Notre Dame de La Salette

I – Généralités

Pays de l’apparition

France

Site 

La Salette en Isère.

Désignation  

Notre-Dame de La Salette est le nom sous lequel les fidèles catholiques désignent la Vierge Marie en tant qu’apparue à deux enfants le 19 septembre 1846 en haut du village de La Salette-Fallavaux, près de Corps (Isère)Notre-Dame de La Salette est aussi le nom sous lequel on désigne le sanctuaire marial qui a été édifié sur les lieux de l’apparition

Le Contexte historique en 1846

30 mars : la troupe ouvre le feu sur des ouvriers à Saint-Étienne.

23 mai : à la Chambre des députés, Isambert proteste contre les archevêques qui, par mandements, autorisent pour le clergé des libertés que la loi lui refuse.

Jeudi 1er octobre : les troubles vont se poursuivre dans le faubourg Saint-Antoine jusqu’au 3

Barricade de la rue du Faubourg Saint-Antoine (côté rue de Charonne)
Par Photographe inconnu — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=15229717

Le 29 octobre : début du procès des émeutiers du faubourg Saint-Antoine.

13 mai : le Congrès des États-Unis déclare la guerre au Mexique. Le conflit est déclenché par les indemnités que réclament au gouvernement mexicain des citoyens américains et le désir des États-Unis d’acquérir la Californie (fin en 1848). Le Congrès autorise la levée de 50 000 hommes et un crédit de 10 millions de dollars (174 voix contre 14).

29 janvier : les pères lazaristes français Évariste Huc et Joseph Gabet, déguisés en lamas chinois, atteignent Lhassa au Tibet après presque deux ans de voyage à travers la Chine, le désert de Gobi, la Mongolie et le Tibet du Nord-Est. Ils sont finalement expulsés.

20 février : édit de tolérance en faveur du christianisme en Chine obtenu par le plénipotentiaire français Lagrené.

Janvier : fondation à Kiev de la Confrérie de Cyrille et Méthode, qui préconise l’abolition du servage et un fédéralisme slave donnant une place à l’Ukraine. Ses membres, dont le poète Chevtchenko et l’historien Kostomarov sont arrêtés dès le 5 avril 1847.

18 février : soulèvement de Cracovie.

22 février : début d’une nouvelle insurrection en Pologne.

Maiseptembre : sécheresse excessive en Europe occidentale.

16 juin : début du pontificat de Pie IX (fin en 1878).

Le pape Pie IX
Par George Peter Alexander Healy — http://www.papapionono.it/bgimg/piocolor.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1531730

1er août : élections législatives en France qui donnent une large victoire aux conservateurs. Le centre conservateur au pouvoir remporte les législatives avec 290 sièges. Les libéraux obtiennent 140 sièges, les extrêmes 28.

9 novembre : l’encyclique Qui Pluribus condamne le libéralisme.

II – Les voyants : une vie très mouvementée ! 

Maximin Giraud

Il est né à Corps, le 26 août 1835. Sa mère, Anne-Marie Templier est du pays ; son père, le charron Giraud, est venu du Trièves proche. Maximin n’a que dix-sept mois lorsque sa mère meurt, laissant aussi une fille, Angélique, qui a huit ans. Peu après, Monsieur Giraud se remarie. Maximin va pousser comme une herbe sauvage : rudoyé par sa marâtre, Marie Court, il est souvent dehors, s’amusant avec son chien Loulou, gardant sa chèvre au bord des chemins, furetant autour des diligences et à l’entrée des échoppes, le long des rues de Corps.

A onze ans, c’est un gamin insouciant, volontiers espiègle, l’œil vif sous sa tignasse noire, et la langue bien pendue. Pendant l’Apparition, il s’amusait avec son bâton à faire tourner son chapeau ou à pousser des cailloux vers les pieds de la Belle Dame : tel il est resté toute sa vie. Il répond aux enquêteurs avec simplicité mais du tac au tac. Cordial, dès qu’il se sent vraiment aimé. Malicieux, quand on veut le « récupérer ». Volontiers espiègle, et même avec le Curé d’Ars, semble-t-il. Un cœur d’or, toujours candide, dans une vie trimbalée : de l’école de Corps au séminaire du Rondeau, d’un presbytère de campagne à la Grande Chartreuse, du séminaire d’Aire-sur-Adour à l’hospice du Vésinet (Yvelines) ou au collège de Tonnerre (Yonne) où il est « employé ».

Maximin Giraud

Chez les époux Jourdain, près de Versailles, où il est pris en affection, il est question de lui faire entreprendre des études de médecine. Il s’engage finalement comme zouave pontifical, mais six mois après revient à Paris. Il publie alors « Ma profession de foi sur l’Apparition de Notre Dame de La Salette » en réponse à un article agressif de « La Vie Parisienne ». Victime d’un associé, marchand de liqueurs, le voici encore sans ressources. Il demeure alors à Corps, qu’il aurait mieux fait de ne jamais quitter. Asthmatique et cardiaque, il monte une dernière fois au pèlerinage et fait sur les lieux le récit de l’Apparition.
Le 1er mars 1875, il meurt à Corps, après avoir reçu la Communion et bu un peu d’eau de La Salette. Pauvre et généreux, il avait écrit un testament pour redire son témoignage sur l’Apparition, et léguer son cœur au sanctuaire de La Salette.

Mélanie Calvat, dite aussi Mathieu

Née le 7 novembre 1831, elle est la quatrième des dix enfants que mettra au monde Julie Barnaud, de Séchilienne. Le père, Pierre Calvat, est scieur de long, mais s’adapte à tous les métiers pour faire vivre sa pauvre famille. Toute jeune, Mélanie est mise « en service », pour garder les vaches, dans les fermes des environs, à Quet, à Sainte-Luce, … avant d’aboutir chez Jean-Baptiste Pra, aux Ablandens.

Elle va sur ses quinze ans au moment de l’apparition. Timide, taciturne, renfermée, elle n’hésite pourtant pas à répondre quand il s’agit de l’Apparition. Elle reste quatre ans chez les Sœurs de la Providence ; elle a peu de mémoire et moins d’aptitude encore que Maximin pour étudier. Dès novembre 1847, sa Supérieure craignait déjà que « Mélanie ne tirât vanité de la position que l’événement lui a faite ». Cela s’explique chez cette fille pauvre, privée d’affection, « placée » dès l’âge de dix ans et soudain projetée sous les feux de l’actualité. Au reste, elle est bonne chrétienne, et même pieuse. Elle essaie plusieurs fois « d’entrer en religion » mais en vain.

Agressée par la curiosité, l’indiscrétion, les pressions de certains de ses visiteurs, avides de révélations politico-religieuses, Mélanie résiste mal à la tentation de jouer les oracles en reprenant les pseudo-prophéties populaires sur la fin des temps, qui réapparaissent périodiquement dans l’histoire de l’Eglise. Cependant, elle passe du Carmel de Darlington (Angleterre) à la Compassion de Marseille, puis reste dix-sept ans à Castellamare, près de Naples, écrivant secrets et règle pour une hypothétique fondation religieuse ; le Vatican prie l’évêque du lieu de lui interdire ce genre de publication mais elle cherche d’autres appuis. Après un séjour dans le midi à Cannes, nous la retrouvons à Chalon-sur-Saône, où, pour les mêmes raisons, elle a maille à partir avec l’évêque d’Autun.

Elle retourne en Italie, près de Lecce, puis à Messine en Sicile ; revient en France, dans l’Allier, et finit d’y écrire une autobiographie mystique de mauvais aloi. Les 18 et 19 septembre 1902, elle passe à La Salette, et y fait le récit de l’Apparition. Puis elle retourne en Italie méridionale, à Altamura (Bari). Elle y meurt le 14 décembre 1904. 
Pauvre, croyante, pieuse, il est un point sur lequel Mélanie n’a jamais varié : ce qu’elle avait dit, comme Maximin, au soir du 19 septembre 1846, dans la cuisine des Pra, aux Ablandins.

Mélanie Galvat

Vie détaillée des deux voyants  

Maximin Giraud.

Né à Corps le 26 août 1835 et mort également à Corps le 1er mars 1875, il fut témoin avec Mélanie Calvat de l’apparition de la Sainte Vierge Marie à La Salette en Isère. Sa mère mourut quand Maximin n’avait que 17 mois, laissant encore une fille, Angélique, âgée de huit ans. Maximin vécut avec son père qui s’occupa peu de lui, étant occupé à son atelier ou se délassant au café. Sa nouvelle femme ne s’intéressa guère à l’enfant. Maximin grandit comme il pouvait, en passant une grande partie de son temps laissé à lui-même en compagnie de son chien et de sa chèvre avec lesquels il parcourait les rues du village, n’allant jamais en classe et ne recevant pas non plus d’instruction religieuse.

Maximin parlait le dialecte occitan du Dauphiné, comme tout le monde dans la commune, mais il apprit tout de même quelques mots de français en traînant parmi les conducteurs de diligence et les relais de voitures. Il avait 11 ans en 1846. Le 19 septembre 1846 il fut témoin, en même temps que Mélanie Calvat, d’une apparition de la Vierge Marie sur les hauteurs de La Salette, alors qu’ils étaient occupés à garder les vaches.

Notre-Dame transmit à Maximin et à Mélanie un message public et à chacun un message personnel. Au cours des trois ans qui suivirent l’apparition, il vit mourir son demi-frère, Jean-François, sa belle-mère et son père (1847/1850). Orphelin à l’âge de 14 ans, il fut recueilli par le frère de sa mère, dit l’oncle templier, un homme rude et calculateur. L’apparition fut approuvée par Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble, le 16 novembre 1851 et devint célèbre sous le nom de Notre-Dame de La Salette. Les deux secrets, mis par écrit par les visionnaires, furent envoyés au pape Pie IX la même année.

Après l’apparition, il fut placé comme pensionnaire à l’école des Sœurs de la Providence à Corps, où eut lieu une enquête concernant l’apparition. Ses progrès à l’école furent lents, gênés par la pression constante de pèlerins et d’autres curieux. Contre le conseil du curé de sa paroisse et bravant les ordres de l’évêque de Grenoble, des royalistes conduisirent trois fois le garçon à Ars pour y rencontrer le célèbre curé, Jean-Marie Vianney, afin qu’il l’interrogeât sur les apparitions. Maximin ne semble guère avoir apprécié leur compagnie, mais il profita du voyage et de l’occasion de voir du pays. Par la suite, il ne cessa de passer d’un endroit à l’autre.

Il entra au petit séminaire de Rondeau, et le quitta ensuite pour l’Abbaye de la Grande Chartreuse. De là, il se rendit à Seyssins puis à Rome, et ensuite à DaxAire-sur-l’Adour et Le Vésinet, une ville nouvelle et très cossue de la région parisienne, après cela à Tonnerre, Petit-Jouy-en-Josas près de Versailles et finalement Paris. Après avoir essayé le séminaire et travaillé dans une maison de personnes âgées, il tenta des études de médecine. Ayant raté ses examens, il trouva du travail dans une pharmacie. Finalement, Maximin entra dans le corps des Zouaves pontificaux, chargés de défendre les États du Pape et d’assurer leur protection. Après six mois de service, il mit fin à son contrat et revint à Paris.

Le journal La Vie Parisienne ayant publié une attaque contre la Salette et les deux enfants, Maximin protesta et le journal imprima une rectification. À la suite de cette affaire, en 1866 il publia un court travail appelé Ma profession de foi sur l’apparition de Notre-Dame de La Salette. Il avait alors 31 ans. En 1868, au cours d’une controverse sur les apparitions avec Monseigneur Darboy, archevêque de Paris, il prédit à celui-ci sa fin tragique. C’est à cette époque que la famille Jourdain, un couple qui s’intéressait beaucoup à lui, put apporter dans sa vie un élément de stabilité et, en prenant sur elle le risque financier, effaça ses dettes.

Maximin s’associa alors à un négociant en alcool qui utilisa son nom, à présent bien connu, pour augmenter ses ventes. Victime de sa candeur, Maximin se vit trompé et ne tira aucun profit de cette association. En 1870, il fut enrôlé dans l’armée Impériale et affecté au Fort Barraux près de Chambéry. Il revint ensuite à Corps où il fut rejoint par les Jourdain. Tous les trois vécurent pauvrement, aidés par les pères du sanctuaire avec l’approbation de l’évêque de Grenoble. En novembre 1870, Maximin fit un pèlerinage au sanctuaire. Devant une assistance attentive, il répéta l’histoire de La Salette comme il l’avait fait le premier jour. En février 1875, il visita l’église de sa paroisse. Le soir du 1er mars, Maximin se confessa et communia, buvant un petit peu d’eau de La Salette pour avaler l’hostie. Peu après il mourut. Il n’avait pas encore quarante ans.

Son corps repose au cimetière de Corps, mais son cœur se trouve dans la basilique de La Salette. Ayant voulu souligner encore une fois son amour pour La Salette, il avait solennellement proclamé : « Je crois fermement, même s’il fallait verser mon sang, à la célèbre apparition de la Très Sainte Vierge sur la montagne sainte de La Salette, le 19 septembre 1846, apparition que j’ai défendue par mes paroles et par ma souffrance… C’est dans cet esprit que je donne mon cœur à Notre-Dame de La Salette. »

Mélanie Calvat

Mélanie Calvat (née le 7 novembre 1831 à CorpsIsère – morte dans la nuit du 14 au 15 décembre 1904 à AltamuraItalie) était une jeune bergère qui raconta avoir été témoin, avec le jeune Maximin Giraud, le 19 septembre 1846, de l’apparition de la Sainte Vierge Marie à La Salette en Isère

Mélanie Calvat (Mélanie Mathieu à l’état civil et au registre de baptêmes) nait à Corps dans l’Isère. Elle est la quatrième des dix enfants de Pierre Calvat, tailleur de pierres et scieur de son état, qui, pour nourrir sa famille nombreuse, dont Julie Barnaud son épouse, n’hésite pas à prendre tout emploi qu’il peut trouver. La pauvreté de la famille est telle que les jeunes enfants sont parfois envoyés dans la rue pour y mendier. Très tôt, Mélanie est embauchée pour s’occuper des vaches des voisins. Du printemps à l’automne de 1846, elle travaille pour Jean-Baptiste Pra aux Ablandins, l’un des hameaux du village de La Salette. Une telle vie, loin de sa famille, fait d’elle une enfant chétive et renfermée, timide, taciturne et toujours sur ses gardes. Elle ne parle que le dialecte régional de l’occitan haché de français. N’ayant pas fréquenté l’école, ni reçu d’instruction religieuse, elle ne sait ni lire ni écrire.

Le 19 septembre 1846, veille de la fête de Notre-Dame des Douleurs, elle garde le troupeau avec Maximin Giraud ; ils voient apparaître dans une lumière resplendissante une « belle dame » en pleurs qui s’adresse à eux. La dame adresse aux enfants un message destiné à être raconté à tous, et, à chacun d’eux, un message personnel. Le soir, ils en informent leurs maîtres. La veuve Pra (dite veuve Caron), maîtresse de Mélanie, leur dit qu’ils ont vu la Sainte Vierge et engage les enfants à tout raconter au curé de La Salette. Ce qu’ils font le lendemain dimanche au matin. Le curé pleure d’émotion, prend des notes ; en larmes, il parle du fait dans son sermon dans l’église Notre-Dame.

L’évêque de Grenoble, Mgr Philibert de Bruillard, nomme plusieurs commissions chargées d’examiner les faits, les premières sont créées en décembre 1846, l’une formée de professeurs du grand séminaire de Grenoble et l’autre de chanoines titulaires. Cette commission conclut qu’un examen plus approfondi est nécessaire avant de formuler un jugement. Une nouvelle enquête a lieu de juillet à septembre 1847, menée par deux membres de la commission : le Chanoine Orcel, supérieur du grand séminaire, et le Chanoine Rousselot. Une conférence sur la question se tient à la résidence de l’évêque en novembre-décembre 1847. Seize membres – les vicaires généraux du diocèse, les prêtres de la paroisse de Grenoble et les chanoines titulaires – se réunissent en présence de l’évêque. La majorité conclut à l’authenticité de l’apparition, après examen du rapport de Rousselot et d’Orcel.

Par ailleurs l’évêque de Sens a très soigneusement examiné trois guérisons attribuées à Notre-Dame de La Salette, qui se sont produites dans la ville d’Avallon. L’ordinaire du lieu, Mgr Mellon Jolly, reconnait, le 4 mai 1849, comme miraculeuse, une de ces trois guérisons, qui s’était produite le 21 novembre 1847. Depuis 1847, Mgr de Bruillard est ainsi convaincu de la réalité de l’apparition. L’année suivante, il autorise la publication du rapport Rousselot, qui confirme la réalité de l’apparition. Dans sa lettre d’approbation, imprimée sous forme de préface, l’évêque de Grenoble déclare qu’il partage l’opinion de la majorité de la commission qui a adopté les conclusions du rapport.

Toutefois, le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon dont l’évêché de Grenoble est suffragant, soupçonne une supercherie. Le Cardinal exige que les enfants lui confient leur secret, en affirmant qu’il a un mandat du Pape. Les enfants accèdent finalement à cette demande. Mélanie, toutefois, exige que son texte soit directement porté au Souverain pontife. C’est sous cette condition que l’évêque de Grenoble envoie à Rome deux représentants. Le texte des deux secrets privés est transmis au pape Pie IX le 18 juillet 1851. Il semble que la procédure ait été favorable, puisque la décision de Mgr de Bruillard, modifiée selon les observations du cardinal Lambruschini, Préfet de la Sacrée Congrégation des Rites à Rome, est signée le 18 septembre 1851, et publiée le 10 novembre 1851.

Dans ce document, l’évêque de Grenoble promulgue ce jugement : Nous jugeons que l’apparition de la Sainte Vierge aux deux bergers, le 19 septembre 1846… dans la paroisse de La Salette… porte en elle toutes les caractéristiques de la vérité, et que les fidèles ont des raisons de la croire incontestable et certaine. Les motifs de la décision, qui reposent sur le travail de Rousselot et celui de la Commission de 1847, sont : l’impossibilité d’expliquer de manière humaine les événements, les miracles et les guérisons, les fruits spirituels de l’apparition (notamment les conversions) et, enfin, les attentes légitimes et les souhaits d’un très grand nombre de prêtres et de fidèles.

Par la suite le 16 novembre 1851, l’évêque de Grenoble publie une déclaration selon laquelle la mission des petits bergers est terminée et l’affaire est maintenant entre les mains de l’Église. L’évêque précise que l’approbation de l’Église ne concernait que la révélation originale de 1846 et non pas des apports ultérieurs. La Salette suscite immédiatement une grande ferveur dans la société française, elle provoque aussi d’ardentes discussions. Les petits visionnaires sont perturbés par les interrogatoires incessants, les menaces, quelquefois violentes, de la part d’opposants politiques et ecclésiastiques, et aussi les assauts de ferveur. Mélanie particulièrement se voit vénérée comme une sainte, comme sainte Bernadette Soubirous quelque temps plus tard.

Tout cela porte atteinte à l’équilibre des deux visionnaires. Mélanie aura de la difficulté à vivre une vie religieuse équilibrée et Maximin, une fois entré au séminaire qu’il quitte bientôt, aura également bien du mal à mener une vie normale. Après l’apparition, en 1846, Mélanie est placée comme pensionnaire au couvent des Sœurs de la Providence à Corenc près de Grenoble, où une enquête concernant l’apparition a lieu. À vingt ans, elle entre en religion. En 1850, elle devient postulante de l’ordre et, en octobre 1851, elle prend le voile sous le nom de sœur Marie de la Croix. Pendant son séjour à Corenc, on raconte qu’elle avait coutume de s’asseoir au milieu d’auditrices captivées, et de leur raconter des histoires de son enfance.

En mai 1853, Mgr de Bruillard démissionne (il meurt en 1860) et, au début de 1854, son successeur Mgr Ginoulhiac refuse d’accorder à Mélanie l’autorisation de faire profession, ne la jugeant pas suffisamment mûre spirituellement. Mélanie proteste que la véritable raison de ce refus était que l’évêque cherche à gagner la faveur de Napoléon III. À la suite de ce refus, Mélanie est officiellement autorisée à aller dans un couvent tenu par les Sœurs de la Charité. Cet ordre se voue à des travaux pénibles pour aider les pauvres, et Mélanie entre en contact avec le bon sens, ce qui la change de la flatterie ou de l’adulation.

Elle continue à parler des apparitions et du complot maçonnique visant à détruire la France catholique. Après trois semaines cependant, on la fait retourner à Corps pour y continuer son éducation. Napoléon III au pouvoir, les républicains s’agitent et les royalistes travaillent à restaurer un roi catholique. La controverse politique domine la France, et l’Église s’efforce de rester neutre. Mélanie cause donc des difficultés à sa hiérarchie, en continuant à répéter les paroles de la Vierge Marie et à dénoncer la franc-maçonnerie. L’évêque, conscient des sympathies passionnées et ouvertement royalistes de Mélanie, s’inquiète qu’elle s’implique dans la politique et, par là, y implique le culte de Notre-Dame de La Salette. Mélanie accepte la suggestion de Mgr Newsham, évêque de Darlington, qui lui rend visite à Corenc, de venir au Carmel de Darlington en Angleterre, où elle arrive en 1855.

Soustraite ainsi aux controverses politiques françaises, à la grande joie de l’évêque, elle prononce des vœux temporaires en 1856. En 1858, Mélanie écrit de nouveau au pape pour lui transmettre la partie du secret qu’elle a été autorisée à révéler cette année-là. Pendant son séjour à Darlington, elle parle de toute une série d’événements étranges et de miracles. L’évêque du lieu Mgr Hogarth lui défend de parler en public de ces prophéties. Elle ne prononce pas le vœu de clôture. « Quand elle veut sortir et qu’on essaye de l’en retenir, elle jette des lettres par-dessus le mur de clôture pour faire savoir qu’on la séquestre. Désireux d’éviter tout scandale, Mgr Hogarth la fait raccompagner à Marseille« . En 1860, elle est libérée par le Saint-Père de son vœu de rester cloîtrée au Carmel, pour qu’elle continue à accomplir sa mission, et elle revient sur le continent.

Elle entre alors dans la Congrégation des Sœurs de la Compassion à Marseille sous le nom de sœur Zénaïde. Une des sœurs, Marie, est désignée pour être sa compagne. Elles séjournent dans le couvent de Céphalonie, en Grèce, où toutes les deux sont parties ouvrir un orphelinat, puis restent quelque temps au Carmel de Marseille. Mélanie revient chez les Sœurs de la Compassion, où, en octobre 1864, elle est admise comme novice, à condition de ne pas révéler son identité. Mais elle est bientôt reconnue et chassée pour désobéissance. Au début de 1867, elle part avec sa compagne. Et, après un bref séjour à Corps et à La Salette, elles s’installent à Castellamare, près de Naples, où l’évêque local Mgr Petagna, leur fait bon accueil. Mélanie y réside dix-sept ans, mettant par écrit son secret qui comprenait la règle d’une fondation religieuse future.

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Le 19 septembre 1846, veille de la fête de Notre-Dame des Douleurs, les deux enfants voient la vierge, alors qu’ils gardent le troupeau.

Nombre et durée des apparitions

Une seule apparition

Emplacement des apparitions

Une montagne proche du village de La Salette-Fallavaux, à 1800 mètres d’altitude.

Panorama du village de La Salette Fallavaux
Par Gilou18 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61593162

Récit (selon Wikipedia)

Le samedi 19 septembre 1846, aux environs de quinze heures, sur une montagne proche du village de La Salette-Fallavaux, deux jeunes bergers, Mélanie Mathieu ou Mélanie Calvat, âgée d’un peu moins de quinze ans, et Maximin Giraud (qu’on appelle parfois Mémin, et, par erreur, Germain), âgé de onze ans, voient apparaître dans une lumière resplendissante une « belle dame » en pleurs qui s’adresse à eux.

Le soir, ils en parlent à leurs maîtres. La veuve Pra (dite veuve Caron), maîtresse de Mélanie, se dit d’avis qu’ils ont vu la Sainte Vierge et on engage les enfants à tout raconter au curé de La Salette. Ils le font le lendemain dimanche au matin. Le curé pleure d’émotion, prend des notes et, de nouveau en larmes, parle du fait dans son prône. Le dimanche soir, en présence de Mélanie, mais en l’absence de Maximin, que son maître a reconduit dans sa famille à Corps, Baptiste Pra, maître de Mélanie, Pierre Selme, maître de Maximin, et un certain Jean Moussier collaborent à une mise par écrit des propos tenus par la dame aux enfants. Le document qui en résulte, et qu’on appelle « relation Pra », n’est plus connu que par une copie qu’en fit un enquêteur, l’abbé Lagier, en février 1847. Cette copie a la teneur qui suit :

À partir du 12 octobre 1846, les documents mentionnent qu’un secret personnel a été confié à chacun des deux enfants. Comme dit plus haut, la relation Pra fut écrite en présence de Mélanie et en l’absence de Maximin. Le P. Stern estime cependant possible que les rédacteurs aient ajouté aux déclarations de Mélanie des choses qui avaient été dites par Maximin. En effet, chacun des deux voyants avait, dans les premières semaines, une partie du message de la dame dont il était plus sûr que l’autre voyant. Le curé de La Salette notait le 16 octobre 1846 : « Tout ce récit » [c’est-à-dire essentiellement ce qui concerne les plaintes, les menaces et les promesses de la Vierge] « est fidèlement donné par la petite Mélanie et quoique le petit Germain n’ait pas pu dans le principe le donner avec le même ordre, il a toujours dit néanmoins en l’entendant raconter à sa petite compagne, que c’était bien cela.

Ce qui suit » [c’est-à-dire essentiellement le récit de l’incident de Coin, qui met en scène Maximin et son père] « a été plus particulièrement compris et retenu par le petit Germain ; Mélanie avouant qu’il est certain que la dame a parlé au petit sans qu’elle ait bien pu la comprendre. »Cependant, selon les termes du P. Stern, un « processus d’harmonisation » entre les déclarations des deux enfants aboutit à la fixation de la « vulgate salettine » : « La façon dont [Maximin] présente les paroles de la Dame (…) en février-mars 1847 doit certainement quelque chose aux récits qu’il a entendu faire à Mélanie entre temps. Mais une influence en sens inverse, de Maximin sur Mélanie, a dû également exister. »Bientôt, des interrogateurs (d’ailleurs favorables à l’authenticité de l’apparition) notent que les enfants récitent leur témoignage comme une leçon apprise. 

Récit de l’apparition par l’abbé Giray missionnaire de la Salette  

C‘était le 19 septembre 1846, veille de la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, vers 3 heures du soir  : il n’y avait point de nuages au ciel, point de brouillards dans l’air… À ce moment-là, – par un soleil radieux qui rendait impossible toute illusion, toute supercherie –, un prodige eut lieu, sur la montagne de La Salette, à 1 800 mètres d’altitude, en présence de deux petits pâtres  : une «  belle Dame  » apparut soudain aux yeux émerveillés de Pierre-Maximin Giraud et de Françoise-Mélanie Calvat-Mathieu. Les deux enfants, dont l’un avait onze ans révolus et l’autre près de quinze ans, étaient nés à Corps et avaient, comme traits communs, leur origine, leur pauvreté, leur ignorance, leur innocence et même leur profession de berger. (…) Les deux enfants se connaissaient à peine. Maximin ne rencontra Mélanie, pour la première fois, que le jeudi soir 17 septembre.

Le lendemain, ils s’occupaient surtout à mettre des pierres les unes sur les autres pour faire des «  paradis  », ornés de fleurs alpestres, et c’est là que nous verrons s’asseoir la «  belle Dame » .Le 19, ils se retrouveront au même endroit, c’est-à-dire au Mont-sous-les-Baisses, avec leurs petits troupeaux. Vers midi, au son de l’Angelus, ils mènent boire leurs vaches à la Fontaine des Bêtes ; puis, ils remontent jusque dans le vallon où coule la Sézia, qui est alimentée par la Fontaine des Hommes, située un peu plus haut   ; et près de la Petite Fontaine, alors tarie, ils prennent leur frugal repas, et, contrairement à leur habitude, s’endorment sur le gazon, à quelque distance l’un de l’autre.

Vers 2 h 30, Mélanie se réveille la première et réveille Maximin  : tous deux gravissent le plateau qui domine le ravin   ; et, une fois sur le Collet, ils aperçoivent leurs vaches couchées sur le versant du Gargas. Ils redescendent, tranquillisés, lorsque Mélanie pousse un grand cri, à la vue d’un globe de lumière qui rayonnait et dont l’éclat emplissait tout le vallon… Cependant, Maximin était accouru   ; et, devant l’effroi de sa petite compagne qui avait laissé choir sa houlette   : «  Garde ton bâton, lui dit-il… S’il nous fait quelque mal, je lui jetterai un bon coup  !  

» À ce moment, la clarté mystérieuse s’entrouvrit, et une «  belle Dame  » apparut, assise sur les pierres superposées, dans l’attitude d’une inconsolable affliction, la tête dans ses mains et les coudes sur ses genoux… Bientôt, elle se lève de son siège rustique   ; puis, interpellant les petits pâtres et faisant quelques pas vers eux, elle leur dit   : «  Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur  : je suis ici pour vous conter une grande nouvelle

Rassurés, ils descendent jusque dans le ravin et s’approchent de la Vision, qu’ils peuvent contempler à leur aise. Coiffure brillante avec un diadème de rayons et une couronne de roses. Fichu blanc jeté sur les épaules et croisé autour de la ceinture, avec une guirlande de roses pour bordure. Robe de lumière, toute blanche avec paillettes d’or. Sur la poitrine et plutôt à l’intérieur, un crucifix, avec tenailles et marteau «  qui tenaient sans rien pour les attacher  »; mais, pour soutenir la croix et son Christ, il y avait une petite chaîne passée autour du cou  ; puis, une seconde chaîne, en forme de galon et sans anneaux, semblait, de son poids très lourd, écraser les épaules comme pour symboliser le fardeau de nos péchés. Enfin, c’était un tablier jaune d’or, – humble livrée de «  la servante du Seigneur  » –, et des souliers blancs avec boucle d’or et touffe de roses…

Le visage était divinement beau, mais empreint d’une profonde tristesse. Maximin n’en vit que le front et le menton   : le reste était trop éblouissant pour qu’il sut rien distinguer, tandis que Mélanie put contempler la physionomie tout entière. «  Comment, demandait-on plus tard à Maximin, comment se fait-il que vous n’ayez pu voir la figure de la Sainte Vierge, puisque Mélanie l’a vue  ? – Je ne sais pas, moi   ; je n’étais peut-être pas assez sage. – Mélanie était donc plus sage que vous  ? – Dieu le sait… Peut-être Mélanie avait besoin d’être convertie. Je ne sais pas  !  » Cette boutade inoffensive laisserait entendre que Maximin enviait un peu Mélanie, plus favorisée que lui   : il avait pourtant deviné, à l’accent désolé de la voix, qu’il s’agissait d’une âme affligée, «  d’une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise  ! 

 » Mélanie vit aussi des larmes qui tombaient des yeux de la Sainte Vierge pour s’évanouir dans la lumière comme des étincelles de feu  ; de plus elle observa, non seulement que les mains étaient croisées l’une sur l’autre dans les manches de la robe, mais que les oreilles aussi étaient cachées, comme les cheveux, sous une sorte de coiffe ou de bandeau… «  Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si lourd et si pesant que je ne puis plus le retenir. Depuis le temps que je souffre pour vous  ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse pour vous   ; et vous autres, vous n’en faites pas cas  ! Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j’ai prise pour vous   !

 «  Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l’accorder. C’est ça qui appesantit tant le bras de mon Fils  ! Ceux qui conduisent des charrettes ne savent pas jurer sans mettre le nom de mon Fils  ! Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils.  Si la récolte se gâte, ce n’est rien qu’à cause de vous autres   ; je vous l’ai fait voir, l’année dernière, par les pommes de terre   : vous n’en avez pas fait cas  ; c’est au contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous juriez, vous mettiez le nom de mon Fils. Elles vont continuer à pourrir et à Noël il n’y en aura plus.»

À cet endroit du discours, Mélanie regarde Maximin comme pour lui demander ce que signifiaient les paroles de la «  belle Dame  ». Mais la Sainte Vierge leur dit aussitôt  : «  Ah  ! Vous ne comprenez pas le français, mes enfants   : je vais vous le dire autrement.  » Elle reprend alors, en patois de Corps, ces dernières phrases  : «  Si la récolte se gâte…  », et le reste. Puis, elle poursuit son discours dans le même dialecte populaire   : «  Si vous avez du blé, il ne faut pas le semer. Tout ce que vous sèmerez, les bêtes le mangeront, et ce qui viendra, tombera en poussière quand vous le battrez. Il viendra une grande famine   ; avant que la famine vienne, les enfants au-dessous de sept ans prendront un tremblement et mourront entre les bras des personnes qui les tiendront, les autres feront pénitence par la famine. Les noix deviendront mauvaises et les raisins pourriront.»

Après ces mots, la Sainte Vierge continue de parler   ; mais, tout en voyant le mouvement de ses lèvres, Mélanie ne l’entend plus   ; Maximin reçoit un secret. Bientôt après, la Belle Dame confie aussi à Mélanie un secret, et Maximin cesse de l’entendre parler. (…) La Sainte Vierge continua ensuite son discours de manière à être entendue des deux bergers, en leur disant   : «  S’ils se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en monceaux de blé, et les pommes de terre seront ensemencées par les terres.  » «  Faites-vous bien votre prière, mes enfants  ?  » Leur demanda-t-elle ensuite. Et les enfants répondirent  : «  Pas guère, Madame.  » – «  Ah  ! mes enfants, il faut bien la faire soir et matin  ; quand vous ne pourrez pas mieux faire, dites seulement un Pater et un Ave Maria  ; et quand vous aurez le temps, il faut en dire davantage.

«  Il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe  ; les autres travaillent, tout l’été, le dimanche, et l’hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la messe que pour se moquer de la Religion   ; le Carême, ils vont à la boucherie comme des chiens  !  » Puis la Sainte Vierge ajouta  : «  N’avez-vous jamais vu du blé gâté, mes enfants  ?   » Tous deux répondirent  : «  Oh  ! Non, Madame.  » Alors, elle dit à Maximin  : «  Mais toi, mon enfant, tu dois bien en avoir vu une fois, vers la terre du Coin, avec ton père. Le maître de la pièce a dit à ton père  : “ Venez voir comme mon blé se gâte. ” Vous y allâtes tous les deux. Ton père prit deux ou trois épis dans sa main, les froissa et tout tomba en poussière  ; puis, quand vous reveniez et n’étiez plus qu’à une demi-heure de Corps, ton père te donna un morceau de pain en te disant  : “ Tiens, mon enfant, mange encore du pain cette année, car je ne sais qui en mangera l’année prochaine, si le blé continue encore (à se gâter) comme ça. ”  » Et Maximin répondit  : «  C’est bien vrai, Madame, je ne me le rappelais pas.  

» La Sainte Vierge termina son discours par ces paroles prononcées en français   : «  Eh bien  ! Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple.  » Laissant les bergers, elle traverse le torrent de la Sézia et sans se retourner vers eux, elle dit une seconde fois   : «  Eh bien  ! Mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple.  » Puis, elle se dirige vers le plateau, d’où elle s’élève au-dessus de terre, pour regagner ensuite les hauteurs sereines du firmament et du Paradis… L’eau de la petite Fontaine s’était remise à couler  !

 Le soir, lorsque le soleil fut sur son déclin, Maximin et Mélanie s’empressèrent de rentrer, avec leurs troupeaux, au village des Ablandens, et racontèrent à leurs maîtres tout ce qu’ils avaient vu et entendu sur la montagne. Et le récit que les petits pâtres firent le jour même du 19 septembre 1846, ils l’ont répété depuis, invariablement, devant un nombre incalculable de pèlerins, comme devant les autorités civiles et religieuses. (…) Oui, toujours les esprits droits et judicieux s’inclineront devant l’évidence et feront éclater leur reconnaissance enthousiaste, une fois éclairés par la lumière des faits et des arguments. S’il en était, parmi nos lecteurs, qui aient à cet endroit quelque perplexité douloureuse, tout comme le Curé d’Ars en a eue lui-même, nous espérons qu’ils concluront bientôt avec lui, mieux renseigné et tout heureux de connaître enfin la consolante vérité  : «  Maintenant, il ne me serait pas possible de ne pas croire à La Salette. J’ai demandé des signes pour croire à La Salette, et je les ai obtenus on peut et on doit croire à La Salette  !  »

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Coiffure brillante avec un diadème de rayons et une couronne de roses. Fichu blanc jeté sur les épaules et croisé autour de la ceinture, avec une guirlande de roses pour bordure. Robe de lumière, toute blanche avec paillettes d’or. Sur la poitrine et plutôt à l’intérieur, un crucifix, avec tenailles et marteau «  qui tenaient sans rien pour les attacher  »;

mais, pour soutenir la croix et son Christ, il y avait une petite chaîne passée autour du cou  ; puis, une seconde chaîne, en forme de galon et sans anneaux, semblait, de son poids très lourd, écraser les épaules. Enfin, un tablier jaune d’or et des souliers blancs avec boucle d’or et touffe de roses… Mélanie observa aussi que non seulement les mains étaient croisées l’une sur l’autre dans les manches de la robe, mais que les oreilles aussi étaient cachées, comme les cheveux, sous une sorte de coiffe ou de bandeau…

Attitudes de la Vierge

« À ce moment, la clarté mystérieuse s’entrouvrit, et une «  belle Dame  » apparut, assise sur les pierres superposées, dans l’attitude d’une inconsolable affliction, la tête dans ses mains et les coudes sur ses genoux… Bientôt, elle se lève de son siège rustique.   Le visage était divinement beau, mais empreint d’une profonde tristesse. Maximin avait deviné, à l’accent désolé de la voix, qu’il s’agissait d’une âme affligée, «  d’une maman que ses enfants auraient battue et qui se serait ensauvée dans la montagne pour pleurer à son aise  !  » Mélanie vit aussi des larmes qui tombaient des yeux de la Sainte Vierge pour s’évanouir dans la lumière comme des étincelles de feu. 

La Vierge en pleurs, statue dans l’église de Corps.Par Fr.Latreille — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5102507

Paroles de la Vierge

«  Avancez mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle ; si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée à laisser aller la main de mon fils ; il [sic] est si forte et si pesante que je ne peux plus le maintenir, depuis le temps que je souffre pour vous autres, si je veux que mon fils ne vous abandonne pas je suis chargée de le prier sans cesse moi-même, pour vous autres n’en faites pas de cas ;

vous auriez beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j’ai prise pour vous autres.Je vous ai donné six jours pour travailler ; je me suis réservé le septième et on veut [sic] pas me l’accorder ; c’est ça qui appesantit tant la main de mon fils ; et aussi ceux qui mènent les charrettes ne savent pas jurer sans mettre le nom de mon fils au milieu, c’est les deux choses qui appesantissent tant la main de mon fils. » 

« Si la récolte se gâte ce n’est rien que pour vous autres ; je vous l’avais fait voir l’année passée par les pommes, mais vous n’aviez pas fait cas que c’était au contraire, quand vous trouviez des pommes de terre gâtées vous juriez et vous mettiez le nom de mon fils au milieu.(vous ne comprenez pas mes enfants je m’en vais vous le dire autrement…) Si vous avez du blé il ne faut pas le semer ;   tout ce que vous sèmerez les bêtes le mangeront et ce qu’il restera, encore que les bêtes n’auront pas mangé, l’année qui vient, en le battant, tombera en poussière.

Il viendra une grande famine ;  avant que la famine arrive les enfants au-dessous de sept ans prendront un tremble qui mourront entre les mains des personnes qui les tiendront. Les autres feront leur pénitence en famine. Les noix viendront boffes, et les raisins pourriront et s’ils ne se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des amas de blé, et les pommes de terre seront ensemencées (pour l’année qui vient). L’été ne vont que quelques femmes un peu vieilles à la messe le dimanche et les autres travaillent, et l’hiver les garçons lorsqu’ils ne savent pas que faire vont à la messe que pour se moquer de la religion. Le monde ne font point de carême ;  ils vont à la boucherie comme les chiens ; » 

  • « faites-vous bien votre prière mes enfants ?
  • pas beaucoup madame! 
  • « Il faut bien la faire soir et matin et dire au moins un pater et un ave quand vous ne pourrez pas mieux faire. »
  • « N’avez-vous point vu du blé gâté mes enfants ? »
  • non madame
  • « mais mon enfant vous n’en devez bien avoir vu une fois que vous étiez allé avec votre père au Coin qu’il y avait un homme qui dit à votre père de venir voir son blé qui était gâté ; puis votre père y est allé et il prit quelques épis dans sa main il les frotta et tombèrent en poussière, puis en s’en retournant comme ils étaient encore une demi-heure loin de Corps votre père vous donna un morceau de pain et vous dit : « tiens mon enfant mange encore du pain cette année que nous ne savons pas qui en va manger l’année qui vient si ça continue comme ça. » « Allons mes enfants faites-le bien passer à tout mon peuple. » 

Messages de la Vierge  

Le Fils est courroucé par l’attitude « du peuple ». Objet du courroux du Fils : les gens travaillent le dimanche et offensent le nom de Dieu par leurs jurons. L’été, il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe. Les autres travaillent le dimanche tout l’été, et l’hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la messe que pour se moquer de la religion. Le carême, ils vont à la boucherie, comme les chiens. »

Cette offense est la cause des mauvaises récoltes, de la sécheresse, de la famine et de ses conséquences (la mort des petits enfants) est la faute des hommes. (ce n’est rien que pour vous autres).

Le prophète Aggée mettait déjà les mauvaises récoltes en lien avec l’absence de vigueur à redonner sa place centrale à Dieu (cf. Aggée 1,6. 10-11 ; 2, 15-19). L’Apocalypse parle de la sécheresse qui au lieu de provoquer la conversion pousse au blasphème (Apocalypse 16, 8-9), exactement comme la pénurie de pommes de terre provoque les jurons ! 

La Vierge est obligée de prier dans cesse pour retenir le bras de son fils elle a tellement prié que jamais « nous » ne pourrons compenser la peine qu’elle a pris ! 

Marie suggère que la fin de la disette est conditionnée par la prière et la conversion : «  S’ils se convertissent, les pierres et les rochers se changeront en monceaux de blé, et les pommes de terre seront ensemencées par les terres.  » « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous » avait déjà annoncé l’apôtre Luc 13, 3.

La Vierge associe les enfants à sa mission de messagère, nous rappelant cette phrase de Jésus rapportée par l’apôtre Mathieu : « Je te bénis, Père, ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout- petits. » (Matthieu 11, 25) : « Eh bien, mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple », conclut-elle en français. Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple.« 

Notre Dame de La Salette est convaincue que la prière change le monde, mais aussi que, sans conversion, elle ne peut contenir le danger. Interrogé un jour sur le contenu du premier par le R. P. Giraud, supérieur général des Missionnaires de La Salette, Pie IX répondit   : «  Vous voulez connaître les secrets de La Salette  ? Eh bien, les voici  : “ Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous  ! ”  » 

Le mouvement de conversion dépassa le canton de Corps et suscita un renouveau spirituel en France.

Eléments conformes aux autres apparitions 

La beauté de la Vierge

Le cadre campagnard (montagne) 

L’apparition à des enfants pauvres.

Le message d’alerte si les gens ne se convertissent pas

Le secret confié à chacun des enfants

Le patois parlé par la Vierge afin que les enfants, qui s’exprime aussi en français, la comprennent.

Comme à Amsterdam, où elle se positionne comme « la Dame de toutes les nations », la Vierge utilise l’expression  » mon peuple » pour parler  » des gens ».

Eléments spécifiques

Les vêtements de la vierge, tout à fait inhabituels, avec la présence de chaînes, d’un marteau et d’une paire de tenailles. 

Lien avec d’autres apparitions 

Les pleurs de la Vierge (Akita au Japon) et sa grande tristesse  

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

L’émotion provoquée par le récit de Mélanie et de Maximin fut vive et, après plusieurs enquêtes et rapports, Mgr Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble, nomma une commission pour examiner l’événement de manière prudente ; celle-ci conclut qu’il fallait admettre la réalité de l’apparition. Bientôt, plusieurs guérisons miraculeuses survinrent sur la montagne de la Salette et les pèlerinages y commencèrent. Le miracle suscita bien sûr l’ironie des libres penseurs, mais jeta aussi le trouble chez les fidèles et surtout chez les ecclésiastiques. Contre l’apparition, une opposition violente se fit dans les diocèses de Grenoble et Lyon, aggravée par le fait que le curé d’Ars, considéré de son vivant comme un saint, se rangeait parmi les sceptiques.

La controverse entre Maximin et le curé d’Ars 

En septembre 1850, Maximin, à qui certains conseillent de se faire Mariste, désire consulter le Curé d’Ars sur sa vocation. Brayer, bienfaiteur des deux voyants, et Verrier, un des partisans du « baron de Richemont » qui espèrent que le secret de La Salette a trait aux destinées de ce prétendu Louis XVII, se chargent de conduire Maximin chez le célèbre curé. Le tuteur de Maximin donne officiellement son consentement, mais l’évêque de Grenoble s’oppose au voyage.

Maximin, trépignant de dépit, refuse de se soumettre à cette interdiction. Brayer et Verrier passent outre à la volonté de l’évêque et emmènent à Ars Maximin accompagné de sa sœur Angélique, qui est majeureLe groupe arrive à Ars le 24 septembre dans la soirée. Il est reçu par l’abbé Raymond, vicaire d’Ars, qui exprime devant Maximin une totale incrédulité à l’égard de l’apparition de La Salette.

Le lendemain matin, Maximin a un entretien seul à seul avec le curé d’Ars. Après cet entretien, le curé, qui avait jusque-là une grande confiance dans l’apparition de La Salette, déclare à plusieurs personnes, notamment à des ecclésiastiques, que Maximin s’est rétracté.

L’abbé Alfred Monnin, qui entra comme missionnaire dans l’entourage du curé d’Ars, a rapporté comme suit un entretien qu’il eut avec lui en présence de quelques personnes :  Monsieur le curé, que faut-il penser de La Salette ?
– Mon ami, vous pouvez en penser ce que vous voudrez : ce n’est pas un article de foi. Moi, je pense qu’il faut aimer la sainte Vierge.
– Y aurait-il de l’indiscrétion à vous demander de vouloir bien nous raconter ce qui s’est passé entre vous et Maximin, dans cette entrevue dont on fait tant de bruit ? Quelle est au juste l’impression qui vous est restée ?
– Si Maximin ne m’a pas trompé, il n’a pas vu la sainte Vierge.
– Mais, Monsieur le curé, on dit que l’abbé Raymond avait poussé à bout cet enfant et que c’est pour se débarrasser de ses obsessions qu’il a dit n’avoir rien vu.
– Je ne sais pas ce que M. Raymond a fait ; mais je sais bien, moi, que je ne l’ai pas tourmenté. Je n’ai fait que lui dire, quand on me l’a amené :  « C’est donc vous, mon ami, qui avez vu la sainte Vierge ? »
– Maximin ne disait pas qu’il avait vu la sainte Vierge ; il disait seulement qu’il avait vu une grande dame… Il y a peut-être là-dessous un malentendu.
– Non mon ami, le petit m’a dit que ce n’était pas vrai ; qu’il n’avait rien vu.
– Comment se fait-il que vous n’ayez pas exigé de lui une rétractation publique ?
– Je lui ai dit : « Mon enfant, si vous avez menti, il faut vous rétracter ».
– Ce n’est pas nécessaire, m’a-t-il répondu, ça fait du bien au peuple. Il y en a beaucoup qui se convertissent. Puis il a ajouté : « Je voudrais faire une confession générale et entrer dans une maison religieuse. Quand je serai au couvent, je dirai que j’ai tout dit, et que je n’ai plus rien à dire. » Alors, j’ai repris : « Mon ami, ça ne peut pas aller comme ça ; il faut que je consulte mon Évêque ».
– « Eh bien! Monsieur le curé, consultez. Mais ce n’est pas la peine. » Là-dessus, Maximin a fait sa confession. (…)
– Monsieur le curé, êtes-vous sûr d’avoir bien entendu ce que Maximin vous a dit ?
– Oh ! Très sûr ! Il y en a bien par-là qui ont voulu dire que j’étais sourd !… Que n’a-t-on pas dit ?… Il me semble que ce n’est pas comme ça qu’on défend la vérité. »

Le curé d’Ars, que l’affaire a plongé dans la désolation, confiera à une de ses proches, des années après la reconnaissance de l’apparition par l’évêque de Grenoble, qu’il est bien ennuyé de ne pas y croire. Il finira par retrouver sa foi dans La Salette pour des motifs dont l’un est purement subjectif (délivrance d’une peine intérieure) et dont l’autre (attribution d’une cause miraculeuse à un secours arrivé lors de difficultés financières) est d’un degré d’objectivité qui varie selon les témoins.

Jean-Marie Baptiste Vianney,

Le Curé d’Ars ou le saint Curé d’Ars, est né le 8 mai 1786 à Dardilly (près de Lyon), et mort le 4 août 1859 à Ars-sur-Formans (Ain). Il fut le curé de la paroisse d’Ars (alors Ars-en-Dombes, aujourd’hui Ars-sur-Formans) pendant 41 ans. Il est nommé patron de tous les curés de l’Univers par le pape Pie XI en 1929. On avait annoncé en 2009 qu’il serait nommé patron de tous les prêtres du monde par Benoît XVI, mais on publia en 2010 que le pape avait changé d’avis.

Jean Marie Vianney
Le curé d’Ars

La Controverse autour de Mélanie

Pendant ce temps, sous les auspices de l’évêque de Grenoble, se sont créés à La Salette des ordres religieux chargés de s’occuper des pèlerins et de diffuser le message de la vision. Mélanie fait savoir hautement que l’apparition l’avait autorisée à donner elle-même à ces ordres leurs noms, leurs règles et leurs costumes. Celui destiné aux hommes doit s’appeler l’Ordre des Apôtres des Derniers Jours, celui pour les femmes l’Ordre de la Mère de Dieu.

Quand l’évêque refuse de se plier à ses exigences, elle fait appel au pape Léon XIII qui lui accorde une audience privée le 3 décembre 1878. Entre temps, vers 1873, Mélanie met de nouveau par écrit son message personnel, avec l’imprimatur du Cardinal Sisto Riario Sforza, archevêque de Naples et avec l’approbation de Pie IX. Le message est officiellement publié par Mélanie Calvat elle-même, le 15 novembre 1879, sous le titre de L’Apparition de la Sainte-Vierge sur la montagne de La Salette, et reçoit l’imprimatur de Mgr Salvatore Luigi Zola, évêque de Lecce près de Naples, qui dans son diocèse a protégé Mélanie et l’a aidée.

Dès le début, le message de 1873 est exploité par les anticléricaux et les francs-maçons français pour attaquer les catholiques dans le pays. La confusion qui en résulte atteint le prestige de La Salette relégué au rang de site mineur de pèlerinage catholique en demi-sommeil. À la suite de cette publication commence une dispute historique sur ce qui faisait partie du secret et ce qui y avait été ajouté, qui dure encore aujourd’hui.

En 1880, l’évêque de Troyes dénonce au Saint-Office le livre qui a reçu l’imprimatur à Lecce, et à son tour le cardinal Prospero Caterini, secrétaire de cette congrégation, lui répond publiquement ainsi qu’à l’évêque de Castellamare et aux autres membres de la hiérarchie que : le Saint-Office est mécontent de la publication de ce livre. Sa volonté expresse est que chaque exemplaire qui a été mis en circulation soit, dans la mesure du possible, retiré des mains des fidèles.Par la suite, le Vatican met ce livre à l’Index.

Les 18 et 19 septembre 1902 Mélanie visite une dernière fois la montagne de La Salette. Elle retourne ensuite à Altamura, près de Bari dans le sud de l’Italie, et y meurt le 14 décembre 1904. Ses restes sont enterrés au pied d’une colonne de marbre avec un bas-relief représentant la Vierge Marie accueillant au ciel la bergère de La Salette.

Tout au long de sa vie difficile, Mélanie est restée pauvre et pieuse, toujours fidèle à son premier témoignage. En 1906 une autre des publications de Combe, intitulée Le Secret de Mélanie et la Crise actuelle est à son tour mise à l’Index. Ces décisions de l’Église jettent un grand trouble dans l’esprit des catholiques, aussi l’Église est obligée de préciser que le message originel, confié à Maximin et Mélanie en 1846, est toujours approuvé et que l’interdiction ne vise que les derniers messages, et particulièrement l’édition de 1872-1873 où il est écrit que Rome perdrait la foi et deviendrait le siège de l’Antéchrist.

Position de l’église 

Comme il est dit plus haut, la Vierge confia à chacun des deux enfants un secret spécial. Ces deux secrets, que ni Mélanie ni Maximin ne se révélèrent jamais l’un à l’autre, furent envoyés par eux en 1851 à Pie IX sur le conseil de Mgr de Bruillard. On ne sait quelle impression ces révélations mystérieuses firent sur le pape, car il existe là-dessus deux versions diamétralement opposées. Le secret de Maximin reste inconnu, car il n’a jamais été publié. Celui de Mélanie a été inséré dans son entier dans la brochure qu’elle-même fit imprimer en 1879 à Lecce, en Italie, avec l’approbation de l’ordinaire du lieu. Une vive controverse s’en est suivie pour savoir si le secret publié en 1879 était identique à celui qui avait été communiqué à Pie IX en 1851 ou si, dans sa deuxième forme, il n’était pas tout simplement le travail de son imagination.

La dernière opinion est celle de personnes qui sont convaincues qu’une distinction doit se faire entre deux Mélanie, la voyante innocente et simple de 1846 et la visionnaire de 1879, dont l’esprit avait été dérangé par la lecture de livres apocalyptiques et de la vie d’illuminati.

Comme Rome ne s’est pas prononcé, le conflit s’est prolongé entre les deux camps. La plupart des défenseurs du texte de 1879 ont subi la censure de leurs évêques. Maximin Giraud, après une vie malheureuse et errante, revint à Corps, son village natal où il mourut en odeur de sainteté le 1er mars 1875. Mélanie Calvat termina une vie qui n’avait pas été moins errante à Altamura en Italie le 15 décembre 1904. »

Finalement Mgr de Bruillard déclara le 16 novembre 1851 que l’apparition de la Vierge était certaine et autorisa le culte de Notre-Dame de La Salette. Cet acte affaiblit l’opposition sans la faire disparaître et ses chefs, profitant en 1852 de l’arrivée d’un nouvel évêque, Mgr Ginoulhiac, remplaçant Mgr Bruillard qui avait démissionné, attaquèrent violemment la réalité du miracle de la Salette. Deux ecclésiastiques, l’abbé Deléon et le curé Cartellier, affirmaient même que la « belle dame » était en réalité une vieille fille appelée mademoiselle de La Merlière, ancienne religieuse ; ce qui donna lieu à un curieux procès pour diffamation que la plaignante perdit deux fois, en première instance le 2 mai 1855 et en appel le 6 mai 1857 ; l’imprimeur M. Étienne Redon de Grenoble était aussi poursuivi, malgré une plaidoirie éloquente de Jules Favre. Le curé de l’église Saint-Joseph de Grenoble, l’abbé Cartellier et l’abbé Deléon continuèrent par la suite à publier des brochures contre l’apparition. Le cardinal-archevêque de Lyon, Mgr de Bonald, leur était favorable. La Papauté ne s’engagea pas.

Sanctuaire (s)

En dépit des multiples controverses, la première pierre d’une grande église fut solennellement posée sur la montagne de la Salette, le 25 mai 1852, devant une grande assemblée de fidèles. Cette église, plus tard promue au rang de basilique, fut desservie par des religieux appelés missionnaires de Notre-Dame de la Salette, qui furent remplacés en 1891 par des prêtres diocésains après leur expulsion par des lois d’exil

Lieu du second grand pèlerinage en France après Lourdes, cette basilique reste un monument marquant de l’architecture religieuse en Isère. Au-delà des rassemblements du 15 Août et du 19 Septembre, le site, perché à plus de 1800 mètres, mérite le détour.

Sanctuaire de Notre Dame de La Salette en 1994
Par Jean-Paul Corlin — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=79775400

Sanctuaire de Notre Dame de La Salette

La foule des pèlerins lors du Pèlerinage à la Salette

San Nicolas de Los Arroyos, Argentine 1983 à 1991 ; Notre Dame du Rosaire

I – Généralités

Pays de l’apparition

Argentine 

Site 

San Nicolas de los Arroyos fut fondée le 14 avril 1748 par Rafael de Aguiar. Elle comptait 145.821 habitants en 2010. Ceux-ci vivent avant tout du port et de l’industrie (métal, agro-industrie) de la ville. San Nicolás est à 220 km au nord-ouest de la capitale de l’Argentine, Buenos Aires. La ville est entourée de pampa ondulada, portion non plane comme le reste de la pampa, mais ondulée. La ville est aussi le siège d’un évêché et possède à ce titre une cathédrale. Des apparitions mariales ont été alléguées à San Nicolás de los Arroyos en 1983. Charles Darwin y passa le 30 septembre 1833 lors de son tour du monde.

Imagen de la Ciudad desde la Costanera
Par Rukiva — Fotografia Propia, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11688479

Désignation  

Notre-Dame du Rosaire

Contexte historique (Septembre 1983 à Février 1990)

Un contexte politique difficile.

Une  junte militaire gouverne l’Argentine jusqu’au 10 décembre 1983, généralisant les disparitions forcées (desaparecidos), l’internement arbitraire et la torture contre les opposants politiques, leurs familles (y compris les petits enfants), les amis, les voisins, etc., dans les 500 centres clandestins de détention.

Alors que le régime devient de plus en plus contesté, il tente de galvaniser les forces patriotiques de la nation en déclarant la guerre au Royaume-Uni, au nom de la souveraineté argentine sur les îles Malouines. Si la guerre des Malouines, commencée en mars 1982, atteint partiellement l’objectif d’unification patriotique, elle provoque aussi la chute du régime, défait en trois mois par l’armée britannique.

Des élections sont organisées le 30 octobre1983Raúl Alfonsín, de l’Union Civique Radicale, remporte l’élection présidentielle avec 52 % des voix. Son mandat de 6 ans débute le 10 décembre 1983. Il œuvre notamment pour le rétablissement des institutions publiques et des droits et garanties constitutionnels. Certains secteurs de l’armée s’opposent par ailleurs aux procès contre les militaires, suscitant plusieurs soulèvements armés des Carapintadas. À la suite de cette instabilité politique, le gouvernement Alfonsin promulgue des lois amnistiant les crimes commis par les militaires avec la loi du Point final en 1986. Le retour à la démocratie entraîne de sérieuses améliorations au niveau des relations extérieures, avec le Chili et le Brésil notamment.  

Au niveau économique, la situation du pays est extrêmement difficile. Les prix sont en hyperinflation constante, atteignant déjà des records mondiaux en 1983. Durant l’année 1984, l’inflation annuelle s’établit à 625 %, alors que l’augmentation moyenne des salaires n’est que 35 %. À l’approche de la fin du mandat présidentiel, en mai 1989, l’inflation mensuelle est de 78 % et s’accompagne d’une hausse vertigineuse du taux de pauvreté, qui passe de 25 % en mai à 47 % en octobre. Sur ce fond d’emballement économique, Raúl Alfonsín annonce une élection présidentielle anticipée, qui a lieu le 14 mai 1989, et voit la défaite de l’Union Civique Radicale et l’élection de Carlos Menem (parti justicialiste).

II – La voyante 

Gladys Herminia Quiroga de Motta

Gladys Quiroga de Motta

Une mère de famille née en 1937, Gladys Quiroga de Motta, mariée à un ouvrier mécanicien, mère de deux filles et grand mère, a déclaré avoir vu la Vierge pour la première fois le 25 septembre 1983. Elle n’a alors qu’une instruction élémentaire et, avant les apparitions, n’avait jamais écrit, pas même une lettre.

Avec seulement une éducation de quatrième année, Gladys n’avait pas une grande connaissance de la Bible ou de la théologie. À divers moments de l’apparition, la Vierge Marie renvoie Gladys à plusieurs versets de la Bible. Le Père René Laurentin, un expert sur les apparitions Mariales, a raconté les messages des apparitions dans son livre «Un appel de Marie en Argentine». Dès le début, Gladys s’est toujours montrée disponible pour répondre aux questions des autorités ecclésiastiques, dès lors qu’elle avait parlé de la grâce qu’elle avait reçue à l’évêque de son diocèse. Elle a notamment partagé avec les fidèles les messages de Notre-Dame, mais également de Jésus-Christ, qu’elle reçut pendant plus de sept ans. Elle vit désormais très pieusement, en gardant toujours un profil bas.

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Du 25 Septembre 1983 au 11 Février 1990.

Nombre et durée des apparitions

Depuis le 25 Septembre 1983, jusqu’en février 1990, Gladys a reçu de la Vierge quelques 1800 messages, auxquels s’ajoutent 78 messages du Christ. Aujourd’hui, il n’y a plus de message public délivré mais Gladys bénéficie encore d’apparitions privées.

Emplacement des apparitions

Gladys Quiroga de Motta a déclaré avoir vu la Vierge pour la première fois le 25 septembre 1983, dans sa chambre, L’apparition lui tend un rosaire. Quelques semaines plus tard, Gladys et des voisines voient le grand chapelet suspendu au-dessus de son lit s’illuminer subitement. Elles décident alors de prier le chapelet ensemble chaque jour.

Récit 

Le 25 Septembre 1983, la Vierge Marie se présente à Gladys portant l’enfant Jésus, et ressemblant à une statue de bois vénérée dans la cathédrale de Notre Dame du Rosaire, mais qui avait été mise à l’écart dans un endroit du clocher que la Vierge a indiqué à Gladys. La statue en question avait été bénie par le pape Léon XIIILors des premières apparitions, la Vierge ne parle pas, mais elle sourit ou devient triste.

Le jour de la fête de Notre Dame du Rosaire, le 7 octobre, la Vierge montre à Gladys le sanctuaire qu’elle souhaite voir édifié au lieu-dit el Campito, au bord du fleuve Parana. A la 6e apparition, le 13 octobre 1983, Jour anniversaire du miracle du soleil à Fatima, la Vierge lui dit : « Tu as été fidèle. N’aie pas peur, viens me trouver, et avec moi, la main dans la main, tu feras un long chemin. » Quelques semaines plus tard, Gladys et des voisines voient le grand chapelet suspendu au-dessus de son lit s’illuminer subitement. Elles décident alors de prier le chapelet ensemble chaque jour.

A partir du 19 octobre, Gladys reçoit des messages de la Vierge Marie et des indications sur des passages de la bible à méditer. A l’invitation de la Vierge Marie, elle s’adonne au jeûne, mais sans en être jamais incommodée. Du 15 novembre 1983 au 11 février 1990, les apparitions et les messages sont quotidiens puis ils cessent.

Statue Notre-Dame du Rosaire, miraculeusement retrouvée, conservée au sanctuaire de San Nicolás
Par Mushii — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3067905

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Gladys Quiroga de Motta a vu des rosaires illuminés (couronnes de roses offertes à la vierge Marie) et a commencé à prier la Vierge Marie. La Vierge lui est apparue le 25 septembre 1983 portant l’Enfant Jésus et vêtue d’une robe bleue et d’un voile. Sa silhouette rayonnait de lumière.

Attitudes de la Vierge

Lors des premières apparitions, la Vierge ne parle pas, mais elle sourit ou devient triste. La Vierge fait preuve de volonté et de pragmatisme en approuvant les plans du sanctuaire. Comme souvent, la Vierge fait preuve de fermeté : « Ma fille, il faut lire lentement mes messages pour les assimiler comme je le veux !»

Paroles de la Vierge

A la 6e apparition, le 13 octobre 1983, la Vierge lui dit : «Tu as été fidèle. N’aie pas peur, viens me trouver, et avec moi, la main dans la main, tu feras un long chemin.» « Beaucoup de coeurs n’acceptent pas mon invitation à la prière et à la conversion. Voilà pourquoi le travail du diable est en croissance et en expansion. L’humanité est «en train de tomber dans une auto-destruction progressive. Il vous appartient de fixer vos yeux et votre cœur sur Dieu » Elle dit encore : « Je veux guérir mes enfants de cette maladie qu’est le matérialisme ; une maladie qui en fait souffrir plusieurs. Je veux les aider à découvrir le Christ et je veux leur faire connaître que le Christ l’emporte sur tout » 

17 décembre 1983

« L’étoile qui brille est mon Fils. Il faut le dire au monde. Ne laissez pas s’en aller l’étoile sans la suivre. Le Seigneur veut refaire le monde»

27 décembre 1983

«Toute l’humanité est contaminée»

30 décembre 1983

«Vous avez été choisie pour rapporter la demande urgente du Christ Jésus pour que le monde se convertisse. Je suis inquiète pour ce monde. N’oubliez pas que seul le Seigneur peut vous sauver. Lisez Jonas 4 : 11 et Michée 6 : 8-9»

Jonas 4 :11 :

«Et moi je n’aurai pas pitié de Ninive, la grande ville où il y en a plus de cent mille êtres humains qui ne savent distinguer la droite de leur gauche et des bêtes sans nombre»

Michée 6 : 8-9 :

«On t’a fait connaître ô homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur exige de toi ! Rien d’autre que de respecter le droit, aimer la fidélité et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. La voix du Seigneur appelle la ville. Il sauvera ceux qui craignent son nom. Écoutez, tribu et assemblée de la ville»

4 janvier 1984

«Si je cite des passages bibliques avec mes messages, c’est pour faire savoir au monde qu’ils sont authentiques et que vous n’ayez plus aucun doute. Mon Fils Jésus demande la conversion. Étudiez ces passages et cherchez les réponses qui vous ont échappés jusqu’ici» Aggée 1 : 5-7 et 2 : 23

Aggée 1 : 5-7 et 2 : 23 :

« Et maintenant, ainsi a parlé le Seigneur le tout puissant : réfléchissez bien à quoi vous êtes arrivés. Vous avez semé beaucoup mais peu récolté ; vous mangez mais sans vous rassasier ; vous buvez mais sans être gais ; vous vous habillez mais sans vous réchauffer et le gain du salarié va dans une bourse trouée. Parlez donc à Zorobabel, fils de Shaltiel, le gouverneur de Juda et à Josué, fils de Jehosadak, le grand prêtre et à tout le reste du peuple et dis-leur : quel est parmi vous le survivant qui a vu cette maison dans son ancienne gloire ? Et comment la voyez-vous à présent ? N’apparaît-elle pas à vos yeux comme rien ? »

18 janvier 1984

«Récitez le Rosaire, et faites savoir au Seigneur que votre conversion l’accompagne. Vous aurez des bénédictions en abondance du Sacré Cœur de Jésus»

8 janvier 1984

«En ce moment, l’humanité tient à un fil. Si ce fil lâche, nombreux sont ceux qui ne pourront pas se sauver. C’est pourquoi je vous demande de réfléchir. Ne tardez pas car le temps prend fin, et il n’y aura plus de place pour celui qui sera en retard»

18 février 1984

«Partout où mes messages ont été rapportés, il semblerait que l’on ait prêché aux cimetières. Il n’y a pas eu la réaction attendue par le Seigneur. C’est pourquoi l’on vous a choisie pour prêcher.»

 2 décembre 1984

«Il faut frapper une médaille à mon image avec les mots Marie du Rosaire de Saint Nicolas et à l’envers la Sainte Trinité avec sept étoiles»

24 janvier 1986

«Ma fille, il faut lire lentement mes messages pour les assimiler comme je le veux»

7 mars 1986

«Le prince du mal sait que son triste royaume arrive à sa fin. C’est pourquoi il répand son poison avec toute sa force. Il en aura encore un peu. Sa fin approche, Amen.»

3 avril 1986

«Que personne ne soit condamné et puisse chercher la force du Seigneur. C’est ce que votre Mère demande car la faiblesse du monde ne peut être renforcée qu’en Dieu»

1er juin 1986

«Jésus, l’Eucharistie ! Son vrai Corps vivant. Adorez-le et aimez-le. C’est dans l’Eucharistie que vous pourrez savoir comment Il s’est sacrifié pour vous. C’est dans l’Eucharistie qu’il devient encore Sang et Corps.»

23 juillet 1986

«Il y a l’obscurité partout et des « distractions» qui se répandent. C’est le mal et sa victoire apparente. Mais le travail de Dieu s’accomplira. La justice de Dieu sauvera le juste.»

 27 octobre 1986

«Chère fille, aujourd’hui la prière sera généreuse. Aujourd’hui le pape, sachant ce que le Seigneur veut de lui, lutte pour la paix. Cette paix si nécessaire dont le monde a besoin. Mes chers enfants, les prêtres doivent suivre le pape, car marcher avec lui c’est marcher avec mon Fils lui-même.»

 5 janvier 1987

«Mes pauvres enfants, il n’y en a parmi vous que très peu qui essayent d’aller vers le cœur du Christ, et beaucoup d’entre vous se détruisent dans le péché. En vérité, ce temps est un temps précieux. On ne doit pas le gaspiller et on doit en profiter, car le Rédempteur propose à l’humanité un chemin pour faire face à la mort, qui est seulement Satan, comme il l’a fait après la croix. Il offre aussi à l’humanité sa propre Mère, Médiatrice de toutes les grâces. Mes pauvres enfants, mon cœur désire que vos âmes vivent pour toujours.»

24 mars 1987

«Voilà ce que je dis à ceux qui me sont consacrés. Renouvelez-vous par la prière, une prière intense. Je désire la persévérance, la fidélité. Je veux des âmes authentiques. Je veux que vous soyez avec moi. Vous avez atteint des cœurs, continuez dans cette voie. Offrez mes enfants avec votre amour, votre esprit de pénitence.»

12 mai 1987

«Quand Il était sur la terre, mon Fils vivait seulement des choses du Ciel. Rien de matériel ne l’attachait aux choses de la terre. Il savait qu’il avait à vivre son temps avec les hommes. Ses dernières années il les a consacrées à être le berger, pour rassembler le troupeau de Dieu, son Père. Tous ceux qui n’ont pas encore compris l’importance du troupeau de Dieu, qu’ils saisissent la valeur de l’union de ce troupeau, que mon Fils a tant aimé.»

13 juin 1987

«Je demande à mes enfants d’aimer et de glorifier la Très Sainte Trinité. Ne cherchez pas une réponse à ce qui est interdit à l’humanité. La Très Sainte Trinité demeure le secret de Dieu. Il est le seul à le connaître. Il lui appartient. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit.»

8 octobre 1987

«Vous êtes tous une partie du corps mystique qui est l’Eglise dont la tête est le Christ. Sur terre, le vicaire de mon Fils est responsable de la continuité de ce Corps. C’est pourquoi vous devez suivre votre pape, et suivre son enseignement qui est celui du Christ. Que la volonté de mon Fils soit faite.»

27 février 1988

«L’athéisme innonde les nations. Partout, Dieu est absent. C’est pourquoi la parole de Dieu doit être écoutée et non méprisée. Les actions de sa parole peuvent être puissantes si les cœurs s’ouvrent.»

22 mars 1988

«Aujourd’hui, tant de cœurs sont victimes de Satan ! Ils se sont éloignés de Dieu et ne demandent pas son aide. L’âme doit se fortifier de la puissance de Dieu.»

26 mars 1988

«La venue du Sauveur est imminente. Comme le dit l’Évangile, nul ne sait la date ou l’heure, mais cette heure viendra, et c’est certain que l’âme du chrétien doit être préparée pour cette heure. Même les pierres en seront les témoins. C’est pourquoi, ma fille, la Mère veut que les paroles du Fils soient connues. »

 5 mai 1988

«L’heure de la Mère est venue. Mon cœur de Mère a déjà préparé les cœurs pour les convertir. Je viens du Ciel afin de vous guider vers le Christ.» «Ma fille, comme à Fatima, je reviens sur la terre. Mes visites se prolongent car l’humanité est entrée dans une période dramatique. L’homme n’a-t-il pas compris qu’il doit être au service de Dieu ? S’il résiste, son âme va se perdre. Beaucoup d’âmes refusent mon invitation à la prière et à la conversion. C’est pourquoi le travail du diable s’accroît et s’étend. Mes chers enfants c’est seulement par la prière et la conversion que vous retournerez à Dieu. Qu’Il ne trouve pas vos cœurs desséchés.»

11 janvier 1989

«Mon enfant, hier c’était à Lourdes, aujourd’hui c’est ici, mais c’est toujours une bonne chose que la Mère aille chercher ses enfants. Je demande d’eux la prière, le jeûne et la conversion. Ils seront sauvés s’ils ne s’éloignent pas du Seigneur, s’ils acceptent le Seigneur. Beaucoup d’âmes n’ont pas la paix. Si l’âme cherche la paix, elle trouvera. »

17 février 1989

«L’ennemi a déjà été combattu, sa fin est proche. Il profite de sa dernière chance qui réside dans la faiblesse de l’homme orgueil. Cependant, je vais le combattre et j’ai déjà commencé ce combat. Le monde doit le savoir. La Mère du Christ doit triompher de Satan, parce qu’en sa compagnie seront présents les humbles fils de Son Fils».

13 mai 1989

«L’heure de la Mère est arrivée. Mon cœur de Mère a déjà commencé à préparer les cœurs et à agir en eux. Je viens du ciel afin de vous conduire vers le Christ. Faites-le savoir.»

Les paroles de Jésus :

« Aujourd’hui je préviens le monde car le monde n’est pas conscient : les âmes sont en danger. Beaucoup sont perdues. Rares sont ceux qui trouveront le salut, à moins qu’ils ne me reconnaissent comme le sauveur. Ma mère doit être acceptée. Ma mère doit être entendue dans la totalité de ses messages. Le monde doit découvrir la richesse qu’elle apporte aux chrétiens. Les enfants du péché vont grandir dans le péché si leur incroyance s’accroît. Je veux un renouvellement de l’esprit, un détachement de la mort et un attachement à la vie. J’ai choisi le cœur de ma mère afin que ce que je demande soit achevé. Les âmes viendront à moi par son cœur Immaculé. »  «Si cette génération ne veut pas écouter ma Mère, elle périra. Je demande à tout le monde de l’écouter. » 

Messages de la Vierge  

1 – L’humanité est en train de se perdre;  L’humanité tient à un fil

Beaucoup de coeurs n’acceptent pas mon invitation à la prière et à la conversion.  Toute l’humanité est contaminée. Partout où mes messages ont été rapportés, il semblerait que l’on ait prêché aux cimetières. Il n’y a pas eu la réaction attendue. Il y a l’obscurité partout et des « distractions» qui se répandent. L’athéisme inonde les nations. Partout, Dieu est absent. Aujourd’hui, tant de cœurs sont victimes de Satan !  Mes visites se prolongent car l’humanité est entrée dans une période dramatique. L’homme n’a-t-il pas compris qu’il doit être au service de Dieu ?  Beaucoup d’entre vous se détruisent dans le péché.  Quand Il était sur la terre, mon Fils vivait seulement des choses du Ciel.

2 – Ce n’est pas ce que souhaite Marie

« Que personne ne soit condamné et puisse chercher la force du Seigneur.Je veux guérir mes enfants de cette maladie qu’est le matérialisme ; Je veux les aider à découvrir le Christ et je veux leur faire connaître que le Christ l’emporte sur tout. Que personne ne soit condamné et puisse chercher la force du Seigneur. Mais le travail de Dieu s’accomplira. La justice de Dieu sauvera le juste. Mes pauvres enfants, mon cœur désire que vos âmes vivent pour toujours.

3 – Satan, qui sait sa fin proche, dépense ses dernières forces

Le prince du mal sait que son triste royaume arrive à sa fin. C’est pourquoi il répand son poison avec toute sa force. Il en aura encore un peu. Sa fin approche. L’ennemi a déjà été combattu, sa fin est proche. Il profite de sa dernière chance qui réside dans la faiblesse de l’homme orgueil.

4 – Il faut que le monde se convertisse

Vous avez été choisie pour rapporter la demande urgente du Christ Jésus pour que le monde se convertisse. Mon Fils Jésus demande la conversion. Récitez le Rosaire, et faites savoir au Seigneur que votre conversion l’accompagne. 

5 – L’homme doit puiser sa force pour se convertir dans l’Eucharistie, l’obéissance au pape, la prière, le jeûne et la conversion.

C’est dans l’Eucharistie qu’il devient encore Sang et Corps. Les prêtres doivent suivre le pape, car marcher avec lui c’est marcher avec mon Fils lui-même. C’est seulement par la prière et la conversion que vous retournerez à Dieu. Je demande d’eux la prière, le jeûne et la conversion. Vous êtes tous une partie du corps mystique qui est l’Eglise dont la tête est le Christ. Sur terre, le vicaire de mon Fils est responsable de la continuité de ce Corps. C’est pourquoi vous devez suivre votre pape. Voilà ce que je dis à ceux qui me sont consacrés. Renouvelez-vous par la prière, une prière intense.  Beaucoup d’âmes refusent mon invitation à la prière et à la conversion.

6 – Marie confirme les propos de son fils : « Le Rédempteur offre à l’humanité sa propre Mère, Médiatrice de toutes les grâces.  

Mon cœur de mère a déjà préparé les cœurs pour les convertir. Je viens du Ciel afin de vous guider vers le Christ.Je viens du ciel afin de vous conduire vers le Christ. Faites-le savoir. »

Les messages de Jésus 

« Marie est la nouvelle arche de Noé.

Dans le passé, le monde a été sauvé par l’arche de Noé. Aujourd’hui, l’arche, c’est ma Mère. Qui refuse ma Mère me refuse” (décembre 1989). Les âmes viendront à moi par son cœur Immaculé.  Ma mère doit être acceptée. Ma mère doit être entendue dans la totalité de ses messages. (19 mars 1986).Le monde doit découvrir la richesse qu’elle apporte aux chrétiens. J’ai choisi le cœur de ma mère afin que ce que je demande soit achevé. 

Si cette génération ne veut pas écouter ma mère, elle périra. Je demande à tout le monde de l’écouter.  (2 mars 1986).

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

La voyante a pu toucher Marie et sentir la chaleur de son corps. Elle dit que pendant les apparitions, elle sent un intense parfum de roses. Les enfants, lors de l’apparition de l’île Bouchard, avaient senti la chaleur de son corps en lui embrassant la main.

À partir du vendredi 16 novembre 1984, la voyante dit subir tous les vendredis les souffrances de la Passion du Christ, dont les stigmates. On rapporte qu’elle a reçu les stigmates sur ses poignets, ses pieds, son côté et son épaule.

Le 4 juin 1991, dans un songe, elle perçoit l’endroit où se localiserait une source miraculeuse comparable à celle de Lourdes, devenue aujourd’hui un lieu de pèlerinage pour de nombreux malades.

De nombreuses guérisons ont été enregistrées par le diocèse de San Nicolas dans le cadre de l’enquête de la reconnaissance des apparitions.

Marie, dans une apparition subséquente, a donné à Gladys un chapelet blanc et lui a dit : « Recevez ce Rosaire de mes mains et gardez-le pour toujours et à jamais. Vous êtes obéissante ; J’en suis heureuse. Réjouissez-vous car Dieu est avec vous ».

La Vierge Marie a également demandé à Gladys d’aller chercher une statue qui avait été bénie par un Pape et qui avait été oubliée dans le clocher d’une église. Elle a trouvé la statue le 27 novembre 1983. Elle était dans le clocher de la Cathédrale du diocèse. La statue en question était la Mère de Dieu tenant l’Enfant Jésus. Elle avait été apportée de Rome après avoir été bénie par le Pape Léon XIII. La statue ressemblait à la Vierge de l’apparition. Dès lors, cette statue est objet de vénération

Eléments conformes aux autres apparitions 

Marie a choisi d’apparaître dans un pays qui, comme le Venezuela, a connu une vie politique tumultueuse et où la violence et les crimes ont été nombreux. 

Le message reste le même : la prière, la pénitence, la communion au fils dans l’Eucharistie, la menace de la destruction ou de la mort si le monde ne se convertit pas.

La découverte d’une source qui s’avère miraculeuse.

La remise d’un chapelet. (cf : un ruban blanc à Kibeho) 

La demande de construction d’un sanctuaire

La voyante a pu toucher Marie et sentir la chaleur de son corps.

Elle dit que pendant les apparitions, elle sent un intense parfum de roses. 

Elle s’adonne au jeûne, mais sans en être jamais incommodée comme à Kibeho.

Comme pour la rue du Bac à Paris, «Il faut frapper une médaille à mon image avec les mots Marie du Rosaire de Saint Nicolas et, à l’inverse, la Sainte Trinité avec sept étoiles.»

Comme à Amsterdam la Vierge cite des passages bibliques avec ses messages, « pour faire savoir au monde qu’ils sont authentiques. » 

Les stigmates de la voyante.

La Vierge Marie se présente à Gladys  portant l’enfant Jésus, et ressemblant à une statue de bois vénérée dans la cathédrale de Notre Dame du Rosaire (comme à Rome) 

Marie, une fois de plus, se manifeste à quelqu’un de simple et modeste

Gladys reçoit également de nombreux messages du Christ.

Comme à Amsterdam, la Vierge montre à Gladys les plans du sanctuaire qu’elle souhaite voir édifier.

Eléments spécifiques

Un chapelet de roses s’illumine.

Une statue de la vierge à l’enfant, perdue, est retrouvée : rappel d’un moment de l’histoire humaine et religieuse. 

Lien avec d’autres apparitions 

La Madone Esterházy de Raphaël (vers 1508) est à la fois une représentation de la Vierge à l’Enfant et une Vierge de l’humilité.
Par Raphaël — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=27719877

Elle apparaît avec l’enfant Jésus dans les bras comme à Gietrzwald.

« Mon enfant, hier c’était à Lourdes, aujourd’hui c’est ici, mais c’est toujours une bonne chose que la Mère aille chercher ses enfants. » 

« Ma fille, comme à Fatima, je reviens sur la terre. » La vierge apparaît à Gladys, un 13 octobre 1983, jour anniversaire du miracle du soleil à Fatima.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

L’évêque de San Nicolás, Mgr Héctor Cardelli a reconnu l’authenticité de cette manifestation surnaturelle et digne de foi,  le 22 mai 2016. Cette année-là, il a approuvé la publication et la diffusion des messages de Notre-Dame du Rosaire à San Nicolas.  

Le futur pape François à San Nicolas de Los Arroyos
Devant la Vierge au rosaire

Chaque année, un pèlerinage massif au sanctuaire a lieu le 22 mai. En accord avec les critères de discernement suggérés par le Saint-Siège et après un long processus de vérification de la véracité des faits, Mgr Cardelli a reconnu « le caractère surnaturel des heureux événements ». Un livre «L’école spirituelle de Notre-Dame du Rosaire de San Nicolas » accompagnait sa déclaration, précisant que les enseignements les plus importants dans les messages de la Vierge Marie sont ceux « qu’Elle nous offre pour notre adhésion à tout ce que Jésus nous dit parce qu’Il est le point culminant de la révélation « . 

1987 : autorisation de diffusion de la dévotion à Notre-Dame du Rosaire de San Nicolas

25 octobre 1988 : consécration du sanctuaire marial par Mgr Domingo Salvador Castagna, évêque de San Nicolás

25 mai 2009 : statue Notre-Dame du Rosaire est couronnée par les autorités ecclésiastiques.

22 mai 2016 : promulgation d’un décret par Mgr Héctor Cardelli reconnaissant que l’évènement marial de San Nicolas revêt un caractère surnaturel et digne de foi, reconnaissant ces apparitions comme authentiques pour l’Église universelle.

Notre-Dame du Rosaire de San Nicolas est fêtée le 25 septembre.

Les sources, en français, sur les apparitions de San Nicolas sont 

-René Laurentin, Un appel de Marie en Argentine. San Nicolas: des apparitions assumées par l’Eglise, un renouveau qui dépasse les limites de l’Amérique latine, Paris, O.E.I.L., 1990 ;

-René Laurentin, Lire la Bible avec Marie. Messages du Christ et de sa Mère reçus par Gladys au cours des apparitions de San Nicolas, Argentine, de 1983 à 1990, Paris, O.E.I.L., 1990.

-René LAURENTIN et Patrick SBALCHIERO, « San Nicolas », dans : René LAURENTIN et Patrick SBALCHIERO, Dictionnaire encyclopédique des apparitions de la Vierge. Inventaire des origines à nos jours. Méthodologie, prosopopée, approche interdisciplinaire, Fayard, Paris 2007, annexes.

Sanctuaire 

Le sanctuaire de la Vierge à San Nicolas
Un jour de pèlerinage

Le jour de la fête de Notre Dame du Rosaire, le 7 octobre, la Vierge montre à Gladys le sanctuaire qu’elle souhaite voir édifié au lieu-dit el Campito, au bord du fleuve Parana. Après un premier plan refusé, la Vierge Marie en agrée un second en souriant: « C’est un projet qui me plaît, puisque le sanctuaire sera aussi vaste que je l’ai demandé…» 

Mgr Domingo Salvador Castagna a donc ordonné la construction du sanctuaire souhaité par la Vierge. Malgré la terrible crise économique et la montée des prix, à Pâques 1989, la première tranche était terminée : fondation, crypte et nef à mi hauteur. Le 19 mars 1989, la statue de Notre-Dame est transférée de la cathédrale au sanctuaire qui sera achevé l’année suivante.Le sanctuaire a été consacré par l’évêque en 1990.

Le sanctuaire marial
Par Thialfi — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3579281

Rwanda Du 28 Novembre 1981 au 28 Novembre 1989 Notre Dame de Kibeho

I – Généralités

Pays de l’apparition

Rwanda

Site 

Kibeho est une localité du sud du Rwanda qui a été le lieu d’Apparitions mariales de 1981 à 1989. La Vierge y apparaît à des pensionnaires du collège. 

Kibeho, Rwanda

Désignation  

Notre-Dame de Kibeho ou Notre Dame des douleurs est le nom sous lequel est invoquée la Vierge Marie telle qu’elle serait apparue à trois jeunes filles à Kibeho, petit village du sud du Rwanda, du 28 novembre 1981 au 28 novembre 1989

Contexte historique

En septembre 1961, un référendum est organisé ; le parti politique hutu Parmehutu, obtient 78 % des sièges à l’Assemblée nationale du Rwanda. Le 26 octobreGrégoire Kayibanda devient président de la République du Rwanda. En décembre 1963, les Tutsi exilés essayent de revenir sur le territoire rwandais par la force : ils échouent. De nouveaux massacres sont commis contre les Tutsi vivant au Rwanda.

Jusqu’en 1967, environ 20 000 Tutsis sont tués et 300 000 autres prennent le chemin de l’exil. Environ 600 000 Rwandais (Tutsis ou opposants Hutus) vivent en exil à la fin des années 1980. L’Armée patriotique rwandaise, branche armée du FPR, lance une attaque depuis l’Ouganda sur le nord du Rwanda le 1er octobre 1990, bénéficiant d’un large appui de l’armée ougandaise. La tentative d’invasion du FPR échoue, les forces armées rwandaises réussissant à contenir l’offensive avec l’appui des forces françaises, belges et zaïroises, et une répression massive fait suite à son attaque.

Environ 10 000 personnes sont arrêtées, Tutsis ou opposants au régime. La France conditionne la poursuite de son appui militaire à la démocratisation du pays. La signature en janvier 1993 d’un protocole dans le cadre des accords d’Arusha prévoit la formation d’un gouvernement à base élargie, mais la répartition des portefeuilles est définie a priori et non à partir d’élections. Le FPR se voit accorder cinq postes ministériels. Cette disposition suscite la colère des partisans du MRDN ; ces manifestations se transformèrent rapidement en émeutes et les prétendants manifestants se mirent à tuer les Tutsis et des membres des partis d’opposition. Il y eut environ 400 morts et 20 000 personnes déplacées. »

Ces massacres servent de prétexte au FPR pour suspendre les négociations. Il rompt le cesser-le-feu le 8 février 1993 et lance une offensive qui fait 40 000 morts et provoque le déplacement d’un million de personnes. Les accords d’Arusha sont signés en août 1993, mais les deux forces principales sont le FPR et le front du refus conduit par le MRND. Les autres partis sont affaiblis par leur division. L’armée française se retire fin 1993, conformément aux négociations d’Arusha, pour laisser l’ONU déployer au Rwanda une mission de paix, la MINUAR.

Le 6 avril 1994, l’avion du président Habyarimana est abattu alors qu’il s’apprêtait à atterrir à Kigali. Les membres modérés du gouvernement, dont la première ministre Agathe Uwilingiyimana, ainsi que des opposants, sont assassinés par la garde présidentielle dès le lendemain et un gouvernement intérimaire est mis en place, avec Jean Kambanda pour premier ministre. Le génocide, dirigé par ce gouvernement, dure jusqu’au 4 juillet 1994. Il fait 800 000 morts selon l’ONU et plus d’un million selon les autorités rwandaises.Le 4 juillet 1994, le FPR prend la capitale, Kigali, et constitue le 19 juillet un gouvernement sur la base des accords d’Arusha, première étape de la reconstruction de l’État rwandais. Une période de transition politique est décrétée. Les Églises sont très actives aussi dans ces projets. Le pape se rend au Rwanda très catholique en septembre 1990. Les Apparitions se déroulent de 1981 à 1989, avant les évènements tragiques relatés ci avant.

Notre Dame des douleurs
Vocable sous lequel la Vierge s’est présentée à Kibeho
Par Haeferl — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43053393

II – Les voyantes

Les trois jeunes filles
Voyantes de Kibeho

Alphonsine Mumureke

Elle est née le 21 mars 1965 à Cyizihira, dans la paroisse de Zaza, dans le diocèse de Kibungo, fille de Thaddée Gakwaya et de Marie Immaculée Mukarasana. Elle a été baptisée le 27 juillet 1977 à l’âge de 12 ans. Peu avant les apparitions, elle a été admise au collège de Kibeho, en octobre 1981, afin de poursuivre ses études après l’école primaire. La première apparition d’Alphonsine a eu lieu le 28 novembre 1981, pour se terminer exactement huit ans plus tard, le 28 novembre 1989. 

La Vierge apparut à Kibeho pour la première fois à Alphonsine Mumureke, une étudiante qui à l’époque avait 16 ans. Au début, Alphonsine fait l’objet de méfiance et de railleries de la part de ses camarades, mais ensuite des personnes étrangères à l’école s’intéressent à son cas.  Elle a terminé ses études secondaires à l’école humaniste de Kibeho en juillet 1989, avec un diplôme de niveau A2.

Interrogée sur ses projets futurs au moment des apparitions, Alphonsine exprimait son souhait de rejoindre la congrégation religieuse des Sœurs Benebikira. Cependant, les supérieurs de cette congrégation ont hésité à l’accepter puisque la question de l’authenticité des apparitions n’avait pas encore été clarifiée par les autorités de l’église. À la fin de ses études à Kibeho, Alphonsine fut immédiatement employée par le diocèse de Butare comme secrétaire et sténotypiste au Centre de service diocésain pour l’éducation catholique, alors partie de la préfecture de Gikongoro.

Alphonsine a conservé son emploi jusqu’en 1994 où elle a été forcée de fuir pour survivre au terrible génocide au Rwanda, d’abord au presbytère de la paroisse de Gikongoro puis à Bukavu ex-Zaïre, aujourd’hui République Démocratique du Congo, où elle s’est réfugiée chez des familles sympathiques, qui la connaissaient depuis Kibeho. Avec l’aide d’une famille ivoiro-congolaise (RD Congo) qu’elle avait également rencontrée lors des apparitions à Kibeho, elle a poursuivi son voyage jusqu’à Abidjan en Côte d’Ivoire, quelques semaines plus tard, et a pris contact avec le père Raymond Halter, un prêtre marial qui la connaissait depuis sa dernière apparition le 28 novembre 1989. Il est devenu son directeur spirituel et a pris soin d’elle pendant son séjour en Côte d’Ivoire jusqu’à sa mort en décembre 1998.

Alphonsine de La Croix glorieuse

A cette époque, le père Joseph Bezel, curé de France et cher ami du père Raymond Halter, a aidé Alphonsine à obtenir une bourse pour l’école de commerce de Castaing à Abidjan où elle a signé en vue d’un programme triennal de formation en secrétariat d’entreprise (de 1995-1996 à 1997-1998). Mais Alphonsine a quitté l’école de commerce pour rejoindre l’école catéchétique affiliée à l’université catholique d’Afrique de l’Ouest à Abidjan. Dans le même temps, elle était aspirante dans l’ordre de Sainte Claire.

Après son diplôme de théologie avec une spécialisation en catéchèse, en juin 2003, elle entre au monastère Sainte Claire à Abidjan (Clarisses). Elle a reçu l’habit religieux au début de son noviciat le 26 juillet 2004. Son père, Thaddée Gakwaya, a été assassiné en septembre 1984. Sa mère, Immaculée Mukarasana, est décédée quelques années après le génocide de 1994. Le 15 juillet 2006, Alphonsine Mumureke a reçu le nom d’«Alphonsine de la Croix Glorieuse».

Nathalie Mukamazimpaka

Le 12 janvier 1982 la Vierge apparaît à Nathalie Mukamazimpaka, une autre élève, âgée de 17 ans. Nathalie Mukamazimpaka, naquit en 1964 à Munini dans l’actuel district de Nyaruguru, paroisse de Muganza, diocèse de Gikongoro. Son père s’appelle Laurent Ngango ; et sa mère, Gaudence Mukabaziga. Elle reçut le baptême à l’âge de 4 ans, le 02/02/1968. Au moment des apparitions, elle était inscrite au collège de Kibeho en 4ème année de la section normale primaire. Nathalie est connue surtout pour le message sur la souffrance expiatoire et sur la prière incessante pour un monde qui va très mal et risque de tomber dans un gouffre.

La dernière apparition eut lieu le 3 décembre 1983. Nathalie n’a pas achevé ses études secondaires, alors qu’au début des apparitions il ne lui restait qu’une année pour pouvoir obtenir un diplôme du niveau D5, l’habilitant à exercer la profession d’enseignante d’école primaire. En effet, suivant le message de l’apparition du 24 juin 1982, la Vierge Marie aurait demandé à Nathalie de demeurer à Kibeho jusqu’à nouvel ordre pour s’adonner davantage à la prière et aux mortifications pour le salut du monde.

Le séjour permanent de Nathalie à Kibeho, à l’ombre du lieu des apparitions, a débuté en juillet 1982. Elle le justifie en faisant appel à des messages personnels attribués à la Sainte Vierge, surnommée « Umubyeyi » (Maman). Cette situation a été souvent objet de controverse au niveau même des commissions d’étude, comme chez des observateurs de passage. A maintes reprises, la voyante eut à répondre à toute sorte de questions, de fond ou de curiosité, parfois très agaçantes, voire indiscrètes pour elle. Des recherches ont été menées dans son milieu familial et sa région natale. Des rapports spécifiques ou des témoignages à ce sujet existent. En fin de compte, aucun consensus n’a pu se dégager de tout cela dans un sens défavorable à la position de la voyante.

Au contraire ! Les Ordinaires du lieu successifs n’y ont vu aucun problème majeur, tout en souhaitant cependant que son cas puisse, un jour ou l’autre, connaître des ouvertures à de nouveaux horizons. Quoi qu’il en soit, l’appel au sacrifice expiatoire étant une des lignes maîtresses des apparitions de Kibeho, Nathalie s’est toujours efforcée de vivre ce message de son mieux. Au moment de la guerre civile et du génocide de 1994, elle a toujours résidé à Kibeho. Elle a été témoin des actes de massacre et de génocide perpétrés là-bas contre des innocents. Elle n’a sans doute pas manqué de faire avec douleur une relecture du message des apparitions, notamment celle du 15 août 1982, en essayant d’établir un lien avec la tragédie qui s’abattait sur tout le pays, jusque dans les pays voisins.

Début juillet 1994, Nathalie, à la demande de son Evêque, dut quitter Kibeho en catastrophe à la recherche d’une plus grande sécurité. Elle se replia momentanément sur l’évêché de Gikongoro. De là, elle poursuivit sa route avec beaucoup d’autres réfugiés désemparés – y compris des prêtres, des religieux et des religieuses, toutes ethnies confondues – jusqu’à Bukavu dans l’ex-Zaïre. Durant plusieurs mois, elle a pu être hébergée au monastère des Trappistines de l’abbaye Notre-Dame de la Clarté Dieu situé non loin de la ville de Bukavu. Dans la suite, elle fut l’hôte d’une communauté de Sœurs Filles de Marie Reine des Apôtres, jusqu’en mai 1996. C’est de là qu’elle fut évacuée d’urgence sur Nairobi pour soins médicaux. Elle a pu regagner le Rwanda début décembre 1996.

Par bonheur, les Sœurs Benebikira venaient de retourner à Kibeho pour rouvrir leur couvent, l’école secondaire et le Centre de Santé. Nathalie en fut bien encouragée pour regagner sa demeure après deux ans d’absence. Depuis lors, elle continue à se dépenser généreusement pour le sanctuaire marial et s’associe volontiers à la prière des pèlerins. Bien souvent c’est elle qui accueille des pèlerins individuels pour les assister le cas échéant, ou bien pour les orienter vers le chapelain. Des membres de sa famille résidant à une dizaine de kilomètres de Kibeho, et des chrétiens de sa paroisse natale (Muganza) viennent de temps en temps pour lui rendre visite. Son papa, Laurent Ngango, est encore en vie ; quant à sa maman, Gaudence Mukabaziga, elle est morte d’une crise de paludisme le 17/10/1998.

Marie Claire Mukangango

Marie Claire naquit en 1961 à Rusekera, dans l’actuel district de Nyamagabe, paroisse de Mushubi, diocèse de Gikongoro. Son père s’appelait Basera, et sa mère Véronique Nyiratuza ; elle reçut le baptême à l’âge de 5 ans, le 12/08/1966. Au moment des apparitions, elle étudiait au collège de Kibeho, en 4ème année de la section normale primaire. Comme voyante, elle est connue surtout pour le message au sujet du Chapelet des Sept Douleurs de la Vierge Marie, allant de pair avec un urgent appel au repentir : «Repentez-vous, repentez-vous, repentez-vous ! » disait la Vierge au monde par la bouche de Marie Claire.

Marie Claire Mukangango

Sa première apparition eut lieu mardi le 2 mars 1982 ; et la dernière, le 15 septembre 1982. Elles n’ont donc duré que 6 mois et 15 jours. Elle termina avec succès ses études secondaires au collège de Kibeho en juillet 1983, couronnées par un diplôme du niveau A3, l’habilitant à exercer la profession d’enseignante d’école primaire. De fait elle l’exerça d’abord dans sa paroisse natale de Mushubi à partir de septembre 1983, ensuite à Kigali à partir de septembre 1987.

Marie Claire Mukangango se maria religieusement le 22 août 1987 avec Elie Ntabadahiga, de la même paroisse natale. Ce dernier était un universitaire, journaliste à l’Orinfor (Office Rwandais d’Information). A la veille du génocide de 1994, il était déjà affecté aux services de la Primature. Les deux formaient un ménage heureux, mais malheureusement resté sans enfant, malgré leur vif désir d’en avoir. Ils résidaient à Kigali, dans le quartier de Gatsata, traversé par la route menant à Byumba. C’est dans ce quartier populaire qu’ils ont été surpris par le génocide de 1994.

Conduits avec bien d’autres déplacés de guerre vers Byumba, censée être une zone sécurisée, ils furent du nombre de bien des civils sans arme massacrés là-bas. La date et les circonstances exactes de leur mort ne sont pas encore bien établies. Des témoins disent que Marie Claire a été tuée en voulant défendre ou retrouver son mari ; elle a été enlevée et conduite avec d’autres victimes vers une destination inconnue.

III – L’Apparition (généralités) 

Dates

La première apparition d’Alphonsine a eu lieu le 28 novembre 1981 pour se terminer exactement huit ans plus tard, le 28 novembre 1989. 

Le 12 janvier 1982 la Vierge apparaît à Nathalie Mukamazimpaka, une autre élève, âgée de 17 ans et la dernière, le 3 décembre 1983 ( soit pendant 23 mois)  

L’apparition la plus surprenante est celle du 2 mars 1982. Ce jour-là en effet, la Madone se manifeste à Marie Claire Mukangango (âgée, à l’époque, de 21 ans), l’une des élèves les plus sceptiques. Sa dernière apparition eut lieu le 15 septembre 1982. Elle n’aura donc duré que 6 mois et 15 jours.

Nombre et durée des apparitions

C’est Alphonsine Mumureke qui bénéficia, et de loin, des plus longues apparitions. Au total, ses apparitions durèrent exactement 8 ans, du 28 Novembre 1981 au 28 Novembre 1989. Chaque apparition durait 3 à 4 heures. La voyante n’en souffrait pas; bien qu’elle tombe lourdement par terre, ou qu’elle soit longtemps exposée au soleil, les yeux fixés au ciel. Elles se déroulaient sous forme de dialogue : écoute du message, demande de précision sur le message donné. Des précisions sur le message suscitaient d’autres interrogations de la part du voyant. L’assistance était très attentive au dialogue. Durant ces années de 1982-1983, il y eut de ces longues apparitions chaque semaine, sans parler de celles en privé, qui sont plus nombreuses.

Emplacement des apparitions

La première fois, Alphonsine Mumureke voit la Madone tandis qu’elle sert à table ses camarades au réfectoire du collège. Le jour suivant la Madone apparaît de nouveau à Alphonsine. En décembre le phénomène se répète presque tous les samedis.

Ainsi, à partir du 16 janvier 1982, les apparitions se suivent, publiques dans la cour de l’école, et privées, réservées seulement à la voyante et aux élèves, dans le dortoir.

A cause des foules qui devenaient de plus en plus nombreuses, des problèmes de sécurité n’ont pas tardé à se poser. Malgré l’initiative de l’ORINFOR (Office Rwandais d’information), qui consistait à installer des haut-parleurs puissants sur les lieux d’apparition, afin que tout le monde puisse suivre sans problème la ‘conversation’ engagée entre les voyantes et le personnage invisible, des bousculades survenaient ici et là. C’est justement dans le but de résoudre ce problème et de faire régner plus de calme que certaines personnes bénévoles se sont organisées pour construire un podium dans la cour du collège, avec l’accord et même avec le concours de l’Evêque de Butare, Mgr Jean Baptiste Gahamanyi.

Entouré d’une clôture métallique, ce podium est entré en service à partir du 15 août 1982. Vu que ce podium était construit en bois, il a vieilli avec le temps et il a actuellement complètement disparu. Cependant au lieu même où il était placé se trouve aujourd’hui une statue de la Vierge de Kibeho entourée d’un champ de fleurs ; c’est un endroit pour le recueillement, avec quelques 100 places assises. C’est cet emplacement que nous appelons Place des Apparitions.

La place des Apparitions

Récit 

Notre-Dame de Kibeho, ou Notre Dame des douleurs, est le nom sous lequel est invoquée la Vierge Marie telle qu’elle serait apparue à trois jeunes filles à Kibeho, petit village du sud du Rwanda, du 28 novembre 1981 au 28 novembre 1989

Dans la journée du 28 novembre 1981, autour de 12h 35, dans le réfectoire. une jeune élève du collège de Kibeho, Alphonsine Mumureke, prétend voir une Dame d’une beauté incomparable qui se serait présentée à elle comme la « Mère du Verbe ». Elle la reconnaît aussitôt comme la Vierge Marie. Ses compagnes racontent qu’elles l’ont vue se lever soudainement, se diriger dans l’allée centrale pour se mettre à genoux, les yeux dirigés quelque part, en un point fixe. Le phénomène va se reproduire à de nombreuses reprises, que ce soit en privé ou en public. La Dame lui aurait demander de prier avec sincérité et l’aurait invitée à pousser ses compagnes à se convertir et à redoubler de foi.

Les premières réactions ne se font pas attendre. Elles sont pour la plupart méfiantes, notamment de la part des professeurs du collège et des autres élèves. On dit d’Alphonsine qu’elle est folle, ou même en proie à de mauvais esprits, à de la sorcellerie. Surtout que sa région natale serait connue pour compter de nombreux adeptes de la magie noire. On cherche alors des preuves pour démontrer que tout cela n’est qu’une supercherie.

Au moment des extases, élèves comme professeurs ont le droit de procéder à tout type de tests sur Alphonsine pour la mettre à l’épreuve et ainsi vérifier si elle est vraiment dans un état extatique. Comme on considère Alphonsine comme une hystérique ou une possédée, nombreux sont ceux qui prendraient plus au sérieux ces apparitions si la Dame apparaissait à d’autres élèves. Alphonsine aurait donc prié la Dame de se manifester à d’autres pour que tout le monde croie.

Rapidement, deux autres élèves du collège assurent avoir vu la Dame. Il s’agit de Nathalie Mukamazimpaka, à partir du 12 janvier 1982, et de Marie Claire Mukangango à partir du 2 mars 1982. L’opinion publique change progressivement.

Nathalie est une jeune fille studieuse, discrète et pieuse, donc elle n’est pas folle et ne ferait certainement pas l’objet de possession. Quant à Marie Claire, c’est celle qui montait les autres élèves contre Alphonsine. C’est elle qui faisait courir des rumeurs de possession et de sorcellerie. Alors maintenant qu’elle aussi déclare voir la Dame, les professeurs sont consternés et les élèves du collège y croient de plus en plus. Même si les critiques et la méfiance restent vives, un groupe d’élèves et de professeurs assistent à des réunions avec les présumées voyantes où l’on récite le chapelet.

Bientôt, la nouvelle se répand en dehors du collège et du village. On vient de la région entière pour voir ses présumées voyantes mais surtout assister aux apparitions publiques. Les 31 mai et 15 août 1982, on compte environ 10 000 personnes venus assister aux présumées apparitions. Les jours d’apparitions publiques, il n’y avait pratiquement pas d’extases en groupe et les trois voyantes ne les vivaient pas en même temps.

Au contraire, elles avaient chacune des apparitions individuelles, pendant que les deux autres chantaient des cantiques à la Vierge. Elles se distinguaient aussi par une abondance de paroles, la longueur des extases, des chants, des prières d’intercession, des bénédictions (surtout au moyen de l’eau), des chutes répétées scandant une même apparition, à certains jours (à partir du 15 août 1982 jusqu’à la fin du carême 1983), et d’autres souffrances mortifiantes. 

La fin de l’extase se marquait généralement par une lourde chute. Les visions sont parfois accompagnées de « voyages mystiques ». En effet, Alphonsine comme Nathalie ont affirmé avoir voyagé avec la Vierge dans d’autres mondes dans des lieux similaires au purgatoire, à l’enfer ou au paradis. Ces « voyages mystiques » qui duraient de longues heures ont été suivis de près par une commission de médecins. Les apparitions de Kibeho vont continuer jusqu’au 28 novembre 1989, date à laquelle Alphonsine vivra sa dernière apparition publique. A partir de 1984, d’autres jeunes gens ont affirmé avoir des apparitions similaires aux trois jeunes filles mais elles n’ont pas été prises en compte par les autorités ecclésiastiques.

Le génocide rwandais 

Le 15 août 1982, les apparitions publiques des trois voyantes auraient été marquées par des visions effroyables. Alphonsine témoigne : « Alors que la Dame était en pleur, on vit alors un fleuve de sang, des personnes qui s’entretuent, des cadavres abandonnés sans sépulture, un arbre entièrement en feu, un gouffre béant, un monstre, des têtes décapitées ». Ces visions reviendront dans différentes apparitions, notamment à Nathalie. Pour l’Eglise catholique, se visions se sont avérées prophétiques au vu du génocide vécu au Rwanda en 1994. A Kibeho même, 11 000 personnes vont être massacrées, et pour la plupart dans l’église paroissiale. Marie Claire, la troisième présumée voyante, trouvera aussi la mort dans le génocide. En 1995, Mgr Augustin Misago rappelle la stupeur générée par le récit des voyantes : « Maintenant nous pouvons dire qu’il y a eu une prédiction du drame rwandais, mais je me souviens que le 15 août 1982, à la fête de l’Assomption, les voyantes au lieu de voir la Vierge pleine de joie, ont été témoins de terribles visions, effrayantes, de cadavres d’où jaillissaient d’abondants flots de sang, laissés sans sépultures sur les collines. Personne ne savait ce que signifiaient ces terribles images. Maintenant on peut relire les événements et penser qu’elles pouvaient être une vision de ce qui est arrivé au Rwanda mais aussi dans la région des Grands Lacs où le sang coule, au Burundi, en Ouganda, et dans la République Démocratique du Congo».

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Alphonsine Mumureke décrit la Madone comme une femme d’une beauté incomparable, à la couleur de peau pas bien définie. Problème : après de multiples essais, aucune statue de la Sainte Vierge n’est « reconnue » comme étant un portrait fidèlede sa personne. Serait-ce-ce en raison d’un désaccord sur la couleur de peau de la Vierge ? 

Notre Dame de Kibeho

La statue de Notre Dame de Kibeho : un modèle insatisfaisant

Après quelques essais, l’équipe des artistes n’a malheureusement pas pu réaliser un modèle satisfaisant. Nathalie Mukamazimpaka, n’a pas caché sa déception et ses protestations. Une année plus tard, le 22 octobre 2002, un autre concours fut organisé. Après un long débat auquel la voyante Nathalie Mukamazimpakaa été associée, le jury choisit la meilleure statue parmi trois modèles présentés, à retravailler encore de façon sérieuse. Après un mois de travail, ils ont présenté un nouveau modèle de la Vierge de Kibeho.

De nouveau, le jury fit plusieurs remarques ; il fallait améliorer encore, notamment le symbolisme des fleurs. Le modèle fut présenté de nouveau au jury à Kibeho le 07 août 2003 pour approbation. Le jury présidé par l’Ordinaire du lieu, l’a adopté définitivement, malgré des imperfections qui persistaient visiblement. Le 28 novembre 2003, avait lieu la  bénédiction et l’intronisation de cette statue au Sanctuaire de Kibeho.

Attitudes de la Vierge

Les voyantes disent avoir été fort surprises de voir pleurer la vierge le 15 août 1982. La Mère du Verbe est fort affligée à cause de l’incrédulité et de l’impénitence des hommes. Elle se plaint de notre mauvaise conduite, caractérisée par une dissolution des mœurs, des dissensions, une complaisance dans le mal, une désobéissance continuelle aux commandements de Dieu.

Dans d’autres visions cependant, la Vierge apparaît souriante et invite les hommes à l’aimer comme une mère empressée auprès de ses enfants : «Il ne faut pas avoir peur de sa maman» dit Marie. Alphonsine explique qu’elle entendit une voix qui l’appelait avec tendresse en disant : « Mwana » (enfant). Alphonsine demande : « Qui es-tu femme ? » Et la Dame de répondre : « Je suis la mère du Verbe. »

Un dialogue s’engagea… La Dame demanda : « Dans ton existence, qu’est-ce que tu tiens le plus en estime ? » Alphonsine répondit à peu près ceci : « J’aime Dieu et sa mère qui a mis au monde un Rédempteur. » La Dame reprend : « Vraiment ! » Alphonsine dit :  « Oui, c’est bien ainsi ». La Dame déclare alors : « S’il en est ainsi, je viens te consoler, car j’ai exaucé tes prières. Je veux que tes compagnes aient la foi, car elles n’en ont pas suffisamment. »

Le 1er décembre, l’apparition a lieu un mardi soir, dans le dortoir, et la Vierge donne à Alphonsine un ruban blanc. Le 1er et le 2 décembre, la Dame promet à Alphonsine de lui donner une petite fleur dans trois mois que l’on ne pourra ni briser ni trouer. Il semble que « la fleur » corresponde à l’être humain, comme dans les séances de bénédictions (voir plus loin). Peut-être que le fait qu’elle ne puisse pas être trouée soit une consolation liée au fait que le 4 décembre, pour vérifier la réalité des apparitions, on enfonça une aiguille profondément dans le muscle du bras. Elle ne ressent rien pendant l’apparition, mais elle le ressent ensuite ! Ces tests cesseront. 

Paroles et messages de la Vierge

La Vierge se présente en disant «Ndi Nyina wa Jambo» (Je suis la Mère du Verbe) : ce qui est synonyme de «Umubyeyl w’Imana» c’est à dire «Mère de Dieu». Les paroles et messages de la Vierge, à Kibeho, peuvent être condensés ainsi :

1° Un urgent appel au repentir et à la conversion des cœurs « Repentez-vous, repentez-vous, repentez-vous ! » «Convertissez-vous quand il en est encore temps ! » « Si vous ne vous repentez pas et ne convertissez pas vos cœurs, vous allez tous tomber dans un gouffre ».

 2° Un diagnostic de l’état moral du monde «Le monde se porte très mal » (« Ngo isi imeze nabi cyane »). « Le monde court à sa perte, il risque de tomber dans un gouffre («Ngo isi igiye kugwa mu rwobo »), c’est-à-dire « être plongé dans des malheurs innombrables et incessants ». Le monde est en rébellion contre Dieu, (ubu isi yarigometse), trop de péchés s’y commettent. Il n’y a pas d’amour ni de paix ». 

3° Appel à la vigilance : « La foi et l’incroyance viendront sans qu’on s’en aperçoive. » (Ngo ukwemera n’ubuhakanyi bizaza mu mayeri). C’est une des paroles mystérieuses dites plus d’une fois par la Vierge à Alphonsine dans les débuts des apparitions, avec demande de la répéter aux hommes.

4° La souffrance salvifique . Ce thème est un des plus importants dans l’histoire des apparitions de Kibeho. Surtout chez Nathalie Mukamazimpaka. Pour un chrétien, la souffrance, par ailleurs inévitable dans la vie d’ici-bas, est un chemin obligé pour parvenir à la gloire céleste. Non pas parce que Dieu l’exigerait ! Mais parce qu’elle est un moyen de se sentir en union avec celles du Christ. La Vierge a dit à ses voyantes, notamment à Nathalie le 15 mai 1982 : « Personne n’arrive au ciel sans souffrir ». Ou encore : « L’enfant de Marie ne se sépare pas de la souffrance ».

Mais la souffrance est aussi un moyen, s’il se présente, d’expier pour le péché du monde, de participer aux souffrances de Jésus et de Marie pour le salut du monde.

Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas de plus grand amour que de donner sa vie (ou sa souffrance) pour les autres !

Les voyants ont été invités à vivre ce message d’une façon concrète, à accepter la souffrance dans la foi et dans la joie, à se mortifier (« kwibabaza ») et à renoncer aux plaisirs (kwigomwa) pour la conversion du monde. Kibeho est ainsi un rappel de la place de la croix dans la vie du chrétien et de l’Eglise.

5° Priez sans cesse et sans hypocrisie : Les hommes ne prient pas ; et même parmi ceux qui prient, beaucoup ne prient pas comme il faut. La Vierge demande aux voyantes de prier beaucoup pour le monde, d’apprendre aux autres à prier, et prier à la place de ceux qui ne prient pas. La Vierge nous demande de mettre plus de zèle à prier, et de prier sans hypocrisie.« Priez sans relâche pour l’Eglise, car de grandes tribulations l’attendent dans les temps qui viennent. » Ainsi parlait la Vierge à Alphonsine, le 15 août 1983, puis le 28 novembre 1983.

 6° Il faut faire acte de dévotion envers Marie, …concrétisée notamment par une récitation régulière et sincère du chapelet et en particulier le chapelet des sept douleurs*. La voyante Marie Claire Mukangango dit avoir reçu des révélations au sujet de ce chapelet. La Vierge aime ce chapelet. Connu autrefois, celui-ci était tombé dans l’oubli. Notre-Dame de Kibeho désire qu’il soit remis en honneur et répandu dans l’Eglise. (Mais le Chapelet des Douleurs ne supplante pas le Rosaire).  Marie associe une fois de plus la prière et le sacrifice à la capacité des hommes à recevoir la grâce de l’Esprit qui leur permettra de surmonter les tribulations du monde. 

Le titre de chapelet des sept douleurs souligne l’association de la Vierge à la souffrance de son fils et vient conforter sa demande à Ida Peerdeman, à Amsterdam, à être reconnue comme co-rédemptrice.

 7° La Vierge désire qu’on lui construise une chapelle …en souvenir de son apparition à Kibeho. Ce thème remonte à l’apparition du 16 janvier 1982 à Alphonsine et revient à plusieurs reprises au cours de cette année-là, surtout chez Nathalie avec de nouveaux développements.

8° Marie lance également des appels à la conversion, à la prière, à l’humilité et à l’amour du prochain.

Notre Dame des sept douleurs

Notre-Dame des Douleurs (ou plus souvent : Notre-Dame des sept Douleurs), et invoquée en latin comme Beata Maria Virgo Perdolens, ou Mater Dolorosa, est l’un des nombreux titres par lesquels l’Église catholique vénère la Vierge Marie, mère de Jésus. Le titre souligne l’association de la mère à la souffrance de son fils. Les « sept douleurs » font référence aux événements, relatés dans les évangiles, qui firent souffrir la mère de Jésus dans la mesure où elle accompagnait son fils dans sa mission de Rédempteur.

Le mois de septembre est dédié à Notre-Dame des Douleurs qui est liturgiquement commémorée le 15 septembre. Le culte de la Mater Dolorosa apparaît officiellement en 1221, au Monastère de Schönau, en Allemagne. En 1239, dans le diocèse de Florence en Italie, l’Ordre des Servites de Marie (Ordo Servita), dont la spiritualité est très attachée à la Sainte Vierge, fixe la fête de Notre-Dame des douleurs au 15 septembre. Ce titre doit son nom aux sept Douleurs dites éprouvées par la Vierge Marie :La prophétie de Syméon sur l’Enfant Jésus. (Lc, 2, 34-35)

Les sept douleurs de la Vierge

La fuite de la Sainte Famille en Égypte. (Mat, 2, 13-21) La disparition de Jésus pendant trois jours au temple. (Lc, 2, 41-51) La rencontre de Marie et Jésus sur la via crucis. (Lc, 23, 27-31) Marie contemplant la souffrance et le décès de Jésus sur la Croix. (Jn, 19, 25-27) Marie accueille son fils mort dans ses bras lors de la Descente de croix. (Mat, 27, 57-59)Marie abandonne le corps de son fils lors de la mise au tombeau. (Jn, 19, 40-42)

Le chapelet des sept douleurs de la Vierge Marie

Ce chapelet, qui ne remplace pas le Rosaire, est connu depuis le XIV° et le XV° siècle. Il a été diffusé par les mystiques rhénans, les dominicains, les servites de Marie. Ce chapelet possède 59 grains, ou 52 grains et 7 médailles représentants les 7 douleurs de Marie à méditer. Voici comment réciter le chapelet des sept douleurs :
– Sur la médaille, on énonce le mystère, la douleur infligée à Marie.
– On récite ensuite un Notre-Père.
– Sur les sept grains qui suivent, on récite sept « Je vous salue Marie. »
– Après chaque « Je vous salue Marie », on récite l’invocation suivante : « Priez pour nous Vierge de douleurs, que nous soyons dignes des promesses de Jésus-Christ. »
– On termine le chapelet sur les trois grains isolés avec trois « Je vous Salue Marie « et un « Notre Père » sur la médaille principale.

Procession à Brooklyn à l’occasion de la fête de Notre-Dame des Douleurs.Par Rhododendrites — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=44300967

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Les témoins de l’épisode entendent la voyante parler français, anglais, kinyarwanda et d’autres langues inconnues.

Le 16 janvier 1982, Alphonsine aurait eu une vision d’un champ de fleurs très variées, plantées par la Vierge qui l’aurait invité à aller se promener ensemble à travers ce champ. A propos des fleurs rabougries ou fanées, la Vierge aurait déclaré : « Il y en a qui deviendraient luxuriantes si on leur donnait de l’eau. » Et la voyante de répondre sur le ton d’engagement personnel : O Mère, bien que chez nous il faille faire un bon bout de chemin pour aller puiser de l’eau, je ferai mon possible pour puiser de quoi les arroser ! Par la suite, s’instaura un rite de bénédiction avec l’eau bénite. L’eau bénite chasse le Démon, et surtout favorise la croissance des «fleurs», c’est-à-dire la croissance spirituelle des personnes. 

Le 20 mars 1982,Alphonsine fait un « voyage mystique ». Elle était comme plongée dans un sommeil très profond. Les autres avaient de sérieuses difficultés à la bouger, encore plus à la soulever ou à desserrer ses mains jointes. Cette lourdeur a beaucoup étonné. Alphonsine raconte : « J’ai entendu la sainte Vierge m’appeler, et j’ai répondu à son appel. […] Nous sommes parties et nous avons abouti à un endroit vraiment horrible : il y avait des gens d’un air lugubre, en train de se disputer et de se battre sans cesse.

Et puis nous avons continué à monter et nous sommes arrivés dans un autre endroit. Là, il faisait moins obscur mais horrible tout de même, jusqu’à un certain degré. Les gens n’avaient pas l’air aussi lugubres que les premiers, néanmoins, ils souffraient beaucoup tout en se tenant pieusement, avec les yeux tournés vers en-haut et pleins de tristesse. Enfin, continuant toujours à monter, nous sommes arrivés à un endroit magnifique, où il y avait une lumière excellente, mais comme celle que projette notre soleil habituel.

Alors je lui ai demandé comment s’appelait ce lieu-là, et Elle me répondit : « C’est la demeure de ceux qui ont un cœur de lumière. Là où les hommes souffrent mais se tiennent pieusement, avec les yeux tournés vers le haut, c’est chez ceux qui seront comptés parmi les Elus. Par contre, là où tu as vu des gens qui ne faisaient que se battre, il s’agit de ceux qui connaîtront éternellement des tourments, sans espérer obtenir le pardon.»

Entre temps, j’entendais continuellement de très belles voix lointaines qui chantaient, mais sans que je puisse voir de qui elles provenaient. […] Lui ayant demandé pourquoi elle m’avait emmené là, Elle me répondit : « Puisque tu as vu ces trois catégories, je peux espérer que tu feras ton possible pour attirer les hommes dans le bon chemin. De plus, je te les ai montrées afin que tu apprennes que la meilleure vie est celle qui viendra, après que l’homme aura quitté la terre.» D’autres apparitions ont suivi, notamment le 15.08.82, avec les autres voyantes.

Mgr Augustin MISAGO,Les apparitions de Kibeho au Rwanda,Facultés catholiques de Kinshasa, 1991, p. 21-38. 88-91 et 94-104. Extraits par F. Breynaert.

Au cours des visions, les trois jeunes filles ont reçu différents messages. Le 15 août 1982 les voyantes assistent à ce qui a été interprété comme la préfiguration de la tragédie de 1994 : la Vierge apparaît en larmes et les jeunes filles voient «un fleuve de sang, des personnes qui s’entretuent, des cadavres abandonnés sans sépulture, un arbre entièrement en feu, un gouffre béant, un monstre, des têtes décapitées.»

Alphonsine témoigne : « Alors que la Dame était en pleur, on vit alors un fleuve de sang, des personnes qui s’entretuent, des cadavres abandonnés sans sépulture, un arbre entièrement en feu, un gouffre béant, un monstre, des têtes décapitées ». Ces visions reviendront dans différentes apparitions, notamment à Nathalie. Pour l’Eglise catholique, se visions se sont avérées prophétiques au vu du génocide vécu au Rwanda en 1994. A Kibeho même, 11 000 personnes vont être massacrées, et pour la plupart dans l’église paroissiale. Marie Claire, la troisième présumée voyante, trouvera aussi la mort dans le génocide.

Autre fait extraordinaire : il est arrivé qu’il pleuve pendant les apparitions : la foule était mouillée mais pas le ou les voyantes ! 

Il y eut également des visions d’une grande hostie, et des visions du soleil dansant comme un disque. Cela s’est renouvelé au moins par 5 fois.

Au titre des faits supra-naturels, il faut noter les jeûnes, lorsque la Dame le leur demande pendant plusieurs semaines. Les jeunes filles ne vont recevoir que la communion pendant la messe et quelques fois un peu d’eau bénite. A ce sujet, il faut noter le jeûne extraordinaire de Nathalie pendant le Carême de 1983, suivi de très près par une équipe de médecins de l’Université Nationale du Rwanda.

Les apparitions aux trois voyantes s’accompagnent de phénomènes auxquels la science ne peut pas apporter d’explications. Notamment lorsque les jeunes filles sont en extase devant le soleil pendant plus d’une heure, sans que leur rétine ne soit brûlée. Or, ne pas manger ni boire sous le soleil provoque la mort au bout de six jours. Un autre phénomène qui reste mystérieux : au moment des extases, les jeunes voyantes prennent du poids et sont impossibles à soulever. Deux médecins de la commission médicale tenteront de soulever Alphonsine pendant une apparition, sans succès.

Eléments conformes aux autres apparitions 

La fin de l’extase se marquait généralement par une lourde chute.

Au moment des extases, élèves comme professeurs ont le droit de procéder à tout type de tests sur Alphonsine pour la mettre à l’épreuve et ainsi vérifier si elle est vraiment dans un état extatique. 

Un autre phénomène qui reste mystérieux : au moment des extases, les jeunes voyantes prennent du poids et sont impossibles à soulever.

La demande de construction d’une chapelle.

La pluie qui ne mouille pas

Le soleil tournoyant (comme à Fatima) 

L’appel à la prière et à la pénitence

Les visions ciel, de l’enfer et du purgatoire

L’incrédulité au récit des voyantes, au début.

Les Tests de vérification : piqures…

Les Appels à la conversion, à la prière, à l’humilité et à l’amour du prochain.

La Vierge parle dans la langue des voyants (es)

Eléments spécifiques

Les jours d’apparitions publiques, il n’y avait pratiquement pas d’extases en groupe et les trois voyantes ne les vivaient pas en même temps ; au contraire, elles avaient chacune des apparitions individuelles, pendant que les deux autres chantent des cantiques à la Vierge. 

Les voyantes pratiquaient le jeûne de 8, 14 ou 15 jours sans manger et sans boire, surveillées attentivement par les médecins. Malgré cela, certaines fonctions de l’organisme continuaient normalement. Elles récupéraient leurs poids normal dans un temps de 2 jours. 

Parmi les aspects qui marquent la spécificité des apparitions de Kibeho : « le chapelet des Sept Douleurs de la Vierge Marie ». Le 15 août et le 28 novembre 1983, l’apparition demande à Alphonsine que la chapelle à construire porte le nom de « Sanctuaire de Notre-Dame des Douleurs ».

Le 2 décembre, la Vierge aurait enseigné à Alphonsine un beau chant jamais entendu, et puis un chant de danse. Le chant et la danse deviendront peu à peu une des caractéristiques de phénomènes de Kibeho.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Le 1er janvier 1988, l’archevêque de Kigali consacre le Rwanda à la Vierge et confie une commission d’enquête au père Augustin Misago, supérieur du séminaire de Butaré, entouré des théologiens de cette institution. Ses conclusions sont positives. Après une enquête confiée au père Augustin Misago par l’archevêque de Kigali, Mgr Vincent Nsengiyumva, le culte public est autorisé le 15 août 1988 par l’évêque de Butaré, Mgr Jean-Baptiste Gahamanyi. Les apparitions ont été reconnues officiellement le 29 juin 2001. 

Les travaux des deux commissions ont été clôturés vingt ans après leur création. Les conclusions des commissions ont montré que des huit présumés voyants ayant fait l’objet de l’enquête approfondie, trois seulement présentaient les critères de crédibilité et confiance en ce qui concerne les apparitions de Kibeho. C’est dans ce sens que, le 29 juin 2001, Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro, en accord avec les membres des deux commissions et avec le Magistère de l’Eglise universelle à Rome et en accord avec la Conférence Episcopale du Rwanda, a prononcé sa déclaration portant jugement définitif sur les faits dits apparitions de Kibeho.

Dans cette déclaration, l’Evêque de Gikongoro spécifie sans détour : «Oui, la Vierge Marie est apparue à Kibeho dans la journée du 28 novembre 1981 et au cours des mois qui ont suivi. Il y a plus de bonnes raisons d’y croire que de le nier. A cet égard, seules les trois voyantes du début méritent d’être retenues comme authentiques : il s’agit d’Alphonsine Mumureke, Nathalie Mukamazimpaka et Marie Claire Mukangango. La Vierge s’est manifestée à elles sous le vocable de « Nyina wa Jambo », c’est-à-dire « Mère du Verbe » : ce qui est synonyme de « Umubyeyi w’Imana », c’est-à-dire « Mère de Dieu », comme Elle l’a expliqué.

Ces voyantes de Marie disent la voir tantôt les mains jointes, tantôt les bras étendus. « Plusieurs motifs justifient le choix des trois voyantes maintenant reconnues. Ces voyantes, dont le lien historique qui les unit entre elles est bien établi, ont occupé seules la scène durant plusieurs mois, au moins jusqu’en juin 1982. Mais, par-dessus tout, c’est Alphonsine, Nathalie et Marie Claire qui répondent avec satisfaction aux critères établis par l’Eglise en matière d’apparition et de révélations privées.

Par contre, l’évolution des présumés voyants postérieurs dissuade l’autorité de l’Eglise de les proposer aux fidèles comme une référence. Une autre raison sur laquelle s’est appuyée l’Eglise pour reconnaître les trois voyantes comme authentiques, c’est que leur message rejoint avec satisfaction les Saintes Ecritures et la Tradition vivante de l’Eglise.

L’Evêque de Gikongoro poursuit son argumentation en ces termes : « Dans l’appréciation des faits et des messages, seules les apparitions publiques sont à prendre en considération. Sont publiques les apparitions qui ont eu lieu en présence de plusieurs témoins, ce qui ne veut pas dire nécessairement une foule. Le temps fort de ces apparitions s’est terminé avec l’année 1983.

Tout le reste qui s’est dit ou fait après cette date à Kibeho n’a en vérité apporté rien de nouveau par rapport à ce qui était déjà connu auparavant, que ce soit au point de vue des messages ou des signes de crédibilité. Même dans le cas d’Alphonsine qui a pourtant continué d’attirer du monde jusqu’à la fin de ses apparitions».

En dehors des raisons ci-dessus reprises, il existe aussi des signes de crédibilité qui ont fait retenir les trois voyantes. Parmi ces signes, on peut retenir les suivants :

1) la bonne santé mentale, l’équilibre humain, la lucidité et la sincérité des voyantes attestés par les conclusions de la commission des médecins, comprenant un psychiatre ;

 2) le climat vraiment pieux et sincère dans lequel se sont déroulés ces événements ;

 3) une absence de recherche du sensationnel chez les voyantes : ce qui peut signifier que les apparitions ne se produisaient pas de façon automatique ou bien téléguidée ;

 4) la non-contradiction des voyantes quant aux messages et aux comportements ;

 5) la réalité des extases qui n’ont rien de maladif ou d’hystérique, après les différents tests et examens effectués par les commissions ;

 6) le naturel, la cohérence et la simplicité des «dialogues » avec l’apparition ;

 7) le fait que certaines paroles qui ont été dites manifestaient un niveau supérieur à la culture et à la formation religieuse des personnes qui les ont dites ;

 8) le phénomène de « voyages mystiques » pour Alphonsine d’abord (le 26 mars 1982) et pour Nathalie ensuite (le 30 octobre 1982) ;

 9) la journée du 15 août 1982 qui fut marquée, notamment, contre toute attente, par des visions effroyables qui, dans la suite, se sont avérées prophétiques au vu des drames humains vécus au Rwanda et dans l’ensemble des pays de notre région des Grands Lacs ces dernières années;

10) Le jeûne extraordinaire de Nathalie pendant le Carême de 1983, rigoureusement surveillé par la commission médicale dont les membres n’étaient pas tous des catholiques ni des catholiques pratiquants ;

 11) mais surtout le message de Kibeho dont le contenu reste cohérent, pertinent et orthodoxe ;

 12) les fruits spirituels déjà suscités par ces événements à travers le pays et même à l’étranger.

Sanctuaire (s)

A Kibeho il y a une chapelle dite des apparitions. En effet, le 20/11/1993, soit un an après la pose de la première pierre pour le sanctuaire de Kibeho, l’évêque a béni et inauguré une chapelle provisoire, aménagée par le diocèse dans un des dortoirs des élèves de l’école, surnommée le « dortoir des apparitions ». Depuis 2007 ce lieu a été transformé et désormais érigée en lieu de pèlerinage.

France / 8 au 14 Décembre 1947 / Notre Dame de la prière

I – Généralités

Pays de l’apparition

France 

Site 

L’Île-Bouchard est située à une quarantaine de kilomètres au sud de Tours, une quinzaine au sud d’Azay-le-Rideau et à nouveau une quinzaine à l’est de Chinon, sur les deux rives de la Vienne, au cœur du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine. La commune englobe les deux rives de la Vienne. Elle dispose à cet endroit d’une ile stable utilisée depuis toujours pour le passage par des ponts bien ancrés avec rive gauche Saint-Maurice et rive droite Saint-Gilles. L’Ile-Bouchard, dans le Cartulaire de l’abbaye de Noyers, est désigné en 1189 sous le nom d’Insula Buchardi. Sur cette île des vestiges romains ont été identifiés. 

Vue sur la Vienne depuis l’île
Par Cramt — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=30816161

Un seigneur nommé Bouchard jeta les fondations d’un «castrum» dans l’île en 885. Il dirigea entre autres une expédition chargée de ramener en Touraine les reliques de saint Martin qui se trouvaient en l’église d’Auxerre. Les successeurs de cette seigneurie Bouchard sont nombreux au cours des siècles. En 1415 lors de la bataille d’Azincourt, le seigneur de l’Ile Bouchard fait partie des chevaliers morts au combat. En 1832, l’actuelle commune de L’Île-Bouchard est créée par la fusion des communes de Saint-Gilles-de-l’Île-Bouchard et de Saint-Maurice-de-l’Île-Bouchard.

Désignation  

Notre Dame de la prière 

Commentaire : au fil des apparitions, on ne peut qu’être frappés par l’insistance de la Vierge à réclamer notre prière assidue. Une évidence s’impose : la prière est le premier moyen du salut ! Rappelons nous les paroles du « Je confesse à Dieu » : « je reconnais que j’ai péché….c’est pourquoi je supplie la vierge marie, les anges et les saints de prier pour moile Seigneur Dieu », et celles du «  Je vous salue Marie » : «  Je vous salue Marie »……priez pour moi maintenant et à l’heure de notre mort. » Marie mérite vraiment le titre de « mère de miséricorde ». 

Contexte historique

Le 8 décembre 1947, fête de l’Immaculée conception, la France victorieuse traverse une grave crise interne. De Gaulle a démissionné du gouvernement. Les communistes (qui ont été résistants) restent en bonne place. C’est la grève générale, la multiplication des sabotages, l’affrontement avec la police , un climat de grèves, de sabotages, d’affrontements meurtriers, d’attentats et d’épreuves de force ; un projet d’un putsch communiste analogue à celui qui a réussi en tant d’autres pays, faisait alors craindre le pire : la guerre civile.

Dans la nuit du 7 au 8 décembre, le Président du Conseil, Jules Moch, alors responsable du gouvernement, marchait de long en large dans son bureau, ne sachant plus comment limiter les dégâts. Or, c’est dans cette nuit que les premiers signes d’apaisement commencèrent. A l’aube de la fête de Notre-Dame, durant laquelle eurent lieu les funérailles du Maréchal Leclerc*, et la première apparition, le reflux des forces communistes commença. 

* Le 28 Novembre précédent, le maréchal Leclerc est mort d’un accident d’avion ; il fut enterré le 8 Décembre, date de la première apparition. 

II – Le ou les voyants (es)

Les 4 voyantes

Laura Croizon a été mariée et a eu des enfants. Elle est décédée la veille de Noël 1999, des suites d’un diabète.

Jeannette Aubry, célibataire, a exercé la profession d’ambulancière à Paris avant de travailler dans l’informatique. Elle est décédée le 2 décembre 2011, à la suite d’un cancer.

Nicole Robin est mariée et grand-mère. Elle est toujours vivante et habite en Maine et Loire. La dernière vivante des quatre fillettes des événements de 1947 a été rappelée à Dieu le 21 novembre 2018, en la fête de la présentation de la Vierge Marie. Elle a vécu discrètement et est partie tout aussi discrètement. La sépulture a eu lieu le 23 novembre, dans la région de Saumur.

Jacqueline Aubry, est la fille de Marcel Aubry et Madeleine Robin, mariés en 1928 et propriétaires d’une pâtisserie dans la rue Gambetta, à L’Île-Bouchard. Jacqueline a un frère aîné, Jacques (19331997) et une sœur, Jeannette (19402011). M. et MmeAubry ne pratiquent pas, mais ils mettent leurs filles à l’école primaire tenue par les Sœurs de Jeanne Delanoue, rue de Beauvais, ainsi qu’au catéchisme de la paroisse. Jacqueline obtient son certificat d’étude en 1949

Du 8 au 14 décembre 1947, alors âgée de 12 ans, Jacqueline aurait été témoin, avec sa sœur Jeanne Aubry, sa cousine Nicole Robin et une voisine, Laura Croizon (morte en 1999), de dix apparitions de la Vierge Marie et de l’ange Gabriel en l’église Saint-Gillesde L’Île-Bouchard. Celle-ci leur aurait demandé de prier pour la France, les familles, les vocations et les pécheurs, et de faire construire une grotte – qui deviendra par la suite le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Prière. 

À la suite des apparitions, Jacqueline, alors malvoyante, est guérie de façon inexpliquée. Marcel Aubry meurt d’un cancer en 1951. La mère de Jacqueline, après avoir mis la pâtisserie en location, s’installe à Tours avec ses enfants. Jacqueline travaille quelque temps dans une boutique d’objets d’art puis, grâce à une religieuse qui aide sa famille, elle prépare le brevet élémentaire et devient institutrice. Elle enseigne alors à l’Institut Saint-Saturnin, rue des Tanneurs, puis à l’école Sainte-Agnès, à Notre-Dame La Riche (Tours). Ses dons pédagogiques lui vaudront une appréciation élogieuse de l’inspecteur. Très aimée des enfants, elle éveille chez plusieurs d’entre eux une vocation sacerdotale ou religieuse. 

À la suite de problèmes de santé, elle prend sa retraite en 1992 et revient habiter L’Île-Bouchard. En 1998, elle entre dans la Communauté de l’Emmanuel. Jacqueline Aubry meurt à 80 ans le 15 mars 2016, à l’hôpital Sainte-Jeanne-d’Arc de Saint-Benoît-la-Forêt, après quelques mois passés dans une maison de retraite, à Chinon. Ses obsèques sont célébrées le 19 mars suivant (solennité de Saint-Joseph) par Mgr Bernard-Nicolas Aubertin(archevêque de Tours) en l’église Saint-Gilles en présence de Mgr Yves Le Saux, évêque du Mans, Mgr Albert-Marie de Monléon, évêque émérite de Meaux, et de dom Jean Pateau et dom Antoine Forgeot, Pères Abbés de Fontgombault

Par grâce, comme elle le disait elle-même, à chaque fois qu’elle donnait le récit des apparitions, elle les revivait, tant les rencontres restaient gravées dans son cœur, dans son âme…. La simplicité et l’humilité de Jacqueline saisissaient les participants. A la fin du récit, elle concluait par le « signe de croix de la Sainte Vierge », lent et priant, qui laissait l’assistance dans le recueillement tandis que Jacqueline s’effaçait. De la souffrance de la croix elle disait : « C’est une belle souffrance car une souffrance offerte ». Cette souffrance offerte résume aussi la vocation de Jacqueline. Elle sait de quoi elle parle : pendant 10 ans, Jacqueline, a été l’objet de sévices qui ont détruit sa santé. Il a fallu 10 ans pour qu’un prêtre ami alerte la police en haut lieu et mette fin à ces horreurs, où des prêtres étaient mêlés.

Jacqueline Aubry en 2014

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Ce lundi 8 décembre 1947, vers 12 h 50, Jacqueline Aubry, 12 ans, et sa soeur Jeannette, 7 ans, partent pour l’école, après le déjeuner familial, c’est la première apparition.

Nombre et durée des apparitions

L’apparition du premier jour a duré 8 à 10 minutes. 10 apparitions de la Vierge Marie et de l’ange Gabriel en l’église Saint-Gilles de L’Île-Bouchard se dérouleront  du 8 au 14 décembre 1947. L’apparition du 14 Décembre sera la plus longue : 35 minutes.

Emplacement des apparitions

L’église saint Gilles 
Par Peter Potrowl — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20357316

Récit 

Lundi 8 décembre 1947 : fête de l’Immaculée conception

1ère apparition (un peu avant 13h) 

Jacqueline Aubry, 12 ans, Jeanne Aubry sa soeur, 7 ans, et Nicole Robin, 10 ans, vont prier à l’église sur le chemin de l’école, un peu avant 13 heures, la classe reprenant à 13h30. Pour cette fête de l’Immaculée Conception les Soeurs qui font la classe avaient recommandé aux enfants de prier tout spécialement la Sainte Vierge. Les 3 enfants entrent dans l’église et dans la nef du bas-côté gauche disent un « Je vous salue Marie » devant la statue de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Elles vont ensuite s’agenouiller devant l’autel de la Sainte Vierge et commencent à réciter une dizaine de chapelet. 

Or, voilà qu’elles voient la Sainte Vierge avec à son côté un ange qui la contemple, un genou plié à terre. Les 3 enfants se précipitent dehors pour inviter d’autres enfants à venir : deux suivent dont Laura Croizon, 8 ans, qui verra aussi « la belle Dame ». La Dame sourit aux enfants mais ne dit rien. Les fillettes récitent une dizaine de chapelet suivie de trois invocations : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Après quelques minutes la Dame et l’Ange disparaissent. 

Le sanctuaire de Notre Dame de la prière
Par Peter Potrowl — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20357346

Interrogées séparément par le Chanoine Ségelle, curé de la Paroisse, et soeur Saint-Léon directrice, les fillettes font un récit identique. Jacqueline raconte : «J’ai vu une belle Dame, vêtue d’une robe blanche, ceinture bleue, voile blanc légèrement brodé autour. Le voile reposait sur le front. Les pieds de la Dame étaient nus et apparents et reposaient sur une large pierre rectangulaire formant le bas de la grotte dans laquelle elle nous est apparue. A son bras droit était passé un chapelet aux grains blancs montés sur une chaîne d’or. Les cheveux étaient blonds et longs et retombaient sur le devant, de chaque côté, en formant deux anglaises.

La ceinture bleue était un large ruban et les manches de la robe étaient vagues. A ses pieds, cinq roses lumineuses formaient une guirlande en forme de demi-cercle qui se terminait par deux feuilles vertes reposant sur les deux extrémités de la pierre. Sous les pieds, on lisait l’invocation : «O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » L’ange se tenait sur une pierre plate de même couleur que la grotte mais en dehors d’elle, le genou droit à terre, à peu de distance de la Dame, et à sa droite. Il était vêtu d’une robe blanche et avait des ailes blanches aux bords dorés. Il tenait à la main droite un lys blanc et l’autre main reposait sur sa poitrine. Les cheveux étaient blonds en forme d’anglaises. »

2)  2ème apparition (13h50.)

La Belle Dame parle : Dites aux petits enfants de prier pour la France… (courte pause), car elle en a grand besoin. 
– Madame, est-ce que vous êtes notre Maman du Ciel? 
– Oui, je suis votre Maman du Ciel. 
– Quel est l’ange qui vous accompagne? 
L’ange dit : « Je suis l’ange Gabriel ». La Sainte Vierge reprend : 
– Donnez-moi votre main à embrasser. Revenez ce soir à 5 heures et demain à 1 heure.

3) 3ème apparition  (17H)

En cette fête de l’Immaculée Conception, les fidèles sont rassemblés pour le Chapelet paroissial et le Salut du Saint-Sacrement. Jacqueline est la seule des 4 fillettes. Elle verra la Sainte Vierge pendant la 5e dizaine de chapelet. La Vierge Marie ne dit rien, et disparaît lorsque Monsieur le Curé apporte le Saint-Sacrement et bénit l’assemblée, puis elle reparaît après la bénédiction. 

4) 4ème apparition  (Mardi 9 décembre : 13H)

Jacqueline : Madame, est-ce que je peux faire entrer mes amies? 
La Vierge : oui, mais elles ne me verront pas. Embrassez la croix de mon chapelet. Puis la Sainte Vierge fait sur elle-même le signe de la croix avec une impressionnante lenteur. 
– Je vais vous dire un secret que vous pourrez redire dans trois jours: priez pour la France qui, ces jours-ci, est en grand danger. 
– Allez dire à Monsieur le Curé de venir ici à 2 heures, d’amener les enfants et la foule pour prier. Commencez le « Je vous salue Marie ». 
Les enfants récitent une dizaine de chapelet. La Dame sourit et dit : 
– Dites à Monsieur le Curé de construire une grotte, le plus tôt possible, là où je suis; d’y placer ma statue et celle de l’ange à côté. Lorsqu’elle sera faite, je la bénirai. Revenez à 2 heures et à 5 heures.

5) 5ème apparition (17H)

A 14 heures elles restent en classe obéissant à un ordre de Monsieur le Curé. A 17 heures elles sont au rendez-vous. La Dame : chantez le « Je vous salue Marie », ce cantique que j’aime bien. Dites à la foule de s’approcher pour réciter une dizaine de chapelet. 
A la fin du chapelet c’est la Dame elle-même qui énonce trois fois :« O Marie conçue sans péché.«  et on entend les enfants répondre : « priez pour nous qui avons recours à vous. » Jacqueline : 
– Madame, viendrez-vous encore demain? 
– Oui, revenez tous les jours à 1 heure, je vous dirai quand tout sera fini. 
Puis la Sainte Vierge bénit l’assistance par un majestueux signe de croix. 
 

La nef de l’église saint Gilles de l’Île Bouchard
Par Peter Potrowl — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20357331

6) 6ème apparition (Mercredi 10 décembre 13H)

La foule est plus nombreuse.  La Vierge : chantez le « Je vous salue Marie ». 
Pendant que la dizaine se termine par un « Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit… », la Sainte Vierge s’incline respectueusement. 
– Baisez ma main 
Nicole interroge : 
– En quoi faudra-t-il faire la grotte que vous avez demandée hier? 
Réponse de la Dame : 
– En papier pour commencer. 
Jacqueline : Madame, voulez-vous bien faire un miracle pour que tout le monde croie? 
– Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles mais pour vous demander de prier pour la France. Mais demain vous y verrez clair et vous ne porterez plus de lunettes. Je vais vous confier un secret que vous ne direz à personne. Promettez-moi de le garder. 
Les enfants : nous le promettons. 
– Revenez me voir demain à la même heure. 

7) 7ème apparition (Jeudi 11 Décembre 13H)

Au réveil Madame Aubry constate que sa fille Jacqueline est guérie : il n’y a plus les croutes de sa conjonctivite rebelle depuis 2 ans, ni trace de sa myopie. Elle n’a plus besoin de lunettes. Monsieur le Curé est présent.  La Vierge : Chantez le « Je vous salue Marie ». Priez-vous pour les pécheurs? 
– Oui, Madame. 
Récitation d’une dizaine de chapelet. Jacqueline pose les questions préparées par Monsieur le Curé et Soeur Saint-Léon : 
– D’où nous vient cet honneur que vous veniez en l’église Saint-Gilles? 
– C’est parce qu’il y a ici des personnes pieuses et que Jeanne Delanoue y est passée. 
– Est-ce en souvenir de Jeanne Delanoue qui vous aimait tant et qui aimait tant vous prier à Notre Dame des Ardilliers… ?
– Oui, je le sais très bien, interrompt la Sainte Vierge. Et qui est venue elle-même établir ses filles ici, achève Jacqueline? 
– Combien y a-t-il de soeurs ici? 
– Elles sont trois, répond Jacqueline. 
– Quel est le nom de leur fondatrice? 
– Jeanne Delanoue. 
– Madame, voulez-vous bien guérir ceux qui ont des maladies nerveuses et des rhumatismes? 
– Il y aura du bonheur dans les familles. Voulez-vous chanter maintenant le « Je vous salue Marie »? 
– Nous le voulons bien. 
Après le chant, la Dame demande : 
– Est-ce que Monsieur le Curé va construire la grotte? 
– Oui, Madame, nous vous le promettons. 
– Revenez demain à 1 heure. 
– Oui, Madame, nous reviendrons demain. 

8) 8ème apparition (Vendredi 12 décembre, 13H)

La Vierge : Chantez le « Je vous salue Marie ». 
A la fin de la dizaine de chapelets, la Sainte Vierge commence elle-même trois fois l’invocation « O Marie conçue sans péché… » et les 4 petites terminent. 
– Rechantez le « Je vous salue Marie ». 
– Oui, Madame. 
Jacqueline qui a du mal à entendre : comment? 
– Voulez-vous bien rechanter le « Je vous salue Marie ». 
– Nous le voulons bien. 
– Baisez ma main. 
Aujourd’hui les enfants lisent bien sur la poitrine de la Dame, dont la tête est auréolée d’un arc-en-ciel lumineux, le mot MAGNIFICAT. 
– Priez-vous pour les pécheurs? 
– Oui, Madame nous prions. 
– Bien, surtout priez beaucoup pour les pécheurs. Une dizaine de chapelet. Et les trois invocations. 
Jacqueline en faveur d’une jeune fille paralysée : 
– Madame, voulez-vous guérir cette jeune fille? 
– Si je ne la guéris pas ici, je la guérirai ailleurs. 
– Oh! Madame, voulez-vous guérir une personne très pieuse? 
– Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles mais pour que vous priiez pour la France. 
Puis la Vierge bénit la foule et disparaît avec l’ange. 

9) 9ème apparition (Samedi 13 décembre, 13H)

« Chantez le« Je vous salue Marie« demande la Belle Dame. 
puis « Commencez par le « Je vous salue Marie ». 
– Oui, Madame. 
Une dizaine de chapelet. A la fin la Sainte Vierge commence elle-même trois fois l’invocation « O Marie conçue sans péché… » et les 4 petites terminent. 
Jacqueline présente un bouquet d’oeillets roses : 
– Madame, voici des fleurs. 
La Sainte Vierge bénit les fleurs. 2e dizaine suivie de la triple invocation. 3e dizaine. Jacqueline : 
– Madame, faites donc un miracle ! : « Plus tard » ;. répond la Dame. 4e dizaine. 
Nicole : 
– Madame, quand on fera la grotte, faudra-t-il laisser l’autel à côté? 
 » Oui, laissez l’autel à côté. » 
5e dizaine. 
 » Je reviendrai demain pour la dernière fois. » 

10) 10ème apparition (Dimanche 14 décembre, 13H)

La foule est rassemblée dans l’église. La Vierge dit : Chantez le « Je vous salue Marie ». Récitez une dizaine de chapelet. 
Les enfants terminent aujourd’hui cette dizaine (c’est la 2e occasion) par un « Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit… », la Sainte Vierge s’incline respectueusement. « O Marie conçue sans péché… » et trois fois la foule répond. Il y aura 5 dizaines, comme hier, un chapelet complet. 
Jacqueline et Nicole lisent une demande de monsieur le Curé: 
– Madame, nous vous demandons de bénir Monseigneur l’Archevêque, ses 25 années d’épiscopat, Monseigneur l’Evêque de Blois, les deux paroisses, les écoles libres, la Mission du Carême, les prêtres du Doyenné, et de donner des prêtres à la Touraine. 
La Dame accueille par une inclination souriante de la tête. 
– Oh ! Merci, s’exclament les enfants. 
Jacqueline et les petites offrent des bouquets de fleurs à la Sainte Vierge 
– Madame, je vous offre des fleurs. Prenez-les ! Embrassez-les. 
Sourire de la Dame qui répond : 
 » Je les embrasserai, mais je ne veux pas les prendre. Vous les emporterez. » 
Jacqueline : Merci, Madame. Chant du « Je vous salue Marie ». 
Jacqueline lit une demande préparée par soeur Marie de l’Enfant Jésus : 
– Madame, que faut-il faire pour consoler Notre-Seigneur de la peine que lui font les pécheurs? 
« Il faut prier et faire des sacrifices. Continuez le chapelet. » 
Celui-ci terminé, Jacqueline dit : 
– Madame, je vous en prie, faites une preuve de votre présence. 
 » Avant de partir, j’enverrai un vif rayon de soleil. Dites à la foule qu’elle chante le Magnificat. » 

– Oui, Madame, nous allons le chanter. 
Monsieur le Curé entonne le Magnificat suivi par la foule. 
« Priez-vous pour les pécheurs? »  
– Oui, Madame, nous prions. 
 » Récitez une dizaine de chapelet, les bras en croix, » demande la Vierge. 
La Sainte Vierge bénit l’assemblée et demande pour la 3ème fois : 
 » Allez-vous construire une grotte? »  
– Oui, oui, nous allons la construire. 
La Sainte Vierge prononce trois fois l’invocation « O Marie conçue sans péché…«  et les 4 petites terminent « …priez pour nous qui avons recours à vous. » 

Et voici que le « vif rayon de soleil » promis, illumine pendant 3 à 4 minutes l’angle de l’église à l’autel de la Sainte Vierge où se sont déroulées les événements. 


– Faut s’en aller,dit Jacqueline, Elle a dit qu’elle enverrait un rayon de soleil avant de partir. 
Le temps était maussade, le ciel bas, et ce rayon de soleil a été perçu par les habitants des campagnes environnantes. 
 

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Elle a sur la tête un voile blanc, qui laisse voir quelques cheveux blonds. Sa robe blanche bordée d’or est serrée par une ceinture bleu ciel dont les deux pans étalés descendent jusqu’à hauteur du genou. Elle a les mains jointes. De jolies mains aux doigts longs et fins. Au bras, un chapelet à gros grains très blancs, avec chaîne d’or. Elle est environnée de lumière. 

Elle apparaît dans une petite grotte. Ses pieds sont posés sur une grosse pierre rectangulaire. Devant elle, des roses. A sa droite, un peu plus bas, un ange au regard bleu, avec des ailes « couleur de lumière ». Le rocher qui porte les deux personnages ne touche pas le sol. Un ensemble merveilleusement beau et lumineux. 

Le 12 Décembre,cette fois, la Vierge a une auréole qui scintille derrière sa tête. Jacqueline raconte : « J’ai vu une belle Dame, vêtue d’une robe blanche, ceinture bleue, voile blanc légèrement brodé autour. Le voile reposait sur le front. Les pieds de la Dame étaient nus et apparents et reposaient sur une large pierre rectangulaire formant le bas de la grotte dans laquelle elle nous est apparue. A son bras droit était passé un chapelet aux grains blancs montés sur une chaîne d’or.

Les cheveux étaient blonds et longs et retombaient sur le devant, de chaque côté, en formant deux anglaises. La ceinture bleue était un large ruban et les manches de la robe étaient vagues. A ses pieds, cinq roses, lumineuses, formaient une guirlande en forme de demi-cercle qui se terminait par deux feuilles vertes reposant sur les deux extrémités de la pierre. Sous les pieds, on lisait l’invocation : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».  A l’une des apparitions, les enfants lisent bien sur la poitrine de la Dame, dont la tête est auréolée d’un arc-en-ciel lumineux, le mot MAGNIFICAT. 

L’ange se tenait sur une pierre plate de même couleur que la grotte mais en dehors d’elle, le genou droit à terre, à peu de distance de la Dame, et à sa droite. Il était vêtu d’une robe blanche et avait des ailes blanches aux bords dorés. Il tenait à la main droite un lys blanc et l’autre main reposait sur sa poitrine. Les cheveux étaient blonds en forme d’anglaises. »

Ange à genoux

Attitudes de la Vierge

La Vierge leur sourit.

La Dame fait glisser les grains blancs du chapelet, mais on n’entend pas sa voix. 

Le visage de la Vierge est voilé de tristesse. 

La Vierge baisse le bras vers les enfants : « Donnez-moi votre main à embrasser ». Laura et Jeannette sont trop petites. Jacqueline les soulève sans aucun effort. Les quatre enfants ont senti le doux contact et la tiédeur des lèvres de Notre-Dame.

De l’index droit, la Vierge lui fait signe d’approcher. La Vierge disparaît au moment où la clochette annonce l’arrivée du Saint Sacrement

La Dame et l’ange réapparaissent alors, dans la lumière.

Notre-Dame bénit l’assistance d’un grand signe de croix.

La Vierge invite les voyantes à embrasser la croix de son chapelet.

Chantez le « Je vous salue Marie », leur demande la Vierge, qui les invite à faire réciter à tous une dizaine de chapelet.

Humour : Comment faire cette grotte? En papier pour commencer ! 

Le 12 Décembre, Elle leur fait chanter et rechanter le « Je vous salue Marie », de manière lente et douce, leur fait baiser sa main.

A propos des fleurs que lui tendent les enfants : Je les embrasserai, mais je ne veux pas les prendre. Vous les   emporterez. Jacqueline lui présente tour à tour les quatre bouquets à embrasser.

Puis, elle fait réciter une dizaine, les bras en croix, par toute la foule. 

Notre-Dame bénit l’assistance d’un grand signe de croix.

Messages de la Vierge  

La Vierge invite pas moins de 11 fois à la prière récitée ou chantée, d’où son appellation de  » Notre Dame de la prière ». 

Elle mentionne le fait qu’elle est bien conçue sans péché, l’Immaculée conception. 

En demandant de prier pour la France, Marie marque son attachement à la « fille aînée de l’Eglise * » 

Fils aîné de l’Église est un titre qui fut systématiquement porté par les rois de France à partir de Charles VIII, en référence au baptême de Clovis, premier roi baptisé dans la foi de Nicée. La formule fut appliquée ensuite au royaume de France au XVIe siècle puis à la France au XIXe siècle. L’expression « France, fille aînée de l’Église » est attestée pour la première fois lors du « Discours sur la vocation de la nation française », prononcé le 14 février 1841 par le père dominicain Henri-Dominique Lacordaire dans la Cathédrale Notre-Dame de Paris, évoquant le lien entre le comte de Marnes alors en exil et sa filiation avec l’Église. Le titre de Fils aîné de l’Église peut être comparé à celui de Très chrétien, également spécifique au roi de France.

En rappelant que Jeanne Delanoue*  a implanté ici une congrégation des sœurs, et qu’il faut prier pour la France, Marie signifie qu’elle s’inscrit dans l’histoire humaine et dans l’histoire chrétienne de la France.  

Sainte Jeanne Delanoue ( 1666 – 1736) 
Par Vatican — http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_19821031_delanoue_photo.html, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3749275

Jeanne Delanoue (Saumur18 juin 1666 – Saumur17 août 1736) est une religieuse française fondatrice des servantes des pauvres et reconnue sainte par l’Église catholique. En 1864, le siège de la Congrégation s’installe à Saint-Hilaire-Saint-Florent. Le 2 décembre 1956, trois sœurs partent pour Madagascar pour bâtir une première fondation. Trois sœurs sont présentes à L’Île-Bouchard en 1947 où, quelques semaines après la béatification de la fondatrice, la Vierge Marie serait apparue à quatre fillettes. Le 3 décembre 1964, la Congrégation change de nom pour prendre celui de « Servantes des Pauvres de Jeanne Delanoue », en hommage à sa fondatrice. Un Lycée porte son nom à Cholet.

En faisant baiser la croix et le chapelet, en se laissant baiser la main, en baisant elle-même la main des enfants, Marie montre son côté simple et sensible, maternel et chaleureux.  

En demandant des nouvelles de la construction de la grotte, la Vierge fait preuve certainement d’humour car elle sait que le temps écoulé est trop court et que son apparition fait encore débat. 

La Vierge fait aussi preuve d’un vrai caractère : non ! Elle ne fera pas de miracle spectaculaire comme à Fatima : juste un « vif » rayon de soleil, ou la guérison des yeux de Jacqueline ; elle n’emportera pas non plus les fleurs qu’on lui tend, mais les bénira, ou bien ne se montrera pas à tout le monde et fait réciter le chapelet à la foule.

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

La présence d’un ange : « à sa droite, un peu plus bas, un ange au regard bleu, avec des ailes « couleur de lumière ». Il parle et se présente comme l’ange Gabriel. Sans doute celui de L’Annonciation* 

La fête de l’Annonciation est habituellement célébrée le 25 mars. Célébrée depuis le milieu du VIIe siècle dans l’Église latine, c’est une fête importante pour les chrétiens puisqu’elle commémore l’annonce à Marie – communiquée par l’archange Gabriel – qu’elle serait la mère d’un enfant vraiment « unique » : « II sera grand et on l’appellera Fils du Très-Haut » (Luc 1,32).

Annonciation : vitrail de l’enfance à Charles
Par Micheletb — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=61359922

Eléments conformes aux autres apparitions 

La Vierge promet un miracle public, comme à Fatima* (rayon de soleil). 

On retrouve dans cette apparition quelques unes des constantes des apparitions mariales : l’appel à la prière et au sacrifice ; la prière pour les pécheurs, le secret confié à l’un des voyants ;  mais aussi les éléments visuels : la grotte, l’inscription sur une bannière, les roses, le rocher suspendu, une grande lumière non éblouissante.

À la suite des apparitions, Jacqueline, alors malvoyante, est guérie de façon inexpliquée. (voir Akita)

Rayon de soleil : malgré le temps couvert, un rayon de soleil pénètre effectivement dans la sombre église. Il part de la deuxième fenêtre du mur méridional, et vient éclairer les voyants et leurs bouquets. Cette douce lumière brillera 4 minutes environ. Son parcours ne répond pas à ce qu’eût été la direction normale d’un rayon du soleil en cette saison d’hiver.

Eléments spécifiques

La Vierge apparaît un 8 décembre, jour où l’église fête l’immaculée conception de la Vierge Marie. 

A sa droite, un peu plus bas, se tient un ange : pas n’importe lequel, il s’agit de l’archange Gabriel.

La Vierge fait un baiser aux enfants et se laisse baiser la main. 

Elle fait réciter une dizaine, les bras en croix, par toute la foule.  

Notre-Dame bénit l’assistance d’un grand signe de croix.

Lien avec d’autres apparitions 

Le lieu de l’Apparition n’a pas été choisi au hasard. A la question de savoir pourquoi la vierge a choisi d’apparaître à l’Île Bouchard, la Vierge répond que c’est parce qu’il y a ici des personnes pieuses et que Jeanne Delanoue y est passée. 

Coïncidence avec une révélation de la Vierge faite à la mystique Marthe Robin. 

Dune lettre du 21 septembre 1983, le Père Finet, guide spirituel de Marthe Robin*, qui avait des antennes, témoigne de son intuition d’alors : « Marthe a beaucoup prié, car elle était très douloureuse, constatant le progrès du communisme en France et redoutant les pires catastrophes. Le vendredi 12 décembre, après la Passion, Marthe m’a dit que la Sainte Vierge lui avait montré qu’en ce jour, elle avait arrêté le communisme, qui n’avait pu réaliser l’attaque que ses membres devaient faire contre le gouvernement et finalement contre la France, pour s’emparer avec violence du pouvoir.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, peu après, j’ai appris que la Sainte Vierge était apparue à l’Ile Bouchard ! Dès le 31 mai 1949, le curé Vivian, archiprêtre de Chinon, confirmait ce témoignage de Marthe Robin : bien qu’ignorant les faits de l’Ile Bouchard, elle a déclaré que « la Vierge aurait dit qu’elle était intervenue très spécialement le 8 décembre pour sauver la France d’un grand péril » (Anthonioz, p. 48).

Marthe Robin, née le 13 mars 1902 à Châteauneuf-de-Galaure et morte dans la même ville le 6 février 1981, Marthe Robin est une mystique catholique française, fondatrice des Foyers de Charité, connue pour des phénomènes tels que des visions religieuses, des stigmates et l’inédie* que lui attribuent divers témoins de son époque. Son dossier en vue d’une éventuelle béatification a été déposé auprès des autorités diocésaines en 1987 puis transmis au Saint-Siège en 1996. Le 6 mai 2010 a été signée à Rome, à la Congrégation pour les causes des saints, la « Positio », recueil élaboré à partir de tous les éléments recueillis visant à authentifier sa réputation de sainteté ; elle a abouti à la reconnaissance de « l’héroïcité des vertus » le 7 novembre 2014. Selon le père Bernard Peyrous, Marthe Robin a accompagné, à des degrés divers, la constitution de nombreuses communautés nouvelles et associations. 

Marthe Robin

L’inédie (parfois appelée respirianisme ou pranisme) désigne l’abstention totale de nourriture et de boisson, fondée sur la croyance qu’une personne pourrait vivre sans se nourrir (voire sans boire) pendant plusieurs semaines, mois ou années.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Le 8 décembre 2001André Vingt-Trois, alors archevêque de Tours, autorise par décret les pèlerinages et le culte public célébré à L’Île-Bouchard en l’honneur de « Notre-Dame de la Prière », au terme d’une enquête diocésaine de dix-huit mois. C’est aussi lui qui a composé, en 1999, la prière officielle à Notre-Dame de la Prière.

  • La prière officielle de l’Ile Bouchard :

Sainte Marie, Notre-Dame de la Prière, Tu as accueilli dans la foi le message de l’ange Gabriel et tu es devenue la Mère de Jésus, le Fils Unique de Dieu, Apprends-nous à prier pour grandir dans la foi. A la Visitation, tu as exulté de joie par le Magnificat, Apprends-nous à rendre grâce à Dieu. A Cana, tu as prié le Christ pour qu’Il donne le vin des noces, Apprends-nous à intercéder pour nos frères. Debout au pied de la Croix, tu as souffert avec Jésus par amour pour les pécheurs, Apprends-nous à accueillir la miséricorde du Père. A la Pentecôte, tu priais avec les Apôtres quand ils ont reçu la plénitude de l’Esprit-Saint, Apprends-nous à demander l’Esprit pour témoigner de l’Evangile. Tu es la Mère de l’Eglise et la Protectrice des Familles, Veille sur chacune de nos familles, Apprends-nous à nous aimer avec fidélité. Tu es la Mère de l’humanité et la Patronne de la France, ouvre notre pays aux dimensions universelles de l’amour de Dieu. Apprends-nous à servir avec générosité. O Marie conçue sans péché, Notre-Dame de la Prière, apprenez-nous à prier ! Le 8 décembre 1999 André VINGT-TROIS, Archevêque de Tours

Enquête en suspens

Cette apparition a été l’objet d’examens. Elle a de fervents partisans en Touraine. Mais elle n’a pas été reconnue ; elle est tenue dans l’ombre. Il y avait sans doute bien des raisons de l’étouffer. Personne n’étant très fier de ce qui s’était passé autour.. Ces dossiers ne pourront être ouverts que dans une décennie peut-être. Mais l’apparition n’a pour elle que de bons signes, même si l’on peut s’interroger, comme toujours en ces matières, sur la signification ou l’absence de signification de tel ou tel détail.

Le dialogue populaire de la Vierge avec ces enfants déroute souvent la sagesse des sages. Ce n’est pas forcément une objection. Les bons fruits, qui ont persisté, de manière discrète et tenace, malgré les dissuasions, mais toujours dans l’obéissance et le respect de l’Église, parlent aussi en faveur de l’apparition. Des prêtres et laïcs fervents soutiennent cet îlot de piété envers Notre-Dame. Le 40e anniversaire (1987) a été célébré avec ferveur. Le Docteur Anthonioz, Professeur à la Faculté de Médecine de Tours, a écrit un livre sur l’apparition (Marie apparaît à l’Ile Houchard, OEIL 1989); René Ehret, un autre : « 1947 l’année terrible. »

Qu’en penser ?

Un des arguments les plus convaincants, c’est Jacqueline Aubry elle-même. Elle a vécu, avec abandon et une générosité totale, une existence extraordinairement éprouvée. Sa voie fut, discrètement, comme celle du Christ et de bien des saints, celle d’une victime immolée. Après la fin des sévices extérieurs, elle connaît de terribles épreuves intérieures, dans un total silence : oublieuse d’elle-même, et abandonnée à Dieu.

Elle est discrète, mais vivante et active. Comme institutrice, elle rayonnait la prière et la faisait aimer à ses élèves. Quand sa santé ne lui permit plus de continuer, et qu’elle fut remplacée, les enfants dirent à sa remplaçante : « ma Soeur, vous oubliez la prière! » C’était devenu un moment important de leur vie. Malgré tout ce qu’elle a subi de traumatisant, les apparitions lui sont restées présentes. Elle en parle avec une joie simple qui transfigure son visage : elle les revit. Bien que sa vocation soit la nuit, c’est une nuit calme, patiente, parfaitement ouverte sur Dieu et sur les autres, discrètement rayonnante. Si elle n’a pas le punch et la vigueur défensive de Bernadette, elle lui ressemble dans son exemplaire modestie et simplicité. 

Après avoir quitté L’Île-Bouchard pendant toute sa carrière d’institutrice, qu’elle fit à Tours, Jacqueline Aubry était revenue à L’Île-Bouchard après sa retraite. Elle y assurait une double mission : celle d’une simple paroissienne, chargée notamment du fleurissement de l’église, et sa mission de témoignage. Atteinte de la maladie « à corps de Léwy », apparentée à la maladie d’Alzheimer, elle résidait depuis 2015 à Saint-Louans, une maison de retraite de Chinon, tenue par des religieuses augustines. Elle ne parlait plus elle-même en public depuis 2012, mais les pèlerins pouvaient toujours entendre son témoignage, diffusé en vidéo.

Après les décès de Jeannette Aubry en 2011 et de Laura Croizon en 1999, Nicole Robin était la seule voyante de L’Île-Bouchard encore vivante. Mariée et grand-mère, elle vivait dans la discrétion, dans la région d’Angers. Elle s’est présentée devant la commission d’enquête diocésaine en 2001, mais n’a jamais souhaité témoigner en public. Elle a été rappelée à Dieu le 21 novembre 2018, en la fête de la présentation de la Vierge Marie. Elle a vécu discrètement et est partie tout aussi discrètement. La sépulture a eu lieu le 23 novembre, dans la région de Saumur.

Nicole Robin

* Sur you Tube voir « 10 apparitions de la vierge à l’île Bouchard » Témoignage de la voyante Jacqueline Aubry. 

Sanctuaire

L’Île-Bouchard est rapidement devenu un sanctuaire marial et un lieu de pèlerinage. On y prie en particulier pour la France. Géré par des prêtres et des laïcs de la communauté de l’Emmanuel, il accueille aujourd’hui 80 000 pèlerins par an.

A l’intérieur de l’église, le canctuaire
Procession à l’île Bouchard

Article du 16 Mars 2016 annonçant le décès de Jacqueline Aubry  

Le 16/03/2016 à 16h, Hospitalisée depuis plusieurs jours, Jacqueline Aubry est décédée mardi 15 mars 2016 à l’âge de 80 ans. Elle était l’aînée des quatre fillettes à qui serait apparue la Vierge dans l’église Saint-Gilles de L’Île-Bouchard, un village d’Indre-et-Loire, en 1947. Elle était alors âgée de 12 ans,  Son récit des apparitions a été entendu par des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes.   Journal La Croix,  Gauthier Vaillant 

Japon ; 6 Juillet au 13 Octobre 1974 / 4 Janvier 1975 au 15 Septembre 1981 : Notre Dame d’Akita

I – Généralités

Pays de l’apparition

Japon

Akita au Japon

Site 

Akita. Akita est une municipalité japonaise ayant le statut de ville dans la préfecture d’Akita au Japon. La ville elle-même n’a été fondée officiellement qu’en 1889, mais Akita est une des plus importantes villes de la région de Tōhoku, depuis la période médiévale. Si depuis l’époque Heian, Akita était connue pour ses Bijin (belles femmes), c’est maintenant une ville industrielle (pétrole, chimie, bois, etc.) et universitaire.

Elle est surtout connue des touristes pour son festival des lanternes, qui a lieu chaque année au mois d’août. Akita possède un aéroport et est desservie par le Shinkansen à la gare d’Akita. La ville d’Akita, au Japon, est la capitale de la région Tôhoku, dans l’ile de Honshu. Elle est bordée à l’ouest par la mer du Japon. 

La ville d’Akita

Désignation  

Notre-Dame d’Akita est le vocable sous lequel est invoquée la Vierge Marie ayant délivré trois messages à une religieuse japonaise, Sœur Agnès Sasagawa Katsuko, les 6 juillet, 3 août et 13 octobre 1973, à Akita au Japon. 

Contexte historique : l’année 1973

1er janvier 1973 : C’est l’Europe des Neuf, en application du traité de Bruxelles.

27 janvier : accords de paix de Paris, accords d’armistice dans la guerre du Viêt Nam, qui se poursuit jusqu’à la chute de Saïgon le 30 avril 1975.

11 septembre : coup d’État militaire au Chili.

6 octobre – 24 octobre : guerre du Kippour ou quatrième guerre israélo-arabe.

16 – 17 octobre : premier choc pétrolier résultant du conflit israélo-palestinien. Les pays arabes membres de l’OPEP (OPAEP) décident une augmentation de 70 % des prix et une réduction mensuelle de 5 % de la production pétrolière jusqu’à évacuation des territoires palestiniens occupés.

23 décembre : l’OPEP annonce à Téhéran le doublement des prix du pétrole.

II – Le ou les voyants (es) : Identité et destinée

Agnès Sasagawa Katsuko, née en 1931, avait été opérée d’une appendicite, mais lors de l’anesthésie, une injection abusive provoqua la paralysie; Agnès a 19 ans. Son père, homme de grande noblesse, ne voulut pas attaquer le corps médical. Une infirmière catholique lui fait connaître alors le Christ. La conversion d’Agnès s’accomplit dans la paix, en dialogue avec un moine bouddhiste, respectueux de sa conscience. En 1956, son état empire : elle est dans le coma. Les sœurs de Nagasaki envoient de l’eau de Lourdes à la clinique de Myôkô.

A peine l’eau est-elle entrée dans la bouche d’Agnès qu’elle reprend connaissance : ses membres figés retrouvent leur mobilité. Alors âgée de vingt-cinq ans, elle travaille de tout son cœur comme catéchiste à l’église de Myôkô-Kogen. Mais, devenue sourde, elle met fin à ses tâches de catéchiste, puis entre chez les Servantes de l’Eucharistie à Yuzawada – sœurs contemplatives dont la communauté avait été fondée par Mgr Jean Shojiro Itô, évêque de Niigata. La Vierge la guérira de sa surdité. La voyante Agnès Sasagawa Katsuko, née en 1931 a 87 ans en 2018.

III – L’Apparition (généralités) 

Date

6 Juillet, 3 août et 13 octobre 1973.

Lacrimations entre le 4 janvier 1975 et le 15 septembre 1981.

Nombre et durée des apparitions

La Vierge Marie a délivré trois messages à une religieuse japonaise, Sœur Agnès Sasagawa Katsuko, À la suite de ces messages, une statue de la Vierge Marie eut 101 lacrimations inexpliquées entre le 4 janvier 1975 et le 15 septembre 1981.

Emplacement des apparitions

L’événement se déroule dans une ferme convertie en couvent à Yuzawada, à proximité d’Akita, dans la chapelle de sœurs contemplatives (les Servantes de l’Eucharistie) au pied d’une statue en bois.

Récit 

Le 12 juin 1973, et pendant deux jours consécutifs, sœur Agnès voit une grande lumière émaner du tabernacle de la chapelle du couvent, et en fait part à sa mère supérieure.

Le 28 juin1973, alors que sœur Agnès est en prière, elle ressent dans le creux de sa main gauche une blessure de deux centimètres de large sur trois centimètres de long, en forme de croix : en apparence, c’est une égratignure, mais la sensation d’une piqûre profonde, comme d’une aiguille, l’empêche de dormir. C’est une petite plaie en forme de croix lui procurant une grande douleur. Elle ne disparaitra qu’en Septembre 1973.

Nuit du 5 au 6 Juillet 1973

Dans la nuit du 5 au 6 juillet, la douleur est insupportable et sœur Agnès prie Dieu de lui venir en aide. Vers 3 heures du matin, elle aurait alors entendu une voix qui venait de je ne sais d’où et lui disait : « Ne crains pas. Ne prie pas seulement à cause de tes péchés, mais en réparation de ceux de tous les hommes. Le monde actuel blesse le Très Saint Cœur de Notre-Seigneur par ses ingratitudes et ses injures. La blessure de Marie est beaucoup plus profonde et douloureuse que la tienne. Allons prier ensemble à la chapelle. »

« La personne qui s’exprimait ainsi était la jolie personne qui avait dit la prière avec moi dans la chapelle. Sans doute m’étais-je un peu habituée à elle. Toujours est-il que je me suis enhardie pour la première fois à regarder le visage de celle qui se tenait si près de mon épaule droite. En la voyant, la ressemblance était tellement frappante que j’ai prononcé instinctivement le nom de ma sœur aimée. Celle-ci était décédée quelques années auparavant après avoir reçu la grâce du baptême. Alors, elle m’a souri avec douceur et m’a fait un léger « non » de la tête : « Je suis celui qui est avec toi et qui veille sur toi. »

« En même temps, elle m’a fait signe de sortir et a disparu à mes yeux. Je me suis vite rhabillée et quand je suis sortie dans le corridor, elle se trouvait à quelques pas devant moi. Je l’ai suivie à travers le long couloir, à pas rapides, habitée d’un sentiment de sécurité tout à fait comparable à celui du petit enfant qu’on tient par la main. Dès que j’ai mis le pied dans la chapelle, celle qui était si près de moi comme une présence rassurante disparut à mes yeux. Me trouvant seule, j’ai fait un salut en direction de l’autel, puis je me suis dirigée vers la statue de la Sainte Vierge. Les paroles de la « femme » résonnaient encore dans mon esprit :  » La blessure de Marie est beaucoup plus profonde et douloureuse… »

« A l’époque, la statue était installée à droite au fond de l’autel, lequel était surélevé. Lorsque j’ai mis le pied sur la marche de l’autel, j’ai senti soudain que la statue de bois prenait vie et qu’elle était sur le point de m’adresser la parole. J’ai regardé : elle était baignée d’une lumière éblouissante. Instinctivement, je me suis prosternée à terre et au même moment, une voix d’une beauté indescriptible a frappé mes oreilles totalement sourdes :  » Ma fille, ma novice,….. »

Alors qu’Elle commençait la prière, l’ange qui m’avait conduit à la chapelle réapparut à côté de moi et se joignit à nos voix. Toujours prosternée et l’esprit vide de toute autre pensée, je venais d’entamer la phrase « Jésus présent dans l’Eucharistie » quand la voix m’interrompit : « réellement présent », et comme pour mieux l’imprégner dans mon esprit troublé, la voix compléta: « Dorénavant, tu ajouteras réellement »,dit-elle en insistant sur le mot réellement. » Ai-je même trouvé le temps de répondre oui? Tout ce que je sais, c’est que je ne pensais plus à rien d’autre en m’unissant à la voix dont la beauté inexprimable semblait venir du Ciel.

J’étais aidée par la douce voix qui parlait à mes côtés : « Ô Jésus qui êtes réellement présent dans l’Eucharistie, je joins mon cœur à Votre Cœur adorable immolé en perpétuel sacrifice sur tous les autels du monde, dans la louange du Père, implorant la venue de votre Règne, et je vous fait l’oblation totale de mon corps et de mon âme. Daignez agréer cette humble offrande comme il vous plaira, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Sainte Mère du Ciel, ne permettez pas que je sois jamais séparée de votre Divin Fils et gardez-moi toujours comme votre propriété. Amen. « 

Quand la prière fut terminée, la voix reprit :  » Prie beaucoup pour le pape…« . La voix se tut et après un court instant, l’ange entama une prière qui nous est familière. Je repris aussitôt avec lui: « Seigneur Jésus-Christ, Fils du Père…  » Quand cette prière fut terminée, j’ai relevé timidement la tête : la splendeur lumineuse avait complètement disparu. Un ange n’était plus visible et la statue avait retrouvé son aspect habituel. « 

3 août 1973, premier vendredi du mois

Une semaine a passé. Sœur Agnès commence la journée par un temps de prière plus long que d’habitude à la chapelle. La matinée s’écoule sans événement particulier. L’après-midi, pendant la visite au Saint Sacrement, elle raconte ce qui arriva :  » Je suis restée à méditer la Passion de Notre-Seigneur à partir de deux heures et demie de l’après-midi et j’ai récité un chapelet. S’était-il écoulé plus d’une heure depuis mon arrivée à la chapelle? Ce jour-là, l’ange gardien est apparu, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps, et il a récité le chapelet avec moi. Pendant ce temps, j’avais à l’esprit les questions de Monseigneur et je priais secrètement que l’occasion me soit donnée de les formuler. L’ange avait-il deviné mon désir?

L’occasion me fut donnée rapidement :  » Tu as quelque chose à demander? Vas-y, tu n’as pas à te gêner », dit-il avec un sourire en penchant un peu la tête. Alors, prenant mon courage à deux mains, très impressionnée, j’entamai le premier mot, quand soudain, de la statue de Marie, j’entendis comme la première fois la voix d’une indicible beauté  : « ma fille, ma novice, aimes-tu le Seigneur?….  » C’était une voix d’une beauté indéfinissable, comme il ne peut y en avoir qu’au ciel.

J’étais beaucoup trop impressionnée. Cependant, au cours de l’office du soir se produisit un phénomène inhabituel qui porta la métamorphose de la main à la connaissance de toutes. L’office allait bientôt se terminer quand la statue devint à nouveau resplendissante de lumière. L’une des Sœurs, qui se trouvait au premier rang, aperçut un liquide ruisselant comme de la sueur et sortit en informer les absentes. Sœur Agnès qui avait la tête baissée et ne se doutait de rien, sentit soudain quelqu’un à côté d’elle. Elle leva les yeux et vit l’ange qui lui parla : »Marie est encore plus triste que lorsqu’elle versait du sang. Essuie la sueur.  »

Elle se joignit aux autres qui avaient apporté un sac de coton hydrophile. A cinq, elles épongèrent la sueur avec beaucoup de précaution et de dévotion. Tout le corps en était trempé. Elles avaient beau essuyer, essuyer… Un liquide semblable à de la sueur graisseuse suintait sans arrêt, surtout sur le front et sur le cou. A la stupéfaction générale se mêlait un chagrin partagé par toutes. Sœur K. pria avec des larmes dans la voix : « Sainte Marie, pardonnez-nous de vous causer tant de tristesse et de douleur. Nous vous demandons pardon pour nos péchés et nos fautes. Protégez-nous, aidez-nous!  »

Et chacune de s’appliquer à essuyer avec les autres l’endroit qui se présente devant ses yeux dans une commune intention de réparation et de vénération. Les cotons sont trempés à tordre. Après le dîner, on retourne voir la statue : elle est à nouveau en sueur. Affolées, les Sœurs recommencent à essuyer. On entend même Sœur 0., qui n’est pas d’un naturel bavard, murmurer d’une voix triste:  » Mon coton ne s’imbibe pas. On dirait que cela ne boit pas quand j’essuie.  » Aussitôt, comme en réponse à ses paroles angoissées, le coton qu’elle tient se met à boire comme une éponge trempée dans l’eau, ce qui l’impressionne beaucoup.

Au bout d’un moment, l’une des Sœurs fait remarquer que les cotons sentent bon. Chacune se met à sentir le sien : il s’en dégage une essence subtile dont on ne peut dire si elle tient de la rose, de la violette ou du lys. C’est le ravissement général, on n’a jamais senti une essence aussi merveilleuse. Quand Sœur 0. déclare que le plus subtil des parfums ne peut exhaler une telle suavité, et c’est bien l’avis de tout le monde, on se demande si ce ne serait pas le parfum du paradis.

Le dimanche suivant, quand elles entrent dans la chapelle, elles sont frappées par le même parfum. La Supérieure va s’assurer qu’il vient bien de la statue tandis que les autres, restées à leur place, se sentent comme enveloppées dans les délicieuses effluves. L’abattement de la veille au soir causé par la découverte de la sueur, fait place à la paix et à la joie qui rayonnent sur tous les visages. Le parfum resta longtemps dans la chapelle. A chaque fois qu’on y allait, on avait l’impression d’être comme transporté au Ciel.

13 Octobre 1973

Peu après, ses compagnes lui confient la garde de la maison pendant qu’elles sortent en ville. Elle en profite pour se rendre à la chapelle où elle décide de dire le chapelet. Elle raconte : »Sortant mon chapelet, je me suis agenouillée et j’ai fait le signe de croix. A peine ce geste était-il achevé que la Voix d’une indicible beauté parvint de la statue à mes oreilles sourdes. Dès le premier mot, je me suis prosternée à terre en concentrant toute mon attention :  » Ma fille chérie, écoute bien ce que je vais te dire.

Tu en informeras ton Supérieur. « . Après un court silence : « Comme je te l’ai déjà dit, si les hommes ne se repentent et ne s’améliorent pas, ……Avec courage, parle à ton Supérieur. Il saura encourager chacune d’entre vous à prier et à accomplir des œuvres de réparation. »

Soeur Agnès Sasagawa après sa prise de voile

La statue de Marie verse des larmes

C’était le 4 janvier 1975, premier samedi du mois, vers neuf heures du matin, alors que les esprits étaient encore tout imprégnés de l’atmosphère joyeuse des festivités qui rythment les trois premiers jours de l’année, je me trouvais au presbytère quand la nouvelle me fut annoncée précipitamment:  » La statue de la Vierge pleure! « . Comme c’était le dernier jour d’une retraite prêchée aux Sœurs, j’avais commencé à préparer le sermon, mais j’ai tout de suite déposé mon stylo pour aller voir. Il était normal d’espérer qu’un signe du Ciel viendrait authentifier les messages donnés à trois reprises par la Vierge à Sœur Agnès. Je m’attendais plus ou moins à la venue prochaine d’un nouveau miracle. En y réfléchissant bien, ce genre de prodige auquel personne ne s’attendait devait être sans aucun doute le miracle le plus approprié pour une telle cause

Les notes et souvenirs de Sœur Agnès, qui fut l’un des premiers témoins oculaires, évoquent le jour de la première lacrimation :

« C’était après le temps de prière qui succède au petit déjeuner. Sœur K., qui mettait de l’ordre dans la chapelle, vint m’appeler en courant, alors que j’étais dans le couloir » : « Agnès, viens voir!  » Me demandant ce qui se passait, je l’ai suivie dans la chapelle. Elle m’a montré du doigt la statue de la Vierge. « Qu’y a-t-il ? lui ai-je demandé en regardant son visage qui avait pris une couleur terreuse. Le doigt qu’elle tendait tremblait comme une feuille. Me rapprochant de la statue, j’ai eu un choc en voyant son visage : il y avait de l’eau accumulée dans les deux yeux. »

« Oh! de l’eau…. » me suis-je dit quand l’eau s’est mise tout à coup à dégouliner. De l’eau qui coule des yeux… Mais alors, ce sont des larmes! Ai-je pensé en moi-même. « Est-ce que ce seraient les larmes de la Sainte Vierge? », ai-je demandé à Sœur K., mais celle-ci restait figée et ses lèvres étaient agitées d’un tremblement nerveux. « Sentant mes genoux plier, je me suis prosternée. Puis reprenant mes esprits et me disant qu’il fallait faire quelque chose, je me suis précipitée au téléphone pour avertir le Père qui se trouvait au presbytère à ce moment-là. »

Ensuite, ce fut l’affolement général. Le Père est arrivé aussitôt et toute la communauté s’est retrouvée dans la chapelle en l’espace de quelques instants. Prosternée dans le fond, je n’avais pas le courage de m’approcher de la statue. Je priais en moi-même de toutes mes forces : sainte Marie, pardonnez-moi. C’est moi qui vous fais pleurer. Pardon! Seigneur, pardonnez-moi parce que je suis pécheresse. Marie pleure parce qu’on n’a pas tenu compte de toutes les grâces obtenues par son intercession! J’étais abattue par le poids du regret. »

Les larmes de Notre dame d’Akita
photographiées

Ce jour-là, les larmes sont apparues encore deux fois. La deuxième fois, il était une heure de l’après-midi. Comme deux Sœurs retraitantes devaient repartir plus tôt, je suis allée reprendre des médailles exposées en offrande devant la statue de Marie, car j’étais de service à la sacristie ce jour-là. Quand j’ai regardé son visage pour la saluer, après les avoir retiré de la tablette, je fus stupéfaite de voir que les larmes s’étaient remises à couler.

Je me suis sentie secouée par une émotion encore plus forte que la première fois, sans doute parce que je les avais découvertes moi-même et de tout près. Mais je me suis ressaisie et j’en ai informé une sœur qui se trouvait à l’autre extrémité, puis je me suis dépêchée d’aller le dire aux autres. Elles sont arrivées aussitôt avec le Père et nous avons récité un chapelet. « A quatre heures, le Père a commencé la causerie. J’ai été touchée quand il a expliqué que ces larmes étaient la preuve de l’authenticité des messages. L’émotion que j’avais refoulée jusque-là m’a assaillie subitement et j’ai senti mon corps se vider de toutes ses énergies. »Après le sermon, le Père s’est aperçu que j’étais dans un état d’affaiblissement tel que j’étais incapable de me lever, tandis que mes compagnes semblaient avoir cru simplement que je m’attardais à prier. »

La troisième fois, les larmes se sont mises à couler alors que j’étais restée ainsi pendant un long moment absorbée dans la prière. Vers six heures et demie du soir, la sœur venue battre le rappel pour le dîner s’en est aperçue et c’est elle qui nous l’a fait remarquer. Nous étions deux à prier dans la chapelle. » Cette fois-ci, les larmesne s’écoulaient plus par accumulation et débordement, elles ruisselaient les unes après les autres. Elles affluaient, affluaient… En un flux continuel, elles formaient des filets sur les joues, le menton, jusque sur la poitrine, et tombaient goutte à goutte. » J’ai trouvé tout juste la force de me prosterner, me répétant en moi-même sans pouvoir remuer les lèvres : « Sainte Marie, Sainte Marie, pourquoi à ce point… ? »

Les Sœurs qui étaient accourues semblaient elles aussi fortement impressionnées. Mêmes celles qui étaient restées perplexes les deux premières fois, peut-être parce qu’elles n’avaient pas bien vu, paraissaient convaincues cette fois-ci de l’évidence du miracle. » Monseigneur qui était arrivé entre temps et voyait les larmes pour la première fois a fait apporter de l’ouate et a essuyé lui-même au fur et à mesure. » Vingt personnes furent témoins de ces trois lacrymatoires successives. D’ordinaire, il y avait moins de dix Sœurs présentes dans le couvent, mais des membres de branches régionales s’étaient jointes à nous pour la retraite du nouvel an. Quant à moi qui ai observé le phénomène minutieusement à chaque fois, j’en ai été profondément touchée.

Les deux yeux de la statue de bois brillaient, le liquide s’accumulait, débordait, ruisselait, tout à fait comme ceux d’un être humain. Chacun en reparla ensuite comme s’il avait assisté aux larmes d’une personne vivante. Les larmes apparaissaient sur le bord intérieur des yeux où se trouvent les glandes lacrymales, coulaient le long du nez, sur les joues, puis tombaient goutte à goutte, exactement comme une personne humaine qui pleurerait toutes les larmes de son corps en conservant la même position. Les gouttes s’arrêtaient sous le menton comme de petites perles, s’accumulaient sur le col du vêtement, roulaient sur la ceinture, suivaient les plis de la robe et tombaient sur le globe. Qui pourrait prétendre donner une explication naturelle à un tel phénomène? 

Les analyses scientifiques du liquide effectuées par la suite ont montré qu’il s’agissait bien de « larmes humaines ».Quand on voit sortir un liquide des yeux d’une statue de bois, alors que celui-ci est si sec qu’il est déjà craquelé par endroits, on ne peut s’empêcher de penser que ce sont les vraies larmes de Marie suscitées une nouvelle fois par la puissance créatrice de Dieu. Qu’ils croient à la sur-naturalité des faits ou qu’ils n’y croient pas, tous les témoins disent avoir été profondément touchés, car ils avaient vraiment eu l’impression de voir pleurer Marie en personne. Avec le temps, il semble que le doute se soit pourtant installé chez certains. Mais quand on tente d’éclairer le miracle avec les seules lumières de l’intelligence humaine on ne comprend rien et on ne solutionne rien ; il est évident que c’est la porte ouverte au scepticisme.

Si l’on considère que le miracle transcende toutes les lois naturelles et ne peut être provoqué que par la toute-puissance de Dieu, se demander s’il s’agit d’un petit miracle ou d’un grand miracle n’a pas de sens. On ne peut que s’incliner devant le mystère en se gardant de toute argumentation creuse. Il y a encore des gens qui non seulement prennent les faits à la légère, mais essayent par tous les moyens de faire valoir la thèse de facultés ectoplasmiques chez Sœur Agnès alors qu’ils ne peuvent avancer aucune preuve à l’appui de leurs affirmations. Or, les études scientifiques menées au cours des dix dernières années n’ont pas permis de nier le caractère surnaturel de ces phénomènes. Il est à mon sens tout aussi impossible à l’homme de faire sortir des larmes humaines d’un morceau de bois que de changer de l’eau en vin. J’ai le sentiment d’être en présence d’un prodige aussi inouï que celui des noces de Cana dans l’Évangile de Jean où Jésus transforme l’eau en vin.

La statue réalisée dans du bois d’arbre de Judée plus de dix ans auparavant par M. Saburô Wakasa, un sculpteur renommé de la région, avait complètement séché depuis sa réalisation et de petites fissures commençaient à apparaître. Il est déjà miraculeux que de l’eau soit sortie d’un tel matériau, mais il est encore plus prodigieux qu’un liquide légèrement salé, de vraies larmes humaines se soient écoulées précisément des yeux. Au début, la stupéfaction était telle que personne n’aurait eu l’idée de prendre des photos, mais on le fit par la suite et les preuves objectives restent ainsi conservées. Comment peut-on persister à taxer ces réalités d’illusion ou d’hallucination?

Ainsi, les lacrymatoires qui ont commencé le 4 janvier 1975 se sont succédées à des intervalles plus ou moins réguliers, parfois jour après jour, jusqu’au 15 septembre 1981, jour où les larmes coulèrent pour la dernière fois. Le phénomène s’est reproduit cent une fois.Dans ses Apparitions au Japon de 1973 à 1981, la statue représentant la Dame de tous les peuples d’Amsterdam, pleurera 101 fois du 4 janvier 1975 au 15 septembre 1981. 

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

« J’ai senti soudain que la statue de bois prenait vie et qu’elle était sur le point de m’adresser la parole. J’ai regardé : elle était baignée d’une lumière éblouissante. Au même moment une voix d’une beauté indescriptible a frappé mes oreilles totalement sourdes.  C’était une voix d’une beauté indéfinissable. L’office allait bientôt se terminer quand la statue devint à nouveau resplendissante de lumière. Comme dans les autres apparitions, une lumière éblouissante baigne l’atmosphère. Dans cette apparition, la sœur insiste à plusieurs reprises sur la voix d’une beauté indescriptible de la Vierge. 

Our Lady of Akita – Japan
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Attitudes de la Vierge

Elle leva les yeux et vit l’ange qui lui parla : « Marie est encore plus triste que lorsqu’elle versait du sang. Essuie la sueur. » Après le dîner, on retourne voir la statue : elle est à nouveau en sueur. Je me trouvais au presbytère quand la nouvelle me fut annoncée précipitamment:  » La statue de la Vierge pleure! « .Cette fois-ci, les larmes ne s’écoulaient plus par accumulation et débordement, elles ruisselaient les unes après les autres. Elles affluaient, affluaient… En un flux continuel, elles formaient des filets sur les joues, le menton, jusque sur la poitrine, et tombaient goutte à goutte. »

Paroles de la Vierge

Vendredi 6 Juillet 1973 

« Ma fille, ma novice, tu m’as bien obéi en abandonnant tout pour me suivre. L’infirmité de tes oreilles est-elle pénible ? Elles guériront, sois-en sûre. Sois patiente. C’est la dernière épreuve. La blessure de la main te fait-elle mal ? Prie en réparation des péchés de l’humanité. Chaque personne de cette communauté est ma fille irremplaçable.  Dis-tu bien la Prière des Servantes de l’Eucharistie ? Allons, prions ensemble. »

Je venais d’entamer la phrase « Jésus présent dans l’Eucharistie » quand la voix m’interrompit : « réellement présent« , et comme pour mieux l’imprégner dans mon esprit troublé, la voix compléta : « Dorénavant, tu ajouteras réellement« , en insistant sur le mot réellement. » Quand la prière fut terminée, la voix reprit :  » Prie beaucoup pour le Pape, les Évêques et les prêtres. Depuis ton baptême, tu as toujours prié fidèlement pour eux. Continue de prier beaucoup, beaucoup. Transmets à ton Supérieur ce qui s’est passé aujourd’hui et obéis-lui dans tout ce qu’il te dira. Présentement, il demande qu’on prie avec ferveur ».

3 août 1973, premier vendredi du mois

J’entamai le premier mot, quand soudain, de la statue de Marie, j’entendis comme la première fois la voix d’une indicible beauté :

 » Ma fille, ma novice, aimes-tu le Seigneur? Si tu aimes le Seigneur, écoute ce que j’ai à te dire. C’est très important. Tu le transmettras à ton Supérieur. Beaucoup d’hommes en ce monde affligent le Seigneur. Je souhaite des âmes pour Le consoler. Pour adoucir la colère du Père Céleste, je souhaite, avec mon Fils, des âmes qui réparent, par leur souffrance et leur pauvreté, celle des pécheurs et les ingrats. Pour faire connaître au monde sa colère, le Père Céleste s’apprête à infliger un grand châtiment à l’humanité entière. Avec mon Fils, je suis intervenue tant de fois pour apaiser le courroux du Père. J’ai empêché la venue de calamités en lui offrant les souffrances du Fils sur la Croix, son précieux Sang, les âmes bien-aimées qui le consolent et forment la cohorte des âmes victimes. Prière, pénitence et sacrifices courageux peuvent adoucir la colère du Père. Je le désire aussi de ta communauté. Qu’elle aime la pauvreté, se sanctifie et prie en réparation des ingratitudes et des outrages de tant d’hommes.

Récitez la Prière des Servantes de l’Eucharistie en prenant bien conscience de son contenu ; mettez-la en pratique; offrez en réparation des péchés. Que chacune s’efforce, selon ses capacités et sa position, de s’offrir entièrement au Seigneur. Même dans un Ordre séculier, la prière est nécessaire. Déjà, les âmes qui veulent prier sont en train d’être rassemblées. Sans trop vous attacher à la forme, soyez fidèles et ferventes à la prière pour consoler le Maître.  » Après un silence:  » Ce que tu penses dans ton cœur, est-ce vrai? Es-tu vraiment décidée à devenir la pierre rejetée? Ma novice, toi qui veux être sans partage au Seigneur, pour devenir l’épouse digne de l’Époux, prononce tes vœux en sachant que tu dois être fixée sur la croix avec trois clous. Ces trois clous sont la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. Des trois, l’obéissance est le fondement. Dans un total abandon, laisse-toi conduire par ton Supérieur. Il saura te comprendre et te diriger. « 

Les Servantes de Jésus dans l’Eucharistie (Congregatio Sororum Ancillarum Jesu in Eucharistia) forment une congrégation féminine catholique fondée en 1923 par le bienheureux Georges Matulewicz, évêque de Wilno.

13 Octobre 1976

« Sortant mon chapelet, je me suis agenouillée et j’ai fait le signe de croix. A peine ce geste était-il achevé que la Voix d’une indicible beauté parvint de la statue à mes oreilles sourdes. Dès le premier mot, je me suis prosternée à terre en concentrant toute mon attention : 

 » Ma fille chérie, écoute bien ce que je vais te dire. Tu en informeras ton Supérieur.  » Après un court silence : « Comme je te l’ai déjà dit, si les hommes ne se repentent et ne s’améliorent pas, le Père infligera un châtiment terrible à l’humanité entière. Ce sera alors un châtiment plus grave que le déluge, tel qu’il n’y en a jamais eu auparavant. Un feu tombera du ciel et anéantira une grande partie de l’humanité, les bons comme les méchants, n’épargnant ni les prêtres ni les fidèles. Les survivants se trouveront dans une telle désolation qu’ils envieront les morts. Les seules armes qui nous resteront alors seront le Rosaire et le Signe laissé par le Fils. Récitez chaque jour les prières du Rosaire. Avec le Rosaire, priez pour le Pape, les Évêques et les prêtres. L’action du diable s’infiltrera même dans l Église, de sorte qu’on verra des cardinaux s’opposer à des cardinaux, des évêques contre d’autres évêques.

Les prêtres qui me vénèrent seront méprisés et combattus par leurs confrères, les églises, les autels saccagés, l’Église sera pleine de ceux qui acceptent les compromis et le démon poussera beaucoup de prêtres et de consacrés à quitter le service du Seigneur. Le démon s’acharne surtout contre les âmes consacrées à Dieu. La perspective de la perte de nombreuses âmes est la cause de ma tristesse. Si les péchés croissent en nombre et en gravité, il n’y aura plus de pardon pour ceux-ci. Avec courage, parle à ton Supérieur. » Il saura encourager chacune d’entre vous à prier et à accomplir des œuvres de réparation. » 

Messages de la Vierge  

La vierge insiste sur la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie confirmant les visions d’Ida Peerdeman à Amsterdam. « Dorénavant, tu ajouteras réellement », dit-elle en insistant sur le mot réellement. »

A plusieurs reprises, la vierge demande à la sœur de prier pour le clergé  et d’obéir à son supérieur.  Comme à Amsterdam, la vierge parle du courroux causé au Père par l’attitude des hommes, laisse planer la menace d’un grand châtiment (plus grand que le déluge) n’épargnant personne, et souhaite des âmes pour Le consoler, qui réparent, par leur souffrance et leur pauvreté, l’ingratitude des pécheurs.

Elle précise qu’avec son Fils, elle est intervenue souvent pour apaiser le courroux du Père en lui offrant les souffrances du Fils sur la Croix, son précieux Sang ; les âmes bien-aimées qui le consolent et forment la cohorte des âmes victimes y contribuent aussi.

Une fois de plus, elle rappelle l’importance de la prière, « même sans trop vous attacher à la forme », de la pénitence, des sacrifices pour adoucir la colère du Père, de la récitation du Rosaire et de l’Eucharistie. Même dans un Ordre séculier, dit -elle, la prière est nécessaire. Elle la prévient qu’en prononçant ses vœux, ce sont les trois clous de la pauvreté, de la chasteté et de l’obéissance qu’elle s’inflige, sachant que l’obéissance est le fondement.

Enfin, la Vierge dénonce l’action du diable, vigoureuse « surtout à l’égard des âmes consacrées à Dieu, » qui s’infiltre même dans l’église et oppose les membres du clergé entre eux et les conduit à des « compromis » ! 

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

L’ange

La présence d’un ange qui s’exprime et déambule, dénote des autres apparitions où l’ange est plutôt passif (sauf à l’île bouchard). La soeur dit, après l’avoir regardée, qu’il s’agissait d’une jolie personne qu’elle prend d’abord pour sa sœur déjà décédée. Mais la personne lui fait comprendre qu’il ne s’agit pas d’elle : « Alors, elle m’a souri avec douceur et m’a fait un léger « non » de la tête : « Je suis celui qui est avec toi et qui veille sur toi. » En même temps, elle m’a fait signe de sortir et a disparu à mes yeux. Plus tard, Agnès reparlera de ce « personnage », mais en utilisant le « Il » et non plus le « Elle ». Que faut-il comprendre ? Il s’agit clairement de l’ange gardien d’Agnès, mais celui-ci peut sans doute se manifester sous des traits plutôt féminins ou masculins, puisque le sexe n’existe pas chez les anges. 

L’histoire du sculpteur de Notre Dame d’Akita : M. Saburô Wakasa

Le sculpteur, bouddhiste de confession, qui avait réalisé la statue de la Vierge, réalisa également une statue de saint Joseph qui fut installée dans la chapelle des sœurs.  Quelques jours après, il se rendit avec sa femme à une procession dans le jardin du sanctuaire en l’honneur de la nouvelle statue. Pendant cette procession, la statue de la vierge d’Akita qui n’avait plus pleuré pendant deux ans se remit à pleurer.

C’était de joie d’avoir enfin une belle statue de saint Joseph, pensa tout le monde. M. H, impressionné par ces larmes qu’il n’avait jamais vues, proposa à sa femme en rentrant de la procession, d’aller prier dorénavant tous les jours au sanctuaire. Mais le lendemain, en faisant une partie de golf, il sentit soudain une douleur brutale et violente dans le cou (sans cause extérieure apparente) et le même jour, il mourut d’une crise cardiaque, en recevant le Baptême avant sa mort. Ce monsieur s’était converti la veille, grâce aux lacrimations de Notre-Dame d’Akita. 

Eléments conformes aux autres apparitions 

Une lumière éblouissante ; une voix d’une beauté indescriptible. Les effluves d’un parfum très suave. La présence d’un ange. L’appel insistant à la prière et au sacrifice. Les prédictions douloureuses voire apocalyptiques, comme à Amsterdam.  L’apparition dans une chapelle comme à Paris (rue du Bac) et à l’île Bouchard. 

Eléments spécifiques

  • L’élément extraordinaire, outre la guérison de la surdité de la sœur et ses stigmates, c’est bien évidemment la sudation et les pleurs émanant d’une statue en bois : c’est la seule apparition où la Vierge utilise une statue en bois la représentant pour exprimer son origine céleste et son état d’âme : tendresse pour la sœur, grande tristesse pour le monde. De plus, c’est une statue « vivante » qui exprime des émotions : la sueur, abondante, qui la parcourt, le fait que les cotons qui servent à les essuyer « sentent bon » et « répandent dans la chapelle une essence subtile dont on ne peut dire si elle tient de la rose, de la violette ou du lys ».  Le sang sur les mains et bien évidemment les pleurs abondants, constituent une singularité forte de la présence de la Vierge à Akita. 
  • Le rôle actif de l’ange : l’ange joue un grand rôle dans cette apparition, adopte une attitude très familière avec elle, prie avec elle, lui dit même : « Tu as quelque chose à demander? Vas-y, tu n’as pas à te gêner, dit-il avec un sourire en penchant un peu la tête. Alors qu’Elle commençait la prière, l’ange qui m’avait conduit à la chapelle réapparut à côté de moi et se joignit à nos voix. L’attitude et la simplicité de cet ange manifestent de manière éclatante l’existence de celui que les catholiques appellent leur  » ange gardien » et dont chacun est doté de sa naissance à sa mort !
  • Le fait que la Vierge se manifeste après des « Servantes de l’Eucharistie » n’est pas neutre quand on sait l’importance que Marie accorde à ce « miracle quotidien » donné aux hommes qu’est l’Eucharistie, comme elle l’a dit à Amsterdam. 
  • Les phénomènes de sudation, d’ôdeurs de parfum et de pleurs sont visibles par tous et non réservés à la seule voyante. 
  • Sœur Sasagawa est la première voyante qui n’est pas chrétienne de culture, mais bouddhiste. Elle se convertit sous l’influence d’une infirmière chrétienne. 

Lien avec d’autres apparitions 

La statue objet des phénomènes est une reproduction de la Dame de tous les peuples demandée par la Vierge à Ida Peerdeman à Amsterdam. 

A la fin des années 60, la mère supérieure de l’Institut des Servantes de l’Eucharistie, Sr Kotake tombe sérieusement malade. Elle est guérie avec de l’eau de Lourdes et décide alors de faire faire une statue à la sainte Vierge en action de grâces. L’une des sœurs du couvent possédant une image de Notre-Dame de tous les peuples, apparition d’Amsterdam condamnée alors par l’Église, la mère supérieure trouve cette image jolie et décide qu’elle sera le modèle de la statue. L’évêque d’Akita a influé puissamment pour faire reconnaître l’apparition de Notre-Dame de tous les peuples. 

Notre Dame de tous les peuples
Amsterdam 1945/59

Voici ce que dit un spécialiste et fervent partisan de Notre-Dame de tous les peuples, le Père Paul Sigl lors de la troisième journée internationale de prières à Amsterdam, en 1999 : « Le message d’Akita a été reconnu par l’Église. Il est inséparablement lié à celui de la Dame de tous les Peuples à Amsterdam. 

Mgr Ito d’Akita a très bien saisi le lien spirituel qui rattache les deux lieux d’apparition. Aussi, le 24 juin 1984, il s’est rendu personnellement à Amsterdam et a célébré la sainte Messe en présence de la voyante, Mère Ida Peerdeman, dans la chapelle de la Dame de tous les Peuples. Il y exprima sa conviction que par la reconnaissance officielle des évènements d’Akita, Dieu a voulu entériner les apparitions d’Amsterdam. »

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Le 20 avril 1984, jour de la fête de Pâques, Mgr Itô, évêque de Niigata au Japon, reconnaissait la surnaturalité des « évènements » d’Akita qui furent également approuvés par le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, en juin 1988.

Sanctuaire (s)

La chapelle des sœurs contemplatives (les Servantes de l’Eucharistie), dans leur couvent, à Yuzawada, à proximité d’Akita. 

Couvent de Yuzawada
Autel du couvent de Yuzawada

du 25 Mars 1945 au 31 Mai 1959 La Mère (Dame) de tous les peuples IDA Peerdeman

I – Généralités

Pays de l’apparition

Pays Bas

Site 

Amsterdam, parfois surnommée A’dampar ses habitants, est la commune la plus peuplée et la capitale du Royaume des Pays-Bas, bien que le siège du gouvernement, ainsi que la plupart des institutions du pays se trouvent à La Haye. Sur la base des chiffres 2013, la municipalité d’Amsterdam compte près de 840 000 habitants appelés Amstellodamois, au cœur de la région d’Amsterdam qui regroupe environ 1 350 000 habitants. L’aire urbaine rassemble plus de 2 300 000 résidents.

Ancien petit village de pêcheurs au XIIe siècle, la ville connaît une très forte croissance au Moyen Âge, au point de devenir l’un des principaux ports du monde durant le Siècle d’or néerlandais. Le quartier De Wallen est la partie la plus ancienne de la ville, qui se développe autour d’un réseau concentrique de canaux semi-circulaires reliés par des canaux perpendiculaires, formant une « toile d’araignée ». Au centre de la vieille ville, on trouve sur la place principale du Dam le palais royal d’Amsterdam, construit au XVIIe siècle, symbole de l’importance de la ville. Guillaume Ieren fait sa résidence en 1815.

Amsterdam est l’un des centres économiques majeurs des Pays-Bas et l’un des principaux centres financiers d’Europe. Elle est également la capitale culturelle du pays. Plusieurs classements placent Amsterdam parmi les métropoles mondiales offrant le meilleur confort de vie, le magazine américain Forbes la positionnant à la première place en 2016. La majorité des déplacements en ville s’y effectue grâce aux quatorze lignes de tramway, à pied ou à vélo. La ville est aussi connue pour son « quartier rouge » principal, et ses prostituées, et pour ses nombreux coffee shops possédant une licence leur permettant de commercialiser le cannabis, reflétant le progressisme politique des Pays-Bas.

Désignation  

La Dame de tous les peuples ou la Mère de tous les peuples

Contexte historique

Difficile, marqué par de nombreuses guerres et conflits liés pour la plupart à l’indépendance d’ex colonies européennes ; forte tension née de la guerre froide et de l’extension du communisme.

En ce qui concerne les Pays Bas :

La Seconde Guerre mondiale qui vit l’effondrement de l’armée néerlandaise et le contrôle de ses colonies orientales par les Japonais, marqua le déclin de l’antique puissance commerciale néerlandaise. En 1945 l’indépendance de l’Indonésie fut proclamée par Sukarno, poussé par les Japonais se retirant du pays. S’ensuivit un conflit de quatre ans au terme duquel les Pays-Bas furent conduits à reconnaître l’indépendance indonésienne.

En 1948, les Pays-Bas approuvèrent le principe d’une autonomie des Antilles néerlandaises, autonomie qui fut proclamée en 1954. En 1975 la Guyane néerlandaise, actuel Suriname, prit son indépendance du royaume. Enfin en 1986, l’île d’Aruba se détacha des Antilles néerlandaises pour former la troisième entité du royaume.

Amsterdam occupée par l’armée allemande

Pour le reste du monde :

1945 : capitulation du Japon et Procès de Nuremberg   

1946 : début de la guerre d’Indochine (qui prendra fin en 1954)

1947 : début de la « Guerre Froide » (prend fin en 1991) et insurrection malgache contre la France. Première guerre indo- pakistanaise.

1948 : première guerre israélo-arabe

1949 : guerre civile en Birmanie.

1950 : guerre de Corée (Prend fin en 1953)

1954 : Vietnam – Début du conflit entre le Vietnam du Nord et le Vietnam du Sud (Intervention américaine à partir de 1964), guerre d’indépendance de l’Algérie (jusqu’en 1962) ; coups d’état militaire au Guatemala et au Paraguay. 

1956 : crise du Canal de Suez entre l’Egypte d’une part et la Grande-Bretagne, la France et Israël d’autre part.

1958 : guerre Ethiopie-Erythrée (Prend fin en 1991, avec la création d’un Etat érythréen indépendant) ; première guerre du Liban.

1959 : révolution marxiste à Cuba. Prise du pouvoir par Fidel Castro

II – La voyante 

Ida Peerdeman naquit à Alkmaar, aux Pays-Bas, le 13 août 1905; c’était la dernière d’une famille de cinq enfants. La petite fille fut baptisée dans la paroisse Saint-Joseph, sous le nom de Isje Johanna, mais on l’appellera simplement Ida. Peu de temps avant que n’éclate la Première Guerre mondiale, la famille Peerdeman déménagea à Amsterdam.

Ida n’avait que huit ans et sa maman mourait, à l’âge de 35 ans, des suites d’un accouchement, ainsi que l’enfant qu’elle venait de mettre au monde. L’épreuve frappa durement toute la famille. Dorénavant ce fut l’aînée, Gesina, qui tint la place de la maman, car le papa, marchand de tissus, devait, pour ses affaires, voyager beaucoup et sillonner de long en large la Hollande. Gesina, qui n’avait que seize ans, dut renoncer à son désir de devenir infirmière.

Ida Peerdeman

On a raconté que la jeune Ida manifestait une certaine indépendance ; cependant elle s’entendait bien avec son frère Piet qui la comprenait, lui parlait et la consolait quand elle était triste. La famille Peerdeman n’était pas particulièrement pieuse ; tout le monde assistait à la messe du dimanche et on priait avant les repas ; la pratique religieuse n’allait guère plus loin. En fin de semaine, la petite Ida allait se confesser dans l’église des Dominicains, auprès du Père Frehe qui deviendra son directeur spirituel. Pourtant, Ida n’était pas une jeune fille comme les autres et avait déjà été « choisie ».

Cet après-midi du 13 octobre 1917, un samedi du mois du Rosaire, qui fut aussi le jour du miracle du soleil de Fatima, Ida a douze ans lorsqu’elle aperçoit la Vierge pour la première fois.  Après s’être confessée, Ida retourne à la maison. Elle est alors témoin d’un fait merveilleux. Au bout de la rue, elle voit une lumière extraordinaire et, dans cette lumière, apparaît une dame qui lui fait penser à une femme juive. Ce jour-là, son père étant à la maison, Ida lui raconta aussitôt tout ce qu’elle venait d’admirer. La réaction fut immédiate ; son père lui demanda de se taire et même de tout oublier.

Il lui dit même: « Pour l’amour de Dieu, n’en parle à personne; on te prendrait pour folle et on se moquerait de toi. Il ne nous manquerait plus que ça! » Ida n’en parla à personne. D’autres apparitions eurent lieu dans le courant du mois d’octobre 1917, le mois où la Vierge Marie apparaissait pour la dernière fois aux petits bergers de Fatima, ce qu’Ida, évidemment, ignorait totalement. Le Père Frehe, confident d’Ida et homme de confiance de la famille Peerdeman, fut mis au courant de ces évènements extraordinaires. Lui aussi recommanda à la fillette de garder pour elle toutes ces choses et même de ne plus y penser.

 La jeune Ida, une fois ses études primaires terminées, désira devenir puéricultrice. Elle fit un stage à l’issue duquel on la renvoya sous le prétexte qu’elle « manquait malheureusement d’aptitudes, et qu’elle avait trop peu d’imagination et trop peu d’inventivité. «  Pourtant, plus tard, Ida sera considérée comme une personne équilibrée, à l’imaginaire certes peu développé, mais pleine de bon sens. À l’âge de 18 ou 19 ans, Ida commença sa vie professionnelle comme employée aux écritures dans une société de parfums d’Amsterdam, la firme Boldoot. Elle y restera de nombreuses années, appréciée de tous pour sa gentillesse et sa modestie. Comme elle était jolie, elle ne manquait pas non plus de prétendants, mais elle ne se sentait pas appelée au mariage.

Maintenant nous sommes en 1940 ; Ida a 35 ans. Commencent alors ce qu’on a appelé les « visions de guerre », sur la Seconde Guerre mondiale. Ida a des visions concernant le déroulement de la bataille en Europe. C’est par un acte soudain et inattendu, comme dans la vie des prophètes, qu’à l’âge de quarante ans, cette simple employée de bureau se voit investie d’une mission lourde de responsabilité. En quinze ans, à partir de ce 25 mars 1945 et jusqu’au 31 mai 1959, elle reçoit en tout cinquante-six messages de la Sainte Vierge. Ils sont suivis, dans les années quatre-vingt, de ce qu’il convient d’appeler des «expériences eucharistiques » qu’elle reçoit de Notre Seigneur.

Contrairement à de nombreux autres lieux d’apparitions, tout à Amsterdam reste caché dans l’ombre et le silence. « Je suis venue dans le plus grand secret », dit la Dame le 31 mai 1958. Les premiers messages surtout ont un sens obscur et une connotation apocalyptique et symbolique. La voyante d’Amsterdam n’a pas de formation théologique, vient d’un milieu simple et ne sait pas expliciter ce qu’elle voit. Elle n’a jamais entendu de termes tels que « Paraclet » (le saint Esprit) et a beaucoup de peine à traduire les faits inconnus qu’elle voit se produire dans les visions.

La Sainte Vierge cependant la console : « Dis à ton directeur spirituel que le Seigneur choisit toujours ce qui est faible pour ses projets grandioses. Qu’il soit rassuré! » (4 avril 1954) « Je le dis une fois encore : le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple pour sa cause. » (15 avril 1951) « Tu as une grande tâche à accomplir.» (15 juin 1952) 

Dorénavant Ida Peerdeman ne vivra plus que pour la Vierge Marie. Elle écrit: « Elle était tellement belle, telle que j’ai pu la voir, et tous les jours, je m’occupe d’elle, de sa venue et de ses paroles (les messages). C’est avec ces pensées que je me lève et que je me couche. » L’une de ses sœurs, Truus (Gertrude), qui est institutrice, consigne par écrit chaque parole de la Dame qu’Ida répète. Elle le fait d’autant plus facilement que la Dame parle lentement, marque de longues pauses, avant de montrer une nouvelle image à la voyante ou d’exprimer une nouvelle pensée. 

Tout ce que la Dame de tous les Peuples lui disait se gravait de façon indélébile dans le cœur d’Ida. La Dame avait dit à Ida, dès le 1er avril 1951: « Toi, mon enfant, tu dois coopérer sans angoisse et sans peur. Tu vas souffrir, spirituellement et physiquement. » 

Ida souffrit effectivement d’un cancer au sein. Mais, par crainte de l’hospitalisation, elle ne se fit opérer que très tard. Elle était aussi gravement malade du cœur. Si, dans ses visions, Ida percevait les choses du ciel et en goûtait la béatitude ; au quotidien, par contre, elle se trouvait confrontée au mépris, aux calomnies, à la méfiance et aux doutes. Tournée en dérision et dénigrée par les médias, elle connut la douleur de perdre sa réputation par fidélité à la vérité et à la Dame. Le poids de sa responsabilité et l’indifférence hostile et généralisée la faisaient souffrir cruellement. Ida savait qu’elle n’était pas l’objet d’une illusion. Tout en restant un simple instrument, elle était consciente de porter le message le plus important du XXe siècle« 

Le 13 octobre 1968, Ida devient membre du mouvement la « militia Jesu Christi », un mouvement marial dont l’origine remonte au temps des Chevaliers qui s’étaient institués en milice pour la protection des monastères de l’Ordre. En 1870, cette institution avait donné naissance à une association de laïcs pour la défense de la foi. Saint Dominique était apparu à Ida dans une vision, et, lui montrant le portail du monastère de Sens, il lui dit: « C’est là que tu dois entrer. » Ida fit donc partie de ce mouvement, et reçut à Sens le « manteau de la Milice. Le Grand Maître, Frère Emmanuel Houdart de la Motte lui demanda alors de dire devant toute l’assemblée la prière de la Dame de tous les Peuples. Le 31 mai 1969 eut lieu la cérémonie solennelle de sa première promesse au sein de la Milice, à Paris, à l’église Saint-Germain l’Auxerrois.

Dorénavant Ida Peerdeman ne vivra plus que pour la Vierge Marie. Pendant les années des apparitions, la famille Peerdeman resserra ses liens. Les autorités de l’Église montrèrent de la réserve, ce qui est normal. Elles firent comprendre qu’elles ne souhaitaient aucune divulgation de ces visions. C’était d’ailleurs aller dans le sens d’Ida qui désirait disparaître et rester inconnue. Elle ne cessait d’affirmer: « Il ne s’agit pas de moi, je ne suis qu’un instrument ; il s’agit seulement des messages de la Dame. » Ida trouva pourtant un grand réconfort auprès de son directeur spirituel et dans le cadre protégé de la vie de sa famille. Si on la voyait souffrir et pleurer, on souffrait et on pleurait avec elle.

Il y avait  aussi des moments de joie sereine en famille. Comme toute la famille aimait la musique, on en jouait et on chantait ensemble ; on organisait aussi des petits concerts. Ida jouait du violon. Elle faisait aussi un peu de peinture et de la broderie. Tout en ayant des expériences surnaturelles, Ida restait très féminine, très naturelle. Elle évoquait avec enthousiasme le souvenir de vacances passées au Tyrol, dans les Dolomites, en Bavière ou en Suisse. Elle aimait faire des surprises aux autres en leur offrant des petits cadeaux qu’elle choisissait avec soin… en un mot, sa vie était normale, vie simple et modeste, tout à fait comparable à celle que menaient ses trois sœurs.

Pourtant, malgré les apparences, et à l’insu de tous, dans le silence, la vie d’Ida est un long martyre, de l’âme et du corps. Même ceux qui la connaissaient et savaient son obéissance héroïque vis-à-vis des autorités de l’Église, ne pouvaient soupçonner à quel point il lui en coûtait de se taire et d’attendre patiemment, indéfiniment, continuellement, et cela presque jusqu’à la fin de sa vie. Ida n’eut jamais une seule plainte contre ceux qui la faisaient souffrir. Elle accepta le départ de ceux qui lui étaient le plus chers: d’abord Piet, son frère bien-aimé, puis le Père Frehe.

En 1981, c’est son second et fidèle directeur spirituel qui décéda, le Père Kerssemakers (de la Congrégation des Pères du Saint Sacrement). On plaignit alors Ida qui n’avait plus de sainte Messe dans la chapelle et qui ne pouvait plus communier. Sa réponse a surpris plus d’un de ses amis: « Et pourtant, je communie. Je reçois la communion d’une main invisible. »

Le 13 août 1995, Ida célébra ses 90 ans. Beaucoup d’amis vinrent lui présenter leurs vœux et la remercier pour sa fidélité et sa persévérance. Mais sa fin approchait: « Au revoir, au ciel ! », lui dit un jour la Dame. En attendant ce jour, Ida restait fidèle à la mission dont la Sainte Vierge l’avait chargée le 15 novembre 1951: « Tu ne dois jamais manquer de venir devant cette image (…) afin de prier pour tous (…) Tu le feras jusqu’à ce que ce soit la fin. » 

Ida savait qu’elle mourrait dans le cours de l’année 1996. Le 1er janvier de cette même année, en effet, la Dame qui s’était tue depuis le mois de novembre précédent, fit entendre à nouveau sa voix pour lui annoncer: « C’est ta dernière année. Je vais bientôt t’emmener auprès de mon Fils. Ta mission est accomplie. Continue à écouter la voix. » Dès lors, Ida pouvait confier:« Je n’en ai plus pour longtemps. Je suis gravement malade. Il n’y a plus rien qui me retienne ici. »

Le 31 mai 1996, un 31 mai, date à laquelle sera fixée, un jour, la fête de la Co-rédemptrice, l’évêque de Haarlem, Mgr Henrik Bomers et son coadjuteur, Mgr Josef M. Punt autorisaient officiellement la dévotion publique à Marie sous le titre de Dame de tous les peuples ». Ida avait prié pendant des décennies pour vivre ce moment-là. Maintenant, elle pouvait partir. 

Le mercredi 12 juin 1996, elle reçut le sacrement de l’onction des malades des mains du Père Amandus Korse. Deux jours plus tard, elle fut hospitalisée. Au petit matin du 17 juin 1996, à 4h15, Ida mourait, seule. Elle avait 90 ans. Le 31 mai 2002, Son Exc. Mgr Joseph-Marianus Punt, Évêque de Haarlem/Amsterdam, reconnaissait l’origine surnaturelle des apparitions de la Dame de tous les Peuples. 

Mgr Joseph Marianus Punt

Ida a souffert d’une grande solitude, surtout après avoir perdu tous les siens. Les paroles de la Dame lui revenaient sans cesse en mémoire, notamment celles du avril 1954 : « Fais de ta vie une offrande! » 

Ses amis intimes ont fait savoir plus tard que, dans les dernières années de sa vie, Ida eut à subir de nouvelles attaques du démon. On la vit un jour, par exemple, à l’âge de 85 ans, totalement épuisée et en larmes. Pendant une heure entière, elle avait eu à soutenir la lutte contre de terribles sifflements stridents, des cris et des grincements causés par le démon. Ceux qui approchaient Ida connaissaient sa modestie et sa discrétion.

Mais quand il lui fallait parler des messages aux prêtres ou aux pèlerins, elle faisait des descriptions si vivantes des visions qu’on aurait dit qu’elle les vivait encore. Et quand on l’entendait parler de la Dame de tous les Peuples, on ne pouvait que dire : il est impossible qu’une simple femme comme elle puisse inventer et dire de telles choses. Par ailleurs, lorsque la Dame voulait expliquer et justifier la nécessité de proclamer le dogme de sa co-rédemption, elle dicta à Ida de véritables cours de théologie. Comment une personne aussi peu instruite aurait-elle pu émettre et expliquer des théories si complexes et si difficiles. 

Ida n’était pas ce que l’on appelle d’ordinaire une mystique : elle vivait comme tout le monde ; elle était musicienne et participait au petit orchestre familial. Elle allait au théâtre avec sa famille, et même, elle jouait à des jeux de société ou à des jeux solitaires (puzzle). Et elle devait travailler pour gagner sa vie. Son milieu n’était pas pieux, mais honnête. Son caractère, au moins pendant sa jeunesse, n’était pas exceptionnel et l’on sait qu’ellese montrait souvent indépendante. Donc, rien de spécialement remarquable chez cette jeune fille de douze ans, puis chez la femme de quarante à quatre vingt ans..

          III – L’Apparition (généralités) 

Date

La Seconde Guerre mondiale n’est pas encore terminée quand, le 25 mars 1945, commence la série des grandes apparitions mariales à Amsterdam. Elles cesseront le 31 Mai 1959.

Nombre et durée des apparitions

Ida Peerdeman aurait reçu un total de 207 visions, dont les 56 premières concernaient la Vierge Marie. Les rencontres d’Ida Peerdeman avec la Dame de tous les Peuples eurent souvent lieu chez elle, et ses sœurs, qui vivaient avec elle, notaient tout ce que la Dame lui demandait de répéter après elle, afin que ses messages ne se perdissent pas. D’une manière générale Ida ne connaissait ni le jour ni l’heure de ses rencontres avec la Dame. 

Après que les visions Mariales aient cessé le 31 mai 1959, Peerdeman a reçu 151 de ce qu’elle a appelé des «Expériences eucharistiques ».

Nature de l’Apparition (privée ou publique)

Les faits surnaturels qui se produisaient ne restaient pas toujours cachés, d’autant moins que deux apparitions eurent lieu en public, dans l’église de Saint-Thomas.

Emplacement des apparitions

C’est chez elle qu’Ida reçoit la plupart des messages. Ces apparitions ont lieu dans l’appartement qu’elle partage avec ses sœurs, ou dans l’église Saint-Thomas (deux fois, les 31 mai 1955 et 1957), ou à l’endroit où l’on doit construire l’église dédiée à Notre-Dame de tous les Peuples (une fois). L’une de ses sœurs, Truus (Gertrude), qui est institutrice, consigne par écrit chaque parole de la Dame qu’Ida répète.

Elle le fait d’autant plus facilement que la Dame parle lentement, marque de longues pauses avant de montrer une nouvelle image à la voyante ou d’exprimer une nouvelle pensée. Au besoin, Ida complète par la suite les lacunes en ajoutant ses propres commentaires. Les expériences eucharistiques, il s’agissait d’une révélation divine, se déroulaient généralement pendant la messe.

Récit 

La seconde guerre mondiale n’est pas encore terminée quand, le 25 mars 1945, commence la série des grandes apparitions mariales à Amsterdam. L’Église célèbre ce jour-là la fête de l’Annonciation*, l’évènement le plus important de l’histoire de l’humanité : Dieu, en Jésus, se fait homme pour nous racheter du péché et de la mort.

Cette œuvre de la rédemption a commencé dans le secret et le silence, enfouie dans le sein immaculé de celle qu’un jour on appellera la Co-rédemptrice. Il ne faut certainement pas y voir l’effet du hasard si Marie a choisi précisément le jour de cette fête pour se manifester au monde. Les messages qu’elle donne à Amsterdam sont en effet d’une portée universelle et salvifique pour l’Église et pour le monde.

* L’Annonciation est l’annonce de sa maternité divine faite à la Vierge Marie par l’archange Gabriel.

L’Annonciation par Fra Angelico
Par Fra Angelico — The Yorck Project (2002) 10.000 Meisterwerke der Malerei (DVD-ROM), distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH. ISBN : 3936122202., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=147473

Ida elle-même fait le récit de cet évènement : « C’était le 25 mars 1945, en la fête de l’Annonciation. Assises dans le séjour, mes sœurs et moi-même, nous étions en train de bavarder autour du poêle à charbon. C’était la guerre et ce qu’on a appelé l’hiver de la faim. De sortie ce jour-là, le  Père Frehe était passé nous voir. Vous savez comment vont les choses : on parle de la guerre et de tout ce par quoi on est passé.

Cette semaine-là, il y avait eu de nouvelles rafles et des choses semblables. Nous avions donc beaucoup à nous raconter. Nous étions en pleine conversation quand je me suis soudain sentie attirée dans la pièce attenante ; je ne sais aujourd’hui toujours pas comment. J’ai regardé dans cette direction et j’ai vu tout d’un coup venir une lumière. Je me suis dit : d’où vient cette lumière ? Et comme elle est curieuse ! Je me suis levée, ne pouvant faire autrement que de m’en approcher.

J’ai vu s’approcher la lumière dans un coin de la pièce. Le mur disparut à mes yeux et tout ce qu’il y avait là, normalement, n’y était plus. C’était un océan de lumière et un espace vide illimité. Ce n’était pas la lumière du jour ni une lumière électrique. Je n’arrivais pas à comprendre le genre de lumière que ce pouvait être. Mais il y avait un espace vide sans fin et, de cet espace, j’ai vu soudain se détacher une forme, une forme vivante, une silhouette de femme ;

je ne sais pas l’expliquer différemment. Elle était vêtue d’une robe blanche et portait une ceinture. Elle se tenait debout, les bras tendus vers le bas et les paumes des mains tournées vers l’extérieur, tournées vers moi.

Amsterdam, 1945

Tandis que je la regardais, quelque chose d’étrange m’étreignit. Je me suis dit : “Qu’est-ce que c’est que ça ?” Et je ne comprends toujours pas comment j’ai osé penser : “Ce doit être la Sainte Vierge ; c’est pas possible autrement.” Entre-temps, j’entendais mes sœurs et le Père Frehe qui disaient : “Qu’est-ce qui te prend ?” et “Qu’est-ce que tu fais là ?” Mais je ne pouvais pas donner de réponse parce que j’étais trop captivée par la forme.  Soudain, la forme s’est mise à me parler.

Elle a dit : “Répète après moi.” Je me suis donc mise à répéter mot à mot ce qu’elle disait. Elle parlait très lentement. Mes sœurs et le Père Frehe étaient venus se placer autour de moi. J’ai entendu le Père Frehe qui disait : “Qu’est-ce qu’elle va nous faire ? Elle va devenir sainte par-dessus le marché?” Mais quand il m’a entendu prononcer des paroles, il a dit à ma sœur Truus : “Note un peu ce qu’elle dit.” Ma sœur n’avait pas envie de le faire car elle trouvait que c’était stupide.

Mais le Père Frehe a insisté : “Note-le !”  Après que j’ai eu répété deux ou trois phrases – que la voix disait –, j’ai entendu le Père Frehe me dire : “Eh ! Demande-lui un peu qui c’est!” J’ai demandé alors : “Êtes-vous Marie ?” La forme a souri et m’a répondu : “Ils m’appelleront la Dame, Mère.” Elle souriait en disant ces mots. En prononçant les deux mots “la Dame”, elle a avancé légèrement la tête vers moi. J’ai donc répété : “Ils m’appelleront la Dame, Mère.” 

J’ai alors entendu le Père Frehe qui disait : “La Dame ? C’est bien la première fois que j’entends ça ! La Dame?” Et tous deux, avec ma sœur qui écrivait, ils partirent d’un grand éclat de rire. J’en fus quelque peu contrariée. Je me disais : si seulement vous pouviez voir ce que je vois, vous ne ririez pas ainsi ! Mais, bon ! Je ne pouvais pas leur en vouloir puisqu’ils ne pouvaient pas voir ce que je voyais. Quand la forme a eu fini de dicter, elle a disparu très lentement.

Ce n’est qu’ensuite que la lumière a disparu à son tour et, soudain, j’ai retrouvé autour de moi la pièce comme elle était depuis toujours. Le Père Frehe, bien sûr, s’est mis à me poser des questions : “Mais qu’est-ce que c’était au juste ?” Je lui ai répondu : “Je ne le sais même pas moi-même. Je pense que c’était Marie.” “Ah bon!”, a-t-il dit, sans ajouter de commentaire. ». 

Le récit rapporté ci-dessus, le Père Brouwer, († 27.10.2008, assomptionniste) l’a entendu de la bouche même de la voyante et l’a enregistré sur cassette.

Dès le deuxième message, Marie montre à Ida Peerdeman une procession qui s’avance dans le lointain : « C’est la Procession du Miracle d’Amsterdam. » (2eMessage, 21 avril 1945). Ce n’est pas à la « marche silencieuse » qu’il est fait allusion mais il s’agit d’une procession dans laquelle on porte le Très Saint Sacrement. La Vierge Marie a donc intentionnellement choisi de s’adresser aux peuples à partir d’une « ville eucharistique ».

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Première apparition : « J’ai vu soudain se détacher une forme, une forme vivante, une silhouette de femme ; je ne sais pas l’expliquer différemment. Elle était vêtue d’une robe blanche et portait une ceinture. Elle se tenait debout, les bras tendus vers le bas et les paumes des mains tournées vers l’extérieur, tournées vers moi. »


Une autre fois elle voit une lumière extraordinaire et, dans cette lumière, apparaît une dame qui lui fait penser à une femme juive…La jeune Ida pensa qu’il s’agissait peut-être de la Vierge Marie. Elle avait un regard clair, empreint de douceur. Elle ne disait rien, mais se contentait de rester debout dans l’éclat de la lumière. Ida n’avait jamais rien vu d’aussi beau. Pourtant, la même expérience se renouvela les deux samedis suivants.

La belle dame apparut de nouveau dans un soleil, souriante et silencieuse comme la première fois  « Il y avait un espace vide sans fin et, de cet espace, j’ai vu soudain se détacher une forme, une forme vivante, une silhouette de femme ; je ne sais pas l’expliquer différemment. Elle était vêtue d’une robe blanche et portait une ceinture. »« Elle était tellement belle, telle que j’ai pu la voir. »Surtout, Amsterdam est la seule apparition où la Vierge, désirant qu’on fasse un tableau d’elle, décrit précisément l’image qu’elle souhaite. (Message du 4 Mars 1951) 

Notre Dame ( mère) de tous les peuples
Par Judgefloro (shifted, cropped & recoloured by Rabanus Flavus) — File:09894jfRoads Bigte Virgen Flores Quasi Parish Church Norzagaray villagesfvf 06.JPG, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52287376

Puis, la Dame vient comme se placer en évidence devant moi et dit : « Regarde mon image et observe-la bien. ». Et elle fait un geste comme pour dire : tiens, touche-la. Je peux réellement toucher les contours de sa forme, mais je les sens comme quelque chose d’immatériel. Elle a des cheveux épais et ondulés qui tombent sur ses épaules. On dirait par moments que c’est un être humain, et à d’autres moments, non.

Je vois à présent que son voile est fait d’un genre de lin de couleur blanche, mais d’un blanc cassé. On dirait qu’elle l’a tiré en arrière pour montrer son visage. La Dame dit : « Voilà, grave la bien dans ta mémoire. Je me tiens sur le globe, les deux pieds fermement posés dessus. De même, tu vois bien distinctement mes mains, mon visage, mes cheveux et mon voile ». Le reste est comme dans le flou. C’est comme si je voyais, pendant quelques instants, du flou autour d’elle.

« Regarde bien ce qui dépasse à hauteur de mes épaules, des deux côtés, et au-dessus de ma tête. ». Je m’aperçois, toute étonnée, que c’est une croix et je dis à la Dame : « C’est une croix ; j’en vois dépasser les traverses et la poutre verticale. » La Dame sourit et dit : « Voilà, as-tu bien vu ? Je t’ai montré ma tête, mes mains et mes pieds pareils à ceux d’un être humain. Fais bien attention : pareils à ceux du Fils de l’Homme. Le reste, c’est l’Esprit. » 

L’explication de l’image

La Dame garde un moment le silence ; je la vois très distinctement. Elle dit : « Je vais à présent t’expliquer pourquoi je viens ainsi, sous cette forme. (la vierge est devant la croix du Christ, les pieds sur un globe terrestre) Je me tiens devant la croix, en tant que Dame. La tête, les mains et les pieds pareils à ceux d’un être humain. Le corps, cependant, comme appartenant à l’Esprit. Mais à présent, l’Esprit va venir sur le monde ».

La Dame marque une nouvelle pause ; puis elle dit : « Je me tiens sur le globe parce que ceci concerne le monde entier. ». La Dame fait ensuite comme un arc de cercle de la main et dit : « Regarde bien ! ». Je vois alors se former un arc de cercle d’un côté à l’autre de la traverse. Le cercle semble être fait d’une étrange sorte de lumière et j’y vois apparaître des lettres d’imprimerie noires : à gauche,   « la Dame », en haut, au milieu, « de tous » et, à droite, « les Peuples ».

La Dame dit ensuite : « Pourquoi te donner cela ici ? J’ai un dessein particulier, ce sera clair plus tard. Transmets bien tout cela. Tel est mon message pour aujourd’hui. L’esprit de fausseté s’infiltre tellement qu’il est nécessaire de mettre vite cela à exécution. Le monde entier est en état de corruption ; c’est pourquoi le Fils envoie la Dame de tous les Peuples, qui fut un jour Marie. »

«Regarde une fois de plus mon apparence. ». C’est alors comme si la Dame s’approchait de moi et me faisait, une fois de plus, tout voir distinctement. Elle dit ensuite : « Voilà comment il va falloir la diffuser. Il ne faut rien changer au texte de la prière que j’ai dictée. »

Le visage
Photo Jean Bretin

Elle précise à nouveau son image lors du 31eMessage, le 15 avril 1951

« Je vois de nouveau cette grande lumière crue. Très lentement, la Dame avance et sort de cette lumière pour se retrouver distinctement devant moi. La Dame ne parle pas encore, mais elle me regarde en souriant. Au bout d’un moment, elle se met à parler. La Dame dit : « Mon enfant, regarde bien une fois de plus ! ». La Dame me montre la ceinture qu’elle porte à la taille. C’est cette ceinture que je dois bien regarder. La Dame dit : «Tu as tout bien transmis. Tu es sur la bonne voie. Seulement, regarde bien une fois de plus ce linge. »

Je vois alors la Dame enlever la bande de tissu qu’elle porte à la taille*. C’est un linge très long ; elle me montre comment elle le noue. De la main gauche, elle en tient une extrémité ; de la main droite, elle le fait passer deux fois autour de sa taille jusqu’à ce que les deux extrémités se rejoignent. De la main gauche, elle rabat celle de gauche derrière la bande de tissu de manière à en laisser dépasser un bout. « Écoute bien ce que cela signifie », dit la Dame. « C’est comme le linge qui ceint les reins du Fils. C’est que je me tiens, en tant que Dame, (ou femme, terme utilisé par Jésus sur la croix. Le mot hollandais « vrouwe » est le même pour les deux), devant la croix du Fils. »

Le perizonium et les rayons, symbole des grâces offertes
Photo de Jean Bretin

* Le périzonium (du grec: περίζωμα, autour de la ceinture), est un pagne qui servait de caleçon durant l’Antiquité. Ses plus anciennes attestations remontent à la civilisation minoenne dans l’île de Crète. Appelé aussi Saint Pagne ou pagne de pureté, il désigne avec cette dénomination le morceau d’étoffe qui aurait servi à cacher la nudité de Jésus de Nazareth en croix.

Attitudes de la Vierge

 La vierge, dispensatrice de grâces : la Vierge tenait les bras légèrement écartés. Une autre fois,elle se tenait debout, les bras tendus vers le bas et les paumes des mains tournées vers l’extérieur, tournées vers moi. 

La douceur et la pédagogie de la Vierge : soudain, la forme s’est mise à me parler ; elle a dit : “Répète après moi.” Je me suis donc mise à répéter mot à mot ce qu’elle disait. Elle parlait très lentement.Elle souriait en disant ces mots. La forme a souri.  En prononçant les deux mots “la Dame”, elle a avancé légèrement la tête vers moi.La Dame de tous les Peupleslui dictait des paroles empreintes d’une grande douceur. En prononçant ces mots, la Dame joignit les mains comme si elle voulait nous montrer comment prier. Message 50 du 31 Mai 1954 «Je suis venue dans ce monde sous toutes sortes de formes. ».

Le découragement de la Vierge : la Dame regarde alors le globe terrestre et, l’air triste, secoue la tête de gauche à droite. « À présent, je le demande : cela a-t-il servi à quelque chose ?  

La piété de la Vierge : je vois la Dame joindre tout à coup les mains dans un geste gracieux. Elle s’arrête de parler et, des yeux, attire mon attention sur ce qui se passe au loin…. La Dame regarde en direction de l’autel dans une expression de fervente piété. On dirait qu’une éclatante lumière descend sur elle. (31 Mai 1955) 

La détermination de la Vierge : à la fin de la sainte Messe du matin, dans l’église Saint-Thomas, j’entends soudain la voix de la Dame, pressante et nette. Elle dit : «Je viens aujourd’hui. Demande à ton évêque de ramener le tableau à l’église avant que la troisième heure ne soit là. » (Un an auparavant, le curé de saint Thomas avait remisé le tableau dans la cure. L’évêque d’Amsterdam Haarlem ayant décidé de suspendre l’autorisation de l’exposition, le temps de vérifier l’authenticité des apparitions).Je réponds : « Je ne le ferai pas. De toute façon, ils ne me croient pas. ». 

 La Dame dit alors d’un ton très fâché :    « Fais ce que je te dis ! » (La voyante avait promis à son directeur spirituel de ne pas venir à saint Thomas ce jour là. Sur l’insistance d’Ida, le directeur spirituel fit porter le message de la Dame à l’évêque qui répondit qu’elle devait suivre les instructions de son directeur spirituel).  Dans l’après-midi, nous prions en famille le chapelet. Au troisième mystère glorieux, à trois heures précises, j’entends tout à coup la voix de la Dame. Elle dit : « Va au Wandelweg. » (le terrain où la vierge a demandé qu’on construise une chapelle) 

 Je sursaute et je dis : « Je ne le ferai pas. Je dois obéir au Père Frehe ; je lui ai donné ma parole. Faites autre chose, car il faut que vous nous aidiez. » (Malgré l’insistance de la voyante, son directeur spirituel refuse qu’elle s’y rendât).Le soir, vers huit heures et demie, j’entends de nouveau la voix de la Dame. Elle dit : « Je viens quand même aujourd’hui. ». Je demande : « Où donc ? » La Dame répond : « Ici. Avertis-les et dis-le à ton curé. ».  Je dis : « Je ne le ferai pas parce que je ne peux rien faire sans le Père Frehe.» Effectivement, je ne l’ai pas fait. (Message du 31 Mai 1956).

Messages de la Vierge (synthèse) 

Les vingt-cinq premiers messages

Ils couvrent la période 1945-1950, ne sont pas toujours faciles à suivre. Au début, le sens de nombreuses images et paroles est difficile à discerner. À une époque où personne n’était en mesure de prévoir les incroyables tempêtes qui allaient s’abattre sur l’Église et sur le monde, la Dame nous mettait déjà en garde contre les malheurs et les menaces qui guettaient l’humanité.

Ceci nous paraît  d’autant plus surprenant qu’on est bien obligé de reconnaître, après bien des années, le bien-fondé de nombreuses images et l’accomplissement de nombreuses prophéties : la fondation de l’État juif d’Israël (2ème message),la chute du communisme (5ème message),  le premier alunissage (7ème message),  la crise monétaire (14ème message), la guerre des Balkans et les risques d’une guerre chimique (17ème message),  la guerre froide et les boycotts économiques (23ème message), le Concile. (27ème message).

Ces prédictions, contenues dans les paroles de la Dame, sont les signes qu’elle nous donne, et qui étaient tellement réclamés par ceux qui ne voulaient pas croire les dires de la voyante. La Dame en effet disait: « Cela se vérifiera avec les années » (19ème et 49ème messages) Peu à peu en effet, le sens des messages apparaissait, y compris dans les nombreux avertissements que la Dame adressait à l’Église.

Alors que rien n’annonçait une crise dans l’Église, la Dame attirait avec force l’attention des catholiques sur leurs manques d’amour, de foi et de justice, les invitant à procéder à des changements fondamentaux ; elle montrait aussi les nuages qui s’accumulaient au-dessus de l’Église. (4ème, 5ème et 7ème messages). Tandis qu’après les désastres de la seconde guerre mondiale beaucoup d’Etats essayaient de se reconstruire, la Dame révélait un monde qui courait vers l’abîme et menaçait de s’autodétruire.

Elle insistait beaucoup sur le fait que les guerres et les calamités qui surviendraient, seraient les conséquences de la corruption d’une humanité emportée par la confusion des esprits, d’une humanité qui reniait son Créateur. La Dame voulait ramener tous les hommes à Jésus-Christ, à sa Croix, à son amour, à sa vérité et à sa justice. La Croix du Christ, dressée au milieu du monde, est la seule assurance de la paix sur la Terre. La Dame promettait d’aider le monde, disant: « Je pose le pied sur le monde. Je les aiderai et les conduirai au but, mais il faut qu’ils m’écoutent. » (5ème message) 

Les messages des années 1950 a 1954

Le 1er novembre 1950 Pie XII avait proclamé le dogme de l’Assomption de la Sainte Vierge. Le 11 février 1951, pour la première fois,  dans son 27ème Message à Ida, qui était en Allemagne, apparaît Marie comme la Dame, Mère de tous les Peuples, et lui donne sa prière. Elle parle aussi du dernier dogme marial la concernant : Marie Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate. Durant cette période, qui concerne ce que l’on peut appeler la 2ème série des messages, la Dame s’adresse plus spécialement à l’Église et aux chrétiens, les exhortant à observer le grand commandement de l’amour qui, seul, peut secourir notre monde en désarroi. (35ème message) Elle invitera aussi les chrétiens à plus d’ouverture et de largeur d’esprit et réitérera constamment l’appel à l’unité.

Les messages (50 à 56) de 1954 a 1959

Les derniers messages ont tous été donnés un 31 mai. La Dame s’y manifeste dans toute sa gloire. Elle s’adresse à tous les peuples de la terre et montre à l’humanité le chemin à suivre. La dernière vision est grandiose : elle montre le Seigneur dans sa gloire divine et la Dame couronnée dans le ciel. Dans ses derniers messages, la Dame donnera des conseils pratiques concernant l’Église, qu’elle appelle souvent “la Communauté ».

Amsterdam aura une place particulière, car c’est là que la Dame veut qu’on construise une église et c’est là aussi qu’elle désire voir les peuples se réunir tous les ans, en sa grande solennité du 31 mai, autour de son trône. Elle indique l’endroit où cette église doit être construite et donne des instructions détaillées sur l’aspect qu’elle devra avoir (52ème message). Malheureusement cette église n’est toujours pas construite!

Dans ses derniers messages, la Dame insiste beaucoup sur l’Eucharistie et sur la présence réelle du Seigneur sous les espèces du pain et du vin (53ème message). Dans la vision céleste du 31 mai 1959, une « forme », le Seigneur lui-même, dans toute sa grandeur et toute sa majesté, sort d’une Hostie de feu blanc. La voyante entend retentir ces paroles : « Celui qui Me mange et Me boit, prend en lui la vie éternelle et reçoit le véritable Esprit! » (56ème message)

Messages détaillés de la Vierge

Phrases caractéristiques de la Vierge (reformulées ou intégrales)

I – Le monde est corrompu ; cette corruption est la source de tous ses malheurs.  

Le monde est corrompu

Jamais le monde n’a connu une telle période de déclin de la Foi (29) Le monde va mal et fait dans la superficialité (31); Le monde entier tombe dans la corruption (34) ; Si vous continuez ainsi le monde va s’auto détruire (11);  Les gens regardent la croix et la rejettent (12); Les bancs sont vides dans les églises (16) ; Le monde ne sait plus vers quoi aller (51); Le monde est en état de corruption (51); Le monde entier est en état de corruption (28); Le faux esprit domine le monde (45); Méfiez vous des faux prophètes. La science a appris au monde à oublier ce qu’est la reconnaissance ; ils ne connaissent plus leur créateur (51); Equité, Justice, où sont-elles donc ? (6) Corruption de l’humanité, pleurs de la Vierge (16); Encycliques : elles sont sur la bonne voie mais on ne les fait pas siennes.

Les encycliques ne sont pas appliquées (23); Les gens tournent le dos à la croix (6); Les gens sont comme des agneaux errants (5); En Allemagne, on ne voit pas les jeunes dans les églises (21-22); La France va mal (25); Le monde est tellement matérialiste qu’il faut ramener une foi simple parmi les hommes (30); France tu seras et tu es détruite dans ta foi (37); Humanisme, paganisme, athées, serpents, vont essayer de régner sur le monde (42); La Hollande est sur la voie de la corruption (43); Vraiment ça vaut la peine de quitter ce monde (53); Le monde court à sa perte (37)

De la corruption naissent les calamités et les guerres (51)

II – L’auteur de cette corruption est un esprit : celui de Satan 

1 – L’Autre 

L’autre esprit s’infiltre (20)L’esprit va s’insinuer si subtilement que les peuples ne le reconnaissent pas (20); Tous les peuples gémissent sous le joug de Satan (38); L’esprit de fausseté, de mensonge et de tromperie entraîne un grand nombre de personnes (43); Satan est encore le prince de ce monde (49); Le monde est enveloppé d’un faux esprit, de Satan (50); Je viens mettre en garde les peuples ; Satan n’est pas encore expulsé (51)

2 – La Dame de tous les peuples vient pour vaincre le déclin et la corruption spirituels 

La Dame est envoyée pour vaincre le déclin et la corruption spirituels (43) C’est Elle qui a sauvé le monde cette fois, en 1945  (53)

III – Mais pour lui permettre d’agir plus efficacement, il faut lui reconnaître le dogme de co-rédemptrice.

Le nouveau dogme sera le dogme de co-rédemptrice (32) ; en quoi ce nouveau titre est-il légitime ? 

1 – Marie et son Fils Jésus ont la souffrance en partage

De même qu’Il a souffert, j’ai souffert (30) La Dame se tient devant la croix en tant que co-rédemptrice et avocate (31) Dès le moment où le père l’a élue, elle a été co-rédemptrice ; la mère a souffert tant spirituellement que physiquement ; elle L’a toujours précédé. (32 et 33) J’ai précédé le Christ vers la Croix (35)

2 – C’est le testament de Jésus sur la croix

Les hommes ont été confiés à la Mère par les mots de Jésus sur la croix : « Femme voici ton fils et Fils voici ta mère », donc co-rédemptrice, médiatrice et avocate (35). C’est au départ de JC qu’a commencé la co-rédemption (40)

3 – Les théologiens peuvent tout trouver dans les livres(49)

Ce dogme sera l’objet de beaucoup de luttes !Co-rédemptrice, avocate et médiatrice : les 3 notions et pas une seule comme le veulent certains ! (50) Je suis déjà venue dans le monde sous toutes sortes de formes (50) 

4 – Jésus veut accorder une grande faveur au monde et c’est la parole, la voix de leur Mère (50) 

5 – Conséquences de cette reconnaissance

Image et prière tomberont dans les cœurs comme flocons de neige (30) J’aiderai (36); Présentez donc vos demandes à la Dame de tous les peuples (40); Il faut diffuser l’image et la prière sinon le monde se détruira (29); Une nouvelle église est à construire au bord du Wandelweg (43 et 45) ; La Vierge précise l’endroit (terrain) et les détails concernant la construction de la nouvelle église (52)

6 – Il faut me croire ! Votre mère a été humaine avant vous. 

Les signes sont contenus dans mes paroles (51 et 53) Il suffit de voir la réalisation de ses prédictions. Votre mère sait ce qu’est la vie ; le chemin, elle l’a emprunté avant vous (51); Vous êtes comme un enfant qui réclame un feu d’artifice mais la vraie lumière, le vrai feu, vous ne le voyez pas (53); La Vierge n’ignore pas qu’elle a des êtres humains devant elle (43)

IV- Il faut s’appuyer sur Rome, mais des changements sont nécessaires 

1 – Rome a une grande chance à saisir (24)

Aucune église n’est mieux construite que Rome (27); Sais tu Rome l’étendue de ton pouvoir ? (35) il n’y a pas de place pour la bagatelle. ; Le pape est sur la bonne voie (38); Le pape est le combattant (39); Dis au pape que le Seigneur et la Dame l’assistent (43); Rome s’affermira au fur et à mesure que la lutte sera plus acharnée (38); Observez les encycliques (43); N’écoutez pas de faux prophètes, écoutez uniquement vos pasteurs catholiques et vos ministres protestants et la voix de votre conscience : un être supérieur (51) ;

Le célibat reste la grande force de l’église ; ne pas l’abandonner sauf circonstances exceptionnelles (52); Appelez l’Esprit qui s’exerce à travers les sacrements ; Mais le saint Esprit ne vient que si vous le demandez (51); Pensez à vos sacrements, au miracle quotidien (51); Sacrements : vous avez des pratiques curieuses sous ce rapport (53); Le grand miracle de chaque jour sous les espèces d’un petit morceau de pain, de vin : l’avant goût de la vie éternelle (53); Elevez les enfants dans la doctrine chrétienne (7) 

2 – Mais beaucoup de changements sont nécessaires et difficiles (parce que tout est miné) 

2-1- Tout est miné ! Sais tu à quel point, Rome, que tout est miné ? (35) Une action de sape spirituelle est engagée (36); Rome se croit fort, elle est minée. (29); Beaucoup d’églises différentes : Rome sois sur tes gardes (9) 

2-2- Il faut que beaucoup de choses changent 

Il faut et il faudra que beaucoup de choses changent au sein de la communauté et de l’église (40)Il faut tout transformer à Rome (17); Il faut œuvrer par les actes(20) insister sur les droits sociaux , l’équité et la Charité (20) ; Plus d’action ! (24)

2- 3 – Il faut avoir plus de largesse d’esprit ! 

La formation des prêtres doit être plus moderne ; du changement !Plus de largesse d’esprit, plus de social (4 ème message) ; L’esprit ancien doit disparaître (5); Voir les choses avec largeur d’esprit (11)  Avoir plus de largesse d’esprit ; pourquoi se cramponner comme ça ? (23); Saint Père : que tes sujets aient de l’ouverture et de la sagesse d’esprit (36 et 3); Soyez larges d’esprit, soyez bons pour les hommes ; jugez comme le seigneur, pensez à l’amour. (43); Rome sois large d’esprit et n’agis que par amour ! (38

2-4- Parce que l’Amour est le 1ercommandement ! 

L’amour, 1ercommandement (22)La charité et l’amour avant la justice (17); L’amour est premier ; avant la vérité et la justice (19); L’amour, principal commandement (27); Être de bonne volonté, c’est observer le 1ercommandement : l’Amour (33) Et c’est ce qui manque au monde : l’amour de Dieu et du prochain.  Un seul commandement : l’Amour (37)

Commentaires : « Qui suis je pour le juger ? »  A dit le pape François à propos des homosexuels. 

2-5- Il faut changer les lois mais garder la doctrine

Clergé, religieux, étudiants : ils sont bons à rien (5)La doctrine est juste mais il faut changer les lois (19, 38, 39) ; Il faut réveiller les hommes d’église et ramener le petit peuple à Lui (Allemagne) 20 ; La doctrine est bonne ce sont les lois qui peuvent et doivent changer (27) Exemple : décret à jeun pour communier (26); Qu’un petit nombre à communier (26); JC a donné au monde un miracle quotidien : combien, savent- ils que ce miracle existe ? (43)

Commentaires : beaucoup de changements ne touchant pas la doctrine sont encore possibles et nécessaires dans l’Eglise catholique.

2-6- Il faut recourir aux moyens modernes 

Pourquoi Rome ne recourt pas davantage aux moyens modernes ? (21)Soyez de votre époque, adoptez des méthodes modernes (2 ); Pape : recourez davantage aux moyens modernes (25)

2-7- Clergé régulier et séculier doivent s’entendre (40 et 43)

2-8- Il faut une seule et grande église(6)

Angleterre tu dois retourner au Très haut (7) Chrétiens, il est grand temps de s’unir (36) ; L’Eglise peut-elle être grande si elle est divisée ? (43); Les églises vont être encore plus minées (43); Formez une unique communauté (51)

Commentaires : il est temps pour l’église anglicane de revenir vers Rome ! 

2-9- Il faut revenir à une foi simple 

Il faut que la théologie cède le pas à la cause de mon fils ; le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple (30)Aux théologiens je dis : le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple pour sa cause (31); Retournez vers une foi simple et le monde retrouvera la paix (31); Une foi simple (38); Peuples, revenez et essayez de retrouver votre simple foi (45)

Commentaire : qu’entend la Vierge par foi simple ? 

Je ne peux m’empêcher de penser à ce tableau de l’Angélus de Millet, où deux paysans, sur le lieu de leur labeur, s’interrompent un instant à la cloche de l’Angelus* (19H) pour dire à Dieu, quelques secondes, qu’Il reste présent dans leur esprit, quel que soit l’heure et le lieu ! 

* L’angélus commémore les moments de l’Incarnation de Jésus, dont le nom signifie en hébreu « Dieu sauve » : annonce donnée par l’ange Gabriel à une jeune fille juive d’Israël nommée Marie ; Marie accepte que le Verbe, la parole (qui est Dieu lui-même selon l’évangéliste Jean), prenne chair en elle à l’instant par le seul effet du Saint Esprit, pour donner naissance à Jésus. Cette prière est récitée dans l’Église latine trois fois par jour, à six heures, à midi et à dix-huit heures, mais cet horaire peut varier selon le travail et les régions. Ainsi, en France, les cloches sonnent généralement à sept heures, midi et dix-neuf heures. À ces heures, une « cloche de l’angélus » est sonnée — l’angélus se sonne par trois séries de trois tintements suivis d’une « pleine volée ». En Irlande, la chaîne de télévision publique RTE 1 diffuse la cloche de l’angélus tous les jours à 18 heures, juste avant le journal télévisé du soir.

L’Angelus
Par Jean-François Millet — Google Art Project: Home – pic Maximum resolution., Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20110808

3 – Mais tout le monde est concerné ; pas que Rome : les femmes, les «dirigeants du monde, les européens, les « blancs », chaque personne.

Et d’abord les femmes !  « Vous femmes, donnez l’exemple ; retournez à la femme en vous ! (25)

Message du 31 Mai 1951

Et maintenant, je m’adresse aux femmes de ce monde. Femmes de ce monde, savez-vous ce que cela veut dire, être femme ? Cela signifie faire des sacrifices. Défaites-vous de tout votre égoïsme et de toute votre vanité et essayez d’amener au centre, à la Croix, tous les enfants ainsi que ceux qui sont encore là en train de paître. Prenez part vous-mêmes à ce sacrifice. 
Et maintenant, je m’adresse aux hommes de ce monde. Je leur dis : hommes, c’est de vous que doit partir la force et la volonté d’amener le monde à l’unique Prince de ce monde, le Seigneur Jésus-Christ. »

Que veut dire Marie à travers cette phrase ?  « Vous femmes, donnez l’exemple ; retournez à la femme en vous !

Eliette Abécassis, l’écrivaine, dans un entretien au magazine « Pèlerin » le 2 Novembre 2017, formule un commentaire qui nous semble tout à fait approprié pour illustrer cette phrase : « La femme a un rapport au monde particulier et une sensibilité différente, une relation plus émotionnelle aux choses, et c’est bien ainsi. Je souhaite défendre ce qui fait la féminité : les habits, les gestes, l’apparence…la maternité aussi. La femme, qu’elle ait des enfants ou non, porte la possibilité du monde en elle. Je ne crois pas du tout à la théorie des genres, qui confond tout le monde et qui fait comme si nous étions, hommes et femmes, interchangeables. » Les femmes sont d’abord des mères rappelle la Vierge ! Et avec la maternité, il faut ajouter l’éducation et notamment la transmission de la foi chrétienne ! 

Marie s’adresse à tous : 

– Grands de ce monde, ne dupez pas vos enfants : vous êtes responsables !  (51); L’Europe doit s’unir : Peuples d’Europe, rassemblez vous (7) ; Défaites vous de votre égoïsme et de votre vanité(33) ; Vous les blancs, reconnaissez les droits des noirs (43  et 51)

4 – le combat est spirituel ; c’est un chemin difficile pour les humains, qui doit suivre la Croix 

L’enjeu du combat, c’est l’esprit (27); C’est l’Esprit qui sauve le monde car le monde est gouverné par les idées (32) ; C’est un chemin long et difficile (6); Le combat spirituel est le pire (6) ; La paix passe par le retour à la Croix (27); Vous les chrétiens, prenez donc la croix dans la main ; alors les païens ne l’emporteront pas sur vous (39); Vous aussi, par votre chemin de croix vous montez au père et au fils ; le saint esprit vous aidera (51); Faites pénitence (55); Placer la croix au centre, pas de paix avant (6) 

C’est quoi, ce chemin de croix dont parle Marie ? 

Par chemin de croix il faut sans doute entendre notre capacité à vivre toutes les difficultés que la vie nous ménage, avec amour et patience et, pour les meilleurs d’entre nous, avec esprit de sacrifice, en vue de l’offrir en réparation des fautes des hommes. (péchés)

V – Satan sera vaincu ; la vraie paix est celle du Royaume de Dieu

1 – A la fin, la Vierge vaincra !

J’ai écrasé le serpent sous mes pieds (35) ; Chrétienté, tu es menacée mais la victoire est à nous (23) ; Les forces de l’enfer vont se déchainer (48) mais elles ne l’emporteront pas ! Il est donné à la Dame de tous les peuples de venir à présent et expulser Satan ; elle le vaincra (51); Il faut bien que vous veniez tous au Ciel ! (53)

2 – La vraie Paix est celle du Royaume de Dieu

Justice, vérité et amour ne viennent pas des hommes (vision de l’enfant dieu) 10, 13 et 15. Ce n’est que lorsque lui (l’enfant) sera ramené sur terre qu’il y aura la vraie paix. (9); La vraie paix, peuple, c’est le royaume de Dieu (51)

VI – Le Père sait et permet tout ce qui va se produire dans le monde (51)

Dieu le Père est celui qui a pouvoir sur tout : il sait et permet tout ce qui se produit dans le monde. 

Remarque : Les messages sont tous très importants. Certes, il y a des redites, mais la Dame sait que nous ne sommes que de pauvres hommes à la tête dure, qui ne comprennent que lentement les choses d’en haut. Et puis, pour qui nous prendrions-nous si nous osions critiquer la pédagogie de la Vierge, et faire des choix dans ses conseils et ses révélations? 

Ces messages sont très denses et d’une lecture parfois compliquée. J’essaye d’en faire ici une synthèse claire. 

1 – De la corruption du monde naissent guerres et calamités.

Si l’on analyse bien les messages de la Vierge à Ida, on comprend que, même si le monde a sa propre logique (séismes, irruptions volcaniques, tempêtes…) c’est la corruption de l’homme, détaché de Dieu, qui est la cause des guerres et des calamités ! 

2 – La source de cette corruption est Satan : l’esprit du Mal s’opposant à l’esprit du bien, incarné par Jésus.

3 – Marie revient visiter les hommes pour les aider à vaincre le déclin et la corruption spirituels.

4 – La Vierge est légitime à conduire ce combat, à côté du saint Esprit,

Marie souhaite se voir reconnaître la triple qualité de co-rédemptrice de l’humanité, d’avocate et médiatrice de toutes les grâces. Elle souhaite ajouter le dogme de co-rédemptrice aux autres dogmes. Le titre de co-rédemptrice est justifié selon la Vierge, parce qu’elle a souffert avant, pendant et après son fils Jésus. Parce que Jésus lui a confié la Terre en héritage sur la croix : « Mère voici ton fils ; Fils, voici ta mère »..

5- Elle nous dit qu’il faut vaincre notre scepticisme :

« il faut me croire ».

6- Il faut s ‘appuyer sur Rome (l’église catholique) mais des changements sont nécessaires

Rome a une grande chance à saisir mais tout est miné ! Anticipation du « ménage » à faire dans la Curie romaine et auquel s’est attelé le pape François ?  Il faut que beaucoup de choses changent : par exemple avoir plus de largeur d’esprit en plaçant l’amour en premier*, obéir au pape, changer les lois mais garder la doctrine (validation à priori des réformes du concile Vatican II ?)  recourir aux moyens modernes pour évangéliser, que clergé régulier et séculier s’entendent mieux, revenir à une foi « simple ».

7 –  Tout le monde doit changer,pas seulement l’Eglise romaine 

Les femmes, les dirigeants, les européens, les gens de race blanche, chacun, en se défaisant de son égoïsme et de sa vanité.

8 – Ce combat est de nature spirituelle et pour le gagner, il faut suivre « la croix ». Autant dire suivre le Christ et son exemple.

La Croix est l’élément le plus présent dans toutes les visions d’Ida. La Vierge s’en sert comme Jeanne d’Arc son étendard : elle la plante sur les parties du monde en disant souvent : « C’est Lui, qu’il faut ramener ici ! »Dans son message 39 du 17 Février 1952, la Vierge dit : « Vous, chrétiens, prenez donc, chacun d’entre vous, la croix dans la main. ».

On dirait que la Dame, en disant cela, prend elle-même la croix et la montre. « La croix dans la main, vous possèderez le Royaume. La croix dans la main, vous irez au-devant de votre prochain. La croix dans la main, vous vaincrez votre ennemi. Ainsi les chrétiens de ce monde auront conscience de ne faire qu’un avec l’Église et avec la Croix.Il faut porter davantage la mémoire de Notre Seigneur Jésus-Christ parmi les peuples. »

9 – A la fin, Satan sera vaincu.

10 – Et tous les hommes pourront bénéficier de la vraie paix : celle du Royaume de Dieu. 

11 – Dieu le Père sait tout et permet tout : créateur de la Terre et de l’univers, il en contrôle la course. 

12- L’Amour embrasse tout

« Et aux apôtres de ce temps, je dis : soyez larges d’esprit, soyez cléments. Soyez bons pour les hommes. Condamnez et jugez comme le Seigneur Jésus-Christ le faisait. Comprenez votre temps, comprenez le combat. Sachez que l’esprit mène un combat. Ce temps est celui de l’esprit. Le combat est dur et pénible, mais le vrai Esprit vaincra à condition que vous coopériez tous. Église de Rome, saisis ta chance !

Le Père, le Fils et le Saint Esprit veut à présent rendre grande son Église. Comprenez bien votre doctrine. Il est nécessaire que la Dame vienne dire toutes ces choses. Pensez au premier et principal commandement : l’Amour. Il embrasse tout. » Message 43 du 5 Octobre 10_952

 Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

1 Des faits étranges et inquiétants

Ceux qui ont bien connu Ida à cette époque pensent que le démon savait peut-être qu’elle serait choisie par Marie pour porter son message au monde. Aussi, durant cette période, la jeune fille fut-elle l’objet de manifestations diaboliques fréquentes : des lampes se balançaient dans la maison ; les portes des armoires s’ouvraient toutes seules ; les aiguilles de l’horloge tournaient avec une rapidité fulgurante ; un four qu’elle n’utilisait presque jamais se mit un jour à fumer. Cette situation devint plus grave quand Ida elle-même fut, à plusieurs reprises, directement menacée par le démon. 

Voici quelques souvenirs de Piet, le frère d’Ida, rapportés par sa fille Hélène, nièce d’Ida. « Cela se passa au cours d’une promenade dans les rues de la ville. Ida remarque un homme vêtu de noir comme un prêtre. Une terrible angoisse l’envahit devant le regard sinistre et pénétrant de cet étranger. Elle cherche à l’éviter et presse le pas, mais l’homme la rattrape, la saisit vigoureusement par le bras et tente de la tirer dans un canal pour qu’elle se noie. Mais au sein de ce terrible danger, elle entend une douce voix qui la rassure en lui promettant de l’aider.

À l’instant même, l’homme en noir la lâche en poussant un cri horrible et disparaît sans laisser de traces. À la suite de cet incident, son père chargea sa soeur Gesina d’accompagner, matin et soir, sa plus jeune sœur au travail, à l’aller et au retour. »Ce personnage mystérieux allait encore se manifester, mais il ne faisait que sourire froidement sans oser porter la main sur Ida. 

« Ida avait vingt ans. Un jour, le démon s’approcha d’elle une troisième fois en essayant de l’entraîner par ruse dans un accident mortel. Il lui apparut sous les traits d’une vieille infirme, qui prétendait avoir fait sa connaissance à l’église. Elle lui laissa son adresse en l’invitant à venir lui rendre visite le plus tôt possible. Ida déclina l’invitation mais ne put refuser de l’aider à traverser la rue, comme elle le lui demanda aussitôt après.

La peur paralysa Ida, quand, arrivée au milieu de la rue, elle sentit qu’on l’empoignait à nouveau, fortement, par le bras. Puis, dans un hurlement, Satan disparut en la poussant devant un tramway qui, au tout dernier moment, parvint à s’arrêter. Il s’en était fallu de peu qu’il ne renversât Ida. Le soir même, Piet, son frère, se rendit avec son futur beau-frère à l’adresse que cette personne âgée avait donnée. Ils ne trouvèrent qu’une vieille bâtisse désaffectée. »

Nulle part, pas même à la maison, Ida n’était épargnée par ces attaques démoniaques qui terrifiaient aussi la famille. Son frère Piet témoigne : 

« Un jour, tandis que le Père Frehe, encore chez lui, à la cure, s’apprêtait à rendre visite à la famille Peerdeman, Ida, chez elle, se mit au même instant à vociférer et à jurer. Elle déploya subitement une force physique anormale, au point qu’elle parvenait à soulever aisément des meubles très lourds. Sa voix changea complètement de timbre. Le père d’Ida, son frère et ses sœurs virent se balancer le lustre du salon, entendirent la sonnette vibrer sans discontinuer ou les plombs sauter sans raison. Les portes et les tiroirs s’ouvraient d’eux-mêmes. Heureusement mon père savait réagir avec humour : « Allez, entrez tous autant que vous êtes, plaisantait-il, plus on est de fous, plus on rit! »

Le Père Frehe conseilla à Ida d’ignorer autant que possible ces manifestations diaboliques. L’intrépidité de papa servait d’exemple au reste de la famille. On attachait donc le moins d’importance possible à ces phénomènes et quand la situation se faisait critique, on se donnait mutuellement du courage en citant un dicton significatif comme : ‘Allez! On rit les enfants, car si on ne le fait pas, ce sont les diablotins qui vont rire, et on ne va pas leur faire ce plaisir!’

Un jour, toutefois, Ida sentit qu’une main invisible la saisissait à la gorge pour l’étrangler. Devant l’intensification de ces attaques, le Père Frehe comprit qu’il devait faire un exorcisme. La famille entendit alors la voix écœurante et haineuse de Satan qui, par la bouche d’Ida, insultait le prêtre. En cette occasion mais en d’autres aussi, le Père Frehe mesurait à quel point les démons étaient en rage. 

Le Père Frehe fit alors un exorcisme avec la permission de l’évêque. La dernière parole du diable fut : « Cureton, je t’aurai bien. » En retournant chez lui, le Père Frehe tomba à travers un grillage. Le Père Frehe, confesseur et directeur spirituel d’Ida, fut toujours convaincu de l’authenticité des messages. Il n’était pas crédule pour autant. De sa formation dominicaine, il avait gardé un souci de rigueur dans l’examen minutieux des visions et des paroles que recevait et transmettait la voyante.

[1] Des phénomènes semblables se produisent parfois dans la vie de certains mystiques comme la bienheureuse Myriam d’Abellin, carmélite, qui, avant de recevoir de grandes grâces, avait parfois à subir une forme de possession diabolique. Le curé d’Ars eut également à subir les attaques de SAtan.

Le biographe d’Ida Peerdeman raconte d’autres attaques du Démon : « De même, dans la nuit du 4 au 5 avril 1992, le démon se manifesta dans sa chambre. Ida n’entendit que le bruit fracassant de quelqu’un qui marchait lourdement. Elle ne le voyait pas dans l’obscurité. D’une voix percutante et affreuse, il s’adressa à elle : ‘Je veillerai à ce que ça n’aille pas plus loin entre ton évêque et toi. La lumière que tu vois, c’est la mienne ; ce n’est pas celle de l’autre!’

Ida lui répliqua : ‘Bien sûr que c’est elle! La Dame, elle, vient toujours dans la lumière tandis que c’est typique de toi, tu ne viens que lorsqu’il fait sombre et tu es toujours dans l’obscurité.’ Ida se mit à réciter à voix haute la prière que lui avait enseignée la Dame. Le démon poussa un cri : ‘Je veillerai à ce que tu ne puisses plus jamais voir la lumière.’ À ces mots, il lui lança un petit caillou dans l’œil qui lui causa de terribles douleurs. Puis il disparut. L’œil se mit à enfler et devint tout rouge.

Le lendemain matin, Jannie Zaal, qui s’occupait d’elle dans ses dernières années, et Truus, la sœur d’Ida, lui rincèrent l’œil avec de l’eau de Lourdes. L’œil était infecté mais ne présentait aucune lésion interne. Le médecin prescrivit une pommade. Une dizaine de jours plus tard, Ida avait recouvré la vue.

Le 1er mars 1995, mercredi des Cendres, les cinq téléphones de la maison se mirent subitement à sonner en même temps. Même quand on décrochait, la sonnerie ne s’arrêtait pas. C’était une manœuvre du démon pour faire peur à Ida. Effectivement, elle se sentait vraiment mal, jusqu’à la nausée. Une autre fois, le démon la souleva de son lit en lui disant d’une voix haineuse: ‘Tu n’es pas encore au Calvaire! ‘Le 15 décembre 1995 au matin, on trouva Ida, gisant au pied du lit, le visage ensanglanté.

Elle s’était sentie subitement saisie dans le dos par une main de plomb qui l’avait jetée par terre, la tête la première. Le choc avait été si violent qu’on pouvait voir encore, deux mois plus tard, la trace des hématomes sur son visage. En tout, Ida fit ainsi trois chutes, semblables aux chutes de Notre Seigneur sur le chemin de Croix. Le soir du 28 mai 1996, Mgr Bomers vint lui rendre visite. Il sonna sans que personne ne vint lui ouvrir. Il savait pourtant qu’Ida était chez elle. Inquiet, il le fit savoir à Jannie. Ida gisait au sol, sans bouger. Elle avait été une nouvelle fois empoignée de force et jetée brutalement au bas de son lit. »

 2 – Les visions d’Ida

Ida fait partie des voyantes qui ont été le plus gratifiées de visions ; outre les visions de la guerre 1939/456, la vierge l’a « emmenée » avec elle dans de nombreuses pérégrinations à travers le temps et l’espace.  Ida voit au dessus du monde, un arc de cercle où il est écrit : Vérité, Foi, Amour (8) ;elle lui montre l’enfant Jésus et dit : C’est lui ( l’enfant) que je veux ramener sur terre (9) La Vierge fait voyager Ida à travers le monde ; la vierge se tient debout sur le globe (24). Ida a des visions réitérées de la Croix et éprouve en même temps de nombreuses douleurs ; dans une vision, Ida voit le ciel, Jésus, et la Dame couronnée dans la gloire céleste. Ida a aussi bénéficié d’extraordinaires visions eucharistiques au moment de l’eucharistie alors qu’elle assistait à la messe. 

3 – Des visions de guerre

Malgré toutes ces difficultés, la vie poursuivait relativement paisiblement son cours. Mais un jour, bien avant le début de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elle travaillait dans son bureau, dans une vision que l’on qualifiera plus tard de prophétique, Ida vit passer devant elle des files interminables de soldats à bout de forces. Elle ne comprit pas ce que cela pouvait signifier. Maintenant nous sommes en 1940 ; Ida a 35 ans. Commencent alors ce qu’on a appelé les « visions de guerre », sur la seconde Guerre mondiale. Ida a des visions concernant le déroulement de la bataille en Europe. Elle voit la rivière de l’Oder rouge de sang ; elle voit aussi  que l’on se bat à Betuwe, la fin de Stalingrad et celles de Mussolini et d’Hitler.  « Ida voit les deux fronts et, les yeux fermés, elle fait des dessins sur la table, qui décrivent leurs manœuvres respectives. Son frère reproduit sur une carte avec des épingles le tracé qu’elle décrit. Ce tracé correspond exactement aux nouvelles diffusées, peu après, par la radio clandestine. »

Ida, a bientôt une autre vision qui paraît alors inconcevable, compte tenu des victoires que remportait à ce moment-là l’armée allemande. Ida voyait l’armée rouge, sous la forme d’une grande pince, encercler l’armée allemande à Stalingrad. Dès le mois de mai 1940, alors que les allemands étaient au faîte de leur victoire, Ida décrit le nid d’aigle de Hitler et sa fin tragique. Elle décrit aussi Mussolini pendu à l’envers, dans les hauteurs des montagnes près de Berchtesgaden. Elle avait alors un regard fixe et elle exprimait très lentement ce qu’elle entendait et voyait aux personnes qui l’entouraient. En 1940, ces prédictions ne pouvaient que faire sourire les gens, y compris les proches d’Ida. Brusquement les visions de guerre prirent fin. 

 [1] Ces « visions de guerre » furent confirmées plus tard, par les évènement

4 – La réalisation des visions 

Les preuves d’authenticité que livre la Dame de tous les Peuples dans ses messages ont un caractère fascinant, qu’on trouve rarement dans l’histoire des apparitions mariales. La Vierge suit une méthode tout à fait inhabituelle. Elle démontre en effet et de façon réitérée, l’origine surnaturelle des messages au fur et à mesure que s’accomplissent ses prédictions au cours des ans. Marie dit : « les signes sont contenus dans mes paroles » (31 mai 1955 et 31 mai 1957). et encore : « Cela se vérifiera avec les années.» (3 décembre 1949).. Il est important de noter que la voyante était dans l’impossibilité d’imaginer les prophéties données dans les messages et encore moins d’en influencer le cours de réalisation. Il est donc important, aujourd’hui, de répertorier les révélations de la Dame qui se sont déjà réalisées.

Nous donnons ici quelques exemples frappants :  la libération de la Hollande, annoncée le 25 mars 1945 pour le 5 mai suivant, se réalisa effectivement le 5 mai 1945.

Le 7 octobre 1945, Ida voit un drapeau rouge flottant sur la Chine. Quatre ans plus tard, le 1eroctobre 1949, après une guerre civile ayant opposé les communistes de Mao Tsé Tung à l’armée du général Tchang Kai chek, Mao Tse Tung, proclame la République Populaire de Chine.

Le premier alunissage : le 7 février1946, Ida Peerdeman raconte : « Je me trouvais avec la Dame au-dessus du globe. La Dame m’indique quelque chose et je distingue très clairement la lune devant moi. Il y a quelque chose qui s’approche en volant ; je vois cette chose se poser sur la lune. Je dis : ‘Il y a quelque chose qui se pose, qui se pose sur la lune!’ J’ai l’impression de flotter dans l’espace. Tout me paraît si étrange autour de moi… »Elle écrira des années plus tard, à propos du premier alunissage, du 20 juillet 1969 : 

« C’était fantastique l’alunissage, n’est-ce pas? Exactement ce que la Dame m’avait montré le 7 février 1946. C’est dommage qu’à cette époque-là je n’aie pas su ce que c’était et ce que cela signifiait… Je voyais quelque chose descendre à toute vitesse, une chose presque carrée, blanche qui se dirigeait vers la lune. Je trouvai ça fantastique à voir. »

Le 29 mars 1946, alors que la foi dans l’Église catholique était encore très vivante, la Dame prédit : “La religion devra mener un dur combat ;on veut l’anéantir. Ce sera fait avec tant de raffinement que presque personne ne s’en souciera.” C’est exactement ce que nous avons vécu depuis la fin du concile Vatican II, et dont de très nombreux responsables ecclésiastiques commencent seulement à prendre conscience.

Nous sommes le 26 décembre 1947. Ida, ce jour-là, a vécu  par anticipation une attaque effectuée avec des armes chimiques ; les mots qui défilent annoncent les crises monétaires, les attentats terroristes, les calamités (climatiques ?) : « Je vois côte à côte, l’Amérique et l’Europe. Je vois alors écrit : ‘Guerre Économique, Boycott, Devises, Calamités. Une image très curieuse se présente alors à moi. Une force me pousse à regarder le ciel ; c’est comme si on tirait quelque chose en l’air. Ça me frôle en passant à une telle vitesse que j’arrive à peine à voir ce que c’est. Ça a la forme d’un cigare ou d’une torpille et la couleur de l’aluminium. Tout à coup, je vois quelque chose qui s’en détache par l’arrière.

Je tâte de la main devant moi et différentes sensations horribles m’envahissent. D’abord un engourdissement total ; je vis et, en même temps, je ne vis pas. Je vois alors devant moi d’épouvantables images d’êtres humains. Je vois des visages, de larges visages recouverts d’ulcères affreux, une sorte de lèpre. J’éprouve ensuite de terribles maladies mortelles : le choléra, la lèpre, tout ce que ces gens ont à subir. Alors que tout cela a disparu, je vois flotter de minuscules choses noires autour de moi. J’essaie de sentir ce que c’est, mais je n’y parviens pas; cela me semble une matière très fine. Mes yeux ne distinguent pas ce que c’est.

C’est comme si je devais regarder à travers quelque chose et, en contrebas, je vois à présent de magnifiques champs blancs. Sur ces champs, je vois ces mêmes petites choses noires, mais grossies et comme vivantes. Je ne sais comment l’expliquer. Je demande à la Dame: ‘Est-ce que ce sont des bacilles? Avec beaucoup de gravité, elle répond : ‘C’est diabolique.’ Je sens alors mon visage enfler ainsi que tout mon corps. J’ai l’impression que mon visage grossit énormément, que tout se raidit et est boursouflé. Je ne peux pas bouger. J’entends la Dame dire: ‘Et c’est ce qu’ils sont en train d’inventer’, puis, tout doucement: ‘le Russe, mais les autres aussi.’ Elle ajoute énergiquement: ‘Peuples, vous êtes prévenus!’ « Ce message, donné en 1947, est d’autant plus terrifiant qu’un monstre a déjà utilisé ces produits ‘diaboliques’.

Le 15 août 1950, la voyante d’Amsterdam assiste à la rencontre historiquequi se fera le 23 mars 1966 à la chapelle Sixtine entre le chef de l’Église anglicane, A. Michael Ramsey, archevêque de Canterbury et le pape Paul VI. Quelques années plus tard Ida verra la même scène à la télévision : non seulement elle reconnaît le pape Paul VI et l’archevêque de Canterbury, tels qu’ils lui avaient été montrés dans la vision, mais aussi leur position exacte.

Au cours de l’apparition du 10 décembre 1950, Ida voit la réunification de l’Allemagne. Elle raconte: »La Dame m’indique ensuite une ligne épaisse en Allemagne. Elle dit: ‘L’Europe est divisée en deux’. La voyante doit alors faire un geste de la main et dire:’J’enlève la ligne de la main’. »Quarante  ans plus tard, nous avons été témoins de la chute du Mur de Berlin dont le président de l’Allemagne de l’Est, Honecker, avait dit, trois semaines auparavant: « Le Mur restera encore cent ans! »

Le 11 février 1951, la Dame donne sa prière à Ida et lui montre le pape au Vatican. Le pape porte la tiare et tient le sceptre dans une main. Il est entouré de nombreux cardinaux et d’évêques en provenance du monde entier ; tous, portent des mitres blanches. Ida ne sait pas que cette vision est une vue du Concile Vatican II.  La Dame parle aux pauvres et aux petits de ce monde: « Si vous pratiquez, entre vous, la Charité dans toutes ses finesses, les grands n’auront plus aucune chance!… L’enjeu du combat, ce ne sont plus les races ni les peuples ; l’enjeu du combat, c’est l’esprit!… »

Puis Ida voit de nouveau le Saint-Père avec des cardinaux et des évêques. La Dame dit: “Vous pouvez sauver ce monde. J’ai dit bien des fois : Rome a sa chance. Saisissez l’occasion!  Aucune église au monde n’est construite comme la vôtre. » Personne, ce 11 février 1951, ne pouvait deviner que cette vision était l’image du Concile Vatican II. Plus de dix ans après, Ida reconnaîtra ce qu’elle avait vu, dans les reportages de la télévision.

Dans la nuit du 18 au 19 février 1958 Ida reçoit un message de la Dame : »… J’ai une annonce à te faire dont tu ne devras parler à personne… Écoute. Le Saint-Père actuel, le pape Pie XII (Eugenio Pacelli), sera élevé parmi les Nôtres, début octobre de cette année. La Dame de tous les Peuples, la Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate, le guidera dans la joie éternelle… Son successeur proclamera le dogme.” Le matin du 9 octobre 1958, la radio annonçait la mort du Saint-Père.

5 – Les expériences eucharistiques d’Ida Peerdeman 

Photo de Jean Bretin

 On notera d’abord que les Expériences Eucharistiques commencent presque toujours par une grande illumination du prêtre et de l’autel, et parfois de l’assistance, mais seule Ida voit cette lumière. Pendant que la voyante contemplait la scène qui lui était montrée, elle perdait généralement conscience du monde présent, donc du déroulement de la célébration eucharistique. Apparemment le prêtre ne s’apercevait de rien et continuait posément la célébration du saint sacrifice.

Quand Ida revenait à elle, elle continuait à assister normalement à la messe. En effet, alors qu’intérieurement elle continuait à assister à ses visions, elle se dérangeait sans difficulté pour aller communier et revenir à sa place.  Ida remerciait presque toujours après les manifestations. Souvent aussi la Voix ajoutait : « Amen! « Ces visions relativement succinctes sont très fréquemment suivies de « visions célestes » dont certaines rappellent les visions de l’Apocalypse de Jean, sauf qu’ici Ida rapporte les propos d’une Voix qui les accompagne : sans doute celle du Seigneur. 

6 – Synthèse des visions et des propos qu’Ida a eues et entendus au cours de ces expériences eucharistiques* 

 * Du moins celles et ceux qui nous semblent susceptible d’être rapportés et qui soient également compréhensibles, car l’ensemble est important et complexe) 

Jésus est réellement présent dans l’eucharistie et même la Trinité !  

(8/2/1973). L’hostie est « vivante » dans la bouche d’Ida, se met à « vivre », tandis qu’un liquide délicieux lui emplit la bouche (31/5/1973). Ida fera la même expérience rue du Bac à Paris, le 19 Juin 1968. Le 11/10/1959, des flots se déversent même dans sa bouche d’Ida et la voix dit : « Je suis l’eau vive ». Pendant l’Offertoire, la Lumière éclaire l’autel, le prêtre, puis lentement les assistants.

Au moment de la communion, d’une très vive Lumière surgit une grande Colombe blanche, toute spiritualisée. Ida entend : « Suis-Moi! » ; Ida suit la Colombe et arrive dans une plaine où se dresse une église avec un clocher. Du ciel, la Voix dit : « Voyez, mes fidèles, ce qui arrivera. » Le ciel s’ouvre ; une grande épée en sort et tranche l’église en deux moitiés qui s’écartent l’une de l’autre. Dans la partie gauche, des lettres apparaissent et forment le mot : « Éphraïm ». Dans la partie droite apparaît le buste d’un pape. Ida voit des vagues arriver, et l’eau emporte la moitié gauche de l’église. La moitié droite se dresse toujours sur la plaine et peu à peu devient une église entière. Vient alors l’image de la Dame de tous les peuples flottant sur l’unique église. Un troupeau arrive : « Elles avaient été égarées, dissipées. Écoutez, c’est Elle qui devra sauver le monde. (Et tout disparut, sauf la Lumière qui ne partit qu’après la bénédiction du prêtre) 

Le salut du monde est lié à Marie. La Dame n’abandonne pas ses enfants.»

Le 31/05/10971, l’apôtre Jean porte le tableau de la Dame de tous les peuples et le place sous le calice ; Ida voit les 3 coupoles de l’église demandée par la Dame ; le 25/03/1980, 35 ans après la première apparition, le tableau de la Dame est baigné de lumière ; le 31/07/1977, au fond d’un jardin, Ida aperçoit la Dame en gloire (au ciel) ; un arbre merveilleux pousse « Quand l’épuration aura eu lieu »  ; le 8/12/1977, au moment de l’élévation (quand Jésus vient « habiter l’hostie » au cours de la messe), au dessus de l’autel, se forme un grand «  M » brillant ;  

Ostensoir

le 31/05/1980, La Dame apparaît « en gloire » (c’est à dire en majesté, comme elle est au ciel) devant Ida ; le 8/09/1980, du tableau de la Dame, émane un délicieux parfum ; le 11/12/1979, la Lumière sort du tableau de la Dame ; le 7/10/1978, se forme un grand «  M » et une colombe se pose dessus ; Ida entend la voix qui dit : « C’est la Victoire de Celle que j’ai envoyée » ; cette image suit celle d’un serpent à 7 têtes se tordant dans tous les sens. Le 25/04/1974, vision de Ninive : appel à la conversion ; le 2/09/1979 : vision d’Agar, servante de Sarah, épouse d’Abraham, chassant Agar, sa servante, mère d’Ismaël : mise en garde contre l’Islam ?

Le 31/07/1973 : la science ne vient pas de l’Homme mais de l’Esprit ; des cavaliers chassent des vautours…mais uniquement quand tout ceci se sera produit ; le 15/08/1976, vision du ciel : « C’est tellement formidable qu’Ida ne peut pas le raconter » ; France, Allemagne, Pays bas, Belgique apparaissent comme des brebis dispersées ; « Attention aux loups déguisés en brebis » ; le 11/12/1975 : l’hostie et le calice se transforment en la personne du Seigneur !  le 12/04/1979, l’hostie devient « vivante » et Ida entend la voix qui dit : « Je suis celui qui suis » ;

le 11/06/1978, prédiction de la mort de Paul VI  et le 28/08/1978, de celle de Jean Paul 1er ; le 28/08/1978, mort de Jean Paul 1er ; le 15/10/1978, « Le nouveau pape vient de loin » ; ( Jean Paul II) Le 15/05/1981, 2 jours après l’attentat, « Il guérira » ; le 25/03/1984, dernière vision d’Ida, c’est une vision céleste (Page 236). Le 25 mars 1984, Ida reçut sa dernière vision.

C’est du moins ce à quoi l’on peut penser, rien n’ayant été publié après cette date. Donc, ce 25 mars 1984, comme cela arrivait de temps en temps depuis le 15 août 1981, la Lumière seule vint dans la Chapelle où Ida assistait à la célébration eucharistique. Mais ce jour-là, exceptionnellement, elle eut une vision céleste et entendit la Voix : « Le temps de la Dame de tous les peuples comme Co-Rédemptrice va commencer. »Puis, raconte Ida, « une musique céleste se fit entendre à mes oreilles et je vis une couronne magnifique, scintillante comme des diamants. Puis tout disparut de mes yeux et la Lumière s’en alla lentement. »  

Eléments conformes aux autres apparitions 

Ida est une jeune fille modeste, non diplômée. La Vierge la consolera même en lui disant de répondre à une question de son directeur spirituel : «Dis à ton directeur spirituel que le Seigneur choisit toujours ce qui est faible pour ses projets grandioses. Qu’il soit rassuré ! » (4 avril 1954) « Je le dis une fois encore : le Fils cherche toujours ce qui est petit et simple pour sa cause. »

Ida a des visions du Ciel et « voyage » à travers le temps et l’espace avec la Vierge. 

La Vierge lui demande de construire une chapelle. 

Comme à San Nicolas de los Arroyos, la Vierge fait allusion à un épisode passé de l’histoire religieuse : ici le miracle du sacrement. 

Ida éprouve des souffrances en correspondance avec les visions.

De très agréables odeurs accompagnent certaines visions. 

Les expériences eucharistiques d’Ida Peerdeman sont très proches de celles dont a bénéficié la mystique Maria Esperanza lors des apparitions de Betania au Venezuela. 

Le 31 Mai 1955, un rayon de lumière traverse l’église, comme à Banneux. Ida a subi de nombreuses attaques émanant de Satan ; des attaques sans doute à la hauteur de l’importance accordée par la Vierge à cette voyante. 

Comme à Catherine Labouré, comme l’ange de Fatima, La vierge

Eléments spécifiques

Les apparitions mariales d’Amsterdam sont spécifiques en ce qu’elles sont largement « privées ». Deux apparitions seulement eurent lieu en public, dans l’église de Saint-Thomas. Comme si la complexité du message à transmettre supposait des conditions de transmission bien particulières. 

La Vierge communique à Ida une description très précise d’elle même, nécessaire à la réalisation d’un tableau (sans doute la description la plus fidèle de la Vierge), ainsi qu’une prière. 

Surtout, la vierge demande) à Ida d’agir auprès du pape pour que soit reconnue un nouveau dogme marial – le dernier – celui de co-rédemptrice et précise même que l’église catholique sera très réticente à l’accepter. 

Elle revendique le titre de « Dame de tous les peuples », un titre en harmonie avec le dogme de co-rédemptrice qu’elle réclame : c’est à la terre entière que Marie s’adresse.

Les messages de Marie à Ida sont sans doute les plus denses de toutes les apparitions mariales. 

Au cours de cette apparition, Marie révèle une personnalité qu’on ne lui connaissait pas : celle d’une reine des cieux et mère des hommes qui parle avec une autorité et une franchise étonnantes. Elle-même en utilisant dans sa prière l’expression : « Celle qui fut Marie », indique clairement que cette personne humaine n’est plus, et a laissé place, dans l’éternité, à la personne la plus importante après celles de la Trinité. 

Marie se révèle à Amsterdam
en « Reine des cieux »

Lien avec d’autres apparitions 

Pourquoi l’apparition d’Amsterdam est-elle « centrale » ? 

17 ou 18 apparitions de la mère de Jésus ont été reconnues par l’Eglise catholique ; la première à Tepeyac au Mexique en 1531 et la dernière à Betania et San Nicolas de los Arroyos au Venezuela et en Argentine, en 1990 ; (de 1980 à 2002 à L’Escorial, près de Madrid, en Espagne)

Amsterdam (1945/1959)  selon nous, est une apparition centrale parce qu’elle fait lien avec cinq autres apparitions : Fatima, Lourdes, Rue du Bac à Paris, Rome, Akita au Japon. 

A Amsterdam, la Vierge fait aussi allusion à un miracle eucharistique qui s’est déroulé dans la ville d’Amsterdam en 1345 ! Soit 614 ans plus tôt ! Quant au lien avec Fatima, la « voyante d’Amsterdam, qui a 12 ans à l’époque, eut sa première apparition de la vierge l’après-midi du 13 octobre 1917, qui fut aussi le jour du miracle du soleil de Fatima. Amsterdam fait également lien avec Lourdes, puisque le premier message d’Amsterdam a été donné le 25 mars 1945, fête de l’Annonciation, et également jour anniversaire de celui où la « Belle Dame » de Lourdes (1858) révélait solennellement son identité en patois des Pyrénées, à Bernadette Soubirous: « Que soy era Immaculada Councepciou !» (en français : « Je suis l’Immaculée Conception »).

«Ce qui a commencé ici, (apparition de la rue du Bac à Paris en 1830), la Dame de tous les peuples l’a poursuivi ! » dit aussi la Mère de Dieu à Ida Peerdeman dans la chapelle de la rue du Bac à Paris où Ida s’est rendue à deux reprises. Alphonse Ratisbonne (apparition de Rome), en 1842, qui se rend avec un ami dans la basilique Sant’Andrea delle Fratte voit soudain une figure d’une lumière éblouissante au-dessous de l’autel. Il reconnaît la Vierge telle qu’elle figure sur la Médaille miraculeuse* aperçue par Catherine Labouré lors de l’apparition de la Vierge rue du bac à Paris. 

 Enfin, la statue d’Akita (Japon), objet de phénomènes extraordinaires (lacrimations et saignements), est une reproduction en sculpture du tableau la représentant, demandé par Marie, à Amsterdam, à Ida Peerdeman. (1973 à 1981) 

600 ans avant, le miracle du sacrement

« C’est Amsterdam que j’ai choisie pour être la ville de la Dame de tous les Peuples. C’est aussi la ville du Sacrement. » (Message du 20 mars 1953) Que signifie cette phrase de la Vierge ? 

Le miracle eucharistique d’Amsterdam a eu lieu le 15 mars 1345, soit 600 ans avant la première apparition de la Dame de tous les Peuples.  Dans sa maison de la rue Kalverstraat, un malade était mourant. On lui administra l’extrême-onction, mais il ne put conserver la sainte communion et rendit l’Hostie. La femme qui le soignait, jeta au feu la vomissure. Alors que le lendemain matin elle rallumait le feu, elle vit planer l’Hostie au-dessus des flammes. Elle la déposa sur un tissu qu’elle mit dans un coffret et fit venir un prêtre. Ce dernier prit l’Hostie et la porta discrètement à l’église Saint-Nicolas, l’actuelle Oude Kerk. À l’étonnement de tous, l’Hostie se trouvait le lendemain matin de nouveau dans le coffret.

Le prêtre vint prendre une seconde fois l’Hostie et répéta les gestes de la veille. Quand, le jour suivant, on retrouva pour la troisième fois, et de façon tout aussi inexplicable, l’Hostie dans le coffret, on en conclut à l’intention du ciel de rendre le miracle public. On ramena l’Hostie à l’église Saint-Nicolas, mais cette fois en grande pompe, dans une procession. L’évêque d’Utrecht, après enquête, reconnut le miracle en 1346. La solennité du Saint Sacrement devint une fête liturgique et urbaine au cours de laquelle, d’une année à l’autre, on renouvelait solennellement la procession. De la maison où était décédé le malade, on fit une chapelle.

Les pèlerins affluèrent au cours des années et, parmi eux, se trouva, un jour, l’empereur Maximilien d’Autriche qui venait à Amsterdam pour demander la grâce de sa guérison. Il fut exaucé et, en reconnaissance, accorda à la ville d’Amsterdam le privilège d’ajouter la couronne impériale à ses armoiries. En 1578, la procession annuelle fut interdite par la municipalité protestante d’Amsterdam et les catholiques ne purent plus se rendre à la chapelle. Néanmoins, les processions continuèrent en secret et en silence et ainsi fut créée «la marche silencieuse». Remise à l’ordre du jour et autorisée en 1881, la «marche silencieuse» a lieu depuis lors, le soir du premier samedi suivant le 15 mars.

De nos jours chaque année environ 10.000 personnes venant de toutes les parties des Pays-Bas y participent, en priant en silence et suivant le chemin historique de la toute première procession. En dépit de nombreuses protestations, on démolit en 1908 la chapelle désaffectée. À sa place, on a choisi la chapelle du Béguinage pour commémorer le Miracle d’Amsterdam.

La médaille miraculeuse de la rue du Bac (1830) préfigure Notre Dame de tous les Peuples, cent trente six ans plus tard ! 

Le 25 mai 1966, le tableau de la « Dame de tous les peuples » arrivait à Ville d’Avray, aux portes de Paris. Et le même jour, pour la première fois, on priait devant l’Image la prière de la Dame de tous les peuples en différentes langues, en présence d’Ida Peerdeman, qui participait également à la messe du soir. Quelques jours plus tard, le 31 mai, au moment où elle s’avançait pour recevoir la communion, elle vit la lumière habituelle et entendit intérieurement la voix qui lui disait : « C’est bien ainsi ! »

Par ces mots, la Vierge Marie entendait donner son accord pour la venue de l’Image en France, dans une église dédiée à saint Nicolas, saint patron également de la ville d’Amsterdam. Dès le 19 juin 1966, le premier groupe de pèlerins hollandais arrivait à Paris et se rendait auprès de ‘leur’ Image ; la voyante était du nombre. Le lendemain, elle visitait la chapelle des Apparitions de la rue du Bac ; là avait débuté en 1830 l’ère des apparitions mariales lorsque la Sainte Vierge révéla la ‘Médaille miraculeuse’ à Catherine Labouré.

Chapelle de la médaille miraculeuse à Paris
Nef et assistance
Par Mbzt — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32405287

« Ensuite nous avons assisté à la messe, et lorsque je retournai à ma place au moment de la communion, la sainte Eucharistie se mit à vivre dans ma bouche. J’entendis très distinctement une voix qui disait au fond de moi : « Comprenez-vous maintenant le chemin que j’ai voulu ? C’est pour cela que j’ai dit : c’est bien ainsi !’” ». En sortant de la chapelle, tous furent touchés au récit de la voyante qui raconta ce qu’elle avait vécu. Ils retournèrent à l’église saint Nicolas et remercièrent la Dame de tous les peuples devant son Image – avec des prières et des fleurs – de la confirmation reçue.

Trois ans plus tard, le 31 mai 1969, Ida se trouvait une nouvelle fois à Paris. Elle décrit ainsi son expérience : «Pendant que je communiais dans la chapelle de la rue du Bac, je vis à nouveau la lumière et j’eus la forte impression que le Seigneur était à nouveau sensiblement présent en moi. Je perçus les paroles suivantes qui s’imprimèrent profondément en moi, mais sans qu’elles aient été prononcées : « Ce qui a été commencé ici, a été continué par la Dame de tous les peuples ».

Dieu s’est servi d’un concours de circonstances particulier afin que le tableau de la Dame de tous les peuples vienne en France pour quelques temps : le père Crijns, originaire de Hollande, s’était engagé en France en tant que membre de la ‘Milice du Christ’. Il avait appris que l’Image de la Dame de tous les peuples n’était plus exposée au public dans la ‘Thomaskirche’ (église Saint Thomas). Aussi demanda-t-il à la voyante et à son directeur spirituel l’autorisation de la faire venir en France, dans son église paroissiale, ce qui lui fut accordé. C’est ainsi que le 25 mai 1966, le tableau arrivait à Ville d’Avray, aux portes de Paris. 

Similitudes entre les deux apparitions d’Amsterdam et de la rue du Bac

(Etude du Comité de la Dame de tous les peuples en 1973 )

  • Dans les deux cas, les personnes qui reçoivent les messages confiés par la Sainte Vierge sont des femmes d’une grande simplicité et sincérité ; toutes deux ont perdu leur mère à un jeune âge et ont été préparées à leur propre vocation par de multiples expériences d’ordre surnaturel. 
  • Les voyantes reçoivent de Marie la révélation d’une prière rattachée à une image, avec la mission de les diffuser conjointement. Catherine Labouré entend de la bouche même de la Vierge Marie une invocation inconnue jusque-là : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! » A Amsterdam, la Dame de tous les peuples énonce solennellement, en la faisant répéter, une prière dont la formulation inhabituelle ‘qui fut un jour Marie’, suscite dans un premier temps une vive surprise.
  • De même, les deux voyantes non seulement entendent la prière ainsi révélée, mais en même temps elles la voient écrite. Dans sa vision, Catherine Labouré voit la prière inscrite dans son entier avec le nouveau titre de l’immaculée conception ; l’inscription forme un arc de cercle allant de la main droite de Marie à sa main gauche en passant par-dessus sa tête. A Amsterdam Ida relate le 11 février 1951 qu’elle vit la prière s’inscrire en majuscules sous ses yeux. Au cours d’une vision, elle voit le nouveau titre: « La Dame de tous les peuples » disposé en un demi-cercle lumineux autour de la tête de Marie.
  • Pour signifier l’importance que la Mère de Dieu octroie à la représentation exacte de son image, elle apparaît trois fois à la rue du Bac – et même six fois à Amsterdam – aux seules fins de donner des directives précises à ce sujet. Sur la Médaille miraculeuse, comme sur l’Image de la Dame de tous les peuples, la Vierge Marie se tient debout sur le globe terrestre comme “la Femme revêtue de Soleil”. Elle a les bras ouverts. Sœur Catherine voit des rayons lumineux venant des anneaux qu’elle porte à ses doigts, alors qu’elle entend une voix lui expliquer : « Ces rayons sont le symbole des grâces que Marie obtient aux hommes. » A Amsterdam, les trois rayons qui proviennent des plaies transfigurées des mains de Marie représentent : la Grâce du Père, la Rédemption du Fils et la Paix de l’Esprit Saint. 
  • Les apparitions de la rue du Bac sont données à la France mais aussi pour le monde entier ; la Vierge Marie insiste clairement sur ce fait, lorsqu’elle dit entre autre : « Le globe que tu vois représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier. » La même chose vaut pour Amsterdam où la Mère de Dieu souligne à maintes reprises que des Pays-Bas, elle veut être portée aux peuples du monde entier.
  • Les deux pays, la France et la Hollande, sont sans le savoir au bord du gouffre, lorsque la Vierge Marie y apparaît. Elle vient pour porter secours et pour indiquer une issue.
  • Dans les deux lieux de grâce, la Vierge Marie expose clairement la gravité de la situation, tant du point de vue religieux que politique. A Paris, elle dit : « Les temps seront mauvais.» « Les malheurs viendront fondre sur la France. » « Le monde entier sera renversé par des malheurs de toutes sortes»
  • . De façon analogue, Marie nous met en garde à Amsterdam : «Au cours des siècles, le monde n’est jamais passé par une telle période, un tel déclin de la foi.» (28.03.1951) « Le monde entier va se détruire… » (19.11.1949)
  • Les deux révélations signalent le mépris que l’on a de la Croix. Sœur Catherine entend : « Mon enfant, la croix sera méprisée. On la mettra par terre.» Et de même, il est dit dans les messages d’Amsterdam : « Tout à coup, je vois la croix redevenue intacte, plantée au milieu du monde. Toutes sortes de gens l’entourent, mais ils détournent la tête. » (29.03.1946) : « C’est un dur combat spirituel. …Cette croix, ils veulent la changer en d’autres croix. » (3.01.1946) «Elle montre la croix et dit : “Il faudra bien que le monde entier y revienne, des grands aux petits, des pauvres aux riches, mais ça demandera un effort.” » (7.10.1945) : « Que tous reviennent à la croix, c’est la seule façon de ramener la paix.» (11.02.1951)
  • Nous savons qu’en 1854 le pape Pie IX prononçait solennellement le dogme de l’Immaculée Conception. Mais 24 ans plus tôt déjà, ‘L’Immaculée Conception’ en personne se révélait à Catherine, une simple novice, demandant aux fidèles de l’invoquer en ces termes : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ».
  • A Amsterdam aussi, la Vierge Marie invite les croyants à l’invoquer dès à présent comme la Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate. Comme à Paris, sa Prière et son Image anticipent un dogme, le plus important et«le dernier dogme marial» (15.11.1951) de l’Histoire. On le verra un jour proclamé solennellement, comme la Sainte Vierge nous le promet dans ses messages : « Ce dogme sera très contesté ; cependant, on le fera aboutir. » (31.05.1951)
  • A Paris, la « voix céleste » reste audible, même après que les visions eurent cessé : « Ma fille, vous ne me verrez plus, déclare Marie à sœur Catherine, mais vous entendrez ma voix pendant vos oraisons.».
  • Le même phénomène survient à Amsterdam où la voyante Ida, après l’interruption des messages de Marie proprement dits, continua de percevoir une voix divine au cours de ce que l’on a appelé les ‘Expériences Eucharistiques’.
  • Il y a une forte correspondance entre l’attitude de la Vierge sur la médaille miraculeuse et l’image demandée par la Vierge à Ida à Amsterdam. 
  • « Ce qui a commencé ici, la Dame de tous les peuples l’a poursuivi ! » disait la Mère de Dieu à Ida Peerdeman dans la chapelle de la rue du Bac. Compte tenu des paroles de la ‘Dame’ et au vu de ce qui précède, on peut dire que si la rue du Bac constitue « le commencement ». Amsterdam, par contre est le couronnement ou – comme la Vierge Marie elle-même l’a défini : « la clef de voûte de la pensée mariale » (4.04.1954).
  • Si l’Immaculée de la Rue du Bac nous fait entrer dans une époque véritablement mariale, il est donné à la Dame d’Amsterdam de se révéler comme Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate universelle, « … à la Dame de venir aussi auprès de ses apôtres et ses peuples du monde entier pour leur apporter une nouvelle fois le Saint Esprit». (31.05.1954)

V- Reconnaissance et sanctuaire 

Reconnaissance

Le 31 mai 1996, un 31 mai, date à laquelle sera fixée un jour la fête de la Co-rédemptrice, l’évêque de Haarlem, Mgr Henrik Bomers et son coadjuteur, Mgr Josef M. Punt – de l’autorité desquels relevaient les apparitions d’Amsterdam – autorisaient officiellement la dévotion publique à Marie sous le titre de Dame de tous les peuples ». Le 31 mai 2002, Son Exc. Mgr Joseph-Marianus Punt, Évêque de Haarlem/Amsterdam, reconnaissait l’origine surnaturelle des apparitions de la Dame de tous les Peuples, donc le caractère surnaturel des messages de la Dame de tous les Peuples, messages qui brossent un tableau saisissant de la situation de l’Eglise et du monde au cours de la seconde moitié du XXe siècle, et du début du XXIème siècle. 

Sanctuaire 

Dans les années 1970, la Fondation de la Dame de tous les Peuples prit possession, pour un prix presque symbolique, du terrain à la Diepenbrockstraat. On y établit alors le secrétariat de la fondation et l’on y construisit une petite chapelle avec, à gauche de l’autel, le tableau de la Dame de tous les Peuples. C’est là qu’Ida Peerdeman vécut ses dernières années.La chapelle catholique romaine de la Dame de tous les Peuples est située Diepenbrockstraat 3, dans le secteur Amsterdam-Sud, proche du palais des congrès de la RAI.

Chaque jour, des groupes de pèlerins des Pays-Bas ou venant de l’étranger s’y rendent pour prier devant l’image bénie et pour assister à la messe. Le vœu de la vierge qu’on achète un terrain pour y construire une église ne s’est pas encore réalisé. Peut être, et même sans doute, la conséquence d’une apparition qui fut privée et n’a donc pas eu le retentissement populaire de Lourdes ou Fatima. Contrairement à de nombreux autres lieux d’apparitions, tout, à Amsterdam reste caché dans l’ombre et le silence.

Chapelle Notre Dame de tous les peuples
Près du parc Béatrix, Diepenbrockstraat 3, 1077 VX Amsterdam
info@de-vrouwe.net
Par Paul Be. (shifted, cropped & recoloured by Rabanus Flavus) — File:Maria-kapel Amsterdam, Diepenbrockstraat.jpg, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=52286962

J’ai eu le plaisir de m’y rendre en Avril 2019 avec Mauricia. Les soeurs nous y ont très bien accueilli et nous ont remis un tableau représentant la Dame de tous les peuples.

Nota : Le site http://www.de-vrouwe.net/french/index.html, dont nous nous inspirons, a lui-même utilisé le livre de  P. Paul Maria Sigl : « Die Frau aller Völker ‘Miterlöserin Mittlerin Fürsprecherin' » (25 mars 1998) . Biographie: Ida Peerdeman – La voyante d’Amsterdam de P. Paul Maria Sigl, 2005

Intérieur de La Chapelle de Notre Dame de tous les Peuples
Par Jean Bretin, Avril 2019

Annexes à l’apparition d’Amsterdam

I – La traduction des messages par le père Sigl* aux 5èmejournée internationale de prière / Amsterdam, en 2003

  • Père spirituel de la communauté « Famille de Marie ». 

Trois ans déjà se sont écoulés depuis notre dernière rencontre à Amsterdam ! C’est en soi une raison suffisante pour nous rassembler à nouveau, nous regrouper de tous les points cardinaux autour de l’Image de Notre Dame de tous les Peuples. Les temps actuels nous y poussent car depuis trois ans, une série d’évènements douloureux nous en a fait saisir d’autant plus l’importance. Le 11 septembre, les tours jumelles de New York s’effondraient sous le choc d’un double attentat aérien que perpétraient de fanatiques militants musulmans, déclenchant ainsi une guerre terroriste dont nous ne voyons toujours pas le terme, même à l’issue des représailles exercées contre l’Afghanistan et l’Irak.

Il y eut par contre aussi, dans ces derniers mois, un événement particulièrement heureux pour la joie de tous ceux qui aiment et honorent la Dame de tous les Peuples : ce fut la reconnaissance officielle par Mgr Jozef Marianus Punt de l’authenticité des apparitions et des messages d’Amsterdam. Telle est bien la première raison pour laquelle il nous fallait nous rassembler à nouveau auprès de l’image de la Dame de tous les Peuples, y venir au nom de tous les peuples et prier pour eux tous !

Frappé par la profondeur et la simplicité des messages

Cet acte de reconnaissance fut ressenti de même avec beaucoup d’intérêt par le Cardinal Alfons Maria Stickler qui en exprimait sa joie. Il y a six ans en effet, il assistait à la première Journée Internationale de Prière et osait dire sa conviction que les apparitions d’Amsterdam étaient un don fait à l’humanité. Tels sont les termes de son homélie : « En lisant les messages d’Amsterdam, je fus frappé dès le début par leur profondeur et leur simplicité… Il faudrait que l’Eglise les soumette à des examens sérieux en les confrontant aux évènements qui ont eu lieu dans les cinquante dernières années dans l’Eglise et dans le monde, que ce soit l’incroyable crise touchant la foi et la morale, la politique et l’économie. En 1945, quand la Dame de tous les Peuples vint à Amsterdam, personne n’aurait pu seulement imaginer l’ampleur des prophéties qui allaient se réaliser ! » C’est ainsi que s’exprimait ce Cardinal autrichien !

Preuves d’authenticité

La réalisation des prophéties en question, constitue en réalité, une véritable preuve d’authenticité. Tel est ce qu’avait prédit la Vierge Marie : « Les signes sont contenus dans mes paroles ! »(04.04.1954), c’est à dire, « Quand les évènements que j’ai annoncés vont arriver, alors, vous comprendrez que c’est vraiment la Dame de tous les Peuples qui est venue à Amsterdam ! » Les preuves d’authenticité que Dieu a données, sont en effet plus nombreuses et concluantes que toutes celles de l’histoire des apparitions mariales. Pensons seulement à la prédiction du Concile Vatican II, 11 ans avant qu’il ne fût convoqué, alors que personne n’y pensait ; ou bien, celle de la mort du Pape Pie XII que Dieu seul peut connaître. Mgr Huibers qui était alors évêque d’Haarlem-Amsterdam ainsi que le Père Frehe, père dominicain et directeur spirituel de la voyante, en furent tous deux profondément impressionnés.

Amsterdam est à l’origine de l’apparition d’Akita

Dans la liste des preuves d’authenticité, une place toute particulière et prédominante revient à Akita qui est le plus grand lieu de pèlerinage marial au Japon. La statue en bois, de la Vierge Marie qu’on y vénère, est une exacte reproduction de l’image de la Dame de tous les Peuples. Le contenu des messages qui y ont été donnés, est d’un caractère tellement dramatique que le Cardinal Ratzinger les a comparés à ceux de Fatima. Mgr Ito, évêque de Niigata-Akita a confirmé l’authenticité surnaturelle des messages de la Dame de tous les Peuples au Japon et se rendit en visite sur le lieu d’origine, à la chapelle même de la Dame de tous les Peuples à Amsterdam. Il y célébra la sainte Messe en présence de la voyante, Ida Peerdeman.

Our Lady of Akita, Japan
Par SICDAMNOME — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45165719
Marie veut nous sauver des trois grands maux de notre temps

Mgr Ito a bien compris en lisant les messages d’Amsterdam, que la Dame de tous les Peuples était venue pour, en cette époque apocalyptique, nous sauver d’une situation sans issue et nous introduire dans un temps de renouveau spirituel. C’est pourquoi, nous avons de toute urgence besoin d’Elle ! Sommes-nous, nous aussi convaincus d’avoir vraiment besoin de Marie sous son nouveau titre de « Mère de tous les Peuples » ? Est-ce que Notre Dame de Guadalupe, la Rue du Bac, la Salette, Lourdes, Fatima, Beaurain ou Banneux ne nous suffisent pas ? N’est-ce pas suffisant ?

Non, ce n’est pas suffisant à Dieu, car Il veut tout nous donner ! Nous avons un réel besoin de Marie sous son titre de « Mère de tous les Peuples », car c’est par ce titre et par « sa » prière qu’elle veut nous sauver de ces trois grands maux de notre temps que sont la corruption, les calamités et la guerre, disons plus exactement d’une grande catastrophe mondiale.

C’est exactement pour cela qu’elle est venue car elle veut nous préserver aujourd’hui comme hier d’une apostasie massive. Quand on est vidé de sa foi, on laisse la porte ouverte à Satan qui entre dans les cœurs et les conduit alors à la corruption morale. Cette corruption morale, d’après les propres termes de la Dame de tous les Peuples, est la cause intrinsèque des calamités et de la guerre.

La situation dramatique de l’Eglise

J’ai eu encore la preuve récemment de ce besoin réel que nous avons de la Dame de tous les Peuples en recevant une lettre d’un jeune prêtre de mes amis, du diocèse de Mayence. Il m’écrivait : « L’Eglise d’Allemagne a plus que jamais besoin de l’aide de la Dame de tous le Peuples. Nous avons besoin de cette Nouvelle Pentecôte qu’elle a promise, car la situation de l’Eglise, tout particulièrement en Allemagne, ne peut plus être contournée sans une intervention surnaturelle de l’Esprit Saint. Un sondage vient de révéler qu’un pourcentage infime des catholiques allemands s’en tient aux directives données par le Saint Père.

Il y a de toute évidence en Allemagne une cassure entre une Eglise fidèle à Rome et une Eglise qui s’enlise dans la démocratie. Les fidèles sont de plus en plus nombreux qui n’hésitent pas le dimanche, à faire un long trajet en voiture pour assister à un office qui corresponde encore aux normes liturgiques. Toutes les grâces que nous recevons, passent par les mains de Marie. Or, les prêtres autant que les catéchistes et les fidèles qui cherchent à promouvoir la dévotion mariale dans les paroisses, sont souvent discriminés par de viles calomnies ou de foudroyantes ripostes.

Le plus douloureux en cela, est le silence des évêques qui certes, sont soucieux du vrai et du bien mais en sont réduits au silence à cause d’un appareil médiatique hostile à l’Eglise. Ils n’apportent ni soutien aux prêtres qui gardent leur fidélité au Pape, ni protection aux fidèles qui se débattent contre l’orchestration des groupements anticléricaux.» Voilà ce que nous dit un confrère prêtre du diocèse de Mayence.

Il en va du salut de tous les peuples

Est-ce que la Dame de tous les Peuples n’avait donc pas prédit, il y a cinquante ans de cela, le drame d’une situation que nous vivons à présent ? « ‘Mon enfant, je t’apporte à nouveau un message pour l’Allemagne. Il faut la sauver ! » La Dame me fait alors survoler l’Allemagne. En voyant l’Allemagne en dessous de moi, j’en ressens les états. Il y a une terrible décadence du pays, du peuple et de la jeunesse et surtout un grand déclin de la foi. » (03.12.1949) Au moment où la voyante voit la jeunesse des Pays-Bas, des jeunes et des enfants, au bord d’un précipice, la Dame renchérit : « Ils sont au bord d’un abîme.

Même les Pays-Bas s’approchent de l’abîme. » (03.12.1949) Il y a une chose que nous ne devons pas omettre, chers amis ; si la Dame vient à Amsterdam, ce n’est pas pour sauver seulement les Pays-Bas, l’Allemagne ou l’Europe ! Pas plus qu’il ne s’agit de sauver seulement l’Eglise de Rome ou toute la chrétienté ! A Amsterdam, il en va du salut du monde entier, de tous les peuples, car c’est à l’échelon mondial que se mesurent les conséquences du déclin de la foi que sont la corruption morale, les calamités et la guerre !

Une époque apocalyptique

Nous sommes à une époque apocalyptique de fin des temps et l’énorme bataille que nous avons à livrer, rappelle celle de la Genèse avec la Femme qui écrase la tête du Serpent. Bien qu’elles soient reconnues, on a pris encore trop peu au sérieux les apparitions de la Dame de tous les Peuples ainsi que ses messages. On les a même souvent tournées en dérision et publiquement attaquées. 


C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir m’accorder une seule minute pour vous donner un aperçu de ce à quoi est exposée la jeunesse actuelle, des millions de jeunes. Vous verrez dans les prochaines 60 secondes comme la Dame avait raison dans ses messages et comme nous avons besoin d’Elle, maintenant, en ce temps. Elle dit bien à propos du pouvoir de Satan : « Personne ne sait à quel point l’avancée de Satan est grave ! Je mets en garde les peuples de ce monde ! » (31.12.1951) Personne ne sait à quel point l’avancée de Satan est grave ! « C’est un combat à mort ! » (25.03.1972)

Ces 60 secondes sont un extrait d’un concert de Hard Rock, tel qu’on en organise régulièrement dans la plupart des grandes villes du monde entier. J’ai été moi-même témoin en novembre dernier, à l’aéroport de Zürich d’une émission de télévision dans laquelle on diffusait un concert de rock semblable sur les parvis de la cathédrale gothique d’une ville d’Europe. Des milliers de jeunes scandaient un air par ces mots : « I lost my religion ! » « j’ai perdu ma religion ! » J’ai voulu me procurer une copie-vidéo de cette émission auprès de la chaîne suisse de télévision. On me l’a refusée. Il déferle une vague de pornographie, de films de violence et d’horreur qui mettent la perversité et la cruauté dans les cœurs.

La grâce a incomparablement plus de poids et de pouvoir

Je ne peux manquer dans ce contexte de toucher un mot d’Harry Potter vu que ses livres et ses films font la consommation irréfléchie de millions d’enfants et de jeunes puisque la plus grande partie des parents ne comprend pas du tout ce qui se passe en réalité. Dans ces livres et ces films, la divination, la drogue, la magie noire, les maléfices meurtriers sont du pain quotidien.

On épelle mot à mot une formule pour jeter un sort maléfique afin que les jeunes puissent l’apprendre et s’en servir. Je ferai l’économie d’autres faits plus choquants qui font partie de ce monde imaginaire d’une cruauté satanique. J’espère seulement que vous parviendrez par la prière et la grâce de Dieu à protéger vos enfants de l’emprise horrifiante d’Harry Potter. Pensons qu’une seule goutte qui tombe de la plénitude de grâces et de bénédictions de Dieu a incomparablement plus de poids et de pouvoir que tout le mal conjugué.

Il en va du salut du monde entier

Comprenez-vous à présent, chers amis, pourquoi nous avons vraiment besoin de la Dame de tous les Peuples ? Il en va du salut du monde entier. Tous les peuples doivent, grâce à leur Mère du ciel, être délivrés des rets de Satan. Comme les paroles de la Sainte Vierge son justes quand Elle dit : « C’est encore Satan qui est le prince de ce monde. Il retient ce qu’il peut. C’est pourquoi, il fallait que la Dame de tous les Peuples vienne maintenant, en ce temps !

N’est-elle donc pas l’Immaculée Conception et de ce fait, la Co-rédemptrice, Médiatrice et Avocate ? « Elle aura la victoire…» (15.08.1976) «Elle triomphera.» (15.08.1977)  Il s’agit donc de la victoire définitive car la Femme de l’Apocalypse veut écraser maintenant la tête à Satan, et cela, une fois pour toutes !

Une image du Paradis

Tel est exactement ce que nous voyons sur l’image d’Amsterdam. Nous voyons un globe sur lequel le serpent n’est plus visible, puisque la Dame de tous les Peuples, par la force de l’Amour de Dieu, a, en union avec tous ses enfants, vaincu le Mal ! L’image d’Amsterdam donne en ce sens vraiment une image du Paradis. C’est l’image d’un temps tout nouveau, d’une paix parfaite qui habite le cœur de tous les hommes. Cette certitude devrait nous remplir de joie et d’assurance quand on regarde l’image ou prie devant elle. Satan sait bien qu’il ne lui reste que peu de temps. Il s’acharne d’autant plus à combattre la Femme et tous ceux qui s’engagent pour Elle.

Une lutte apocalyptique

« Il fallait que la Dame porte maintenant sa prière sur ce monde satanique. Mais l’Esprit Saint doit encore venir sur tous les peuples. Comprenez bien ce message ! Dites alors ma prière, peuples, pour que l’Esprit Saint vienne réellement et véritablement ! » (04.04.1954) En prononçant ces derniers mots, la Dame joignit les mains comme si elle voulait nous montrer comment prier. Il me semble que le moment est venu, de prier, les mains jointes, cette puissante prière. J’invite chacun à le faire dans sa propre langue.

La Dame de tous les Peuples dit : « Vous ne savez pas à quel point cette prière est puissante et importante auprès de Dieu. » (31.05.1955) Notre Mère veut donc nous préserver des calamités et de la guerre, de calamités telles que la famine qui sévit et menace chaque année des millions de gens ;  savez-vous par exemple qu’il y a 30.000 enfants par jour qui meurent de faim ? Elle veut nous préserver de catastrophes de tout genre, telles les grandes inondations des dix derniers mois où d’un moment à l’autre certains ont tout perdu, ne pouvant que sauver leur vie. 

Elle veut nous préserver aussi des guerres. Ce n’est que par la prière et en se convertissant que l’on peut empêcher la guerre ; de simples manifestations n’y suffisent pas ! Souvenez-vous : en mars dernier, ils étaient des millions à défiler dans les rues pour protester contre la guerre, à Hongkong et à Londres, à Jakarta et à Berlin, à Hiroshima et à Rio de Janeiro, à Washington et à Rome.

En Australie, comme si elles avaient perdu la tête, des centaines de femmes nues formaient un cœur au milieu duquel était écrit : « No war ! » « Pas de guerre ! ». Si ces millions de gens avaient eu la même conviction à prier qu’à manifester, j’ose l’affirmer, ils auraient obtenu ce qu’ils voulaient et empêché la guerre ! Il est vrai qu’on a beaucoup prié mais vous voyez bien la puissance de prière qu’il faut pour maîtriser cette indomptable force du mal. Même notre Saint Père le Pape n’a pas réussi à empêcher cette guerre !

Le seul moyen d’y échapper est de nous convertir et de prier

Il y a quelques jours, le magazine Time publiait un numéro spécial intitulé: « Pourquoi la guerre contre le terrorisme ne s’arrêtera-t-elle jamais ? » C’est facile à comprendre si l’on sait que ceux qui participent aux commandos-suicide se considèrent comme des ‘martyrs’ engagés dans une ‘Guerre Sainte’ contre l’injustice et l’oppression de la part des puissants. Aux Etats-Unis, la cote d’alarme est constamment à son plus haut niveau ; c’est dire à quel point le ministère américain de la Défense prend au sérieux les menaces d’El Qaïda !

Une dernière remarque : dès 1947, la Dame de tous les Peuples révélait aussi le danger d’une attaque bactériologique et ceci, afin de pouvoir empêcher une telle catastrophe. Dans une épouvantable vision, la voyante éprouvait jusqu’en son propre corps, les effets dévastateurs d’une telle attaque. On en trouve le récit dans le livre des messages. Que ce soit à prendre au sérieux, les journaux eux-mêmes nous le disent qui ont publié tout récemment des articles comme celui-ci dans lequel des experts mettent en garde contre le terrorisme à l’arme biologique. Le seul moyen d’y échapper est de nous convertir et de prier. 

Prenons exemple sur le personnage biblique de Daniel dans la fosse aux lions. Que faisait-il en danger de mort ? Il priait et Dieu a montré sa puissance à celui qui lui avait donné sa confiance. Imitons Daniel en mettant par la prière, toute notre confiance en Dieu, en Lui seul et en Sa Mère qui est notre Mère et qu’Il a envoyée parce que nous avons vraiment besoin d’Elle ; Elle dit bien elle-même : « Ce n’est pas en vain que l’Epouse… fut envoyée sur la terre. Portez-la parmi les peuples ! Comprenez bien ceci : même le Seigneur a eu besoin de sa Mère pour venir au monde. C’est par la mère que vient la vie. Il faut donc la ramener dans vos églises et parmi les peuples ; vous verrez alors tout refleurir ! » (25.03.1965), car « une église et un peuple sans mère est comme un corps sans âme ! » (31.05.1965).

L’Action de la Mère – une preuve d’authenticité mondiale

Une semaine entière ne suffirait pas à rapporter toutes les bénédictions maternelles qui sont passées dans le monde au travers de l’action en faveur de la Dame de tous les Peuples, par sa prière et son image. Permettez-moi d’en faire une brève rétrospective pour ceux qui parmi les 70 nations ici présentes ne la connaissent pas encore. Le Sainte Vierge a promis en effet que son Image avec sa prière se répandraient parmi les peuples à la manière des flocons de neige qui tombent. C’est bien ce qui arrive, de plus en plus !

Nous en avons déjà eu un aperçu pour le Japon. Cette action de l’image et de la prière de la Dame de tous les Peuples a pris entre temps une ampleur mondiale, si bien que rien ne peut l’arrêter. Bien au contraire, elle constitue de plus en plus auprès de tous les peuples, une preuve d’authenticité mondiale, irréfutable. A ce propos, la Dame de tous les Peuples dit : « Engagez-vous, pleins de zèle et d’ardeur, dans cette œuvre de Rédemption et de Paix et vous verrez le miracle ! » (01.04.1951) Ce miracle et cette victoire ont été montrés aussi à Don Bosco dans une vue prophétique. Il vit le Pape amarrer l’Eglise aux deux colonnes de l’Eucharistie et de Marie. Nous revenons ainsi à Amsterdam.

L’Eucharistie et Marie sauveront l’Eglise.

Parmi les songes prophétiques de Don Bosco est célèbre celui appelé : “les Trois Blancheurs” ou « les deux colonnes ». En voici succinctement le récit :

« J’ai vu une grande bataille sur la mer : le navire de Pierre, piloté par le Pape et escorté de bateaux de moindre importance, devait soutenir l’assaut de beaucoup d’autres bâtiments qui lui livraient bataille. Le vent contraire et la mer agitée semblaient favoriser les ennemis. Mais au milieu de la mer, j’ai vu émerger deux colonnes très hautes : sur la première, une grande Hostie -l’Eucharistie- et sur l’autre (plus basse) une statue de la Vierge Immaculée avec un écriteau : Auxilium christianorum. 

Le navire du Pape n’avait aucun moyen humain de défense. C’était une sorte de souffle qui provenait de ces deux colonnes, qui défendait le navire et réparait aussitôt tous les dégâts. La bataille se faisait toujours plus furieuse; le Pape cherche à se diriger entre les deux colonnes, au milieu d’une tempête de coups. Tandis que les armes des agresseurs sont en grande partie détruites; s’engage une lutte corps à corps. Une première fois, le pape est gravement blessé, mais ensuite il se relève; puis une seconde fois… et cette fois il meurt tandis que les ennemis exultent. Le nouveau pape, élu immédiatement après, reprend la barre et réussit à atteindre les deux colonnes, y accrochant avec deux chaînes le navire, qui est sauvé, tandis que les bateaux ennemis fuient, se détruisent réciproquement, et coulent. » Ce rêve laisse troublés plus de 500 jeunes qui étaient réunis, comme tous les soirs, pour écouter don Bosco, au mois de mai 1862.

C’est seulement le matin suivant qu’il leur expliqua le sens de ce songe. De graves persécutions et tourments attendent l’Eglise; il reste deux seuls moyens pour la sauver : Marie -Aide des chrétiens- et l’Eucharistie. »

Songe de Don Bosco
Le songe de Don Bosco
Portrait de saint Jean Bosco, par Carlo Felice.
Par Carlo Felice — http://www.laperfettaletizia.com/2012/02/gabon-il-paese-accoglie-le-reliquie-di.htmlhttp://oradonbosco.donboscoalsud.it/news/39/Festa-San-Giovanni-Bosco.aspx, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20627073

Saint Jean Bosco, ou Don Bosco: né Giovanni Melchior Bosco le 16 août 1815 à Castelnuovo d’Asti(village de la principauté du Piémont faisant alors partie du Royaume de Sardaigne), et mort le 31 janvier 1888 à Turin (Italie), est un prêtre italien

Il a voué sa vie à l’éducation des jeunes enfants issus de milieux défavorisés et a fondé, en 1859, la Société de Saint François de Sales, plus connue sous le nom de congrégation des salésiens. L’Église catholique romaine l’a déclaré saint en 1934, sous le nom de saint Jean Bosco. Il est fêté le 31 janvier. C’est le saint patron des éditeurs, des apprentis et des prestidigitateurs.

Amsterdam – une ville eucharistique, mariale et pentecôtale

Amsterdam est en raison du miracle eucharistique qui eut lieu en 1345 et de par la venue de la Dame de tous les Peuples, d’une façon tout à fait privilégiée, à la fois la ville eucharistique et mariale. De plus, Amsterdam est la ville de la Pentecôte, car c’est là que la Vierge Marie promet à l’Eglise le don d’une Nouvelle Pentecôte, quand sera proclamé le dernier et le plus grand dogme marial de Marie Corédemptrice, Médiatrice et Avocate. Une ville eucharistique, mariale et pentecôtale… Jusqu’alors seule, Jérusalem en tenait le rang ! Quel privilège pour Amsterdam ! Vous voyez comme nous avons besoin de la Dame de tous les Peuples afin que tous les parents puissent donner à leurs enfants l’assurance d’un avenir heureux !

II – La prière demandée par la Vierge. 

 Le 11 février 1951, Ida reçoit la prière qu’elle est chargée de diffuser :  « Tout comme les flocons de neige, l’image et la prière se répandront sur le monde et tomberont dans les cœurs de tous les peuples. » Puis la Dame donna une prière à Ida et lui montra le globe terrestre sur lequel elle se tenait. On aurait dit qu’il neigeait autour d’elle. La Dame sourit et dit : « Tu ne comprends pas ? Regarde bien le globe.”Ida vit alors le globe recouvert d’une épaisse couche de neige. La Dame sourit une nouvelle fois et dit : “Regarde encore une fois le globe.” 

Ida raconta que le soleil brillait sur le globe et que la neige se mettait lentement à fondre et à disparaître dans le sol. La Dame dit alors : “Tu te demandes : qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Tiens, voici l’explication de ma venue aujourd’hui. Tout comme les flocons de neige tourbillonnent au-dessus du monde et tombent sur le sol pour former une épaisse couche, de même l’image et la prière se répandront sur le monde et tomberont dans les cœurs de tous les peuples.” 

Tandis que la Dame disait cela, Ida voyait tous les peuples devant elle. La Dame lui montrait alors du doigt, d’abord son propre cœur, puis les cœurs de tous les hommes et elle disait : “Tout comme la neige se dissout dans la terre, de même, le fruit, l’Esprit, viendra dans les cœurs de tous les hommes qui prieront quotidiennement cette prière. Ne demandent-ils pas que le Saint Esprit vienne sur le monde?”

La voyante reçut plusieurs fois cette image des flocons de neige.Le 15 avril 1951, Ida reçut une promesse: « Tu verras, la diffusion va se faire d’elle-même. » En effet, sans publicité et grâce à des secours souvent inattendus, la prière a pu être traduite dans de nombreuses langues et parvenir dans les parties les plus reculées du monde. Le miracle dont la Vierge Marie avait parlé et qu’elle avait montré sous la forme de flocons de neige tombant drus sur la terre, c’était la diffusion rapide de l’image accompagnant la prière.

Le 31 décembre 1951, la dame précisa: « Je désire que la diffusion se fasse en beaucoup de langues ». Et la Dame de tous les Peuples de demander, le 15 juin 1952, avec insistance, que soit mise sur pied une action sur le plan mondial en vue de diffuser sa prière et son image: « Mettez donc en œuvre tous vos moyens pour aider, et veillez à la diffusion, chacun à sa manière. » Car, dira la Vierge Marie, le 10 mai 1953, « Cette action ne concerne pas un seul pays. Le titre : la Dame de tous les Peuples et la prière, sont donnés afin de délivrer le monde d’une grande catastrophe. » Le 11 octobre 1953, Marie dit encore: « Cette action est pour tous les peuples. On doit diffuser cette prière dans les églises et avec les moyens modernes.

Des millions d’images, avec la prière traduite au verso, ont déjà été distribuées dans le monde entier, en plus de quatre vingt langues. Dans de nombreuses églises on trouve exposée l’image de la Dame de tous les Peuples. Dans de nombreux pays, les croyants se sont mobilisés en vue de faire circuler pendant un laps de temps déterminé, un cadre de la Dame de tous les Peuples, dans les familles, chez des amis, au sein de groupes de prière, dans les paroisses et les couvents, dans les prisons, les écoles et les maisons de retraite. 

Autour de la Dame de tous les peuples, on invite tous ceux qui désirent se retrouver et prier autour du tableau itinérant ; on récite la neuvaine en l’honneur de la Dame de tous les Peuples ou le chapelet, ponctué par la prière d’Amsterdam. Beaucoup de participants de tous les continents, ont déjà pu faire l’expérience de la puissance des grâces reçues. La prière que la Vierge Marie aurait donnée à Ida Peerdeman est la suivante:

Seigneur Jésus-Christ, Fils du Père, 
envoie à présent Ton Esprit sur la terre. 
Fais habiter l’Esprit Saint 
dans les coeurs de tous les peuples 
afin qu’ils soient préservés 
de la corruption, des calamités 
et de la guerre. 
Que la Dame de tous les Peuples, 
qui fut un jour Marie, 
soit notre Avocate. Amen.

Le 25 mars 1994, Son Éminence le Cardinal Albert Decourtray, Primat des Gaules, accorda l’imprimatur, en toute simplicité et humilité, et sans aucune altération, à la Prière de la Dame de tous les Peuples. Le 8 septembre 1994, ce Cardinal autorisait aussi la supplique en faveur de la récitation «en Église» de la Prière de la Dame de tous les Peuples et «de la proclamation du Dogme de Marie Corédemptrice, Médiatrice et Avocate», afin que les Peuples soient préservés de la corruption, des calamités et de la guerre. Au 31 mai 1997, cette puissante prière était traduite en 72 langues.

Marie Reine du ciel

En juillet 2005, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a exigé que « qui était Marie » soit exclu de la prière de la Dame de tous les Peuples. La fin correcte de la prière est maintenant « Que la Dame de tous les Peuples, la Bienheureuse Vierge Marie, soit notre Avocat ». 

Belgique / 15 Janvier 1933 au 2 Mars 1933 Notre Dame de Banneux

I – Généralités

Pays de l’apparition

Belgique

Carte de la Belgique
Banneux se trouve en Wallonie,
province de Liège

Site 

Banneux (ou Banneux-Notre-Dame) est un village de la commune belge de Sprimont situé en Région wallonne, dans la province de Liège. Ce village ardennais faisait partie de l’ancienne commune de Louveigné. Il est situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Liège, sur la route nationale 666 qui va de Louveigné à Pepinster. Le village est constitué de deux centres principaux : Banneux-Village situé sur la route menant à Trasenster et Nessonvaux autour le l’église dédiée à Saint Léonard et Banneux Notre-Dame implanté le long et au sud de la route nationale 666 autour du pèlerinage marial.

Désignation  

Notre-Dame de Banneux (également appelée Vierge des pauvres) est le nom sous lequel les fidèles catholiques désignent la Vierge Marie en tant qu’elle serait apparue plusieurs fois à Mariette Beco entre le 15 janvier et le 2 mars 1933, près de chez elle, à Banneux, un village au sud de Liège, en Belgique.

Contexte historique

1933 est une année très  « difficile ». En Union soviétique : un décret commun du Comité central et de la Commission de contrôle du parti communiste met en place des commissions d’épuration afin, entre autres, d’éliminer les « ennemis du peuple » du parti. Une directive décrète le blocus de l’Ukraine et du Caucase-Nord pour empêcher tout déplacement de population, alors que la région est en proie à une terrible famine (Holodomor). L’Italie et l’Union soviétique signent un pacte de non agression. En Allemagne, la SA, la SS et le Stahlhelm deviennent « police auxiliaire ». Aussitôt commence un déferlement de violences contre les communistes. Ouverture du camp de Dachau, 1er camp de concentration permanent. Création à Madrid de la Phalange espagnole par José Antonio Primo de Rivera, fils du dictateurMise en place de la dictature nazie et début du Troisième Reich. Invasion japonaise.

II – La voyante

Mariette Beco (1921-2011)  

Banneux est une petite ville de Belgique. À l’époque de l’arrivée au pouvoir d’Hitler, une petite fille de 11 ans, Mariette Beco, y a vécu quelque chose qui, à l’époque, n’a pas fait grand bruit. Mariette, l’aînée de sept enfants, est née le 25 mars 1921, jour de la fête de l’Annonciation. Sa famille n’allant pas à la messe, elle n’a pas reçu d’éducation religieuse. Son père catholique n’était plus pratiquant depuis plusieurs années, et ne se souciait pas que ses enfants aillent à la messe ou pas.

Néanmoins, Mariette avait gardé un chapelet qu’elle avait trouvé et, à l’occasion, le priait avant d’aller se coucher. Elle est l’ainée d’une famille ouvrière de sept enfants qui possède une modeste maison sur la route de Louveigné à Pepinster, un peu à l’extérieur du village de Banneux.

Elle a 12 ans lorsque le 15 janvier 1933, au soir d’une journée d’hiver froide et pluvieuse, elle voit par la fenêtre une dame rayonnante près de la barrière qui conduit sur la route. Plutôt sauvageonne et peu portée à la dévotion, elle n’en dit pas moins à ses parents qu’elle a vu la Vierge. Ceux-ci la traitent de « sotte ». Les apparitions se reproduisent huit fois entre le 15 janvier et le 2 mars, à la même heure, vers 19 heures et presque, par temps, froid et pluvieux.

Née le 25 mars 1921, Mariette Beco s’est mariée et a mené une vie familiale ordinaire, dans la plus grande discrétion possible et refusant tout ce qui pouvait attirer l’attention sur elle-même. Si elle visitait fréquemment la source ainsi que la chapelle des apparitions, c’était incognito. Mariette a parcouru le chemin habituel des personnes âgées, avec son lot de joies mais aussi de difficultés. Le recteur des Sanctuaires de Banneux, l’abbé Léo Palm, a rencontré plusieurs fois Mariette. Il témoigne d’une femme aimée par sa famille, proche de son fils et de ses petits-enfants. Mariette avait aussi été vivement éprouvée par la mort de ses deux filles, la première disparue très jeune, la seconde décédée en 2008. 

Mariette Beco a mené une vie relativement normale, avec des hauts et des bas. Elle a également souffert de problèmes conjugaux, puis a pris soin d’une personne handicapée. Elle était discrète et peu pratiquante. Elle ne voulait pas parler aux reporters voulant en savoir plus sur elle. Elle a vécu jusqu’à l’âge de 90 ans et, contrairement à Bernadette de Lourdes, aux enfants de Fatima ou à sainte Catherine Labouré, sa foi n’était pas profonde : Dieu peut nous accorder Sa grâce, quelles que soient nos convictions. Notre Dame de Banneux a confié son message à Mariette, cette petite fille assurément unique et spéciale aux yeux de Dieu et de Sa Mère. La matinée du vendredi 2 décembre 2011, Mariette Beco, s’est éteinte à l’âge de 90 ans dans la maison de repos Home de la Vierge des Pauvres, à Banneux. L’annonce de son décès s’est très rapidement répandue parmi les pèlerins suscitant une vive émotion.

Mariette Beco, adulte

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Mariette Beco a 12 ans lorsque le 15 janvier 1933, au soir d’une journée d’hiver froide et pluvieuse, elle voit par la fenêtre une dame rayonnante près de la barrière qui conduit sur la route. 

Nombre et durée des apparitions

Les apparitions se reproduisent huit fois entre le 15 janvier et le 2 mars 1933 à la même heure, vers 19 heures et presque toujours par mauvais temps, froid et pluvieux.

Emplacement des apparitions

Le 15 janvier 1933, alors que la petite fille observait la noirceur de la nuit, elle vit une dame dans la cour. Trois jours plus tard, le 18 janvier, Mariette est sortie de chez elle en courant aux alentours de 19h. Son père l’a suivie. Elle va dans le jardin et prie à genoux. La Dame était en face d’elle.Jeudi 19 janvier, le temps est très mauvais. Mariette est à genoux dans le sentier. La Dame apparaît

Récit 

Mariette Beco est née le 25 mars 1921. Elle est l’aînée d’une famille de sept enfants. La famille, non pratiquante, connaît des conditions de vie difficiles et habite une modeste maison ouvrière isolée, située en retrait de la route, à l’écart du village de Banneux, en face d’un grand bois de sapins. Le 15 janvier 1933, Mariette guettait par la fenêtre de la cuisine l’arrivée de son frère Julien. Il faisait froid et il neigeait dehors. Le vent faisait couiner le revêtement de la maison dans une symphonie inquiétante.

Alors que la petite fille observait la noirceur de la nuit, elle vit une Dame dans la cour. Elle était très belle et une lumière éclatante l’enveloppait. Elle était pieds nus et portait une longue robe blanche avec une ceinture bleue. Une rose dorée se trouvait à ses pieds. Mariette a remarqué que la Dame flottait à quelques centimètres au-dessus du sol. La Dame lui a fait signe de s’approcher. « Regarde, maman. Elle est belle. Elle me sourit. Je veux sortir dehors » Mariette a rationalisé sa vision en se disant qu’elle n’avait pas pu avoir lieu. Elle a imaginé que c’était un reflet de la lampe à huile, qu’elle a donc déplacée dans une autre pièce. Elle est revenue près de la fenêtre, et la Dame était toujours là. Mariette a appelé sa mère pour lui dire ce qu’elle voyait. Celle-ci a secoué la tête : « N’importe quoi ».

Mariette a insisté et sa mère s’est moquée d’elle : « C’est peut-être la Vierge Marie ». Puis, dans un haussement d’épaules, elle a fermé le rideau et s’est éloignée. Mariette a rouvert le rideau : « Regarde, maman. Elle est belle. Elle me sourit. Je veux sortir dehors ». « Tu n’iras nulle part Mariette. Et maintenant, arrête de dire n’importe quoi et ferme la porte à clé ». Quand elle est retournée près de la fenêtre, la Dame n’était plus là. Elle s’est rappelée du chapelet noué à sa ceinture, et est allée dans sa chambre pour prier le sien. Lorsque son frère Julien est rentré, elle lui a raconté ce qu’elle avait vu : il lui a ri au nez et l’a traitée d’idiote.

Trois jours plus tard, le 18 janvier, Mariette est sortie de chez elle en courant, aux alentours de 19h. Son père l’a suivie. Elle va dans le jardin et prie à genoux. La Dame était en face d’elle. Le père de Mariette, qui observait la scène derrière un arbre, était fasciné. La Dame lui tend les mains et fait signe à Mariette de la suivre, ce qu’elle fit. Son père les a suivies, et a vu Mariette s’agenouiller une nouvelle fois. Elle était près d’une source d’eau et a entendu : « Poussez vos mains dans l’eau ! Cette source m’est réservée. Bonsoir. Au revoir »… Puis elle a disparu.

Son père, qui n’a pas vu la Dame, en a été transformé : il est allé se confesser au père Jamin, désireux de retourner à la messe et de communier. 

Jeudi 19 janvier, le temps est très mauvais. Mariette est à genoux dans le sentier. La Dame apparaît. Mariette lui demande :  » Qui êtes-vous, belle Dame ?  »  » Je suis la Vierge des Pauvres. » La Vierge conduit l’enfant par le chemin jusqu’à la source. Mariette interroge encore :  » Belle Dame, vous m’avez dit hier : cette source est réservée pour moi. Pourquoi pour moi ? « . Mariette se désigne, croyant que la source est pour elle. Avec un sourire, la Vierge répond :  » Cette source est réservée pour toutes les Nations … pour soulager les malades.  »  » Merci, merci  » dit Mariette. La Vierge ajoute :  » Je prierai pour toi. Au revoir. » 

Le vendredi 20 janvier, Mariette reste au lit toute la journée : elle a mal dormi. A 18H45, elle se réveille, s’habille et sort. Quand la Vierge apparaît, Mariette s’écrie :  » Oh, la voici. » Puis elle demande :  » Que désirez-vous ma belle Dame ?  » Souriante, la Vierge répond :  » Je désirerais une petite chapelle. » La Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l’enfant. Suivent trois semaines de grand calme. La Vierge interrompt ses visites. Mariette, cependant, reste fidèle : chaque jour à 19H, elle prie dans le jardin.

Samedi 11 février, de nouveau, Mariette est entraînée sur la route. L’enfant s’agenouille deux fois, trempe ses mains dans l’eau à la source et fait un signe de croix. Elle se lève brusquement, court vers la maison et pleure. Elle ne comprend pas ce que la Vierge lui a dit :  » Je viens soulager la souffrance. » Elle ne comprend pas le mot  » soulager « . Mais elle sait que c’est quelque chose de bon, puisque la Vierge a souri.

Trois jours se passent. Le soir du mercredi 15 février, la Vierge apparaît pour la sixième fois. Mariette transmet la demande de l’abbé Jamin :  » Sainte Vierge, Monsieur le Chapelain m’a dit de vous demander un signe. » La Vierge répond : « Croyez en moi, je croirai en vous. » Elle ajoute pour Mariette :  » Priez beaucoup. Au revoir. » La Vierge confie un secret à l’enfant.

Le 20 février, Mariette est à nouveau à genoux dans la neige, bravant le froid. Soudain, elle prie plus haut et plus vite. Elle quitte le jardin, s’agenouille deux fois sur la route puis à la source où elle prie et pleure  « parce que Marie s’en va trop vite. » La Vierge souriante comme à l’ordinaire, lui dit : « Ma chère enfant, priez beaucoup. »Après quoi, elle cesse de sourire et ajoute, avant de partir et d’une voix plus grave : « au revoir. » Mariette attend dix jours avant de revoir la Vierge une dernière fois.

Elle apparaît le jeudi 2 mars. Il pleut à torrent depuis 15h. Elle sort à 19h. Elle en est au troisième chapelet quand il cesse subitement de pleuvoir. Elle se tait, étend les bras, se lève, fait un pas, s’agenouille. Dans la maison, après bien des pleurs, Mariette livre le message confié par Marie :  » Je suis la Mère du Sauveur Mère de Dieu. Priez beaucoup. » Avant de la quitter, la Vierge lui a imposé les mains en disant :  » Adieu. » 

D’abord ridiculisée, Mariette est au fil des jours interrogée de plus en plus rigoureusement par l’abbé Louis Jamin (1898-1961), chapelain de Banneux. Elle rapporte chaque fois ce qu’elle a vu et ce que « la dame » lui a dit. Sa sincérité ne fait aucun doute. Plusieurs personnes – curieux, sympathisants et sceptiques – l’accompagnent durant la deuxième série d’apparitions (11 février au 2 mars). Ils ne voient rien, sinon les traits transfigurés de Mariette qui dit son chapelet et semble en conversation avec quelqu’un. À la suite de la demande explicite de la « Vierge des Pauvres » (apparition du 20 janvier), une petite chapelle est érigée et inaugurée le 15 août 1933, fête de l’Assomption.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Elle était très belle et une lumière éclatante l’enveloppait. Elle était pieds nus et portait une longue robe blanche avec une ceinture bleue. Une rose dorée se trouvait à ses pieds. Mariette a remarqué que la Dame flottait à quelques centimètres au-dessus du sol.

Notre Dame de Banneux

Attitudes de la Vierge

La première fois : « Elle me sourit ». La Dame lui a fait signe de s’approcher. La seconde fois : la Dame lui tend les mains et fait signe à Mariette de la suivre. Une autre foisla Vierge répond avec un sourire. La Vierge étend ses mains et de la main droite bénit l’enfant. La Vierge souriante, comme à l’ordinaire, lui dit… Après quoi, elle cesse de sourire et lui parle, avant de partir, d’une voix plus grave.  Avant de la quitter, la Vierge lui a imposé les mains. 

Paroles de la Vierge

« Je suis la Vierge des Pauvres. « 

« Poussez vos mains dans l’eau ! Cette source m’est réservée. Bonsoir. Au revoir »…

 » Cette source est réservée pour toutes les Nations … pour soulager les malades

 » Je prierai pour toi. Au revoir. »

 » Je viens soulager la souffrance. »

 » Croyez en moi, je croirai en vous. » 

 » Priez beaucoup. Au revoir. »

« Ma chère enfant, priez beaucoup. »

 » Je désirerais une petite chapelle. »

 « Ma chère enfant, priez beaucoup. »

 » Adieu. »

 » Je suis la Mère du Sauveur Mère de Dieu. Priez beaucoup. »

Messages de la Vierge  

La Vierge déclare son identité : mère du sauveur, mère de Dieu. Au nombre des qualificatifs qu’elle choisit au cours de ses apparitions, ici elle se déclare vierge des pauvres et vient pour soulager la souffrance.  Comme à chaque apparition, elle insiste sur la prière. La Vierge demande qu’on croit en elle ! Elle, croit en Mariette Beco. Enfin, comme presque à chaque fois, elle désigne une source et demande une chapelle : une source pour guérir les souffrances, une chapelle pour prier ! 

Eléments supra naturels

La Dame flotte à quelques centimètres au dessus du sol. Une lumière éclatante l’enveloppe. Au troisième chapelet, il cesse subitement de pleuvoir. 

Eléments conformes aux autres apparitions 

Marie apparaît dans une cour, sur un sentier, dans un environnement paysager 

La voyante est une enfant, aînée de 7 enfants d’une famille ouvrière. 

Marie crée une source qui deviendra miraculeuse et demande la création d’une chapelle qui deviendra un sanctuaire. 

La Vierge sourit beaucoup et parle peu.

La Vierge est très belle et une lumière éclatante l’enveloppe.

Eléments spécifiques

La vierge apparaît toujours vers 19H, par mauvais temps, froid et pluvieux. C’est l’hiver et les temps sont rudes…

Lien avec d’autres apparitions 

La Vierge est déjà apparue en Belgique, du 15 Janvier 1933 au 2 Mars 1933, à Beauraing. Quelle signification à deux apparitions si proches, sinon la montée des périls qui annonce la deuxième guerre mondiale ? 

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

Un hémiplégique sceptique, Ernest Boutet, est guéri après avoir pris de l’eau à la source (fin mars 1933). Étant donné l’afflux grandissant des visiteurs, une enquête canonique diocésaine est ordonnée. Les faits, les déclarations de Mariette et les procès verbaux de l’abbé Jamin sont examinés entre 1935 et 1937 par une commission canonique épiscopale.

La guérison complète d’une religieuse de Liège, Sœur Lutgarde, qui, souffrant d’une décalcification des os prononcée et irréversible, avait absorbé quotidiennement de l’eau de Banneux est déclarée « inexplicable » par les médecins qui la soignent (juin 1937). C’est le premier « miracle » reconnu. Comme, de plus, la première commission n’exprime aucun doute quant à la sincérité de la voyante, l’évêque de Liège Mgr Kerkhofs autorise la vénération de Notre-Dame de Banneux (19 mars 1942).

L’Assomption à Banneux

Des triduums * pour malades sont organisés. Une seconde commission diocésaine (mai 1942 à février 1945) conclut au caractère surnaturel de ce qui s’est passé à Banneux. Le 22 août 1949, L’évêque Mgr Kerkhofs reconnaît alors officiellement la « réalité des faits ». Après quoi en 1952 la reconnaissance officielle de l’Église a suivi.  

Le 14 août 1956, la statue de Notre-Dame de Banneux est solennellement couronnée par Mgr Efrem Forninonce apostolique en Belgique.

Le Pape Jean Paul II
En 1985, il visite le sanctuaire de Banneux
Par Dennis Jarvis from Halifax, Canada — Luxembourg-5151 – Pope John Paul II, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=66953469

* Triduum : célébration chrétienne qui dure du jeudi saint au dimanche de Pâques.

Sanctuaire (s)

Des groupes de malades arrivant en pèlerinage, une esplanade est créée en 1939. Aujourd’hui Banneux Notre-Dame est un lieu de pèlerinage marial avec source d’eau dite « miraculeuse » et hospice pour malades-pèlerins (Hospitalité Banneux Notre-Dame) disposant de 300 lits. Pendant la saison de pèlerinage, entre mai et octobre, il y a chaque jour des bénédictions de malades et plusieurs messes pour les pèlerins.

Notre Dame de Banneux près de la fontaine

L’organisation du pèlerinage est dirigée par l’ASBL Banneux. En 1985, le pape Jean-Paul II a visité le sanctuaire et y a rencontré la voyante, Mariette Beco. Le nombre de pèlerins, surtout des groupes de malades, augmente rapidement, venant de Belgique et des pays voisins.

Des sanctuaires « Notre-Dame de Banneux » sont érigés à travers le monde. Un institut séculier est fondé en 1954 : les Servantes de la Vierge des pauvres. En 1958, l’ensemble monumental de la « Source » est inauguré. En 1959, Banneux enregistre son millionième pèlerin. Depuis lors Banneux-Notre-Dame est fréquenté annuellement par environ 700 000 visiteurs ou pèlerins. Quelque 10 000 d’entre eux sont des malades. 

Ensemble de la Source, à Banneux

Belgique / Du 29 Novembre 1932 au 3 Janvier 1933 Notre Dame de Beauraing

I – Généralités

Pays de l’apparition

Belgique

Site 

Beauraing

Beauraing  est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Namur

Panorama sur la ville de Beauraing
Par Jean-Pol GRANDMONT — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12737785

Désignation  

Notre Dame de Beauraing ; la Vierge « au cœur d’or ». 

Contexte historique

En cette année 1932, la chanson « On ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried » de Ray Ventura est le tube musical du moment en France. La ligne Siegfried est l’équivalent allemand de la ligne Maginot française. A MunichGeorg Elser commet un attentat à la bombe contre Hitler, alors que celui-ci célèbre le 16e anniversaire du putsch de la Brasserie. Mobilisation générale en Suisse et en Finlande.

Le gouvernement polonais en exil quitte Paris pour Angers. Répression féroce par la Gestapo suite à l’insurrection étudiante de Prague. 120 étudiants sont fusillés. Déportation et prison pour nombre d’autres. Le gouvernement soviétique demande à la Finlande de lui céder le territoire de l’isthme de Carélie. Le rejet par le gouvernement finlandais des exigences soviétiques conduit à la guerre. Le 30 novembre, l’URSS attaque la Finlande par surprise. 

II – Le ou les voyants (es) 

Les apparitions mariales de Beauraing font référence aux apparitions de la vierge Marie entre le 29 novembre 1932 et le 3 janvier 1933, à cinq enfants du village de Beauraing, dans la province de Namur en Belgique : Fernande, Gilberte et Albert Voisin, ainsi qu’Andrée et Gilberte Degeimbre. 

La nièce du curé de Vonêche, le village voisin, qui n’est qu’à quelques kilomètres de Beauraing, le lieu des apparitions explique que deux des voyants furent les paroissiennes de son oncle curé avant qu’elles ne déménagent, en mai 1932, à la suite du décès de leur père, quelques mois avant les faits.

Elle raconte : « Notre oncle connaissait plus particulièrement la plus grande, Andrée Degeimbre, à qui, dès son affectation à Vônèche, il avait enseigné le catéchisme préparatoire à la communion solennelle et à la confirmation (passage des chrétiens dans le monde des adultes croyants). Il trouvait cette petite paroissienne très sage, attentive et modeste, incapable de mentir. Il était formel, cette adolescente de 15 ans au moment des faits n’avait rien inventé ; elle avait vu ce qu’elle racontait. 

Sa sœur Gilberte Degeimbre qui avait 9 ans à cette époque, fit sa communion privée vers 6/7 ans, dans la paroisse de notre oncle. Ce fut elle que celui-ci interrogea la première quelques jours après les faits et qui fit sur lui la meilleure impression, à tel point qu’il fut convaincu de sa sincérité et ne put s’empêcher d’en faire part à son supérieur, le Doyen. 

Madame Degeimbre, la maman des deux enfants, était une fermière bien équilibrée qui mit beaucoup de temps à ajouter foi aux histoires de ses enfants. Elle fut même très dure avec eux, redoutant le ridicule et les punissant rudement avec interdiction d’aller au lieu des apparitions.

Les trois autres de la famille Voisin, Fernande Voisin âgée de 15 ans au moment des « visions », terme souvent employé par notre oncle, Gilberte voisin, 13 ans alors et Albert Voisin un garçon âgé de 11 ans à cette époque,eurent l’avantage d’être très vite crus par leurs parents.

Destinée des voyants

« Nous étions pratiquants mais pas plus. Au moment de l’apparition, nous nous amusions à tirer des sonnettes. Ma sœur aînée, très pieuse, ne comprenait pas qu’elle en était exclue ! » explique Gilberte Degeimbre. Le passé des voyants n’a pas été marqué par une vie religieuse exceptionnelle. Ils ont tous fondé un foyer, exercé une profession modeste bien qu’honorable et n’ont tiré aucun avantage matériel de l’événement.

Le 10 Février 2015, Gilberte Degeimbre, le dernier témoin des apparitions de la Vierge à Beauraing dans les années 30, est morte à l’âge de 91 ans. Hospitalisée au CHU de Mont-Godinne depuis un mois, elle a succombé à une bronchite. Gilberte Degeimbre a vécu près de 50 ans en Italie, elle était revenue s’installer à Beauraing, il y a quelques années. C’est là que ses funérailles furent célébrées par l’évêque de Namur. On peut entendre le témoignage de Gilberte Degeimbre, sur you Tube.

Gilberte Degeimbre
Gilberte Degeimbre, enfant

III – L’Apparition (généralités) 

Dates

Entre le 29 novembre 1932 et le 3 janvier 1933

Nombre et durée des apparitions

La « Dame » se montra 33 fois de fin novembre 1929 à janvier 1930 

Emplacement des apparitions

Le 30 novembre, la Sainte Vierge apparaît aux enfants à 1 mètre au-dessus d’un pont ; le 1erDécembre elle apparaît aussi au dessus du pont,  mais cette fois, elle rejoint les enfants quand ils passent près du houx du jardin, puis sous une branche de l’aubépine près de la grille d’entrée. 

Récit 

Le 29 novembre 1932, Fernande Voisin, 15 ans, et son frère Albert, 11 ans, vont chercher leur sœur Gilberte, 13 ans, au pensionnat tenu par les Sœurs de la Doctrine Chrétienne de Nancy, accompagnés de leur amie Andrée Degeimbre, 14 ans, et de sa petite sœur Gilberte, 9 ans.  

Alors qu’il vient de sonner à la porte du pensionnat, Albert se retourne, regarde dans la direction du talus du chemin de fer tout proche et s’exclame : « Regardez la Vierge qui se promène au-dessus du pont ! » Il voit une femme habillée de blanc, « toute lumière », qui marche à un mètre au-dessus du pont. Lorsque les filles se retournent à leur tour, elles peuvent aussi apercevoir la « belle dame », tout comme Gilberte qui arrive peu après de l’intérieur du pensionnat. Leur première réaction est l’affolement. Apeurés, ils retournent chez eux en courant, mais décident quand même de revenir chercher Gilberte à la même heure le lendemain.

Le 30 novembre, la Sainte Vierge leur apparaît de nouveau au-dessus du pont ; également le 1er décembre, mais cette fois, elle rejoint les enfants quand ils passent près du houx du jardin, puis sous une branche de l’aubépine, près de la grille d’entrée. Elle apparaît debout sur un petit nuage qui cache ses pieds. Elle est vêtue d’une longue robe blanche traversée par trois fins reflets bleus ; ceux-ci partent de son épaule gauche et disparaissent au bas de la robe, sur la droite. Sa tête, dont sortent de fins rayons de lumière formant comme une couronne, est recouverte d’un long voile blanc qui tombe sur les épaules. Elle tient les mains jointes et sourit.

Podium et Vierge de l’Aubépine
Par Varech — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9958558

À partir du 29 décembre, ils aperçoivent entre ses bras son cœur illuminé, tel un Cœur d’or.  

Née le 13 août 1923, Gilberte Degeimbre avait neuf ans lors des premières apparitions en 1932. « La Vierge était blanche et brillante, elle se promenait dans l’espace au-dessus du pont du chemin de fer » expliquait-elle en 2012. « Elle nous a demandé de prier beaucoup, et elle voulait que Beauraing devienne un lieu de pèlerinage ». Au total, la Vierge est apparue à 33 reprises en 1932 et 1933. A l’époque, le témoignage des enfants n’a pas été pris aux sérieux. « Personne ne nous croyait, même ma mère. On pensait que nous étions des menteurs », confiait encore Gilberte Degeimbre. 

Le témoignage de Gilberte Degeimbre d’après une vidéo  You Tube

Gilberte Degeimbre témoigne de ce qu’elle a vu dans une vidéo disponible sur Internet. En voici les éléments les plus intéressants : la vierge est à 50 cm ou 1 mètre du sol, au dessus d’un petit nuage ; on ne voit pas ses pieds mais on devine ses pas quand elle se déplace.  Elle est très très brillante ; elle se tient mains jointes et ne les écarte que lorsqu’elle disparaît comme pour dire « venez à moi ». Elle porte une robe blanche toute droite avec un reflet bleu qui part de l’épaule gauche et rejoint le bas droit de la robe et des plis en bas. Elle porte un chapelet au coude droit qui descend très bas. Certaines fois, un cœur d’or apparaît sur sa poitrine émettant des rayons d’or. Elle porte un voile léger sur la tête et une couronne de rayons d’or égaux et lumineux, très légers. Sa voix est très douce, pénétrante, son regard est doux et ses yeux sont bleus. Sa beauté est « au delà de tout ».

Elle utilise très peu de mots et sourit. Elle nous a demandés si nous étions sages, l’aimions elle et son fils, de prier, de venir «  ici » en pèlerinage, de faire construire une chapelle. Elle nous a dit qu’elle convertirait les pécheurs, qu’elle était la reine des cieux, la vierge immaculée, et nous a confiés un secret à chacun..

Une force énorme oblige les enfants à s’agenouiller lorsqu’elle apparaît. Les chiens se couchent et se taisent en sa présence. Le choc avec la réalité est violent lorsqu’elle disparaît. Le choc le plus fort est que ma mère ne me croit pas ; « nous étions pratiquants mais pas plus. Au moment de l’apparition, nous nous amusions à tirer des sonnettes. Ma sœur aînée, très pieuse, ne comprenait pas qu’elle en était exclue ! Pendant les apparitions, les médecins nous séparaient, nous pinçaient fort, nous donnaient des coups de canif, faisaient bruler une allumette sous ma main ; nous ne sentions rien ; pas de traces non plus. J’ai compris que c’était tout ce que nous faisions qui devait être une prière » 

Le témoignage du curé de Vonêche, proche de Beauraing, relaté par sa nièce *   

« Du 29 novembre 1932 au 3 janvier 1933, notre oncle fut un témoin privilégié des apparitions de la Vierge à Beauraing, petite ville voisine de son village. Cet événement marqua profondément la vie religieuse de la Belgique et même de certains pays voisins. Il s’inscrivait dans un contexte particulier de foi mariale (culte de la vierge Marie) qui s’était développé en France et dans les pays latins. Avec l’honnêteté qui le caractérise, il rédigea dans un grand registre, ayant pour titre : « Les apparitions de Beauraing – Journal d’un témoin », un manuscrit de 35 pages relatant les faits dont il fut un témoin privilégié, ainsi que le témoignage de diverses personnalités de la région dignes de foi. En première page d’introduction, il avertit bien modestement ceci : « Que valent ces pages ? Je l’ignore. Elles n’ont d’autre prétention que d’être le témoignage sincère et aussi objectif que possible d’un prêtre qui depuis les événements de Beauraing n’a rien négligé pour chercher la vérité ». Voici ce qu’il a écrit :

Le village pittoresque de Vonêche

« Le papa Voisin, employé aux chemins de fer, allait habituellement rechercher sa fille au pensionnat. De garde ce soir-là, le 29 novembre 1932, vers 18 heures, il envoya ses deux enfants, Fernande et Albert, rechercher leur sœur Gilberte. Chemin faisant, ils rencontrèrent les deux enfants Degeimbre, anciens voisins qu’ils connaissaient bien. La joyeuse bande ne manqua pas quelques gredineries, telle celle de sonner aux portes avant d’atteindre le pensionnat des sœurs.

Ce fut le garçon de 11 ans qui, après avoir actionné la sonnette de la porte d’entrée du pensionnat et se retournant, aperçut dans la nuit une forme lumineuse qui se déplaçait sur le pont du chemin de fer bordant l’établissement. Les autres, incrédules d’abord, voient aussi ce qu’ils prennent pour la Vierge de Lourdes dont la statue se trouve dans une grotte artificielle située juste en dessous et qui se serait déplacée.Ils le signalent à la sœur qui est venue leur ouvrir, mais qui n’en croit rien tout en allant chercher la petite Gilberte qui, bien qu’ignorante de ce qui vient de se passer, aperçoit aussi une forme en mouvement sur le pont.

Effrayés, les enfants se sauvent. Dès le jeudi 1er décembre, sur les conseils de Madame Voisin, les enfants récitent des « ave Maria » (courte prière invoquant la Sainte Vierge) pendant toute la durée des « apparitions ». La dame reviendra les trois jours suivants ; cependant, ce ne sera qu’à partir du quatrième, le 2 décembre, qu’elle leur parlera. La dame se montra 33 fois de fin novembre de 1929 à janvier 1930 en leur révélant qu’elle était la mère de Dieu, la reine des cieux. A sa dernière apparition, le 3 janvier, elle eut une parole et un secret pour chacun en particulier. Notre oncle et son beau-frère, l’instituteur de Mesnil-Eglise, attendaient leur retour du lieu des apparitions chez la famille Degeimbre. Ils reçurent des précisions sur ce que la « Dame » leur avait confié, mais aucun ne voulut leur révéler quoi que ce soit de ce qu’il leur avait été dit sous la forme du secret.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

La vierge est à 50 cm ou 1 mètre du sol, au dessus d’un petit nuage ; on ne voit pas ses pieds mais on devine ses pas quand elle se déplace.  Elle est très très brillante. Elle porte une robe blanche toute droite avec un reflet bleu qui part de l’épaule gauche et rejoint le bas droit de la robe et des plis en bas. Elle porte un chapelet au coude droit qui descend très bas. Certaines fois, un cœur d’or apparaît sur sa poitrine émettant des rayons d’or. Elle porte un voile léger sur la tête et une couronne de rayons d’or égaux et lumineux, très légers. Sa voix est très douce, pénétrante, son regard est doux et ses yeux sont bleus. Sa beauté est « au delà de tout. »

Notre Dame de Beauraing
Au pied de l’aubépine
Par Tnd — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2804038

La Vierge au cœur d’or : « M’aimez vous ? » 

Attitudes de la Vierge

Elle se tient mains jointes et ne les écarte que lorsqu’elle disparaît comme pour dire « venez à moi ». Elle utilise très peu de mots et sourit.

Paroles de la Vierge

Andrée Degeimbre raconta que la « Dame » lui avait précisé qu’elle était la mère de Dieu, la reine des cieux, ainsi que cette recommandation : « Priez toujours » ;

pour Gilberte Degeimbre : « Il y a entre nous deux un secret que vous ne pouvez pas dire, adieu » ;

pour Gilberte Voisin : « Je convertirai les pécheurs », tandis qu’Albert Voisin confia qu’en dehors du secret, il y avait autre chose qu’il ne pensait pas pouvoir révéler. 

Enfin, Fernande Voisin l’aînée, bénéficiera d’une solennité plus grande de sa vision qui sera accompagnée d’un coup de tonnerre et d’une boule de feu de laquelle la dame surgira. Celle-ci lui demandera alors : « Aimez-vous mon fils ? » à sa réponse affirmative, elle continuera : « M’aimez-vous aussi ? », « oui ! » A la suite de quoi la vision ajoutera « Sacrifiez-vous pour moi, adieu »

Messages de la Vierge  

La Vierge se présente avec le titre de mère de Dieu et Reine des cieux. 

Elle promet de convertir les pécheurs. 

Elle réclame qu’on l’aime et qu’on aime son fils. 

Elle réclame qu’on se sacrifie pour elle. 

Cet amour et ce sacrifice qu’elle réclame pour elle et son fils peuvent être interprétés comme le souhait de la Vierge de considérer qu’elle fait « Un » avec son fils, de la même manière qu’à Amsterdam, plus tard, elle réclamera d’être co-rédemptrice de l’humanité avec son fils.  

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Fernande Voisin, l’aînée, bénéficiera d’une solennité plus grande de sa vision qui sera accompagnée d’un coup de tonnerre et d’une boule de feu de laquelle la dame surgira.

Notre Dame de Beauraing
Marie « Mère de miséricorde »

Eléments conformes aux autres apparitions 

  • Albert voit une femme habillée de blanc, « toute lumière ». 
  • Elle apparaît près du houx du jardin, puis sous une branche de l’aubépine. 
  • elle marche à un mètre au-dessus du pont, apparaît debout sur un petit nuage qui cache ses pieds. 
  • Elle tient les mains jointes et sourit. 
  • Elle nous a demandés de venir ici en pèlerinage, de faire construire une chapelle. 
  • Elle nous a dit qu’elle était la reine des cieux, la vierge immaculée 
  • Une force énorme oblige les enfants à s’agenouiller. 
  • Pendant les apparitions, les médecins nous séparaient, nous pinçaient fort, nous donnaient des coups de canif, faisaient bruler une allumette sous ma main ; nous ne sentions rien ; pas de traces non plus. 
  • Elle eut une parole et un secret pour chacun en particulier. 
  • Elle insiste sur la prière et la conversion des pécheurs.  
  • Des guérisons sont signalées.

Eléments spécifiques

À partir du 29 décembre, ils aperçoivent entre ses bras son cœur illuminé, tel un cœur d’or. Les voyants ne connaîtront pas un itinéraire de sainteté comme les voyants de Lourdes ou Fatima, par exemple. La vision ajoutera : « M’aimez-vous aussi ? Sacrifiez-vous pour moi, adieu » 

Lien avec d’autres apparitions 

La proximité géographique et temporelle avec l’apparition de Banneux.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Eléments de véracité 

D’après le témoignage du curé de Vonêche relaté par sa nièce, Andrée Degeimbre était une jeune fille  très sage, attentive et modeste, incapable de mentir.  Tandis que ce fut sa sœur Gilberte, qui avait 9 ans à cette époque et que celui-ci interrogea la première quelques jours après les faits, qui fit sur lui la meilleure impression.

– Les enfants (ils sont cinq) ont une vue simultanée de la vision.

– Après quelques apparitions, on a séparé les enfants par des adultes de manière à ce qu’ils ne puissent communiquer entre eux.

– Ils racontent la même chose avec les mêmes détails (à peu de choses près).

– Les enfants (si on peut dire, n’oublions pas qu’il y a une adolescente de 15 ans et une autre de 14 et demi) ne semblent nullement troublés par ces événements et l’importance que le public et les médias leur ont donnée. Ils restent très simples et ne cherchent pas à s’en glorifier.

– Des médecins ont constaté que les enfants ne réagissaient pas à la brûlure d’une allumette allumée sous leurs mains, ni à de légers coups de canif dans le visage. L’éblouissement d’une lampe de poche allumée dans leurs yeux ne les fait pas ciller.

– La vision ne semble pas intérieure. Lors des premières apparitions, Madame Degeimbre voulant fouiller les buissons a eu ce reproche d’un des enfants : Maman, tu marches dessus

– Les parents furent très durs dans les premiers temps. Principalement, Madame Degeimbre qui agira sévèrement avec son aînée jusqu’à la punir physiquement en la laissant dans le froid pour lui faire renoncer à  « ses histoires ».

« Je suis convaincu de l’honnêteté scrupuleuse de l’oncle de Vonêche, ce qui est écrit dans son grand registre est l’exacte relation de ce qu’il a vu et entendu. Il a pris avis des personnages les plus autorisés qu’il a pu fréquenter, qu’ils soient croyants ou agnostiques, qu’ils appartiennent au monde médical ou de la science. » nous dit la nièce du curé de Vonêche, par ailleurs réfutant la réalité de l’apparition. ( lire ci après)

Nota important: la nièce qui relate les notes de son oncle curé a rédigé, sur le site mentionné, une importante démonstration pour expliquer qu’en fait d’apparitions, il ne s’agit que de représentations mentales dictées par la pression du milieu ambiant, très religieux, l’influence d’un « cerveau-maître » ( …)  et la proximité de la fête de la Vierge, le 8 Décembre. 

Reconnaissance

Ces événements eurent un retentissement énorme dans le pays ; des foules considérables se pressèrent dans la petite bourgade, jusqu’à 25 à 30.000 le dernier jour. Le clergé belge, en la personne de Monseigneur Charue, Évêque de Namur, autorisera le culte le 2 février 1943 et reconnaîtra l’authenticité des faits le 2 juillet 1949. Deux guérisons ont été admises comme miraculeuses par des médecins ; aucune explication scientifique n’ayant pu être avancée. En 2013, l’église supérieure des sanctuaires a été élevée au rang de basilique mineure. 

Sanctuaire (s)

La Vierge avait demandé une chapelle le 17 décembre 1932. Il fallut attendre la reconnaissance du culte puis la fin de la guerre pour entreprendre la construction de la « Chapelle Votive », qui débuta en 1947 pour se terminer et être bénie les 21 et 22 août 1954 par Mgr Charles-Marie Himmer, évêque de Tournai (et ancien vicaire de Beauraing).

La Chapelle mariale de Beauraing
Par Jean-Pol GRANDMONT — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12737179

Ce bâtiment en pierre du pays est l’œuvre de l’architecte Michel Claes (Namur,1913-Beauraing, 1995) passionné par l’architecture romane et l’harmonie des proportions basée sur le nombre d’or. En 1968 eut lieu la consécration de l’église supérieure consacrée à la Mère de Dieu. Il s’agit d’un grand bâtiment en béton construit sur la colline. Il permet d’accueillir quatre à cinq mille personnes. La grande crypte ou Église du Rosaire supporte cette église. Début des années 2000, la restauration des bétons, victimes d’un défaut ou d’une maladie inconnue à l’époque, va coûter un million d’euros aux sanctuaires. Les bâtiments de l’école furent libérés par le départ de l’INDSC vers la rue de Rochefort et un accueil des malades fut organisé fin des années 1940, début 1950.

La sauvegarde des souvenirs des apparitions est confiée au Musée Marial. Une revue bimestrielle fait l’écho des activités du sanctuaire, il s’agit de La Voix de Beauraing. Cette revue paraît depuis 1933 et a vu le jour sous le nom de l’Officiel de Beauraing, titre qui parut trop pompeux pour les autorités ecclésiastiques de l’époque. 

Un célèbre pèlerin est venu à Beauraing le 18 mai 1985, il s’agit du pape Jean-Paul II. Après son arrivée par hélicoptère dans un champ rue de Vignée (aujourd’hui rue de l’Aubépine), il s’arrêta au jardin des apparitions et rencontra les voyants et leurs familles, puis célébra une messe en plein air sur ce que l’on appellera ensuite la « pâture du pape ».

Le Pape saint Jean Paul II à Beauraing

Le 75e anniversaire des apparitions a été l’occasion de multiples événements dont une messe télévisée en Eurovision le 15 août 2007. Un livre mémorial a été écrit par le recteur des sanctuaires et le président du séminaire de Namur.

La messe à Beauraing, le 15 Août
Le sanctuaire

Portugal / 13 Mai au 13 Octobre 1917 Notre dame de Fatima

I – Généralités

Pays de l’apparition

Portugal

Site 

Fatima

Fatima, paroisse rurale de 2500 âmes en 1917, située à 130 km au nord de Lisbonne, dans le district (département) de Santarem. Elle appartient au diocèse de Leiria, dans la Basse-Beira. Elle est formée d’une quarantaine de hameaux, perdus dans les replis d’un plateau, rattaché au massif montagneux appelé Serra de Aire. Son nom était pour ainsi dire ignoré de tous — même des Portugais. À huit cents mètres au sud du village, de chaque côté d’une route tortueuse, balayée par les vents, grossièrement pavée, et tout juste assez large pour laisser passer deux charrettes à bœufs, se trouve le hameau d’Aljustrel. Les habitants sont des paysans rudes et laborieux, constamment occupés aux travaux des champs, sur ce sol ingrat. Les maisons sont petites, sans étages, couvertes de tuiles. La façade, d’ordinaire blanchie à la chaux, est coupée de deux petites fenêtres et d’une porte étroite à laquelle on accède du chemin par deux ou trois marches de pierres.

Vue panoramique de la cathédrale de Fatima
Par Andreas Trepte — Travail personnel, CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4397390

Désignation  

Notre-Dame de Fátima est le nom sous lequel est invoquée la Vierge Marie telle qu’elle est apparue à trois enfants à Fátima, petit village du centre du Portugal, à six reprises au cours de l’année 1917

Contexte historique

L’histoire politique du Portugal est troublée à cette époque : en 1910 la République a été proclamée instaurant la séparation de l’église et de l’Etat. Les gouvernements se succèdent à un rythme accéléré. En 1915, un coup de force ouvre une période de dictatures, notamment celle du Général Pimenta de Castro de janvier à mai 1915, puis celle de Sidónio Pais, de décembre 1917 au 14 décembre 1918, date de son assassinat. En 1916, le Portugal, d’abord neutre, s’engage dans la Première Guerre mondiale au côté de son ancien protecteur, la Grande-Bretagne. 

II – Le ou les voyants (es) 

Lucia dos Santos 

Née le 22 Mars 1907 et morte le 13 Février 2005 à Coimbra au Portugal, Lucia Dos Santos est une religieuse portugaise de l’Ordre du Carmel. Avec ses cousins Jacinta Marto et Francisco Marto, elle dit avoir été témoin de l’apparition de Notre-Dame de Fátima. En 1926, elle aurait vécu le comble de sa vie religieuse en étant témoin d’une théophanie trinitaire, c’est-à-dire une apparition divine de la Sainte Trinité.

Également dénommée Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, elle vivait recluse depuis 1948, avec interdiction formelle de communiquer avec l’extérieur, au carmel de Sainte-Thérèse à Coimbra, où elle menait une vie pieuse et contemplative. La cause pour sa béatification a été engagée par l’Eglise catholique.


Lucia Dos Santos , enfant
Par attribué à Joshua Benoliel — Cette image a été extraite d’un autre fichier : ChildrensofFatima.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=56167336

Francisco Marto 

Né le 11 Juin 1908 et mort à 11 ans le 4 Avril 1919 à Fatima au Portugal, Francisco Marto est un des trois pastoureaux qui disent avoir vu la Vierge à la Cova da Iria (en) entre le 13 mai et le 13 octobre 1917. Béatifié en même temps que sa sœur Jacinta, le 13 mai 2000 par le pape Jean-Paul II, il est canonisé par le pape François le 13 mai 2017 à Fátima au cours des célébrations du centenaire des apparitions.

En 1915, les trois enfants voient « l’Ange du Portugal ». Puis en 1917, ils voient la Vierge Marie dans le petit village de Fátima. Après les apparitions, le comportement du frère et de la sœur se modifient, et dès lors Francisco se met à prier seul et dire son rosaire avec application. Impressionné par les paroles de la Vierge selon lesquelles « il ne fallait plus offenser Dieu », il se retirait dans la solitude pour « consoler Jésus des péchés du monde ».

Sur les conseils de la Vierge, lors d’une des apparitions, il entre à l’école primaire. Mais son professeur, qui ne croit pas aux apparitions (dont la nouvelle s’est répandue), traite durement le petit et lui fait subir régulièrement des humiliations. Plusieurs de ses camarades le battent également dans la cour de récréation. François se sent poussé à rechercher toujours plus de solitude pour prier et offrir ses sacrifices. Il lui avait été dit qu’il « aurait beaucoup à souffrir pour réparer tant de péchés qui offensent Notre Seigneur et son Cœur Immaculé ».

Francisco se dit triste, non pas de « souffrir pour le Bon Dieu », mais « parce qu’il sait Notre Seigneur bien triste à cause des offenses des hommes ». Il arrête de se rendre à l’école pour passer plus de temps en prière. Il aime aller dans l’église adorer en silence le Saint Sacrement dans le tabernacle. Lorsqu’on lui demande ce qu’il fait, il répond : « Je le regarde et il me regarde ». Les trois enfants, particulièrement Francisco, avaient l’habitude de pratiquer des mortifications, mais dans une de ses apparitions la Vierge leur aurait recommandé de se modérer sur ce point.

En 1918, tous les membres de la famille Marto (sauf le père et son fils Jean) sont atteints de la grippe espagnole qui balaye l’Europe et fit plus de mort que la Première Guerre mondiale. En décembre la famille va mieux. Pour François et Jacinthe, ce rétablissement est de courte durée : fin décembre ils rechutent gravement dans la maladie. Le jeune garçon alterne les phases de rémission et de rechute. Même malade, le garçon continue de dire son chapelet quotidien qu’il récite en continu (il récite plusieurs rosaires par jour). Lorsque la maladie l’empêche de parler, il poursuit sa prière en silence.

Mi-février, dernière rechute dont il ne se relèvera pas. Sa santé empire de jour en jour. Sur son lit de mort, il offre ses souffrances pour « consoler Nôtre-Seigneur et convertir les pécheurs ». Il déclare même : « D’ici peu, Jésus va venir me chercher pour aller au Ciel avec Lui, et alors je resterai toujours à le voir et à le consoler. Quel bonheur ! ». Le 3 avril, le petit demande à recevoir les derniers sacrements. Le curé vient le confesser et lui porter la communion qu’il reçoit pour la première fois. Francisco décède dans la maison familiale le 4 avril 1919. Le 5 avril, Francisco est enterré dans le cimetière paroissial, dans une simple tombe avec une petite croix de bois. Sa sœur Jacinta, trop malade ne peut assister aux funérailles.

Francisco Marto, enfant
Par Inconnu — http://www.heiligenlexikon.de/Fotos/Francisco_Marto2.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4255023

Jacinta Marto

Jacinta Marto, ou Jacinthe Marto, née le 11 mars 1910 à AljustrelFátima, et morte le 20 février 1920 à Lisbonne, est une des trois pastoureaux qui disent avoir vu la Vierge Marie à la Cova da Iria  entre le 13 mai et le 13 octobre 1917.

Jacinta Marto
Par Inconnu — Santuario de Fátima website, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4255016

Elle meurt en 1920 de la grippe espagnole, après une longue agonie de plusieurs mois. Elle est béatifiée le 13 mai 2000 par le pape Jean-Paul II,  en même temps que son frère François. Sa canonisation est célébrée le 13 mai 2017 à Fátima au cours du voyage du pape François pour le centenaire des apparitions mariales de Fátima.

Jacinthe Marto est née le 11 mars 1910 à Aljustrel (près de Fátima). Elle est la fille cadette d’Olímpia et de Manuel Marto. Elle est baptisée le 19 mars dans l’église paroissiale. Jacinta, comme son frère François et sa cousine Lucie dos Santos, sont des enfants typiques de la campagne portugaise de l’époque. Ne fréquentant pas l’école, elle travaille comme bergère avec son frère et sa cousine Lúcia. Elle est décrite comme une enfant ayant une volonté forte et avec un talent pour la danse et la poésie. Au printemps 1918, elle fait sa première communion, alors que son frère, plus âgé, est refusé au sacrement par le curé du village.

En 1915, les trois enfants voient « l’Ange du Portugal ». Puis en 1917, ils voient la Vierge Marie dans le petit village de Fátima. Après les apparitions, le comportement du frère et de la sœur évoluent. Jacinthe est très impressionnée par une vision de l’Enfer qui a eu lieu au cours de la troisième apparition. Bouleversée par le sort affreux qui attend les pécheurs, elle décide dans sa simplicité de faire pénitence et de s’infliger des sacrifices pour leur conversion, suivant en cela la proposition faite par la Vierge, au cours de la première apparition. Après les apparitions, Jacinthe entre à l’école primaire sur les recommandations de la Sainte Vierge. D’après les souvenirs de Lucie, Jacinthe était une enfant affectueuse et très gentille, et le fait d’être délicate la rendait émotionnellement plus fragile.

Le 23 décembre 1918, Jacinthe et son frère François tombent malades, victimes de la grippe espagnole qui balaye l’Europe en 1918 à la suite de la Première Guerre mondiale. Après une broncho-pneumonie, la petite fille déclare une pleurésie purulente, qui lui cause de grandes souffrances. Le 21 janvier 1920, elle est emmenée à Lisbonne où elle est admise à l’orphelinat de Notre-Dame des Miracles au 17 de la Rue da Estrela. Le 2 février 1920, elle est transférée à l’hôpital Dona Estefania de Lisbonne. Jacinthe, atteinte de pleurésie et ne pouvant pas être anesthésiée (en raison du mauvais état de son cœur), est admise dans plusieurs hôpitaux successifs. Elle finit par succomber, toute seule, le 20 février 1920, dans l’hôpital Dona Estefania de Lisbonne. Elle est enterrée au cimetière de Vila Nova de Ourém, dans la tombe de famille du baron d’Alvaiázere.

Au cours de sa dernière maladie, elle aurait reçu plusieurs visites de la Vierge Marie. Si la petite Jacinthe est décédée plusieurs mois après son frère (et dans de grandes souffrances), c’est, d’après les propos du Pape Jean-Paul II lors de sa béatification : « en s’offrant héroïquement comme victime pour la conversion des pécheurs ».

III – L’Apparition (généralités) 

Dates

Du 13 Mai 1917 au 13 Octobre 1917

Nombre et durée des apparitions

Elles sont au nombre de six, tous les 13 du mois entre Mai et Octobre 1917

Emplacement des apparitions

Dans un champ appelé la Cova da iria, un dimanche midi, alors que les 3 enfants gardent leurs moutons, ils voient un éclair alors que le ciel est bleu ; au dessus d’un petit chêne vert, une dame vêtue de blanc, plus brillante que le soleil leur apparaît. 

La Chapelle des Apparitions
Par János Korom Dr. from Wien, Austria — Fatima 0751, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49990614

Récit 

Les apparitions mariales de Fátima se sont déroulées, d’après le témoignage des voyants, en 1917. Elles ont été précédées de trois apparitions d’un ange, en 1915 et 1916. Cet ange qui s’est présenté aux voyants sous le titre de « l’ange du Portugal » invite les enfants à prier et leur enseigne une prière : la prière de l’ange de Fatima.

Statue de l’ange du Portugal
Par Castinçal — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=26653733

L’une des peux prières « enseignée par l’ange »

«  Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et de vous aime. Je vous demande pardon pour tous ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et ne vous aiment pas !

Commentaires sur cette prière : ces mots expriment les trois vertus théologales : La Foi, l’Espérance et la Charité ou l’amour, qui nous ont transmises directement par Dieu.

Les apparitions mariales sur le site de Fátima sont au nombre de six et débutent le 13 mai 1917. « Une dame toute vêtue de blanc » apparait à trois petits bergers (Françoiset Jacinthe Marto, et leur cousine Lucie dos Santos) et leur demande de revenir le mois suivant pour prier. De mois en mois l’apparition se reproduit et les enfants sont accompagnés par une foule de plus en plus nombreuse jusqu’à l’apparition du 13 octobre 1917 où plusieurs dizaines de milliers de croyants et curieux se pressent pour voir le « miracle » qui aurait été promis par la Vierge. Il se produit alors dans le ciel un phénomène lumineux appelé par la suite « le miracle du soleil » ou la « danse du soleil ». Parmi les observateurs il y a des universitaires et des non-croyants. Tous attestent du phénomène « non explicable ». 

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

Une dame vêtue de blanc, plus brillante que le soleil leur apparaît. « Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière, puis Notre-Dame au-dessus du chêne vert. Notre-Dame, une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. »

Statue de Notre Dame de Fatima
Par Photo: Andreas Praefcke — Photographie personnelle, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11861087

Attitudes de la Vierge

La vierge utilise ses mains ouvertes pour « engloutir » de lumière les 3 voyants, pénétrant en eux par la poitrine jusqu’au plus intime de leur âme, les faisant se voir ; elle s’en sert pour  pénétrer le centre de la terre pour y découvrir l’enfer. Elle s’en sert aussi pour déclencher le miracle du soleil tournoyant : « Ouvrant alors les mains, elle les fit se refléter dans le soleil, puis, pendant qu’elle s’élevait, le reflet de sa propre lumière continua à se projeter dans le soleil ».  Comme d’habitude, elle s’élève en direction du levant jusqu’à disparaître dans l’immensité du firmament. Plusieurs fois, la Vierge apparaît triste (même si la bonté n’est pas absente) : son cœur apparaît transpercé, comme dans le revers de l’image miraculeuse de la rue du Bac à Paris,

Revers de la médaille de l’image miraculeuse, à droite
Telle que reproduite après une vision de la Vierge à Catherine Labouré, à Paris, rue du Bac, en 1830.

Paroles de la Vierge

Première apparition le 13 Mai 1917

  • « N’ayez pas peur. Je ne vous veux aucun mal » 
  • D’où êtes-vous ? Lui demandai-je. « Je suis du Ciel. » 
  • Et que voulez-vous de moi ?  « Je suis venue pour vous demander que vous veniez ici les six prochains mois, le 13 de chaque mois, à cette même heure. Par la suite, je dirai qui je suis et ce que je veux. Ensuite, je reviendrai encore ici une septième fois. » 
  •  Et moi, est-ce que j’irai également au Ciel ? Oui, tu iras. 
  • Et Jacinta ? « Elle aussi. »
  • Et Francisco ? « Lui aussi, mais il doit réciter beaucoup de chapelets. »

J’ai alors eu l’idée de demander pour deux filles qui étaient mortes récemment. Elles étaient mes amies et elles venaient chez moi apprendre à tisser avec ma sœur aînée :

  • Est-ce que Maria das Neves est déjà au ciel ? « Oui, elle y est. » 
  •  Et Amélia ? « Elle restera au purgatoire jusqu’à la fin du monde. »
  • « Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés dont Il est offensé et de supplication pour la conversion des pécheurs ? » Oui, nous le voulons. 
  • « Vous allez donc avoir beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort. »

Ce fut en prononçant ces paroles : «la grâce de Dieu, etc.», qu’elle ouvrit les mains pour la première fois et nous communiqua une lumière très intense (comme un reflet qui aurait émané d’elles) pénétrant en nous par la poitrine et jusqu’au plus intime de notre âme, nous faisant nous voir nous-mêmes en Dieu, qui était cette Lumière, plus clairement que ce nous aurions pu voir dans le meilleur des miroirs.»

Notre-Dame annonce aux pastoureaux une vie de souffrance : «Vous allez avoir beaucoup à souffrir.» Pour qu’ils puissent supporter une croix aussi lourde, elle leur promet l’aide d’une grâce dont elle leur permet de ressentir la mystérieuse réalité. «Alors, sous l’effet d’une impulsion intérieure qui nous fut également communiquée, nous sommes tombés à genoux et nous avons répété du fond du cœur : « Ô ! Très Sainte Trinité, je Vous adore. Mon Dieu, mon Dieu, je Vous aime dans le Très Saint Sacrement. » Après ces premiers instants, Notre-Dame ajouta : « récitez le chapelet tous les jours pour que le monde puisse obtenir la paix et la fin de la guerre. Ensuite, elle commença à s’élever tranquillement, montant en direction du levant, jusqu’à disparaître dans l’immensité du ciel.»

Seconde apparition le 13 Juin

Malgré la fête de saint Antoine, la plus populaire et la plus courue de la paroisse, les trois enfants se présentèrent à la Cova da Iria, faisant le sacrifice de ne pas participer aux réjouissances particulières de cette journée. Voici comment s’engagea le dialogue entre la Visiteuse céleste et ses confidents. «Que voulez-vous de moi ? Demanda Lucia.

  • « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois qui vient, que vous récitiez le chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite je vous dirai ce que je veux. »
  • J’ai demandé la guérison d’un malade. « S’il se convertit, il guérira durant l’année. »
  • Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel. « Oui, Jacinta et Francisco, je vais les emmener bientôt. Mais toi tu restes ici encore quelque temps. Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. À ceux qui s’y adonneront, je promets le salut et ces âmes seront chéries par Dieu, comme des fleurs posées par moi pour orner son trône. »
  • Je vais rester seule ici ? Demandai-je tristement. « Non ma fille. Cela te fait beaucoup souffrir ? Ne te décourage pas. Je ne t’abandonnerai jamais. Mon Cœur immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu. »

Ce fut au moment où elle dit ces dernières paroles qu’elle ouvrit les mains et nous communiqua pour la seconde fois le reflet de cette lumière immense. En elle nous nous sommes vus comme engloutis en Dieu. Jacinta et Francisco paraissaient être dans la partie de cette lumière qui s’élevait vers le Ciel et moi dans celle qui se répandait sur la Terre. Devant la paume de la main droite de Notre-Dame, il y avait un Cœur qui semblait percé par les épines qui l’entouraient. Nous comprîmes qu’il s’agissait du Cœur de Marie, outragé par les péchés de l’humanité et qui demandait réparation.

Troisième apparition le 13 Juillet

La plus importante des apparitions de la Cova da Iria, l’apparition -clé, le fondement de tout le message de Fatima, est la troisième apparition, celle du 13 juillet. Écoutons une fois de plus la description de Lucia : «Que voulez-vous de moi ? Demandai-je

  • « Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous continuiez à dire le chapelet tous les jours, en l’honneur de Notre-Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, parce qu’elle seule peut vous secourir. »
  • Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes et de faire un miracle pour que tous croient que Vous nous apparaissez. « Continuez à venir ici tous les mois. En octobre je dirai qui je suis, ce que je veux, et je ferai un miracle que tous pourront voir pour croire. »

Là, elle formula quelques demandes dont je ne me rappelle plus très bien. Ce dont je me souviens c’est que Notre-Dame a dit qu’il fallait réciter le chapelet pour obtenir les grâces durant l’année. Et elle continua : « Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites plusieurs fois, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice : « Ô ! Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs et en réparation pour les péchés commis contre le Cœur immaculé de Marie. »

En disant ces paroles, elle ouvrit de nouveau les mains comme lors des deux mois passés. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes quelque chose comme une mer de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes ressemblaient à des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant forme humaine, qui flottaient dans le brasier, portées par les flammes qui sortaient d’elles, avec des nuages de fumée tombant de tous côtés, ressemblant à la chute des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir, qui horrifiaient et faisaient trembler d’effroi. Les démons se distinguaient par des formes horribles et sordides d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des braises de charbons noirs. Effrayés et comme pour appeler au secours, nous avons dirigé notre regard vers Notre-Dame, qui nous dit avec bonté et tristesse : 

« Vous avez vu l’enfer, où vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, de nombreuses âmes obtiendront le salut et auront la paix. La guerre va finir, mais si on ne cesse pas d’offenser Dieu… une autre, bien pire, commencera. ( Elle parlait de la guerre 1939/45). Lorsque vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez qu’il s’agit du grand signe que Dieu vous donne, qu’il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la famine et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père.

Pour l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si on répond à mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix; sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. Finalement, mon Cœur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. Etc. Cela ne le dites à personne.

À Francisco, oui, vous pouvez le dire.  Quand vous récitez le chapelet, dites après chaque dizaine : « Ô ! Mon Jésus pardonnez-nous, délivrez-nous du feu de l’enfer, attirez toutes les âmes vers le Ciel, principalement celles qui en ont le plus besoin. » Après un instant de silence, j’ai demandé : Vous ne me demandez rien d’autre ? « Non, aujourd’hui je ne te demande rien d’autre. » Et, comme d’habitude, elle commença à s’élever en direction du levant jusqu’à disparaître dans l’immensité du firmament.»

Quatrième Apparition 13 Août

Que voulez-vous de moi ?

  • « Je veux que vous continuiez à aller à la Cova da Iria, le 13 du mois, que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours. Le dernier mois, je ferai le miracle pour que tous croient. »
  • Que voulez-vous que l’on fasse de l’argent que les gens laissent à la Cova da Iria ? « Faites deux brancards de procession ; le premier tu le porteras avec Jacinta et deux autres petites filles vêtues de blanc ; l’autre sera porté par Francisco, plus trois autres garçons. L’argent des brancards sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire et ce qui restera aidera à construire une chapelle que l’on fera faire.
  • J’aimerais vous demander la guérison de quelques malades… »Oui, quelques-uns guériront durant l’année. » Et, prenant un air plus triste : « Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car de nombreuses âmes vont en enfer du fait que personne ne prie et ne se sacrifie pour elles. » Et, comme d’habitude, elle commença à s’élever en direction du levant.» 

Cinquième Apparition le 13 Septembre

  • « Continuez à réciter le chapelet pour obtenir la fin de la guerre. En Octobre viendront également Notre-Seigneur, Notre-Dame des Douleurs, Notre-Dame du Carmel et saint Joseph avec l’Enfant-Jésus pour bénir le monde. Dieu est content de vos sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde, portez-la seulement durant le jour. »
  • Ils m’ont prié de vous demander beaucoup de choses : la guérison de quelques malades, d’un sourd-muet… »Oui, j’en guérirai certains, d’autres, non. En octobre, je ferai le miracle pour que tous croient. »

Sixième apparition le 13 Octobre

«Lorsque nous sommes arrivés à la Cova da Iria, près du chêne vert, une injonction intérieure m’a poussée à demander à la foule de fermer les parapluies, avant que nous ne récitions le chapelet. Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière, puis Notre-Dame au-dessus du chêne vert.

  • Que voulez-vous de moi ? « Je veux te dire que l’on fasse construire ici une chapelle en mon honneur, que je suis Notre-Dame du Rosaire, que l’on continue à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux. »
  •  J’avais beaucoup de choses à vous demander : de guérir des malades, de convertir des pécheurs, etc. La vierge répondit: « Les uns, oui, les autres, non. Il faut qu’ils se corrigent, qu’ils demandent pardon pour leurs péchés. » Et prenant un air plus triste : « Qu’ils n’offensent pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, qui est déjà très offensé. »

Messages de la Vierge  

Le message de Fatima porte sur la prière* et les fins dernières**.

* Notre Dame de la Prière

Notre Dame du Rosaire est, dans le catholicisme, une des nombreuses dénominations de la Vierge Marie, donnée depuis qu’elle s’est présentée sous ce vocable à saint Dominique, au XIIIe siècle à Prouille. L’Ordre dominicain en fut un ardent propagateur. Tout commence lorsque saint Dominique, originaire d’Espagne, entame ses prédications dans le pays cathare et décide pour cela de se fixer dans la ville proche de Fanjeaux. Il a, en 1208, une apparition de la Vierge Marie qui se présente sous le vocable de Notre-Dame du Rosaire et qui lui tend un chapelet. Les dominicains seront d’ardents propagateurs du rosaire

Dominique Nuñez de Guzman (en espagnol Domingo Núñez de Guzmán), né vers 1170 en Espagne dans un milieu aisé et mort le 6 août 1221 à Bologne, est un religieux catholique, prêtre, fondateur de l’ordre des frères prêcheurs appelés couramment « dominicains ». Canonisé par l’Église en 1234, il est célèbre sous le nom de saint Dominique. Autrefois fêté le 4 août puis le 6 août jour de sa « naissance au ciel »1, il est fêté le 8 août depuis le concile Vatican II.

Dominique recevant le rosaire des mains de Notre Dame
Par Didier Descouens — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=45607412

** Les fins dernières  

Cette expression concerne les questions, parfois regroupées sous le vocable général d’eschatologie : la fin des temps, le jugement, le ciel, le purgatoire, l’enfer et la résurrection de la chair.

Représentation de l’enfer dans l’Hortus deliciarum de Herrade de Landsberg (autour de 1180).Par Herrade de Landsberg — https://www.degruyter.com/view/j/mial.2016.21.issue-1/mial-2016-0010/graphic/mial-2016-0010_01.jpg, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=440837

A Fatima, la Vierge confirme l’existence du ciel et du purgatoire. La souffrance, offerte, les sacrifices, et la prière, intense, faits par amour pour Jésus, sont le moyen de guérir les malades, d’obtenir la paix, de sauver les âmes de l’enfer, parce qu’ils interviennent en réparation des offenses commises envers Dieu et envers Marie. La dévotion à Marie est un moyen d’obtenir le salut : Marie déclare en effet que non seulement son fils veut se servir de Lucie pour la faire connaître et aimer, mais aussi « veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. À ceux qui s’y adonneront, je promets le salut et ces âmes seront chéries par Dieu. Les malades peuvent guérir, mais ils doivent se convertir et demander pardon. 

Le message religieux de Fatima

Selon sœur Lucie (dans son dernier livre publié en 2006), tout le message sous-jacent aux apparitions de Notre-Dame de Fatima est le suivant : « Pendant l’intégralité du message, en commençant par les « apparitions de l’Ange », nous trouvons un appel à la prière et au sacrifice offerts à Dieu par amour et pour la conversion des pécheurs. » En 1967, le pape Paul VI exprimait cette même idée dans l’Exhortation apostolique Signum Magnum:

« La contemplation de Marie nous encourage, en fait, à la prière confiante, à la pratique de la pénitence, à la crainte de Dieu et nous rappelle souvent ces paroles par lesquelles Jésus-Christ a annoncé que le royaume des cieux est proche : « repentez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1, 15 ; Mt 3, 2 ; Mt 4, 17), et son avertissement sévère : « à moins que vous vous repentiez, vous périrez tous de même » (Lc 13, 5). » 

La consécration de la Russie et du monde à Marie, demandée par sœur Lucie, en 1940, au pape Pie XII, est considérée par l’Église catholique comme une demande émanant de Notre-Dame de Fátima. Si l’on confie la Russie au cœur de Marie et si l’on communie « les premiers samedis », la Russie se convertira. Sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde et une autre guerre (1939/45) commencera. Le pape Pie XII répond à cette demande et consacre le monde en 1942 au Cœur immaculé de Marie.

Le pape Jean-Paul II réitère cette consécration en 1982, 1982 et 1984. Le pape François le fait à son tour en 2013. Le 16 juin 2010, le Liban et le Moyen-Orient sont consacrés au Cœur Immaculé de Marie. Cette célébration s’est déroulée au sanctuaire de Notre-Dame du Liban en présence de représentants de l’épiscopat libanais, du nonce apostolique MgrGabriele Giordano Caccia, ainsi que de personnalités politiques.

Conclusion : à travers les révélations de ce qu’on nomme le secret de Fatima, Dieu nous rappelle d’abord que si les hommes ne se convertissent pas et ne reviennent pas à l’Evangile, ils périront (vision de l’enfer*) ou subiront les affres de régimes athées (communisme). Il nous rappelle aussi que seules la prière (voir prière de l’ange de Fatima**) la pénitence et l’intercession de la Vierge, (consécration d’un pays au cœur de Marie), peuvent conduire au salut et à la paix, et « sauver » les pécheurs, sachant que ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. (Dieu nous incite seulement à prendre le bon chemin, mais respecte la liberté qu’il nous a donnée). 

La Vierge sous entend que les prières peuvent sauver les âmes qui souffrent en enfer : « Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs ; pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et il y aura la paix. ».

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

A – La Vision de l’enfer : 

« En disant ces paroles, elle ouvrit de nouveau les mains comme lors des deux mois passés. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes quelque chose comme une mer de feu. Plongés dans ce feu, les démons et les âmes ressemblaient à des braises transparentes, noires ou bronzées, ayant forme humaine, qui flottaient dans le brasier, portées par les flammes qui sortaient d’elles, avec des nuages de fumée tombant de tous côtés, ressemblant à la chute des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, au milieu de cris et de gémissements de douleur et de désespoir, qui horrifiaient et faisaient trembler d’effroi. Les démons se distinguaient par des formes horribles et sordides d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des braises de charbons noirs. »

B – Des prédictions 

La Vierge annonce la fin de la première guerre mondiale (1914/18)  et la seconde guerre mondiale…. « Finalement, mon Cœur immaculé triomphera.Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira, et il sera accordé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi. »

C – L’ange de Fatima

Les apparitions de la Vierge ont été précédées de trois apparitions d’un ange en 1915 et 1916. Cet ange qui s’est présenté aux voyants sous le titre de « l’ange du Portugal » invite les enfants à prier et leur enseigne une prière : la prière de l’ange de Fatima.

D – Le miracle du soleil tournoyant

Lors de la 3e apparitions (le 13 juillet 1917), Lucia demande à la dame  « un miracle » pour que les gens croient à ces apparitions. La dame promet un miracle pour le mois d’octobre. Lors de la 5e apparition, le 13 Septembre, 30 000 personnes encadrent déjà les « voyants ». La « dame » promet à nouveau un « miracle » pour la prochaine rencontre le 13 octobre. 

Il se produit alors dans le ciel un phénomène lumineux appelé par la suite « le miracle du soleil » ou la « danse du soleil ». Parmi les observateurs il y a des universitaires et des non-croyants. Tous attestent d’un phénomène « non explicable ». Le Miracle du soleil, ou la danse du soleil, est le nom donné au phénomène solaire observé à Fátima, dans le cadre des apparitions mariales de Fátima le 13 octobre 1917.

Cet événement a été observé par plus de 30 000 personnes (les estimations varient de 30 à 100 000) pendant environ 10 minutes à Cova da Iria, près de Fátima au Portugal. Le 13 octobre 1930, l’Église catholique a qualifié cet événement de miracle. Ce phénomène a donné lieu à une nombreuse littérature cherchant à expliquer son origine. Différentes hypothèses ont été émises : phénomènes solaires, hallucination collective, problème rétinien (dont rétinopathie), jusqu’à l’apparition d’un objet volant non identifié. Des films se sont également inspirés (ou ont évoqué) cet événement historique.

Foule rassemblée à Fatima pour observer le miracle du soleil tournoyant
Par Judah Ruah, photograph for the news paper O Seculo, published the 1917-09-29 on the news paper Illustracao Portugueza — Illustracao Portugueza 1917-09-29 Reporter de Cristo website, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21975698
La foule priant face à la danse du soleil à la Cova da iria, Fatima, le 13 Octobre 1917

Le matin du 13 octobre 1917, Avelino d’Almeida, rédacteur en chef du journal O Século, publie un article ironique sur les apparitions de Fátima où il ne voit que superstition et supercherie.

Il se rend néanmoins sur place pour assister au « miracle annoncé ». Au petit matin, c’est une foule très importante qui se dirige vers la Cova da Iria, le lieu des apparitions. Les estimations du nombre de spectateurs varient de 30 000 à 50 000 pour Avelino de Almeida jusqu’à 100 000 pour le DrJoseph Garrett, professeur de sciences naturelles à l’Université de Coimbra, également présent ce jour-là. Dans la foule, avec les « citoyens ordinaires » se trouvent aussi des nobles, des ingénieurs, des médecins, des notaires ainsi que des journalistes et des photographes. Le ciel est complètement couvert par les nuages, et il tombe une pluie incessante. La pluie a transformé le lieu en un vaste bourbier, et les pèlerins ou curieux sont trempés jusqu’aux os et transis de froid. Les enfants arrivent avec leur famille et commencent à réciter le chapelet.

À midi, bien que la pluie continue toujours de tomber, Lucie demande de fermer les parapluies et la foule lui obéit. Peu de temps après, les enfants voient « la dame » leur apparaître. L’apparition se présente alors à Lucie comme étant Notre-Dame du Rosaire et lui demande de faire bâtir une chapelle en son honneur. Elle annonce la fin proche de la guerre, et demande également la conversion des pécheurs. Selon de nombreux témoins, après la période pluvieuse, les nuages ont éclaté et le soleil est apparu, le ciel dégagé est devenu bleu. D’après les enfants, la pluie s’est arrêtée lorsque « Notre-Dame du Rosaire s’est élevée vers le ciel ».

Les témoins décrivent le soleil comme « un disque opaque tournant dans le ciel ». Le soleil a été décrit comme significativement plus terne que la normale, et « jetant des lumières multicolores sur le paysage, les gens, et les nuages environnants ». Les témoins indiquent qu’ensuite le soleil a tournoyé dans le ciel : « à un certain moment, le soleil s’arrête, et puis recommence à danser, à tournoyer; il s’arrête encore une fois, et se remet encore une fois à danser, jusqu’au moment, enfin, où il parait se détacher du ciel, et s’avancer sur nous. Ce fut un instant terrible ! ». Après dix minutes, tout redevient normal. Les témoins ont également déclaré que leurs vêtements précédemment mouillés sont devenus soudainement et complètement secs, de même que le sol, préalablement détrempé par la pluie, n’était plus qu’humide et boueux, et bien moins qu’auparavant » (les flaques d’eau ont même été asséchées). Ce phénomène a également été observé par des témoins jusqu’à plus de dix kilomètres à la ronde. Pourtant l’observatoire astronomique n’a rien relevé de particulier à ce moment-là.

Dans l’assemblée, un témoin particulier : Avelino de Almeida, journaliste anticlérical et rédacteur en chef du quotidien de LisbonneO Século, publie dans l’édition du lundi 15 octobre d’O Século, un compte rendu qui fait sensation dans tout le pays, et attire à son auteur les vifs reproches des libres-penseurs, qui ne lui pardonnent pas d’avoir donné une telle publicité aux faits de Fátima, et de les avoir appuyés de son autorité.

Témoignage du docteur Manuel Formigao, prêtre et professeur au séminaire de Santarem 

« Comme un coup de tonnerre, les nuages ont été déchirés, et le soleil à son zénith est apparu dans toute sa splendeur. Il se mit à tourner vertigineusement sur son axe, comme la plus magnifique roue de feu que l’on puisse imaginer, en prenant toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et envoyant des éclairs de lumière multicolores, produisant l’effet le plus étonnant. Ce spectacle sublime et incomparable, qui a été répété par trois fois, a duré pendant environ dix minutes. La foule immense, vaincue par un tel prodige extraordinaire, se jeta à genoux ». 

Le 18 décembre 1917, le Dr José Maria Proença de Almeida Garret, témoin direct, décrivit ainsi ce qu’il avait contemplé : 

«Quelques instants plus tôt, le soleil avait percé victorieusement l’épaisse couche de nuages qui l’avait caché, pour briller clairement et intensément. Je me suis retourné vers cet aimant qui attirait tous les regards et j’ai pu le voir semblable à un disque au bord net et à l’arête vive, lumineuse et luisante, mais qui ne faisait pas mal aux yeux… Il ne ressemblait en rien à la lune d’une nuit transparente et pure, parce que l’on voyait et sentait qu’il s’agissait d’un astre vivant… On ne pouvait pas non plus le confondre avec le soleil visible par temps de brouillard (d’ailleurs inexistant ce jour-là) puisqu’il n’était pas opaque, diffus ou voilé. À Fatima, le temps était chaud et ensoleillé.  Ce qui fut merveilleux, c’est que pendant un long moment, nous avons pu scruter l’astre, flamme de lumière et braise de chaleur, sans la moindre douleur oculaire et sans qu’aucun éblouissement ne nous aveugle. Ce disque nacré était animé d’un mouvement étourdissant… Il tournait sur lui-même à une vitesse vertigineuse.  Tout à coup, on entendit une clameur, comme un cri d’angoisse montant de la foule. Le soleil, conservant sa vitesse de rotation, se détacha du firmament et, sanguinaire, il prit la direction de la Terre, menaçant de nous écraser sous le poids de son énorme meule de feu. Ces secondes furent terrifiantes… 
Tous ces événements, je les ai observés personnellement et sereinement, sans émotion ni agitation… Ce phénomène a dû s’étaler sur environ dix minutes.»

E – Les visions de saint Joseph et de l’enfant Jésus. 

«Notre-Dame une fois disparue dans l’immensité du firmament, nous vîmes saint Joseph près du soleil avec l’Enfant-Jésus et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l’Enfant-Jésus paraissaient bénir le monde, avec les gestes en forme de croix qu’ils faisaient de la main. Peu après, une fois dissipée l’image de cette apparition, je vis Notre-Seigneur et Notre-Dame (qui pour moi ressemblait à Notre-Dame des Douleurs). Notre-Seigneur semblait bénir le monde de la même manière que saint Joseph. Cette apparition s’évanouit à son tour et il m’a semblé voir de nouveau Notre-Dame sous une forme proche de Notre-Dame du Carmel.»

Saint Joseph et l’enfant Jésus
Icône

F – Le secret de Fatima

Les secrets de Fátima sont trois révélations, ou visions, qui auraient été adressées en 1917 par la Vierge Marie à Lúcia dos Santos et ses cousins Jacinta et Francisco Marto, dans la petite ville de Fátima au Portugal. Le terme des trois secrets de Fátima est régulièrement utilisé, mais il s’agit en fait des trois parties d’une unique révélation (ou vision) donnée le 13 juillet 1917, révélation que la Vierge Marie aurait demandé de ne pas divulguer immédiatement.

En juillet-août 1941, rédigeant son troisième Mémoire sur les apparitions, Lúcia dos Santos (devenue sœur Lucie) précise, pour la première fois, que ce secret comprend trois éléments différents : « Le secret comprend trois choses distinctes, écrit-elle, et j’en dévoilerai deux ». Les deux premiers secrets sont officiellement publiés en 1941, le troisième n’est révélé qu’en l’an 2000 par le pape Jean-Paul II. Celui-ci, révélé tardivement, a entraîné de nombreux débats avant et après sa divulgation. Après sa tentative d’assassinat le 13 mai1981, le Pape Jean-Paul II demande l’enveloppe contenant la troisième partie du secret.

Le Cardinal Franjo Seper, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, remet le 18 juillet 1981, deux enveloppes : l’une blanche, avec le texte original de sœur Lucie en langue portugaise et l’autre de couleur orange, avec la traduction du texte en langue italienne. Le 11 août suivant, les deux enveloppes sont remises aux Archives du Saint-Office. En avril 2000, Lucie confirme au cardinal Bertone, que la lettre et le texte du « troisième secret » sont bien ceux qu’elle a rédigés en janvier 1944, et que ce texte est complet . En juin 2000, le Vatican publie officiellement la troisième et dernière partie du secret, livrant sa traduction ainsi qu’une copie de la lettre originale rédigée par sœur Lucie.

Les trois parties du secret de Fatima

La première partie est une vision de l’enfer. Notre Dame nous montra une grande mer de feu, qui paraissait se trouver sous la terre et, plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s’ils étaient des braises transparentes, noires ou bronzées, avec une forme humaine. Ils flottaient dans cet incendie, soulevés par les flammes, qui sortaient d’eux-mêmes, avec des nuages de fumée. Ils retombaient de tous côtés, comme les étincelles retombent dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, avec des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de frayeur.

Les démons se distinguaient par leurs formes horribles et dégoûtantes d’animaux épouvantables et inconnus, mais transparents et noirs. Cette vision dura un moment, grâce à notre bonne Mère du Ciel qui auparavant nous avait prévenus, nous promettant de nous emmener au Ciel (à la première apparition). Autrement, je crois que nous serions morts d’épouvante et de peur. Puis nous avons levé les yeux vers Notre Dame qui nous a dit si gentiment et si tristement : « vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs, pour les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur immaculé. Si l’on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d’âmes seront sauvées et il y aura la paix. ».

La deuxième partie du secret

Cette partie concerne une révélation privée faite oralement par la Vierge aux trois enfants. Ce secret concerne la Russie et la consécration de la Russie au Cœur immaculé de Marie. « La guerre va finir – nous sommes en 1917 – Mais si l’on ne cesse d’offenser Dieu, sous le pontificat de Pie XI* en commencera une autre pire encore. Lorsque vous verrez une nuit illuminée par une lumière inconnue, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la faim et des persécutions contre l’Église et le Saint-Père. Pour empêcher cette guerre, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis.

Si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés ; le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ; diverses nations seront détruites. À la fin, mon Cœur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera concédé au monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la Foi, etc. »

Pie XI, né Ambrogio Damiano Achille Ratti le 31 mai 1857 à Desio, dans le royaume de Lombardie-Vénitie, dans la province de Monza et de la Brianza (Italie) est le 259e pape de l’Église catholique. Élu le 6 février 1922, son pontificat est marqué par le règlement de la question romaine, avec la reconnaissance et l’institution de l’État de la Cité du Vatican, par les accords du Latran, en 1929. Il est confronté à la montée du communisme, du fascisme et du nazisme en Europe. Il meurt au Vatican le 10 février 1939. Le 2 Février, Benito Mussolini accepte la proposition d’Adolf Hitler de transformer le pacte anti-Komintern en une alliance militaire défensive. Le 6 Février, Neuville Chalmberlain déclare aux Communes que toute menace contre les intérêts vitaux de la France entraînera l’assistance du Royaume-Uni.

Troisième partie du secret 

La troisième partie se présente comme une vision allégorique, susceptible de diverses interprétations. Concernant le troisième secret, sœur Lucie écrit au pape Jean-Paul II le 12 mai 1982, son interprétation du secret. Dans cette lettre, elle écrit : « La troisième partie du secret se réfère aux paroles de Notre Dame : « Sinon la Russie répandra ses erreurs à travers le monde, favorisant guerres et persécutions envers l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, diverses nations seront détruites » ».

La religieuse estime que cette vision (troisième secret) est donc « une révélation symbolique, qui se réfère à cette partie du message ». Pour elle cette vision était « conditionnée par le fait que nous acceptions » la demande de la Vierge de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé. Sœur Lucie conclut : « Comme nous n’avons par tenu compte de cet appel du message, nous constatons qu’il s’est réalisé ».

Mais dans son courrier, elle précise bien que, pour elle, ce n’est pas Dieu qui a « puni le monde », mais que les malheurs sont les conséquences des actes des hommes. Elle écrit : « Et ne disons pas que c’est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu’il nous a donnée ; c’est pourquoi les hommes sont responsables ». Le 27 avril 2000, le pape missionne le cardinal Bertone auprès de sœur Lucie pour discuter avec elle de l’interprétation de cette vision.

Au cours de cette réunion, « Lucie réaffirme sa conviction que la vision de Fatima concerne avant tout la lutte du communisme athée contre l’Église et les chrétiens, et elle décrit l’immense souffrance des victimes de la foi du XXe siècle ». À la question sur l’identité de « évêque vêtu de blanc », elle confirme sa certitude qu’il s’agit du pape, mais sans connaitre son identité (qu’il s’agisse de Benoît XVPie XIIPaul VIJean-Paul II ou d’un autre). À l’occasion de la béatification à Fatima de Francisco et Jacinta Marto, le pape Jean-Paul II fait lire une allocution qui va dans le même sens que l’interprétation de sœur Lucie .

Pour l’Église : « c’est donc une vision consolante qui veut qu’une histoire de sang et de larmes soit perméable à la puissance de guérison de Dieu. Ainsi, toute cette vision se produit afin de faire apparaître la liberté de l’homme et pour l’orienter dans une direction positive. Car le sens de la vision n’est donc pas de montrer un film sur l’avenir irrémédiablement figé, mais l’inverse : mobiliser les forces pour tout changer en bien ». C’est pourquoi la phrase de la Vierge « Mon Cœur immaculé triomphera » signifie que « le Cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte ». Il affirme : le message de Fatima nous invite à nous fier à cette promesse.

G – L’attentat contre le pape Jean Paul II 

Le mercredi 13 mai 1981, alors que 25 000 personnes sont massées place Saint-Pierre pour l’audience hebdomadaire, deux coups de feu claquent. Il est 17h17 et Mehmet Ali Agça vient de tirer sur Jean-Paul II, à trois mètres de distance ; l’attentat d’Ali Agça s’est produit le jour anniversaire de la première apparition de Fatima, le 13 mai 1917. (64 ans après) 

Par Inconnu — http://wf2.xcdn.pl/files/12/03/12/552196_28_4.jpg, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=58847943

Un an après l’attentat, Jean-Paul II s’est rendu à Fátima et, en action de grâce, a fait incruster une des balles qui faillit le tuer dans la couronne de la statue de Notre-Dame de Fátima.

H – La vision de Tuy du Jeudi 13 Juin 1929

Le 20 juillet 1926, sœur Lucie, l’un des trois voyants de Fatima et la seule survivante,  quitte le couvent de Pontevedra pour entrer au noviciat des Dorothées, installé à Tuy, petite cité espagnole. Après sa prise d’habit le 2 octobre 1926, elle prononçait ses premiers vœux le 3 octobre 1928. En 1929, l’humble Maria das Dores poursuit à Tuy sa vie cachée, si bien cachée que la plupart de ses compagnes ignorent encore qu’elle est la voyante de Fatima. Elle met en pratique le message de Notre-Dame, vivant sa règle à la perfection dans le don total aux saints Cœurs de Jésus et de Marie. La messagère était prête. Alors se réalisa la promesse du grand Secret  : «  Je viendrai demander la consécration de la Russie…  ».  Écoutons sœur Lucie raconter l’événement  :

«  (…) Ce fut à cette époque que Notre-Seigneur m’avertit que le moment était venu où il voulait que je fasse connaître à la sainte Église son désir de la consécration de la Russie et sa promesse de la convertir… La communication s’est produite ainsi  :

«  (13 / 6 / 1929). J’avais demandé et obtenu la permission de mes supérieures et de mon confesseur de faire une heure sainte de 11 heures à minuit, dans la nuit du jeudi au vendredi de chaque semaine. «  Me trouvant seule une nuit, je m’agenouillai près de la balustrade, au milieu de la chapelle, pour réciter, prosternée, les prières de l’Ange. Me sentant fatiguée, je me relevai et continuai à les réciter les bras en croix. La seule lumière était celle de la lampe [du sanctuaire].

Soudain, toute la chapelle s’éclaira d’une lumière surnaturelle et, sur l’autel, apparut une croix de lumière qui s’élevait jusqu’au plafond. Dans une lumière plus claire, on voyait sur la partie supérieure de la croix, une face d’homme, avec un corps jusqu’à la ceinture  ; sur sa poitrine une colombe, également lumineuse, et cloué à la croix, le corps d’un autre homme. Un peu en dessous de la ceinture (de celui-ci), suspendu en l’air, on voyait un calice et une grande hostie sur laquelle tombaient quelques gouttes de sang qui coulaient sur les joues du Crucifié et d’une blessure à la poitrine. Coulant sur l’Hostie, ces gouttes tombaient dans le Calice. 

Sous le bras droit de la Croix se trouvait Notre-Dame avec son cœur Immaculé dans la main… C’était Notre-Dame de Fatima avec son Cœur Immaculé,… dans la main gauche… sans épée ni roses, mais avec une couronne d’épines et des flammes… 

Sous le bras gauche [de la Croix], de grandes lettres, comme d’une eau cristalline qui aurait coulé au-dessus de l’autel, formaient ces mots  : “ Grâce et Miséricorde ”. Je compris que m’était montré le mystère de la très Sainte Trinité, et je reçus sur ce mystère des lumières qu’il ne m’est pas permis de révéler.

La vision de la Trinité dite vision de Tuy

«  Ensuite, Notre-Dame me dit  : “ Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé, promettant de la sauver par ce moyen. Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi, que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie. ” «  Je rendis compte de cela à mon confesseur, qui m’ordonna d’écrire ce que Notre-Seigneur voulait que l’on fasse.  »

Dans les deux lettres qu’elle adressa en mai 1930 au P. Gonçalves, son confesseur, la voyante exprima les demandes du Ciel en unissant étroitement la dévotion réparatrice des cinq premiers samedis à la consécration de la Russie  : «  Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint-Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et de Marie, et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice indiquée ci-dessus.  »  

Hélas, c’était peine perdue… aucun pape ne fera rien ! Voilà pourquoi, plus tard (en août 1931), le Seigneur se plaignant, dit : « Ils n’ont pas voulu écouter ma demande. Comme le roi de France, ils s’en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard ! La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir ».(révélation de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à Sœur Lucie, en août 1931, lors d’un séjour de convalescence à Rianjo, une petite ville proche de Pontevedra).

Pourquoi Notre Seigneur fait-il référence au roi de France ? Tout simplement parce qu’en 1689, Jésus-Christ se révéla à sainte Marguerite-Marie en ces termes : »Fait savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur (donc, au roi Louis XIV) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon Cœur adorable. Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis et de tous ceux de la sainte Église. Mon Père veut se servir du roi pour l’exécution de Son dessein, qui est la construction d’un édifice public où serait placé le tableau de mon Cœur pour y recevoir les hommages de toute la France ». Notre Seigneur promettait donc à la France, Sa « fille aînée, comme Il l’appelait, sa toute puissante protection moyennant trois choses :

  1. – Mettre Son Sacré Cœur sur les armes du roi et les étendards de la France ;
  2. – Lui élever une Église nationale ;
  3. – Que dans cette Église la France Lui soit solennellement consacrée par son souverain
Vision de Marguerite-Marie, par Armand Cambon Cathédrale de Montauban
Par Didier Descouens — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=63403481

Marguerite Alacoque, en religion sœur Marguerite-Marie, née le 22 juillet 1647 à Verosvres, et morte le 17 octobre 1690 à Paray-le-Monial, est une religieuse de l’ordre de la Visitationmystique et inspiratrice du culte du Sacré-Cœur de Jésus et reconnue sainte par l’Église catholique. Elle a été béatifiée en 1864, puis canonisée en 1920.

Sainte Marguerite Marie
Sanctuaire du Sacré-coeur

Eléments conformes aux autres apparitions 

  • L’apparition dans un cadre paysager, près d’un arbre. 
  • La lumière qui entoure la vierge
  • La demande de construction d’une chapelle
  • La condition  très pauvre des enfants ; leur piété 
  • La difficulté et l’hostilité que rencontrent les voyants
  • Le contexte historique difficile

Eléments spécifiques

  • Les apparitions préalables de l’Ange et la prière qu’il communique aux enfants 
  • La confirmation de l’enfer 
  • Le miracle public le plus spectaculaire de toutes les Apparitions mariales. Fatima est probablement l’Apparition qui situe le mieux l’origine supra naturelle de la Vierge aux yeux des tiers, quand elle prévient d’un miracle et que celui ci se réalise effectivement à la date prévue devant des dizaines de milliers de personnes ; à travers ce qu’on a appelé le miracle ou la danse du soleil. Dieu, maître de l’Univers, donne une toute petite idée de son extraordinaire puissance ! A noter que le pape Pie XII aura également cette vision au Vatican.
  • La connaissance et le détail du sort réservé, dans l’autre vie, aux personnes citées par les enfants

Lien avec d’autres apparitions 

La voyante d’Amsterdam, Ida Peerdeman, qui a 12 ans à l’époque, eut sa première apparition de la vierge l’après-midi du 13 octobre 1917, qui fut aussi le jour du miracle du soleil de Fatima. Avec Lourdes et Tepeya (Notre Dame de Guadalupe), Fatima est l’un des sanctuaires le plus connu et l’un des plus fréquentés.  

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

L’évêque de Leiria, MgrJosé Alves Correia da Silva, après avoir mené une enquête canonique reconnaît officiellement les apparitions mariales en 1930, et approuve la dévotion à Notre-Dame de Fátima. François et Jacinthe Marto, atteints de la grippe espagnole meurent très vite (en 1919et 1920). Ils sont béatifiés le 13 mai 2000 par le pape Jean-Paul II. Lucie Dos Santos, entrée au noviciat des sœurs Dorothée, puis au Carmel de Coimbra, décède en 2005. Son procès en béatification est en cours. Jacinta et Francisco sont canonisés par le pape François, le 13 mai 2017 lors de son voyage à Fatima, pour centenaire des Apparitions mariales de Fátima.

Statue de Jean Paul II près de l’église de la sainte Trinirté
Par János Korom Dr. from Wien, Austria — Fatima 0239, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49989868

Sanctuaire (s)

Le 28 avril 1919 est construite la première chapelle sur le site des apparitions, par des pèlerins, sans le soutien de l’Église (le curé de Fátima ayant reçu la consigne de se tenir à l’écart de ces manifestations de dévotion). C’est une petite chapelle faite de pierres et de chaux, couverte de tuiles et mesurant 3,30 m de longueur, 2,80 m de largeur et 2,85 m de hauteur. La construction de la première grande église est entamée dès 1928 (avant la reconnaissance officielle des apparitions).

L’église Notre-Dame-du-Rosaire est terminée en 1953. Elle obtient l’année suivante le titre de basilique. Les tombes des trois enfants sont transférées dans le transept en 1951, 1952 et 2006. En dehors de la grande esplanade, utilisée pour les grands rassemblements et les processions, le sanctuaire compte plusieurs chapelles et deux grandes structures : le centre pastoral Paul VI (1979-1982), et la basilique de la Sainte Trinité (2004-2007) qui est la 4e église au monde en capacité, avec près de 9 000 places. 

Fátima est aujourd’hui un centre mondial de pèlerinages très connu. Chaque année, près de cinq millions de pèlerins et de touristes s’y rendent, ce qui en fait le quatrième lieu de pèlerinage catholique du monde (après la basilique de Notre-Dame de Guadalupe au Mexique, la basilique Saint-Pierre au Vaticanet les sanctuaires de Lourdes en France.

En 1942, un groupe de femmes portugaises décide d’offrir une couronne d’or à la vierge de Fátima en « action de grâce de la protection accordée au Portugal durant la Seconde Guerre mondiale » (et sa non-participation au conflit). Cette couronne, réalisée gratuitement par 12 artisans joaillers a été officiellement déposée sur la tête de la statue de la Vierge le 13 mai 1946 par le cardinal Benedetto Aloisi Masella, légat pontifical de Pie XII. Cette couronne « de reine » fait référence à la décision du roi Jean IV du Portugal, en 1646, de proclamer la Vierge Marie : « reine et patronne du Portugal ».

L’intérieur de la basilique Notre dame du sanctuaire à Fatima
Par Andreas Trepte — Travail personnel, CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1860784
La basilique de la sainte Trinté
Par Therese C — Flickr: DSCN5574, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16091401

Pologne / 27 juin 1877 – 16 sept. 1877 Notre dame de Warmia

I – Généralités

Pays de l’apparition

Pologne

Site 

Gietrzwald village in Poland aerial view. Place of the apparitions of the Virgin Mary

Gietrzwald est un village, chef lieu d’un canton rural dans le powiat d’Olsztyn dans la voïvodie polonaise de Varmie-Mazurie. L’endroit est entouré de forêts de conifères et de forêts mixtes avec de nombreux lacs. Au XVe siècle Gietrzwald fut dévasté au cours des guerres entre la Pologne et l’Ordre Teutonique et pillé en 1455 par les chevaliers de l’Ordre. Le village fut cruellement dévasté en 1807 par les troupes françaises au cours de la Guerre de la Quatrième Coalition. Le plus grand événement dans ce petit village de Warmie, ce fut en 1877 plusieurs apparitions qui eurent lieu du 27 juin au 16 septembre. Depuis lors Gietrzwald est devenu un lieu de pèlerinage

Gietrzwald, La Chapelle au milieu du village
Par S.Czachorowski — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3329817

Désignation  

Notre-Dame de Warmia 

Contexte historique

Durant le XVIIe et surtout le XVIIIe, la République de Pologne est engagée dans des nombreux conflits militaires qui lui font perdre une grande partie de sa superficie, notamment sous le coup de l’expansion de l’Empire russe. À la fin du XVIIIe siècle, après trois partitions, la République des Deux Nations est partagée entre la Prusse, l’Autriche et l’Empire russe. Au cours du XIXe siècle, la majorité des territoires dont s’était emparé l’Autriche passent sous contrôle russe. La Pologne ne retrouve son indépendance qu’en 1918.

A la fin du XIXe siècle, on assiste dans la région à un phénomène de germanisation et des lois défavorables à l’Église catholique sont adoptées. En 1873, la langue polonaise est même interdite dans les écoles de la région de Warmie. À cause du Kulturkampf, un conflit qui oppose le royaume de Prusse puis l’Empire allemand à l’Église catholique romaine, de nombreux prêtres catholiques rebelles ainsi que les congrégations religieuses sont repoussés loin de Warmie.

II – Les voyantes 

Barbara Samulowska 

nom religieux Stanislaus Samulowska ) née le 21 janvier 1865 à Woryty , décédée le 6 décembre 1950 au Guatemala ) – religieuse polonaise , religieusemissionnaireservante de l’Église catholique et visionnaire à qui apparut en 1877, Notre-Dame, à Gietrzwałd , seul lieu des apparitions mariales reconnu par l’Église, en Pologne.

Elle est née dans une famille de paysans pauvres, nombreux et pieux, Józef et Karolina, née Barczewska; elle est leur plus jeune enfant (elle avait deux frères: Józef et Jana). Le lendemain (22 janvier 1865), elle fut baptisée à l’église de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie à Gietrzwałd et ses parrains et marraines étaient ses parents: Andrzej Barczewski et Gertruda Górska  . 

Le 28 juin 1877, elle fait sa première Communion à Gietrzwałd. Deux jours plus tard, sur l’érable à côté de l’église, lui apparait, ainsi qu’à sa parente, Justyna Szafryńska, la mère de Dieu, nimbée de lumière, vêtue de blanc, avec de longs cheveux, assise sur un trône d’or décoré de perles ;  ces révélations durèrent jusqu’au 16 septembre 1877. Les jeunes filles ont informé le prêtre, le prêtre Augustin Weichsl, qui à son tour informa l’évêque de Warmie, Philipp Krementz , qui nomma des comités spéciaux pour enquêter sur cet événement extraordinaire. 

Justyna Szafrynsk, qui avait 13 ans à l’époque et Barbara Samulowska qui en avait 12, étaient toutes les deux issues de familles pauvres, entrèrent toutes les deux chez les Filles de la Charité (Sœurs de saint Vincent de Paul)

Le 2 février 1889, elle prononce des voeux religieux solennels en prenant le nom religieux de Stanislaus Samulowska.  Au début de 1884, elle se rend à Paris où, le 19 janvier, elle commence son noviciat rue du Bac 140, à la chapelle des apparitions de la médaille miraculeuse. Après un séjour d’un an au Séminaire des Soeurs, elle a commence à travailler dans la crèche de la rue Maré, s’occupant des enfants. En  1895, elle est envoyée au Guatemala en Amérique centrale , en tant que professeur de jeunes sœurs de la miséricorde, les préparant au service hospitalier et aux soins pour les pauvres 

Barbara Samulowska,
soeur Stanislaus Samulowska en religion

En 1907, en raison de son état de santé, elle est transférée à Antigua , où elle soigne les malades à l’hôpital local . Deux ans plus tard, elle se rend à Paris pour un court repos, puis retourne à Antigua au Guatemala, s’occupant des pauvres de la ville et préparant les enfants à la première communion en tant que catéchiste. En 1913, elle est temporairement envoyée à l’hôpital de Quetzaltenango pour aider sa soeur malade, Thonluc. 

Après son retour à Antigua, elle tome malade de la fièvre typhoïde , mais après le traitement, elle récupère et revient des années plus tard comme supérieure à un hôpital de la capitale guatémaltèque . Elle y contribue à la reprise et à la renaissance du culte du Sauveur crucifié. Dans la chapelle de l’hôpital, il y avait une image grandeur nature du Christ crucifié, vénéré par les fidèles comme un « Jésus miséricordieux ». Au cours de cette période, au tournant des années 1917 et 1918, la capitale guatémaltèque subit des tremblements de terre après lesquels elle organisa l’ aide aux victimes.

En 1923, elle se rend de nouveau à Paris, puis se rend à Chełmno, d’où elle retourne au Guatemala où elle dirige également l’orphelinat pendant quelque temps. Elle décède le 6 décembre 1950 dans un hôpital du Guatemala à la suite d’un cancer malin au visage. Elle repose au cimetière au Guatemala.

Le 2 février 2005, l’archevêque Edmund Piszcz de Warmie inaugure le procès en béatification de sœur Stanisława Barbara Samulowska dans la basilique de Gietrzwałd.  

Justyna  Szafryńska,

justyna szafryńska,

Justyna, quant à elle, quitta la congrégation en 1897 et retourna à la vie laïque. En 1899, elle épousa Raymond Étienne Bigot à Paris. Après 1904, elle disparut sans laisser de traces et on ne sait rien de la suite de sa vie ni de l’endroit où elle repose.  Les visionnaires furent persécutées par le gouvernement local. 

III – L’Apparition (généralités) 

Date

Le 27 Juin 1877 marque le début des apparitions de la Vierge à Gietrzwałd ; apparitions qui prendront fin le 16 septembre de la même année. Une nouvelle apparition se déroule le 30 Juin. À partir du mois de juillet, la Vierge apparaîtra tous les soirs aux deux jeunes filles, durant la récitation du Rosaire.

Nombre et durée des apparitions

La «Dame Blanche» est apparue plusieurs fois pendant trois mois, en 1877 à deux fillettes

Tonalité 

La Vierge apparaît à Gietrzwald avec tous les signes de sa royauté céleste : un trône en or constellé de diamants, une kyrielle d’anges, un sceptre et une couronne. Mais c’est l’enfant Jésus, tenu sur le genoux de la Vierge, qui tient le globe dans sa main. La croix, sans le corps du crucifié, que montre un ange, rappelle que c’est par le sang que Jésus a permis aux hommes de retrouver l’accès à son royaume. 

Emplacement des apparitions

Le 27 juin 1877, la jeune Justyna Szafryńska, 13 ans, entendant sonner les cloches de l’Angélus, récite la prière quand soudain elle voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc au niveau de l’érable du presbytère.

Récit 

Le 27 juin 1877. La jeune Justyna Szafryńska, 13 ans, une adolescente qui prépare sa communion, rentre chez elle après un rendez-vous avec le curé de la paroisse. Entendant les cloches sonner l’Angélus, elle récite la prière quand soudain elle voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc au niveau de l’érable du presbytère. La silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants.

Justyna voit aussi apparaître la silhouette éblouissante d’un ange, tout de blanc vêtu, avec des ailes en or. Aussitôt l’adolescente récite le « Je vous salue Marie ». Après cette prière, la silhouette se lève de son trône et monte au ciel aux côtés de l’ange. C’est le début des apparitions de la Vierge à Gietrzwałd, apparitions qui prendront fin le 16 septembre de la même année.  

Dès le début, la jeune fille raconte tout ce qu’elle a vu au prêtre, qui lui enjoint de retourner au même endroit le lendemain. Et une nouvelle fois, quand l’Angélus sonne, l’érable s’illumine à nouveau d’une grande lumière. Cette fois, il est entouré d’un cercle d’or, et un trône apparaît. Deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit.

Deux autres anges amènent l’Enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’Enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange enfin surplombe la scène et indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente.

Le 30 juin, la Vierge apparaît cette fois seule, sans être escortée par des anges. Elle apparaît aussi à Barbara Samulowska, 12 ans, qui accompagne Justyna. Barbara demande : « Que désirez-vous, Sainte Vierge ? » Elle reçoit cette réponse de Marie dans un dialecte local proche du polonais : « Je souhaite que vous puissiez prier tous les jours le chapelet. »

Le 1erjuillet, Justyna lui demande : « Qui êtes-vous ? » La Vierge lui répondit : « Je suis la Très Sainte Vierge Marie Immaculée. » Il est important de rappeler que les apparitions de Gietrzwałd ont eu lieu une vingtaine d’années seulement après celles de Lourdes, où la Mère de Dieu avait dit à Bernadette Soubirous : « Je suis l’Immaculée Conception », et à peine 23 ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par le pape Pie IX.  

À partir du mois de juillet, la Vierge apparaît tous les soirs aux deux jeunes filles durant la récitation du Rosaire. Parmi les questions diverses et variées qu’elles lui posent, certaines concernent la santé et le salut de certaines personnes. Mais il y eut aussi celle-ci : « L’Église du royaume de Pologne sera-t-elle libérée ? ».

Il faut savoir qu’au moment des apparitions, la Pologne actuelle était divisée entre la Prusse, l’Autriche et la Russie. A la fin du XIXe siècle, on assiste dans la région à un phénomène de germanisation et des lois défavorables à l’Églises catholiques sont adoptées. En 1873, la langue polonaise est même interdite dans les écoles de la région de Warmie. À cause du Kulturkampf, un conflit qui oppose le royaume de Prusse puis l’Empire allemand à l’Église catholique romaine, de nombreux prêtres catholiques rebelles ainsi que les congrégations religieuses sont repoussés loin de Warmie. Si bien que la rumeur des apparitions attire de nombreux pèlerins à Gietrzwałd.

Pendant les trois jours de la célébration de la Nativité de la Vierge, pas moins de 50 000 pèlerins affluent dans le village. Le 8 septembre 1877, la Vierge bénit une source où les pèlerins vont, depuis, se procurer de l’eau pour les personnes souffrantes ; ce qui occasionne un certain nombre de guérisons miraculeuses. Le 16 septembre, on installe une chapelle ainsi qu’une statue de la Vierge à l’endroit des apparitions. A l’époque, les relations avec la Prusse sont compliquées et les apparitions sont considérées comme un signal fort pour la défense du catholicisme et de la communauté polonaise en général.

De fait, les apparitions contribuent à un renouveau du sentiment national polonais. Mais elles ont aussi une portée universelle sur le plan religieux. Les fruits seront une authentique renaissance de la vie religieuse. Bien vite, on a vu chaque année à Gietrzwałd un grand nombre de fidèles aux 29 juin, 15 août et  8 septembre. Si bien qu’on a songé songer à agrandir le sanctuaire.

IV – Analyse de l’Apparition

Apparence de la Vierge

La silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants. Au même endroit le lendemain, cette fois, deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Le 30 juin, la Vierge apparaît cette fois seule, sans être escortée par des anges. 

Attitudes de la Vierge

Après cette prière, la silhouette se lève de son trône et monte au ciel aux côtés de l’ange. Le 8 septembre 1877, la Vierge bénit une source où les pèlerins vont, depuis, se procurer de l’eau pour les personnes souffrantes.

Entendant les cloches sonner l’Angélus, elle récite la prière quand soudain elle voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc au niveau de l’érable du presbytère.

Paroles de la Vierge

Barbara demande : « Que désirez-vous, Sainte Vierge ? » Elle reçoit cette réponse de Marie dans un dialecte local proche du polonais : « Je souhaite que vous puissiez prier tous les jours le chapelet. » Le 1erjuillet, Justyna lui demande : « Qui êtes-vous ? » La Vierge lui répondit : « Je suis la Très Sainte Vierge Marie Immaculée. » 

Messages de la Vierge  

La prière est la condition pour que les « choses aillent mieux ! » Le 30 juin 1877, l’apparition dit, en polonais : « je désire que vous récitiez le rosaire*  tous les jours ». La réponse de la Vierge Marie fut toujours : « Priez et récitez le rosaire ; ( à cette condition…) les prêtres seront libérés ; les malades guériront ; la Pologne regagnera son indépendance. » 

Autres Visions et/ou éléments supra-naturels

Deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. Deux autres anges amènent l’Enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’Enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange enfin surplombe la scène et indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente. 

Eléments conformes aux autres apparitions 

Barbara voit une grande lumière et une silhouette vêtue de blanc.  Justyna voit aussi apparaître la silhouette éblouissante d’un ange, tout de blanc vêtu, avec des ailes en or. La vierge apparaît avec l’enfant Jésus ; notre Dame demande aux fidèles de construire sur le lieu de son apparition une chapelle avec la statue de l’Immaculée Conception. Elle promet de bénir une source à l’orée de la forêt et encourage les gens à boire de l’eau miraculeuse qui génère des guérisons.Elle apparaît à proximité d’un arbre. Le corps des voyantes présente des caractéristiques spécifiques pendant les apparitions : leurs pouls ralentit, les extrémités de leur corps refroidissent et elles ont le regard totalement fixe. 

Eléments spécifiques

La silhouette siège sur un trône orné d’or et de diamants. Le lendemain, et une nouvelle fois, quand l’Angélus sonne, l’érable s’illumine à nouveau d’une grande lumière. Cette fois, il est entouré d’un cercle d’or, et un trône apparaît. Deux anges escortent la Vierge Marie à son trône où elle s’assoit. Deux autres anges amènent l’Enfant Jésus rayonnant de lumière et le placent sur le genou gauche de la Vierge. L’Enfant tient un globe terrestre dans sa main gauche. D’autres anges encore tiennent une couronne scintillante au-dessus de la tête de la Vierge. Un ange apporte un sceptre en or et le brandit de la main droite au-dessus de la couronne. Un autre ange indique de la main une grande croix sur laquelle la figure du Christ crucifié est absente. 

Lien avec d’autres apparitions 

A cause de la source et des guérisons miraculeuses, on dit que Gietrzwald est le Lourdes de la Pologne. Les deux voyantes entrent dans la même congrégation que celle de Catherine Labouré ( Apparition de la rue du Bac à Paris ) : les soeurs de Saint Vincent de Paul.

V- Reconnaissance et sanctuaires 

Reconnaissance

10 septembre 1967, au nom du pape Paul VI, les cardinaux Wyszynski et Wojtyla, couronnent solennellement l’image sacrée. Le 1er septembre 1977, le centenaire de des apparitions est célébré par l’archevêque métropolitain de Cracovie, le cardinal Karol Wojtyła, futur pape Jean Paul II. Ce jour-là, l’évêque de Warnie, Józef Drzazga, reconnait solennellement la vénération de la Vierge Marie à Gietrzwałd. Il publie un décret validant la crédibilité des apparitions et proclame qu’elles sont conformes avec la foi et la morale chrétienne. Le 27 Juin est le jour anniversaire des apparitions de Gietrzwald.

Saint Jean Paul II

Le 2 février 2005 s’est déroulé à Gietrzwałd, une messe solennelle célébrée par l’archevêque Edmund Piszcz, pour le processus de béatification de Sr Stanisława Samulowska, à l’initiative de la Province polonaise de l’ ordre des chanoines du Latran , qui reprend le sanctuaire de Gietrzwałd. Un tribunal diocésain a été mis en place pour entendre 21 témoins en Pologne, en Allemagne et au Guatemala, et une commission historique et théologique, pour examiner la sainteté de la vie de Soeur Stanisława . 

Elle a désormais droit au titre de Servante de Dieu . Après près de deux ans de procédure, le 8 septembre 2006, dans la basilique de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie à Gietrzwałd, la cérémonie de clôture du processus de béatification au niveau diocésain, été clôturée par l’archevêque Wojciech Ziemba ; après quoi les dossiers du procès ont été transférés à la Congrégation pour la Cause des Saints à Rome.

Sanctuaire 

Le Sanctuaire de Gietrzwald a été construit entre 1878-1884. L’église a été érigée en 1970 par Paul VI en basilique mineure. Chaque année à Gietrzwałd un grand nombre de fidèles se rassemble les 29 juin, 15 août et  8 septembre.Le sanctuaire est sous la tutelle, depuis 1945, des prêtres chanoines. 

Le sanctuaire de Notre Dame de Warmia