Catherine Labouré voit la prière inscrite dans son entier avec le nouveau titre de l’immaculée conception ; l’inscription forme un arc de cercle allant de la main droite de Marie à sa main gauche en passant par-dessus sa tête. A Amsterdam Ida relate le 11 février 1951 qu’elle vit la prière s’inscrire en majuscules sous ses yeux. Au cours d’une vision, elle voit le nouveau titre: « La Dame de tous les peuples » disposé en un demi-cercle lumineux autour de la tête de Marie.
  • Pour signifier l’importance que la Mère de Dieu octroie à la représentation exacte de son image, elle apparaît trois fois à la rue du Bac – et même six fois à Amsterdam – aux seules fins de donner des directives précises à ce sujet. Sur la Médaille miraculeuse, comme sur l’Image de la Dame de tous les peuples, la Vierge Marie se tient debout sur le globe terrestre comme “la Femme revêtue de Soleil”. Elle a les bras ouverts. Sœur Catherine voit des rayons lumineux venant des anneaux qu’elle porte à ses doigts, alors qu’elle entend une voix lui expliquer : « Ces rayons sont le symbole des grâces que Marie obtient aux hommes. » A Amsterdam, les trois rayons qui proviennent des plaies transfigurées des mains de Marie représentent : la Grâce du Père, la Rédemption du Fils et la Paix de l’Esprit Saint. 
  • Les apparitions de la rue du Bac sont données à la France mais aussi pour le monde entier ; la Vierge Marie insiste clairement sur ce fait, lorsqu’elle dit entre autre : « Le globe que tu vois représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier. » La même chose vaut pour Amsterdam où la Mère de Dieu souligne à maintes reprises que des Pays-Bas, elle veut être portée aux peuples du monde entier.
  • Les deux pays, la France et la Hollande, sont sans le savoir au bord du gouffre, lorsque la Vierge Marie y apparaît. Elle vient pour porter secours et pour indiquer une issue.
  • Dans les deux lieux de grâce, la Vierge Marie expose clairement la gravité de la situation, tant du point de vue religieux que politique. A Paris, elle dit : « Les temps seront mauvais.» « Les malheurs viendront fondre sur la France. » « Le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes»
  • . De façon analogue, Marie nous met en garde à Amsterdam : «Au cours des siècles, le monde n’est jamais passé par une telle période, un tel déclin de la foi.» (28.03.1951) « Le monde entier va se détruire… » (19.11.1949)
  • Les deux révélations signalent le mépris que l’on a de la Croix. Sœur Catherine entend : « Mon enfant, la croix sera méprisée. On la mettra par terre.» Et de même, il est dit dans les messages d’Amsterdam : « Tout à coup, je vois la croix redevenue intacte, plantée au milieu du monde. Toutes sortes de gens l’entourent, mais ils détournent la tête. » (29.03.1946) : « C’est un dur combat spirituel. …Cette croix, ils veulent la changer en d’autres croix. » (3.01.1946) «Elle montre la croix et dit : “Il faudra bien que le monde entier y revienne, des grands aux petits, des pauvres aux riches, mais ça demandera un effort.” » (7.10.1945) : « Que tous reviennent à la croix, c’est la seule façon de ramener la paix.» (11.02.1951)
  • Nous savons qu’en 1854 le pape Pie IX prononçait solennellement le dogme de l’Immaculée Conception. Mais 24 ans plus tôt déjà, ‘L’Immaculée Conception’ en personne se révélait à Catherine, une simple novice, demandant aux fidèles de l’invoquer en ces termes : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».
  • A Amsterdam aussi, la Vierge Marie invite les croyants à l’invoquer dès à présent comme la Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate. Comme à Paris, sa Prière et son Image anticipent un dogme, le plus important et«le dernier dogme marial» (15.11.1951) de l’Histoire. On le verra un jour proclamé solennellement, comme la Sainte Vierge nous le promet dans ses messages : « Ce dogme sera très contesté ; cependant, on le fera aboutir. » (31.05.1951)
  • A Paris, la « voix céleste » reste audible, même après que les visions eurent cessé : « Ma fille, vous ne me verrez plus, déclare Marie à sœur Catherine, mais vous entendrez ma voix pendant vos oraisons.».
  • Le même phénomène survient à Amsterdam où la voyante Ida, après l’interruption des messages de Marie proprement dits, continua de percevoir une voix divine au cours de ce que l’on a appelé les ‘Expériences Eucharistiques’.
  • Il y a une forte correspondance entre l’attitude de la Vierge sur la médaille miraculeuse et l’image demandée par la Vierge à Ida à Amsterdam. 
  • « Ce qui a commencé ici, la Dame de tous les peuples l’a poursuivi ! » disait la Mère de Dieu à Ida Peerdeman dans la chapelle de la rue du Bac. Compte tenu des paroles de la ‘Dame’ et au vu de ce qui précède, on peut dire que si la rue du Bac constitue « le commencement ». Amsterdam, par contre est le couronnement ou – comme la Vierge Marie elle-même l’a défini : « la clef de voûte de la pensée mariale » (4.04.1954).
  • Si l’Immaculée de la Rue du Bac nous fait entrer dans une époque véritablement mariale, il est donné à la Dame d’Amsterdam de se révéler comme Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate universelle, « … à la Dame de venir aussi auprès de ses apôtres et ses peuples du monde entier pour leur apporter une nouvelle fois le Saint Esprit». (31.05.1954)

V- Reconnaissance et sanctuaire 

Reconnaissance

Le 31 mai 1996, un 31 mai, date à laquelle sera fixée un jour la fête de la Co-rédemptrice, l’évêque de Haarlem, Mgr Henrik Bomers et son coadjuteur, Mgr Josef M. Punt – de l’autorité desquels relevaient les apparitions d’Amsterdam – autorisaient officiellement la dévotion publique à Marie sous le titre de Dame de tous les peuples ». Le 31 mai 2002, Son Exc. Mgr Joseph-Marianus Punt, Évêque de Haarlem/Amsterdam, reconnaissait l’origine surnaturelle des apparitions de la Dame de tous les Peuples, donc le caractère surnaturel des messages de la Dame de tous les Peuples, messages qui brossent un tableau saisissant de la situation de l’Eglise et du monde au cours de la seconde moitié du XXe siècle, et du début du XXIème siècle. 

Sanctuaire 

Dans les années 1970, la Fondation de la Dame de tous les Peuples prit possession, pour un prix presque symbolique, du terrain à la Diepenbrockstraat. On y établit alors le secrétariat de la fondation et l’on y construisit une petite chapelle avec, à gauche de l’autel, le tableau de la Dame de tous les Peuples. C’est là qu’Ida Peerdeman vécut ses dernières années.La chapelle catholique romaine de la Dame de tous les Peuples est située Diepenbrockstraat 3, dans le secteur Amsterdam-Sud, proche du palais des congrès de la RAI.

Chaque jour, des groupes de pèlerins des Pays-Bas ou venant de l’étranger s’y rendent pour prier devant l’image bénie et pour assister à la messe. Le vœu de la vierge qu’on achète un terrain pour y construire une église ne s’est pas encore réalisé. Peut être, et même sans doute, la conséquence d’une apparition qui fut privée et n’a donc pas eu le retentissement populaire de Lourdes ou Fatima. Contrairement à de nombreux autres lieux d’apparitions, tout, à Amsterdam reste caché dans l’ombre et le silence.

Chapelle Notre Dame de tous les peuples
Près du parc Béatrix, Diepenbrockstraat 3, 1077 VX Amsterdam
info@de-vrouwe.net
Par Paul Be. (shifted, cropped & recoloured by Rabanus Flavus) — File:Maria-kapel Amsterdam, Diepenbrockstraat.jpg, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52286962

J’ai eu le plaisir de m’y rendre en Avril 2019 avec Mauricia. Les soeurs nous y ont très bien accueilli et nous ont remis un tableau représentant la Dame de tous les peuples.

Nota : Le site http://www.de-vrouwe.net/french/index.html, dont nous nous inspirons, a lui-même utilisé le livre de  P. Paul Maria Sigl : « Die Frau aller Völker ‘Miterlöserin Mittlerin Fürsprecherin' » (25 mars 1998) . Biographie: Ida Peerdeman – La voyante d’Amsterdam de P. Paul Maria Sigl, 2005

Intérieur de La Chapelle de Notre Dame de tous les Peuples
Par Jean Bretin, Avril 2019

Annexes à l’apparition d’Amsterdam

I – La traduction des messages par le père Sigl* aux 5èmejournée internationale de prière / Amsterdam, en 2003

  • Père spirituel de la communauté « Famille de Marie ». 

Trois ans déjà se sont écoulés depuis notre dernière rencontre à Amsterdam ! C’est en soi une raison suffisante pour nous rassembler à nouveau, nous regrouper de tous les points cardinaux autour de l’Image de Notre Dame de tous les Peuples. Les temps actuels nous y poussent car depuis trois ans, une série d’évènements douloureux nous en a fait saisir d’autant plus l’importance. Le 11 septembre, les tours jumelles de New York s’effondraient sous le choc d’un double attentat aérien que perpétraient de fanatiques militants musulmans, déclenchant ainsi une guerre terroriste dont nous ne voyons toujours pas le terme, même à l’issue des représailles exercées contre l’Afghanistan et l’Irak.

Il y eut par contre aussi, dans ces derniers mois, un événement particulièrement heureux pour la joie de tous ceux qui aiment et honorent la Dame de tous les Peuples : ce fut la reconnaissance officielle par Mgr Jozef Marianus Punt de l’authenticité des apparitions et des messages d’Amsterdam. Telle est bien la première raison pour laquelle il nous fallait nous rassembler à nouveau auprès de l’image de la Dame de tous les Peuples, y venir au nom de tous les peuples et prier pour eux tous !

Frappé par la profondeur et la simplicité des messages

Cet acte de reconnaissance fut ressenti de même avec beaucoup d’intérêt par le Cardinal Alfons Maria Stickler qui en exprimait sa joie. Il y a six ans en effet, il assistait à la première Journée Internationale de Prière et osait dire sa conviction que les apparitions d’Amsterdam étaient un don fait à l’humanité. Tels sont les termes de son homélie : « En lisant les messages d’Amsterdam, je fus frappé dès le début par leur profondeur et leur simplicité… Il faudrait que l’Eglise les soumette à des examens sérieux en les confrontant aux évènements qui ont eu lieu dans les cinquante dernières années dans l’Eglise et dans le monde, que ce soit l’incroyable crise touchant la foi et la morale, la politique et l’économie. En 1945, quand la Dame de tous les Peuples vint à Amsterdam, personne n’aurait pu seulement imaginer l’ampleur des prophéties qui allaient se réaliser ! » C’est ainsi que s’exprimait ce Cardinal autrichien !

Preuves d’authenticité

La réalisation des prophéties en question, constitue en réalité, une véritable preuve d’authenticité. Tel est ce qu’avait prédit la Vierge Marie : « Les signes sont contenus dans mes paroles ! »(04.04.1954), c’est à dire, « Quand les évènements que j’ai annoncés vont arriver, alors, vous comprendrez que c’est vraiment la Dame de tous les Peuples qui est venue à Amsterdam ! » Les preuves d’authenticité que Dieu a données, sont en effet plus nombreuses et concluantes que toutes celles de l’histoire des apparitions mariales. Pensons seulement à la prédiction du Concile Vatican II, 11 ans avant qu’il ne fût convoqué, alors que personne n’y pensait ; ou bien, celle de la mort du Pape Pie XII que Dieu seul peut connaître. Mgr Huibers qui était alors évêque d’Haarlem-Amsterdam ainsi que le Père Frehe, père dominicain et directeur spirituel de la voyante, en furent tous deux profondément impressionnés.

Amsterdam est à l’origine de l’apparition d’Akita

Dans la liste des preuves d’authenticité, une place toute particulière et prédominante revient à Akita qui est le plus grand lieu de pèlerinage marial au Japon. La statue en bois, de la Vierge Marie qu’on y vénère, est une exacte reproduction de l’image de la Dame de tous les Peuples. Le contenu des messages qui y ont été donnés, est d’un caractère tellement dramatique que le Cardinal Ratzinger les a comparés à ceux de Fatima. Mgr Ito, évêque de Niigata-Akita a confirmé l’authenticité surnaturelle des messages de la Dame de tous les Peuples au Japon et se rendit en visite sur le lieu d’origine, à la chapelle même de la Dame de tous les Peuples à Amsterdam. Il y célébra la sainte Messe en présence de la voyante, Ida Peerdeman.

Our Lady of Akita, Japan
Par SICDAMNOME — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45165719
Marie veut nous sauver des trois grands maux de notre temps

Mgr Ito a bien compris en lisant les messages d’Amsterdam, que la Dame de tous les Peuples était venue pour, en cette époque apocalyptique, nous sauver d’une situation sans issue et nous introduire dans un temps de renouveau spirituel. C’est pourquoi, nous avons de toute urgence besoin d’Elle ! Sommes-nous, nous aussi convaincus d’avoir vraiment besoin de Marie sous son nouveau titre de « Mère de tous les Peuples » ? Est-ce que Notre Dame de Guadalupe, la Rue du Bac, la Salette, Lourdes, Fatima, Beaurain ou Banneux ne nous suffisent pas ? N’est-ce pas suffisant ?

Non, ce n’est pas suffisant à Dieu, car Il veut tout nous donner ! Nous avons un réel besoin de Marie sous son titre de « Mère de tous les Peuples », car c’est par ce titre et par « sa » prière qu’elle veut nous sauver de ces trois grands maux de notre temps que sont la corruption, les calamités et la guerre, disons plus exactement d’une grande catastrophe mondiale.

C’est exactement pour cela qu’elle est venue car elle veut nous préserver aujourd’hui comme hier d’une apostasie massive. Quand on est vidé de sa foi, on laisse la porte ouverte à Satan qui entre dans les cœurs et les conduit alors à la corruption morale. Cette corruption morale, d’après les propres termes de la Dame de tous les Peuples, est la cause intrinsèque des calamités et de la guerre.

La situation dramatique de l’Eglise

J’ai eu encore la preuve récemment de ce besoin réel que nous avons de la Dame de tous les Peuples en recevant une lettre d’un jeune prêtre de mes amis, du diocèse de Mayence. Il m’écrivait : « L’Eglise d’Allemagne a plus que jamais besoin de l’aide de la Dame de tous le Peuples. Nous avons besoin de cette Nouvelle Pentecôte qu’elle a promise, car la situation de l’Eglise, tout particulièrement en Allemagne, ne peut plus être contournée sans une intervention surnaturelle de l’Esprit Saint. Un sondage vient de révéler qu’un pourcentage infime des catholiques allemands s’en tient aux directives données par le Saint Père.

Il y a de toute évidence en Allemagne une cassure entre une Eglise fidèle à Rome et une Eglise qui s’enlise dans la démocratie. Les fidèles sont de plus en plus nombreux qui n’hésitent pas le dimanche, à faire un long trajet en voiture pour assister à un office qui corresponde encore aux normes liturgiques. Toutes les grâces que nous recevons, passent par les mains de Marie. Or, les prêtres autant que les catéchistes et les fidèles qui cherchent à promouvoir la dévotion mariale dans les paroisses, sont souvent discriminés par de viles calomnies ou de foudroyantes ripostes.

Le plus douloureux en cela, est le silence des évêques qui certes, sont soucieux du vrai et du bien mais en sont réduits au silence à cause d’un appareil médiatique hostile à l’Eglise. Ils n’apportent ni soutien aux prêtres qui gardent leur fidélité au Pape, ni protection aux fidèles qui se débattent contre l’orchestration des groupements anticléricaux.» Voilà ce que nous dit un confrère prêtre du diocèse de Mayence.

Il en va du salut de tous les peuples

Est-ce que la Dame de tous les Peuples n’avait donc pas prédit, il y a cinquante ans de cela, le drame d’une situation que nous vivons à présent ? « ‘Mon enfant, je t’apporte à nouveau un message pour l’Allemagne. Il faut la sauver ! » La Dame me fait alors survoler l’Allemagne. En voyant l’Allemagne en dessous de moi, j’en ressens les états. Il y a une terrible décadence du pays, du peuple et de la jeunesse et surtout un grand déclin de la foi. » (03.12.1949) Au moment où la voyante voit la jeunesse des Pays-Bas, des jeunes et des enfants, au bord d’un précipice, la Dame renchérit : « Ils sont au bord d’un abîme.

Même les Pays-Bas s’approchent de l’abîme. » (03.12.1949) Il y a une chose que nous ne devons pas omettre, chers amis ; si la Dame vient à Amsterdam, ce n’est pas pour sauver seulement les Pays-Bas, l’Allemagne ou l’Europe ! Pas plus qu’il ne s’agit de sauver seulement l’Eglise de Rome ou toute la chrétienté ! A Amsterdam, il en va du salut du monde entier, de tous les peuples, car c’est à l’échelon mondial que se mesurent les conséquences du déclin de la foi que sont la corruption morale, les calamités et la guerre !

Une époque apocalyptique

Nous sommes à une époque apocalyptique de fin des temps et l’énorme bataille que nous avons à livrer, rappelle celle de la Genèse avec la Femme qui écrase la tête du Serpent. Bien qu’elles soient reconnues, on a pris encore trop peu au sérieux les apparitions de la Dame de tous les Peuples ainsi que ses messages. On les a même souvent tournées en dérision et publiquement attaquées. 


C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir m’accorder une seule minute pour vous donner un aperçu de ce à quoi est exposée la jeunesse actuelle, des millions de jeunes. Vous verrez dans les prochaines 60 secondes comme la Dame avait raison dans ses messages et comme nous avons besoin d’Elle, maintenant, en ce temps. Elle dit bien à propos du pouvoir de Satan : « Personne ne sait à quel point l’avancée de Satan est grave ! Je mets en garde les peuples de ce monde ! » (31.12.1951) Personne ne sait à quel point l’avancée de Satan est grave ! « C’est un combat à mort ! » (25.03.1972)

Ces 60 secondes sont un extrait d’un concert de Hard Rock, tel qu’on en organise régulièrement dans la plupart des grandes villes du monde entier. J’ai été moi-même témoin en novembre dernier, à l’aéroport de Zürich d’une émission de télévision dans laquelle on diffusait un concert de rock semblable sur les parvis de la cathédrale gothique d’une ville d’Europe. Des milliers de jeunes scandaient un air par ces mots : « I lost my religion ! » « j’ai perdu ma religion ! » J’ai voulu me procurer une copie-vidéo de cette émission auprès de la chaîne suisse de télévision. On me l’a refusée. Il déferle une vague de pornographie, de films de violence et d’horreur qui mettent la perversité et la cruauté dans les cœurs.

La grâce a incomparablement plus de poids et de pouvoir

Je ne peux manquer dans ce contexte de toucher un mot d’Harry Potter vu que ses livres et ses films font la consommation irréfléchie de millions d’enfants et de jeunes puisque la plus grande partie des parents ne comprend pas du tout ce qui se passe en réalité. Dans ces livres et ces films, la divination, la drogue, la magie noire, les maléfices meurtriers sont du pain quotidien.

On épelle mot à mot une formule pour jeter un sort maléfique afin que les jeunes puissent l’apprendre et s’en servir. Je ferai l’économie d’autres faits plus choquants qui font partie de ce monde imaginaire d’une cruauté satanique. J’espère seulement que vous parviendrez par la prière et la grâce de Dieu à protéger vos enfants de l’emprise horrifiante d’Harry Potter. Pensons qu’une seule goutte qui tombe de la plénitude de grâces et de bénédictions de Dieu a incomparablement plus de poids et de pouvoir que tout le mal conjugué.

Il en va du salut du monde entier

Comprenez-vous à présent, chers amis, pourquoi nous avons vraiment besoin de la Dame de tous les Peuples ? Il en va du salut du monde entier. Tous les peuples doivent, grâce à leur Mère du ciel, être délivrés des rets de Satan. Comme les paroles de la Sainte Vierge son justes quand Elle dit : « C’est encore Satan qui est le prince de ce monde. Il retient ce qu’il peut. C’est pourquoi, il fallait que la Dame de tous les Peuples vienne maintenant, en ce temps !

N’est-elle donc pas l’Immaculée Conception et de ce fait, la Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate ? « Elle aura la victoire…» (15.08.1976) «Elle triomphera.» (15.08.1977)  Il s’agit donc de la victoire définitive car la Femme de l’Apocalypse veut écraser maintenant la tête à Satan, et cela, une fois pour toutes !

Une image du Paradis

Tel est exactement ce que nous voyons sur l’image d’Amsterdam. Nous voyons un globe sur lequel le serpent n’est plus visible, puisque la Dame de tous les Peuples, par la force de l’Amour de Dieu, a, en union avec tous ses enfants, vaincu le Mal ! L’image d’Amsterdam donne en ce sens vraiment une image du Paradis. C’est l’image d’un temps tout nouveau, d’une paix parfaite qui habite le cœur de tous les hommes. Cette certitude devrait nous remplir de joie et d’assurance quand on regarde l’image ou prie devant elle. Satan sait bien qu’il ne lui reste que peu de temps. Il s’acharne d’autant plus à combattre la Femme et tous ceux qui s’engagent pour Elle.

Une lutte apocalyptique

« Il fallait que la Dame porte maintenant sa prière sur ce monde satanique. Mais l’Esprit Saint doit encore venir sur tous les peuples. Comprenez bien ce message ! Dites alors ma prière, peuples, pour que l’Esprit Saint vienne réellement et véritablement ! » (04.04.1954) En prononçant ces derniers mots, la Dame joignit les mains comme si elle voulait nous montrer comment prier. Il me semble que le moment est venu, de prier, les mains jointes, cette puissante prière. J’invite chacun à le faire dans sa propre langue.

La Dame de tous les Peuples dit : « Vous ne savez pas à quel point cette prière est puissante et importante auprès de Dieu. » (31.05.1955) Notre Mère veut donc nous préserver des calamités et de la guerre, de calamités telles que la famine qui sévit et menace chaque année des millions de gens ;  savez-vous par exemple qu’il y a 30.000 enfants par jour qui meurent de faim ? Elle veut nous préserver de catastrophes de tout genre, telles les grandes inondations des dix derniers mois où d’un moment à l’autre certains ont tout perdu, ne pouvant que sauver leur vie. 

Elle veut nous préserver aussi des guerres. Ce n’est que par la prière et en se convertissant que l’on peut empêcher la guerre ; de simples manifestations n’y suffisent pas ! Souvenez-vous : en mars dernier, ils étaient des millions à défiler dans les rues pour protester contre la guerre, à Hongkong et à Londres, à Jakarta et à Berlin, à Hiroshima et à Rio de Janeiro, à Washington et à Rome.

En Australie, comme si elles avaient perdu la tête, des centaines de femmes nues formaient un cœur au milieu duquel était écrit : « No war ! » « Pas de guerre ! ». Si ces millions de gens avaient eu la même conviction à prier qu’à manifester, j’ose l’affirmer, ils auraient obtenu ce qu’ils voulaient et empêché la guerre ! Il est vrai qu’on a beaucoup prié mais vous voyez bien la puissance de prière qu’il faut pour maîtriser cette indomptable force du mal. Même notre Saint Père le Pape n’a pas réussi à empêcher cette guerre !

Le seul moyen d’y échapper est de nous convertir et de prier

Il y a quelques jours, le magazine Time publiait un numéro spécial intitulé: « Pourquoi la guerre contre le terrorisme ne s’arrêtera-t-elle jamais ? » C’est facile à comprendre si l’on sait que ceux qui participent aux commandos-suicide se considèrent comme des ‘martyrs’ engagés dans une ‘Guerre Sainte’ contre l’injustice et l’oppression de la part des puissants. Aux Etats-Unis, la cote d’alarme est constamment à son plus haut niveau ; c’est dire à quel point le ministère américain de la Défense prend au sérieux les menaces d’El Qaïda !

Une dernière remarque : dès 1947, la Dame de tous les Peuples révélait aussi le danger d’une attaque bactériologique et ceci, afin de pouvoir empêcher une telle catastrophe. Dans une épouvantable vision, la voyante éprouvait jusqu’en son propre corps, les effets dévastateurs d’une telle attaque. On en trouve le récit dans le livre des messages. Que ce soit à prendre au sérieux, les journaux eux-mêmes nous le disent qui ont publié tout récemment des articles comme celui-ci dans lequel des experts mettent en garde contre le terrorisme à l’arme biologique. Le seul moyen d’y échapper est de nous convertir et de prier. 

Prenons exemple sur le personnage biblique de Daniel dans la fosse aux lions. Que faisait-il en danger de mort ? Il priait et Dieu a montré sa puissance à celui qui lui avait donné sa confiance. Imitons Daniel en mettant par la prière, toute notre confiance en Dieu, en Lui seul et en Sa Mère qui est notre Mère et qu’Il a envoyée parce que nous avons vraiment besoin d’Elle ; Elle dit bien elle-même : « Ce n’est pas en vain que l’Epouse… fut envoyée sur la terre. Portez-la parmi les peuples ! Comprenez bien ceci : même le Seigneur a eu besoin de sa Mère pour venir au monde. C’est par la mère que vient la vie. Il faut donc la ramener dans vos églises et parmi les peuples ; vous verrez alors tout refleurir ! » (25.03.1965), car « une église et un peuple sans mère est comme un corps sans âme ! » (31.05.1965).

L’Action de la Mère – une preuve d’authenticité mondiale

Une semaine entière ne suffirait pas à rapporter toutes les bénédictions maternelles qui sont passées dans le monde au travers de l’action en faveur de la Dame de tous les Peuples, par sa prière et son image. Permettez-moi d’en faire une brève rétrospective pour ceux qui parmi les 70 nations ici présentes ne la connaissent pas encore. Le Sainte Vierge a promis en effet que son Image avec sa prière se répandraient parmi les peuples à la manière des flocons de neige qui tombent. C’est bien ce qui arrive, de plus en plus !

Nous en avons déjà eu un aperçu pour le Japon. Cette action de l’image et de la prière de la Dame de tous les Peuples a pris entre temps une ampleur mondiale, si bien que rien ne peut l’arrêter. Bien au contraire, elle constitue de plus en plus auprès de tous les peuples, une preuve d’authenticité mondiale, irréfutable. A ce propos, la Dame de tous les Peuples dit : « Engagez-vous, pleins de zèle et d’ardeur, dans cette œuvre de Rédemption et de Paix et vous verrez le miracle ! » (01.04.1951) Ce miracle et cette victoire ont été montrés aussi à Don Bosco dans une vue prophétique. Il vit le Pape amarrer l’Eglise aux deux colonnes de l’Eucharistie et de Marie. Nous revenons ainsi à Amsterdam.

L’Eucharistie et Marie sauveront l’Eglise.

Parmi les songes prophétiques de Don Bosco est célèbre celui appelé : “les Trois Blancheurs” ou « les deux colonnes ». En voici succinctement le récit :

« J’ai vu une grande bataille sur la mer : le navire de Pierre, piloté par le Pape et escorté de bateaux de moindre importance, devait soutenir l’assaut de beaucoup d’autres bâtiments qui lui livraient bataille. Le vent contraire et la mer agitée semblaient favoriser les ennemis. Mais au milieu de la mer, j’ai vu émerger deux colonnes très hautes : sur la première, une grande Hostie -l’Eucharistie- et sur l’autre (plus basse) une statue de la Vierge Immaculée avec un écriteau : Auxilium christianorum. 

Le navire du Pape n’avait aucun moyen humain de défense. C’était une sorte de souffle qui provenait de ces deux colonnes, qui défendait le navire et réparait aussitôt tous les dégâts. La bataille se faisait toujours plus furieuse; le Pape cherche à se diriger entre les deux colonnes, au milieu d’une tempête de coups. Tandis que les armes des agresseurs sont en grande partie détruites; s’engage une lutte corps à corps. Une première fois, le pape est gravement blessé, mais ensuite il se relève; puis une seconde fois… et cette fois il meurt tandis que les ennemis exultent. Le nouveau pape, élu immédiatement après, reprend la barre et réussit à atteindre les deux colonnes, y accrochant avec deux chaînes le navire, qui est sauvé, tandis que les bateaux ennemis fuient, se détruisent réciproquement, et coulent. » Ce rêve laisse troublés plus de 500 jeunes qui étaient réunis, comme tous les soirs, pour écouter don Bosco, au mois de mai 1862.

C’est seulement le matin suivant qu’il leur expliqua le sens de ce songe. De graves persécutions et tourments attendent l’Eglise; il reste deux seuls moyens pour la sauver : Marie -Aide des chrétiens- et l’Eucharistie. »

Songe de Don Bosco
Le songe de Don Bosco
Portrait de saint Jean Bosco, par Carlo Felice.
Par Carlo Felice — http://www.laperfettaletizia.com/2012/02/gabon-il-paese-accoglie-le-reliquie-di.htmlhttp://oradonbosco.donboscoalsud.it/news/39/Festa-San-Giovanni-Bosco.aspx, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20627073

Saint Jean Bosco, ou Don Bosco: né Giovanni Melchior Bosco le 16 août 1815 à Castelnuovo d’Asti(village de la principauté du Piémont faisant alors partie du Royaume de Sardaigne), et mort le 31 janvier 1888 à Turin (Italie), est un prêtre italien

Il a voué sa vie à l’éducation des jeunes enfants issus de milieux défavorisés et a fondé, en 1859, la Société de Saint François de Sales, plus connue sous le nom de congrégation des salésiens. L’Église catholique romaine l’a déclaré saint en 1934, sous le nom de saint Jean Bosco. Il est fêté le 31 janvier. C’est le saint patron des éditeurs, des apprentis et des prestidigitateurs.

Amsterdam – une ville eucharistique, mariale et pentecôtale

Amsterdam est en raison du miracle eucharistique qui eut lieu en 1345 et de par la venue de la Dame de tous les Peuples, d’une façon tout à fait privilégiée, à la fois la ville eucharistique et mariale. De plus, Amsterdam est la ville de la Pentecôte, car c’est là que la Vierge Marie promet à l’Eglise le don d’une Nouvelle Pentecôte, quand sera proclamé le dernier et le plus grand dogme marial de Marie Corédemptrice, Médiatrice et Avocate. Une ville eucharistique, mariale et pentecôtale… Jusqu’alors seule, Jérusalem en tenait le rang ! Quel privilège pour Amsterdam ! Vous voyez comme nous avons besoin de la Dame de tous les Peuples afin que tous les parents puissent donner à leurs enfants l’assurance d’un avenir heureux !

II – La prière demandée par la Vierge. 

 Le 11 février 1951, Ida reçoit la prière qu’elle est chargée de diffuser :  « Tout comme les flocons de neige, l’image et la prière se répandront sur le monde et tomberont dans les cœurs de tous les peuples. » Puis la Dame donna une prière à Ida et lui montra le globe terrestre sur lequel elle se tenait. On aurait dit qu’il neigeait autour d’elle. La Dame sourit et dit : « Tu ne comprends pas ? Regarde bien le globe.”Ida vit alors le globe recouvert d’une épaisse couche de neige. La Dame sourit une nouvelle fois et dit : “Regarde encore une fois le globe.” 

Ida raconta que le soleil brillait sur le globe et que la neige se mettait lentement à fondre et à disparaître dans le sol. La Dame dit alors : “Tu te demandes : qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Tiens, voici l’explication de ma venue aujourd’hui. Tout comme les flocons de neige tourbillonnent au-dessus du monde et tombent sur le sol pour former une épaisse couche, de même l’image et la prière se répandront sur le monde et tomberont dans les cœurs de tous les peuples.” 

Tandis que la Dame disait cela, Ida voyait tous les peuples devant elle. La Dame lui montrait alors du doigt, d’abord son propre cœur, puis les cœurs de tous les hommes et elle disait : “Tout comme la neige se dissout dans la terre, de même, le fruit, l’Esprit, viendra dans les cœurs de tous les hommes qui prieront quotidiennement cette prière. Ne demandent-ils pas que le Saint Esprit vienne sur le monde?”

La voyante reçut plusieurs fois cette image des flocons de neige.Le 15 avril 1951, Ida reçut une promesse: « Tu verras, la diffusion va se faire d’elle-même. » En effet, sans publicité et grâce à des secours souvent inattendus, la prière a pu être traduite dans de nombreuses langues et parvenir dans les parties les plus reculées du monde. Le miracle dont la Vierge Marie avait parlé et qu’elle avait montré sous la forme de flocons de neige tombant drus sur la terre, c’était la diffusion rapide de l’image accompagnant la prière.

Le 31 décembre 1951, la dame précisa: « Je désire que la diffusion se fasse en beaucoup de langues ». Et la Dame de tous les Peuples de demander, le 15 juin 1952, avec insistance, que soit mise sur pied une action sur le plan mondial en vue de diffuser sa prière et son image: « Mettez donc en œuvre tous vos moyens pour aider, et veillez à la diffusion, chacun à sa manière. » Car, dira la Vierge Marie, le 10 mai 1953, « Cette action ne concerne pas un seul pays. Le titre : la Dame de tous les Peuples et la prière, sont donnés afin de délivrer le monde d’une grande catastrophe. » Le 11 octobre 1953, Marie dit encore: « Cette action est pour tous les peuples. On doit diffuser cette prière dans les églises et avec les moyens modernes.

Des millions d’images, avec la prière traduite au verso, ont déjà été distribuées dans le monde entier, en plus de quatre vingt langues. Dans de nombreuses églises on trouve exposée l’image de la Dame de tous les Peuples. Dans de nombreux pays, les croyants se sont mobilisés en vue de faire circuler pendant un laps de temps déterminé, un cadre de la Dame de tous les Peuples, dans les familles, chez des amis, au sein de groupes de prière, dans les paroisses et les couvents, dans les prisons, les écoles et les maisons de retraite. 

Autour de la Dame de tous les peuples, on invite tous ceux qui désirent se retrouver et prier autour du tableau itinérant ; on récite la neuvaine en l’honneur de la Dame de tous les Peuples ou le chapelet, ponctué par la prière d’Amsterdam. Beaucoup de participants de tous les continents, ont déjà pu faire l’expérience de la puissance des grâces reçues. La prière que la Vierge Marie aurait donnée à Ida Peerdeman est la suivante:

Seigneur Jésus-Christ, Fils du Père, 
envoie à présent Ton Esprit sur la terre. 
Fais habiter l’Esprit Saint 
dans les coeurs de tous les peuples 
afin qu’ils soient préservés 
de la corruption, des calamités 
et de la guerre. 
Que la Dame de tous les Peuples, 
qui fut un jour Marie, 
soit notre Avocate. Amen.

Le 25 mars 1994, Son Éminence le Cardinal Albert Decourtray, Primat des Gaules, accorda l’imprimatur, en toute simplicité et humilité, et sans aucune altération, à la Prière de la Dame de tous les Peuples. Le 8 septembre 1994, ce Cardinal autorisait aussi la supplique en faveur de la récitation «en Église» de la Prière de la Dame de tous les Peuples et «de la proclamation du Dogme de Marie Corédemptrice, Médiatrice et Avocate», afin que les Peuples soient préservés de la corruption, des calamités et de la guerre. Au 31 mai 1997, cette puissante prière était traduite en 72 langues.

Marie Reine du ciel

En juillet 2005, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a exigé que « qui était Marie » soit exclu de la prière de la Dame de tous les Peuples. La fin correcte de la prière est maintenant « Que la Dame de tous les Peuples, la Bienheureuse Vierge Marie, soit notre Avocat ». 

Belgique / 15 Janvier 1933 au 2 Mars 1933 Notre Dame de Banneux

I – Généralités

Pays de l’apparition

Belgique

Carte de la Belgique
Banneux se trouve en Wallonie,
province de Liège

Site 

Banneux (ou Banneux-Notre-Dame) est un village de la commune belge de Sprimont situé en Région wallonne, dans la province de Liège. Ce village ardennais faisait partie de l’ancienne commune de Louveigné. Il est situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Liège, sur la route nationale 666 qui va de Louveigné à Pepinster. Le village est constitué de deux centres principaux : Banneux-Village situé sur la route menant à Trasenster et Nessonvaux autour le l’église dédiée à Saint Léonard et Banneux Notre-Dame implanté le long et au sud de la route nationale 666 autour du pèlerinage marial.

Désignation  

Notre-Dame de Banneux (également appelée Vierge des pauvres) est le nom sous lequel les fidèles catholiques désignent la Vierge Marie en tant qu’elle serait apparue plusieurs fois à Mariette Beco entre le 15 janvier et le 2 mars 1933, près de chez elle, à Banneux, un village au sud de Liège, en Belgique.

Contexte historique

1933 est une année très  « difficile ». En Union soviétique : un décret commun du Comité central et de la Commission de contrôle du parti communiste met en place des commissions d’épuration afin, entre autres, d’éliminer les « ennemis du peuple » du parti. Une directive décrète le blocus de l’Ukraine et du Caucase-Nord pour empêcher tout déplacement de population, alors que la région est en proie à une terrible famine (Holodomor). L’Italie et l’Union soviétique signent un pacte de non agression. En Allemagne, la SA, la SS et le Stahlhelm deviennent « police auxiliaire ». Aussitôt commence un déferlement de violences contre les communistes. Ouverture du camp de Dachau, 1er camp de concentration permanent. Création à Madrid de la Phalange espagnole par José Antonio Primo de Rivera, fils du dictateurMise en place de la dictature nazie et début du Troisième Reich. Invasion japonaise.

II – La voyante

Mariette Beco (1921-2011)  

Banneux est une petite ville de Belgique. À l’époque de l’arrivée au pouvoir d’Hitler, une petite fille de 11 ans, Mariette Beco, y a vécu quelque chose qui, à l’époque, n’a pas fait grand bruit. Mariette, l’aînée de sept enfants, est née le 25 mars 1921, jour de la fête de l’Annonciation. Sa famille n’allant pas à la messe, elle n’a pas reçu d’éducation religieuse. Son père catholique n’était plus pratiquant depuis plusieurs années, et ne se souciait pas que ses enfants aillent à la messe ou pas.

Néanmoins, Mariette avait gardé un chapelet qu’elle avait trouvé et, à l’occasion, le priait avant d’aller se coucher. Elle est l’ainée d’une famille ouvrière de sept enfants qui possède une modeste maison sur la route de Louveigné à Pepinster, un peu à l’extérieur du village de Banneux.

Elle a 12 ans lorsque le 15 janvier 1933, au soir d’une journée d’hiver froide et pluvieuse, elle voit par la fenêtre une dame rayonnante près de la barrière qui conduit sur la route. Plutôt sauvageonne et peu portée à la dévotion, elle n’en dit pas moins à ses parents qu’elle a vu la Vierge. Ceux-ci la traitent de « sotte ». Les apparitions se reproduisent huit fois entre le 15 janvier et le 2 mars, à la même heure, vers 19 heures et presque, par temps, froid et pluvieux.

Née le 25 mars 1921, Mariette Beco s’est mariée et a mené une vie familiale ordinaire, dans la plus grande discrétion possible et refusant tout ce qui pouvait attirer l’attention sur elle-même. Si elle visitait fréquemment la source ainsi que la chapelle des apparitions, c’était incognito. Mariette a parcouru le chemin habituel des personnes âgées, avec son lot de joies mais aussi de difficultés. Le recteur des Sanctuaires de Banneux, l’abbé Léo Palm, a rencontré plusieurs fois Mariette. Il témoigne d’une femme aimée par sa famille, proche de son fils et de ses petits-enfants. Mariette avait aussi été vivement éprouvée par la mort de ses deux filles, la première disparue très jeune, la seconde décédée en 2008. 

Mariette Beco a mené une vie relativement normale, avec des hauts et des bas. Elle a également souffert de problèmes conjugaux, puis a pris soin d’une personne handicapée. Elle était discrète et peu pratiquante. Elle ne voulait pas parler aux reporters voulant en savoir plus sur elle. Elle a vécu jusqu’à l’âge de 90 ans et, contrairement à Bernadette de Lourdes, aux enfants de Fatima ou à sainte Catherine Labouré, sa foi n’était pas profonde : Dieu peut nous accorder Sa grâce, quelles que soient nos convictions. Notre Dame de Banneux a confié son message à Mariette, cette petite fille assurément unique et spéciale aux yeux de Dieu et de Sa Mère. La matinée du vendredi 2 décembre 2011, Mariette Beco, s’est éteinte à l’âge de 90 ans dans la maison de repos Home de la Vierge des Pauvres, à Banneux. L’annonce de son décès s’est très rapidement répandue parmi les pèlerins suscitant une vive émotion.

Mariette Beco, adulte

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Mariette Beco a 12 ans lorsque le 15 janvier 1933, au soir d’une journée d’hiver froide et pluvieuse, elle voit par la fenêtre une dame rayonnante près de la barrière qui conduit sur la route. 

Nombre et durée des apparitions

Les apparitions se reproduisent huit fois entre le 15 janvier et le 2 mars 1933 à la même heure, vers 19 heures et presque toujours par mauvais temps, froid et pluvieux.

Emplacement des apparitions

Le 15 janvier 1933, alors que la petite fille observait la noirceur de la nuit, elle vit une dame dans la cour. Trois jours plus tard, le 18 janvier, Mariette est sortie de chez elle en courant aux alentours de 19h. Son père l’a suivie. Elle va dans le jardin et prie à genoux. La Dame était en face d’elle.Jeudi 19 janvier, le temps est très mauvais. Mariette est à genoux dans le sentier. La Dame apparaît

Récit 

Mariette Beco est née le 25 mars 1921. Elle est l’aînée d’une famille de sept enfants. La famille, non pratiquante, connaît des conditions de vie difficiles et habite une modeste maison ouvrière isolée, située en retrait de la route, à l’écart du village de Banneux, en face d’un grand bois de sapins. Le 15 janvier 1933, Mariette guettait par la fenêtre de la cuisine l’arrivée de son frère Julien. Il faisait froid et il neigeait dehors. Le vent faisait couiner le revêtement de la maison dans une symphonie inquiétante.

Alors que la petite fille observait la noirceur de la nuit, elle vit une Dame dans la cour. Elle était très belle et une lumière éclatante l’enveloppait. Elle était pieds nus et portait une longue robe blanche avec une ceinture bleue. Une rose dorée se trouvait à ses pieds. Mariette a remarqué que la Dame flottait à quelques centimètres au-dessus du sol. La Dame lui a fait signe de s’approcher. « Regarde, maman. Elle est belle. Elle me sourit. Je veux sortir dehors » Mariette a rationalisé sa vision en se disant qu’elle n’avait pas pu avoir lieu. Elle a imaginé que c’était un reflet de la lampe à huile, qu’elle a donc déplacée dans une autre pièce. Elle est revenue près de la fenêtre, et la Dame était toujours là. Mariette a appelé sa mère pour lui dire ce qu’elle voyait. Celle-ci a secoué la tête : « N’importe quoi ».

Mariette a insisté et sa mère s’est moquée d’elle : « C’est peut-être la Vierge Marie ». Puis, dans un haussement d’épaules, elle a fermé le rideau et s’est éloignée. Mariette a rouvert le rideau : « Regarde, maman. Elle est belle. Elle me sourit. Je veux sortir dehors ». « Tu n’iras nulle part Mariette. Et maintenant, arrête de dire n’importe quoi et ferme la porte à clé ». Quand elle est retournée près de la fenêtre, la Dame n’était plus là. Elle s’est rappelée du chapelet noué à sa ceinture, et est allée dans sa chambre pour prier le sien. Lorsque son frère Julien est rentré, elle lui a raconté ce qu’elle avait vu : il lui a ri au nez et l’a traitée d’idiote.

Trois jours plus tard, le 18 janvier, Mariette est sortie de chez elle en courant, aux alentours de 19h. Son père l’a suivie. Elle va dans le jardin et prie à genoux. La Dame était en face d’elle. Le père de Mariette, qui observait la scène derrière un arbre, était fasciné. La Dame lui tend les mains et fait signe à Mariette de la suivre, ce qu’elle fit. Son père les a suivies, et a vu Mariette s’agenouiller une nouvelle fois. Elle était près d’une source d’eau et a entendu : « Poussez vos mains dans l’eau ! Cette source m’est réservée. Bonsoir. Au revoir »… Puis elle a disparu.

Son père, qui n’a pas vu la Dame, en a été transformé : il est allé se confesser au père Jamin, désireux de retourner à la messe et de communier. 

Jeudi 19 janvier, le temps est très mauvais. Mariette est à genoux dans le sentier. La Dame apparaît. Mariette lui demande :  » Qui êtes-vous, belle Dame ?  »  » Je suis la Vierge des Pauvres. » La Vierge conduit l’enfant par le chemin jusqu’à la source. Mariette interroge encore :  » Belle Dame, vous m’avez dit hier : cette source est réservée pour moi. Pourquoi pour moi ? « . Mariette se désigne, croyant que la source est pour elle. Avec un sourire, la Vierge répond :  » Cette source est réservée pour toutes les Nations … pour soulager les malades.  »  » Merci, merci  » dit Mariette. La Vierge ajoute :  » Je prierai pour toi. Au revoir. » 

Le vendredi 20 janvier, Mariette reste au lit toute la journée : elle a mal dormi. A 18H45, elle se réveille, s’habille et sort. Quand la Vierge apparaît, Mariette s’écrie :  » Oh, la voici. » Puis elle demande :  » Que désirez-vous ma belle Dame ?  » Souriante, la Vierge répond :  » Je désirerais une petite chapelle. » La Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l’enfant. Suivent trois semaines de grand calme. La Vierge interrompt ses visites. Mariette, cependant, reste fidèle : chaque jour à 19H, elle prie dans le jardin.

Samedi 11 février, de nouveau, Mariette est entraînée sur la route. L’enfant s’agenouille deux fois, trempe ses mains dans l’eau à la source et fait un signe de croix. Elle se lève brusquement, court vers la maison et pleure. Elle ne comprend pas ce que la Vierge lui a dit :  » Je viens soulager la souffrance. » Elle ne comprend pas le mot  » soulager « . Mais elle sait que c’est quelque chose de bon, puisque la Vierge a souri.

Trois jours se passent. Le soir du mercredi 15 février, la Vierge apparaît pour la sixième fois. Mariette transmet la demande de l’abbé Jamin :  » Sainte Vierge, Monsieur le Chapelain m’a dit de vous demander un signe. » La Vierge répond : « Croyez en moi, je croirai en vous. » Elle ajoute pour Mariette :  » Priez beaucoup. Au revoir. » La Vierge confie un secret à l’enfant.

Le 20 février, Mariette est à nouveau à genoux dans la neige, bravant le froid. Soudain, elle prie plus haut et plus vite. Elle quitte le jardin, s’agenouille deux fois sur la route puis à la source où elle prie et pleure  « parce que Marie s’en va trop vite. » La Vierge souriante comme à l’ordinaire, lui dit : « Ma chère enfant, priez beaucoup. »Après quoi, elle cesse de sourire et ajoute, avant de partir et d’une voix plus grave : « au revoir. » Mariette attend dix jours avant de revoir la Vierge une dernière fois.

Elle apparaît le jeudi 2 mars. Il pleut à torrent depuis 15h. Elle sort à 19h. Elle en est au troisième chapelet quand il cesse subitement de pleuvoir. Elle se tait, étend les bras, se lève, fait un pas, s’agenouille. Dans la maison, après bien des pleurs, Mariette livre le message confié par Marie :  » Je suis la Mère du Sauveur Mère de Dieu. Priez beaucoup. » Avant de la quitter, la Vierge lui a imposé les mains en disant :  » Adieu. » 

D’abord ridiculisée, Mariette est au fil des jours interrogée de plus en plus rigoureusement par l’abbé Louis Jamin (1898-1961), chapelain de Banneux. Elle rapporte chaque fois ce qu’elle a vu et ce que « la dame » lui a dit. Sa sincérité ne fait aucun doute. Plusieurs personnes – curieux, sympathisants et sceptiques – l’accompagnent durant la deuxième série d’apparitions (11 février au 2 mars). Ils ne voient rien, sinon les traits transfigurés de Mariette qui dit son chapelet et semble en conversation avec quelqu’un. À la suite de la demande explicite de la « Vierge des Pauvres » (apparition du 20 janvier), une petite chapelle est érigée et inaugurée le 15 août 1933, fête de l’Assomption.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Elle était très belle et une lumière éclatante l’enveloppait. Elle était pieds nus et portait une longue robe blanche avec une ceinture bleue. Une rose dorée se trouvait à ses pieds. Mariette a remarqué que la Dame flottait à quelques centimètres au-dessus du sol.

Notre Dame de Banneux

Attitudes de la Vierge

La première fois : « Elle me sourit ». La Dame lui a fait signe de s’approcher. La seconde fois : la Dame lui tend les mains et fait signe à Mariette de la suivre. Une autre foisla Vierge répond avec un sourire. La Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l’enfant. La Vierge souriante, comme à l’ordinaire, lui dit… Après quoi, elle cesse de sourire et lui parle, avant de partir, d’une voix plus grave.  Avant de la quitter, la Vierge lui a imposé les mains. 

Paroles de la Vierge

« Je suis la Vierge des Pauvres. « 

« Poussez vos mains dans l’eau ! Cette source m’est réservée. Bonsoir. Au revoir »…

 » Cette source est réservée pour toutes les Nations … pour soulager les malades

 » Je prierai pour toi. Au revoir. »

 » Je viens soulager la souffrance. »

 » Croyez en moi, je croirai en vous. » 

 » Priez beaucoup. Au revoir. »

« Ma chère enfant, priez beaucoup. »

 » Je désirerais une petite chapelle. »

 « Ma chère enfant, priez beaucoup. »

 » Adieu. »

 » Je suis la Mère du Sauveur Mère de Dieu. Priez beaucoup. »

Messages de la Vierge  

La Vierge déclare son identité : mère du sauveur, mère de Dieu. Au nombre des qualificatifs qu’elle choisit au cours de ses apparitions, ici elle se déclare vierge des pauvres et vient pour soulager la souffrance.  Comme à chaque apparition, elle insiste sur la prière. La Vierge demande qu’on croit en elle ! Elle, croit en Mariette Beco. Enfin, comme presque à chaque fois, elle désigne une source et demande une chapelle : une source pour guérir les souffrances, une chapelle pour prier ! 

Eléments supra naturels

La Dame flotte à quelques centimètres au dessus du sol. Une lumière éclatante l’enveloppe. Au troisième chapelet, il cesse subitement de pleuvoir. 

Eléments conformes aux autres apparitions 

Marie apparaît dans une cour, sur un sentier, dans un environnement paysager 

La voyante est une enfant, aînée de 7 enfants d’une famille ouvrière. 

Marie crée une source qui deviendra miraculeuse et demande la création d’une chapelle qui deviendra un sanctuaire. 

La Vierge sourit beaucoup et parle peu.

La Vierge est très belle et une lumière éclatante l’enveloppe.

Eléments spécifiques

La vierge apparaît toujours vers 19H, par mauvais temps, froid et pluvieux. C’est l’hiver et les temps sont rudes…

Lien avec d’autres apparitions 

La Vierge est déjà apparue en Belgique, du 15 Janvier 1933 au 2 Mars 1933, à Beauraing. Quelle signification à deux apparitions si proches, sinon la montée des périls qui annonce la deuxième guerre mondiale ? 

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Un hémiplégique sceptique, Ernest Boutet, est guéri après avoir pris de l’eau à la source (fin mars 1933). Étant donné l’afflux grandissant des visiteurs, une enquête canonique diocésaine est ordonnée. Les faits, les déclarations de Mariette et les procès verbaux de l’abbé Jamin sont examinés entre 1935 et 1937 par une commission canonique épiscopale.

La guérison complète d’une religieuse de Liège, Sœur Lutgarde, qui, souffrant d’une décalcification des os prononcée et irréversible, avait absorbé quotidiennement de l’eau de Banneux est déclarée « inexplicable » par les médecins qui la soignent (juin 1937). C’est le premier « miracle » reconnu. Comme, de plus, la première commission n’exprime aucun doute quant à la sincérité de la voyante, l’évêque de Liège Mgr Kerkhofs autorise la vénération de Notre-Dame de Banneux (19 mars 1942).

L’Assomption à Banneux

Des triduums * pour malades sont organisés. Une seconde commission diocésaine (mai 1942 à février 1945) conclut au caractère surnaturel de ce qui s’est passé à Banneux. Le 22 août 1949, L’évêque Mgr Kerkhofs reconnaît alors officiellement la « réalité des faits ». Après quoi en 1952 la reconnaissance officielle de l’Église a suivi.  

Le 14 août 1956, la statue de Notre-Dame de Banneux est solennellement couronnée par Mgr Efrem Forninonce apostolique en Belgique.

Le Pape Jean Paul II
En 1985, il visite le sanctuaire de Banneux
Par Dennis Jarvis from Halifax, Canada — Luxembourg-5151 – Pope John Paul II, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=66953469

* Triduum : célébration chrétienne qui dure du jeudi saint au dimanche de Pâques.

Sanctuaire (s)

Des groupes de malades arrivant en pèlerinage, une esplanade est créée en 1939. Aujourd’hui Banneux Notre-Dame est un lieu de pèlerinage marial avec source d’eau dite « miraculeuse » et hospice pour malades-pèlerins (Hospitalité Banneux Notre-Dame) disposant de 300 lits. Pendant la saison de pèlerinage, entre mai et octobre, il y a chaque jour des bénédictions de malades et plusieurs messes pour les pèlerins.

Notre Dame de Banneux près de la fontaine

L’organisation du pèlerinage est dirigée par l’ASBL Banneux. En 1985, le pape Jean-Paul II a visité le sanctuaire et y a rencontré la voyante, Mariette Beco. Le nombre de pèlerins, surtout des groupes de malades, augmente rapidement, venant de Belgique et des pays voisins.

Des sanctuaires « Notre-Dame de Banneux » sont érigés à travers le monde. Un institut séculier est fondé en 1954 : les Servantes de la Vierge des pauvres. En 1958, l’ensemble monumental de la « Source » est inauguré. En 1959, Banneux enregistre son millionième pèlerin. Depuis lors Banneux-Notre-Dame est fréquenté annuellement par environ 700 000 visiteurs ou pèlerins. Quelque 10 000 d’entre eux sont des malades. 

Ensemble de la Source, à Banneux

Belgique / Du 29 Novembre 1932 au 3 Janvier 1933 Notre Dame de Beauraing

I – Généralités

Pays de l’apparition

Belgique

Site 

Beauraing

Beauraing  est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Namur

Panorama sur la ville de Beauraing
Par Jean-Pol GRANDMONT — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12737785

Désignation  

Notre Dame de Beauraing ; la Vierge « au cœur d’or ». 

Contexte historique

En cette année 1932, la chanson « On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried » de Ray Ventura est le tube musical du moment en France. La ligne Siegfried est l’équivalent allemand de la ligne Maginot française. A MunichGeorg Elser commet un attentat à la bombe contre Hitler, alors que celui-ci célèbre le 16e anniversaire du putsch de la Brasserie. Mobilisation générale en Suisse et en Finlande.

Le gouvernement polonais en exil quitte Paris pour Angers. Répression féroce par la Gestapo suite à l’insurrection étudiante de Prague. 120 étudiants sont fusillés. Déportation et prison pour nombre d’autres. Le gouvernement soviétique demande à la Finlande de lui céder le territoire de l’isthme de Carélie. Le rejet par le gouvernement finlandais des exigences soviétiques conduit à la guerre. Le 30 novembre, l’URSS attaque la Finlande par surprise. 

II – Le ou les voyants (es) 

Les apparitions mariales de Beauraing font référence aux apparitions de la vierge Marie entre le 29 novembre 1932 et le 3 janvier 1933, à cinq enfants du village de Beauraing, dans la province de Namur en Belgique : Fernande, Gilberte et Albert Voisin, ainsi qu’Andrée et Gilberte Degeimbre. 

La nièce du curé de Vonêche, le village voisin, qui n’est qu’à quelques kilomètres de Beauraing, le lieu des apparitions explique que deux des voyants furent les paroissiennes de son oncle curé avant qu’elles ne déménagent, en mai 1932, à la suite du décès de leur père, quelques mois avant les faits.

Elle raconte : « Notre oncle connaissait plus particulièrement la plus grande, Andrée Degeimbre, à qui, dès son affectation à Vônèche, il avait enseigné le catéchisme préparatoire à la communion solennelle et à la confirmation (passage des chrétiens dans le monde des adultes croyants). Il trouvait cette petite paroissienne très sage, attentive et modeste, incapable de mentir. Il était formel, cette adolescente de 15 ans au moment des faits n’avait rien inventé ; elle avait vu ce qu’elle racontait. 

Sa sœur Gilberte Degeimbre qui avait 9 ans à cette époque, fit sa communion privée vers 6/7 ans, dans la paroisse de notre oncle. Ce fut elle que celui-ci interrogea la première quelques jours après les faits et qui fit sur lui la meilleure impression, à tel point qu’il fut convaincu de sa sincérité et ne put s’empêcher d’en faire part à son supérieur, le Doyen. 

Madame Degeimbre, la maman des deux enfants, était une fermière bien équilibrée qui mit beaucoup de temps à ajouter foi aux histoires de ses enfants. Elle fut même très dure avec eux, redoutant le ridicule et les punissant rudement avec interdiction d’aller au lieu des apparitions.

Les trois autres de la famille Voisin, Fernande Voisin âgée de 15 ans au moment des « visions », terme souvent employé par notre oncle, Gilberte voisin, 13 ans alors et Albert Voisin un garçon âgé de 11 ans à cette époque,eurent l’avantage d’être très vite crus par leurs parents.

Destinée des voyants

« Nous étions pratiquants mais pas plus. Au moment de l’apparition, nous nous amusions à tirer des sonnettes. Ma sœur aînée, très pieuse, ne comprenait pas qu’elle en était exclue ! » explique Gilberte Degeimbre. Le passé des voyants n’a pas été marqué par une vie religieuse exceptionnelle. Ils ont tous fondé un foyer, exercé une profession modeste bien qu’honorable et n’ont tiré aucun avantage matériel de l’événement.

Le 10 Février 2015, Gilberte Degeimbre, le dernier témoin des apparitions de la Vierge à Beauraing dans les années 30, est morte à l’âge de 91 ans. Hospitalisée au CHU de Mont-Godinne depuis un mois, elle a succombé à une bronchite. Gilberte Degeimbre a vécu près de 50 ans en Italie, elle était revenue s’installer à Beauraing, il y a quelques années. C’est là que ses funérailles furent célébrées par l’évêque de Namur. On peut entendre le témoignage de Gilberte Degeimbre, sur you Tube.

Gilberte Degeimbre
Gilberte Degeimbre, enfant

III – L’Apparition (généralités) 

Dates

Entre le 29 novembre 1932 et le 3 janvier 1933

Nombre et durée des apparitions

La « Dame » se montra 33 fois de fin novembre 1929 à janvier 1930 

Emplacement des apparitions

Le 30 novembre, la Sainte Vierge apparaît aux enfants à 1 mètre au-dessus d’un pont ; le 1erDécembre elle apparaît aussi au dessus du pont,  mais cette fois, elle rejoint les enfants quand ils passent près du houx du jardin, puis sous une branche de l’aubépine près de la grille d’entrée. 

Récit 

Le 29 novembre 1932, Fernande Voisin, 15 ans, et son frère Albert, 11 ans, vont chercher leur sœur Gilberte, 13 ans, au pensionnat tenu par les Sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy, accompagnés de leur amie Andrée Degeimbre, 14 ans, et de sa petite sœur Gilberte, 9 ans.  

Alors qu’il vient de sonner à la porte du pensionnat, Albert se retourne, regarde dans la direction du talus du chemin de fer tout proche et s’exclame : « Regardez la Vierge qui se promène au-dessus du pont ! » Il voit une femme habillée de blanc, « toute lumière », qui marche à un mètre au-dessus du pont. Lorsque les filles se retournent à leur tour, elles peuvent aussi apercevoir la « belle dame », tout comme Gilberte qui arrive peu après de l’intérieur du pensionnat. Leur première réaction est l’affolement. Apeurés, ils retournent chez eux en courant, mais décident quand même de revenir chercher Gilberte à la même heure le lendemain.

Le 30 novembre, la Sainte Vierge leur apparaît de nouveau au-dessus du pont ; également le 1er décembre, mais cette fois, elle rejoint les enfants quand ils passent près du houx du jardin, puis sous une branche de l’aubépine, près de la grille d’entrée. Elle apparaît debout sur un petit nuage qui cache ses pieds. Elle est vêtue d’une longue robe blanche traversée par trois fins reflets bleus ; ceux-ci partent de son épaule gauche et disparaissent au bas de la robe, sur la droite. Sa tête, dont sortent de fins rayons de lumière formant comme une couronne, est recouverte d’un long voile blanc qui tombe sur les épaules. Elle tient les mains jointes et sourit.

Podium et Vierge de l’Aubépine
Par Varech — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9958558

À partir du 29 décembre, ils aperçoivent entre ses bras son cœur illuminé, tel un Cœur d’or.  

Née le 13 août 1923, Gilberte Degeimbre avait neuf ans lors des premières apparitions en 1932. « La Vierge était blanche et brillante, elle se promenait dans l’espace au-dessus du pont du chemin de fer » expliquait-elle en 2012. « Elle nous a demandé de prier beaucoup, et elle voulait que Beauraing devienne un lieu de pèlerinage ». Au total, la Vierge est apparue à 33 reprises en 1932 et 1933. A l’époque, le témoignage des enfants n’a pas été pris aux sérieux. « Personne ne nous croyait, même ma mère. On pensait que nous étions des menteurs », confiait encore Gilberte Degeimbre. 

Le témoignage de Gilberte Degeimbre d’après une vidéo  You Tube

Gilberte Degeimbre témoigne de ce qu’elle a vu dans une vidéo disponible sur Internet. En voici les éléments les plus intéressants : la vierge est à 50 cm ou 1 mètre du sol, au dessus d’un petit nuage ; on ne voit pas ses pieds mais on devine ses pas quand elle se déplace.  Elle est très très brillante ; elle se tient mains jointes et ne les écarte que lorsqu’elle disparaît comme pour dire « venez à moi ». Elle porte une robe blanche toute droite avec un reflet bleu qui part de l’épaule gauche et rejoint le bas droit de la robe et des plis en bas. Elle porte un chapelet au coude droit qui descend très bas. Certaines fois, un cœur d’or apparaît sur sa poitrine émettant des rayons d’or. Elle porte un voile léger sur la tête et une couronne de rayons d’or égaux et lumineux, très légers. Sa voix est très douce, pénétrante, son regard est doux et ses yeux sont bleus. Sa beauté est « au delà de tout ».

Elle utilise très peu de mots et sourit. Elle nous a demandés si nous étions sages, l’aimions elle et son fils, de prier, de venir «  ici » en pèlerinage, de faire construire une chapelle. Elle nous a dit qu’elle convertirait les pécheurs, qu’elle était la reine des cieux, la vierge immaculée, et nous a confiés un secret à chacun..

Une force énorme oblige les enfants à s’agenouiller lorsqu’elle apparaît. Les chiens se couchent et se taisent en sa présence. Le choc avec la réalité est violent lorsqu’elle disparaît. Le choc le plus fort est que ma mère ne me croit pas ; « nous étions pratiquants mais pas plus. Au moment de l’apparition, nous nous amusions à tirer des sonnettes. Ma sœur aînée, très pieuse, ne comprenait pas qu’elle en était exclue ! Pendant les apparitions, les médecins nous séparaient, nous pinçaient fort, nous donnaient des coups de canif, faisaient bruler une allumette sous ma main ; nous ne sentions rien ; pas de traces non plus. J’ai compris que c’était tout ce que nous faisions qui devait être une prière » 

Le témoignage du curé de Vonêche, proche de Beauraing, relaté par sa nièce *   

« Du 29 novembre 1932 au 3 janvier 1933, notre oncle fut un témoin privilégié des apparitions de la Vierge à Beauraing, petite ville voisine de son village. Cet événement marqua profondément la vie religieuse de la Belgique et même de certains pays voisins. Il s’inscrivait dans un contexte particulier de foi mariale (culte de la vierge Marie) qui s’était développé en France et dans les pays latins. Avec l’honnêteté qui le caractérise, il rédigea dans un grand registre, ayant pour titre : « Les apparitions de Beauraing – Journal d’un témoin », un manuscrit de 35 pages relatant les faits dont il fut un témoin privilégié, ainsi que le témoignage de diverses personnalités de la région dignes de foi. En première page d’introduction, il avertit bien modestement ceci : « Que valent ces pages ? Je l’ignore. Elles n’ont d’autre prétention que d’être le témoignage sincère et aussi objectif que possible d’un prêtre qui depuis les événements de Beauraing n’a rien négligé pour chercher la vérité ». Voici ce qu’il a écrit :

Le village pittoresque de Vonêche

« Le papa Voisin, employé aux chemins de fer, allait habituellement rechercher sa fille au pensionnat. De garde ce soir-là, le 29 novembre 1932, vers 18 heures, il envoya ses deux enfants, Fernande et Albert, rechercher leur sœur Gilberte. Chemin faisant, ils rencontrèrent les deux enfants Degeimbre, anciens voisins qu’ils connaissaient bien. La joyeuse bande ne manqua pas quelques gredineries, telle celle de sonner aux portes avant d’atteindre le pensionnat des sœurs.

Ce fut le garçon de 11 ans qui, après avoir actionné la sonnette de la porte d’entrée du pensionnat et se retournant, aperçut dans la nuit une forme lumineuse qui se déplaçait sur le pont du chemin de fer bordant l’établissement. Les autres, incrédules d’abord, voient aussi ce qu’ils prennent pour la Vierge de Lourdes dont la statue se trouve dans une grotte artificielle située juste en dessous et qui se serait déplacée.Ils le signalent à la sœur qui est venue leur ouvrir, mais qui n’en croit rien tout en allant chercher la petite Gilberte qui, bien qu’ignorante de ce qui vient de se passer, aperçoit aussi une forme en mouvement sur le pont.

Effrayés, les enfants se sauvent. Dès le jeudi 1er décembre, sur les conseils de Madame Voisin, les enfants récitent des « ave Maria » (courte prière invoquant la Sainte Vierge) pendant toute la durée des « apparitions ». La dame reviendra les trois jours suivants ; cependant, ce ne sera qu’à partir du quatrième, le 2 décembre, qu’elle leur parlera. La dame se montra 33 fois de fin novembre de 1929 à janvier 1930 en leur révélant qu’elle était la mère de Dieu, la reine des cieux. A sa dernière apparition, le 3 janvier, elle eut une parole et un secret pour chacun en particulier. Notre oncle et son beau-frère, l’instituteur de Mesnil-Eglise, attendaient leur retour du lieu des apparitions chez la famille Degeimbre. Ils reçurent des précisions sur ce que la « Dame » leur avait confié, mais aucun ne voulut leur révéler quoi que ce soit de ce qu’il leur avait été dit sous la forme du secret.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

La vierge est à 50 cm ou 1 mètre du sol, au dessus d’un petit nuage ; on ne voit pas ses pieds mais on devine ses pas quand elle se déplace.  Elle est très très brillante. Elle porte une robe blanche toute droite avec un reflet bleu qui part de l’épaule gauche et rejoint le bas droit de la robe et des plis en bas. Elle porte un chapelet au coude droit qui descend très bas. Certaines fois, un cœur d’or apparaît sur sa poitrine émettant des rayons d’or. Elle porte un voile léger sur la tête et une couronne de rayons d’or égaux et lumineux, très légers. Sa voix est très douce, pénétrante, son regard est doux et ses yeux sont bleus. Sa beauté est « au delà de tout. »

Notre Dame de Beauraing
Au pied de l’aubépine
Par Tnd — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2804038

La Vierge au cœur d’or : « M’aimez vous ? » 

Attitudes de la Vierge

Elle se tient mains jointes et ne les écarte que lorsqu’elle disparaît comme pour dire « venez à moi ». Elle utilise très peu de mots et sourit.

Paroles de la Vierge

Andrée Degeimbre raconta que la « Dame » lui avait précisé qu’elle était la mère de Dieu, la reine des cieux, ainsi que cette recommandation : « Priez toujours » ;

pour Gilberte Degeimbre : « Il y a entre nous deux un secret que vous ne pouvez pas dire, adieu » ;

pour Gilberte Voisin : « Je convertirai les pécheurs », tandis qu’Albert Voisin confia qu’en dehors du secret, il y avait autre chose qu’il ne pensait pas pouvoir révéler. 

Enfin, Fernande Voisin l’aînée, bénéficiera d’une solennité plus grande de sa vision qui sera accompagnée d’un coup de tonnerre et d’une boule de feu de laquelle la dame surgira. Celle-ci lui demandera alors : « Aimez-vous mon fils ? » à sa réponse affirmative, elle continuera : « M’aimez-vous aussi ? », « oui ! » A la suite de quoi la vision ajoutera « Sacrifiez-vous pour moi, adieu »

Messages de la Vierge  

La Vierge se présente avec le titre de mère de Dieu et Reine des cieux. 

Elle promet de convertir les pécheurs. 

Elle réclame qu’on l’aime et qu’on aime son fils. 

Elle réclame qu’on se sacrifie pour elle. 

Cet amour et ce sacrifice qu’elle réclame pour elle et son fils peuvent être interprétés comme le souhait de la Vierge de considérer qu’elle fait « Un » avec son fils, de la même manière qu’à Amsterdam, plus tard, elle réclamera d’être co-rédemptrice de l’humanité avec son fils.  

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Fernande Voisin, l’aînée, bénéficiera d’une solennité plus grande de sa vision qui sera accompagnée d’un coup de tonnerre et d’une boule de feu de laquelle la dame surgira.

Notre Dame de Beauraing
Marie « Mère de miséricorde »

Eléments conformes aux autres apparitions 

  • Albert voit une femme habillée de blanc, « toute lumière ». 
  • Elle apparaît près du houx du jardin, puis sous une branche de l’aubépine. 
  • elle marche à un mètre au-dessus du pont, apparaît debout sur un petit nuage qui cache ses pieds. 
  • Elle tient les mains jointes et sourit. 
  • Elle nous a demandés de venir ici en pèlerinage, de faire construire une chapelle. 
  • Elle nous a dit qu’elle était la reine des cieux, la vierge immaculée 
  • Une force énorme oblige les enfants à s’agenouiller. 
  • Pendant les apparitions, les médecins nous séparaient, nous pinçaient fort, nous donnaient des coups de canif, faisaient bruler une allumette sous ma main ; nous ne sentions rien ; pas de traces non plus. 
  • Elle eut une parole et un secret pour chacun en particulier. 
  • Elle insiste sur la prière et la conversion des pécheurs.  
  • Des guérisons sont signalées.

Eléments spécifiques

À partir du 29 décembre, ils aperçoivent entre ses bras son cœur illuminé, tel un cœur d’or. Les voyants ne connaîtront pas un itinéraire de sainteté comme les voyants de Lourdes ou Fatima, par exemple. La vision ajoutera : « M’aimez-vous aussi ? Sacrifiez-vous pour moi, adieu » 

Lien avec d’autres apparitions 

La proximité géographique et temporelle avec l’apparition de Banneux.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Eléments de véracité 

D’après le témoignage du curé de Vonêche relaté par sa nièce, Andrée Degeimbre était une jeune fille  très sage, attentive et modeste, incapable de mentir.  Tandis que ce fut sa sœur Gilberte, qui avait 9 ans à cette époque et que celui-ci interrogea la première quelques jours après les faits, qui fit sur lui la meilleure impression.

– Les enfants (ils sont cinq) ont une vue simultanée de la vision.

– Après quelques apparitions, on a séparé les enfants par des adultes de manière à ce qu’ils ne puissent communiquer entre eux.

– Ils racontent la même chose avec les mêmes détails (à peu de choses près).

– Les enfants (si on peut dire, n’oublions pas qu’il y a une adolescente de 15 ans et une autre de 14 et demi) ne semblent nullement troublés par ces événements et l’importance que le public et les médias leur ont donnée. Ils restent très simples et ne cherchent pas à s’en glorifier.

– Des médecins ont constaté que les enfants ne réagissaient pas à la brûlure d’une allumette allumée sous leurs mains, ni à de légers coups de canif dans le visage. L’éblouissement d’une lampe de poche allumée dans leurs yeux ne les fait pas ciller.

– La vision ne semble pas intérieure. Lors des premières apparitions, Madame Degeimbre voulant fouiller les buissons a eu ce reproche d’un des enfants : Maman, tu marches dessus

– Les parents furent très durs dans les premiers temps. Principalement, Madame Degeimbre qui agira sévèrement avec son aînée jusqu’à la punir physiquement en la laissant dans le froid pour lui faire renoncer à  « ses histoires ».

« Je suis convaincu de l’honnêteté scrupuleuse de l’oncle de Vonêche, ce qui est écrit dans son grand registre est l’exacte relation de ce qu’il a vu et entendu. Il a pris avis des personnages les plus autorisés qu’il a pu fréquenter, qu’ils soient croyants ou agnostiques, qu’ils appartiennent au monde médical ou de la science. » nous dit la nièce du curé de Vonêche, par ailleurs réfutant la réalité de l’apparition. ( lire ci après)

Nota important: la nièce qui relate les notes de son oncle curé a rédigé, sur le site mentionné, une importante démonstration pour expliquer qu’en fait d’apparitions, il ne s’agit que de représentations mentales dictées par la pression du milieu ambiant, très religieux, l’influence d’un « cerveau-maître » ( …)  et la proximité de la fête de la Vierge, le 8 Décembre. 

Reconnaissance

Ces événements eurent un retentissement énorme dans le pays ; des foules considérables se pressèrent dans la petite bourgade, jusqu’à 25 à 30.000 le dernier jour. Le clergé belge, en la personne de Monseigneur Charue, Évêque de Namur, autorisera le culte le 2 février 1943 et reconnaîtra l’authenticité des faits le 2 juillet 1949. Deux guérisons ont été admises comme miraculeuses par des médecins ; aucune explication scientifique n’ayant pu être avancée. En 2013, l’église supérieure des sanctuaires a été élevée au rang de basilique mineure. 

Sanctuaire (s)

La Vierge avait demandé une chapelle le 17 décembre 1932. Il fallut attendre la reconnaissance du culte puis la fin de la guerre pour entreprendre la construction de la « Chapelle Votive », qui débuta en 1947 pour se terminer et être bénie les 21 et 22 août 1954 par Mgr Charles-Marie Himmer, évêque de Tournai (et ancien vicaire de Beauraing).

La Chapelle mariale de Beauraing
Par Jean-Pol GRANDMONT — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12737179

Ce bâtiment en pierre du pays est l’œuvre de l’architecte Michel Claes (Namur,1913-Beauraing, 1995) passionné par l’architecture romane et l’harmonie des proportions basée sur le nombre d’or. En 1968 eut lieu la consécration de l’église supérieure consacrée à la Mère de Dieu. Il s’agit d’un grand bâtiment en béton construit sur la colline. Il permet d’accueillir quatre à cinq mille personnes. La grande crypte ou Église du Rosaire supporte cette église. Début des années 2000, la restauration des bétons, victimes d’un défaut ou d’une maladie inconnue à l’époque, va coûter un million d’euros aux sanctuaires. Les bâtiments de l’école furent libérés par le départ de l’INDSC vers la rue de Rochefort et un accueil des malades fut organisé fin des années 1940, début 1950.

La sauvegarde des souvenirs des apparitions est confiée au Musée Marial. Une revue bimestrielle fait l’écho des activités du sanctuaire, il s’agit de La Voix de Beauraing. Cette revue paraît depuis 1933 et a vu le jour sous le nom de l’Officiel de Beauraing, titre qui parut trop pompeux pour les autorités ecclésiastiques de l’époque. 

Un célèbre pèlerin est venu à Beauraing le 18 mai 1985, il s’agit du pape Jean-Paul II. Après son arrivée par hélicoptère dans un champ rue de Vignée (aujourd’hui rue de l’Aubépine), il s’arrêta au jardin des apparitions et rencontra les voyants et leurs familles, puis célébra une messe en plein air sur ce que l’on appellera ensuite la « pâture du pape ».

Le Pape saint Jean Paul II à Beauraing

Le 75e anniversaire des apparitions a été l’occasion de multiples événements dont une messe télévisée en Eurovision le 15 août 2007. Un livre mémorial a été écrit par le recteur des sanctuaires et le président du séminaire de Namur.

La messe à Beauraing, le 15 Août
Le sanctuaire

Portugal / 13 Mai au 13 Octobre 1917 Notre dame de Fatima

I – Généralités

Pays de l’apparition

Portugal

Site 

Fatima

Fatima, paroisse rurale de 2500 âmes en 1917, située à 130 km au nord de Lisbonne, dans le district (département) de Santarem. Elle appartient au diocèse de Leiria, dans la Basse-Beira. Elle est formée d’une quarantaine de hameaux, perdus dans les replis d’un plateau, rattaché au massif montagneux appelé Serra de Aire. Son nom était pour ainsi dire ignoré de tous — même des Portugais. À huit cents mètres au sud du village, de chaque côté d’une route tortueuse, balayée par les vents, grossièrement pavée, et tout juste assez large pour laisser passer deux charrettes à bœufs, se trouve le hameau d’Aljustrel. Les habitants sont des paysans rudes et laborieux, constamment occupés aux travaux des champs, sur ce sol ingrat. Les maisons sont petites, sans étages, couvertes de tuiles. La façade, d’ordinaire blanchie à la chaux, est coupée de deux petites fenêtres et d’une porte étroite à laquelle on accède du chemin par deux ou trois marches de pierres.

Vue panoramique de la cathédrale de Fatima
Par Andreas Trepte — Travail personnel, CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4397390

Désignation  

Notre-Dame de Fátima est le nom sous lequel est invoquée la Vierge Marie telle qu’elle est apparue à trois enfants à Fátima, petit village du centre du Portugal, à six reprises au cours de l’année 1917

Contexte historique

L’histoire politique du Portugal est troublée à cette époque : en 1910 la République a été proclamée instaurant la séparation de l’église et de l’Etat. Les gouvernements se succèdent à un rythme accéléré. En 1915, un coup de force ouvre une période de dictatures, notamment celle du Général Pimenta de Castro de janvier à mai 1915, puis celle de Sidónio Pais, de décembre 1917 au 14 décembre 1918, date de son assassinat. En 1916, le Portugal, d’abord neutre, s’engage dans la Première Guerre mondiale au côté de son ancien protecteur, la Grande-Bretagne. 

II – Le ou les voyants (es) 

Lucia dos Santos 

Née le 22 Mars 1907 et morte le 13 Février 2005 à Coimbra au Portugal, Lucia Dos Santos est une religieuse portugaise de l’Ordre du Carmel. Avec ses cousins Jacinta Marto et Francisco Marto, elle dit avoir été témoin de l’apparition de Notre-Dame de Fátima. En 1926, elle aurait vécu le comble de sa vie religieuse en étant témoin d’une théophanie trinitaire, c’est-à-dire une apparition divine de la Sainte Trinité.

Également dénommée Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, elle vivait recluse depuis 1948, avec interdiction formelle de communiquer avec l’extérieur, au carmel de Sainte-Thérèse à Coimbra, où elle menait une vie pieuse et contemplative. La cause pour sa béatification a été engagée par l’Eglise catholique.


Lucia Dos Santos , enfant
Par attribué à Joshua Benoliel — Cette image a été extraite d’un autre fichier : ChildrensofFatima.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56167336

Francisco Marto 

Né le 11 Juin 1908 et mort à 11 ans le 4 Avril 1919 à Fatima au Portugal, Francisco Marto est un des trois pastoureaux qui disent avoir vu la Vierge à la Cova da Iria (en) entre le 13 mai et le 13 octobre 1917. Béatifié en même temps que sa sœur Jacinta, le 13 mai 2000 par le pape Jean-Paul II, il est canonisé par le pape François le 13 mai 2017 à Fátima au cours des célébrations du centenaire des apparitions.

En 1915, les trois enfants voient « l’Ange du Portugal ». Puis en 1917, ils voient la Vierge Marie dans le petit village de Fátima. Après les apparitions, le comportement du frère et de la sœur se modifient, et dès lors Francisco se met à prier seul et dire son rosaire avec application. Impressionné par les paroles de la Vierge selon lesquelles « il ne fallait plus offenser Dieu », il se retirait dans la solitude pour « consoler Jésus des péchés du monde ».

Sur les conseils de la Vierge, lors d’une des apparitions, il entre à l’école primaire. Mais son professeur, qui ne croit pas aux apparitions (dont la nouvelle s’est répandue), traite durement le petit et lui fait subir régulièrement des humiliations. Plusieurs de ses camarades le battent également dans la cour de récréation. François se sent poussé à rechercher toujours plus de solitude pour prier et offrir ses sacrifices. Il lui avait été dit qu’il « aurait beaucoup à souffrir pour réparer tant de péchés qui offensent Notre Seigneur et son Cœur Immaculé ».

Francisco se dit triste, non pas de « souffrir pour le Bon Dieu », mais « parce qu’il sait Notre Seigneur bien triste à cause des offenses des hommes ». Il arrête de se rendre à l’école pour passer plus de temps en prière. Il aime aller dans l’église adorer en silence le Saint Sacrement dans le tabernacle. Lorsqu’on lui demande ce qu’il fait, il répond : « Je le regarde et il me regarde ». Les trois enfants, particulièrement Francisco, avaient l’habitude de pratiquer des mortifications, mais dans une de ses apparitions la Vierge leur aurait recommandé de se modérer sur ce point.

En 1918, tous les membres de la famille Marto (sauf le père et son fils Jean) sont atteints de la grippe espagnole qui balaye l’Europe et fit plus de mort que la Première Guerre mondiale. En décembre la famille va mieux. Pour François et Jacinthe, ce rétablissement est de courte durée : fin décembre ils rechutent gravement dans la maladie. Le jeune garçon alterne les phases de rémission et de rechute. Même malade, le garçon continue de dire son chapelet quotidien qu’il récite en continu (il récite plusieurs rosaires par jour). Lorsque la maladie l’empêche de parler, il poursuit sa prière en silence.

Mi-février, dernière rechute dont il ne se relèvera pas. Sa santé empire de jour en jour. Sur son lit de mort, il offre ses souffrances pour « consoler Nôtre-Seigneur et convertir les pécheurs ». Il déclare même : « D’ici peu, Jésus va venir me chercher pour aller au Ciel avec Lui, et alors je resterai toujours à le voir et à le consoler. Quel bonheur ! ». Le 3 avril, le petit demande à recevoir les derniers sacrements. Le curé vient le confesser et lui porter la communion qu’il reçoit pour la première fois. Francisco décède dans la maison familiale le 4 avril 1919. Le 5 avril, Francisco est enterré dans le cimetière paroissial, dans une simple tombe avec une petite croix de bois. Sa sœur Jacinta, trop malade ne peut assister aux funérailles.

Francisco Marto, enfant
Par Inconnu — http://www.heiligenlexikon.de/Fotos/Francisco_Marto2.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4255023

Jacinta Marto

Jacinta Marto, ou Jacinthe Marto, née le 11 mars 1910 à AljustrelFátima, et morte le 20 février 1920 à Lisbonne, est une des trois pastoureaux qui disent avoir vu la Vierge Marie à la Cova da Iria  entre le 13 mai et le 13 octobre 1917.

Jacinta Marto
Par Inconnu — Santuario de Fátima website, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4255016

Elle meurt en 1920 de la grippe espagnole, après une longue agonie de plusieurs mois. Elle est béatifiée le 13 mai 2000 par le pape Jean-Paul II,  en même temps que son frère François. Sa canonisation est célébrée le 13 mai 2017 à Fátima au cours du voyage du pape François pour le centenaire des apparitions mariales de Fátima.

Jacinthe Marto est née le 11 mars 1910 à Aljustrel (près de Fátima). Elle est la fille cadette d’Olímpia et de Manuel Marto. Elle est baptisée le 19 mars dans l’église paroissiale. Jacinta, comme son frère François et sa cousine Lucie dos Santos, sont des enfants typiques de la campagne portugaise de l’époque. Ne fréquentant pas l’école, elle travaille comme bergère avec son frère et sa cousine Lúcia. Elle est décrite comme une enfant ayant une volonté forte et avec un talent pour la danse et la poésie. Au printemps 1918, elle fait sa première communion, alors que son frère, plus âgé, est refusé au sacrement par le curé du village.

En 1915, les trois enfants voient « l’Ange du Portugal ». Puis en 1917, ils voient la Vierge Marie dans le petit village de Fátima. Après les apparitions, le comportement du frère et de la sœur évoluent. Jacinthe est très impressionnée par une vision de l’Enfer qui a eu lieu au cours de la troisième apparition. Bouleversée par le sort affreux qui attend les pécheurs, elle décide dans sa simplicité de faire pénitence et de s’infliger des sacrifices pour leur conversion, suivant en cela la proposition faite par la Vierge, au cours de la première apparition. Après les apparitions, Jacinthe entre à l’école primaire sur les recommandations de la Sainte Vierge. D’après les souvenirs de Lucie, Jacinthe était une enfant affectueuse et très gentille, et le fait d’être délicate la rendait émotionnellement plus fragile.

Le 23 décembre 1918, Jacinthe et son frère François tombent malades, victimes de la grippe espagnole qui balaye l’Europe en 1918 à la suite de la Première Guerre mondiale. Après une broncho-pneumonie, la petite fille déclare une pleurésie purulente, qui lui cause de grandes souffrances. Le 21 janvier 1920, elle est emmenée à Lisbonne où elle est admise à l’orphelinat de Notre-Dame des Miracles au 17 de la Rue da Estrela. Le 2 février 1920, elle est transférée à l’hôpital Dona Estefania de Lisbonne. Jacinthe, atteinte de pleurésie et ne pouvant pas être anesthésiée (en raison du mauvais état de son cœur), est admise dans plusieurs hôpitaux successifs. Elle finit par succomber, toute seule, le 20 février 1920, dans l’hôpital Dona Estefania de Lisbonne. Elle est enterrée au cimetière de Vila Nova de Ourém, dans la tombe de famille du baron d’Alvaiázere.

Au cours de sa dernière maladie, elle aurait reçu plusieurs visites de la Vierge Marie. Si la petite Jacinthe est décédée plusieurs mois après son frère (et dans de grandes souffrances), c’est, d’après les propos du Pape Jean-Paul II lors de sa béatification : « en s’offrant héroïquement comme victime pour la conversion des pécheurs ».

III – L’Apparition (généralités) 

Dates

Du 13 Mai 1917 au 13 Octobre 1917

Nombre et durée des apparitions

Elles sont au nombre de six, tous les 13 du mois entre Mai et Octobre 1917

Emplacement des apparitions

Dans un champ appelé la Cova da iria, un dimanche midi, alors que les 3 enfants gardent leurs moutons, ils voient un éclair alors que le ciel est bleu ; au dessus d’un petit chêne vert, une dame vêtue de blanc, plus brillante que le soleil leur apparaît. 

La Chapelle des Apparitions
Par János Korom Dr. from Wien, Austria — Fatima 0751, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49990614

Récit 

Les apparitions mariales de Fátima se sont déroulées, d’après le témoignage des voyants, en 1917. Elles ont été précédées de trois apparitions d’un ange, en 1915 et 1916. Cet ange qui s’est présenté aux voyants sous le titre de « l’ange du Portugal » invite les enfants à prier et leur enseigne une prière : la prière de l’ange de Fatima.

Statue de l’ange du Portugal
Par Castinçal — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26653733

L’une des peux prières « enseignée par l’ange »

«  Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et de vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas !

Commentaires sur cette prière : ces mots expriment les trois vertus théologales : La Foi, l’Espérance et la Charité ou l’amour, qui nous ont transmises directement par Dieu.

Les apparitions mariales sur le site de Fátima sont au nombre de six et débutent le 13 mai 1917. « Une dame toute vêtue de blanc » apparait à trois petits bergers (Françoiset Jacinthe Marto, et leur cousine Lucie dos Santos) et leur demande de revenir le mois suivant pour prier. De mois en mois l’apparition se reproduit et les enfants sont accompagnés par une foule de plus en plus nombreuse jusqu’à l’apparition du 13 octobre 1917 où plusieurs dizaines de milliers de croyants et curieux se pressent pour voir le « miracle » qui aurait été promis par la Vierge. Il se produit alors dans le ciel un phénomène lumineux appelé par la suite « le miracle du soleil » ou la « danse du soleil ». Parmi les observateurs il y a des universitaires et des non-croyants. Tous attestent du phénomène « non explicable ». 

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Une dame vêtue de blanc, plus brillante que le soleil leur apparaît. « Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière, puis Notre-Dame au-dessus du chêne vert. Notre-Dame, une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. »

Statue de Notre Dame de Fatima
Par Photo: Andreas Praefcke — Photographie personnelle, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11861087

Attitudes de la Vierge

La vierge utilise ses mains ouvertes pour « engloutir » de lumière les 3 voyants, pénétrant en eux par la poitrine jusqu’au plus intime de leur âme, les faisant se voir ; elle s’en sert pour  pénétrer le centre de la terre pour y découvrir l’enfer. Elle s’en sert aussi pour déclencher le miracle du soleil tournoyant : « Ouvrant alors les mains, elle les fit se refléter dans le soleil, puis, pendant qu’elle s’élevait, le reflet de sa propre lumière continua à se projeter dans le soleil ».  Comme d’habitude, elle s’élève en direction du levant jusqu’à disparaître dans l’immensité du firmament. Plusieurs fois, la Vierge apparaît triste (même si la bonté n’est pas absente) : son cœur apparaît transpercé, comme dans le revers de l’image miraculeuse de la rue du Bac à Paris,

Revers de la médaille de l’image miraculeuse, à droite
Telle que reproduite après une vision de la Vierge à Catherine Labouré, à Paris, rue du Bac, en 1830.

Paroles de la Vierge

Première apparition le 13 Mai 1917

  • « N’ayez pas peur. Je ne vous veux aucun mal » 
  • D’où êtes-vous ? Lui demandai-je. « Je suis du Ciel. » 
  • Et que voulez-vous de moi ?  « Je suis venue pour vous demander que vous veniez ici les six prochains mois, le 13 de chaque mois, à cette même heure. Par la suite, je dirai qui je suis et ce que je veux. Ensuite, je reviendrai encore ici une septième fois. » 
  •  Et moi, est-ce que j’irai également au Ciel ? Oui, tu iras. 
  • Et Jacinta ? « Elle aussi. »
  • Et Francisco ? « Lui aussi, mais il doit réciter beaucoup de chapelets. »

J’ai alors eu l’idée de demander pour deux filles qui étaient mortes récemment. Elles étaient mes amies et elles venaient chez moi apprendre à tisser avec ma sœur aînée :

  • Est-ce que Maria das Neves est déjà au ciel ? « Oui, elle y est. » 
  •  Et Amélia ? « Elle restera au purgatoire jusqu’à la fin du monde. »
  • « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés dont Il est offensé et de supplication pour la conversion des pécheurs ? » Oui, nous le voulons. 
  • « Vous allez donc avoir beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort. »

Ce fut en prononçant ces paroles : «la grâce de Dieu, etc.», qu’elle ouvrit les mains pour la première fois et nous communiqua une lumière très intense (comme un reflet qui aurait émané d’elles) pénétrant en nous par la poitrine et jusqu’au plus intime de notre âme, nous faisant nous voir nous-mêmes en Dieu, qui était cette Lumière, plus clairement que ce nous aurions pu voir dans le meilleur des miroirs.»

Notre-Dame annonce aux pastoureaux une vie de souffrance : «Vous allez avoir beaucoup à souffrir.» Pour qu’ils puissent supporter une croix aussi lourde, elle leur promet l’aide d’une grâce dont elle leur permet de ressentir la mystérieuse réalité. «Alors, sous l’effet d’une impulsion intérieure qui nous fut également communiquée, nous sommes tombés à genoux et nous avons répété du fond du cœur : « Ô ! Très Sainte Trinité, je Vous adore. Mon Dieu, mon Dieu, je Vous aime dans le Très Saint Sacrement. » Après ces premiers instants, Notre-Dame ajouta : « récitez le chapelet tous les jours pour que le monde puisse obtenir la paix et la fin de la guerre. Ensuite, elle commença à s’élever tranquillement, montant en direction du levant, jusqu’à disparaître dans l’immensité du ciel.»

Seconde apparition le 13 Juin

Malgré la fête de saint Antoine, la plus populaire et la plus courue de la paroisse, les trois enfants se présentèrent à la Cova da Iria, faisant le sacrifice de ne pas participer aux réjouissances particulières de cette journée. Voici comment s’engagea le dialogue entre la Visiteuse céleste et ses confidents. «Que voulez-vous de moi ? Demanda Lucia.

  • « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient, que vous récitiez le chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite je vous dirai ce que je veux. »
  • J’ai demandé la guérison d’un malade. « S’il se convertit, il guérira durant l’année. »
  • Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel. « Oui, Jacinta et Francisco, je vais les emmener bientôt. Mais toi tu restes ici encore quelque temps. Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. À ceux qui s’y adonneront, je promets le salut et ces âmes seront chéries par Dieu, comme des fleurs posées par moi pour orner son trône. »
  • Je vais rester seule ici ? Demandai-je tristement. « Non ma fille. Cela te fait beaucoup souffrir ? Ne te décourage pas. Je ne t’abandonnerai jamais. Mon Cœur immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

Ce fut au moment où elle dit ces dernières paroles qu’elle ouvrit les mains et nous communiqua pour la seconde fois le reflet de cette lumière immense. En elle nous nous sommes vus comme engloutis en Dieu. Jacinta et Francisco paraissaient être dans la partie de cette lumière qui s’élevait vers le Ciel et moi dans celle qui se répandait sur la Terre. Devant la paume de la main droite de Notre-Dame, il y avait un Cœur qui semblait percé par les épines qui l’entouraient. Nous comprîmes qu’il s’agissait du Cœur de Marie, outragé par les péchés de l’humanité et qui demandait réparation.

Troisième apparition le 13 Juillet

La plus importante des apparitions de la Cova da Iria, l’apparition -clé, le fondement de tout le message de Fatima, est la troisième apparition, celle du 13 juillet. Écoutons une fois de plus la description de Lucia : «Que voulez-vous de moi ? Demandai-je

  • « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous continuiez à dire le chapelet tous les jours, en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’elle seule peut vous secourir. »
  • Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes et de faire un miracle pour que tous croient que Vous nous apparaissez. « Continuez à venir ici tous les mois. En octobre je dirai qui je suis, ce que je veux, et je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire. »

Là, elle formula quelques demandes dont je ne me rappelle plus très bien. Ce dont je me souviens c’est que Notre-Dame a dit qu’il fallait réciter le chapelet pour obtenir les grâces durant l’année. Et elle continua : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites plusieurs fois, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice : « Ô ! Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs et en réparation pour les péchés commis contre le Cœur immaculé de Marie. »

En disant ces paroles, elle ouvrit de nouveau les mains comme lors des deux mois passés. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes quelque chose comme une mer de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes ressemblaient à des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant forme humaine, qui flottaient dans le brasier, portées par les flammes qui sortaient d’elles, avec des nuages de fumée tombant de tous côtés, ressemblant à la chute des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir, qui horrifiaient et faisaient trembler d’effroi. Les démons se distinguaient par des formes horribles et sordides d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des braises de charbons noirs. Effrayés et comme pour appeler au secours, nous avons dirigé notre regard vers Notre-Dame, qui nous dit avec bonté et tristesse : 

« Vous avez vu l’enfer, où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, de nombreuses âmes obtiendront le salut et auront la paix. La guerre va finir, mais si on ne cesse pas d’offenser Dieu… une autre, bien pire, commencera. ( Elle parlait de la guerre 1939/45). Lorsque vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez qu’il s’agit du grand signe que Dieu vous donne, qu’il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père.

Pour l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si on répond à mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. Finalement, mon Cœur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. Etc. Cela ne le dites à personne.

À Francisco, oui, vous pouvez le dire.  Quand vous récitez le chapelet, dites après chaque dizaine : « Ô ! Mon Jésus pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l’enfer, attirez toutes les âmes vers le Ciel, principalement celles qui en ont le plus besoin. » Après un instant de silence, j’ai demandé : Vous ne me demandez rien d’autre ? « Non, aujourd’hui je ne te demande rien d’autre. » Et, comme d’habitude, elle commença à s’élever en direction du levant jusqu’à disparaître dans l’immensité du firmament.»

Quatrième Apparition 13 Août

Que voulez-vous de moi ?

  • « Je veux que vous continuiez à aller à la Cova da Iria, le 13 du mois, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, je ferai le miracle pour que tous croient. »
  • Que voulez-vous que l’on fasse de l’argent que les gens laissent à la Cova da Iria ? « Faites deux brancards de procession ; le premier tu le porteras avec Jacinta et deux autres petites filles vêtues de blanc ; l’autre sera porté par Francisco, plus trois autres garçons. L’argent des brancards sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire et ce qui restera aidera à construire une chapelle que l’on fera faire.
  • J’aimerais vous demander la guérison de quelques malades… »Oui, quelques-uns guériront durant l’année. » Et, prenant un air plus triste : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car de nombreuses âmes vont en enfer du fait que personne ne prie et ne se sacrifie pour elles. » Et, comme d’habitude, elle commença à s’élever en direction du levant.» 

Cinquième Apparition le 13 Septembre

  • « Continuez à réciter le chapelet pour obtenir la fin de la guerre. En Octobre viendront également Notre-Seigneur, Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l’Enfant-Jésus pour bénir le monde. Dieu est content de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde, portez-la seulement durant le jour. »
  • Ils m’ont prié de vous demander beaucoup de choses : la guérison de quelques malades, d’un sourd-muet… »Oui, j’en guérirai certains, d’autres, non. En octobre, je ferai le miracle pour que tous croient. »

Sixième apparition le 13 Octobre

«Lorsque nous sommes arrivés à la Cova da Iria, près du chêne vert, une injonction intérieure m’a poussée à demander à la foule de fermer les parapluies, avant que nous ne récitions le chapelet. Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière, puis Notre-Dame au-dessus du chêne vert.

  • Que voulez-vous de moi ? « Je veux te dire que l’on fasse construire ici une chapelle en mon honneur, que je suis Notre-Dame du Rosaire, que l’on continue à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux. »
  •  J’avais beaucoup de choses à vous demander : de guérir des malades, de convertir des pécheurs, etc. La vierge répondit: « Les uns, oui, les autres, non. Il faut qu’ils se corrigent, qu’ils demandent pardon pour leurs péchés. » Et prenant un air plus triste : « Qu’ils n’offensent pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, qui est déjà très offensé. »

Messages de la Vierge  

Le message de Fatima porte sur la prière* et les fins dernières**.

* Notre Dame de la Prière

Notre Dame du Rosaire est, dans le catholicisme, une des nombreuses dénominations de la Vierge Marie, donnée depuis qu’elle s’est présentée sous ce vocable à saint Dominique, au XIIIe siècle à Prouille. L’Ordre dominicain en fut un ardent propagateur. Tout commence lorsque saint Dominique, originaire d’Espagne, entame ses prédications dans le pays cathare et décide pour cela de se fixer dans la ville proche de Fanjeaux. Il a, en 1208, une apparition de la Vierge Marie qui se présente sous le vocable de Notre-Dame du Rosaire et qui lui tend un chapelet. Les dominicains seront d’ardents propagateurs du rosaire

Dominique Nuñez de Guzman (en espagnol Domingo Núñez de Guzmán), né vers 1170 en Espagne dans un milieu aisé et mort le 6 août 1221 à Bologne, est un religieux catholique, prêtre, fondateur de l’ordre des frères prêcheurs appelés couramment « dominicains ». Canonisé par l’Église en 1234, il est célèbre sous le nom de saint Dominique. Autrefois fêté le 4 août puis le 6 août jour de sa « naissance au ciel »1, il est fêté le 8 août depuis le concile Vatican II.

Dominique recevant le rosaire des mains de Notre Dame
Par Didier Descouens — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45607412

** Les fins dernières  

Cette expression concerne les questions, parfois regroupées sous le vocable général d’eschatologie : la fin des temps, le jugement, le ciel, le purgatoire, l’enfer et la résurrection de la chair.

Représentation de l’enfer dans l’Hortus deliciarum de Herrade de Landsberg (autour de 1180).Par Herrade de Landsberg — https://www.degruyter.com/view/j/mial.2016.21.issue-1/mial-2016-0010/graphic/mial-2016-0010_01.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=440837

A Fatima, la Vierge confirme l’existence du ciel et du purgatoire. La souffrance, offerte, les sacrifices, et la prière, intense, faits par amour pour Jésus, sont le moyen de guérir les malades, d’obtenir la paix, de sauver les âmes de l’enfer, parce qu’ils interviennent en réparation des offenses commises envers Dieu et envers Marie. La dévotion à Marie est un moyen d’obtenir le salut : Marie déclare en effet que non seulement son fils veut se servir de Lucie pour la faire connaître et aimer, mais aussi « veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. À ceux qui s’y adonneront, je promets le salut et ces âmes seront chéries par Dieu. Les malades peuvent guérir, mais ils doivent se convertir et demander pardon. 

Le message religieux de Fatima

Selon sœur Lucie (dans son dernier livre publié en 2006), tout le message sous-jacent aux apparitions de Notre-Dame de Fatima est le suivant : « Pendant l’intégralité du message, en commençant par les « apparitions de l’Ange », nous trouvons un appel à la prière et au sacrifice offerts à Dieu par amour et pour la conversion des pécheurs. » En 1967, le pape Paul VI exprimait cette même idée dans l’Exhortation apostolique Signum Magnum:

« La contemplation de Marie nous encourage, en fait, à la prière confiante, à la pratique de la pénitence, à la crainte de Dieu et nous rappelle souvent ces paroles par lesquelles Jésus-Christ a annoncé que le royaume des cieux est proche : « repentez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15 ; Mt 3, 2 ; Mt 4, 17), et son avertissement sévère : « à moins que vous vous repentiez, vous périrez tous de même » (Lc 13, 5). » 

La consécration de la Russie et du monde à Marie, demandée par sœur Lucie, en 1940, au pape Pie XII, est considérée par l’Église catholique comme une demande émanant de Notre-Dame de Fátima. Si l’on confie la Russie au cœur de Marie et si l’on communie « les premiers samedis », la Russie se convertira. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde et une autre guerre (1939/45) commencera. Le pape Pie XII répond à cette demande et consacre le monde en 1942 au Cœur immaculé de Marie.

Le pape Jean-Paul II réitère cette consécration en 1982, 1982 et 1984. Le pape François le fait à son tour en 2013. Le 16 juin 2010, le Liban et le Moyen-Orient sont consacrés au Cœur Immaculé de Marie. Cette célébration s’est déroulée au sanctuaire de Notre-Dame du Liban en présence de représentants de l’épiscopat libanais, du nonce apostolique MgrGabriele Giordano Caccia, ainsi que de personnalités politiques.

Conclusion : à travers les révélations de ce qu’on nomme le secret de Fatima, Dieu nous rappelle d’abord que si les hommes ne se convertissent pas et ne reviennent pas à l’Evangile, ils périront (vision de l’enfer*) ou subiront les affres de régimes athées (communisme). Il nous rappelle aussi que seules la prière (voir prière de l’ange de Fatima**) la pénitence et l’intercession de la Vierge, (consécration d’un pays au cœur de Marie), peuvent conduire au salut et à la paix, et « sauver » les pécheurs, sachant que ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. (Dieu nous incite seulement à prendre le bon chemin, mais respecte la liberté qu’il nous a donnée). 

La Vierge sous entend que les prières peuvent sauver les âmes qui souffrent en enfer : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs ; pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et il y aura la paix. ».

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

A – La Vision de l’enfer : 

« En disant ces paroles, elle ouvrit de nouveau les mains comme lors des deux mois passés. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes quelque chose comme une mer de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes ressemblaient à des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant forme humaine, qui flottaient dans le brasier, portées par les flammes qui sortaient d’elles, avec des nuages de fumée tombant de tous côtés, ressemblant à la chute des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir, qui horrifiaient et faisaient trembler d’effroi. Les démons se distinguaient par des formes horribles et sordides d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des braises de charbons noirs. »

B – Des prédictions 

La Vierge annonce la fin de la première guerre mondiale (1914/18)  et la seconde guerre mondiale…. « Finalement, mon Cœur immaculé triomphera.Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. »

C – L’ange de Fatima

Les apparitions de la Vierge ont été précédées de trois apparitions d’un ange en 1915 et 1916. Cet ange qui s’est présenté aux voyants sous le titre de « l’ange du Portugal » invite les enfants à prier et leur enseigne une prière : la prière de l’ange de Fatima.

D – Le miracle du soleil tournoyant

Lors de la 3e apparitions (le 13 juillet 1917), Lucia demande à la dame  « un miracle » pour que les gens croient à ces apparitions. La dame promet un miracle pour le mois d’octobre. Lors de la 5e apparition, le 13 Septembre, 30 000 personnes encadrent déjà les « voyants ». La « dame » promet à nouveau un « miracle » pour la prochaine rencontre le 13 octobre. 

Il se produit alors dans le ciel un phénomène lumineux appelé par la suite « le miracle du soleil » ou la « danse du soleil ». Parmi les observateurs il y a des universitaires et des non-croyants. Tous attestent d’un phénomène « non explicable ». Le Miracle du soleil, ou la danse du soleil, est le nom donné au phénomène solaire observé à Fátima, dans le cadre des apparitions mariales de Fátima le 13 octobre 1917.

Cet événement a été observé par plus de 30 000 personnes (les estimations varient de 30 à 100 000) pendant environ 10 minutes à Cova da Iria, près de Fátima au Portugal. Le 13 octobre 1930, l’Église catholique a qualifié cet événement de miracle. Ce phénomène a donné lieu à une nombreuse littérature cherchant à expliquer son origine. Différentes hypothèses ont été émises : phénomènes solaires, hallucination collective, problème rétinien (dont rétinopathie), jusqu’à l’apparition d’un objet volant non identifié. Des films se sont également inspirés (ou ont évoqué) cet événement historique.

Foule rassemblée à Fatima pour observer le miracle du soleil tournoyant
Par Judah Ruah, photograph for the news paper O Seculo, published the 1917-09-29 on the news paper Illustracao Portugueza — Illustracao Portugueza 1917-09-29 Reporter de Cristo website, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21975698
La foule priant face à la danse du soleil à la Cova da iria, Fatima, le 13 Octobre 1917

Le matin du 13 octobre 1917, Avelino d’Almeida, rédacteur en chef du journal O Século, publie un article ironique sur les apparitions de Fátima où il ne voit que superstition et supercherie.

Il se rend néanmoins sur place pour assister au « miracle annoncé ». Au petit matin, c’est une foule très importante qui se dirige vers la Cova da Iria, le lieu des apparitions. Les estimations du nombre de spectateurs varient de 30 000 à 50 000 pour Avelino de Almeida jusqu’à 100 000 pour le DrJoseph Garrett, professeur de sciences naturelles à l’Université de Coimbra, également présent ce jour-là. Dans la foule, avec les « citoyens ordinaires » se trouvent aussi des nobles, des ingénieurs, des médecins, des notaires ainsi que des journalistes et des photographes. Le ciel est complètement couvert par les nuages, et il tombe une pluie incessante. La pluie a transformé le lieu en un vaste bourbier, et les pèlerins ou curieux sont trempés jusqu’aux os et transis de froid. Les enfants arrivent avec leur famille et commencent à réciter le chapelet.

À midi, bien que la pluie continue toujours de tomber, Lucie demande de fermer les parapluies et la foule lui obéit. Peu de temps après, les enfants voient « la dame » leur apparaître. L’apparition se présente alors à Lucie comme étant Notre-Dame du Rosaire et lui demande de faire bâtir une chapelle en son honneur. Elle annonce la fin proche de la guerre, et demande également la conversion des pécheurs. Selon de nombreux témoins, après la période pluvieuse, les nuages ont éclaté et le soleil est apparu, le ciel dégagé est devenu bleu. D’après les enfants, la pluie s’est arrêtée lorsque « Notre-Dame du Rosaire s’est élevée vers le ciel ».

Les témoins décrivent le soleil comme « un disque opaque tournant dans le ciel ». Le soleil a été décrit comme significativement plus terne que la normale, et « jetant des lumières multicolores sur le paysage, les gens, et les nuages environnants ». Les témoins indiquent qu’ensuite le soleil a tournoyé dans le ciel : « à un certain moment, le soleil s’arrête, et puis recommence à danser, à tournoyer; il s’arrête encore une fois, et se remet encore une fois à danser, jusqu’au moment, enfin, où il parait se détacher du ciel, et s’avancer sur nous. Ce fut un instant terrible ! ». Après dix minutes, tout redevient normal. Les témoins ont également déclaré que leurs vêtements précédemment mouillés sont devenus soudainement et complètement secs, de même que le sol, préalablement détrempé par la pluie, n’était plus qu’humide et boueux, et bien moins qu’auparavant » (les flaques d’eau ont même été asséchées). Ce phénomène a également été observé par des témoins jusqu’à plus de dix kilomètres à la ronde. Pourtant l’observatoire astronomique n’a rien relevé de particulier à ce moment-là.

Dans l’assemblée, un témoin particulier : Avelino de Almeida, journaliste anticlérical et rédacteur en chef du quotidien de LisbonneO Século, publie dans l’édition du lundi 15 octobre d’O Século, un compte rendu qui fait sensation dans tout le pays, et attire à son auteur les vifs reproches des libres-penseurs, qui ne lui pardonnent pas d’avoir donné une telle publicité aux faits de Fátima, et de les avoir appuyés de son autorité.

Témoignage du docteur Manuel Formigao, prêtre et professeur au séminaire de Santarem 

« Comme un coup de tonnerre, les nuages ont été déchirés, et le soleil à son zénith est apparu dans toute sa splendeur. Il se mit à tourner vertigineusement sur son axe, comme la plus magnifique roue de feu que l’on puisse imaginer, en prenant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et envoyant des éclairs de lumière multicolores, produisant l’effet le plus étonnant. Ce spectacle sublime et incomparable, qui a été répété par trois fois, a duré pendant environ dix minutes. La foule immense, vaincue par un tel prodige extraordinaire, se jeta à genoux ». 

Le 18 décembre 1917, le Dr José Maria Proença de Almeida Garret, témoin direct, décrivit ainsi ce qu’il avait contemplé : 

«Quelques instants plus tôt, le soleil avait percé victorieusement l’épaisse couche de nuages qui l’avait caché, pour briller clairement et intensément. Je me suis retourné vers cet aimant qui attirait tous les regards et j’ai pu le voir semblable à un disque au bord net et à l’arête vive, lumineuse et luisante, mais qui ne faisait pas mal aux yeux… Il ne ressemblait en rien à la lune d’une nuit transparente et pure, parce que l’on voyait et sentait qu’il s’agissait d’un astre vivant… On ne pouvait pas non plus le confondre avec le soleil visible par temps de brouillard (d’ailleurs inexistant ce jour-là) puisqu’il n’était pas opaque, diffus ou voilé. À Fatima, le temps était chaud et ensoleillé.  Ce qui fut merveilleux, c’est que pendant un long moment, nous avons pu scruter l’astre, flamme de lumière et braise de chaleur, sans la moindre douleur oculaire et sans qu’aucun éblouissement ne nous aveugle. Ce disque nacré était animé d’un mouvement étourdissant… Il tournait sur lui-même à une vitesse vertigineuse.  Tout à coup, on entendit une clameur, comme un cri d’angoisse montant de la foule. Le soleil, conservant sa vitesse de rotation, se détacha du firmament et, sanguinaire, il prit la direction de la Terre, menaçant de nous écraser sous le poids de son énorme meule de feu. Ces secondes furent terrifiantes… 
Tous ces événements, je les ai observés personnellement et sereinement, sans émotion ni agitation… Ce phénomène a dû s’étaler sur environ dix minutes.»

E – Les visions de saint Joseph et de l’enfant Jésus. 

«Notre-Dame une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant-Jésus paraissaient bénir le monde, avec les gestes en forme de croix qu’ils faisaient de la main. Peu après, une fois dissipée l’image de cette apparition, je vis Notre-Seigneur et Notre-Dame (qui pour moi ressemblait à Notre-Dame des Douleurs). Notre-Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph. Cette apparition s’évanouit à son tour et il m’a semblé voir de nouveau Notre-Dame sous une forme proche de Notre-Dame du Carmel.»

Saint Joseph et l’enfant Jésus
Icône

F – Le secret de Fatima

Les secrets de Fátima sont trois révélations, ou visions, qui auraient été adressées en 1917 par la Vierge Marie à Lúcia dos Santos et ses cousins Jacinta et Francisco Marto, dans la petite ville de Fátima au Portugal. Le terme des trois secrets de Fátima est régulièrement utilisé, mais il s’agit en fait des trois parties d’une unique révélation (ou vision) donnée le 13 juillet 1917, révélation que la Vierge Marie aurait demandé de ne pas divulguer immédiatement.

En juillet-août 1941, rédigeant son troisième Mémoire sur les apparitions, Lúcia dos Santos (devenue sœur Lucie) précise, pour la première fois, que ce secret comprend trois éléments différents : « Le secret comprend trois choses distinctes, écrit-elle, et j’en dévoilerai deux ». Les deux premiers secrets sont officiellement publiés en 1941, le troisième n’est révélé qu’en l’an 2000 par le pape Jean-Paul II. Celui-ci, révélé tardivement, a entraîné de nombreux débats avant et après sa divulgation. Après sa tentative d’assassinat le 13 mai1981, le Pape Jean-Paul II demande l’enveloppe contenant la troisième partie du secret.

Le Cardinal Franjo Seper, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, remet le 18 juillet 1981, deux enveloppes : l’une blanche, avec le texte original de sœur Lucie en langue portugaise et l’autre de couleur orange, avec la traduction du texte en langue italienne. Le 11 août suivant, les deux enveloppes sont remises aux Archives du Saint-Office. En avril 2000, Lucie confirme au cardinal Bertone, que la lettre et le texte du « troisième secret » sont bien ceux qu’elle a rédigés en janvier 1944, et que ce texte est complet . En juin 2000, le Vatican publie officiellement la troisième et dernière partie du secret, livrant sa traduction ainsi qu’une copie de la lettre originale rédigée par sœur Lucie.

Les trois parties du secret de Fatima

La première partie est une vision de l’enfer. Notre Dame nous montra une grande mer de feu, qui paraissait se trouver sous la terre et, plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s’ils étaient des braises transparentes, noires ou bronzées, avec une forme humaine. Ils flottaient dans cet incendie, soulevés par les flammes, qui sortaient d’eux-mêmes, avec des nuages de fumée. Ils retombaient de tous côtés, comme les étincelles retombent dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, avec des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur.

Les démons se distinguaient par leurs formes horribles et dégoûtantes d’animaux épouvantables et inconnus, mais transparents et noirs. Cette vision dura un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui auparavant nous avait prévenus, nous promettant de nous emmener au Ciel (à la première apparition). Autrement, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur. Puis nous avons levé les yeux vers Notre Dame qui nous a dit si gentiment et si tristement : « vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs, pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et il y aura la paix. ».

La deuxième partie du secret

Cette partie concerne une révélation privée faite oralement par la Vierge aux trois enfants. Ce secret concerne la Russie et la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie. « La guerre va finir – nous sommes en 1917 – Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI* en commencera une autre pire encore. Lorsque vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père. Pour empêcher cette guerre, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis.

Si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés ; le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ; diverses nations seront détruites. À la fin, mon Cœur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera concédé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc. »

Pie XI, né Ambrogio Damiano Achille Ratti le 31 mai 1857 à Desio, dans le royaume de Lombardie-Vénitie, dans la province de Monza et de la Brianza (Italie) est le 259e pape de l’Église catholique. Élu le 6 février 1922, son pontificat est marqué par le règlement de la question romaine, avec la reconnaissance et l’institution de l’État de la Cité du Vatican, par les accords du Latran, en 1929. Il est confronté à la montée du communisme, du fascisme et du nazisme en Europe. Il meurt au Vatican le 10 février 1939. Le 2 Février, Benito Mussolini accepte la proposition d’Adolf Hitler de transformer le pacte anti-Komintern en une alliance militaire défensive. Le 6 Février, Neuville Chalmberlain déclare aux Communes que toute menace contre les intérêts vitaux de la France entraînera l’assistance du Royaume-Uni.

Troisième partie du secret 

La troisième partie se présente comme une vision allégorique, susceptible de diverses interprétations. Concernant le troisième secret, sœur Lucie écrit au pape Jean-Paul II le 12 mai 1982, son interprétation du secret. Dans cette lettre, elle écrit : « La troisième partie du secret se réfère aux paroles de Notre Dame : « Sinon la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites » ».

La religieuse estime que cette vision (troisième secret) est donc « une révélation symbolique, qui se réfère à cette partie du message ». Pour elle cette vision était « conditionnée par le fait que nous acceptions » la demande de la Vierge de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé. Sœur Lucie conclut : « Comme nous n’avons par tenu compte de cet appel du message, nous constatons qu’il s’est réalisé ».

Mais dans son courrier, elle précise bien que, pour elle, ce n’est pas Dieu qui a « puni le monde », mais que les malheurs sont les conséquences des actes des hommes. Elle écrit : « Et ne disons pas que c’est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu’il nous a donnée ; c’est pourquoi les hommes sont responsables ». Le 27 avril 2000, le pape missionne le cardinal Bertone auprès de sœur Lucie pour discuter avec elle de l’interprétation de cette vision.

Au cours de cette réunion, « Lucie réaffirme sa conviction que la vision de Fatima concerne avant tout la lutte du communisme athée contre l’Église et les chrétiens, et elle décrit l’immense souffrance des victimes de la foi du XXe siècle ». À la question sur l’identité de « évêque vêtu de blanc », elle confirme sa certitude qu’il s’agit du pape, mais sans connaitre son identité (qu’il s’agisse de Benoît XVPie XIIPaul VIJean-Paul II ou d’un autre). À l’occasion de la béatification à Fatima de Francisco et Jacinta Marto, le pape Jean-Paul II fait lire une allocution qui va dans le même sens que l’interprétation de sœur Lucie .

Pour l’Église : « c’est donc une vision consolante qui veut qu’une histoire de sang et de larmes soit perméable à la puissance de guérison de Dieu. Ainsi, toute cette vision se produit afin de faire apparaître la liberté de l’homme et pour l’orienter dans une direction positive. Car le sens de la vision n’est donc pas de montrer un film sur l’avenir irrémédiablement figé, mais l’inverse : mobiliser les forces pour tout changer en bien ». C’est pourquoi la phrase de la Vierge « Mon Cœur immaculé triomphera » signifie que « le Cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte ». Il affirme : le message de Fatima nous invite à nous fier à cette promesse.

G – L’attentat contre le pape Jean Paul II 

Le mercredi 13 mai 1981, alors que 25 000 personnes sont massées place Saint-Pierre pour l’audience hebdomadaire, deux coups de feu claquent. Il est 17h17 et Mehmet Ali Agça vient de tirer sur Jean-Paul II, à trois mètres de distance ; l’attentat d’Ali Agça s’est produit le jour anniversaire de la première apparition de Fatima, le 13 mai 1917. (64 ans après) 

Par Inconnu — http://wf2.xcdn.pl/files/12/03/12/552196_28_4.jpg, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=58847943

Un an après l’attentat, Jean-Paul II s’est rendu à Fátima et, en action de grâce, a fait incruster une des balles qui faillit le tuer dans la couronne de la statue de Notre-Dame de Fátima.

H – La vision de Tuy du Jeudi 13 Juin 1929

Le 20 juillet 1926, sœur Lucie, l’un des trois voyants de Fatima et la seule survivante,  quitte le couvent de Pontevedra pour entrer au noviciat des Dorothées, installé à Tuy, petite cité espagnole. Après sa prise d’habit le 2 octobre 1926, elle prononçait ses premiers vœux le 3 octobre 1928. En 1929, l’humble Maria das Dores poursuit à Tuy sa vie cachée, si bien cachée que la plupart de ses compagnes ignorent encore qu’elle est la voyante de Fatima. Elle met en pratique le message de Notre-Dame, vivant sa règle à la perfection dans le don total aux saints Cœurs de Jésus et de Marie. La messagère était prête. Alors se réalisa la promesse du grand Secret  : «  Je viendrai demander la consécration de la Russie…  ».  Écoutons sœur Lucie raconter l’événement  :

«  (…) Ce fut à cette époque que Notre-Seigneur m’avertit que le moment était venu où il voulait que je fasse connaître à la sainte Église son désir de la consécration de la Russie et sa promesse de la convertir… La communication s’est produite ainsi  :

«  (13 / 6 / 1929). J’avais demandé et obtenu la permission de mes supérieures et de mon confesseur de faire une heure sainte de 11 heures à minuit, dans la nuit du jeudi au vendredi de chaque semaine. «  Me trouvant seule une nuit, je m’agenouillai près de la balustrade, au milieu de la chapelle, pour réciter, prosternée, les prières de l’Ange. Me sentant fatiguée, je me relevai et continuai à les réciter les bras en croix. La seule lumière était celle de la lampe [du sanctuaire].

Soudain, toute la chapelle s’éclaira d’une lumière surnaturelle et, sur l’autel, apparut une croix de lumière qui s’élevait jusqu’au plafond. Dans une lumière plus claire, on voyait sur la partie supérieure de la croix, une face d’homme, avec un corps jusqu’à la ceinture  ; sur sa poitrine une colombe, également lumineuse, et cloué à la croix, le corps d’un autre homme. Un peu en dessous de la ceinture (de celui-ci), suspendu en l’air, on voyait un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient sur les joues du Crucifié et d’une blessure à la poitrine. Coulant sur l’Hostie, ces gouttes tombaient dans le Calice. 

Sous le bras droit de la Croix se trouvait Notre-Dame avec son cœur Immaculé dans la main… C’était Notre-Dame de Fatima avec son Cœur Immaculé,… dans la main gauche… sans épée ni roses, mais avec une couronne d’épines et des flammes… 

Sous le bras gauche [de la Croix], de grandes lettres, comme d’une eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l’autel, formaient ces mots  : “ Grâce et Miséricorde ”. Je compris que m’était montré le mystère de la très Sainte Trinité, et je reçus sur ce mystère des lumières qu’il ne m’est pas permis de révéler.

La vision de la Trinité dite vision de Tuy

«  Ensuite, Notre-Dame me dit  : “ Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. ” «  Je rendis compte de cela à mon confesseur, qui m’ordonna d’écrire ce que Notre-Seigneur voulait que l’on fasse.  »

Dans les deux lettres qu’elle adressa en mai 1930 au P. Gonçalves, son confesseur, la voyante exprima les demandes du Ciel en unissant étroitement la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis à la consécration de la Russie  : «  Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et de Marie, et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice indiquée ci-dessus.  »  

Hélas, c’était peine perdue… aucun pape ne fera rien ! Voilà pourquoi, plus tard (en août 1931), le Seigneur se plaignant, dit : « Ils n’ont pas voulu écouter ma demande. Comme le roi de France, ils s’en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard ! La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ».(révélation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sœur Lucie, en août 1931, lors d’un séjour de convalescence à Rianjo, une petite ville proche de Pontevedra).

Pourquoi Notre Seigneur fait-il référence au roi de France ? Tout simplement parce qu’en 1689, Jésus-Christ se révéla à sainte Marguerite-Marie en ces termes : »Fait savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur (donc, au roi Louis XIV) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon Cœur adorable. Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Église. Mon Père veut se servir du roi pour l’exécution de Son dessein, qui est la construction d’un édifice public où serait placé le tableau de mon Cœur pour y recevoir les hommages de toute la France ». Notre Seigneur promettait donc à la France, Sa « fille aînée, comme Il l’appelait, sa toute puissante protection moyennant trois choses :

  1. – Mettre Son Sacré Cœur sur les armes du roi et les étendards de la France ;
  2. – Lui élever une Église nationale ;
  3. – Que dans cette Église la France Lui soit solennellement consacrée par son souverain
Vision de Marguerite-Marie, par Armand Cambon Cathédrale de Montauban
Par Didier Descouens — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=63403481

Marguerite Alacoque, en religion sœur Marguerite-Marie, née le 22 juillet 1647 à Verosvres, et morte le 17 octobre 1690 à Paray-le-Monial, est une religieuse de l’ordre de la Visitationmystique et inspiratrice du culte du Sacré-Cœur de Jésus et reconnue sainte par l’Église catholique. Elle a été béatifiée en 1864, puis canonisée en 1920.

Sainte Marguerite Marie
Sanctuaire du Sacré-coeur

Eléments conformes aux autres apparitions 

  • L’apparition dans un cadre paysager, près d’un arbre. 
  • La lumière qui entoure la vierge
  • La demande de construction d’une chapelle
  • La condition  très pauvre des enfants ; leur piété 
  • La difficulté et l’hostilité que rencontrent les voyants
  • Le contexte historique difficile

Eléments spécifiques

  • Les apparitions préalables de l’Ange et la prière qu’il communique aux enfants 
  • La confirmation de l’enfer 
  • Le miracle public le plus spectaculaire de toutes les Apparitions mariales. Fatima est probablement l’Apparition qui situe le mieux l’origine supra naturelle de la Vierge aux yeux des tiers, quand elle prévient d’un miracle et que celui ci se réalise effectivement à la date prévue devant des dizaines de milliers de personnes ; à travers ce qu’on a appelé le miracle ou la danse du soleil. Dieu, maître de l’Univers, donne une toute petite idée de son extraordinaire puissance ! A noter que le pape Pie XII aura également cette vision au Vatican.
  • La connaissance et le détail du sort réservé, dans l’autre vie, aux personnes citées par les enfants

Lien avec d’autres apparitions 

La voyante d’Amsterdam, Ida Peerdeman, qui a 12 ans à l’époque, eut sa première apparition de la vierge l’après-midi du 13 octobre 1917, qui fut aussi le jour du miracle du soleil de Fatima. Avec Lourdes et Tepeya (Notre Dame de Guadalupe), Fatima est l’un des sanctuaires le plus connu et l’un des plus fréquentés.  

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

L’évêque de Leiria, MgrJosé Alves Correia da Silva, après avoir mené une enquête canonique reconnaît officiellement les apparitions mariales en 1930, et approuve la dévotion à Notre-Dame de Fátima. François et Jacinthe Marto, atteints de la grippe espagnole meurent très vite (en 1919et 1920). Ils sont béatifiés le 13 mai 2000 par le pape Jean-Paul II. Lucie Dos Santos, entrée au noviciat des sœurs Dorothée, puis au Carmel de Coimbra, décède en 2005. Son procès en béatification est en cours. Jacinta et Francisco sont canonisés par le pape François, le 13 mai 2017 lors de son voyage à Fatima, pour centenaire des Apparitions mariales de Fátima.

Statue de Jean Paul II près de l’église de la sainte Trinirté
Par János Korom Dr. from Wien, Austria — Fatima 0239, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49989868

Sanctuaire (s)

Le 28 avril 1919 est construite la première chapelle sur le site des apparitions, par des pèlerins, sans le soutien de l’Église (le curé de Fátima ayant reçu la consigne de se tenir à l’écart de ces manifestations de dévotion). C’est une petite chapelle faite de pierres et de chaux, couverte de tuiles et mesurant 3,30 m de longueur, 2,80 m de largeur et 2,85 m de hauteur. La construction de la première grande église est entamée dès 1928 (avant la reconnaissance officielle des apparitions).

L’église Notre-Dame-du-Rosaire est terminée en 1953. Elle obtient l’année suivante le titre de basilique. Les tombes des trois enfants sont transférées dans le transept en 1951, 1952 et 2006. En dehors de la grande esplanade, utilisée pour les grands rassemblements et les processions, le sanctuaire compte plusieurs chapelles et deux grandes structures : le centre pastoral Paul VI (1979-1982), et la basilique de la Sainte Trinité (2004-2007) qui est la 4e église au monde en capacité, avec près de 9 000 places. 

Fátima est aujourd’hui un centre mondial de pèlerinages très connu. Chaque année, près de cinq millions de pèlerins et de touristes s’y rendent, ce qui en fait le quatrième lieu de pèlerinage catholique du monde (après la basilique de Notre-Dame de Guadalupe au Mexique, la basilique Saint-Pierre au Vaticanet les sanctuaires de Lourdes en France.

En 1942, un groupe de femmes portugaises décide d’offrir une couronne d’or à la vierge de Fátima en « action de grâce de la protection accordée au Portugal durant la Seconde Guerre mondiale » (et sa non-participation au conflit). Cette couronne, réalisée gratuitement par 12 artisans joaillers a été officiellement déposée sur la tête de la statue de la Vierge le 13 mai 1946 par le cardinal Benedetto Aloisi Masella, légat pontifical de Pie XII. Cette couronne « de reine » fait référence à la décision du roi Jean IV du Portugal, en 1646, de proclamer la Vierge Marie : « reine et patronne du Portugal ».

L’intérieur de la basilique Notre dame du sanctuaire à Fatima
Par Andreas Trepte — Travail personnel, CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1860784
La basilique de la sainte Trinté
Par Therese C — Flickr: DSCN5574, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16091401

Pologne / 27 juin 1877 – 16 sept. 1877 Notre dame de Warmia

I – Généralités

Pays de l’apparition

Pologne

Site 

Gietrzwald village in Poland aerial view. Place of the apparitions of the Virgin Mary

Gietrzwald est un village, chef lieu d’un canton rural dans le powiat d’Olsztyn dans la voïvodie polonaise de Varmie-Mazurie. L’endroit est entouré de forêts de conifères et de forêts mixtes avec de nombreux lacs. Au XVe siècle Gietrzwald fut dévasté au cours des guerres entre la Pologne et l’Ordre Teutonique et pillé en 1455 par les chevaliers de l’Ordre. Le village fut cruellement dévasté en 1807 par les troupes françaises au cours de la Guerre de la Quatrième Coalition. Le plus grand événement dans ce petit village de Warmie, ce fut en 1877 plusieurs apparitions qui eurent lieu du 27 juin au 16 septembre. Depuis lors Gietrzwald est devenu un lieu de pèlerinage

Gietrzwald, La Chapelle au milieu du village
Par S.Czachorowski — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3329817

Désignation  

Notre-Dame de Warmia 

Contexte historique

Durant le XVIIe et surtout le XVIIIe, la République de Pologne est engagée dans des nombreux conflits militaires qui lui font perdre une grande partie de sa superficie, notamment sous le coup de l’expansion de l’Empire russe. À la fin du XVIIIe siècle, après trois partitions, la République des Deux Nations est partagée entre la Prusse, l’Autriche et l’Empire russe. Au cours du XIXe siècle, la majorité des territoires dont s’était emparé l’Autriche passent sous contrôle russe. La Pologne ne retrouve son indépendance qu’en 1918.

A la fin du XIXe siècle, on assiste dans la région à un phénomène de germanisation et des lois défavorables à l’Église catholique sont adoptées. En 1873, la langue polonaise est même interdite dans les écoles de la région de Warmie. À cause du Kulturkampf, un conflit qui oppose le royaume de Prusse puis l’Empire allemand à l’Église catholique romaine, de nombreux prêtres catholiques rebelles ainsi que les congrégations religieuses sont repoussés loin de Warmie.

II – Les voyantes 

Barbara Samulowska 

nom religieux Stanislaus Samulowska ) née le 21 janvier 1865 à Woryty , décédée le 6 décembre 1950 au Guatemala ) – religieuse polonaise , religieusemissionnaireservante de l’Église catholique et visionnaire à qui apparut en 1877, Notre-Dame, à Gietrzwałd , seul lieu des apparitions mariales reconnu par l’Église, en Pologne.

Elle est née dans une famille de paysans pauvres, nombreux et pieux, Józef et Karolina, née Barczewska; elle est leur plus jeune enfant (elle avait deux frères: Józef et Jana). Le lendemain (22 janvier 1865), elle fut baptisée à l’église de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie à Gietrzwałd et ses parrains et marraines étaient ses parents: Andrzej Barczewski et Gertruda Górska  . 

Le 28 juin 1877, elle fait sa première Communion à Gietrzwałd. Deux jours plus tard, sur l’érable à côté de l’église, lui apparait, ainsi qu’à sa parente, Justyna Szafryńska, la mère de Dieu, nimbée de lumière, vêtue de blanc, avec de longs cheveux, assise sur un trône d’or décoré de perles ;  ces révélations durèrent jusqu’au 16 septembre 1877. Les jeunes filles ont informé le prêtre, le prêtre Augustin Weichsl, qui à son tour informa l’évêque de Warmie, Philipp Krementz , qui nomma des comités spéciaux pour enquêter sur cet événement extraordinaire. 

Justyna Szafrynsk, qui avait 13 ans à l’époque et Barbara Samulowska qui en avait 12, étaient toutes les deux issues de familles pauvres, entrèrent toutes les deux chez les Filles de la Charité (Sœurs de saint Vincent de Paul)

Le 2 février 1889, elle prononce des voeux religieux solennels en prenant le nom religieux de Stanislaus Samulowska.  Au début de 1884, elle se rend à Paris où, le 19 janvier, elle commence son noviciat rue du Bac 140, à la chapelle des apparitions de la médaille miraculeuse. Après un séjour d’un an au Séminaire des Soeurs, elle a commence à travailler dans la crèche de la rue Maré, s’occupant des enfants. En  1895, elle est envoyée au Guatemala en Amérique centrale , en tant que professeur de jeunes sœurs de la miséricorde, les préparant au service hospitalier et aux soins pour les pauvres 

Barbara Samulowska,
soeur Stanislaus Samulowska en religion

En 1907, en raison de son état de santé, elle est transférée à Antigua , où elle soigne les malades à l’hôpital local . Deux ans plus tard, elle se rend à Paris pour un court repos, puis retourne à Antigua au Guatemala, s’occupant des pauvres de la ville et préparant les enfants à la première communion en tant que catéchiste. En 1913, elle est temporairement envoyée à l’hôpital de Quetzaltenango pour aider sa soeur malade, Thonluc. 

Après son retour à Antigua, elle tome malade de la fièvre typhoïde , mais après le traitement, elle récupère et revient des années plus tard comme supérieure à un hôpital de la capitale guatémaltèque . Elle y contribue à la reprise et à la renaissance du culte du Sauveur crucifié. Dans la chapelle de l’hôpital, il y avait une image grandeur nature du Christ crucifié, vénéré par les fidèles comme un « Jésus miséricordieux ». Au cours de cette période, au tournant des années 1917 et 1918, la capitale guatémaltèque subit des tremblements de terre après lesquels elle organisa l’ aide aux victimes.

En 1923, elle se rend de nouveau à Paris, puis se rend à Chełmno, d’où elle retourne au Guatemala où elle dirige également l’orphelinat pendant quelque temps. Elle décède le 6 décembre 1950 dans un hôpital du Guatemala à la suite d’un cancer malin au visage. Elle repose au cimetière au Guatemala.

Le 2 février 2005, l’archevêque Edmund Piszcz de Warmie inaugure le procès en béatification de sœur Stanisława Barbara Samulowska dans la basilique de Gietrzwałd.  

Justyna  Szafryńska,

justyna szafryńska,

Justyna, quant à elle, quitta la congrégation en 1897 et retourna à la vie laïque. En 1899, elle épousa Raymond Étienne Bigot à Paris. Après 1904, elle disparut sans laisser de traces et on ne sait rien de la suite de sa vie ni de l’endroit où elle repose.  Les visionnaires furent persécutées par le gouvernement local. 

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Le 27 Juin 1877 marque le début des apparitions de la Vierge à Gietrzwałd ; apparitions qui prendront fin le 16 septembre de la même année. Une nouvelle apparition se déroule le 30 Juin. À partir du mois de juillet, la Vierge apparaîtra tous les soirs aux deux jeunes filles, durant la récitation du Rosaire.

Nombre et durée des apparitions

La «Dame Blanche» est apparue plusieurs fois pendant trois mois, en 1877 à deux fillettes

Tonalité 

La Vierge apparaît à Gietrzwald avec tous les signes de sa royauté céleste : un trône en or constellé de diamants, une kyrielle d’anges, un sceptre et une couronne. Mais c’est l’enfant Jésus, tenu sur le genoux de la Vierge, qui tient le globe dans sa main. La croix, sans le corps du crucifié, que montre un ange, rappelle que c’est par le sang que Jésus a permis aux hommes de retrouver l’accès à son royaume. 

Emplacement des apparitions

Le 27 juin 1877, la jeune Justyna Szafryńska, 13 ans, entendant sonner les cloches de l’Angélus, récite la prière quand soudain elle voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc au niveau de l’érable du presbytère.

Récit 

Le 27 juin 1877. La jeune Justyna Szafryńska, 13 ans, une adolescente qui prépare sa communion, rentre chez elle après un rendez-vous avec le curé de la paroisse. Entendant les cloches sonner l’Angélus, elle récite la prière quand soudain elle voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc au niveau de l’érable du presbytère. La silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants.

Justyna voit aussi apparaître la silhouette éblouissante d’un ange, tout de blanc vêtu, avec des ailes en or. Aussitôt l’adolescente récite le « Je vous salue Marie ». Après cette prière, la silhouette se lève de son trône et monte au ciel aux côtés de l’ange. C’est le début des apparitions de la Vierge à Gietrzwałd, apparitions qui prendront fin le 16 septembre de la même année.  

Dès le début, la jeune fille raconte tout ce qu’elle a vu au prêtre, qui lui enjoint de retourner au même endroit le lendemain. Et une nouvelle fois, quand l’Angélus sonne, l’érable s’illumine à nouveau d’une grande lumière. Cette fois, il est entouré d’un cercle d’or, et un trône apparaît. Deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit.

Deux autres anges amènent l’Enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’Enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange enfin surplombe la scène et indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente.

Le 30 juin, la Vierge apparaît cette fois seule, sans être escortée par des anges. Elle apparaît aussi à Barbara Samulowska, 12 ans, qui accompagne Justyna. Barbara demande : « Que désirez-vous, Sainte Vierge ? » Elle reçoit cette réponse de Marie dans un dialecte local proche du polonais : « Je souhaite que vous puissiez prier tous les jours le chapelet. »

Le 1erjuillet, Justyna lui demande : « Qui êtes-vous ? » La Vierge lui répondit : « Je suis la Très Sainte Vierge Marie Immaculée. » Il est important de rappeler que les apparitions de Gietrzwałd ont eu lieu une vingtaine d’années seulement après celles de Lourdes, où la Mère de Dieu avait dit à Bernadette Soubirous : « Je suis l’Immaculée Conception », et à peine 23 ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par le pape Pie IX.  

À partir du mois de juillet, la Vierge apparaît tous les soirs aux deux jeunes filles durant la récitation du Rosaire. Parmi les questions diverses et variées qu’elles lui posent, certaines concernent la santé et le salut de certaines personnes. Mais il y eut aussi celle-ci : « L’Église du royaume de Pologne sera-t-elle libérée ? ».

Il faut savoir qu’au moment des apparitions, la Pologne actuelle était divisée entre la Prusse, l’Autriche et la Russie. A la fin du XIXe siècle, on assiste dans la région à un phénomène de germanisation et des lois défavorables à l’Églises catholiques sont adoptées. En 1873, la langue polonaise est même interdite dans les écoles de la région de Warmie. À cause du Kulturkampf, un conflit qui oppose le royaume de Prusse puis l’Empire allemand à l’Église catholique romaine, de nombreux prêtres catholiques rebelles ainsi que les congrégations religieuses sont repoussés loin de Warmie. Si bien que la rumeur des apparitions attire de nombreux pèlerins à Gietrzwałd.

Pendant les trois jours de la célébration de la Nativité de la Vierge, pas moins de 50 000 pèlerins affluent dans le village. Le 8 septembre 1877, la Vierge bénit une source où les pèlerins vont, depuis, se procurer de l’eau pour les personnes souffrantes ; ce qui occasionne un certain nombre de guérisons miraculeuses. Le 16 septembre, on installe une chapelle ainsi qu’une statue de la Vierge à l’endroit des apparitions. A l’époque, les relations avec la Prusse sont compliquées et les apparitions sont considérées comme un signal fort pour la défense du catholicisme et de la communauté polonaise en général.

De fait, les apparitions contribuent à un renouveau du sentiment national polonais. Mais elles ont aussi une portée universelle sur le plan religieux. Les fruits seront une authentique renaissance de la vie religieuse. Bien vite, on a vu chaque année à Gietrzwałd un grand nombre de fidèles aux 29 juin, 15 août et  8 septembre. Si bien qu’on a songé songer à agrandir le sanctuaire.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

La silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants. Au même endroit le lendemain, cette fois, deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Le 30 juin, la Vierge apparaît cette fois seule, sans être escortée par des anges. 

Attitudes de la Vierge

Après cette prière, la silhouette se lève de son trône et monte au ciel aux côtés de l’ange. Le 8 septembre 1877, la Vierge bénit une source où les pèlerins vont, depuis, se procurer de l’eau pour les personnes souffrantes.

Entendant les cloches sonner l’Angélus, elle récite la prière quand soudain elle voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc au niveau de l’érable du presbytère.

Paroles de la Vierge

Barbara demande : « Que désirez-vous, Sainte Vierge ? » Elle reçoit cette réponse de Marie dans un dialecte local proche du polonais : « Je souhaite que vous puissiez prier tous les jours le chapelet. » Le 1erjuillet, Justyna lui demande : « Qui êtes-vous ? » La Vierge lui répondit : « Je suis la Très Sainte Vierge Marie Immaculée. » 

Messages de la Vierge  

La prière est la condition pour que les « choses aillent mieux ! » Le 30 juin 1877, l’apparition dit, en polonais : « je désire que vous récitiez le rosaire*  tous les jours ». La réponse de la Vierge Marie fut toujours : « Priez et récitez le rosaire ; ( à cette condition…) les prêtres seront libérés ; les malades guériront ; la Pologne regagnera son indépendance. » 

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. Deux autres anges amènent l’Enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’Enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange enfin surplombe la scène et indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente. 

Eléments conformes aux autres apparitions 

Barbara voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc.  Justyna voit aussi apparaître la silhouette éblouissante d’un ange, tout de blanc vêtu, avec des ailes en or. La vierge apparaît avec l’enfant Jésus ; notre Dame demande aux fidèles de construire sur le lieu de son apparition une chapelle avec la statue de l’Immaculée Conception. Elle promet de bénir une source à l’orée de la forêt et encourage les gens à boire de l’eau miraculeuse qui génère des guérisons.Elle apparaît à proximité d’un arbre. Le corps des voyantes présente des caractéristiques spécifiques pendant les apparitions : leurs pouls ralentit, les extrémités de leur corps refroidissent et elles ont le regard totalement fixe. 

Eléments spécifiques

La silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants. Le lendemain, et une nouvelle fois, quand l’Angélus sonne, l’érable s’illumine à nouveau d’une grande lumière. Cette fois, il est entouré d’un cercle d’or, et un trône apparaît. Deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. Deux autres anges amènent l’Enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’Enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente. 

Lien avec d’autres apparitions 

A cause de la source et des guérisons miraculeuses, on dit que Gietrzwald est le Lourdes de la Pologne. Les deux voyantes entrent dans la même congrégation que celle de Catherine Labouré ( Apparition de la rue du Bac à Paris ) : les soeurs de Saint Vincent de Paul.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

10 septembre 1967, au nom du pape Paul VI, les cardinaux Wyszynski et Wojtyla, couronnent solennellement l’image sacrée. Le 1er septembre 1977, le centenaire de des apparitions est célébré par l’archevêque métropolitain de Cracovie, le cardinal Karol Wojtyła, futur pape Jean Paul II. Ce jour-là, l’évêque de Warnie, Józef Drzazga, reconnait solennellement la vénération de la Vierge Marie à Gietrzwałd. Il publie un décret validant la crédibilité des apparitions et proclame qu’elles sont conformes avec la foi et la morale chrétienne. Le 27 Juin est le jour anniversaire des apparitions de Gietrzwald.

Saint Jean Paul II

Le 2 février 2005 s’est déroulé à Gietrzwałd, une messe solennelle célébrée par l’archevêque Edmund Piszcz, pour le processus de béatification de Sr Stanisława Samulowska, à l’initiative de la Province polonaise de l’ ordre des chanoines du Latran , qui reprend le sanctuaire de Gietrzwałd. Un tribunal diocésain a été mis en place pour entendre 21 témoins en Pologne, en Allemagne et au Guatemala, et une commission historique et théologique, pour examiner la sainteté de la vie de Soeur Stanisława . 

Elle a désormais droit au titre de Servante de Dieu . Après près de deux ans de procédure, le 8 septembre 2006, dans la basilique de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie à Gietrzwałd, la cérémonie de clôture du processus de béatification au niveau diocésain, été clôturée par l’archevêque Wojciech Ziemba ; après quoi les dossiers du procès ont été transférés à la Congrégation pour la Cause des Saints à Rome.

Sanctuaire 

Le Sanctuaire de Gietrzwald a été construit entre 1878-1884. L’église a été érigée en 1970 par Paul VI en basilique mineure. Chaque année à Gietrzwałd un grand nombre de fidèles se rassemble les 29 juin, 15 août et  8 septembre.Le sanctuaire est sous la tutelle, depuis 1945, des prêtres chanoines. 

Le sanctuaire de Notre Dame de Warmia

Bosnie Herzégovine 1981 ; Notre Dame de Medjugorje.

Analyse

D’après de larges extraits du rapport de la commission pontificale sur Medjugorje, dévoilé dans un livre sorti en décembre en Italie, les experts du Vatican estiment qu’on ne peut attribuer aucun miracle au sanctuaire de Bosnie. Ils jugent aussi que les sept premières apparitions qui ont eu lieu sur ce site en 1981 peuvent être reconnues comme telles par l’Église, pas les autres. En Septembre 2024, Le Vatican est beaucoup plus sévère: il reconnaît le sanctuaire de Medjugorje pour ses «fruits spirituels» mais pas pour ses apparitions.

Loup Besmond de Senneville (à Rome), le 06/01/2022 à 12:54 / modifié le 06/01/2022 à 14:36/ Jean-Marie Guénois ( Le Figaro) le 19 Septembre 2024.

I – Généralités

Pays de l’apparition

Bosnie Herzégovine

Site 

Vue générale de Medjugorje
Par CJ — Bosnia and Herzegovina Apr-26-2012 173Uploaded by Smooth_O, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24911020

Međugorje ou Medjugorje est une paroisse catholique de la municipalité de Čitluk en Bosnie-Herzégovine

Désignation  

Notre Dame de Medjugorje

Contexte historique

L’histoire des apparitions a commencé en 1981. À l’époque, la Yougoslavie était encore sous régime communiste athée, et Međugorjen’était que la réunion de quelques hameaux qui vivaient essentiellement du tabac, de la vigne et de l’élevage.

II – Le ou les voyants (es) 

Les 6 voyants de Medjugorje, enfants
Les voyants, aujourd’hui
Mirjana Dragićević (aujourd’hui épouse Soldo)

Mirjana est née en 1965. En 1981, elle vit chez ses parents, à Sarajevo. Ce sont des catholiques pratiquants. Mirjana est en 2e année du secondaire et c’est une bonne élève. Dans sa classe, à peine quatre ou cinq élèves sont catholiques. Sarajevo est un milieu multiethnique et la majorité des jeunes ne prient pas. À cette époque, le régime communiste enseigne l’athéisme dans les écoles. Les croyants sont souvent exposés au mépris. Mirjana vit en retrait, ne s’expose pas. Elle passe ses vacances d’été à Medjugorje, chez sa grand-mère. Le premier jour des apparitions, Mirjana est en compagnie d’Ivanka.

C’est Ivanka qui voit la Vierge la première. Mirjana, une fille de la ville, ne croit pas avant de voir : « Mais quelle Gospa ? », s’exclame-t-elle. Mais dès qu’elle tourne son regard vers la colline, elle est convaincue. Et son émotion est intense ! Au début, Mirjana est très sensible à tout ce qu’on dit des voyants, ouvertement ou dans leur dos, concernant les rumeurs de maladie mentale ou de consommation de drogues. Les plus grands soupçons pèsent sur elle, car elle vient de Sarajevo : même les franciscains pensent qu’il faut l’éloigner, car elle aurait peut-être apporté de la drogue.

Mais bien vite, la certitude de voir la Vierge libère totalement Mirjana et lui permet de faire face à ces fausses accusations. Ses parents sont inquiets et ont peur pour elle. Aurait-elle perdu la raison ? Ils veulent la ramener à Sarajevo avec eux, mais elle ne se laisse pas faire : à Medjugorje, quelque chose d’irrésistible la retient sur place.

Plus que les autres voyants, Mirjana a été soumise à des interrogatoires par les franciscains : cinq entretiens en tout. Les apparitions quotidiennes ont cessé pour elle le 25 décembre 1982. La Vierge lui a alors promis qu’elle lui apparaîtrait une fois l’an, le jour de son anniversaire de naissance, le 18 mars. Par ailleurs, chaque deux du mois, depuis 1987, Mirjana prie avec la Vierge pour les incroyants, c’est-à-dire pour tous ceux qui n’ont pas encore rencontré l’Amour de Dieu. Depuis qu’elle est mariée, elle vit à Bijakovići, dans la paroisse de Medjugorje. Elle est mère de deux enfants. Parfois elle accepte des rencontres avec les pèlerins.

Ivanka Ivanković (aujourd’hui épouse Elez)

Ivanka est née en 1966, à Bijakovići. Elle étudie à Mostar où elle va à la messe tous les dimanches, prie régulièrement et fréquente le catéchisme. L’enseignement de la catéchèse qui se donne dans la paroisse franciscaine de Mostar est accompagné parfois du visionnement de films à caractère religieux, mais on ne parle pas d’apparitions. Ivanka entendra parler de Lourdes après avoir vu la Vierge. Au début des apparitions, Ivanka est en deuil de sa maman, décédée quelques mois plus tôt. Selon les dires d’Ivanka, la Vierge apparaît chaque soir : « Je vous dis que je l’ai vue. Peu importe qu’ils croient ou ne croient pas […] Mon père, c’est comme lorsque je vous parle face à face. » (28 juin 1981, en soirée) Ivanka ne sait pas pour quelle raison précise la Vierge lui apparaît à elle, mais elle est certaine qu’elle voit la Vierge Marie.

Si c’était Satan, il fuirait la prière et l’eau bénite, pense Ivanka. Le 29 juin 1981, les voyants sont emmenés à Mostar, au service psychiatrique du Docteur Dzudza. On menace de les interner dans un asile et de les séparer les uns des autres s’ils se rendent une fois de plus à la colline. Ivanka a très peur de l’hôpital, car cela lui rappelle sa maman si malade avant de mourir. À cause de cette peur de l’hôpital, elle promet au Père Zrinko Čuvalo qu’elle n’ira plus à la colline. « Mais l’heure venue, vers 17 h 30, je sentais que je devais y aller. Tout m’attirait là-haut. Je devais y aller. » (30 juin 1981) « Je ne regretterais même pas qu’on me tue parce que je vois Gospa. »(28 juin 1981) Ivanka parle de manière simple, convaincante et claire.

Elle ne se laisse confondre par rien ni personne. Peu importe si elle n’a pas de réponse à toutes les questions qu’on lui pose, peu importe ce qu’on peut penser d’elle : le fait de voir la Vierge la rend heureuse et l’incite à s’approcher plus souvent des sacrements. Elle a connu des apparitions quotidiennes jusqu’au 7 mai 1985. Depuis lors, elle a une rencontre avec la Vierge le jour de l’anniversaire des apparitions, soit le 25 juin de chaque année. Ivanka Ivanković Elez est mère de trois enfants. Elle vit dans le hameau Miletina, paroisse de Medjugorje. Son mari et elle ont une pension pour accueillir les pèlerins. Elle y travaille discrètement en tant que maîtresse de maison.

Jakov Čolo

Né en 1971. Il a dix ans à l’époque des événements et vit avec sa mère. Il vient de terminer sa quatrième annéeélémentaire. Jakov est le plus jeune du groupe des voyants dont l’âge varie entre 10 et 16 ansIl a eu des apparitions quotidiennes du 25.6.1981 au 12.9.1998.Le premier jour de l’apparition, Jakov n’est pas là. Le deuxième jour, il se trouve chez Marija ; il la suit au moment où, répondant à l’invitation de Vicka, elle se rend à la colline où la Vierge apparaît.

À travers les pierres et les buissons épineux, Jakov gravit la pente à une vitesse incroyable. Il ne sent rien et ne porte même pas trace d’une égratignure. Ce sera pour lui un signe étonnant. Jakov est particulièrement heureux de voir la Vierge : « Maintenant je dis, je l’ai dit : maintenant que j’ai vu Gospa, je ne regretterais pas de mourir. » (27 juin 1981) Il est émerveillé par la beauté de la Vierge: « Comme elle est belle ! » Et par sa voix: « Elle parle comme si elle chantait. » Jakov n’a aucun doute : il voit la Vierge. Il est prêt à mourir pour en témoigner.

« Maman, j’irai [à la colline] même si tu me tues. Tu peux me tuer j’irai de nouveau. » (27 juin 1981) Du 25 juin 1981 au 12 septembre 1998, Jakov confirme avoir eu des apparitions quotidiennes. Depuis, il a une rencontre annuelle avec la Sainte Vierge, à Noël. Marié et père de trois enfants, il vit à Bijakovići, paroisse de Medjugorje. Jakov prend soin de sa jeune famille et considère que dans le mariage aussi, on peut se consacrer à Dieu.

Il rencontre occasionnellement les pèlerins. « C’est moi qui avais le moins espéré que la Vierge puisse m’apparaître, a-t-il déclaré ; on me voyait à peine, mais moi je la voyais. » Il dira plus tard que la Vierge a remplacé son père et sa mère, décédés alors qu’il était encore jeune.

Yakov Colo
Ivan Dragićević

Né en 1965, il a seize ans au début des apparitions. En cet après-midi du 24 juin 1981, il va chercher des pommes après avoir joué au football avec son copain, Ivan Ivanković. Sur le chemin du retour, ils rencontrent quelques filles du village qui leur disent voir la Vierge. Après l’avoir aperçue lui aussi, il court, apeuré, à la maison. Mais l’apparition qu’il a entrevue rapidement sur la colline de Crnica l’attire et le poursuit dans ses pensées durant toute la nuit, jusqu’au lendemain.

Ivan est un garçon solitaire. Il ne parle pas beaucoup, ne se dévoile pas. Il a de la difficulté à exprimer ses sentiments et sa conversation est entrecoupée de silences. Il ne répond pas à toutes les questions, mais affirme sans réserve ce qu’il voit. La sobriété de ses paroles n’amoindrit pas la force de son expérience.

Quoique craintif et timide, Ivan est inébranlable dans son témoignage de la vision. Dans la famille Dragićević, tous les jours on récite les prières. Depuis qu’il voit la Vierge, Ivan a pris davantage conscience de sa foi. Ivan est fasciné par la beauté de la Vierge : « Je la regarderais seulement. » (28 juin 1981, en soirée) Il est aujourd’hui marié et père de quatre enfants. Ivan affirme voir la Vierge tous les jours.

Craintif et réservé au début, il a acquis de l’assurance et de la confiance en lui ; il est devenu un véritable ambassadeur de la Vierge à travers le monde. Il est particulièrement préoccupé par le problème des jeunes et, en conséquence, par la problématique familiale. Avec son groupe de prière, il continue de prier aux intentions de la Vierge. Il vit six mois à Medjugorje et six autres à Boston.

Yvan Dragicevic
Vicka Ivanković (aujourd’hui épouse Mijatović)

Vicka est l’aînée des voyants. Née en 1964, elle vient d’une famille nombreuse et pauvre. Comme la majorité des pères de famille du village à cette époque-là, le sien travaille en Allemagne. Vicka est en première année de technique du textile à Mostar. Cet été 1981, elle suit un cours de rattrapage en mathématiques. En la fête de saint Jean-Baptiste, le 24 juin, Vicka convient avec Mirjana et Ivanka d’aller en promenade.

Mais Vicka est en retard au rendez-vous. En effet, au retour de son examen à Mostar, par cette chaude journée d’été, elle souhaite se reposer un peu. Quelques heures plus tard, courant à la rencontre de ses amies, une surprise l’attend et elle entrera, elle aussi, sur la scène de l’événement.

Après le premier choc et la peur de l’inconnu, Vicka deviendra et restera un audacieux témoin de ce qu’elle a vu. Sa voix énergique se fait valoir dans le groupe d’enfants. Sûre d’elle, elle va déclarer : « Nous savons ce que nous disons. Nous sommes plus que certains. » (30 juin 1981, en matinée) Un désir irrésistible l’attire à la colline ; elle n’a peur de rien: « Si quelqu’un me dit qu’il va me tuer, je la [Gospa] regarderais encore.

Que j’aille en prison, nous irons tous. » (28 juin 1981, en matinée) Seule la Vierge retient toute son attention et Vicka développe avec elle une fidèle amitié de joie et de croix à long terme. Elle affirme toujours avoir des apparitions quotidiennes. Elle est mariée et mère de deux enfants. Vicka aime parler aux pèlerins afin de transmettre au plus grand nombre les messages de Marie.

Vicka Ivankovic
Marija Pavlović (aujourd’hui épouse Lunetti)

Née en 1965. En 1981, Marija va sur ses seize ans. Elle est en première année de coiffure pour hommes, à Mostar. Elle suit un cours de récupération dans une des matières académiques. Marija vient d’une famille nombreuse et pauvre. Le père et les frères aînés travaillent en Allemagne. Marija manque rarement sa messe du dimanche à Mostar et son catéchisme. À la maison, il lui arrive de remplacer sa maman dans les travaux ménagers. Elle considère que le travail bien fait et offert à Dieu est aussi une prière. Elle aime la lecture pieuse. Pendant les vacances d’été, Marija rencontre souvent Vicka, Ivanka et Mirjana. Mais le 24 juin 1981, elle n’était pas avec elles en promenade.

C’est sa sœur Milka qui, en allant chercher les moutons en dehors du village, à l’endroit nommé Podbrdo, (au pied de la colline) rencontrera Ivanka et Mirjana. Son regard, ce jour-là, s’arrêtera sur l’apparition lumineuse à la colline, et l’image qu’elle verra, pour la première et la dernière fois, restera gravée dans sa mémoire. Le lendemain, à la place de Milka, sa sœur Marija se joindra au groupe d’enfants. Le premier soir, Marija a de la difficulté à croire que ses amies et sa sœur ont vu la Vierge. Mais le deuxième jour, dès que la Vierge réapparaît et que Vicka accourt la chercher, elle partira en courant à la colline, comme portée par le vent. Marija ne peut décrire ce qu’elle ressent en regardant la Vierge. Les mots lui manquent.

Ce qu’elle voit et ce qu’elle vit n’est comparable à rien d’ici-bas. Le troisième jour, Marija a une apparition alors qu’elle est seule. En descendant la colline, la Vierge lui apparaît avec au-dessus d’elle, une grande croix. Cette croix est grise, de la même couleur que la robe de la Vierge. La Vierge lui adresse alors un important message de paix et de réconciliation. Le vingt-cinq de chaque mois, Marija transmet le message de la Vierge destiné à la paroisse et au monde. Marija est mariée et mère de quatre garçons. Elle vit en Italie, mais se rend souvent à Medjugorje. Où qu’elle se trouve, Marija prie avec les pèlerins ou dans des groupes de prière, aux intentions de la Vierge.

Marija Pavlovic

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Depuis le 24 juin 1981

Nombre et durée des apparitions

Marie de Nazareth y apparaîtrait à six Croates d’Herzégovine depuis le 24 juin 1981. Elle n’est pas toujours apparue au même endroit, ni au même groupe, ni aux mêmes personnes et ses venues n’ont pas toujours correspondu à une durée précise. Parfois les apparitions ont duré deux minutes, parfois une heure.

Nature de l’Apparition (privée ou publique)

Selon le site de Medjugorje,la Sainte Vierge n’est jamais apparue selon la volonté des voyants. Parfois ils priaient et attendaient mais la Sainte Vierge n’apparaissait pas tout de suite. Et parfois elle apparaissait à l’un et pas aux autres. Si elle n’avait pas promis une heure de rendez-vous, personne ne savait quand elle apparaitrait, ni même si elle apparaitrait. Elle n’apparaissait pas non plus toujours uniquement aux voyants déjà mentionnés, mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents

Emplacement des apparitions

Du 24 au 29 juin 1981, les apparitions ont lieu sur le Mont Crnica..Par la suite, le lieu des apparitions sera variable, tantôt à peu près à mi-chemin du lieu des apparitions, tantôt à l’église, tantôt dans une pièce attenante à la sacristie et enfin à partir de mars 1985 au presbytère, l’évêque de Mostar ayant interdit toute apparition dans les lieux attenants à l’église. Par la suite, le lieu des apparitions va grandement se diversifier, les voyants affirmant avoir désormais des apparitions individuelles (quotidiennes pour certains, mensuelles ou annuelles pour d’autres). Ces apparitions se produiraient à l’endroit où se trouvent les voyants.Le curé de la paroisse lui-même, tandis qu’il priait le rosaire dans son église, vit la Sainte Vierge.

Récit 

L’histoire des apparitions a commencé en 1981. À l’époque, la Yougoslavie était encore sous régime communiste athée, et Međugorjen’était que la réunion de quelques hameaux qui vivaient essentiellement du tabac, de la vigne et de l’élevage. Un désaccord subsiste sur le récit des premiers jours du phénomène. Selon le Dictionnaire des « apparitions » de la Vierge Marie (ouvrage collectif réalisé sous la direction de René Laurentin et Patrick Sbalchiero), le mercredi 24 juin 1981, Ivanka Ivanković (née le 21 juin 1966), Mirjana Dragićević (née le 18 mars 1965), Vicka Ivanković (née le 3 septembre 1964), Milka Pavlović (née entre 1966 et 1968), Ivan Ivanković (né entre 1960 et 1962) et Ivan Dragićević (né le 25 mai 1965), partis sur la route de Bijakovici à Cilici, déclarèrent avoir aperçu sur la colline de Podbrdo une « silhouette lumineuse ».

Le lendemain, reviennent Ivanka, Mirjana, Vicka avec Jakov Čolo (né le 6 mars 1971) et Marija Pavlović (née le 1er avril 1965, sœur de Milka). Ils escaladent la colline et convergent avec Ivan Dragićević, venu par un autre chemin. Le groupe des six voyants est ainsi définitivement constitué. Or, d’autres sources provenant principalement des dix-sept interrogatoires des visionnaires enregistrés les 27, 28, 29 et 30 juin 1981 contredisent certains points. Ainsi, Ivan Ivanković a lui-même déclaré le 18 mai 1986 qu’il n’avait jamais vu la Vierge : 

« Lorsque le père Milan Mikulic […] eut demandé à Ivan s’il avait vu la Gospa le 24 juin 1981, ce dernier lui répondit : « Je vous ai dit hier que je ne l’avais jamais vue ! » ». De même, Ivan Dragicevic ne dit pas dans ses premières déclarations qu’il a vu la Vierge portant un enfant mais simplement : « une lumière ». Il n’était pas non plus présent le deuxième jour : « Le premier soir j’étais avec elles. Le deuxième soir, je n’y étais pas. » et « Le deuxième soir, je n’y suis pas allé. Je travaillais aux champs, je ramassais les feuilles de tabac. »

Après avoir entendu le récit, et d’abord suspicieux, le père Jozo Zovko, curé de la paroisse, croira relativement vite à l’authenticité de ces apparitions. Dans le contexte politique de l’époque, cette histoire n’est pas prise à la légère par le pouvoir communiste. Le Père Jozo est arrêté et condamné à trois ans de prison. Il est relâché un an et demi après. Mais, très vite, des pèlerins commencent à affluer du monde entier.

Des scientifiques (comme le cancérologue français Henri Joyeux) et des théologiens (comme le Père René Laurentin, spécialiste en mariologie) s’intéressent au phénomène et finalement le pouvoir relâche la pression. La paroisse de Međugorje est à la charge pastorale des franciscains, historiquement influents dans cette région (l’Herzégovine).

Le récit selon le site web de Medjugorje

Le premier jour
Ils virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras.

Ce jour-là, vers 18h00, sur la colline de Crnica, connue sous le nom de Podbrdo, les enfants – Ivanka Ivanković, Mirjana Dragićević, Vicka Ivanković, Ivan Dragićević, Ivan Ivanković et Milka Pavlović – virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras. Elle ne leur dit rien mais leur indiqua par gestes qu’ils devaient s’approcher. Surpris, effrayés, ils eurent peur de s’approcher, même s’ils pensèrent immédiatement que c’était la Vierge.

Croix bleue plantée sur la colline de Podbrdo
Par gnuckx — Blue Cross Apparition Site – Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx – Podbrdo, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526404
Par gnuckx — Krizevac Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526423
Krizevac La colline qui surmonte Medjugorje. Les fidèles y montent en méditant le chemin de croix. Krizevac est devenu un lieu privilégié pour méditer la passion du Christ, le Calvaire du sanctuaire de Medjugorje.
Le deuxième jour

Le deuxième jour, le 25 Juin 1981, les enfants se donnèrent rendez-vous à l’endroit même où la Vierge était apparue, dans l’espoir de la revoir. Tout à coup, il y eu un flash de lumière. Les enfants levèrent les yeux et virent la Vierge Marie, cette fois sans l’enfant. Elle était souriante et joyeuse et incroyablement belle. D’un geste de la main, elle leur indiqua de s’approcher. Les enfants se prirent par la main et se dirigèrent vers elle. Ils tombèrent immédiatement à genoux et commencèrent alors à prier un « Notre Père, un Je vous salue Marie et un Gloire au Père ». La Sainte Vierge pria avec eux à l’exception du « Je vous salue Marie ».

Après la prière, elle commença à parler avec les enfants. Ivanka, la première, lui demanda des nouvelles de sa mère, décédée deux mois auparavant. Mirjana lui demanda alors si elle pouvait donner un signe pour montrer au peuple qu’ils n’étaient ni menteurs ni fous comme certaines personnes le prétendaient. La Sainte Vierge les quitta finalement en leur disant : « Dieu soit avec vous, mes chers enfants! » Avant cela, lorsque les enfants lui demandèrent s’ils la reverraient le lendemain, elle approuva d’un signe de tête. Selon les voyants la rencontre était indescriptible.

Ce jour-là, deux enfants qui formaient le groupe initial manquaient : Ivan Ivanković et Milka Pavlović. Ils furent remplacés par deux autres: Marija Pavlović et Jakov Čolo. Depuis ce jour, selon le témoignage des voyants, la Sainte Vierge leur apparait régulièrement. Milka Pavlović et Ivan Ivanković, qui étaient présents le premier jour des apparitions, ne virent plus la Vierge, même s’ils retournèrent sur le lieu des apparitions dans l’espoir de la revoir. 

Le troisième jour

Le 26 Juin 1981, les enfants impatients attendaient 18h00, heure à laquelle elle était apparue auparavant. Ils se rendirent sur le même lieu pour la rencontrer. Ils étaient très heureux, bien que leur joie fût mêlée de crainte car ils se demandaient quelle serait l’issue de tout cela. Malgré la crainte, les enfants ressentirent une force profonde les attirant à aller rencontrer la Vierge. Soudain, alors que les enfants étaient encore sur le chemin, un flash de lumière apparut à trois reprises. Pour eux et pour ceux qui les suivaient c’était un signe indiquant la venue de la Vierge.

Ce troisième jour, la Vierge apparut plus haut sur la colline que le jour précédent. Immédiatement, la Vierge disparut. Mais lorsque les enfants commencèrent à prier, elle réapparut de nouveau. Elle était joyeuse et souriait sereinement et une fois de plus sa beauté était indescriptible. Tandis qu’ils quittaient leurs maisons, quelques personnes âgées leur conseillèrent d’apporter avec eux de l’eau bénite afin de s’assurer que ce n’était pas Satan. Lorsqu’ils furent avec la Vierge, Vicka pris de l’eau et en dirigea vers l’apparition en disant : « Si tu es la Sainte Vierge, s’il te plait reste mais si tu ne l’est pas, va-t-en ! » La Sainte Vierge sourit et demeura avec les enfants.

Puis Mirjana lui demanda son nom et elle répondit : « Je suis la Bienheureuse Vierge Marie ». Le même jour, en descendant du Podbrdo, la Vierge apparut une fois de plus, cette fois uniquement à Marija en disant : « Paix, paix, paix, seulement la paix. » Derrière elle, Marija vit une croix. Après cela, la Sainte Vierge répéta, en larmes, les paroles suivantes : « La paix doit régner entre Dieu et les hommes, et entre les hommes. » L’endroit où cela s’est déroulé est à peu près à mi-chemin du lieu des apparitions. 

Le quatrième jour

Le 27 Juin 1981, la Sainte Vierge apparut trois fois aux enfants. A cette occasion les enfants posèrent toutes sortes de questions et la Sainte Vierge y répondit. Pour les prêtres, elle donna ce message : « Qu’ils soient persévérants dans la foi et qu’ils protègent la foi du peuple ! » Une fois de plus, Jakov et Mirjana demandèrent un signe car la population commençait à les accuser de mensonge et de prendre des drogues. « N’ayez peur de rien ! » répondit la Sainte Vierge. Avant de partir, lorsqu’ils lui demandèrent si elle reviendrait, elle leur répondit affirmativement.

En descendant du Podbrdo, la Sainte Vierge apparut une fois de plus pour leur dire au-revoir en disant : « Que Dieu soit avec vous, mes anges, allez dans la paix de Dieu ! »Le 28 Juin 1981, une foule importante se rassembla dès les premières heures du matin. A midi, ils étaient près de 15 000 personnes. Ce même jour, le curé de la paroisse, le P. Jozo Zovko, interrogea les enfants sur ce qu’ils avaient vu et entendu les jours précèdents. A l’heure habituelle, la Sainte Vierge apparut. Les enfants prièrent avec elle, après quoi ils lui posèrent certaines questions. Vicka, par exemple, demanda : « Chère Gospa, qu’attends-tu de nous et de nos prêtres ? » La Vierge lui répondit : « Le peuple doit prier et croire fermement ».

En ce qui concerne les prêtres, elle répondit qu’ils devaient croire fermement et aider les autres à faire de même. Ce jour-là, la Vierge disparait et réapparait à plusieurs reprises. Durant une des apparitions, les enfants lui demandèrent pourquoi elle n’apparaissait pas dans l’église afin que tous puissent la voir. Elle répondit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu! »

Le cinquième jour

Le 28 Juin 1981, une foule importante se rassembla dès les premières heures du matin. A midi, ils étaient près de 15 000 personnes. Ce même jour, le curé de la paroisse, le P. Jozo Zovko, interrogea les enfants sur ce qu’ils avaient vu et entendu les jours précèdents. A l’heure habituelle, la Sainte Vierge apparut. Les enfants prièrent avec elle, après quoi ils lui posèrent certaines questions. Bien que la foule les assaillait de questions et que ce jour fut particulièrement chaud et lourd, les voyants étaient comme au ciel.

Le sixième jour

Le 29 Juin 1981, les enfants furent emmenés à Mostar pour un examen médical et furent déclarés « en bonne santé ». La conclusion du médecin-chef fut : « Les enfants ne sont pas fous comme le pensaient les personnes qui les ont amenés ici … »La foule sur la montagne des apparitions fut plus nombreuse que jamais. Dès que les enfants arrivèrent sur place et commencèrent à prier, la Sainte Vierge apparut. A cette occasion, la Sainte Vierge les exhorta à la foi en disant : « Que le peuple croit fermement et ne craigne rien. »

Le septième jour

Le 30 Juin 1981, deux jeunes filles suggérèrent aux enfants de s’en aller en voiture pour une petite promenade. Leurs intentions réelles étaient, en fait, de les éloigner de l’endroit des apparitions et de les garder avec elles jusqu’à ce que l’heure de l’apparition soit passée. Cependant, même si les enfants étaient loin de Podbrdo, à l’heure habituelle de l’apparition, ce fut comme un appel intérieur qui les appelait à sortir de la voiture.

Dès qu’ils l’eurent fait, ils se mirent en prière, la Sainte Vierge se dirigea alors vers eux venant de Podbrdo qui se trouve environ à un kilomètre de là. Elle pria sept « Notre Père » etc. Ainsi la ruse des jeunes filles n’eut pas l’effet escompté. Peu après cela, la police commença à empêcher l’accès de la colline des apparitions, Podbrdo, aux enfants et aux pèlerins. Les enfants, puis bientôt la foule furent empêchés d’y aller. Mais la Vierge continua de leur apparaître dans des endroits secrets, chez eux ou dans les champs. Les enfants avaient acquis une certaine confiance et parlait ouvertement avec elle, attendant avec impatience ses conseils, écoutant ses avertissements et ses messages.

Les événements de Medjugorje continuèrent de cette manière jusqu’au 15 Janvier 1982. Jusqu’à cette date, le curé de la paroisse commença à accueillir les pèlerins dans l’église, leur permettant de prier le rosaire et de participer à l’Eucharistie. Les enfants participaient également au rosaire. La Sainte Vierge leur apparaissait parfois dans l’église à cette heure. Le curé de la paroisse lui-même, tandis qu’il priait le rosaire, vit la Sainte Vierge. Immédiatement, il arrêta sa prière et commença spontanément à chanter un hymne populaire « Lijepa si, lijepa Djevo Marijo » ;

« Tu es toute belle, Bienheureuse Vierge Marie ». L’église tout entière s’aperçut que quelque chose d’inhabituel se passait. Puis, il témoigna qu’il l’avait vue, lui qui, jusqu’alors, n’avait pas seulement été sceptique mais ouvertement contre les rumeurs d’apparitions, devint leur plus grand défenseur ! Il témoigna de son soutien aux apparitions jusqu’au point d’être emprisonné. 

A partir du 15 Janvier 1982, les enfants accueillirent la Sainte Vierge dans une pièce de l’église paroissiale. Le curé mit cela en place à cause de nouvelles difficultés qui surgissaient et parfois même de réels dangers qui attendaient les voyants. Auparavant, les enfants s’étaient assurés que tout cela était en accord avec les désirs de la Sainte Vierge. Vu l’interdiction de l’Evêque diocésain, d’Avril 1985, les enfants cessèrent d’utiliser l’endroit de l’église comme lieu d’apparition.

Désormais, ils se rendirent dans une pièce de la maison paroissiale. Depuis le début des apparitions jusqu’à aujourd’hui, il n’y eut que cinq jours durant lesquels aucun des enfants ne vit la Vierge. Elle n’est pas toujours apparue au même endroit, ni au même groupe, ni aux mêmes personnes et ses venues n’ont pas toujours correspondu à une durée précise. Parfois les apparitions ont duré deux minutes, parfois une heure. La Sainte Vierge n’est jamais apparue selon la volonté des voyants. Parfois ils priaient et attendaient mais la Sainte Vierge n’apparaissait pas tout de suite.

Et parfois elle apparaissait à l’un et pas aux autres. Si elle n’avait pas promis une heure de rendez-vous, personne ne savait quand elle apparaitrait, ni même si elle apparaitrait. Elle n’apparaissait pas non plus toujours uniquement aux voyants déjà mentionnés, mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents. Tout cela nous montre que les apparitions ne sont pas un produit de l’imagination. Cela ne dépend jamais de l’heure ni de l’endroit, ni du désir ou de la prière des pèlerins ou des voyants, mais bien plus de la volonté de Celui qui permet ces événements.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Ils virent une jeune femme particulièrement belle portant un enfant dans ses bras. Le lendemain, les enfants levèrent les yeux et virent la Vierge Marie, cette fois sans l’enfant. Elle était incroyablement belle. Le troisième jour, lorsque les enfants commencèrent à prier, elle réapparut de nouveauUne fois de plus sa beauté était indescriptible. 

Notre Dame de Medjugorje

Attitudes de la Vierge

Elle ne leur dit rien mais leur indiqua par gestes qu’ils devaient s’approcher. Le lendemain, la Vierge, d’un geste de la main, leur indiqua de s’approcher. La Sainte Vierge pria avec eux à l’exception du « Je vous salue Marie ». La Sainte Vierge se dirigea alors vers eux venant de Podbrdo qui se trouve environ à un kilomètre de là. Elle pria sept « Notre Père ». Derrière elle, Marija vit une croix. Après cela, la Sainte Vierge répéta, en larmes, les paroles suivantes : « La paix doit régner entre Dieu et les hommes, et entre les hommes. » Elle était souriante et joyeuse.Elle était joyeuse et souriait sereinement.

Paroles de la Vierge

« Dieu soit avec vous, mes chers enfants! » 

« Je suis la Bienheureuse Vierge Marie ». 

« Paix, paix, paix, seulement la paix. » 

« La paix doit régner entre Dieu et les hommes et entre les hommes. » 

« Qu’ils soient persévérants dans la foi et qu’ils protègent la foi du peuple.  

« N’ayez peur de rien ! » 

« Que Dieu soit avec vous, mes anges, allez dans la paix de Dieu

« Le peuple doit prier et croire fermement »

« Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »

« Que le peuple croit fermement et ne craigne rien. »

Messages de la Vierge  

L’essentiel du message de la Vierge est un appel à la paix. Il est vrai que le contexte s’y prête car la guerre va bientôt submerger la région. La prière figure au nombre des recommandations ainsi que l’appel à la Foi. René Laurentin fournit une longue compilation des messages qu’aurait livré la Gospa (Gospa signifie Notre-Dame en croate) entre 1981 et 1984.

Il reste toutefois difficile de se faire une idée précise de leur teneur exacte ; les messages semblant avoir fait l’objet de réécritures postérieures à leur enregistrement. En outre, dès l’été 1981 les voyants prétendent avoir des apparitions personnalisées avec des messages différents, ce qui empêche toute comparaison. Certains commentateurs notent toutefois que le contenu des révélations antérieures à 1984 révélerait des aberrations et des erreurs doctrinales qui mettent en doute leur véracité.

Bouflet note aussi qu’à plusieurs reprises, la Vierge aurait pris parti en faveur des franciscains de Medjugorje dans la querelle qui les a opposés à l’évêque de Mostar, ordinaire du lieu, fait qui ne s’est jamais produit dans une apparition reconnue par l’Église, mais qui a été constaté dans des apparitions non reconnues. Par exemple, le 16 avril 1982, Vicka écrit que la Vierge lui a répondu : 

« L’Évêque n’agit pas en cela avec Dieu, ni dans la charité, ni dans l’amour de Dieu. Qu’Ivica et Ivan ne se polarisent pas sur l’Évêque qui les charge d’un grand fardeau pour se débarrasser d’eux. Il a commencé par les plus jeunes et poursuit son plan. Je sais que c’est pour eux un rude coup. (…) Ce que fait l’Évêque n’est pas selon la volonté de Dieu à l’égard d’innocents, sans aucune faute et si blâmés, cela Dieu ne le permettrait pas. (…) ». 

Selon Joachim Bouflet, le message original de Medjugorje aurait insisté sur la réconciliation, ce qui aurait une signification très particulière, compte tenu du fait que les apparitions initiales eurent lieu à proximité d’un endroit où au cours de la Seconde Guerre mondiale plusieurs centaines personnes furent massacrées par les oustachis. Les franciscains qui se chargèrent de la « gestion » du phénomène auraient en fait escamoté cet aspect particulier du message de nature à remettre en cause la conduite d’une partie des membres de leur ordre au cours de la Seconde Guerre mondiale. 

Les messages de la Vierge selon le site de Medjugorje 

Selon le témoignage concordant des voyants, la Sainte Vierge, durant ses apparitions, a donné une série de messages à transmettre aux hommes. Bien qu’il y ait de nombreux messages, ils peuvent être regroupés en cinq thèmes, car tous les messages soulignent fondamentalement ou rejoignent ces cinq thèmes.

La Paix

Déjà le troisième jour, la Sainte Vierge mit l’accent sur la paix comme le premier de ses messages: « Paix, paix, paix, seulement la paix ! » après quoi elle ajouta à deux reprises « La paix doit régner entre Dieu et les hommes et entre les hommes ». Etant donné que Marija a pu voir une croix, lorsque la Sainte Vierge donna ce message, la conclusion évidente est que la Paix vient de Dieu. 

Dieu, qui à travers la Vierge, en Christ devint notre paix. (Ephésiens 2:14) « car c’est lui qui est notre paix au milieu de nous »… Cette paix « le monde ne peut la donner » (Jean 14:27) et c’est pour cela que le Christ a commandé à ses apôtres de la porter au monde (Matthieu 10:11) afin que tout homme puisse devenir « Fils de paix » (Luc 10:6). 

La Foi

Le second message de la Sainte Vierge est la foi. Déjà, les quatrième, cinquième et sixième jours, la Sainte Vierge exhorta les personnes présentes à avoir une foi ferme. Elle répéta ce message à plusieurs reprises. Sans foi nous ne pouvons parvenir à la paix ! Une fois de plus, personne mieux que la Sainte Vierge ne peut comprendre la nécessité et l’efficacité de la foi. C’est pourquoi elle met l’accent sur ce thème à chaque occasion et missionne les voyants d’apporter la lumière de la foi aux autres. 

La Conversion

La conversion est l’un des messages fréquents de la Sainte Vierge. Cela présuppose qu’elle a noté une fragilité ou un manque complet de foi dans notre monde d’aujourd’hui. Sans conversion il est impossible d’acquérir la paix. Pour cette raison, la Vierge suggère continuellement de recourir à la confession fréquente. L’invitation est adressée à tous sans différenciation car « personne n’est juste »…. 

La Prière

Quasi quotidiennement, depuis le cinquième jour des apparitions, la Sainte Vierge recommande la prière. Elle demande à tous de « prier sans cesse » tout comme le Christ lui-même nous l’a enseigné. (Marc 9:29, Matthieu 9:38, Luc 11: 5-13) 

Le Jeûne

Déjà le sixième jour des apparitions, la Sainte Vierge a souvent recommandé de jeûner car cela fortifie notre foi. La pratique du jeûne assure et aide au contrôle de soi-même. Seule la personne qui se contrôle elle-même est véritablement libre et capable de s’abandonner à Dieu et au prochain, comme la foi le demande. 

En résumé, on peut dire que les messages de la Sainte Vierge soulignent le fait que la paix est au dessus de tout et que la foi, la conversion, la prière et le jeûne sont les moyens qui nous permettent de l’atteindre.

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Ce jour-là, une femme médecin qui avait suivi et observé les enfants, désira toucher la Sainte Vierge pendant l’apparition. Les enfants guidèrent sa main à l’endroit où se trouvait l’épaule de la Vierge et elle ressentit un picotement. Le médecin, bien que se déclarant athée, admit après cela : « Ici se passe quelque chose d’étrange! » Le même jour un enfant, Danijel Šetka, fut miraculeusement guéri. Ses parents l’avaient amené à Medjugorje pour prier spécialement pour sa guérison. La Sainte Vierge avait promis que cela arriverait si les parents priaient et jeûnaient avec une foi ferme. L’enfant fut effectivement guéri.

Eléments conformes aux autres apparitions 

La croix aperçue derrière la Vierge comme à Amsterdam ainsi que les appels à la paix et à la prière. 

L’incroyable beauté de la Vierge

Eléments spécifiques

Le nombre des voyants et leur âge 

Le caractère individualisé des messages 

La critique de la Vierge à l’égard de l’évêque du lieu défavorable à la réalité des apparitions. 

La vie personnelle des voyants après les apparitions

Le fait qu’une tierce personne (femme médecin) puisse « toucher » l’épaule de la Vierge 

L’air « joyeux » de la Vierge 

Elle n’apparait pas uniquement aux voyants mais également à d’autres personnes d’âges, de taille, de race, d’éducation et d’état de vie différents.

La dissension entre les bénédictins et l’évêque de Mostar.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Le 14 mai 1988, la sous-commission médicale de la Conférence des évêques de l’ex-Yougoslavie émet la déclaration suivante : « La sous-commission médico-psychologique professionnelle pour établir le statut psychologique des « voyants » de Medjugorje, à la suite de recherches dans la documentation médicale existante à ce jour, et après des examens effectués sur les personnes suivantes : Vicka Ivankovic, Ivan Dragicevic, Mirjana Dragicevic, Marija Pavlovic, Ivanka Ivankovic, Jakov Colo, et selon des critères en usage à la Congrégation pour la Doctrine de la foi, en date du 25 mars 1978, a établi ce qui suit :

1 – Toutes les personnes examinées sont psychiquement équilibrées.

2 – Il n’existe pas de maladie psychique ou inclination psychopathologique qui auraient pu influencer ce supposé événement surnaturel. Il n’existe pas non plus de psychose ni d’hystérie collective ou d’autres phénomènes de ce genre. Les membres soussignés joignent en annexe leurs propres appréciations sur les personnes examinées. »

En juin 2015, le pape François annonce avoir reçu les conclusions de l’enquête. Faisant suite à ces conclusions, il nomme Mgr Henryk Hoser au poste « d’envoyé spécial du Saint-Siège pour Medjugorje » le 11 février 2017. Sa mission, exclusivement pastorale, est « d’acquérir des connaissances plus approfondies de la situation pastorale de cette réalité, et surtout, des exigences des fidèles qui se rendent en pèlerinage, et, à partir de cela, suggérer des initiatives pastorales pour le futur ».

Mgr Hoser n’aura donc pas à traiter des apparitions mariales qui sont de la compétence de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il a clairement indiqué aux fidèles qu’il était chargé d’une enquête pastorale qui ne remet en cause ni la dévotion mariale locale ni le jugement officiel de l’Église sur les apparitions qui reste inchangé depuis la déclaration officielle des évêques de l’ex-Yougoslavie en 1991.

Le 13 mai 2017, dans l’avion qui le ramène de Fátima, le pape François évoque les travaux de la commission d’enquête internationale dont il loue le « très bon travail ». Il explique qu’il faut distinguer trois choses, à savoir d’une part les premières apparitions aux enfants sur lesquelles l’enquête doit se poursuivre, d’autre part les apparitions actuelles pour lesquelles « l’enquête émet des doutes » et enfin le « le fait spirituel et pastoral » au sujet duquel il rappelle qu’il a chargé Mgr Henryk Hoser d’enquêter et de lui remettre un rapport. Le 8 décembre 2017, le pape François a accepté la renonciation de Mgr Henryk Hoser, ayant atteint 75 ans, l’âge canonique de la retraite. Mgr Romuald Kaminski a été nommé à sa place à la tête du diocèse de Varsovie-Praga.

La position actuelle de Rome sur les apparitions à Medjugorje  

La position de Rome- dans l’attente d’une éventuelle reconnaissance de tout ou partie de ces apparitions – reste celle officiellement précisée par la réponse en date du 26 mai 1998 de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Mgr Gilbert Aubry, qui précise : « en ce qui concerne la crédulité des « apparitions » en question, le Saint Siège s’en tient simplement à ce qui a été établi par les Evêques de l’ex-Yougoslavie dans la déclaration de Zadar du 10 avril 1991 : « … sur la base des investigations jusqu’ici conduites il n’est pas possible d’affirmer qu’il s’agisse d’apparitions ou de révélations surnaturelles ».

Sanctuaire

Le sanctuaire marial de Medjugorje où la Vierge Marie apparaîtrait depuis juin 1981, attire 2,5 millions de personnes chaque année. 

Eglise saint Jacques de Medjugorje
Par gnuckx — Saint James Church (St. Jakov) Medjugorje – Hotel Pansion Porta – Bosnia Herzegovina – Creative Commons by gnuckx, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24526388
Nottre Dame de Medjugorje

Notre dame de Pontmain

I – Généralités

Pays de l’apparition

France

Site 

Pontmain est une commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de 894 habitants (les Pontaminois).Le village de Pontmain est un lieu important de pèlerinage à Notre-Dame de Pontmain qui est apparue à plusieurs enfants le 17 janvier 1871. Une nouvelle église a été édifiée sur la commune à la suite de cette apparition, entre 1873 et 1877. En 1872, la commune de Pontmain est créée par scission du territoire de Saint-Ellier-du-Maine, longtemps simple hameau de la commune de Saint-Ellier-du-Maine, Pontmain est érigé en commune en 1876.

De 1914 à 1918, un camp de concentration existe à Pontmain. Il accueillait des internés civils originaires de nations ennemies, qui y vivaient avec leur famille. Plusieurs centaines de personnes vécurent ainsi les années de guerre. On y retrouve des Allemands, mais aussi des Autrichiens, des Alsaciens-Mosellans, des Flamands et des Luxembourgeois, des Ottomans, etc.

Désignation  

Notre-Dame de Pontmain est le vocable sous lequel est appelée la Vierge Marie à l’occasion d’une apparition survenue le 17 janvier 1871 dans le petit village de Pontmain, en Mayenne.

Contexte historique

L’apparition de la Vierge à Pontmain se situe dans le contexte de la guerre contre la Prusse. Les armées françaises sont défaites. Metz, la plus importante forteresse d’Europe, assiégée en août, a dû se rendre à l’ennemi en octobre, Paris est assiégée et ses habitants meurent de faim. Le Second Empire est tombé et les troupes prussiennes et alliées occupent une grande partie du territoire français. Le 12 janvier 1871, les Prussiens sont au Mans et progressent vers l’ouest (donc vers la Mayenne). Les populations locales, dont de nombreux hommes partis en guerre sans donner de nouvelles, sont effrayées, et se tournent alors vers la religion, priant pour être épargnés. Outre les désordres liés à la guerre, une épidémie de typhoïde et de variole se déclenche.


La bataille de saint Privat illustre la défaite française
Par Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville — scan of a painting, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14571240

II – Le ou les voyants (es) 

Le 2 février 1872, Mgr Wicart, évêque de Laval, reconnaît quatre voyants officiels : Eugène Barbedette est né le 4 novembre 1858.  Il meurt le 2 mai 1927.  Il est enterré dans le cimetière de Châtillon-sur-Colmont.

Joseph Barbedette est né le 20 novembre 1860. Il meurt le 3 novembre 1930. Il est enterré dans le cimetière de Pontmain.

Françoise Richerest née en 1861. Elle meurt le 28 mars 1915. Elle est enterrée dans le cimetière de Châtillon-sur-Colmont.

Jeanne-Marie Lebossé, orpheline de père et ayant sa mère paralysée, meurt le 12 décembre 1933. Elle est enterrée dans le cimetière central de Bordeaux, dans le caveau de sa communauté.

Destinée des voyants (es) 

Eugène Barbedette devient prêtre et est ordonné en 1883. Curé dans plusieurs paroisses du diocèse de Laval, il a laissé le souvenir d’un prêtre « droit, zélé, fervent et intransigeant ». Il meurt le 2 mai 1927. Joseph Barbedette désire devenir missionnaire et entre chez les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. Il est ordonné prêtre en 1884. Il meurt le 3 novembre 1930. Françoise Richerest est une âme profondément chrétienne, accomplissant simplement sa tâche de chaque jour « pour faire plaisir au Bon Dieu et à la Bonne Vierge ».  

Elle gagne sa vie comme domestique, puis comme institutrice dans plusieurs petites écoles de campagne.  Vers 1900, elle devient gouvernante de l’abbé Eugène Barbedette. Elle meurt le 28 mars 1915.  Jeanne-Marie Lebossé, orpheline de père et ayant sa mère paralysée, est recueillie par sa tante Sœur Timothée, directrice de l’école de Pontmain.  En 1881, elle entre chez les Sœurs de la Sainte Famille de Bordeaux.  Pendant dix ans, elle sera paralysée, et en mars 1933 elle sera réduite à une impuissance absolue.  Elle meurt le 12 décembre 1933.

III – L’Apparition (généralités) 

Date

La nuit du 17 janvier 1871

Nombre et durée des apparitions

Une seule 

Tonalité de l’apparition

La tonalité générale de l’apparition est « grave » et tient compte du contexte difficile du moment : le voile noir qui recouvre la tête de la Vierge, sa tristesse, le crucifix rouge, les petites croix blanches et les cierges allumés rappellent une cérémonie funéraire.

Nature de l’Apparition (privée ou publique)

Les grandes personnes ne voient rien sinon les trois étoiles. Ne voyant que les étoiles, la religieuse retourne à l’école et en revient avec une autre sœur. 

Emplacement des apparitions

Eugène sort de la grange pour « voir le temps ». C’est alors qu’il déclare avoir aperçu au-dessus de la maison d’en face, une belle Dame. 

Récit 

Le témoignage du Père Henri-Michel Ledauphin

Pontmain, le 17 janvier 1871. Une journée qui commence comme les autres. Ce matin, l’église était remplie de fidèles, comme les autres jours. Il y a beaucoup de neige et il fait un froid glacial « à fendre les pierres ». Vers midi et demi, la terre a tremblé ; ce qui a fortement impressionné tous les habitants, surtout en cette période troublée. C’est la guerre franco-prussienne. Depuis le 23 septembre dernier, 38 jeunes de la paroisse sont partis à la guerre et l’on est sans nouvelles. On vit dans l’angoisse et dans la peur.

Et puis il y a cette épidémie de typhoïde qui commence à reprendre. Malgré tout, on prie avec ferveur car il en est ainsi à Pontmain. Depuis l’arrivée de notre curé, l’abbé Michel Guérin, le 24 novembre 1836, dans chaque famille, on prie le chapelet tous les jours. Ce soir, deux enfants, Eugène et Joseph Barbedette, aident leur père, dans la grange, à piler les ajoncs pour la nourriture de la jument. La nuit est tombée. Il est environ 5 h ½. (17H30) Jeannette Détais, une vieille femme, vient donner quelques nouvelles qu’elle a pu glaner un peu plus loin, près des fuyards de l’armée de la Loire en déroute.

Eugène profite de l’arrêt du travail pour sortir à la porte pour voir le temps. Et voilà que tout à coup, en plein ciel, au dessus de la maison d’en face, il voit une ‘Belle Dame’ qui tend les bras comme dans un geste d’accueil et qui lui sourit. Elle est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or (comme la voûte de l’église peinte ainsi en 1860). Sur la tête, elle a un voile noir surmonté d’une couronne d’or avec un liseré rouge au milieu. Aux pieds, elle porte des chaussons bleus avec une boucle d’or. Elle est au milieu d’un triangle formé de trois grosses étoiles.

La Belle Dame sourit à l’enfant. Ce sourire sera le seul dialogue car, de toute l’apparition, la Belle Dame ne dira pas un seul mot.Le jeune frère Joseph, venu à la porte, voit lui aussi la ‘Belle Dame’ tandis que les grandes personnes ne voient rien, sinon les trois étoiles. Victoire, leur mère, ne verra rien non plus, malgré qu’elle soit retournée à la maison chercher ses lunettes. Elle se rend à l’école demander à sœur Vitaline de venir devant la grange. Ne voyant que les étoiles, la sœur retourne à l’école et en revient avec une autre sœur, Marie-Edouard, et trois petites pensionnaires.

A leur arrivée, les deux plus jeunes, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé s’écrient : « Oh ! La belle Dame ! Qu’elle est belle ! » Et la décrivent à leur tour. Sœur Marie-Edouard s’en va prévenir monsieur le curé tandis que sœur Vitaline commence à prier avec les gens qui accourent de plus en plus nombreux. « Monsieur le curé, dit sœur Marie-Edouard depuis la porte du presbytère, venez vite chez les Barbedette, il y a un prodige : les enfants voient la Sainte Vierge ! » Le curé, saisi par la surprise, répond : « Un prodige ! La Sainte Vierge ! La Sainte Vierge ! Mais, ma sœur, vous me faites peur ! » La vieille servante, Jeannette Pottier, intervient : « Faut aller voir, monsieur le curé ! »

Et elle allume la lanterne pour sortir dans la nuit. Lorsqu’il arrive au milieu de ses paroissiens, les enfants, que l’on avait séparés pour éviter qu’ils puissent communiquer entre eux, s’écrient : « V’là d’qué qui s’fait ! » (voilà quelque chose qui se fait) et ils décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame. A l’intérieur quatre bobèches* sont fixées portant quatre bougies éteintes. Ces bougies rappellent celles que l’abbé Guérin allumait sur l’autel de la Sainte Vierge depuis le 8 décembre 1854, à tous les offices de la paroisse. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur.

Bobèche :petite pièce concave à rebord, percée à son milieu d’un trou cylindrique, qu’on adapte aux chandeliers, aux lustres, aux girandoles, afin de recueillir leur cire fondue.

Et puis voilà que l’attention se relâche. On commence à parler, à discuter. La Belle Dame devient triste : « V’là qu’elle tombe en humilité » dit Eugène. « Prions ! » ajoute monsieur le curé. Sœur Marie-Edouard commence le chapelet. Aussitôt, la Dame sourit à nouveau. Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle. « C’est comme une fourmilière, ça se tape sur sa robe, disent les enfants. Oh ! Qu’elle est belle ! »

Après le chapelet, on chante le Magnificat. Au début du chant, les enfants s’écrient : « V’là cor’de qué qui s’fait » (voilà encore quelque chose qui se fait). Une grande banderole vient se dérouler entre le bas de l’ovale et le toit de la maison. Des lettres commencent alors à s’écrire, en majuscule, couleur d’or. « C’est un M » – « Un A » – « un I » – « un S ». Le mot MAIS qui va rester tout seul jusqu’au moment où arrive Joseph Babin, un charretier, qui revient d’Ernée, à 20 km de là, et qui lance à la foule : « Vous pouvez bien prier, les Prussiens sont à Laval ». Le mot PRIEZ vient s’écrire alors après MAIS.

Le message continue de s’écrire lettres après lettres. A la fin des litanies que l’on chante après le Magnificat, les enfants peuvent lire une première ligne se terminant par un gros point : MAIS PRIEZ MES ENFANTS DIEU VOUS EXAUCERA EN PEU DE TEMPS. Au début de l’Inviolata* qui va suivre, des lettres commencent une seconde ligne : MON. Au moment où l’on chante « O Mater alma Christi carissima », le mot FILS vient s’écrire à la suite. « MON FILS » lisent les enfants.

Alors c’est un cri de joie général : « C’est Elle ! C’est bien Elle ! C’est la Sainte Vierge ! » Jusque là, on pensait que ce pouvait être Elle. Mais maintenant, on en est sûr. C’est bien écrit : MON FILS. Pendant que l’on termine l’Inviolata* et que l’on chante le Salve Regina, le message continue et se termine MON FILS SE LAISSE TOUCHER. Il n’y a pas de point final mais cette deuxième ligne est soulignée par un gros trait d’or comme les lettres.

* Inviolata : Hymne à la vierge Marie 

« Chantons notre cantique à Marie » dit alors M. le curé ; et les paroles s’élèvent joyeuses vers le ciel, alors que, dimanche dernier, on l’avait chanté la gorge serrée : « Mère de l’Espérance dont le nom est si doux, Protégez notre France. Priez, priez pour nous. » Au début, la Vierge lève les mains à hauteur de ses épaules et agite les doigts au rythme du cantique. Puis un rouleau « couleur du temps » passe et efface la banderole et le message. Suit un autre cantique « Mon doux Jésus » avec le refrain « Parce Domine, parce populo tuo ». (Pardonnez Seigneur, pardonnez à votre peuple). Les enfants, joyeux jusque là, deviennent subitement tout tristes. C’est que la Vierge elle aussi est devenue toute triste.

Elle ne pleure pas, mais un frémissement au coin des lèvres marque l’intensité de sa douleur. C’est alors qu’une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. Sur la croix, Jésus, d’un rouge plus foncé. Au sommet de la croix, sur une traverse blanche, est écrit : JESUS CHRIST. La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu’une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au dessus de la tête de la Vierge. La foule prie en silence et beaucoup pleurent. Puis sœur Marie-Edouard chante l’Ave Maris Stella*. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. Le sourire « un sourire plus grave » revient sur ses lèvres et une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 8 h ½.

Ave Maris Stella est une hymne catholique à la Vierge Marie, qui appartient au répertoire grégorien. Son titre latin signifie « Salut, étoile de la mer »

« Mes chers amis, dit M. le curé, nous allons faire tous ensemble la prière du soir ». Tout le monde se met à genoux, là où il est, qui dans la neige, qui dans la grange pour ceux qui ont voulu s’abriter du froid glacial. Jeannette Pottier, la vieille servante, commence la prière : « Mettons-nous en présence de Dieu et adorons-le. » Au moment de l’examen de conscience, les enfants signalent la présence d’un voile blanc qui vient d’apparaître aux pieds de la Vierge et qui monte lentement en la cachant à leurs yeux.

Le voile arrive à hauteur de la couronne, s’arrête un instant et, brusquement, tout disparaît : le voile, la couronne, l’ovale, les bougies et les trois étoiles. « Voyez-vous encore ? » Demande M. le curé. « Non, M. le curé, tout a disparu, c’est tout fini ! ». Il est près de 9 h. ( 21H) Le 26 janvier, l’armistice est signé avec la Prusse (dont le roi a été proclamé empereur allemand). Les habitants de Pontmain et des alentours y voient une grâce de l’apparition, d’autant plus que les Prussiens ne sont pas entrés à Laval. Les pèlerins affluent alors à Pontmain

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Il est environ 5 h ½. Eugène profite de l’arrêt du travail pour sortir à la porte voir le temps.Tout à coup, en plein ciel, au dessus de la maison d’en face, il voit une ‘Belle Dame’. Elle est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or (comme la voûte de l’église peinte ainsi en 1860). Sur la tête, elle a un voile noir surmonté d’une couronne d’or avec un liseré rouge au milieu. Aux pieds, elle porte des chaussons bleus avec une boucle d’or. 

La statue de Notre Dame de Pontmain sur le parvis de la cathédrale
Par GO69 — Travail personnel, CC0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=14840977

Le Magnificat désigne le cantique chanté par la Vierge Marie après l’Annonciation, lors de la visite qu’elle rend à sa cousine Élisabeth âgée et enceinte (épisode couramment appelé la Visitation). Également appelé Cantique de Marie, ainsi que Cantique de la Vierge, ce chant est tiré de l’Évangile de Luc, 1, 46-56

Attitudes de la Vierge

Eugène voit une ‘Belle Dame’ qui tend les bras comme dans un geste d’accueil et qui lui sourit. « Prions ! » ajoute M. le curé. Sœur Marie-Edouard commence le chapelet. Aussitôt, la Dame sourit à nouveau. « Chantons notre cantique à Marie » dit alors M. le curé et les paroles s’élèvent joyeuses vers le ciel. Au début, la Vierge lève les mains à hauteur de ses épaules et agite les doigts au rythme du cantique. Mais les enfants, joyeux jusque là, deviennent subitement tout tristes.

C’est que la Vierge elle aussi est devenue toute triste. Elle ne pleure pas mais un frémissement au coin des lèvres marque l’intensité de sa douleur. C’est alors qu’une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. Sur la croix, Jésus, d’un rouge plus foncé. La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants. Puis sœur Marie-Edouard chante l’Ave Maris Stella*. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. Le sourire, un sourire plus grave, revient sur ses lèvres.

Paroles de la Vierge

Le sourire de la Vierge sera le seul dialogue car, de toute l’apparition, la Belle Dame ne dira pas un seul mot mais les messages visuels sont forts : une grande banderole vient se dérouler entre le bas de l’ovale et le toit de la maison. Des lettres commencent alors à s’écrire : «  Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera ; en peu de temps, mon fils se laisse fléchir ».Une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge. Au sommet de la croix, sur une traverse blanche, est écrit : « Jésus Christ ».

Messages de la Vierge  

Une fois de plus, la vierge demande de prier et atteste de l’efficacité de la prière : si on le prie, son fils nous exaucera en peu de temps ! La croix brandie devant les enfants par la Vierge rappelle l’importance du sacrifice de son fils et, sans doute, la nécessité de commémorer ce sacrifice en pratiquant le rite de l’Eucharistie et la prière du Vendredi de la Passion. Ce geste signifie aussi que le sacrifice de son fils Jésus sur la croix a toujours tout son sens, au cas où les hommes sembleraient l’oublier. 

La phrase écrite « mon fils se laisse toucher » insiste sur la capacité de compassion de son Fils Jésus à l’égard de ceux qui invoquent son pardon. L’émotion et les attitudes de la Viergenous rappellent qu’elle est profondément humaine. Elle sourit à plusieurs reprises et bat même des mains en mesure au rythme du cantique ; puis, elle devient triste avant de sourire à nouveau et redevenir triste un peu plus tard elle ne pleure pas, mais un frémissement au coin des lèvres marque l’intensité de sa douleur.

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

L’apparition de Pontmain donne lieu à une véritable scénographie autour de la Vierge : la vierge est vêtue d’une robe bleue semée d’étoiles d’or comme la voûte de l’église peinte ainsi en 1860. Les enfants décrivent un grand ovale bleu qui est venu entourer la Belle Dame. A l’intérieur quatre bobèches* sont fixées portant quatre bougies éteintes. En même temps apparaît une petite croix rouge sur la robe, à l’endroit du cœur. Tout au long du chapelet, au rythme des Ave Maria, la Belle Dame grandit lentement. L’ovale grandit dans les mêmes proportions et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle. Une croix d’un rouge vif apparaît devant la Vierge.

La Vierge prend la croix à deux mains et la présente aux enfants pendant qu’une petite étoile vient allumer les quatre bougies de l’ovale avant d’aller se placer au dessus de la tête de la Vierge. Le crucifix rouge disparait et la Vierge reprend l’attitude du début. Une petite croix blanche apparaît sur chacune de ses épaules. Il est 8 h ½. ( 20H30) Au moment de l’examen de conscience, les enfants signalent la présence d’un voile blanc qui vient d’apparaître aux pieds de la Vierge et qui monte lentement en la cachant à leurs yeux. Le voile arrive à hauteur de la couronne, s’arrête un instant et, brusquement, tout disparaît : le voile, la couronne, l’ovale, les bougies et les trois étoiles

Les phases visuelles de l’apparition 

1- Marie  apparaît dans un triangle formé par trois grosses étoiles d’or en plein ciel.

2- Un ovale bleu avec quatre bougies éteintes vient entourer la Dame.

3- Une petite croix rouge apparaît sur sa poitrine à l’endroit du cœur. Pendant le chapelet, la Belle Dame grandit lentement au fur et à mesure des Ave Maria. L’ovale grandit aussi et les étoiles se multiplient sur sa robe et autour d’elle. 

5- Au début du Magnificat*, une banderole blanche se déroule en dessous de l’ovale et des lettres d’or viennent s’écrire tour à tour. 

6- Au début du cantique « Mère de l’espérance », Marie va lever les mains à hauteur de ses épaules et remuer les doigts au rythme du cantique. Après un autre cantique dont le refrain est « Parce Domine » son visage est empreint d’une tristesse indicible. 

7- Une croix rouge vif apparaît devant elle, portant le crucifié d’un rouge foncé. 

8- Au sommet de la croix, une traverse blanche avec un nom écrit en lettres rouges couleur sang : Jésus-Christ. 

9 – Marie prend la croix à deux mains et la présente aux enfants. 

10 – Une petite étoile vient allumer les bougies de l’ovale. 

11 – Le crucifix rouge disparaît ; 

12 – Marie reprend l’attitude du début et sourit à nouveau.

13 – Deux petites croix blanches apparaissent sur ses épaules.

Outre l’apparition elle-même mettant en ordre des étoiles,on peut s’étonner d’un étrange concours de circonstance : les Prussiens qui devaient prendre Laval ce soir-là n’y sont pas entrés. Le lendemain, ils se sont repliés. L’armistice est signé le 25 janvier. (La Vierge est apparue le 17 Janvier) Les 38 jeunes de Pontmain reviennent tous sains et saufs. »

Eléments conformes aux autres apparitions 

Marie garde le silence comme à Rome devant Alphonse Ratisbonne et lors de 7 des 18  apparitions de Lourdes. 

La vision du crucifix accompagne l’apparition comme à Amsterdam. La Vierge apparaît dans un environnement priant : depuis l’arrivée de notre curé, l’abbé Michel Guérin, le 24 novembre 1836, dans chaque famille, on prie le chapelet tous les jours.

La Vierge rappelle l’importance de la prière pour recevoir une réponse positive de son fils Jésus.

La vierge apparaît à des enfants.

Eléments spécifiques

Les principaux voyants sont deux garçons. 

La scénographie autour de la Vierge

Lien avec d’autres apparitions / Notre Dame de Bechouate 

Dans les années 1900, quelqu’un apporte une copie de la statue de la Vierge de Pontmain au Liban, dans le village de Béchouate. Lorsque la Vierge apparaîtra dans ce village, en 1976 et 2004, le père Claude Poussier, recteur du sanctuaire de Pontmain, rappellera l’origine française de cette statue, en faisant lui même le pèlerinage à Béchouate, en janvier 2005. À cette occasion, le message de la Vierge de Pontmain, traduit en arabe, sera inscrit sur le sanctuaire de Béchouate.

Notre Dame de Bechouate

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Monseigneur Casimir Wicart, évêque de Laval, ordonne une enquête sur les apparitions. Il vient lui-même interroger les quatre enfants ayant déclaré voir la « dame » (Joseph et Eugène Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé). Selon la procédure habituelle, l’enquête est fouillée, mais rapidement (le 2 février 1872), il reconnaît l’authenticité de l’apparition et approuve le culte de la Vierge de Pontmain : « Nous jugeons que l’Immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, a véritablement apparu le 17 janvier 1871, à Eugène et Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé dans le hameau de Pontmain ».

Sanctuaire 

L’affluence des pèlerins à Pontmain a été rapide. Pour le premier anniversaire des apparitions, le 17 janvier 1872, on comptait déjà 8 000 personnes.. En 1903, les oblats sont expulsés de France, à la suite de la politique de séparation de l’Église et de l’État. Ils ne reviendront qu’après la Première Guerre mondiale. Pendant cet intervalle, c’est le curé du village qui s’occupe des pèlerins. Ils sont toujours présents aujourd’hui et accueillent les pèlerins à la maison des Oblats de Pontmain, ancien juniorat et noviciat de la congrégation. Le magazine Pèlerin, dans son numéro spécial 15 août 2016, indique une fréquentation moyenne de 250.000 pèlerins par an. 

La Basilique Notre Dame de l’Espérance de Pontmain est édifiée entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, à proximité du site de l’apparition de Notre-Dame de Pontmain le 17 janvier 1871. Monseigneur Wicart, évêque de Laval, pose la première pierre de la basilique de Pontmain le 17 juin 1873, mais meurt peu après. Ses successeurs suivent sa voie. L’édifice est de style néo-gothique. Il n’est pas orienté est-ouest mais vers la maison de l’Apparition. Les deux flèches de la basilique, qui abritent 39 cloches, sont visibles à plus de 10 km de Pontmain.

À l’intérieur, dix grandes verrières représentant les apparitions mariales en France et des scènes de la vie de Jésus-Christ. La basilique est achevée en 1890, mais en raison de la vacance du siège de Laval, n’est consacrée que le 15 octobre 1900 par Mgr Pierre Geay. Le 21 février 1905, le pape Pie X élève le sanctuaire de Pontmain au rang de basilique et la rattache à Sainte-Marie-MajeureLes 22, 23 et 24 septembre 1908, l’église est proclamée solennellement « Basilique Notre Dame de l’Espérance de Pontmain », en présence de 2 archevêques, 4 évêques, 600 prêtres et 15 000 pèlerins. En 1946  se déroulent les cérémonies du 75e anniversaire de l’apparition, présidées par le nonce apostolique Mgr Roncalli, futur pape Jean XXIII.

Basilique Notre Dame de Pontmain
Par Ikmo-ned — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=10428463

Notre-Dame de Pont main à Béchouate (Liban)

Etoile Notre Dame
Le sanctuaire de Bechouate ( Liban)

Mais que se passe-t-il donc à Bechouate ?

Une statue représentant la Sainte Vierge telle qu’Elle est apparue à Pontmain en 1871, s’anima en août 2004 et opéra des guérisons miraculeuses au Sanctuaire de Notre-Dame de Béchouate situé à Deir El-Ahmar, à une centaine de kilomètres de Beyrouth, dans la plaine de la Bekaa, zone frontalière où les différentes factions belligérantes commercialisent du cannabis et du pavot, dans une enclave chrétienne isolée au milieu de villages chiites. Le 21 août 2004, deux touristes jordaniens, musulmans sunnites, et un enfant de 9 ans, Muhammad al-Hawadi, pénétrèrent dans l’église de Béchouate, un village maronite de la plaine de la Bekaa, au Liban. Ils étaient accompagnés d’un ami de la famille, chrétien maronite. L’objet de leur visite n’était pas religieux : ils n’étaient pas venus là pour prier, mais pour visiter une église de petite dimension construite en 1830. Incontestablement ils se comportaient comme des touristes, tout en maintenant la distance nécessaire à ceux qui venaient prier.

Soudain, devant la statue représentant la Vierge Marie de Pontmain, l’enfant demanda: « Ammo François,c’est–à-dire oncle François, qui est cette femme qui me sourit?Puis, l’enfant ajouta : cette statue est-elle électriquement animée? L’ami de la famille répondit d’abord qu’il ne s’agissait « que d’une statue de plâtre, qui ne bouge, ni ne sourit »,mais, s’approchant, il aperçut un mouvement du chapelet passé autour des mains jointes de la statue. Un fidèle, originaire du village, présent dans l’église se joignit au groupe et s’exclama que lui aussi voyait « les yeux de la Vierge s’animer comme pour faire le signe de croix ». C’est alors qu’une prière, « plus grande que son âge, sortit des lèvres »du jeune garçon musulman : Salut à toi, Vierge Marie, Reine du monde, de la paix et de l’amour. Des vieillards, des enfants et des femmes tombent de par le monde. Instaure la paix, l’amour et la liberté sur la face de la terre, ô Reine du monde.

Les “signes”

Quelques instants plus tard, les visiteurs virent une « huile odorante »s’écouler de la statue de la Vierge. (Voir plus loin un phénomène identique avec la vierge d’Akita au Japon). Un habitant du village s’empressa de faire sonner les cloches. Le soir même, les premiers pèlerins affluaient, et de nombreux fidèles constatèrent que la statue exsudait une huile odorante. Le lendemain, une foule de dévots se pressait dans la chapelle. L’événement transforma, en quelques jours, un village isolé en un vaste centre de pèlerinages interreligieux réunissant des dévots de différentes confessions, chrétiens et musulmans. Des dizaines de milliers de pèlerins de tout le Liban et des pays voisins arrivèrent et continuent à arriver. Mais ce n’est pas tout. Le 29 août 2004 soit huit jours seulement après le miracle précédent, le Ciel envoya un nouveau signe, encore plus fort. Un jeune étudiant, Serge Nakhlé, paralysé à 75% à la suite d’une chute depuis un balcon, et devenu complètement insensible du côté droit, venu en pèlerinage avec une partie de sa famille, se mit à prier devant la statue de la Sainte Vierge et demanda : donne-moi seulement un signe que ce que je demande n’est pas impossible à Dieu. Immédiatement, la statue de la Vierge Marie fit un signe de croix avec le crucifix qu’elle tenait dans ses deux mains et ses yeux s’animèrent, évoquant à nouveau le signe de croix.

Immédiatement la famille de Serge s’éloigna de la foule pour rejoindre sa voiture, mais avant de partir, la mère du jeune homme, inquiète, lui demanda s’il ne souhaitait pas retourner devant la statue. Serge répondit affirmativement et entra à l’intérieur de la petite église, et, comme en extase, se rendit à nouveau devant la statue, mais sans utiliser son déambulateur. Bientôt il se rendit compte que sa famille pleurait, mais des larmes de joie. En effet, Serge se tenait debout, sans son déambulateur et sans aucune aide ; de plus, la sensibilité de tout son côté droit était revenue. Notons ici que toute cette scène fut filmée. Rentré à la maison, le jeune homme poursuivit sa rééducation, bien qu’il ait retrouvé tout son sens de l’équilibre qu’il avait perdu suite à l’accident. Son médecin ne comprit pas cette extraordinaire guérison. Notons ici que depuis le mois d’août 2004, d’autres guérisons physiques ont été évoquées, notamment un cas d’hémiplégie et un autre relatif à de graves problèmes articulaires. Face à l’affluence des fidèles, et sous la direction de l’Évêque du lieu, les responsables de l’église de Béchouate s’organisèrent.

Il y a aujourd’hui huit Messes quotidiennes, une toutes les heures et demi. Les prêtres conduisent une procession autour de l’église et assurent la confession de très nombreux pèlerins. Peu à peu, la population locale favorisa l’accueil des fidèles : restauration et distribution d’eau potable notamment. Des services de premiers secours ont été mis en place. Le Père Claude Poussier, qui était en 2004, recteur du Sanctuaire marial de Pontmain, se rendit à Béchouate du 22 janvier au 3 février 2005 afin de s’entretenir avec les autorités religieuses locales. Monseigneur Mounged El Hachem lui parla de l’extraordinaire affluence des pèlerins au sanctuaire de Béchouate-Pontmain : plus d’un million de personnes en 5 mois à peine. Les pèlerins, venant du Liban, de Syrie, de Jordanie et d’Égypte, étaient des chrétiens et des musulmans. Pendant la présence du recteur français de Pontmain, 35 cas de guérison furent enregistrés. De plus, l’Évêque libanais précisa qu’on assistait à “d’extraordinaires améliorations de santé et des guérisons intérieures en grand nombre.”

La position de l’Église

Aujourd’hui, les autorités religieuses cherchent à comprendre le sens des manifestations de la Sainte Vierge à Béchouate. L’Évêque du lieu pense que, “le monde étant en train de vivre des événements extrêmement graves du fait de la tension entre Orient et Occident, entre Christianisme et Islam, les manifestations de la Sainte Vierge à Béchouate sont un appel à ne pas vivre dans la peur et à créer l’entente entre chrétiens et musulmans.”Le Père Claude Poussier estime que « pour le Liban qui vit actuellement un moment crucial de son histoire, le message de Notre-Dame de Pontmain… est un signe qui est donné à tous, un appel à la fraternité et à l’entente entre des communautés différentes. » 

Il faut rappeler que la Vierge Marie lors de son apparition à Pontmain le 17 janvier 1871, ne parla jamais, mais une grande banderole apparut sur laquelle était inscrite la phrase suivante: “Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher.” L’apparition de Pontmain montre que notre Mère à tous exauce ceux qui ont recours à Elle et que la prière possède le pouvoir d’arrêter les guerres et le mal. Si de nombreux fidèles s’étant rendus dans la Mayenne ont fait état de grâces reçues à l’occasion de pèlerinages, Notre-Dame de Pontmain réalise aujourd’hui encore des prodiges, cette fois-ci au Liban.

France / Février à Juillet 1858 Notre Dame de lourdes

I – Généralités

Pays de l’apparition

France

Site 

Lourdes est une commune française située dans le département des Hautes-Pyrénées, en région Occitanie.

Le site de Lourdes vers 1860
Par Charles Mercereau (1822-1864) — http://numerique.bibliotheque.toulouse.fr/ark:/74899/B315556101_A_MERCEREAU_7_028, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18949516

Désignation  

Notre Dame de Lourdes 

Contexte historique

L’Europe poursuit la colonisation du monde. L’Allemagne, avec la Prusse à l’œuvre, marche vers son unité. 

26 – 27 juin : le traité de Tianjin renforce considérablement la puissance commerciale des Français et des Britanniques en Chine.

1er2 septembre : la France débarque à Tourane (Da Nang – Viêt Nam).

15 décembre : Ferdinand de Lesseps crée la Compagnie universelle du canal maritime de Suez ; la France détient la moitié du capital, le khédive d’Égypte 44 %

18 février : première constitution ségrégationniste du Transvaal.

20 mai : en Mauritanie, le général français Faidherbe, gouverneur du Sénégal impose la souveraineté française aux tribus Trarza qui contrôlaient les escales du bas Sénégal et rançonnaient les commerçants.

31 maicampagne de Cochinchine : une escadre française commandée par l’amiral Rigault de Genouilly mouille devant Tourane, pour protéger les missions catholiques tout en s’assurant des débouchés en Indochine.

6 septembre : prise de Jambi. Les Hollandais annexent les principautés côtières du nord-est de Sumatra.

27 janvier, Delhi : début du procès de l’empereur moghol Bahadur Shah II. Condamné pour trahison le 9 mars, il est déposé et exilé à Rangoon. Sa famille est décimée par le lieutenant William Hodson (en). Les Britanniques profitent de la révolte pour éliminer l’aristocratie indienne. La population indienne est massacrée et torturée sans distinction.

17mars : Irish Republican Brotherhood. La fraternité républicaine irlandaise, les Fenians, demandant la création d’une république indépendante et démocratique, est fondée à Dublin pour renverser le pouvoir britannique.

29 avril : le Portugal abolit l’esclavage dans un délai de 20 ans.

7 octobre : le prince Guillaume devient régent de Prusse. Il renverse Frédéric-Guillaume IV de Prusse, son frère, et inaugure une nouvelle ère : la Prusse mène désormais le combat pour l’unité allemande

II – La voyante 

Bernadette Soubirous, de son vrai nom Marie-Bernarde Soubirous, née le 7 janvier 1844 à Lourdes, et morte le 16 avril 1879 à Nevers, est une sainte catholique française. Elle ne naît pas dans une famille pauvre mais qui va descendre dans la misère ; c’est une famille où l’on prie ; pas d’école pour Bernadette : il faut servir au cabaret de tante Bernarde. Pas de catéchisme : sa mémoire rebelle ne retient pas les formules abstraites. À 14 ans, elle ne sait ni lire, ni écrire, en souffre et  se sent exclue. Pourtant si Bernadette est inculte, elle a une forte personnalité et les pieds sur terre. Elle ne parle pas le français mais le patois local.

Lors de sa première apparition, elle a 14 ans et se demande ce qui lui arrive ; sur le coup, elle fait preuve d’un bon sens et d’un discernement remarquables ; elle se frotte les yeux, essaie de comprendre, se tourne vers ses compagnes pour vérifier ses impressions, prend conseil en confession auprès de l’abbé Pomian : « J’ai vu quelque chose de blanc ayant la forme d’une dame.» Interrogée par le commissaire Jacomet, elle répond avec une assurance, une prudence et une fermeté qui surprennent chez une jeune fille sans instruction : « Aquero, je n’ai pas dit la Sainte Vierge… Monsieur, vous m’avez tout changé». Elle dit ce qu’elle a vu avec un détachement, une liberté  étonnants : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire. »

Elle raconte les Apparitions avec exactitude, sans rien ajouter ni retrancher. Elle désigne la Vierge par le terme aquero  : « cette chose là »  et part en courant en répétant sans cesse, sur le chemin, ces mots que lui a dits la Vierge et qu’elle ne comprend pas : « Que soy era immaculada councepciou« . (Je suis l’immaculée conception).  La voyante n’est pas crue ; on la menace de prison. En l’espace de quelques mois, Bernadette Soubirous, alors âgée de 14 ans, était devenue une célébrité internationale, tandis que la vie dans cette bourgade des Pyrénées commençait à être transformée par l’affluence de pèlerins, de curieux et de journalistes.

Bernadette Soubirous , enfant
Par Inconnu — Weltwoche 8/08, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3703523

Entre 1858 et 1866, Bernadette continue de vivre à Lourdes, où sa situation devient, cependant, de moins en moins tenable. Sans cesse sollicitée, tout en refusant de percevoir quoi que ce soit en rapport aux apparitions ou à sa célébrité, elle se pose la question d’une vie religieuse. En 1864, suivant la recommandation de l’évêque de Nevers, elle se décide à entrer chez les sœurs de la Charité. Deux ans plus tard, alors que la construction de la basilique est en cours, Bernadette a 22 ans et quitte Lourdes pour entrer au couvent Saint-Gildard, à Nevers. Elle y mène treize années d’une vie de « religieuse ordinaire », ayant néanmoins la particularité de recevoir la visite de nombre d’évêques, parmi ceux qui souhaitent se faire une opinion sur elle et sur les apparitions.

Souvent malade et de santé fragile, elle s’occupe de l’infirmerie, quand elle n’y est pas elle-même soignée. Aucun emploi n’est prévu pour elle : alors l’évêque lui donne l’emploi de prier. « Priez pour les pécheurs», avait dit la Dame. Elle y sera fidèle. « Mes armes, écrit-elle au pape, sont la prière et le sacrifice. » La maladie fait d’elle un pilier d’infirmerie. Elle fait ses vœux perpétuels en 1878, puis meurt le 16 avril 1879, à l’âge de 35 ans. Bernadette Soubirous est béatifiée le 14 juin 192puis canonisée le 8 décembre 1933 par le pape Pie XI

Sa fête est célébrée le 16 avril (en France, le 18 février). Lorsqu’on ouvre son cercueil quelques années plus tard, le corps de Bernadette est dans un exceptionnel état de conservation. En 1868, paraissait le livre de Henri Lasserre, intitulé Notre-Dame de Lourdes, qui connaît un grand succès et est traduit en 80 langues. En 1869, le pape Pie IX écrira une lettre à l’auteur pour l’en féliciter, reconnaissant ainsi implicitement ces apparitions.

À la fin du XIXe siècle, la foule qui afflue à Lourdes intéresse nombre d’intellectuels. Parmi eux, Émile Zola (Lourdes), Joris-Karl Huysmans (Les Foules de Lourdes), François Mauriac (Les Pèlerins de Lourdes) ou encore Paul Claudel. L’ensemble des archives et des témoignages sur Bernadette Soubirous a fait l’objet d’un travail de recensement et d’édition critique par René Laurentin, dans les années 196070

François Mauriac
French poet, playwright and diplomat Paul Claudel (1868-1955)
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« Le secret de Lourdes c’est Bernadette ! » par le Père Laurentin, historien des apparitions de Lourdes. 

L’abbé René Laurentin, né le 19 octobre 1917 à Tours et mort le 10 septembre 2017 (à 99 ans) dans le 7e arrondissement de Paris, est un prêtrethéologien et exégète français, spécialiste notamment des apparitions mariales. Il fut longtemps chroniqueur religieux au Figaro. Il a écrit de nombreux livres sur les apparitions mariales dans le monde. Il a publié une centaine d’ouvrages. Ancien expert au Concile Vatican II, Membre de l’Académie théologique pontificale « Pontificia Academia Mariana Internationalis » de Rome, professeur à l’université catholique de l’Ouest, il a été « visiting professor » dans plusieurs universités d’Amérique et d’Italie.

Toutce que nous savons des Apparitions et du Message de Lourdes nous vient de Bernadette. Elle seule a vu. Qui est-elle donc ? On peut distinguer trois périodes dans sa vie : les années de son enfance au sein d’une famille pauvre ; une vie « publique » au temps des Apparitions et du témoignage ; enfin, une vie « cachée » comme religieuse, à Nevers.

Avant les apparitions 

Quand on raconte les apparitions, Bernadette est souvent présentée comme une fille pauvre, malade et ignorante, logée misérablement au Cachot. Sans doute, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Lorsqu’elle naît le 7 janvier 1844, au Moulin de Boly, elle est le premier enfant, l’héritière, de François Soubirous et Louise Castérot qui se sont mariés par amour. Bernadette grandit dans une famille unie où l’on s’aime et où l’on prie. Dix ans de bonheur en ces années décisives de son enfance qui vont forger sa forte personnalité et lui donner un bel équilibre. La descente dans la misère qui suivra n’effacera pas cette richesse humaine. Il reste que Bernadette, à 14 ans, mesure 1m 40. Elle a des crises d’asthme. Elle a une nature vive, spontanée, volontaire, prompte aux réparties, incapable de dissimuler.

Elle a de l’amour-propre, ce qui n’a pas échappé à la mère Vauzou, à Nevers, qui disait d’elle : «Caractère raide, très susceptible.» Bernadette se désolait de ses défauts et les combattait énergiquement. Une forte personnalité mais inculte. Pas d’école pour Bernadette : il faut servir au cabaret de tante Bernarde. Pas de catéchisme : sa mémoire rebelle ne retient pas les formules abstraites. À 14 ans, elle ne sait ni lire, ni écrire et en souffre, elle se sent exclue. Alors elle réagit. Septembre 1857 : on l’envoie à Bartrès. Le 21 janvier 1858, Bernadette rentre à Lourdes : elle veut faire sa première communion. Elle la fera le 3 juin 1858, durant les apparitions.

La vie publique 

Les apparitions débutent le 11 février 1858. Pour aider ses parents, Bernadette se chargeait notamment d’aller chercher du bois mort sur les berges du Gave. La voici confrontée au mystère. Un bruit « comme un coup de vent », une lumière, une présence. Sa réaction ? Elle fait preuve d’un bon sens et d’un discernement remarquables ; croyant se tromper, elle mobilise toutes ses ressources humaines : elle regarde, elle se frotte les yeux, elle essaie de comprendre. Ensuite, elle se tourne vers ses compagnes pour vérifier ses impressions : « Avez-vous rien vu ? ».

Elle se tourne ensuite vers Dieu : elle prie son chapelet. Elle se tourne vers l’Église et prend conseil en confession auprès de l’abbé Pomian : « J’ai vu quelque chose de blanc ayant la forme d’une dame. » Interrogée par le commissaire Jacomet, elle répond avec une assurance, une prudence et une fermeté qui surprennent chez une jeune fille sans instruction : « Aquero, je n’ai pas dit la Sainte Vierge… Monsieur, vous m’avez tout changé». Elle dit ce qu’elle a vu avec un détachement, une liberté  étonnants : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire.

Elle raconte les Apparitions avec exactitude, sans rien ajouter ni retrancher. Une seule fois, effrayée par la rudesse de l’abbé Peyramale, elle ajoute un mot : « Monsieur le curé, la Dame demande toujours la chapelle… même toute petite.» Dans son Mandement sur les Apparitions, Mgr Laurence souligne «la simplicité, la candeur, la modestie de cette enfant… elle raconte tout sans affectation, avec une ingénuité touchante… et, aux nombreuses questions qu’on lui adresse, elle fait, sans hésiter, des réponses nettes, précises, empreintes d’une forte conviction ». Insensible aux menaces comme aux offres avantageuses, «la sincérité de Bernadette est incontestable : elle n’a pas voulu tromper ».

Mais ne s’est-elle pas trompée elle-même… victime d’une hallucination ? – se demande l’évêque. Il évoque alors le calme de Bernadette, son bon sens, l’absence chez elle de toute exaltation et aussi le fait que les Apparitions ne dépendent pas de Bernadette : elles ont lieu alors que Bernadette ne s’y attendait pas, et dans la quinzaine, par deux fois, alors que Bernadette se rendait à la Grotte, la Dame n’y était pas. Pour en arriver à ces conclusions, Bernadette a dû répondre aux curieux, admirateurs, journalistes et autres, comparaître devant des commissions d’enquête civiles et religieuses. La voilà tirée de l’ombre et projetée au premier plan de l’actualité : « une tempête médiatique » s’abat sur elle. Il lui aura fallu de la patience et de l’humour pour lui résister et préserver la pureté de son témoignage.

Elle n’accepte rien : « Je veux rester pauvre. » Elle ne bénit pas les chapelets qu’on lui présente : « Je ne porte pas l’étole. » Elle ne vendra pas de médailles : « Je ne suis pas marchande. » Et, devant les images à dix sous qui la représentent, elle lance : « Dix sous, c’est tout ce que je vaux ! ». Dans ces conditions, au Cachot la vie n’est plus possible, il faut protéger Bernadette.

Le curé Peyramale, et le maire Lacadé se mettent d’accord : Bernadette sera admise comme « malade indigente » à l’hospice tenu par les Sœurs de Nevers ; elle y arrive le 15 juillet 1860. À 16 ans, elle apprend à lire et à écrire. On peut voir encore aujourd’hui, à l’église de Bartrès, les « bâtons » tracés de sa main ! Par la suite, elle écrira souvent à sa famille et même au pape ! Elle rend visite à ses parents qui ont été relogés à la « maison paternelle ». Elle soigne quelques malades, mais surtout elle cherche sa voie : bonne à rien et sans dot, comment être religieuse ? Finalement, elle entre chez les Sœurs de Nevers « parce qu’on ne m’y a pas attirée ». Dès lors, une vérité s’impose à son esprit : « À Lourdes, ma mission est finie. » Maintenant, elle doit s’effacer pour laisser toute la place à Marie.

La vie cachée à Nevers

C’est elle-même qui emploie cette expression : « Je suis venue ici pour me cacher. » À Lourdes, elle était Bernadette, la voyante. A Nevers, elle devient Sœur Marie-Bernard, la sainte. On a souvent parlé de la sévérité des supérieures à son égard, mais il faut bien comprendre que Bernadette était un cas : il fallait la soustraire à la curiosité, la protéger, et protéger aussi la congrégation. Bernadette fera le récit des Apparitions devant la communauté des sœurs réunies, dès le lendemain de son arrivée ; ensuite, elle ne devra plus en parler. On la gardera à la Maison-mère, alors qu’elle aurait tant aimé soigner les malades. Au jour de sa profession, aucun emploi n’est prévu pour elle : alors l’évêque lui donne « l’emploi de prier ». « Priez pour les pécheurs », avait dit la Dame. Elle y sera fidèle. « Mes armes, écrit-elle au pape, sont la prière et le sacrifice. »

Le couvent saint Gildard, maison mère, à Nevers
Par Cypris — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18317182

La maladie fait d’elle un pilier d’infirmerie, et puis il y a ses interminables séances au parloir : « Ces pauvres évêques, ils feraient mieux de rester chez eux. » Lourdes est bien loin… revenir à la Grotte, jamais ! Mais, tous les jours, elle y fait son pèlerinage en esprit. Elle ne parlera pas de Lourdes, elle en vivra. « Vous devez être la première à vivre le message », lui dit le Père Douce, son confesseur. Et, de fait, après avoir été aide-infirmière, elle entre peu à peu dans l’état de malade. Elle en fera « son emploi », acceptant dans un acte d’amour parfait toutes les croix, pour les pécheurs : « Après tout, ce sont nos frères. »

Au cours des longues nuits sans sommeil, s’unissant aux messes qui sont célébrées dans le monde entier, elle s’offre comme une « crucifiée vivante » dans le gigantesque combat des ténèbres et de la lumière, associée, avec Marie, au mystère de la Rédemption, les yeux fixés sur le crucifix : « C’est là que je puise ma force. » L’Église l’a proclamée sainte le 8 décembre 1933, non pour avoir été favorisée des Apparitions, mais pour la manière dont elle y a répondu.

La châsse de Bernadette Soubirous à Nevers
Par Bernadette_Soubirous-sarcophagus.jpg: Original uploader was Roock at pl.wikipediaderivative work: Rabanus Flavus (talk) — Bernadette_Soubirous-sarcophagus.jpg, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15509213

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Entre le 11 février et le 16 juillet 1858. Soit les 11,14, 18, 19, 20, 21, 23, 24, 25, 27 et 28 Février ; les 1,2,3,4 et 25 Mars ; les 7 Avril et 16 Juillet, Aucun des jours de la semaine n’est privilégié.

Nombre et durée des apparitions

Bernadette Soubirous aura 18 Apparitions pendant 5 mois dont 12 les premiers quinze jours.Bernadette employait surtout le terme occitan« aquerò » (c’est-à-dire « cela ») pour désigner l’objet de sa vision.

Emplacement des apparitions

Une grotte dans un rocher situé le long du Gave, un torrent de montagne, au lieu dit «  Massabielle », près de Lourdes. 

Récit des Apparitions 

Du 14 Février 1858 au 16 juillet 1858 

1ère apparition : Jeudi 11 février 1858. 

Pour aider ses parents, Bernadette se chargeait notamment d’aller chercher du bois mort sur les berges du Gave. Accompagnée de sa sœur et d’une amie, Bernadette se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau et aller dans la Grotte, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent ; elle lève la tête vers la grotte qui se trouvait là et y apercevra une forme blanche : la Vierge. « J’aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également,  une ceinture bleue, et une rose jaune sur chaque pied. » Elle fait le signe de la Croix et récite le chapelet avec la Dame. 
La prière terminée, la Dame disparaît brusquement. 

2ème apparition : Dimanche 14 février 1858. 

Bernadette ressent une force intérieure qui la pousse à retourner à la Grotte malgré l’interdiction de ses parents. Sur son insistance, sa mère l’y autorise ; après la première dizaine de chapelet, elle voit apparaître la même Dame. Elle lui jette de l’eau bénite.  La Dame sourit et incline la tête. La prière du chapelet terminée, elle disparaît. 

3ème apparition : Jeudi 18 février 1858.

Pour la première fois, la Dame parle. Bernadette lui présente une écritoire et lui demande d’écrire son nom. Elle lui dit : « Ce n’est pas nécessaire. »  et elle ajoute :  « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre. Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours

4ème apparition : Vendredi 19 février 1858.

Bernadette vient à la Grotte avec un cierge béni et allumé. C’est de ce geste qu’est née la coutume de porter des cierges et de les allumer devant la Grotte. 

5ème apparition : Samedi 20 février 1858. 

La Dame lui a appris une prière personnelle. A la fin de la vision, une grande tristesse envahit Bernadette. 

6ème apparition : Dimanche 21 février 1858.

La Dame se présente à Bernadette le matin de bonne heure. Une centaine de personnes l’accompagne. Elle est ensuite interrogée par le commissaire de police Jacomet. Il veut lui faire dire ce qu’elle a vu.  Bernadette ne lui parle que d’ « aquero » (cela) 

7ème apparition : Mardi 23 février 1858 

Entourée de cent cinquante personnes, Bernadette se rend à la Grotte. L’Apparition lui révèle un secret « rien que pour elle ». 

8ème apparition : Mercredi 24 février 1858 

Message de la Dame : « Pénitence! Pénitence! Pénitence! Priez Dieu pour les pécheurs !  Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs !  » 

Neuvième Apparition : Jeudi 25 Février 1858.

Trois cents personnes sont présentes.  « Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là. »  Bernadette raconte : « elle me dit d’aller boire à la source (…) je ne trouvai qu’un peu d’eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire ; elle me fit également manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine puis la vision disparut et je m’en allai » Devant la foule qui lui demande: « Sais-tu qu’on te croit folle de faire des choses pareilles ?  » Elle répond seulement: « C’est pour les pécheurs. »

10ème apparition : Samedi 27 février 1858. 

Huit cents personnes sont présentes. L’Apparition est silencieuse. Bernadette boit l’eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.

11ème apparition : Dimanche 28 février 1858. 

Plus de mille personnes assistent à l’extase. Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Elle est ensuite emmenée chez le juge Ribes qui la menace de prison. 

12ème apparition : Lundi 1er mars 1858.

Plus de mille cinq cents personnes sont rassemblées et parmi elles, pour la première fois, un prêtre. Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l’eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse. 

13ème apparition : Mardi 2 mars 1858.

La foule grossit de plus en plus. La Dame lui demande : « Allez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et qu’on y bâtisse une chapelle. » Bernadette en parle à l’abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu’une chose : le nom de la Dame. Il exige en plus une preuve: voir fleurir le rosier, ou églantier, de la grotte. (on est en hiver)

14ème apparition : Mercredi 3 mars 1858.

Dès 7 heures le matin, en présence de trois mille personnes, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n’apparaît pas. Après l’école, elle entend l’invitation intérieure de la Dame. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire. Le curé Peyramale lui redit : « Si la Dame désire vraiment une chapelle, qu’elle dise son nom et qu’elle fasse fleurir le rosier de la Grotte. « 

15ème apparition : Jeudi 4 mars 1858. 

La foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine. La vision est silencieuse. Le curé Peyramale campe sur sa position. Pendant 20 jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte, elle n’en ressent plus l’irrésistible invitation.

16ème apparition : Jeudi 25 mars 1858. 

La vision révèle son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurit pas. Bernadette raconte :  « Elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre et me dit : « Je suis l’Immaculée Conception » [« que soy era immaculada councepciou »] La jeune voyante part en courant et répète sans cesse, sur le chemin, des mots qu’elle ne comprend pas. Ces mots troublent le brave curé. Bernadette ignorait cette expression théologique.  Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait une vérité certaine de la foi catholique : un dogme.

17ème apparition : Mercredi 7 avril 1858. 

Pendant cette Apparition, Bernadette tient son cierge allumé. La flamme entoura longuement sa main sans la brûler. Ce fait est immédiatement constaté par le médecin, le docteur Douzous.

18ème apparition et dernière apparition : jeudi 16 juillet 1858.

Bernadette ressent le mystérieux appel de la Grotte,  mais son accès est interdit et fermé par une palissade.  Elle se rend donc en face, de l’autre côté du Gave. Elle voit le Vierge qui se présente à elle sous l’apparence de Notre Dame du Mont Carmel*. « Il me semblait que j’étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois,  je voyais seulement la Vierge, jamais je ne l’ai vue aussi belle ! »

Notre Dame du mont Carmel

Notre-Dame du Mont-Carmel (ou Notre-Dame du Carmel) est l’un des divers noms de la Vierge Marie. Sa dénomination procède du mont Carmel, en Terre Sainte

Notre-Dame du Mont-Carmel et les Saints du Carmel (Simon Stock, Ange de Jérusalem, Marie-Madeleine de Pazzi, Thérèse d’Avila) par Pietro Novelli, 1641Par Pietro Novelli — http://santiebeati.it/immagini/?mode=view&album=51875&pic=51875B.JPG&dispsize=Original&start=0, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3779089

Le mont Carmel, en hébreu Har HaKarmel, littéralement en français « le vignoble de Dieu », est une montagne côtière d’Israël surplombant la mer Méditerranée. La ville de Haïfa se trouve en partie sur le flanc du mont Carmel, ainsi que quelques petites villes, comme Nesher ou Tirat Carmel. Dès le douzième siècle, des hommes vivent en ermites à la recherche de Dieu dans les grottes du Mont Carmel. Les premiers ermites consacrèrent à la Vierge Marie la petite église qu’ils construisaient « au milieu de leurs cellules », signifiant ainsi qu’ils choisissaient Marie comme « patronne » de leur communauté naissante. Et peu de temps après leur arrivée en Europe, ils se firent appeler « Frères de Sainte-Marie du Mont Carmel ». La famille carmélitaine comprend les Frères Carmes, qui sont à l’origine de l’Ordre du Carmel au XIIIe siècle, les moniales Carmélites, fondées au XVe siècle, des laïcs, des congrégations religieuses de style varié, et aussi des associations et communautés diverses. Aux XVIe siècle en Espagne, Thérèse de Jésus (d’Avila) et Jean de la Croix initient une réforme qui aboutit à la séparation entre les réformés (ou déchaussés) et ceux qui poursuivent l’« antique observance ». Sainte Thérèse d’Avila définit l’Ordre du Carmel comme « l’Ordre de Notre-Dame ».

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

« J’aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied. » A la dix huitième apparition, Bernadette raconte : « Il me semblait que j’étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois, je voyais seulement la Vierge, jamais je ne l’ai vue aussi belle ! ».

Attitudes de la Vierge

Bernadette fait le signe de la croix et récite le chapelet avec la Dame. Deuxième apparition. Quand Bernadette lui jette de l’eau bénite, la Dame sourit et incline la tête. A la cinquième apparition, la Dame a appris une prière personnelle à Bernadette. A la septième apparition, l’Apparition lui révèle un secret « rien que pour elle « . A la dixième apparition, la Vierge reste silencieuse. Elle ne parlera qu’à la troisième apparition. A la onzième apparition, sans doute à la demande de la Vierge, Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. A la quatorzième apparition, dès 7 h le matin, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n’apparaît pas ! Après l’école, elle entend l’invitation intérieure de la Dame. Elle se rend à la Grotte et lui redemande son nom. La réponse est un sourire.

A la quinzième apparition, la foule toujours plus nombreuse (environ huit mille personnes) attend un miracle à la fin de cette quinzaine, mais la Vierge est silencieuse. Pendant vingt jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte. A la seizième apparition, la vision révèle enfin son nom, mais le rosier (ou églantier) sur lequel elle pose les pieds au cours de ses Apparitions ne fleurit toujours pas. (c’est une demande de miracle qu’on lui avait faite ) Bernadette raconte : « Elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre, et me dit : Que soy era immaculada councepciou« .

Paroles de la Vierge

Marie parle très peu et seulement lors de 7 apparitions sur un total de 18 ! A la troisième apparition, pour la première fois, la Dame parle. Bernadette lui présente une écritoire et lui demande d’écrire son nom. Elle lui répond : « Ce n’est pas nécessaire. » Elle ajoute : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre. Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? » A la huitième apparition, la Dame dit : « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! « A la neuvième apparition, elle dit : «Allez boire à la fontaine et vous y laver. Vous mangerez de cette herbe qui est là. A la treizième apparition, la Dame lui demande : « Allez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et qu’on y bâtisse une chapelle ». A la seizième apparition, elle me dit : « Que soy era immaculada councepciou » : Je suis l’Immaculée conception ! 

Messages de la Vierge  

Marie révèle au monde pour la première fois qu’elle est née préservée de la faute originelle. Elle rappelle avec force la nécessité de faire pénitence, pour se sauver, mais surtout sauver l’âme des pécheurs. Les gestes qui nous paraissent effarants qu’elle demande à Bernadette : ramper, manger de l’herbe….nous rappellent que l’important sur terre n’est pas, à travers la symbolique de ces gestes, notre corps et le monde physique, mais le salut de notre âme et celui des autres. En demandant la construction d’une église, elle souligne l’importance de la prière. Dans l’économie de ses mots, la Vierge nous signifie en creux l’importance du silence (donc de la méditation) et du choix des mots.

Cette fois encore – comme à toutes les Apparitions- la Vierge fait preuve de caractère et répond, à sa manière, aux questions ou requêtes qu’on lui pose. Non elle n’écrira pas son nom ; non, l’églantier ne fleurira pas, mais Catherine Latapie verra son bras déboîté reprendre sa souplesse dans l’eau de la source, à la douzième apparition. Car la Vierge est aussi médiatrice de toutes les grâces et pas seulement spirituelles. Enfin, la Vierge rappelle à Bernadette que la vie humaine n’est pas le lieu du bonheur : Bernadette mourra à 35 ans, après avoir passé l’essentiel de sa vie à l’infirmerie du couvent. 

* La Pénitence selon le glossaire de l’église catholique

Faire pénitence, c’est implorer le pardon de Dieu. Le mot s’est peu à peu confondu avec les diverses pratiques de pénitence. Pour l’essentiel, la pénitence vise à la réparation de la faute commise. Elle est le signe de la « conversion » à laquelle le Christ nous a tous appelés : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1, 15).

Eléments supra naturels

La flamme du cierge ne brule pas les mains de Bernadette. 

Les 70 guérisons inexpliquées de personnes ayant manifesté une dévotion envers la Vierge de Lourdes. ( reconnues officiellement après enquête)

Le corps non perverti par la corruption de Bernadette Soubrirous. 

Marie parle le patois de Bernadette 

Marie confirme le dogme de l’Immaculée conception reconnue par le pape en 1854, quatre ans plus tôt.

La guérison du bras déboité de Catherine Latapie

Eléments conformes aux autres apparitions 

La  prière personnelle apprise à Bernadette 

La découverte d’une source

L’apparition dans une grotte 

Des guérisons miraculeuses

Le choix d’une jeune fille pauvre et humble

Le secret révélé aux voyants « rien que pour eux »

Bâtir une chapelle et y venir en procession

L’appel à la prière et à la pénitence, pour sauver les pécheurs.

Comme aux enfants de Fatima, la Vierge ne promet pas à Bernadette d’être heureuse « ici bas ». 

Lors de la 17 ème Apparition, Bernadette tient son cierge allumé. La flamme entoure longuement sa main sans la brûler. Ce fait est immédiatement constaté par le médecin, le docteur Douzous.

Marie s’exprime dans le patois local. 

Eléments spécifiques

Le « coup de vent » du Jeudi 11 Février signale l’apparition de la Vierge. (Le vent, pour les chrétiens, est un des «  signes » de la présence de l’Esprit saint.)

Marie demande à Bernadette de faire des gestes de pénitence : ramper, baiser la terre, manger de l’herbe.  

A noter l’exquise politesse de la Vierge envers une enfant de 14 ans : « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? »

Lien avec d’autres apparitions 

La révélation de l’Immaculée conception confirme les mots inscrits sur la médaille miraculeuse vue par Catherine Labouré à Paris, rue du bac, en 1830 : «  Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous »

A San Nicolas de los Arroyos (Argentine), le 11 Janvier 1989, la Vierge dit à la voyante : Gladys Quiroga de Mota, « qu’elle apporte un peu du ciel de Lourdes. 

Le premier message de la Vierge à Ida Peerdeman à Amsterdam, a été donné le 25 mars 1945, fête de l’Annonciation, et également jour anniversaire de celui où la « Belle Dame » de Lourdes (1858) révélait solennellement son identité en patois des Pyrénées, à Bernadette Soubirous: «Que soy era Immaculada Councepciou !» (en français : « Je suis l’Immaculée Conception »).

Comme on le verra régulièrement, les apparitions de la Vierge se confortent les unes les autres : l’espace temps de Marie n’est pas le nôtre ! 

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Suscitant de vives polémiques, les apparitions, que seule la jeune fille vit, furent rapidement l’objet d’enquêtes et de contre-enquêtes. Une commission d’enquête, mise en place par l’évêque de Tarbes, en juillet 1858, se prononce en faveur de ces apparitions le 18 janvier 1862, (soit quatre ans plus tard). Au nom de toute l’Église, l’évêque du lieu, Mgr Laurence, publia un mandement par lequel il reconnaissait officiellement les apparitions de Lourdes : « Nous sommes […] convaincus que l’Apparition est surnaturelle et divine, et que, par conséquent, ce que Bernadette a vu, c’est la Très Sainte Vierge. » La Vierge y est depuis lors honorée sous le vocable « Notre-Dame de Lourdes ».

Sanctuaire (s)

Au cours d’une de ces apparitions, Bernadette a creusé le sol pour y prendre de l’eau. L’eau de cette source est rapidement réputée miraculeuse et il commence à être question de guérisons. S’en tenant à ce qu’elle avait vu et entendu, Bernadette niera avoir été témoin de guérisons ou y avoir contribué : « On m’a dit qu’il y avait eu des miracles, mais à ma connaissance, non », déclare-t-elle en septembre 1858. Dans un contexte post-révolutionnaire de vives polémiques sur les questions religieuses et, quelques années après les apparitions mariales de la rue du Bac et de la Salette, celles de Lourdes suscitent un engouement populaire important et croissant.

La presse nationale commence à s’y intéresser, durant l’été 1858, notamment avec la publication, par Louis Veuillot, d’un article très remarqué dans L’Univers. Le préfet de Tarbes, suivant les consignes du ministère des Cultes, maintient une interdiction d’accès à la grotte jusqu’en octobre 1858. L’aménagement de la grotte et la construction d’une basilique sur le rocher qui la surplombe commencent en 1862. Depuis, les sanctuaires de Lourdes constituent le plus grand centre de pèlerinage catholique français.

Les sanctuaires comprennent la grotte, lieu des apparitions, la basilique de l’Immaculée-Conception, la basilique du Rosaire, les abords du gave, une esplanade, la basilique Saint-Pie X, une prairie, un accueil pour les malades, les fontaines, les piscines, l’église Sainte-Bernadette, un chemin de croix monumental et nombre de bâtiments de service. Les principaux éléments de cet ensemble de 52 hectares (et notamment les trois basiliques et l’Esplanade du Rosaire) sont situés sur la rive gauche du Gave de Pau qui fait une boucle au niveau du pont Saint-Michel, mais le domaine s’étend aussi largement sur la rive droite en aval de ce pont.

Le centre de pèlerinage accueille chaque année 6 millions de pèlerins ou visiteurs venus du monde entier selon le secrétariat général des sanctuaires, dont environ 60 000 malades et invalides. C’est le troisième lieu de pèlerinage catholique, en fréquentation, après le Vatican et la basilique Notre-Dame de Guadalupe de Mexico. Avec un parc hôtelier de plus de 12 000 chambres, Lourdes est la deuxième ville hôtelière de France, après Paris, mais troisième en nombre d’hôtels après Nice.

Le pape Jean Paul II à la grotte en 1983
Par Ireneed — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20482345

70 guérisons inexpliquées sur 7000 dossiers déposés y ont été recensées. Six personnes affirment avoir été guéries par l’intercession de Notre-Dame de Lourdes alors qu’elles n’étaient pas venues à Lourdes.La majorité des personnes a été guérie au contact de l’eau de Lourdes (50), la plupart aux piscines du Sanctuaire.

*Les sept dernières guérisons 

  1. Serge PERRIN du Lion d’Angers (France). Hémiplégie droite itérative, avec lésions oculaires, par troubles circulatoires carotidiens bilatéraux. 41 ans au 01-05-1970. Diocèse et date de reconnaissance : Angers 17-06-1978.
  2. Delizia CIROLLI de Paternò (Italie). Sarcome d’Ewing du genou droit. 12 ans au 24-12-1976. Diocèse et date de reconnaissance : Catania (Italie) 28-06-1989.
  3. Jean-Pierre BÉLY de La Couronne (France). Sclérose en plaques évolutive depuis 15 ans. 51 ans au 9.10.1987. Diocèse et date de reconnaissance : Angoulême 9.02.1999
  4. Anna SANTANIELLO de Salerne (Italie). Décompensation cardiaque par maladie mitrale suite à un rhumatisme articulaire aigu. 41 ans au 19-08-1952. Diocèse et date de reconnaissance : Salerne (Italie) 21-09-2005
  5. Sœur Luigina TRAVERSO de Novi Ligure (Italie). Paralysie de la jambe gauche (lombosciatique paralysante sur méningocèle). 30 ans au 23-07-1965. Diocèse et date de reconnaissance : Casale-Monferrato (Italie) 11-10-2012
  6. Danila CASTELLI de Bereguardo (Italie). Hypertension artérielle avec de graves et récurrentes crises. 43 ans au 04-05-1989. Diocèse et date de reconnaissance : Pavia (Italie) 20-06-2013
  7. Plus d’attelle, de pied tordu, d’antalgique. Envolées aussi les séquelles neurologiques. Bernadette MORIAU, religieuse de Beauvais au prénom prédestiné, est devenue officiellement ce dimanche 11 Février 2018, à 78 ans, la 70e miraculée de Lourdes. Sa guérison a eu lieu 11 juillet 2008. C’est donc après de dix ans d’enquête du Bureau des constatations médicales du Sanctuaire de Lourdes que les autorités religieuses ont franchi le pas. Le miracle s’est produit quelques jours à peine après son retour d’un pèlerinage dans la cité mariale. A l’époque sœur Bernadette, infirmière de profession, vit un véritable calvaire. Elle souffre depuis l’âge de 26 ans d’une maladie invalidante des lombaires. Elle a subi de nombreuses opérations chirurgicales, mais rien n’y avait fait. La dernière guérison reconnue datait de 2013. Depuis 1862, 80 % des 70 miracles de lourdes ont concerné des femmes. Mais jusqu’ici aucune ne se prénommait Bernadette.
Statue de Notre Dame de lourdes

L’annonce faite à Marie de Paul Claudel

L’Annonce faite à Marie est un « mystère » en quatre actes et un prologue de Paul Claudel créé le 22 décembre 1912 par la troupe du théâtre de l’Œuvre (salle Malakoff) dans une mise en scène d’Aurélien Lugné-Poe

Dans un « Moyen Âge de convention », Violaine, fille d’Anne Vercors, et fiancée à Jacques Hury, rencontre l’architecte Pierre de Craon, qui l’a autrefois désirée et a, depuis, contracté la lèpre. Violaine consent à lui donner, par compassion et charité, un baiser d’adieu. Mais la scène a été surprise par sa sœur Mara, amoureuse de Hury, et celle-ci va tout tenter pour nuire à sa rivale. C’est à ce moment que le père, Anne, annonce son intention subite d’abandonner la prospérité du domaine familial pour se rendre en Terre sainte laissant à Jacques le patronage de la maison et la main de Violaine.

À la suite du baiser donné à Pierre de Craon, Violaine contracte également la lèpre et, dénoncée par sa sœur, elle se voit reniée par les siens et abandonnée par son fiancé qui l’envoie dans une léproserie et épouse Mara. Elle se retire dans la forêt malade pour se vouer à Dieu. Mais voici que meurt l’enfant né du mariage de Mara et de Jacques. Désespérée, Mara va supplier la lépreuse dans sa caverne durant la nuit de Noël : elle ne l’aime pas, mais elle a foi dans la vertu de sa sainteté qui peut obtenir de Dieu un miracle. Violaine l’associe à ses prières et ressuscite l’enfant dont les yeux prennent alors la couleur des yeux bleus de Violaine alors qu’ils étaient noirs comme Mara. 

À l’acte suivant, Violaine est tuée par Mara, toujours jalouse et, avant de mourir, elle obtient pour cette dernière le pardon de son père et de son mari. Et, tandis que la lèpre de Pierre de Craon a été mystérieusement guérie, Mara trouve enfin la paix dans le pardon, au son des cloches de l’Angélus dont le premier versicule donne son titre à la pièce : Angelus Domini nuntiavit Mariae (« L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie »). L’histoire de cette jeune fille Violaine devenant progressivement une sainte, assimilée à la Vierge Marie donne finalement la signification de ce mystère : la « possession d´une âme par le surnaturel », comme l´a décrit Claudel lui-même.

Notre Dame de Rome

I – Généralités

Pays de l’apparition

Italie

Site 

L’église Sant’Andrea delle Fratte,à Rome.L’église a été reconstruite vers la fin du XVIe siècle pour l’Ordre des Minimes de saint François de Paule. Son nom provient de la proximité des arbres et des vergers du temps de sa construction. De 1653 à 1667Francesco Borromini ajouta une coupole et un impressionnant campanile à l’église. Sa façade latérale gauche donne sur le palais di Propaganda Fide, également œuvre de Borromini et du Bernin. Le peintre russe Oreste Kiprensky (1782-1836) y est enterré. Le 20 janvier 1842, lors d’une visite à Rome, Alphonse Ratisbonne eut une vision de la Vierge Marie dans cette église, ce qui le décida à se convertir au catholicisme. Le pape Jean XXIII accorde à l’église le 12 mars 1960, par la bulle Cum nobis, le titre cardinalice Sant’Andrea delle Fratte.

Désignation  

Notre-Dame de Rome

Contexte historique en 1842

Guerres et répressions ; colonisation ; le libéralisme et la condition ouvrière ; avènement de Karl Marx. 

29 août : signature du traité de Nankin, qui met fin à la première guerre de l’opium après la défaite de la Chine et ouvre le pays à l’influence étrangère. Cinq ports sont ouverts aux Européens (CantonAmoyFou-tcheouNing-poShanghai) ; Hong Kong est cédé au Royaume-Uni pour une durée de 150 ans. Les Britanniques obtiennent une indemnité de guerre de 12 millions de dollars. C’est le premier des « traités inégaux ».

27 janvier : le gouvernement septembriste est renversé au Portugal à la faveur d’un mouvement insurrectionnel parti de PortoCosta Cabral devient président du conseil et le 10 février, il restaure la Charte de 1826. Début de la dictature des frères Cabral (1842-1846) : libéralisme privilégiant les intérêts de la bourgeoisie marchande ou de la nouvelle aristocratie enrichie par l’achat des biens nationaux. 

2 mai, au Royaume-Uni : la deuxième pétition chartiste (3 millions de signatures) est rejetée. Elle dénonce les conditions de travail, les salaires misérables, la loi de 1834 sur les pauvres et le train de vie de la famille royale. De nouvelles grèves éclatent, réprimées avec énergie.

10 août : une loi, proposée par Lord Ashley, interdit le travail des femmes et des enfants de moins de dix ans dans les mines du Royaume-Uni.

3 décembre : sur ordre d’Espartero, Van Halem bombarde Barcelone. La ville se rend le 4. 300 miliciens et bourgeois sont passés par les armes. Fin de l’insurrection espagnole

1er janvier : fondation du journal de CologneRheinische Zeitung (la Gazette rhénane), de tendance démocratique. Le 15 octobreKarl Marx en devient rédacteur en chef révolutionnaire. Les autorités prussiennes font interdire le journal et poussent Marx à quitter le pays pour la France (dernier numéro le 31 mars 1843).

II – Le voyant

Alphonse Ratisbonne

1er mai 1814Strasbourg) – 6 mai 1884, (Ein Karem – Jérusalem)

Est un prêtre et missionnaire français d’origine juive dont la conversion au catholicisme fit grand bruit à l’époque. Après sa conversion, il entre dans la Compagnie de Jésus. Il seconde son frère, Théodore, lui aussi converti au catholicisme, pour développer la Congrégation de Notre-Dame de Sion. Il fonde plusieurs monastères et orphelinats. Alphonse Ratisbonne est le neuvième et dernier enfant d’Auguste Ratisbonne et de son épouse Adélaïde, d’une famille de banquiers juifs de Strasbourg. Son père est le président du consistoire d’Alsace.

Lorsque son frère aîné Théodore(1802-1884) se convertit au catholicismeet se voit écarté par la famille, Alphonse rejette toute forme de religion. Après des études de droit à Paris, Alphonse Ratisbonne entre dans la banque familiale et annonce ses fiançailles avec sa nièce, âgée de 16 ans. Celle-ci étant encore trop jeune pour le mariage, il s’éloigne quelque temps de Strasbourg et part faire un voyage d’agrément en Italie.

Alphonse Ratisbonne
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C’est à Rome, dans la basilique Sant’Andrea delle Fratte, qu’il dit avoir eu une vision de la Vierge Marie, le 20 janvier1842 ; il décide alors de se convertir au catholicisme. Il ajoute le prénom de « Marie » à son nom de baptême. Il entre dans la Compagnie de Jésus en juin 1842. Il effectue son noviciat chez les Jésuites de Laval.

Il reçoit, dans cette église, l’ordination sacerdotale en 1848 des mains de MgrJean-Baptiste Bouvier, évêque du Mans. En 1850, il est nommé aumônier des prisonniers de Brest. Deux ans plus tard, avec l’autorisation du supérieur général des Jésuites, Jean-Philippe Roothaan, et la bénédiction du pape Pie IX, il quitte la Compagnie de Jésus pour rejoindre son frère Théodore et les « Pères de Sion » à Paris.

En 1855, il s’installe en Palestine, où il passe le reste de son existence et y emmène une partie de la communauté de Notre-Dame de Sion. Il acquiert dans la Vieille Ville de Jérusalem un terrain vague en 1857 et fait construire sur les vestiges de ruines anciennes. Il y fonde en 1858 le couvent de l’Ecce Homo pour les Sœurs de Sion, auquel il adjoint une école et un orphelinat. En 1860, il fait construire le monastère de Saint-Jean sur la colline d’Ein Karem, dans les environs de Jérusalem, avec une église et un orphelinat.

En 1874, il fonde le monastère Saint-Pierre-de-Sion, dit « monastère Ratisbonne », aujourd’hui occupé par un centre d’étude salésien, dans le quartier de Réhavia à Jérusalem. Enfin, il ouvre l’orphelinat Saint-Pierre, près de la porte de Jaffa, et une école d’apprentissage.

Le monastère saint Jean, quartier de Rehavia à Jérusalem
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La tombe d’Alphonse Ratisbonne à Jérusalem
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III – L’Apparition (généralités) 

Date

Le 20 janvier 1842

Nombre et durée des apparitions

Une seule apparition

Emplacement des apparitions

Une chapelle dans l’église Sant’Andrea delle Fratte, à Rome.

Récit 

Un jour, en 1842, un certain Alphonse Ratisbonne, juif pratiquant, se rend chez un de ses amis, qui habite Rome (Italie), et qui est un fidèle de l’Église Catholique. Douze ans avant, la Sainte Vierge-Marie était apparue à Paris (France) à la sœur Catherine Labouré (Sainte). Celle-ci lui avait confié une mission, de faire paraître une médaille à son effigie. Très vite, le médaillon passa les frontières, et c’est ainsi qu’un ami d’Alphonse Ratisbonne lui en offrit une. Celui-ci ne put refuser ce cadeau. Après plusieurs jours, le 20 janvier 1842, Alphonse accompagna son ami dans une église. Alors que ce dernier alla parler au prêtre, Alphonse visita l’édifice, puis, se mit à genoux et pria. À cet instant même, la Sainte Vierge lui apparut et le bénit. Après cet événement mystique, il se convertit et devint chrétien. 

A Rome, le Dimanche 20 janvier 2008, Benoît XVI a évoqué, avant l’angélus, l’anniversaire de l’apparition de la Vierge Marie à Rome, en l’église Saint-André delle Fratte, le 20 janvier 1842.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Alphonse raconte :« J’étais depuis un instant dans l’église lorsque tout d’un coup, je me suis senti saisi d’un trouble inexprimable ; j’ai levé les yeux, tout l’édifice avait disparu à mes regards. Une seule chapelle avait pour ainsi dire concentré la lumière et au milieu de ce rayonnement parut, debout sur l’autel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu’elle est sur ma médaille. (la médaille miraculeuse qu’un ami lui avait offert et qu’il portait au cou). 

L’apparition de la Vierge à Alphonse Ratisbonne
Par zeitgenössischer Maler — Webseite über Alphonse Ratisbonne http://www.marysource.com/articles/alphonse_ratisbonne.htm, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12862351

Attitudes de la Vierge

« La Vierge m’a fait signe, de la main, de m’agenouiller ; une force irrésistible m’a poussée vers elle ; la Vierge a semblé me dire : c’est bien ! Elle ne m’a point parlé, mais j’ai tout compris.»

Paroles de la Vierge

C’est une apparition « silencieuse ».  Aucune parole ne sera prononcée par la Vierge.

Messages de la Vierge  

La Vierge, en apparaissant à Rome en 1842, sous les traits de la Vierge de la médaille miraculeuse, voulait sans doute confirmer son apparition à Catherine Labouré rue du Bac à Paris en 1830, sans attendre les conclusions toujours très longues de l’enquête en cours. 

Eléments supra naturels

L’invraisemblable concours de circonstances ayant amené Alphonse Ratisbonne à visiter l’église où la Vierge lui est apparu. 

Eléments conformes aux autres apparitions 

Beaucoup de voyants, comme Alphonse, témoignent subir une force contre laquelle ils ne peuvent lutter et qui les oblige à s’agenouiller. Comme dans toutes ses apparitions, la Vierge apparaît « brillante, pleine de majesté et de douceur ». Alphonse ajoutera « grande ». Sur ce point, Bernadette Soubirous se plaindra, à plusieurs reprises, qu’on lui présentait un portrait de la Vierge avec une taille « trop grande » par rapport à ce qu’elle avait vu. Mais il n’est pas interdit à la Vierge de prendre l’apparence qu’elle souhaite et d’en changer ; en l’occurrence, à Rome, elle souhaitait sans doute ressembler à son portrait sur la médaille miraculeuse où elle figure comme une femme de grande taille.  

Eléments spécifiques

Alphonse fait partie du tout petit nombre de voyants de la Vierge, de sexe masculin, avec Francisco Marto de Fatima, les garçons Barbedette à Pont main, et Juan Diego à Tepeya au Mexique. Alphonse Ratisbonne est l’exemple unique d’une conversion d’un Juif au catholicisme provoquée par l’apparition de la Vierge. Son père est même le président du consistoire d’Alsace. L’apparition de Rome est l’illustration de la manière dont la Providence utilise les circonstances de la vie pour ramener les hommes à Dieu. Alphonse Ratisbonne oeuvrera toute sa vie et de manière très dynamique à la création de monastères, écoles et orphelinats, mais n’est pas déclaré saint ou bienheureux.

Lien avec d’autres apparitions 

Cette apparition emmena la reconnaissance officielle de la Médaille miraculeuse par l’Église Catholique. L’église, Sant’Andrea delle Fratte, située à deux pas de la place d’Espagne, et qui a reçu d’illustres visiteurs comme sainte Thérèse de Lisieux lors de son voyage à Rome et saint Maximilien Kolbe, qui y a célébré une première messe, abrite en effet une chapelle ornée d’un tableau représentant la Vierge Marie qui ressemble très fort à l’avers de la Médaille « miraculeuse » montrée par la Vierge Marie à sainte Catherine Labouré, en 1830 à Paris ! 

Chapelle, à l’intérieur de la basilique, représentant la Vierge de la médaille miraculeuse

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Le 3 juin 1842, l’Église Catholique reconnaît officiellement l’Apparition de Notre-Dame de Rome. Aujourd’hui, on célèbre la mémoire de Notre-Dame de Rome tous les 20 janvier, jour de l’apparition.

Sanctuaire

La basilique Sant’Andrea delle Fratte
Par LPLT — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6615467

Classée par nous dans les Apparitions reconnues, même si pour des raisons diverses, elle n’a pas été formellement reconnue, compte tenu de ses liens forts avec les apparitions d’Amsterdam et de Rome 1842 et de la médaille miraculeuse. Par ailleurs, la voyante : Catherine Labouré, est canonisée. France / 1830

Notre dame de la médaille miraculeuse

I – Généralités

Pays de l’apparition

France 

Site 

Paris, 140 rue du Bac


L’immeuble 140 rue du Bac à Paris
Par Thesupermat — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=24886737

Désignation  

Notre Dame de la Médaille miraculeuse

Contexte historique

L’hiver est particulièrement froid en 1830 et une disette arrivera au Printemps ; l’épidémie de cholera qui se déclenche durera jusqu’en 1835. C’est aussi la conquête de l’Algérie et la révolution de Juillet ou des trois Glorieuses. Louis Philippe succède à Charles X. La disette provoque une série d’incendies, en particulier dans l’Ouest : les mendiants menaçant les paysans de brûler leurs chaumières s’ils ne leur fournissent pas du pain.

21 mars : dissolution de la Chambre.

5 juillet : prise d’Alger . Capitulation du dey Hussein. L’Algérie devient colonie française. L’envoi en Afrique et la concentration dans le sud de la France de nombreuses troupes ne peut que faciliter le succès d’une insurrection parisienne.

27 – 29 juillet : révolution de juillet ou les Trois Glorieuses (en référence aux journées d’émeutes des 27, 28, 29 juillet).

9 août : proclamation officielle de la monarchie de Juillet au Palais Bourbon. Le duc d’Orléans accepte la couronne et devient Louis-Philippe Ier. Il prête serment devant les Chambres.

16 octobre : L’Avenir, journal catholique libéral est fondé par LamennaisLacordaire et Montalembert.

3 novembre : inauguration de l’église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon, alors appelée Bourbon-Vendée.

II – La voyante 

Catherine Labouré, en religion, sœur Catherine de la charité, est née le 2 mai 1806 et décédée le 31 décembre 1876 à Paris. Catherine est née à Fain-lès-Moutiers en Bourgogne, huitième des dix enfants du fermier Pierre Labouré et de son épouse Louise Gontard qui meurt le 9 octobre 1815. Ayant perdu sa mère à l’âge de neuf ans, Catherine, que sa famille appelle Zoé, développe une affection particulière pour la Vierge Marie. Étant donné les circonstances familiales, elle est placée chez sa tante avec sa sœur cadette Tonine, puis à douze ans, après sa communion reçue le 25 janvier 1818, elle revient à la ferme de son père où elle s’occupe du ménage, de la cuisine et des bêtes (traite des vaches, nourrissage des porcs et des 800 pigeons), si bien qu’elle ne va pas à l’école.

Saint Catherine Labouré (1806-1876), Marian visionary
Par Unidentified photographer — http://www.stcatherinelaboure.ie/images/St%20Catherine/St_Catherine_2.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9949292

Adolescente, elle désire comme sa sœur aînée Marie-Louise entrer chez les Filles de la Charité à la suite d’un rêve la faisant rencontrer un vieux prêtre qui l’encourage dans cette voie. Une cousine se propose de prendre Catherine à Châtillon-sur-Seine dans un pensionnat réputé qu’elle dirige et où elle apprend à lire et écrire. Elle est confirmée dans sa décision de devenir religieuse lorsqu’elle découvre dans la maison des sœurs de la Charité à Châtillon-sur-Seine un tableau de Vincent de Paul, qui a fondé cet ordre, en qui elle reconnaît le vieux prêtre. Son père qui désire la marier et la détourner de ce choix, l’envoie travailler à Paris, où un de ses frères tient une cantine pour ouvrier. Elle y découvre la misère du peuple, ce qui l’incite d’autant plus, à 18 ans, à entrer chez les religieuses de Saint Vincent de Paul.

Après trois mois de discernement à la maison des sœurs de la Charité à Châtillon-sur-Seine, elle commence son noviciat le 21 avril 1830 à la maison-mère située rue du Bac à Paris. Le 30 janvier 1831, elle prend l’habit et prononce ses vœux. Elle est envoyée le 5 février 1831 à l’hospice d’Enghien qui recueille les vieillards, notamment les anciens serviteurs de la Maison d’Orléans. L’hospice est situé dans le village de Reuilly au sud-est de Paris et elle y reste jusqu’à la fin de sa vie. Cette fille de paysan y fait preuve d’un caractère affirmé, voire un peu fruste, s’occupant également de la ferme de l’hospice, nourrissant les volailles et nettoyant l’étable. « Elle passait inaperçue » dira d’elle une religieuse.

Pieuse, elle est également sujette à des visions ou à des prémonitions qu’elle ne révèle qu’à son confesseur et à sa supérieure. Sa vie entière sera marquée par un profond silence. En 1870-1871, Catherine, comme tous les Parisiens, subit le siège de Paris par les troupes prussiennes, la famine puis les troubles de la Commune de Paris au cours de laquelle, dit-on, des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent. Catherine Labouré meurt le 31 décembre 1876, quarante-six ans après ses visions, sans jamais avoir révélé son secret à d’autres qu’à son directeur spirituel.

À l’occasion de sa béatification par le pape Pie XI le 28 mai 1933, son corps est exhumé de son cercueil constitué d’une bière en sapin emboîtée dans une caisse de plomb, le 21 mars 1933. Le corps est retrouvé en parfait état (personne myroblyte). Il est nettoyé, mis en habit de religieuse (avec notamment la cornette blanche aux larges ailes) et placé dans une châsse en bronze doré dans la chapelle de la Médaille miraculeuse au no 140 de la rue du Bac à Paris. Le corps de sainte Louise de Marillac, première supérieure des Filles de la Charité, repose aussi rue du Bac, à deux pas de la chapelle des Lazaristes où est exposé le corps de saint Vincent de Paul. Catherine Labouré est canonisée le 27 juillet 1947 par le pape Pie XII. Elle est fêtée localement le 25 novembre ou le 28 novembre.

Vincent de Paul ou Vincent de paul, né au village de Pouy près de Dax le 24 avril 1581 et mort le 27 septembre 1660 à Paris, est une figure du renouveau spirituel et apostolique du XVIIᵉ siècle français, prêtre, fondateur de congrégations qui œuvra tout au long de sa vie pour soulager la misère matérielle et morale. Wikipedia

Louise de Marillac (Paris12 août1591 – Paris15 mars1660) est une aristocrate française, fondatrice avec  saint Vincent de Paul des Filles de la Charité. Béatifiée en 1920, reconnue sainte par l’Église catholique et canonisée en 1934, elle a été proclamée Sainte Patronne des œuvres sociales en 1960. Wikipedia

III – L’Apparition (généralités) 

Date

La première apparition a lieu le 18 juillet 1830, jour de la fête du fondateur des Filles de la Charité : saint-Vincent de Paul. La seconde se produit le 27 novembre 1830 et la troisième en Décembre 1830.

Nombre et durée des apparitions

3 apparitions de Juillet à Décembre 1830.

Nature de l’Apparition 

Catherine Labouré fait part à son confesseur, seulement, des apparitions de la Vierge Marie qu’elle dit avoir eues en juillet et novembre 1830 durant son noviciat (appelé séminaire chez les Filles de la Charité) en la chapelle de son couvent de la rue du Bac à Paris. Cet événement est à l’origine de la diffusion de la « Médaille miraculeuse », portée aujourd’hui par de nombreux catholiques.

Emplacement des apparitions

Dans la chapelle de la rue du Bac située dans le quartier Saint-Thomas-d’Aquin du 7e arrondissement de Paris, au 140, rue du Bac, abritant la maison mère des Filles de la Charité. 

Récit 

A 24 ans, après l’avoir longtemps espéré, Catherine entre enfin chez les sœurs de la charité, rue du Bac à Paris, le 21 avril 1830. Le 18 juillet 1830, c’est la fête du fondateur des Filles de la Charité : saint-Vincent de Paul qu’elle aime tant. A 11 heures et demie du soir, elle s’entend appeler par son nom. Un mystérieux enfant est là, au pied de son lit et l’invite à se lever : « La Sainte Vierge vous attend». Catherine s’habille et suit l’enfant « portant des rayons de clarté partout où il passait.» Arrivée dans la chapelle, Catherine s’arrête près du fauteuil du prêtre placé dans le chœur sous le tableau de sainte Anne.

Elle entend alors  comme le froufrou d’une robe de soie. Son petit guide dit : « Voici la Sainte Vierge ». Elle hésite à le croire. Mais l’enfant répète d’une voix plus forte : « Voici la Sainte Vierge.» Catherine s’élance aux pieds de la Sainte Vierge assise dans un fauteuil et appuie les mains sur les genoux de la Mère de Dieu. 

Nef et assistance
Par Mbzt — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32405287

« Là, il s’est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j’éprouvais. La Sainte Vierge m’a dit comment je devais me conduire envers mon confesseur et plusieurs autres choses. «  Mon enfant, le Bon Dieu veut vous charger d’une mission. Vous aurez bien de la peine, mais vous vous surmonterez en pensant que vous le faites pour la gloire du Bon Dieu… vous en serez tourmentée ; jusqu’à ce que vous l’ayez dit à celui qui est chargé de vous conduire; vous serez contredite. Mais vous aurez la grâce. Ne craignez pas, dites tout avec confiance et simplicité…  ».

Puis, la Sainte Vierge désigne de la main l’autel où repose le tabernacle et dit : « Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur.» L’entretien roule ensuite sur la communauté  : «  Mon enfant, j’aime répandre mes grâces sur la communauté. Je l’aime heureusement. J’ai de la peine  : il y a de grands abus, la règle n’est pas observée, la régularité laisse à désirer. Il y a un grand relâchement dans les deux communautés. Dites-le à celui qui est chargé de vous…  » Elle descend ensuite dans les détails de la vie quotidienne pour corriger tout ce qui ne va pas  !

« C’est cela une vraie réforme ! (…) ». Enfin la Sainte Vierge en vient à parler de la France  : «  Les temps sont très mauvais, des malheurs vont fondre sur la France  ;  le trône sera renversé [dix jours après, c’était fait] ; le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes (la Sainte Vierge avait l’air très peinée en disant cela, note sœur Catherine). Mais venez au pied de cet autel, là les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur ; elles seront répandues sur les grands et sur les petits…   »Catherine reçoit aussi la demande de fondation d’une Confrérie d’Enfants de Marie. Cette dernière sera réalisée par le Père Aladel le 2 février 1840. 

Autel de la médaille miraculeuse
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Et la Sainte Vierge continua  : «  Le moment viendra où le danger sera grand ;on croira tout perdu ; là je serai avec vous, ayez confiance,vous reconnaîtrez ma visite et la protection de Dieu et celle de saint Vincent sur les deux communautés.   Il y aura bien des victimes, Monseigneur l’archevêque mourra. Mon enfant, la croix sera méprisée ; le sang coulera dans les rues [ici, note sœur Catherine, la Sainte Vierge ne pouvait plus parler, la peine était peinte sur son visage]. Mon enfant, me dit-elle,le monde entier sera dans la tristesse » À ces mots, je pensai   : quand est‑ce que ce sera  ? J’ai très bien compris  :« quarante ans.  »

Quarante ans après, jour pour jour, la guerre franco-allemande de 1870 sera déclarée, entraînant son cortège de calamités. C’est en pleurant que la Sainte Vierge prédit tout cela. Après avoir ainsi révélé l’avenir sous des couleurs si sombres, l’Immaculée voulut donner à ceux qui se réfugieraient auprès d’elle, un moyen accessible à tous, de passer à travers ces temps difficiles : la Médaille miraculeuse.

Le 27 novembre 1830, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à Catherine dans la chapelle. Cette fois, c’est à 17 h 30, pendant l’oraison des novices, sous le tableau de saint Joseph. D’abord Catherine voit comme deux tableaux vivants qui passent, en fondu enchaîné, et dans lesquels la Sainte Vierge se tient debout sur le demi-globe terrestre, ses pieds écrasant le serpent. Dans le premier tableau, la Vierge porte dans ses mains un petit globe doré surmonté d’une croix qu’elle élève vers le ciel. Catherine entend : « Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier. » Dans le deuxième tableau, il sort de ses mains ouvertes, dont les doigts portent des anneaux de pierreries, des rayons d’un éclat ravissant.

Catherine entend au même instant une voix qui dit : « Ces rayons sont le symbole des grâces que je répandssur les personnes qui me les demandent. » Puis un ovale se forme autour de l’apparition et Catherine voit s’inscrire en demi-cercle cette invocation en lettres d’or : « O Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à vous. » Alors une voix se fait entendre : « Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle.Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces ». Enfin le tableau se retourne et Catherine voit le revers de la médaille : en haut une croix surmonte l’initiale de Marie, en bas deux cœurs, l’un couronné d’épines, l’autre transpercé d’un glaive. 

Au mois de décembre 1830, pendant l’oraison, Catherine entend de nouveau un froufrou, cette fois derrière l’autel. Le même tableau de la médaille se présente auprès du tabernacle, un peu en arrière. « Ces rayons sont le symbole des grâcesque la Sainte Vierge obtient aux personnes qui lui demandent…Vous ne me verrez plus ». «  Vous dire ce que j’ai éprouvé alors, et tout ce que j’ai appris au moment où la Sainte Vierge offrait le globe à Notre‑Seigneur, cela est impossible à le rendre.  » dira Catherine.  Elle écrira pourtant un jour, avec un lyrisme qui ne lui était pas coutumier  : «  Oh  ! Qu’il sera beau d’entendre dire   : “ Marie est la Reine de l’univers, particulièrement de la France ”, et les enfants s’écrieront avec joie et transport  : “ et de chaque personne en particulier »

Ce sera un temps de paix, de joie et de bonheur qui sera long ; elle sera portée en bannière et elle fera le tour du monde.  » Faire connaître et aimer cette “ Vierge au globe, reine de l’univers ”, sera, si l’on peut dire, le tourment de la vie de sainte Catherine Labouré ; elle dira même un jour son “ martyre ”. Ce n’est qu’en 1876, l’année même de sa mort, qu’elle obtiendra de ses supérieurs qu’une statue soit sculptée selon ses indications. (…) C’est la fin des apparitions. Catherine fait part à son confesseur, le Père Aladel, des requêtes de la Sainte Vierge. Il l’accueille fort mal, lui interdit d’y penser. Le choc est rude. Le 30 janvier 1831, Catherine prend l’habit. Le lendemain, elle part à l’hospice d’Enghien fondé par la famille d’Orléans 12 rue de Picpus, à Reuilly, à l’Est de Paris, dans un quartier de misère où elle servira les vieillards et les pauvres pendant 46 ans, incognito.

”. Ce sera un temps de paix, de joie et de bonheur qui sera long ; elle sera portée en bannière et elle fera le tour du monde.  » Faire connaître et aimer cette “ Vierge au globe, reine de l’univers ”, sera, si l’on peut dire, le tourment de la vie de sainte Catherine Labouré ; elle dira même un jour son “ martyre ”. Ce n’est qu’en 1876, l’année même de sa mort, qu’elle obtiendra de ses supérieurs qu’une statue soit sculptée selon ses indications. (…) C’est la fin des apparitions. Catherine fait part à son confesseur, le Père Aladel, des requêtes de la Sainte Vierge. Il l’accueille fort mal, lui interdit d’y penser. Le choc est rude. Le 30 janvier 1831, Catherine prend l’habit. Le lendemain, elle part à l’hospice d’Enghien fondé par la famille d’Orléans 12 rue de Picpus, à Reuilly, à l’Est de Paris, dans un quartier de misère où elle servira les vieillards et les pauvres pendant 46 ans, incognito.

Châsse de Catherine Labouré
Par André Leroux — « œuvre personnelle », Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1955295

Après deux ans d’enquête et d’observation de la conduite de Catherine, le prêtre informa l’archevêque de Paris, sans lui révéler l’identité de Catherine. La requête fut approuvée et les médailles furent frappées et devinrent extrêmement populaires, notamment durant l’épidémie de choléra de 1832. La Vierge avait en outre demandé à Catherine de rassembler une confrérie d’enfants de Marie. En 1837, les Filles de la Charité et les Lazaristes répondent à ce vœu en fondant les Enfants de Marie Immaculée. Bien que la foi en l’Immaculée Conception de la Vierge Marie fût largement répandue, la doctrine n’avait pas encore été définie et le dogme non encore proclamé.

La médaille avec les mots « conçue sans péché » conduisit le pape Pie IX (élu en 1846) à aller de l’avant : le 8 décembre 1854, il proclame solennellement le dogme de l’Immaculée Conception. En 1858, à Lourdes la Vierge Marie se  présentera à Bernadette Soubirous par ces mots « Je suis l’Immaculée Conception* » Catherine mourut 46 ans après les apparitions sans jamais avoir révélé son secret à d’autres qu’à son directeur. Son corps, parfaitement conservé, est dans la chapelle des apparitions, sous la statue de la Vierge au globe. 

*  » Immaculée conception » : privilège selon lequel, en vertu d’une grâce exceptionnelle, la Vierge Marie est née préservée du péché originel. Le dogme de l’Immaculée conception a été proclamé par Pie IX en 1854. À ne pas confondre avec la conception virginale de Jésus par Marie. 

Péché originel : le péché originel désigne spécifiquement l’acte par lequel l’homme a fait pour la première fois rupture avec Dieu. Il désigne par extension notre refus, sous de multiples formes, d’être conduit par Dieu. L’homme veut être son propre maître, sa propre fin et prendre la place de Dieu, il brise alors sa relation au Dieu Créateur. 

«L’Immaculée Conception», huile sur toile (Hauteur. 198 cm ; largeur. 124 cm) de Pierre Paul Rubens. – Œvre executée vers 1628-1629, appartenant au musée du Prado. – Ref. Nº Cat. P1627, photographiée lors de l’exposition temporaire « Rubens et son Temps » au musée du Louvre-Lens.
User:Jean-Pol GRANDMONT (2013), Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27224135

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

À la chapelle, Catherine est à peine agenouillée qu’elle entend le froufrou d’une robe de soie. La sainte Vierge est là, resplendissante. La figure de la vierge, bien découverte, est si belle que la voyante n’en pouvait dépeindre ou exprimer la beauté ravissante.  Quand elle priait, dit Catherine, sa figure était si belle, si belle, qu’on ne pourrait la dépeindre.  

Attitudes de la Vierge

Le 18 Juillet 1830, Marie s’asseoit dans le fauteuil de l’aumônier ; Catherine se jette à ses genoux. Et pendant deux heures, la Vierge Marie parle à Catherine comme une mère qui se confie à son enfant. Catherine a les mains jointes sur les genoux de Marie ! Le 27 Novembre 1830, la Sainte Vierge revient. Catherine l’aperçoit, debout, les pieds posés sur un globe terrestre, où s’agite un serpent de couleur verdâtre. La Vierge avait le pied posé sur la bête immonde. La Vierge tenait entre ses mains un globe plus petit surmonté d’une croix d’or. Elle l’offrait à Dieu d’un geste suppliant. (symbole de sa médiation universelle) Tout à coup les doigts de ses mains se remplissent d’anneaux porteurs de diamants qui jettent des rayons de tous côtés. 

Les yeux de la vierge, tantôt élevés vers le ciel, tantôt baissés, sont le symbole scripturaire de la piété, et du recours à Dieu. Dans un des tableaux  relatés par Catherine, les mains de la Vierge se sont étendues, dans l’attitude reproduite par la médaille miraculeuse. C’est cette attitude que reproduira la Sainte Vierge, à Lourdes, au jour de la grande apparition (25 mars 1858) ; c’est celle que Marie prendra encore, durant l’apparition de Pontmain (17 janvier 1871), au témoignage réitéré de Joseph Barbedette. C’est de voir Marie implorer la Miséricorde divine qui a le plus ravi Catherine Labouré : «  Ses traits étaient alors empreints d’une gravité mêlée de tristessequi disparaissait lorsque le visage s’illuminait, surtout à l’instant de sa prière  ».

Evoquant les futurs évènements tragiques et le sang qui coulera dans les rues, note sœur Catherine, la Sainte Vierge ne pouvait plus parler, la peine était peinte sur son visage. Que faut-il entendre par cette boule d’or, surmontée d’une petite croix d’or, que Marie portait dans ses mains et offrait à Dieu? « Cette boule que vous voyez représente le monde entier, la France particulièrement et chaque personne en particulier. » Ne serait-elle point la terre virginale, bénie par Marie, sur lequel est planté l’arbre de la croix, par opposition à la terre maudite, qui est sous les pieds de l’apparition, terre qu’enveloppe de ses replis tortueux l’infernal serpent? 

Paroles de la Vierge

« Mon enfant, le Bon Dieu veut vous charger d’une mission. Vous aurez bien de la peine, mais vous vous surmonterez en pensant que vous le faites pour la gloire du Bon Dieu… vous en serez tourmentée, jusqu’à ce que vous l’ayez dit à celui qui est chargé de vous conduire,vous serez contredite. Mais vous aurez la grâce. Ne craignez pas, dites tout avec confiance et simplicité. » « Mon enfant, j’aime répandre mes grâces sur la communauté. Je l’aime heureusement. J’ai de la peine  : il y a de grands abus, la règle n’est pas observée, la régularité laisse à désirer. Il y a un grand relâchement dans les deux communautés. Dites-le à celui qui est chargé de vous…  ». « Les temps sont très mauvais, des malheurs vont fondre sur la France  ;  le trône sera renversé [dix jours après, c’était fait] ;

le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes, mais venez au pied de cet autel, là les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur, elles seront répandues sur les grands et sur les petits…  » «  Le moment viendra où le danger sera grand ;on croira tout perdu, là je serai avec vous, ayez confiance ;vous reconnaîtrez ma visite et la protection de Dieu et celle de saint Vincent sur les deux communautés.   Il y aura bien des victimes, Monseigneur l’archevêque mourra. Mon enfant, la Croix sera méprisée ; le sang coulera dans les rues. Mon enfant, le monde entier sera dans la tristesse. À ces mots, je pensai  : quand est‑ce que ce sera  ? J’ai très bien compris  :« quarante ans.  » 

Messages de la Vierge  

La Vierge regrette que la règle ne soit pas observée dans les deux communautés de saint Vincent de Paul et des filles de la Charité. Marie insistera plusieurs fois, dans ses apparitions, sur l’importance de l’obéissance.

Elle annonce que pendant les évènements difficiles qui s’annoncent (journées de Juillet et guerre franco allemande de 1870) elle sera présente et dispensera ses grâces. Elle invite grands et petits à venir « au pied de cet autel recevoir les grâces qui seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur ! » (L’iconographie de la médaille miraculeuse montre la vierge mains tendues répandre ses grâces sur le monde et à contrario elle explique l’absence de rayons du fait des grâces qu’on ne lui demande pas !) 

L’apparition de la rue du Bac inaugure le rôle que Marie ambitionne de jouer : celle de médiatrice de toutes les grâces. C’est à dire d’intermédiaire entre Dieu et les hommes pour leur faire obtenir la grâce de Dieu*.

* La grâce désigne la bienveillance absolument gratuite que, de toute éternité, Dieu témoigne à l’homme en l’appelant à partager sa propre vie. C’est « intimité » avec Dieu est donnée par le baptême et renouvelée par les sacrements. C’est par grâce que Dieu nous sauve.

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Catherine est également sujette à des visions ou à des prémonitions. Elle reconnaît Vincent de Paul en le vieillard qui lui a dicté sa vocation.Catherine Labouré aurait eu également la vision d’une « Croix de la Victoire* » : un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris. Surtout, l’apparition de la rue du Bac est célèbre pour avoir donné naissance à la « médaille miraculeuse ». 

* La croix de la Victoire

Quelques mois après la fin de la Révolution de 1848, Catherine Labouré aurait eu la vision d’une « Croix de la Victoire », d’un monument qu’il se serait agi d’édifier à Paris : elle s’empresse, bien sûr, d’aller le dire à M. Aladel [son confesseur], deux fois, et même de le mettre par écrit, à chaud, dès le 30 juillet 1848, de crainte d’oublier un détail : « Il y aura des ennemis de la religion qui chercheront et promèneront une Croix couverte d’un voile noir qui portera la terreur dans les esprits. Mais la Croix triomphera. Il y aura une croix que l’on appellera la Croix de la Victoire, qui portera la livrée de la nation ; elle sera plantée du côté de Notre-Dame, sur la place des victimes. La voici : une Croix sera faite d’un bois précieux, étranger. Elle sera garnie. Elle aura des pommes d’or aux extrémités. Le Christ sera grand ; la tête penchée du côté du cœur, la plaie du côté droit où coule beaucoup de sang. La livrée de la nation dans le haut de la colonne. Le blanc, c’est l’innocence, voltigeant sur la couronne d’épines. Le rouge représente le sang ; le bleu, c’est la livrée de la Sainte Vierge. » Et de continuer : « Cette croix sera appelée la Croix de la Victoire. Elle sera en grande vénération. De toute la France et des pays les plus éloignés, et même de l’étranger, les uns y viendront par dévotion, les autres en pèlerinage, et d’autres par curiosité. Enfin, il se fera des protections toutes particulières qui tiendront du miracle. Il ne viendra pas une personne à Paris qui ne vienne voir et visiter cette croix, comme une œuvre d’art. » […] « Sur le pied de la Croix, il sera représenté toute cette révolution, telle qu’elle s’est passée. Le pied de la croix m’a paru avoir de 10 à 12 pieds [environ 3,5 mètres] en carré, et la croix de 15 à 20 pieds [de 4,5 à 6 mètres] en hauteur. Et, une fois élevée, elle m’apparaissait à peu près de 30 pieds [9 mètres] de hauteur. Sous cette croix, il reposera une partie des morts et des blessés pendant les événements si pénibles… » […] « Ici, un bras paraît, une voix se fait entendre : « le sang coule ! » En montrant du doigt le sang : « L’innocent meurt, le pasteur donne sa vie. » » […] « La croix m’apparut de toute beauté. Notre-Seigneur était comme s’il venait de mourir. La couronne d’épines sur sa tête, les cheveux épars dans la couronne par-derrière, la tête penchée du côté du cœur.»Mais l’abbé Aladel, son confesseur, n’en tint pas compte. C’est pourquoi, elle lui écrivit peu après cette lettre : « […] Je vous parle de cette croix, après avoir consulté le Bon Dieu, la Sainte Vierge et notre bon père saint Vincent, le jour de sa fête et tout l’octave où je me suis abandonnée toute à Lui, et le priai qu’Il m’ôte toute pensée singulière à ce sujet et à tant d’autres. Au lieu de me trouver soulagée, je me suis sentie de plus en plus pressée de vous donner tout par écrit. Ainsi par obéissance, je me soumets. Je pense que je n’en serai plus inquiétée. Je suis, avec le plus profond respect, votre fille toute dévouée au sacré-Cœur de Jésus et de Marie. » Cette croix n’est, à ce jour, toujours pas érigée.

Ce que dit« La médaille miraculeuse » 

Les deux faces de la médaille miraculeuseconçue par l’orfèvre parisien Adrien Vachette.
Par Xhienne — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2169454

Iconographie de l’avers : la face lumineuse

Les mots et dessins gravés sur l’avers de la médaille expriment divers messages :

La forme de la médaille est ovale.

– La Vierge Marie est représentée en pied, les bras légèrement détachés du corps et les mains ouvertes, étendues vers la terre, en geste d’ouverture et de don.

Le serpent : la Vierge écrase la tête du serpent   : «  un serpent de couleur verdâtre avec des taches jaunes   », précisera la sœur ;cela rappelle l’image de la Genèse(Gen. 3:15): « je mettrai l’hostilité entre toi et la femme […] Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon »

Mais d’un point de vue théologique, cette version ne correspond pas au texte hébreu, dans lequel ce n’est pas la femme, mais sa lignéeson descendant,qui écrase la tête du serpent ; le texte n’attribue donc pas à Marie, mais à son Fils, la victoire sur Satan.Toutefois, comme la conception biblique instaure une solidarité profonde entre un parent et sa descendance, la représentation de l’Immaculée qui écrase le serpent, non par sa propre vertu, mais par la grâce du Fils, est cohérente avec le sens original du passage.

Pour l’anecdote, dans le chapître XVII du Livre pour sortir au jour, ou Livre des morts, « le Grand Chat qui est dans l’Héliopolis », écrase de l’une de ses pattes avant, Apophis, un serpent géant, ennemi du soleil, qui habite dans les profondeurs de Noun, le chaos originel, et qui chaque nuit, à la septième heure, attaque la barque solaire pour la faire échouer et interrompre ainsi le processus de création ! (Historia, Décembre 2017 )

– Des 15 anneaux de ses doigts (5 par doigt) surgissent des rayons de lumière symbolisant les grâces qui sont obtenues par son intercession La Vierge porte, à chaque main, quinze anneaux*, revêtus d’autant de pierreries, d’où jaillissent de toutes parts des rayons proportionnés, « de manière que l’on ne voyait plus les pieds de la Sainte-Vierge. » Ces rayons, ce sont les grâces que la Vierge accorde si on prie son intercession. Les anneaux qui ne brillent pas sont, à l’inverse, « les grâces qu’on oublie de me demander ! » On peut y voir aussi un symbole des quinze mystères du Rosaire**. 

* Dans bien des foyers, on conserve, dans le coffret des souvenirs de famille, un anneau semblable à ceux qui paraient les doigts de la Vierge de la rue du Bac. C’est le chapelet dont se servait un lointain aïeul. (Les scouts ont repris cet usage. Ils portent, pendu à leur ceinture, cet anneau-chapelet moins encombrant que les cinquante grains). 

Anneau chapelet

Anneau-chapelet

En 1830, c’était l’instrument dont on se servait pour compter les Ave du Rosaire. L’on passait à l’index de la main droite cet anneau recouvert de dix grains ou perles, et avec le pouce de la même main, on le faisait tourner pour scander les dizaines. C’était donc bien un rosaire complet de quinze dizaines (3 anneaux-chapelets à chacun des 5 doigts) que Notre-Dame portait à chacune de ses mains. Et par conséquent c’est à la prière du Rosaire que doit s’appliquer le symbolisme de cette scène. Le Rosaire lui plaît tellement qu’elle s’en revêt comme d’une parure. Par-dessus toutes les autres prières il a tant d’efficacité « qu’il fait jaillir des mains de la Médiatrice sur nos âmes une immense pluie de grâces. »(ibib.p.7) 

La prière « O Marie conçue sans péché*, priez pour nous qui avons recours à vous » circule le long du bord de la médaille, entourant la Vierge Marie. ‘Marie conçue sans péché’ est l’esquisse d’un titre, plus théologique, qui sera consacré à Lourdes en 1858 : « Je suis l’Immaculée Conception ». Cette phrase confirme que la Vierge à qui on demande de « prier pour nous » est bien notre meilleur Avocate auprès de Dieu. Comme le disent les paroles du « Je vous salue Marie » : « …Priez pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort. », la Vierge peut nous aider en priant pour nous à deux moments : dans notre vie terrestre et lors de notre mort, afin d’assurer notre salut. 

La fête de l’Immaculée Conception est liturgiquement fixée au 8 décembre.  Si l’Église orthodoxe célèbre la fête de la Conception de Marie et nomme Marie « l’Immaculée », elle ne reconnaît cependant pas ce dogme de l’Immaculée Conception, de même que les protestants ou les autres Églises chrétiennes.

– La date « 1830 », est l’année des trois apparitions successives de la Vierge Marie à Catherine Labouré.

La robe : la Vierge est habillé de blanc vêtue d’une robe de soie « blanche aurore », montante, manches plates, taillée « à la Vierge », c’est-à-dire dans la simplicité qui épouse au cou, aux épaules, aux bras, directement les formes du corps.

La couleur Aurore

Aurore est un nom de couleur attesté au XVIIe siècle dans le domaine de la mode, qui se réfère à la couleur du ciel au lever du soleil. Historiquement, c’est un jaune orangé ; aujourd’hui le nom aurore désigne parfois un rose.

– Un voile blanc couvrait la tête de l’apparition et descendait de chaque côté jusqu’aux pieds. L’usage du voile, dans l’Eglise, est spécialement réservé aux vierges qui se donnent à Dieu dans la vie religieuse. La figure est bien découverte, si belle que la voyante n’en pouvait dépeindre ou exprimer la beauté ravissante. 

Les mains sont étendues. C’est cette attitude que reproduira la Vierge, à Lourdes, au jour de la grande apparition (25 mars 1858) ; c’est celle que Marie prendra encore, durant l’apparition de Pontmain (17 janvier 1871), au témoignage réitéré de Joseph Barbedette, l’un des petits voyants devenu Oblat de Marie Immaculée. Que signifie cette attitude? Marie, à n’en pas douter, veut affirmer sa médiation. 

Iconographie du revers : la face douloureuse 

Sur le revers de la Médaille, la Vierge se révèle de façon univoque comme la Co-rédemptrice, et cela par le biais de quatre symboles, les plus forts que l’on puisse trouver dans l’Ecriture Sainte en rapport avec la Co-rédemption, à savoir : la croix, le “M” pour Marie, deux cœurs transpercés et les douze étoiles de la Femme de l’apocalypse. 

La croix exprime pleinement tout le mystère de la Rédemption. La barre et la Croixsymbolisent l’épreuve. Au centre, la lettre ‘M’ pour Marie est surmontée par la croix et entrelace une barre transversale qui soutient le pied de la Croix. Les deux signes entrelacés montrent le rapport indissoluble qui lie le christ à sa mère ; Marie est associée à la mission du salut de l’humanité qu’accomplit son fils et participe par sa compassion (souffrir avec ) à l’acte même du sacrifice rédempteur du Christ. Ce symbolisme reflète la relation étroite de Marie et de Jésus dans l’histoire du Salut. La Dame d’Amsterdam revendiquera d’ailleurs que l’Eglise consacre ce rôle en reconnaissant dans un nouveau dogme sa qualité de « co-rédemptrice ».

Les deux cœurs blessés l’un entouré d’épines et l’autre transpercé par un glaive, sont le plus beau symbole de l’amour rédempteur. Le cœur de Jésus* et le cœur de Marie sont représentés l’un à côté de l’autre ! A la question de sœur Catherine, qui demandait s’il fallait écrire un texte sur le revers de la Médaille, la Vierge Marie répondait : « Le “M” et les deux cœurs en disent assez. »De fait  ! Aimer est le monogramme de Marie ! Ce cœur nous fait penser à celui montré par la Vierge à sœur Lucie, un des trois voyants de Fatima, dans la vision de Tuy* : alors que la Vierge se tient sous le bras droit de la croix,  elle tient dans sa main droite un cœur « avec une couronne d’épines et des flammes… ». Voir l’apparition de Fatima.

Les 12 étoiles sur la médaille indiquent la vocation universelle de la Vierge Marie en tant que Mère de tous les hommes. Les douze étoilessont les douze tribus d’Israëlet les douze apôtres. Il convient de noter que dans ce qu’elle a révélé, Catherine Labouré n’a jamais parlé d’étoiles (ni de leur nombre). Cette couronne d’étoiles nous rappelle immanquablement la Femme de l’Apocalypse**, revêtue de soleil et couronnée d’étoiles, qui crie de douleurs. C’est en tant que Co-rédemptrice du monde et de toute la création qu’elle souffre dans le travail de l’enfantement, afin que le Christ soit enfanté dans le cœur de chaque homme. Le créateur du drapeau européen***

*** Arsène Heitz, a choisi les douze étoiles en invoquant le même symbole biblique que la Médaille. Elles ont été placées par le graveur au revers de la médaille, alors qu’elles auraient dû couronner la tête de la Sainte Vierge.

Drapeau européen
Un cercle de 12 étoiles sur fond d’azur

** La Femme de l’Apocalypse est un personnage biblique qui apparaît au chapitre 12 du livre de l’Apocalypse : « Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête ; 2- elle est enceinte et crie dans les douleurs et le travail de l’enfantement. 3-  Puis un second signe apparut au ciel : un énorme Dragon rouge feu, à sept têtes et dix cornes, chaque tête surmontée d’un diadème. 4- Sa queue balaie le tiers des étoiles du ciel et les précipite sur la terre. En arrêt devant la Femme en travail, le Dragon s’apprête à dévorer son enfant aussitôt né. 5-  Or la Femme mit au monde un enfant mâle, celui qui doit mener toutes les nations avec un sceptre de fer ; et son enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône, 6- – tandis que la Femme s’enfuyait au désert, où Dieu lui a ménagé un refuge pour qu’elle y soit nourrie mille deux cent soixante jours. 7- Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges. 8-  mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel. […] 13-  Se voyant rejeté sur la terre, le Dragon se lança à la poursuite de la Femme, la mère de l’Enfant mâle. 14- Mais elle reçut les deux ailes du grand aigle pour voler au désert jusqu’au refuge où, loin du Serpent, elle doit être nourrie un temps et des temps et la moitié d’un temps. 15- Le Serpent vomit alors de sa gueule comme un fleuve d’eau derrière la Femme pour l’entraîner dans ses flots. 16-  Mais la terre vint au secours de la Femme : ouvrant la bouche, elle engloutit le fleuve vomi par la gueule du Dragon. 17-  Alors, furieux contre la Femme, le Dragon s’en alla guerroyer contre le reste de ses enfants, ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus18-  Et je me tins sur la grève de la mer. »

** En Octobre 2017 le parti politique français « Les insoumis » a soulevé une polémique en demandant la suppression du drapeau européen de l’hémicycle de l’Assemblée nationale en partie en raison de la suspicion tenant à son « origine chrétienne ». Il faisait allusion aux douze étoiles entourant le drapeau européen figurant déjà sur la médaille miraculeuse ! 

Eléments conformes aux autres apparitions 

La lumière qui baigne la Vierge. La présence d’un ange ; Les éléments de l’iconographie : serpent, étoiles, globe, lumière…L’attitude maternelle et douce de la Vierge ; la réprimande vis à vis des communautés ; le devoir d’obéissance ; la Vierge apparaît dans une chapelle comme à Rome et Akita. La Vierge apparait à une jeune femme très pauvre et presque inculte. Les guérisons nombreuses (médaille miraculeuse); les prédictions qui se réalisent. Le corps retrouvé intact quelques années après l’inhumation. Un enfant ( ange) la guide vers La chapelle, comme lors de l’apparition de Kibeho ( Japon)

Eléments spécifiques

La rue du Bac inaugure, à travers la création d’une médaille, un moyen moderne d’apostolat, à côté des autres : source, lieux de prière (églises et chapelles) et guérisons miraculeuses. La Vierge demande à Catherine de rassembler une confrérie d’enfants de Marie. En 1837, les Filles de la Charité et les Lazaristes répondent à ce vœu en fondant les Enfants de Marie Immaculée.  La Vierge n’apparaît pas dans un décor champêtre ou près d’un élément paysager (arbre ou jardin). Pas de demande de construction d’une chapelle ou d’une église.  La vierge est assise dans un fauteuil

Lien avec d’autres apparitions 

Cette apparition élargit le travail d’apostolat de la vierge et de conversion des pécheurs, à travers la diffusion d’une médaille ; cette médaille entraînera, à Rome, la conversion d’Alphonse Ratisbonne ; la Vierge de la rue du Bac annonce le dogme de l’Immaculée conception confirmé à Bernadette Soubirous à Lourdes. Le cœur ensanglanté de Marie placé près de celui du Christ sur la médaille miraculeuse, apparaîtra plus tard à sœur Lucie, un des trois voyants de Fatima, dans la vision de Tuy et annonce la demande de Marie, à Ida Peerdeman, à Amsterdam, de lui voir reconnue le dogme de co-rédemptrice de l’humanité.  

On peut dire que déjà, rue du Bac, Marie fait allusion sur les deux faces de la médaille aux trois titres mariaux de Co-rédemptrice, (le M et la croix), Médiatrice de toutes les grâces (les rayons des anneaux) et Avocate (la phrase inscrite « priez pour nous », qu’elle révèlera à Amsterdam à travers une seule image dont elle dira : « Elle est la signification et la représentation du nouveau dogme. » (8.12.1952). Faire connaître et aimer cette “ Vierge au globe, reine de l’univers ”, sera, si l’on peut dire, le tourment de la vie de sainte Catherine Labouré ; or, cette reine de l’Univers précède clairement « la Dame de tous les peuples », qui se révèlera à Ida Peerdeman, à d’Amsterdam, de 1945 à 1958. 

 P. Paul Maria Sigl, Die Frau aller Völker ‘Miterlöserin Mittlerin Fürsprecherin’  Amsterdam – Rome, 25 mars 1998

Les répercussions de la médaille de Paris et de l’image d’Amsterdam 

En 1832, les 2000 premières médailles étaient frappées en France, exactement dans les mois où sévissait une épidémie de choléra : dans la seule ville de Paris on comptait 20 000 morts. Les Sœurs de la Charité distribuèrent la Médaille de Marie aux malades qui séjournaient dans leurs hôpitaux. Et aussitôt de nombreuses guérisons miraculeuses se produisirent – si nombreuses que la Médaille de l’Immaculée fut surnommée ‘La Médaille miraculeuse » – nom qui lui est resté jusqu’à aujourd’hui. Trois ans plus tard, un million de médailles avaient déjà été distribuées.

« Lors du décès de Catherine Labouré, en 1876, on en comptait déjà un milliard.»  Ce que Dieu a réalisé à l’échelle mondiale avec la Médaille miraculeuse, Il veut l’opérer avec plus de puissance encore par la diffusion mondiale de la prière et de l’Image de la Dame de tous les peuples d’Amsterdam. Le grand Miracle, promis ici, est l’effusion de l’Esprit Saint qui doit venir sur le monde entier à travers la récitation d’une prière. (1.04.1951)

Notre Dame de toutes les nations ( apparitions à Ida Peerdeman à Amsterdam, ( 1945 à 1959) montre de fortes similitudes avec Notre dame de la médaille miraculeuse.
By Judgefloro (shifted, cropped & recoloured by Rabanus Flavus) – File:09894jfRoads Bigte Virgen Flores Quasi Parish Church Norzagaray villagesfvf 06.JPG, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52287376

La statue d’après « l’autre vision » de Sainte Catherine

Catherine a vu la vierge prendre au moins deux attitudes ; dans la première elle apparaît avec un voile sur la tête couronnée de douze étoiles et dans les mains de Marie une boule d’or surmontée d’une croix. Le globe qu’elle tient s’éclaire d’une vive lumière. La sainte Vierge, avec une tendresse maternelle, regarde cette pauvre terre et par moment elle tient les yeux élevés vers le Ciel, car elle offre à Dieu ce globe de la terre. Sous ses pieds se trouvait un autre globe tel qu’il est représenté sur la Médaille Miraculeuse. Dans une autre apparition, elle apparaît avec des anneaux aux doigts recouverts de pierreries, plus belles les unes que les autres: les unes plus grosses et les autres plus petites, qui jettent des rayons illuminant la terre sous les pieds de la Vierge. Les rayons absents « ce sont les grâces qu’on oublie de me demander » explique la sainte Vierge Marie.

La Vierge au Globe mise de côté

Quand il a fallu frapper les premières médailles, cette représentation n’a pas été retenue. Les raisons qui ont dicté le choix d’une Vierge avec les mains tendues vers le bas sont les suivantes :

– Cette représentation de la Vierge avec un globe n’est pas nouvelle mais elle est rare et inusitée, et M. Aladel, confesseur de la sainte, a préféré choisir une Vierge classique de l’Immaculée Conception ;

– La présence de deux globes sur la statue, un dans les mains l’autre sous les pieds, laissait perplexes les supérieurs ;

– l’orfèvre avait des difficultés pour représenter la Vierge au globe ; des essais avaient été tentés mais ils furent peu satisfaisants.

Succès de la Vierge aux mains tendues

Pour autant le Ciel n’en a pas tenu rigueur puisque la Médaille Miraculeuse a obtenu un succès immédiat et foudroyant. C’est par centaine de millions que les Médailles Miraculeuses selon la représentation classique de l’Immaculée Conception, ont été distriubées à travers le monde.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

L’apparition elle même n’a pas fait l’objet d’une reconnaissance officielle, mais la canonisation de sa voyante Catherine Labouré présume de la réalité de son récit. Catherine Labouré est canonisée le 27 juillet 1947 par le pape Pie XII. Elle est fêtée localement le 25 novembre ou le 28 novembre. Catherine  présente les marques de la sainteté son corps est exhumé retrouvé en parfait état (personne myroblyte).

Sanctuaire 

La chapelle Notre-Dame de la Médaille miraculeuse, ou chapelle de la rue du Bac, est une chapelle située dans le quartier Saint-Thomas-d’Aquin du 7e arrondissement de Paris, au 140, rue du Bac, desservant la Maison des Filles de la Charité. Lieu de l’apparition mariale présumée à Catherine Labouré, cette chapelle est devenue un lieu de pèlerinage très fréquenté avec deux millions de visiteurs par an environ. Il fait partie des dix lieux culturels les plus visités à Paris.

Statue de saint Vincent de Paul dans La Chapelle de la médaille miraculeuse
qui est à l’origine de la vocation de Catherine
Par Mbzt — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32405289
ex votos en remerciement de toutes les « grâces » reçues par les ayant invoqué la vierge de la médaille miraculeuse
Par André Leroux — « œuvre personnelle », Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=22586698